DISCLAIMER : Attention, ce chapitre contient des scènes violentes, impliquant sang et expérience de mort imminente. L'histoire reste une fiction accessible à tous et rien n'est vraiment détaillé mais si vous êtes un lecteur sensible, certains passages peuvent choquer.


Au pied de la cathédrale, le petit groupe s'arrêta quelques instants afin d'observer la façade du monument, Félix montrant quelques détails à Andréa qu'il avait lu et étudié dans les livres sans jamais les voir en vrai tandis que Jehan et Bridgette continuaient de prendre des photos en faisant des grimaces. Les passants étaient nombreux ici et une foule de personnes formait une file d'attente afin de pouvoir rentrer tour à tour dans le bâtiment. Même s'il aurait bien voulu jeter un coup d'œil à l'intérieur, Félix avait expressément refuser d'attendre sans rien faire alors qu'ils pouvaient aller se balader autre part, et ses trois camarades s'étaient contentés de hausser les épaules en acquiesçant, comprenant le sentiment de leur ami.

Après un petit quart d'heure passé à admirer l'architecture de la grande dame, le groupe avait tourné les talons vers l'autre bout du parvis, attirés par un regroupement un peu plus loin. Une grande scène avait été montée et l'agitation par ici était palpable. Jouant des coudes, Jehan réussit à se faufiler dans la foule pour aller lire le panneau qui était posé au pied de l'estrade. Il revint quelques instants plus tard, rejoignant ses amis qui étaient restés en arrière.

-« C'est un spectacle de mime, expliqua-t-il avec un léger haussement d'épaules. C'est un peu cliché non ? »

-« Moi je trouve ça plutôt rigolo. » répondit Bridgette en joignant ses mains entre elles.

-« Je suis étonné qu'il y ait autant de monde pour voir un spectacle comme cela. » murmura Félix en croisant les bras.

-« Hey, c'est pas très gentil ça. » railla Andréa en lui donnant un petit coup de coude.

-« Non, se reprit le jeune homme en passant sa main dans sa nuque. Ce que je veux dire c'est qu'il y a énormément d'agitation. C'est… étrange, vous ne trouvez pas ? »

Le groupe reporta son attention sur l'estrade alors qu'un homme montait sur la scène, un micro à la main.

-« Je suis désolé mesdames et messieurs mais le spectacle est annulé. L'acteur principal est absent, nous devons suspendre la représentation. »

La foule s'agita de nouveau tandis que l'hôte reprenait son discours en anglais afin de se faire comprendre de tous, également des touristes. Jehan se tourna vers Félix en posant ses mains sur ses hanches.

-« Dis donc, tu es devin toi ou quoi ? »

-« Pas que je sache. » répondit simplement le jeune homme avec un petit sourire.

-« Oh, c'est tellement dommage ! soupira Bridgette en faisant la moue. J'aurais bien voulu regarder le spectacle moi. »

-« Si l'acteur n'est pas là, on ne va pas pouvoir voir grand-chose. » souffla Andréa en posant ses mains sur les épaules de son amies en riant.

Alors que les passants commençaient à se disperser, Andréa et Bridgette remarquèrent un homme qui arrivait en courant, essoufflé. Il portait un costume et un chapeau melon, ce qui les fit sourire. Mais quand elles le virent monter sur la scène et discuter avec les personnes sur l'estrade et qui étaient en train de ranger le matériel, elles perdirent aussitôt leur air enjoué. L'arriviste semblait hors de lui, ils criaient sur les hommes qui tentaient de le calmer sans grand succès.

-« Vous n'avez pas le droit de me faire ça ! hurla-t-il en bousculant un de ses interlocuteurs. J'ai mis longtemps à préparer ce spectacle moi ! Vous ne pouvez pas ! »

-« Ce n'est pas moi qui décide Fred, répondit l'homme en reculant d'un pas. Et c'est de ta faute, tu n'avais qu'à arriver à l'heure. »

-« La star se fait toujours attendre, c'est bien connu ! reprit Fred en levant les bras en guise de protestation. Et ça ne faisait que 5 minutes de retard. »

-« Non Fred ! protesta une femme rousse en montant à son tour sur scène. Tu as 30 minutes de retard ! Nous étions censés faire un briefing avant le début de la représentation mais tu n'es jamais arrivé ! Je t'avais prévenu, encore un coup de ce genre et je te coupe les vivres ! Et tu sais que je tiens toujours mes promesses ! »

-« Josiane, il fallait que je repasse chez moi ! protesta l'artiste en s'approchant d'elle. Tu sais à quel point ce spectacle compte pour moi, s'il te plaît ! »

-« Non, justement ça ne me plaît pas ! répondit la metteuse en scène en pointant un doigt accusateur vers son acteur. J'en ai assez de tes retards à répétition, de tes absences injustifiées et surtout de ton manque de professionnalisme ! J'en ai par-dessus la tête de toi ! Tu es viré tu m'entends ?! VIRÉ, Fred ! »

Sans un autre mot, Josiane tourna les talons, descendant de la scène en laissant Fred seul sur l'estrade, totalement interdit, manifestement choqué par ce soudain excès de colère. Félix, qui avait été attiré par les cris, fronça les sourcils en le voyant trépigner sur place puis enfin tourner les talons, furibond. Il savait qu'avec une telle colère, l'homme était une proie facile pour le Papillon. Et s'il se fichait pas mal de connaître le fin mot de l'histoire, de savoir s'il était victime d'une injustice ou non, Félix savait que ce n'était pas une bonne idée de rester dans la foule avec une telle menace qui planait au-dessus de leur tête.

Intérieurement, Bridgette faisait le même constat. L'homme était excédé et ce sentiment ne pouvait pas être ignoré par le Papillon. De plus la jeune fille savait que le premier lieu auquel cet homme allait s'en prendre une fois akumatisé, c'était cet endroit. Car cet artiste allait être akumatisé, c'était certain, elle le sentait. Mais pour pouvoir faire son travail correctement, elle devait mettre ceux à qui elle tenait à l'abris, afin qu'il ne leur arrive rien. Elle se tourna vers ses amis, tandis que Félix imitait son geste.

-« Je propose qu'on parte d'ici. » déclarèrent-t-ils en même temps, non sans surprise.

-« Vous avez peur de lui ou quoi ? railla Jehan. Vous avez peur de son souffle de feu ? Il va vous mimer quelque chose de méchant, attention ! »

-« Mais non idiot, c'est juste que… » murmura Bridgette.

-« Avec tout ce qu'il se passe en ce moment, l'apparition du Papillon et des akumatisés, ce n'est pas une bonne idée de rester dans la foule quand quelqu'un est en colère de la sorte, c'est tout. » expliqua Félix tandis que Bridgette hochait la tête.

-« Je suis d'accord. » agréa Andréa avec un hochement de tête.

-« Vous vous laissez gagner par la peur, protesta Jehan en haussant les épaules. C'est en nous cachant comme ça que le Papillon va gagner, en lui montrant que vous avez peur ! »

-« C'est pas de la fuite, on se met à l'abris c'est tout. » soupira Bridgette en croisant les bras.

-« Je partage leur avis, insista Andréa en posant sa main sur l'épaule du jeune homme. Imagine qu'il revienne sous forme d'akumatisé, on sera au premier rang pour l'attaque. Et ça ne me rassure pas trop. »

Jehan croisa les bras avec de regard ses amis de manière désabusée. Il refusait de fuir mais il devait bien reconnaître que rester ici sans rien faire n'était peut-être pas la meilleure des idées. Il ne pourrait protéger aucun d'eux si jamais cela devait arriver. Mais il ne voulait pas montrer son infériorité au Papillon, lui faire croire qu'il était tout puissant.

-« Bon d'accord, maugréa le grand métis en posant ses mains sur ses hanches. On peut s'écarter un peu si vous voulez. Mais hors de question de quitter précipitamment la place juste parce qu'il y a un artiste frustré dans le coin. »

Félix soupira devant le comportement de son camarade. Même si Jehan était quelqu'un de normalement raisonnable et qu'il avait en un sens raison car l'apparition du Papillon ne devaient pas les empêcher de vivre leur vie, il pouvait être une véritable teigne quand il avait une idée en tête. Il se fermait comme une huître et la discussion n'était alors plus dans le champ des possibles. Mais s'écarter un peu était déjà une bonne chose, même si cela était loin d'être suffisant : ils seraient toujours aux premières loges en cas d'attaque et ce constat ne faisait qu'augmenter son stress. Échangeant un regard inquiet avec Bridgette, les deux jeunes gens suivirent Andréa et Jehan qui étaient partis s'assoir sur un des bancs en pierre, un peu plus loin.


« Un comédien qui rate sa grande première, murmura le Papillon. Quelle horrible tragédie… »

Avec un sourire narquois, le vilain ensorcela un de ses papillons en l'emprisonnant dans ses mains avant de le laisser s'envoler par la fenêtre de son repère.

« Envole-toi maléfique akuma, allons donner à cet artiste le rôle de sa vie ! »


Furibond, Fred marchait de nouveau dans les rues de Paris, son chapeau melon à la main. Il avait quitté l'Île de la Cité depuis déjà un bon moment et errait sur les trottoirs sans vraiment savoir vers où se diriger, se contentant de ruminer sa haine.

-« Ils n'ont pas le droit de me faire ça, maugréa-t-il en donnant un coup de pied dans une canette abandonnée au sol. J'ai tout donné moi pour ce spectacle, moi aussi j'ai mon mot à dire ! Non mais pour qui se prennent-ils ?! Oser me renvoyer comme ça, sans même pouvoir discuter ! Ils vont voir, je ne vais pas me laisser faire ! »

Alors qu'il tournait dans une ruelle plus étroite, l'homme n'avait pas remarqué qu'il était suivi depuis quelques instants par un petit insecte volant aux couleurs noirâtres. S'arrêtant un instant pour exprimer sa rage en tapant du poing dans le mur à sa droite, l'akuma parvint à rejoindre sa victime, s'engouffrant dans le chapeau. Aussitôt, Fred cessa tous ses mouvements, se contentant d'écouter la voix suave qui résonnait maintenant dans ses oreilles.

« Mime, je suis le Papillon. J'ai décidé de te donner le pouvoir de rendre réelles les choses que tu mimes. Va, et fais leur payer l'injustice dont tu viens d'être victime. Tu es peut-être un mime, mais ils n'ont pas le droit de te faire taire ! En échange, ce que je te demande, c'est de me rapporter les miraculous de Ladybug et Chat Noir, c'est tout. Que le spectacle commence ! »

-« Sans problème Papillon, ils vont voir de quoi je suis vraiment capable ! » s'écria l'artiste avant de poser le chapeau sur sa tête.

Aussitôt, l'homme se retrouva recouvert d'une substance noirâtre, de la tête au pied, tandis que les passants qui l'avaient remarqué s'enfuyaient en courant.


Assis sur le banc, Bridgette racontait quelques souvenirs qu'elle avait dans le parc juste à côté à Andréa tandis que Jehan montrait à Félix des photos de paysages qu'il avait pris durant ses dernières grandes vacances, racontant au passage comment il avait failli tomber dans un ravin pendant une promenade à flanc de falaise.

Si l'histoire que racontait son camarade l'intéressait véritablement, Félix avait du mal à se concentrer et ne cessait de regarder autour de lui. Il se sentait stressé, craignant de voir arriver un akumatisé de n'importe quel côté. La scène où aurait dû se dérouler le spectacle était maintenant presque complètement dégagée, les machinistes démontant les derniers spots lumineux tandis qu'une camionnette avait été approchée afin de faciliter le déplacement du matériel.

De son côté, Bridgette se sentait, sans le savoir, toute aussi fébrile que Félix. Elle profitait du fait de raconter son histoire pour faire de grands gestes et ainsi pouvoir regarder tout autour d'elle. La jeune fille détestait cette atmosphère tendue qui flottait autour d'eux. Même si en apparence, rien n'avait changé sur le parvis de Notre-Dame, les jeunes gens n'étaient pas les seuls à avoir relevés la crise de colère du mime tout à l'heure et beaucoup d'entre eux s'étaient empressés de quitter les lieux. Et si Bridgette aurait souhaité en faire autant, elle savait aussi qu'elle était responsable, avec Chat Noir, de la sécurité de tous ces gens. De tous ces inconnus qui comptaient, dans le grand ordre des choses, tout autant que ces trois camarades à ses côtés. Mais plus les secondes défilaient, plus la jeune fille sentait ses mains trembler. Elle savait que quelque chose de grave allait se produire d'ici quelques instants et ce sentiment de fatalité ne faisait qu'accroître son stress.

Et la jeune fille n'eut pas le temps de terminer de raconter son histoire que son pressentiment se révéla exact. Alors qu'elle parlait, les quatre jeunes gens entendirent sur la droite des acclamations de surprise provenant de là où se tenait la scène. Entre interrogation et stress, le groupe tourna les yeux vers les passants qui semblaient avoir remarqué quelque chose.

Félix releva que tous ces gens avaient les yeux levés vers les toits face à eux, et il s'empressa de les imiter. Apercevant ce que la foule avait repéré, il se leva d'un bond, aussitôt imité par ses trois camarades qui avaient également relevé ce qui intriguait tout le monde.

Debout sur les ardoises des toits, un homme à la peau violette se tenait là, les lèvres pincées et un regard courroucé lancé vers la scène en contrebas. Il portait une marinière, une veste, un pantalon blanc ainsi qu'un chapeau melon que Jehan, Andréa, Bridgette et Félix reconnurent immédiatement, échangeant un regard affolé.

-« Je te l'avais dit ! hurla Bridgette en attrapant le bras de Jehan. Je te l'avais dit ! »

-« D-D'accord ! Tu avais raison, je m'excuse ! » bredouilla le jeune homme en reculant d'un pas.

-« Il faut partir d'ici ! » s'écria Andréa en reculant à son tour.

À moitié sourd, Félix ne pouvait quitter des yeux l'akumatisé qui s'était remis en mouvement depuis quelques secondes. L'homme s'agenouilla sur le toit et fit des gestes avec ses mains, mimant une boîte au sol, accrochée à un ensemble d'autres objets plus longs et plus fins. Les mouvements de l'homme étaient précis, si précis que Félix avait l'impression de voir ce que l'homme ne faisait pourtant que mimer. Pétrifié, il vit le vilain lancer en contrebas les objets fins qu'ils venaient juste de mimer et s'accroupir de nouveau près de là où il avait fait « apparaître » la première partie de son imitation. Mais lorsqu'il vit le Mime saisir ce qui semblait être une poignée de rétro détonateur pour dynamite, le sang du jeune homme ne fit qu'un tour.

Il eut juste le temps d'attraper le poignet de Bridgette qui était juste à côté de lui et d'entraîner également Jehan et Andréa à sa suite avant de sentir un souffle brûlant dans son dos qui l'envoya, lui et ses camarades, valser à plusieurs mètres de leur position initiale, dans le bruit assourdissant des vitres qui explosaient, de la pierre qui se fendait et des cris des passants.


Bridgette ouvrit lentement les yeux, totalement sonnée. Elle mit quelques instants à se rendre compte qu'elle était allongée sur le sol, la joue droite posé sur la pierre froide du parvis de la cathédrale. Tout tanguait autour d'elle, ce qui la força à refermer les yeux quelques secondes, afin de calmer cette nausée qui commençait à lui prendre tout le corps. Elle se sentait lourde et un goût ferreux lui envahissait la bouche. Ses oreilles sifflaient et elle n'entendait que des bruits sourds tout autour d'elle et d'autres sons qui s'apparentaient à des cris. Mais Bridgette était pour l'instant trop en dehors de son corps pour prendre conscience de quoi que ce soit. La jeune fille eut une grimace de dégoût en comprenant qu'un filet de sang était en train de s'échapper de sa lèvre inférieure, coulant le long de son menton.

Après plusieurs secondes sans bouger, la jeune fille entreprit de se redresser, prenant appuis sur sa paume gauche et son avant-bras droit pour regarder tout autour d'elle. Un nuage de poussière gris recouvrait maintenant les lieux, un nuage épais qui l'empêchait de voir plus loin qu'à un mètre devant elle. Le ciel bleu de fin d'après-midi avait disparu pour ne laisser qu'une atmosphère de guerre, les rayons de soleil perçant à travers le nuage de poussière. Avec un petit gémissement de douleur, Bridgette réussit à se redresser sur ses genoux, se tenant la tête. Une douleur lancinante lui transperçait le crâne de part en part. Ses yeux la brûlaient et le sang qui s'échappait de sa lèvre ne semblait pas vouloir s'arrêter de couler. Mais la jeune fille était tout de même heureuse de constater qu'elle n'était pas blessée outre mesure. Tous ses membres répondaient correctement et elles n'avaient rien de cassé. De manière machinale, elle ouvrit la sacoche qu'elle portait à l'épaule, là où se cachait Tikki.

-« Tikki, murmura-t-elle d'une voix rauque. Est-ce que ça va ? »

-« Oui, oui… répondit la kwami en prenant sa tête entre ses pattes. Qu'est-ce que c'était ? »

-« J-Je ne sais pas trop… continua Bridgette en relevant le regard, les yeux tout à coup très lourds. C'était… l'akumatisé je crois… »

Soudain, voyant passer quelqu'un en hurlant à quelques distances d'elle, Bridgette sentit une décharge électrique s'infiltrer partout dans son corps, de la pointe de ses cheveux jusqu'aux bouts de ses membres. Avec effroi, la jeune fille remarqua qu'elle était toute seule. Aucune trace de Jehan, Andréa et Félix : ils avaient disparu dans le souffle de l'explosion. Chancelante, l'adolescente réussit à se remettre sur ses jambes., non sans effort. Une bouffée de stress se mit à envahir sa poitrine. Les larmes aux yeux, les mains crispées autour de son corps, Bridgette se mit à trembler de tous ses membres, de gros sanglots venant secouer ses côtes de manière chaotique. Les larmes qui coulaient de ses yeux creusaient des sillons humides dans la poussière qui s'était déposée sur sa peau et sur ses vêtements.

Elle ne savait pas quoi faire. Elle ne pouvait ni hurler ni courir. La jeune fille entendait Tikki lui parler mais elle ne l'écoutait pas, se contentant de regarder frénétiquement autour d'elle.

Après quelques minutes, le nuage de poussière commença à se lever légèrement, la lumière redevenait de plus en plus normale et la vue se dégageait tout autour de la jeune héroïne. Elle put commencer à distinguer d'autres personnes autour d'elle, visiblement tous aussi perdus qu'elle à ne pas savoir quoi faire. Certains erraient comme des fantômes tandis que certains étaient penchés sur d'autres passants, toujours au sol.

Bridgette sentit sa poitrine se crisper de nouveau. Où étaient ses amis, que devait-elle faire ? Devait-elle partir se transformer et les abandonner à leur sort pour tenter d'arrêter l'akumatisé qui allait sûrement faire d'autres victimes ? C'est ce que sa tête lui hurlait de faire mais son cœur, lui, lui interdisait de partir sans s'assurer de la condition de ses amis. Elle devait les retrouver, coûte que coûte. Alors qu'elle continuait de progresser sur le parvis sans trop savoir où aller, un mouvement sur sa droite lui fit tourner la tête. Les débris de la scène de spectacle explosée avaient atterri un peu partout autour d'elle. Le grand panneau qui montrait l'affiche du spectacle, qui était initialement posé au-dessus de la scène, avait atterri juste là, à plusieurs mètres de sa position initiale. Mais ce n'était pas le panneau en lui-même qui avait attiré le regard de Bridgette, mais son mouvement.

Le panneau bougeait tout seul, comme s'il était mu d'une propre volonté. Mais c'est quand elle vit une main sortir de sous le panneau ainsi que des cheveux blonds apparaître devant elle, l'adolescente se précipita vers le lui, tombant à genoux juste à côté pour le soulever de toutes ses forces. Félix, car c'était bien lui que Bridgette avait immédiatement reconnu, réussit à s'extirper de sous le panneau que la jeune fille laissa retomber quand il fut totalement dégagé. Les deux adolescents se regardèrent, bouleversés, Félix assis, ses bras légèrement en arrière pour le retenir et Bridgette sur ses genoux, les mains posées sur ses cuisses. La jeune fille scanna son ami d'un œil soucieux. Comme elle, il était couvert de poussière, ses cheveux étaient en bataille et la manche droite de sa chemise était déchirée mais il ne semblait pas blessé. Et plus important encore, il était bien vivant.

Sans donner plus d'attention à la retenue dont elle faisait normalement preuve avec lui, sachant que Félix n'était pas quelqu'un de très tactile, la jeune fille s'avança vers lui pour se jeter dans ses bras. Entourant les épaules de son ami, elle le serra contre elle, de nouvelles larmes coulant le long de ses joues, prise à nouveau de sanglots. Elle était tellement soulagée de l'avoir retrouvé en vie. D'abord surpris par cette initiative, Félix prit sur lui de poser sa main gauche dans le dos de son amie, n'ayant pas le cœur à la repousser immédiatement après avoir vu son regard plein de détresse. Il ne l'avait jamais vu ainsi, aussi désemparée et au bord des larmes, et au vu de la situation actuelle, la priorité était pour l'instant de la rassurer pour éviter une crise de panique de sa part. Ils restèrent un instant sans bouger avant que Bridgette ne se redresse, essuyant ses yeux.

-« Est-ce que ça va ? demanda Félix en posant sa main sur son épaule. Tu n'es pas blessée ? »

-« Non, je crois que ça va, répondit faiblement Bridgette en continuant de se frotter les yeux. Désolée, c-c'est le… Je… »

-« Tout va bien, reprit le jeune homme en attrapant doucement les poignets de son amie pour lui faire cesser ses gestes. Tu as vu les autres ? Jehan et Andréa, tu sais où ils sont ? » questionna-t-il en plongeant son regard dans le sien.

-« Non… répondit Bridgette. J'étais allongée par terre et il n'y avait personne, tout le monde avait disparu… »

La voix de la jeune fille se brisa dans un nouveau sanglot. Félix posa sa main sur l'épaule de la jeune fille qui se recroquevillait sur elle-même. Comme ça, elle ressemblait à un petit animal mis en cage, apeuré de connaître son sort. Tout en essayant de la réconforter du mieux qu'il pouvait, Félix regarda autour de lui. Il ne devait pas s'être écoulé plus de 5 minutes depuis l'explosion et les cris des blessés se faisait maintenant entendre de tous les côtés, ainsi que le son des ambulances et des pompiers au loin. Le jeune homme savait qu'il allait devoir se séparer de son amie pour se transformer en Chat Noir, car la capitale avait besoin de lui. Mais il ne pouvait pas abandonner Bridgette à son sort, surtout pas sans avoir retrouvé Jehan et Andréa.

Décidé à ne plus perdre de temps, le garçon se releva en faisant une grimace de douleur à cause de ses muscles endoloris. Et puis après quelques mouvements d'épaules, Félix se pencha vers Bridgette pour lui tendre sa main, l'invitant à se relever à son tour. La jeune fille s'exécuta, posant sa paume sur la sienne en essuyant de nouveau ses larmes avec le revers de sa manche.

Mais alors qu'elle pensait amorcer un mouvement de recul, Félix garda sa main fermée autour de la sienne, même après qu'elle fut debout à son tour. Le jeune homme esquissa un faible sourire avant de tourner les talons, l'entraînant à sa suite.

L'adolescent était quelque peu en dehors de son corps. Il agissait bizarrement, osait des choses qu'il ne se serait jamais permis dans d'autres circonstances. Mais pour l'instant, il n'y pensait pas. Sa priorité était de retrouver ses amis et de les mettre en sécurité avant d'accomplir son devoir, et il devait faire vite, alors peu importe le moyen à employer. Maintenant que Bridgette était avec lui, hors de question de la quitter d'une semelle ou de la laisser en arrière.

Les deux amis progressaient doucement, regardant de tous les côtés pour tenter de retrouver Jehan et Andréa. Félix détournait pourtant rapidement les yeux quand il apercevait quelqu'un au sol, inerte ou couvert de sang et déjà assisté par d'autres personnes. Un sentiment de dégoût lui tordait les boyaux alors qu'il raffermissait sa prise sur la main de Bridgette, serrant ses phalanges dans les siennes.

Soudain, un cri sur leur gauche les fit sursauter tous les deux. Les deux amis tournèrent le regard avant de laisser échapper une exclamation de surprise. Jehan était là, agenouillé sur le sol. La moitié gauche de son visage était couverte de sang et il tenait Andréa dans ses bras. Il hurlait, les yeux dans le vide, l'air totalement absent, sûrement en état de choc. L'apercevant, Bridgette lâcha la main de Félix pour se précipiter vers lui tandis que son camarade lui emboîtait le pas.

-« Jehan ! cria-t-elle en arrivant juste devant lui, s'accroupissant pour avoir son visage en face du sien. Jehan ! E-est-ce que… Je… »

Elle ne pouvait pas lui demander s'il allait bien, car ce n'était évidemment pas le cas. La jeune fille était choquée de voir son ami aussi désemparé. Du sang s'échappait de son arcade sourcilière et le grand métis effectuait un mouvement de balancier, d'arrière en avant, en serrant Andréa dans ses bras. Bridgette baissa les yeux vers son amie. Elle était inconsciente, et elle aussi couverte de sang. Ses vêtements étaient déchirés et en partie brulés. La jeune fille tenta de l'appeler tandis que Félix tentait de capter l'attention de Jehan, mais se fût un échec pour les deux.

-« Est-ce qu'elle est… ? » demanda Bridgette en se tournant vers Félix, les larmes aux yeux.

Félix entrouvrit légèrement les lèvres pour tenter de dire quelque chose mais se ravisa. Il s'avança juste à côté de Jehan pour presser deux doigts sur le cou d'Andréa. Le garçon priait intérieurement pour sentir quelque chose. Il demandait grâce comme il ne l'avait jamais fait. Mais à cet instant, la seule chose qu'il pouvait sentir était son propre pouls, son cœur battant de manière chaotique dans sa cage thoracique. Et puis quelques instants de flottement plus tard, où le garçon tentait de se calmer, il sentit enfin un battement faible venant d'Andréa, indiquant qu'elle était bien vivante. Le jeune homme hocha fébrilement la tête vers Bridgette qui laissa échapper quelques larmes. Mais le soulagement fut de courte durée quand Félix remarqua que le t-shirt de la jeune fille se gorgeait peu à peu de sang au niveau du thorax, la tâche continuant de se répandre sur ses habits et même sur ceux de Jehan qui la maintenait fermement contre lui.

Bridgette releva les yeux vers le grand métis qui pleurait maintenant à chaudes larmes en serrant toujours plus sa camarade dans ses bras. Le voir ainsi lui brisait le cœur en mille morceaux. Se sentir si impuissante face à la situation attisait la rage qui commençait à bouillir dans sa cage thoracique.

Mais quand elle entendit une nouvelle explosion, tout près de leur position qui les fit tous sursauter, la jeune fille ne put plus retenir sa colère. Au-delà de la mission qu'elle avait à accomplir, elle voulait voir cet akumatisé payer pour ce qu'il avait fait. Elle savait que Tikki lui avait toujours dit de maîtriser ses sentiments, surtout sa colère, car des émotions aussi puissantes pouvaient avoir de grandes répercussions sur ses pouvoirs ou mettre en péril son identité secrète. Mais à cet instant, elle n'en avait cure. Elle voulait faire payer ce vilain, lui faire manger la poussière, le détruire, se venger de lui et plus largement du Papillon. Personne ne pouvait toucher aux êtres qu'elle aimait, elle allait lui faire comprendre cela.

La voyant se lever puis s'éloigner, Félix se redressa à son tour pour tenter de la rattraper. Dans l'état où il était, il savait que Jehan ne bougerait pas et Andréa non plus malheureusement. Sur sa droite, le jeune homme remarqua des secouristes qui se déplaçaient de blessés en blessés tandis que d'autres ambulances arrivaient au pied de la cathédrale. Mais à son grand étonnement, Bridgette ne se dirigeait pas vers eux, mais dans la direction totalement opposée. Même de dos, la colère de la jeune fille se remarquait facilement : ses poings serrés et ses pas décidés, qui auraient pu faire trembler le sol tant ils étaient lourds. Pris entre deux feux, Félix ne savait que faire. Suivre Bridgette pour s'assurer qu'elle ne fasse pas quelque chose de stupide ou s'occuper de Jehan et d'Andréa ?

-« Bridgette ! appela-t-il, essayant de ramener sa camarade à la raison. Bridgette, reviens ! »

Mais la jeune fille ne se retourna même pas, continuant de s'éloigner de lui. Félix poussa un long soupir avant de se diriger vers les secouristes sur sa gauche. Il ne pouvait pas laisser Jehan et Andréa dans cet état, ils devaient guider les ambulanciers vers eux en priorité, ne serait-ce à cause du cas préoccupant d'Andréa. Regardant une dernière fois Bridgette loin devant lui, Félix se hâta vers des secouristes qui venaient justement vers lui. Après lui avoir posé quelques questions, l'adolescent les guida vers ses deux amis, revenant sur ses pas.

Alors que les deux hommes se penchaient sur Andréa et tentaient de parler à Jehan qui pleurait toujours, Félix tourna les yeux dans la direction où il avait vu Bridgette pour la dernière fois. Mais la jeune fille avait disparue, noyée dans la foule et sûrement dans les rues adjacentes. Qu'avait-elle en tête ?

Il devait s'assurer qu'elle ne fasse rien qui pourrait la mettre inutilement en danger. Laissant ses deux camarades entre de bonnes mains, Félix en profita pour s'éclipser discrètement, sachant qu'il ne servait plus à rien sous sa forme civile. Il prit la même direction que Bridgette quelques minutes auparavant mais bifurqua dans une ruelle déserte afin de se transformer à l'abris des regards.

Après s'être assuré qu'il était véritablement seul, Félix écarta le rabat de sa veste pour laisser sortir Plagg qui n'avait rien dit depuis le début de l'attaque. Avec une pensée coupable, il venait de se rendre compte qu'il ne s'était même pas assuré de l'état de son petit camarade après l'explosion qui les avait soufflés.

-« Tout va bien ? murmura-t-il tandis que le kwami se posait dans ses paumes. Pardonne-moi de ne pas te l'avoir demandé avant, j'avais… l'esprit ailleurs. »

-« Ne t'inquiètes pas petit, je vais bien, répondit Plagg avec un petit hochement de tête. Je suis plus résistant que j'en ai l'air tu sais. »

-« Tant mieux, parce qu'on a du ménage à faire, et cela risque d'être mouvementé. » souffla Félix avec un petit sourire triste.

-« Tout ira bien, rassura Plagg en tapotant la paume du jeune homme du bout de sa patte. Dépêche-toi de te transformer et de faire ton travail. »

Félix hocha à son tour la tête. Il regarda une dernière fois autour de lui avant de prendre une grande inspiration.

« Plagg, transforme-moi ! »

Une fois transformé, Chat Noir remonta le long de la gouttière qui courrait sur le mur derrière lui, afin de ne pas prendre le risque de se faire repérer en repassant par la rue principale. Depuis les toits, le paysage avait bien changé. Du sol, le jeune homme n'avait même pas remarqué qu'une partie du parvis, là où se tenait la scène de spectacle, avait totalement disparue. Ne restait plus que la terre sous la pierre, creusée en un cratère, et les façades abîmées des immeubles autour. Balayant la scène des yeux, le jeune héros remarqua que plus loin, au-delà de l'Île de la Cité, se formait de grandes colonnes de fumées noires, mises en valeur par la couleur orangée du ciel.

Paris était en flammes. Certains bâtiments étaient la proie d'incendie, ravageant les façades du sol jusqu'aux plus hautes fenêtres. Chat Noir laissa échapper une exclamation d'horreur face à la situation. Ce qui était en train d'arriver était grave, bien plus grave que tout ce qu'ils n'avaient jamais eu à affronter, sa partenaire et lui.

L'image de Ladybug lui revenant en tête, le héros regardant de tous les côtés, espérant apercevoir la silhouette pourpre de sa partenaire sur les toits. Il ne pouvait pas se lancer seul dans la bataille, pas sans elle.

Les parisiens avaient plus que jamais besoin d'eux, il allait falloir agir vite. Entendant de nouveaux cris d'effroi, Chat Noir se lança vers les bâtiments en feu, ayant pour projet de porter assistance aux pompiers en attendant l'arrivée de sa coéquipière.


S'élançant de cheminées en cheminées, Ladybug progressait rapidement sur les toits de Paris. Bridgette s'était éloignée suffisamment de la cathédrale pour être sûre de ne pas être suivie, notamment par Félix qui avait eu l'air déterminé à la retenir près de lui. En chemin, elle avait entendu les suppliques de Tikki, lui demandant de se calmer, que la colère qui faisait vibrer son corps pouvait la conduire à commettre une erreur irréparable. Mais la jeune fille n'avait pas écouté, cherchant simplement un endroit isolé pour se transformer. Et quand elle eut trouvé l'endroit, elle s'était contentée de prononcer sa formule, sans laisser le temps à Tikki de dire quoi que ce soit.

« Tikki ! Transforme-moi ! »

C'était une Ladybug animée par la colère qui se déplaçait maintenant sur les hauteurs de la capitale. Elle se déplaçait furtivement, tentant de ne pas se faire repérer depuis les rues. Si d'ordinaire elle aurait été prise de pitié pour les citoyens affolés qui hurlaient en contrebas, l'héroïne n'avait à cet instant qu'une seule pensée en tête : retrouver le vilain coupable de tout cela.

Elle avait bien sûr remarqué les pompiers, les incendies. Elle avait entendu les cris et les appels à l'aide. Mais c'était comme si la jeune fille était sourde. Elle faisait abstraction de tout, sa colère l'empêchant de se concentrer sur autre chose que sur la recherche de l'akumatisé. Et le fait que le vilain continuait de progresser sans qu'elle puisse le retrouver ne faisait qu'augmenter sa colère. La vision de Jehan et Andréa lui revenait sans cesse en tête et attisait le feu qui brûlait dans sa cage thoracique.

Elle en voulait au Mime, au Papillon, à la terre entière, à elle-même aussi pour ne pas avoir suivi son instinct. Elle aurait dû s'écouter, forcer ses amis à quitter le parvis. Rien ne leur serait arrivé.

Soudain, un cri suivi de plusieurs autres sur sa droite attira son attention. Des dizaines de passants fuyaient dans sa direction. Il ne fallut que quelques secondes à la jeune héroïne pour réagir. Une telle fuite ne pouvait dire qu'une seule chose : le vilain n'était pas loin. Les poings crispés autour du filin de son yoyo, Ladybug survola plusieurs rues avant d'apercevoir enfin le vilain, en contrebas.

Le Mime, sûrement fier de lui de parvenir à faire tant de dégâts, continuait sa macabre mission en marchant lentement au milieu de la route. Le vilain semblait tenir un objet long dans ses mains, son arme mimée toujours invisible aux yeux de la jeune fille. Mais au vu des grandes flammes qui s'échappaient près des mains du vilain, il n'était pas difficile de comprendre que le Mime avait fait apparaître un lance-flamme, celui-là même qui lui servait à déclencher tous ces incendies.

Le sang de la jeune fille ne fi qu'un tour. Elle ne pensait plus à rien, juste à tomber par surprise sur le dos de ce monstre, lui arracher son chapeau qui était la seule partie amovible de son costume, purifié son akuma et retourner auprès de ses amis, en espérant qu'il ne soit pas trop tard pour Andréa. Elle décrocha son yoyo de sa hanche avant de le faire tourner à côté d'elle.

Les muscles tendus, elle attendait le bon moment pour sauter sur le Mime, comptant sur l'effet de surprise pour le stopper rapidement. Mais avant qu'elle n'ait pu s'élancer, la jeune fille sentit quelque chose se refermer autour de son poignet gauche. Un air meurtrier dans les yeux, elle se retourna en armant sa jambe, préparant à administrer un coup de pied à son assaillant. Mais la jeune fille stoppa net son mouvement en reconnaissant le costume sombre de Chat Noir.

-« M-Ma Lady, c'est moi, bredouilla le jeune homme, surpris par le geste de sa coéquipière. Je suis content de t'avoir retrouvé. »

-« Oui moi aussi. » répondit distraitement la jeune fille en se dégageant de la poigne de son partenaire, se concentrant de nouveau sur sa cible qui continuait de progresser.

Se penchant à son tour en contrebas, Chat Noir voyait le Mime à travers ses yeux de héros pour la première fois. Tellement pris par le sauvetage des civils piégés dans les incendies, il n'avait pas eu le temps de se mettre à sa recherche. C'est seulement en voyant la silhouette de Ladybug passer au-dessus de la rue dans laquelle qu'il s'afférait que le jeune homme avait quitté son poste pour la rejoindre, soulagé de la voir enfin apparaître. Après ce qu'il lui était arrivé, il avait eu peur de ne jamais voir arrivé sa coéquipière, qui aurait pu être comme lui, prise dans une des explosions du Mime sans pouvoir y faire quoi que ce soit.

Entendant de nouveau cris plus loin, Chat Noir se tourna vers sa coéquipière qui n'avait, elle, pas bougé, si ce n'est pour suivre le Mime des yeux, cherchant une nouvelle occasion de lui sauter dessus après avoir été dérangée par l'arrivée de son partenaire.

-« Je suis d'avis de mettre les civils à l'abris en premier, suggéra le jeune homme en posant sa main sur l'épaule de sa partenaire pour attirer son attention. Nous ne pouvons pas prendre le risque qu'il y ait d'autres blessés. »

-« Hors de question, rétorqua aussitôt Ladybug en serrant les dents sans quitter le Mime des yeux. Le vilain d'abord, c'est sur lui que nous devons nous concentrer. Le Miraculous Ladybug réparera tout, il n'y a que comme ça que nous sauverons tout le monde. »

-« Mais tous ces gens piégés dans les incendies ! insista Chat Noir en se déplaçant devant sa partenaire afin d'avoir toute son attention. Le temps que nous arrêtions le Mime, il sera peut-être trop tard pour eux ! Nous ne pouvons pas les abandonner ! »

-« Eh bien va t'occuper des civils ! cria Ladybug en poussant son partenaire, excédée par son comportement qui venait de lui faire perdre une nouvelle occasion. Moi je m'occupe du Mime. »

Comprenant qu'elle ne pourrait plus être tranquille maintenant qu'il était là, Ladybug accrocha son yoyo vers une autre cheminée de l'autre côté de la rue pour avoir un autre point de vue, loin de son partenaire.

Chat Noir la regarda faire, totalement abasourdi par son comportement et ses réponses agressives, tellement loin de ses habitudes. Elle semblait hors d'elle et n'avait que le vilain en tête. Il ne l'avait jamais vu comme cela.

Elle qui agissait toujours avec sa raison en premier, elle se laissait ici déborder par ses propres émotions. Et même si le jeune homme se doutait qu'elle devait avoir ses raisons, après tout Ladybug devait elle aussi avoir de la famille dans les parages, il savait que le mélange de colère et des pouvoirs offerts par les miraculous pouvait conduire à un résultat plus que dangereux. Les deux héros devaient restés concentrés en permanence sur leur objectif sans oublier tout ce que le rôle de héros impliquait.

Ils étaient responsables de la sécurité des 2 millions d'habitants de Paris, ce qui impliquait leur sauvetage si cela était nécessaire. Poussant un long soupir, le jeune homme tourna les talons pour se diriger vers un autre bâtiment en feu. Il détestait l'idée de la laisser seule sur le front mais celle de laisser des civils innocents brûler vifs l'effrayait encore plus, et il ne pouvait pas tolérer que cela se produise, surtout s'il pouvait empêcher cela.