Bonjour à toutes et à tous. Comment allez-vous ?
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Voici venir la suite, où désespoir se heurte à l'amour, où confusion rime avec déception.
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Belle lecture à vous. On se retrouve en bas.

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Chapitre 24 : Les adieux au Prince

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Ses yeux clairs étaient rivés sur l'extérieur. Le vent soufflait paisiblement sur la neige qui s'élevait alors au-dessus du sol puis retombait tout aussi paisiblement, éclairée par les seuls rayons de la lune. Les battements de cœur de Luna, quant à eux, étaient loin d'être paisibles. Elle qui gardait son calme la plupart du temps, tremblait de peur. Elle avait de plus en plus de mal à déglutir à mesure que les minutes passaient.

« Harry, répète-moi ce que tu as vu.

« Hermione, ça fait déjà deux fois que je te le dis, soupira Harry tout en se frottant le front encore brûlant. »

La belle brune faisait les cents pas, les sourcils étroitement froncés. Elle n'y tenait plus, les battements de son cœur à l'unisson de ceux de la jeune Serdaigle.

Beaucoup d'invités avaient été congédié en raison du danger. Au cas où le QG serait attaqué, il valait mieux qu'ils ne soient pas tous rassemblés au même endroit. La famille Delacour en faisait partie et la jeune Gabrielle dût s'en aller sans pouvoir s'expliquer avec son amant. Ce dernier, resté auprès de son meilleur ami, n'y avait même pas prêté attention.

Sa famille était encore rassemblée et c'est ce qui comptait le plus à ses yeux. Les Aurores avaient fait le choix de rester présents également.

« Rogue est découvert. »

Le mot avait été jeté et le sort en était également. Tous avaient compris que l'issue en serait foncièrement fatale. Maintenant, restait à savoir quelle serait l'issue pour le jeune Malefoy et son ami Zabini.

Tout à coup, un mouvement au dehors fit tressaillir la jolie blonde.

« Ça bouge, dit-elle simplement. »

Hermione accourut à côté d'elle, l'air affolé. Elle scrutait le moindre mouvement et vit Maugrey, qui patrouillait autour de la barrière magique, attraper une tête blonde. Ce blond, presque blanc, qui se confondait dans le paysage enneigé. La belle brune n'attendit rien de plus pour courir à l'extérieur, suivie de près par ses amis.

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« Lâches moi ! Hurla Draco à Fol'Œil. Lâches moi ! »

Sa voix était brisée et son regard avait perdu toute sa raison.

« Vous avez gagné ! Hurla-t-il, sa voix les transperçant avec force. Vous avez eu sa peau ! C'est ce que vous vouliez, de toute façon ! Continua-t-il, de plus en plus incontrôlable. »

Hermione allait lui demander de qui il parlait mais n'en eut pas besoin en voyant le corps de Séverus Rogue posé dans la neige. Sa main alla d'elle-même sur sa bouche, ses yeux se remplissant de larmes.

« Ah non ! Ne faites pas semblants d'être touchés et encore moins tristes ! Bandes d'hypocrites ! S'écria Draco en voyant le visage d'Hermione. »

Le jeune homme ne contrôlait plus rien, abattu par cette pression trop longtemps contenue. Les larmes noyaient son visage d'ange et ses yeux lançaient des éclairs à tous vas.

« Vous avez eu ce que vous vouliez ! Vous en êtes débarrassé !

« Arrêtes de dire des conneries Malefoy ! Séverus était un membre de l'Ordre bien avant ta naissance ! S'écria Maugrey, de plus en plus agacé.

« Oh ! Potter ! Va s'y ! Ne caches pas ta joie ! Continua Draco sans faire attention au sorcier.

« Je ne suis pas heureux ! Protesta ledit Potter.

« Ne mens pas ! On sait tous que vous vous êtes toujours détestés ! »

Il était sur le point d'exploser... Tel un fauve affamé dont la cage s'était ouverte, il était prêt à bondir sur celui qu'il avait cru être l'ennemi à combattre toute son adolescence. Son ami, resté en retrait, l'attrapa par les épaules pour le retenir. Il fut tout aussi vivement repoussé.

« Oui, mais c'était un membre de l'Ordre, répondit Harry alors que Draco s'était tourné vers Blaise, le visage déformé par la rage. Il a donné à Maugrey une preuve de sa loyauté…

« Sa loyauté ?! S'étrangla Draco. Regardez où ça l'a mené ! Renchérit-il. Il ne méritait pas son sort…

« On n'a pas dit le contraire, alors calmes-toi, mec ! Intervint alors Ron. »

Dans un mouvement vif, le jeune Malefoy avait sorti sa baguette, pointée sous le nez du jeune Weasley. Celui-ci leva les mains en signe de capitulation. Une seconde fois, peut-être une fois de trop, Blaise s'interposa, le forçant à baisser son arme.

« Toi, tu la fermes ! Siffla-t-il à Ronald, tout en fusillant son meilleur ami du regard.

« Mais arrêtes ! S'écria Hermione, sa voix beaucoup plus aiguë que d'habitude. Tu crois lui rendre honneur en agissant de la sorte ? »

La jeune femme était secouée par des sanglots. Le voir ainsi était d'autant plus terrible que de voir leur ancien professeur sans vie. Il était détruit et elle n'osait imaginer qu'il ne parvienne jamais à s'en remettre.

« Je t'emmerde Miss-je-sais-tout ! Tu crois savoir comment on réagit face à ça ?! Toi, t'as préféré effacer la mémoire de tes parents plutôt que d'affronter la peur de les perdre !

« Mais arrêtes... »

La jeune femme n'arrivait plus à crier, ni même à parler. A ces mots, qui la transpercèrent de plein fouet, plus vivement que l'éclair d'un sort, elle se détourna.
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Alors que tout semblait partir en fumée, la petite voix fluette de Luna apaisa l'atmosphère en l'espace de quelques secondes.

« Il n'a plus besoin de mentir à présent. Il est en paix. Il est mort en homme honnête. »

La jeune femme était accroupie à côté du défunt et le regardait avec douceur.

« Mais il est mort..., souffla Draco, plié en avant, à bout de force.

« Pour que tu restes en vie, ajouta Luna en le regardant droit dans les yeux. Alors reste en vie et continues à te battre pour que plus personne ne souffre et ne meurt ainsi. »

À ces mots, le vert et argent rangea sa baguette et se laissa tomber dans les bras de la Serdaigle.

Hermione sentit un frisson lui descendre du cuir chevelu et lui parcourir lentement tout le dos. Luna avait eu les bons mots et c'était elle qui avait su le calmer...

Elle effaça du revers de la main la larme qui vint traverser sa joue et s'en alla vers la maison sans se retourner.

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Le calme était revenu peu à peu dans la maison du sorcier allemand. Celui-ci était, pour une fois, resté silencieux. L'air peiné, il sirotait son verre de whisky pur-feu devant l'âtre de la cheminée où crépitait un grand feu. La nuit était largement avancée, pourtant la plupart des habitants étaient encore debout. Les parents Weasley n'avaient pas tardé à se coucher après Tonks.

Les Aurores voulant restés entre eux pour discuter de la marche à suivre et de la stratégie à mettre en place, les jeunes sorciers étaient montés au deuxième étage. Ils s'étaient retrouvés dans le petit salon. De petites flammes flottaient dans les airs et Hermione s'amusait distraitement avec l'une d'elle quand la jeune Lovegood entra.

« Bonne nuit tout le monde, dit-elle doucement avant de se tourner pour ressortir.

« Il dort ? Questionna alors la jeune Granger, le menton appuyé sur son bras posé sur le bar.

« Oui, affirma la blondinette. Et on devrait tous en faire autant si...

« Merci d'avoir réussi à le calmer.

« Je le comprend…

« Tu es bien la seule apparemment, commenta Hermione en redressant sa tête, l'air amer. »

Luna s'approcha alors d'Hermione pour qu'elle seule, l'entende.

« Dray s'en veut beaucoup de t'avoir parlé comme il l'a fait. Il m'a dit que si tu lui en voulais autant qu'il s'en veut déjà, alors tout est vraiment fichu...

« Merci, soupira la jolie brune. »

Luna s'éclipsa et un silence pesant retomba. Elle fixa encore un moment la porte derrière laquelle elle avait disparue. Ce surnom... "Dray"... Ça lui allait étonnement bien.

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Ginny, assise entre ses deux frères jumeaux, avait le visage fermé. Elle tenait une mèche de ses cheveux dans les mains et s'amusait à l'entortiller entre ses doigts. La belle ne cessait de ressasser le déroulement de la soirée.

Tout s'arrangeait avec Harry. Elle avait enfin compris la dureté de sa tâche. C'était pure folie de désirer prendre part à une mission aussi risquée. Lui, on ne lui avait pas laissé le choix. Il avait raison, elle était bien plus utile ailleurs, menant ses propres batailles. Chacun avait un rôle à jouer et elle reconnaissait enfin le sien.

Tout s'arrangeait avec son amour, alors pourquoi ? Pourquoi était-elle autant attirée par un autre ? Pourquoi se sentait-elle troublée en l'observant ? Elle n'osait y songer mais ne cessait d'y penser… Leurs échanges, leurs conversations, leurs baisers…

À cette pensée, la belle se leva pour aller dans sa chambre.

« Bonne nuit, lança-t-elle précipitamment avant de sortir.

« Elle doit avoir ses règles, soupira Fred.

« Ou être constipée ? Renchérit Georges avant de faire un clin d'œil à son double. »

Harry leva les yeux au plafond, l'air désabusé et alla rejoindre la rouquine. Elle n'avait pas dû aller loin. Il la retrouva au bout du couloir, assise sur la banquette, la tête enfouie dans ses mains.

« Tu viens te coucher ? Proposa doucement Harry en tendant une main vers celles de sa dulcinée.

« J'aimerais rester encore un peu, bredouilla-t-elle sans relever la tête. »

Des chuchotements la poussèrent enfin à la relever alors qu'Harry allait rejoindre sa chambre.

Le jeune Zabini, accompagné par la jolie bulgare, se tenait à quelques pas de là. Le métis avait beaucoup bu et Aria le maintenait tant bien que mal.

« Bonne nuit, dit-elle avant de pousser Blaise pour qu'il entre dans la chambre dont la jeune femme venait d'ouvrir la porte.

« 'nuit..., répondit simplement Ginny, la mâchoire serrée. »

Le duo disparut du couloir mais la jeune Weasley ne lâchait pas des yeux l'endroit où il s'était tenu.

« Toujours à épier ses moindres faits et gestes, souffla sombrement Harry.

« Non…

« N'essaye pas de le nier, Gin, reprit le jeune Potter. Je ne suis pas aveugle.

« Tu dis n'importe quoi, affirma la rouquine en fuyant ses yeux émeraudes.

« Tu n'as pas cessé de l'observer depuis qu'il est dans cette baraque, continua-t-il, le ton de sa voix commençant à se durcir. Tu étais folle d'inquiétude pour lui ! Ajouta-t-il en accentuant sur chaque mot de sa phrase.

« Il est à Poudlard avec moi. Il m'a sauvé la mise plus d'une fois. Il m'a aidé dans pas mal de situations et... Je n'ai pas à me justifier ! S'écria-t-elle avant de se lever brusquement.

« Si ce n'est pas envers moi, sois au moins honnête envers toi-même, répliqua Harry d'une voix sèche. »

Il se détourna d'elle et quitta le couloir. Cette fois, il avait eu sa dose.

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Les yeux rivés sur la clenche dorée de la porte, Hermione hésitait. Cette nuit l'avait fait énormément réfléchir et la belle se remettait de plus en plus en question.

Elle n'aurait jamais pensé voir Draco Malefoy perdre tout contrôle. Elle le revoyait se jetant sur le corps de son parrain, regrettant de ne pas avoir pu lui dire adieu. Elle entendait encore ses cris et ses pleurs résonner. Elle renifla bruyamment, tentant de retenir de nouvelles larmes.

La jeune femme osait enfin assumer les sentiments qui naissaient pour lui, à chaque instant plus forts. Mais sa raison, cette petite voix dans sa tête, la suppliait de ralentir, de ne pas se précipiter. Les paroles de son meilleur ami résonnaient en elle, des mots qu'il lui avait dit quelques années plus tôt. « C'est l'amour qui fait notre force mais qui nous rend aussi vulnérables. »

Hermione Granger était en train de changer et ce changement lui faisait peur. Devait-elle ouvrir cette porte et continuer dans cette voie ? Devait-elle s'aventurer plus loin ?

À force de penser, cela faisait déjà dix minutes que la belle brune se tenait là, devant la chambre de Draco, sans bouger. Finalement, la porte s'ouvrit sans qu'Hermione n'ait amorcer le moindre mouvement.

« Qu'est-ce que tu fais ? Demanda vaseusement le vert et argent.

« Rien... Je voulais...

« Justement, coupa-t-il. Ça va faire un quart d'heure que je t'attends. J'ai entendu tes pas dans le couloir.

« Comment as-tu deviné que c'était moi ? Questionna Hermione, intriguée.

« Je suis un expert. Bon, tu entres ? »

La jeune femme hésita une seconde de plus, puis entra. Ce n'était pas elle qui avait ouvert la porte. Elle n'avait pas fait son choix. Elle était toujours indécise…

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Draco s'était finalement assoupi après des heures de lutte contre le sommeil. La fatigue avait été la grande gagnante de ce combat joué d'avance. Le jeune homme, à son réveil, se sentait vide. Vide de sentiments, d'émotions... Il se retrouva sous la douche. L'eau chaude parcourait son dos nu et l'effet de la chaleur l'apaisa un peu. Il y serait bien resté des heures mais il se décida tout de même à en sortir. Une serviette autour de la taille, il s'observa dans le miroir. Le beau blond avait une nouvelle entaille sur la joue gauche et plusieurs petites sur le torse. Il avait également un énorme hématome au niveau des côtes. La veille, Luna avait remarqué que plusieurs d'entre elles étaient cassées et elle les avait réparés comme elle l'avait fait pour le nez d'Harry l'an passé.

Il repensa à la petite blondinette et se sentit soudain moins vide. Elle était épatante... Sortant de ses pensées, il entendit des pas devant sa porte...

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La jeune femme le regarda tristement. Elle s'approcha de lui lentement et d'une main légère, lui prit le menton pour l'invitait à tourner la tête, observant de ses beaux yeux noisettes ses blessures. Le jeune homme se laissa faire, sentant son souffle chaud dans le cou. Elle laissa glisser sa main jusqu'à l'hématome qui s'était formé sur ses côtes puis replongea son regard chaud dans celui, glacé, de Draco.

Alors qu'Hermione se détourna pour aller s'asseoir sur le fauteuil à côté du lit, des bras l'emprisonnèrent. Draco la fit se retourner et l'enlaça plus fort encore. La belle était surprise mais se laissa faire. Il prenait toutes les initiatives, choisissait à sa place... À cette pensée, l'indécise s'écarta.

« Comment te sens-tu ? Demanda-t-elle tout en le scrutant.

« Bien, dit-il simplement avant de la serrer à nouveau. »

Il s'empressa alors d'attraper ses lèvres alors qu'elle allait protester. Leurs langues s'échangèrent quelques caresses mais la belle brune y coupa court.

« Du calme. Il faut… Il faut qu'on discute...

« J'ai pas envie de discuter, déclara le beau blond avant de l'emprisonner à nouveau dans un baiser fiévreux. »

Draco avait glissé l'une de ses mains sur ses fesses et attira son bassin contre le sien. Sentant une bosse dure, Hermione se retira plus vivement cette fois.

« Draco, qu'est-ce qui te prend ?

« Mais quoi ?! S'écria-t-il. J'ai pas envie de parler ! J'ai pas envie d'y repenser !

« Je sais mais... »

Pour la énième fois, le jeune homme ne la laissa pas finir et continua ses baisers. Il commençait à devenir de plus en plus entreprenant et la jeune femme de plus en plus troublée. Elle n'avait pas envie de ça. Pas maintenant… Et… pas comme ça.

« Arrêtes… Draco... Calmes-toi… Ce n'est pas le moment…, soupira-t-elle alors que l'étreinte de celui-ci se faisait plus brusque. »

Il commençait à soulever son t-shirt et caresser son ventre alors que la jolie brune tentait de le repousser.

« Laisses-toi aller, lui susurra-t-il à l'oreille avant de lui lécher le lob. »

La jeune femme eut un frisson à ce contact mais reprit très vite ses esprits.

« Draco, lâches-moi ! Ça suffit ! Ordonna-t-elle d'une voix plus ferme.

« T'es sérieuse là ?! Hurla-t-il sans pouvoir s'en empêcher, exacerbé. T'es venue pour quoi alors ?! Cracha-t-il alors qu'il s'était finalement reculé.

« Mais pour te soutenir ! Pour te montrer que je suis là pour toi et que tu n'es pas seul ! S'écria-t-elle, complètement ahuri.

« Pour le soutien moral, j'ai eu ma dose ! Répliqua le Serpentard, agacé. Ce n'est pas ce dont j'ai besoin maintenant. J'ai envie... d'autre chose. »

Son regard se faisait de plus en plus intense et sans crier gare, il ôta la serviette qu'il avait autour de la taille dévoilant alors sa virilité à Hermione. La jeune femme écarquilla les yeux, choquée par ce geste. En voyant l'expression de son visage, Draco éclata de rire. Un rire blanc, dénué de joie.

« Je croyais que tu n'étais plus vierge ! Lança-t-il, hilare. Tu le faisais dans le noir, les yeux fermés, c'est ça ? »

La belle brune le toisa du regard et soupira avec dédain. Elle s'avança vers lui, soutenant toujours le regard gris d'acier de son ancien ennemi. Elle lui fit un léger sourire en coin rempli de cynisme et se baissa devant lui. En l'espace d'une seconde, Draco passa de l'étonnement à la déception. Elle tenait sa serviette dans la main.

« Remets donc ta serviette là où elle était et tes idées en place, dit-elle sèchement en lui jetant la serviette. On se reparlera quand tu seras redevenu aimable.

« Je n'ai jamais été aimable ! Lui fit remarquer le jeune Malefoy, l'air dégoûté. »

Hermione quitta la pièce sans un regard pour lui et sans tenir compte de ce qu'il venait de dire.

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Les sourires et la joie avaient laissé place à l'effroi, le désarroi et la tristesse. Les yeux rougis par le manque de sommeil et les larmes, les habitants de la maison restaient silencieux en cette matinée de Noël. Molly passa parmi tous ses enfants et leur donna à chacun un paquet. Malgré les circonstances, la mère des rouquins avait tenu à respecter la tradition. Elle offrit également un paquet à Hermione et à Harry.

Des remerciements fusaient de toutes parts et quelques sourires réapparurent. Les jumeaux avaient reçu deux magnifiques chevalières en or. Les deux jeunes hommes se lancèrent un regard halluciné et tournèrent la tête vers leur mère dans un même mouvement.

« Maman ! C'est trop !

« Comment as-tu... ?

« C'est un cadeau. La question ne se pose pas ! Coupa Molly. »

Elle leur sourit et repris la distribution. Ron ouvrit le petit coffret que sa mère venait de lui donner le cœur battant. Il y trouva une gourmette en or, elle aussi. Ses initiales gravées en grosses lettres sur la petite plaque du centre. Il regarda ses frères qui comprirent très vite que lui aussi avait reçu un cadeau hors de prix. Tous deux bondir sur leur petit frère pour voir de plus près.

« Mais maman, commença Ron. Ça vient d'où, tout ça ?

« Arrêtez avec vos questions, préconisa leur père, resté un peu à l'écart. »

Ginny eut le bonheur de découvrir une splendide paire de boucles d'oreilles pendantes en or avec une émeraude en goutte. La jeune femme serra sa mère dans ses bras et la remercia sincèrement.

Hermione reçut également des boucles d'oreilles comme sa meilleure amie mais les siennes étaient en argent et les pierres, des améthystes.

Harry reçut, quant à lui, une montre au bracelet de cuir. La montre semblait magique car elle tournait dans tous les sens. En y regardant de plus près, le jeune homme remarqua qu'il s'agissait en réalité d'une boussole.

« L'aiguille est censée te mener vers ce que ton cœur désire le plus, lui expliqua Arthur Weasley en voyant l'air perplexe d'Harry.

« Mon cœur désire la paix, dit Harry. Je ne crois pas qu'une boussole puisse m'indiquer où elle se trouve. »

Or, l'aiguille s'arrêta. Les sourcils froncés, l'Elu suivit des yeux ce qu'elle indiquait et tomba sur le beau visage de Ginny.

« La boussole ne se trompe jamais, ajouta alors le père de Ginny en tapotant l'épaule d'Harry. »

La concernée lui lança un bref regard puis reporta son attention sur sa meilleure amie. Celle-ci lui tendait un paquet.

« Oh Mione ! Tu es adorable.

« Mione ? C'est quoi ce surnom ? Questionna la voix traînante habituelle du jeune Malefoy.

« Ça ne te plaît pas, Dray ? Demanda Hermione en haussant les sourcils, une lueur de défi dans le regard.

« Y a mieux, indiqua-t-il, ses lèvres soulevées par un faible sourire.

« Mione ! C'est magnifique ! S'écria Ginny, coupant court à leur altercation. »

Elle tenait dans ses mains de toutes nouvelles protections en cuir marron pour son équipement de Quidditch.

« Je suis sûre que tu deviendras une grande joueuse nationale. Les Harpies n'attendent que toi. »

Harry sourit en entendant ces mots mais Ron l'interrompit dans sa contemplation en lui mettant sous le nez un vieux blouson de cuir noir.

« Pas eu le temps de l'emballer. Il était à mon frère, Charlie. Il me l'avait confié et m'a toujours dit qu'il fallait avoir de la valeur pour porter un blouson avec autant de valeurs. Qui mieux que toi devrait le porter ?

« Merci, Ron. »

Harry souleva le blouson pour le regarder plus en détails. Il était ancien mais intact.

« T'es sûr que ton frère apprécierait ?

« C'est lui qui me l'a conseillé comme cadeau pour toi, expliqua le rouquin.

« À mon tour, déclara alors Draco à la surprise générale. »

Le Serpentard fit apparaître des paquets d'un coup de baguette. Il fit voler l'un d'entre eux qui alla se poser dans les mains de leur hôte, Otto.

« Oh ! Danke shöne, Draco.

« Je vous en prie. »

Draco lui avait offert un magnifique ouvrage. Il poursuivit en envoyant des paquets chez Ron et Harry. Ces derniers étaient bien étonnés de l'attention. Ils avaient des places pour le prochain mondial de Quidditch. Des passes pour assister à tous les matchs sans exceptions.

« J'espère qu'on sera encore en vie d'ici là, lâcha Ron, sans faire attention à ses mots. »

Le vert et argent éclata d'un rire nerveux, à la stupéfaction de tous. En d'autres circonstances, il aurait répondu à sa remarque mais, vidé de toutes émotions, il n'en avait pas la force.

Il se tourna vers Hermione après s'être calmer. Un silence troublant était tombé sur eux, la confusion générale ayant remplacée la féerie du moment. Le trouble fait ne s'en soucia pas plus longtemps et tendit une grosse boîte à la belle brune. Elle haussa les sourcils et prit la boîte. Elle l'ouvrit et y découvrit un magnifique petit chaton gris. Il jouait gaiement avec une petite pelote de laine. Complètement attendrie, la rouge et or ne put s'empêcher de le prendre dans ses bras et de lui faire des bisous. L'animal se mit alors à jouer avec une mèche de ses cheveux. Tous se mirent à admirer le nouveau compagnon.

« Il est trop mignon !

« Il est tout petit !

« Faut lui trouver un nom ! »

Hermione fit un grand sourire à Draco mais celui-ci était occupé avec Luna. Il lui tendit un bel écrin de velours noir renfermant un bijou d'une valeur inestimable. Un saphir taillé en cœur entouré de tous petits diamants fins.

« Ma famille le possède depuis des générations.

« J'en prendrai grand soin, Dray. »

La Seradaigle le serra contre elle pour le remercier. Hermione ne les avait pas quittés des yeux, si bien qu'elle en avait oublié le chaton. La petite boule de poils avait bondi de ses mains pour atterrir dans celles de Ginny.

« Comment vas-tu l'appeler ? Demanda la rouquine en le lui rendant. »

Perturbée, Hermione ne répondit pas tout de suite.

« Je ne sais pas. J'attends vos idées, proposa-t-elle à tout le monde. »

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Ce jour-là devait être une fête. Ce jour marquait la fin d'une période et le commencement d'une nouvelle. Pour la plupart des gens, cette transition était accueillie avec joie.

Mais pas cette fois. Pas pour Draco Malefoy...

Ce 31 décembre, il devait mettre en terre un homme, qui, malgré tous leurs différents, aurait pu représenter ce qui se rapprochait le plus d'une famille.

Au dehors, la terre était gelée et très difficile à creuser mais Draco ne voulait pas utiliser la magie. Il voulait rendre hommage au côté moldu de son parrain. Quitte à y mettre ses dernières forces.

Au bout de plusieurs pelletées, il dut admettre qu'il n'avait plus autant de résistance qu'avant. Les sorts du Mage noir l'avaient affecté plus qu'il ne l'aurait cru. Blaise vint lui prêter main forte, une pelle sur l'épaule et, à sa stupéfaction, Potter et Weasley également. Tous les quatre se mirent au travail dans un silence solennel.

Harry attrapa la main que lui tendait Draco et sortit du trou, assez profond pour accueillir le cercueil, dernière demeure du défunt.

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La cérémonie, très sobre, fut assez brève. Hormis les résidents du Q.G, seule McGonagall avait fait le déplacement depuis l'Angleterre. Beaucoup étaient surveillés et le risque de mener les Mangemorts jusqu'à eux était trop grand. La professeure de métamorphose venait dire adieu à son ancien collègue et allié. Elle était véritablement attristée par ce décès, ce qui en surpris plus d'un.
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« Ces jours ténébreux ne sauront éteindre la lumière qui brille en chacun de nous. L'espoir qu'un jour nouveau se lève, débarrassé de cette Guerre absurde, n'est pas perdu. Nous sommes plus que jamais soudés face à ces tragédies.

Peu de gens connaissaient Séverus Rogue. Beaucoup le détestaient, alors que très peu avaient le tiers de son courage et de sa force. Ses talents en tant que maître de potions, agent double au service de l'Ordre du Phoenix et en tant que protecteur pour certains, la sorcière fit un clin d'œil à Draco, étaient indéniables. Nul ne pouvait en douter. Il s'est sacrifié pour énormément de personnes et ce sacrifice ne doit pas et ne peut pas rester vain.

Même s'il restera un mystère pour nombre d'entre nous, il avait la confiance d'Albus, donc il avait la mienne. »

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Le jeune Malefoy, debout au bord du trou, observait le cercueil. De la terre, jetée dessus, le recouvrait par endroits. Il n'arrivait plus à penser, hormi à la mort. Celle qui avait jailli au bout de sa propre baguette et qui avait emmenée avec elle tous ses espoirs.

Se sentant attiré vers le bas, le jeune homme recula de quelques pas. Soudain, une main chaude vint trouver la sienne, glacée, et le ramena à la réalité. Il sentit son cœur s'emballer en plongeant dans le regard d'Hermione. Celle-ci lui avait fait un doux sourire, faible mais réconfortant. Sans que personne ne s'y soit attendu, pas même elle, le Serpentard enfuit son visage sur son épaule, en sanglots.

Peu à peu, les sorciers allèrent rejoindre l'intérieur de la maison, tandis que le couple ne bougeait plus. Draco resserra son étreinte avant de se redresser. Il avait besoin de voir son visage, de retrouver dans ses yeux l'espoir qu'il avait perdu. Il était hypnotisé par sa beauté et sans prêter attention à ce qui les entourait, il scella leurs lèvres dans un baiser.

Le plus jeune des Weasley n'en rata pas une miette et son visage se décomposa littéralement face à ce spectacle. Harry, à côté de lui, ne semblait pas aussi dégoûté que lui. Celui-ci avait tourné le dos, l'air indifférent avant que le rouquin ne le rattrape.

« Alors, tous ces sous-entendus, c'était vrai ?! S'étrangla-t-il.

« C'est important ? Demanda Harry, sans même le regarder.

« C'est la « fouine » … et… Hermione… dont on parle ! Ensemble… tous… tous les deux ! »

Il parlait de plus en plus fort alors que son meilleur ami ne lui prêtait aucune attention.

« Tu t'en fiche, c'est ça ? Ajouta-t-il.

« Parce que savoir que notre meilleure amie a décidé d'approfondir ses liens avec notre super nouvel allié, agent double, est ce qu'il y a de plus crucial en ce moment ?! Rétorqua le rouge et or, désabusé par le comportement excessif de son acolyte de toujours.

« Rien ne t'étonne visiblement... Ou c'est que plus rien ne t'atteint ?

Harry fronça les sourcils, mais son ami ne le laissa pas répondre.

« Vu ton comportement, ça ne m'étonne pas que Gin aille voir ailleurs ! »

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Hermione se recula délicatement de ses bras et le fixa. Elle aussi avait besoin de voir son visage, d'y voir que tout n'était pas perdu, qu'il allait tenir le coup et continuerait à se battre. Draco lui sourit doucement comme pour lui répondre.

« Je vais tenir, souffla-t-il. »

A ces mots, la jeune femme se serra contre lui, elle plaqua son oreille contre sa poitrine et sentit un objet dur.

« Qu'est-ce que c'est ? Demanda-t-elle, en posant sa main à l'endroit où était sa tête quelques secondes plus tôt. »

Le beau blond fronça ses sourcils fins et plongea la main dans son manteau. Il sentit le papier cadeau qui couvrait le cadeau de son parrain, puis la lettre qui l'accompagnait. Au bout de quelques secondes, il en sortit un livre. Un vieux roman à la reliure en cuir marron. Toujours les sourcils abaissés, il le retourna entre ses doigts. Il lut le titre : "Brille la neige, un soir d'hiver". Mais celui-ci ne lui évoquait rien. Il l'ouvrit lentement, sous les yeux intéressés d'Hermione et se retrouva face à un visage qu'il ne reconnut pas tout de suite. La photo ancienne, jaunie par le temps, de cette femme, fit bondir le cœur de la née-moldue.

« C'est..., elle s'interrompit alors que le regard acier du Serpentard la toisait. »

Il soupira face au silence de la jeune femme puis prit la photo du bout des doigts, pour la retourner comme si les réponses à toutes les questions qu'il se posait sur celui qui fût son parrain seraient écrites là.

Une sensation étrange, pareille à l'effet d'une chute vertigineuse dans le vide, s'empara de tout son être. Son esprit se retrouva alors plongé hors de l'espace et du temps.

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En cette soirée, les membres de l'Ordre s'étaient amassés dans le grand salon et un silence pesant les enveloppa. Maugrey ne tarda pas à rompre le silence dans un grognement qui lui été propre.

« Bon, entama-t-il, vous trois… »

Il désigna les deux plus jeunes Weasley et le jeune Londubat, tour à tour de son œil de verre.

« Vous retourner à Poudlard dès demain. On ne peut plus jouer la comédie aussi longtemps. Ils risquent de découvrir la supercherie. »

Les trois concernés se lancèrent un regard équivoque sans dire un mot. Ils sentaient que la tension montait d'un cran. Ils le savaient tous. Le nombre des alliés s'amenuisait de jours en jours.

« J'ai un rapport à rendre au Seigneur des ténèbres, intervint le jeune Zabini, ayant perçu que le regard de l'Aurore s'était tourné vers lui. Je retournerai ensuite à Poudlard. J'ai l'idée de proposer au Maître la candidature du professeur Slughorn au poste de directeur de l'école.

« Pardon, Mr Zabini ? Ce n'est pas à vous de…

« Excusez-moi professeure McGonagall, mais je sais que je peux le convaincre. Face de serpent cherchait à recruter Slughorn depuis un moment. Je l'ai entendu en parler avec les Mangemorts lors d'une réunion. Slughorn sait qu'il ne peut éternellement échapper au Seigneur des ténèbres.

« Quand bien même…

« C'est une solution pour nous permettre de reprendre Poudlard, interrompit Neville avant de baisser les yeux devant sa professeure de métamorphose. »

La sorcière secoua la tête d'un air dépassé. Le Serpentard n'avait pas tort. Il fallait mettre toutes les chances de leur côté. Elle connaissait le passé qui liait Horace à Tom Jédusor.

« Si Vous-Savez-Qui pense que Slughorn est de son côté et qu'il appliquera ses directives sans broncher, il acceptera et ça nous permettra de récupérer l'école et d'avancer nos pions dans cette satanée Guerre, remarqua Lupin, resté en retrait jusqu'à lors. »

Blaise s'était retourné vers son meilleur ami. Le jeune Malefoy y répondit par un simple signe de tête et le métis acquiesça à l'attention de Fol'Oeil.

« C'est entendu, dit-il. »

L'Aurore allemand se tourna vers la directrice de la maison Gryffondor.

« Ich nehme an, Sie haben Ihre Rückkehr geplant.*

« Tout à fait d'accord, intervint Ron, l'air peu convaincu.

« Wie immer ist alles geplant. ** répondit la professeure de métamorphose, un léger sourire aux lèvres.

« Il y a un truc qu'elle ne sait pas faire, la vieille McGo ? Souffla le Serpentard à l'oreille d'Hermione. »

Celle-ci lui répondit par un coup de coude dans les côtes, l'air désabusé. Le jeune homme y répondit par un simple baiser qu'il déposa sur sa tempe. Bien sûr, ce geste n'échappa pas à Ron, soudain plus renfrogné que jamais.

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L'assemblée formée dans le salon ne tarda pas à se disperser dans les autres pièces et Ginny n'attendit pas plus longtemps pour monter quatre à quatre les marches qui menaient au deuxième étage. Elle entra rapidement dans sa chambre et voulut refermer la porte d'un geste vif mais la main d'Harry la retint. Elle ne l'avait pas remarqué alors qu'il était sur ses talons. Son regard était sombre et ne présageait rien de bon.

Hermione allait suivre le mouvement des autres mais la main fine de l'agent double la stoppa.

« Donnes-la au balafré pour moi. »

La jeune femme fronça les sourcils en regardant la vieille photo de Rogue.

« C'est Lily James Potter, dit-elle dans un souffle. Je suis au courant pour Rogue.

« Dis-moi, rien ne t'échappes ? Il n'y a rien que tu ne saches pas ? Demanda Draco d'un ton doux.

« Si..., toi, répondit-elle. Je ne sais plus comment être avec toi. Tes réactions me troublent.

« Mais tu aimes ça, affirma-t-il.

« Ce n'est plus un jeu, Malefoy. Je sais que tu as mal, que tu es triste, mais je ne suis pas ton souffre-douleur, avertit-elle, le plus sérieusement du monde. »

La belle brune le laissa en plan dans le couloir sombre. Le dit Malefoy resta stoïque un instant, face à sa franchise. Son meilleur ami le rejoignit, légèrement intrigué mais n'en demanda pas plus, il y avait plus important à penser. Il savait que Voldemort attendait des réponses, qu'il voulait savoir pourquoi il était présent à l'exécution de Rogue et pas avec Parkinson dans le nord de l'Allemagne à la recherche des géants.

« Je pars maintenant, annonça-t-il sombrement.

« Tu sais quoi dire ?

« Je pense que ça ira. Mon heure n'est pas encore arrivée, ironisa-t-il sans grande conviction. »

Draco lui répondit avec un soupire de dédain. Il ne choisissait pas le bon moment pour plaisanter.

Le métis lui fit un simple sourire puis se retourna vers la porte. Aria vint à sa rencontre et lui souffla un mot à l'oreille, se tenant à son épaule, elle sur la pointe des pieds. Il hocha de la tête en guise de réponse puis sortit.

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Le froid lui coupa la respiration et remplit ses poumons. Il inspira profondément puis transplana. Son arrivée brusque souleva un tas de neige qui retomba doucement derrière son passage. Il poursuivit rapidement son chemin jusqu'au manoir mais avant d'atteindre la porte, une main lui agrippa le bras, le faisant reculer de quelques pas.

« Te voilà ! S'écria la jeune sorcière, l'air excédée.

« Dis-moi que tu as réussi au moins ça, souffla-t-il en la poussant derrière la haie pour éviter d'être vus.

« Bien sûr que j'ai réussi, siffla Pansy, exacerbée. Pour qui est-ce que tu me prends ?

« Pour ce que tu es. Un sale…

« Tu vas continuer à m'insulter encore longtemps ? Je te signale qu'Il nous attend et qu'Il n'aime pas attendre. Tu as encore de la chance qu'on se voit avant d'être devant Lui.

« Je dois te le dire, reprit le jeune Zabini alors qu'elle s'était avancé dans l'allée. Rogue est mort.

« Comment ? Demanda-t-elle simplement.

« Le Maître a découvert sa traîtrise et l'a condamné. J'y étais. Il faudra que tu me couvres, ajouta-t-il la gorge serrée par le dépit.

« Oh, souffla la brunette en approchant son visage de celui de Blaise, une faveur Blaisounet ? »

Elle avait un sourire machiavélique et victorieux sur les lèvres. Elle lui fit un simple clin d'œil puis s'engouffra dans la demeure, suivit de près par le métis.

Le Seigneur des ténèbres n'était pas encore sur les lieux. Bellatrix leur intima d'attendre dans le petit salon sur un ton étrangement mielleux, ce qui ne lui ressemblait pas et faisait encore plus froid dans le dos. Une fois seuls, la jeune Parkinson en profita pour faire un bref résumé sur les géants à son collègue. Ce dernier avait assez d'éléments pour faire bonne figure devant le Maître.
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Voldemort arriva peu de temps après et le duo put s'avancer.

« Les nouvelles, ordonna-t-il, sans se tourner vers eux.

« Les géants…

« Les géants nous prêtent allégeance, devança le jeune Zabini après avoir poussé sa partenaire d'un coup d'épaule. Ils ont accepté les termes, Maître.

« Et c'est toi qui les a convaincus ou Miss Parkinson ? Il me semble t'avoir vu ici, il y quelques jours. Tu étais là pour aider Draco à emmener le corps du traître.

« Les négociations étaient finies. Il a répondu à votre appel.

« Alors pourquoi venir me faire un rapport seulement maintenant ? »

Sans attendre de réponse, il leva sa baguette et la sorcière se plia en avant, son corps tremblant sous la douleur.

« Vous étiez absent, Maître. Nous attendions vos dispositions pour… »

Le Maître coupa le souffle de Blaise par un nouveau Doloris.

« Je te l'accorde, reprit Voldemort après avoir ôté le sortilège du corps du métis, j'étais absent. »

Le Sorcier sombre s'interrompit, perdu dans ses sombres pensées. Il était allé vérifier dans la caverne noire, au milieu du lac souterrain, si le médaillon était encore présent. Son instinct avait vu juste, ledit médaillon avait disparu. Dans une fureur dévastatrice, il avait détruit cette antre, la condamnant à jamais.

« Je vous félicite pour votre réussite, ajouta-t-il en revenant au présent. »

Le jeune Zabini et la jeune Parkinson s'agenouillèrent dans un même mouvement pour remercier leur Maître de sa reconnaissance.

« Seigneur, je peux vous faire une suggestion ? Interrogea le métis alors qu'il s'était redressé.

« Je t'écoute, siffla le Serpent.

« Poudlard va avoir besoin d'un directeur. Une personne qui n'osera pas mettre en doute votre grandeur et votre pouvoir. Une personne qui vous craint et sera facilement manipulable.

« Viens-en au fait, ordonna le monstre.

« Le professeur Slughorn.

« Tu es malin, mon petit Blaise, admit Voldemort. Ordonne sa nomination et transmets lui bien… mon bon souvenir ! »

Un nouveau Doloris vint frapper le corps de l'agent double. Ce dernier n'y résista pas et lâcha un râle de douleur. Tous ses os vibraient dans son corps, le tiraillant. Il hocha de la tête pour répondre au Seigneur puis se retira, Pansy sur ses talons.

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Pendant ce temps, Dray ne parvenait pas à trouver le sommeil. Ses pensées l'en empêchaient cruellement. Il revoyait sans cesse la mort de son parrain. Le dernier regard qu'il lui avait adressé. Un regard emplit de soulagement et de reconnaissance. Sentiment qu'il ne comprenait que trop bien à présent. Les choix qu'avait fait Séverus, il faisait les mêmes. A présent, il savait qu'il ne regrettait rien. Eux, les personnes qui l'entouraient, étaient là pour le lui rappeler.

Tout d'abord, Luna. Qui aurait pu croire que cette jolie blonde venue très certainement d'une autre planète, aurait pu atteindre son cœur de cette façon ? Le comprendre aussi bien et apaiser ses doutes ? Elle était devenue sa seule famille avec Blaise, la personne qu'il devait protéger. La Serdaigle l'avait remis sur pieds et, chaque jour, l'entraîner vers le haut.

Blaise, son meilleur ami depuis l'enfance, avec qui il avait grandi et fait les quatre cents coups. Un frère de cœur qui ne le jugeait jamais, quelques soient ses choix, bien au contraire. D'un regard, ils parvenaient à se comprendre. Sans lui, il ne savait pas s'il aurait été capable de prendre les mêmes décisions et où il en serait à l'heure actuelle.

Quant au "Balafré" et Bilius. Il ne savait pas trop quoi en penser. Ils n'étaient, ni amis ni ennemis non plus. Il arrivait à mieux comprendre Potter, les raisons de son combat, allant bien au-delà de la prophétie. Il comprenait mieux d'où lui venait cette force. Pour Weasmoche, ses préjugés sur sa stupidité n'étaient pas sans fondements. Il excellait dans l'art de mettre les pieds dans le plat et de bavasser des conneries à longueur de journée. Mais il devait lui accorder qu'il faisait preuve de beaucoup de courage et que sa loyauté envers ses amis était très louable.

Il enviait cette famille de rouquins. Une famille unie, envers et contre tout. Une famille où l'amour tenait une place d'honneur. Molly mourrait mille fois plutôt que de voir l'un de ses enfants mourir.

Lui, qu'avait-il eu comme famille ?

Un père qui le rabaissait continuellement, l'éduquait à coups de Doloris et l'entraînait à devenir le parfait petit Mangemort afin de racheter ses propres erreurs.

Une mère qui ne l'avait rarement soutenu. Une femme au cœur de pierre qui n'avait jamais osé le défendre face à la fureur de son mari et qui préférait détourner les yeux plutôt que de le protéger.

Le serpentard secoua la tête à ses pensées. Il ne devait pas ressasser le passé. Il devait avancer coûte que coûte. Il n'était plus seul à présent...

Elle. Rien que de penser à elle, un sourire se dessina sur son visage angélique. Elle et ses manies qui l'énervait la plupart du temps. Elle, qui voulait toujours avoir raison et qu'il adorait contredire puisqu'elle avait raison. Il se demandait comment il avait pu vivre sans elle, sans son rire enfantin, sa gentillesse, son intelligence, sa façon de froncer les sourcils quand elle réfléchissait. Sa beauté.

Oui il fallait qu'il l'admette, Hermione était très belle. Une femme magnifique, très attirante.

C'était la femme la plus courageuse qui lui avait été donné de rencontrer. Elle avait effacé la mémoire de ses parents pour les protéger, quitte à en souffrir tous les jours. Elle se battait depuis des années contre le plus terrifiant des Mages noirs et ses sbires alors qu'ils faisaient tout pour anéantir leur monde. Elle était très douée, bien plus que la plupart des sorciers de Sang pur. Il n'aurait pas aimé être son ennemie lors d'un duel. Les sorciers nés-moldus étaient pris pour cible et elle en faisait partie. Elle avait plus à perdre que quiconque si elle se faisait capturer. A cette pensée, un frisson le parcourut.

Il chassa à nouveau ses mauvaises pensées et se rappela soudain qu'il avait un cadeau à ouvrir. Il l'avait sorti de sa poche et posé sur la table de chevet. Il tendit le bras pour l'attraper mais la marque des ténèbres se mit à onduler sous sa peau. Il jeta un regard acerbe vers son bras et se redressa vivement.

« Tu attendras bien deux minutes, soupira-t-il, les dents serrées. »

Il prit le petit paquet et arracha le papier. Dans la petite boite de velours se trouvait un flacon en cristal. L'étiquette qui l'accompagnait indiquait : « Félix Félicis ». Il fronça les sourcils puis remarqua un petit bout de parchemin plié qui était tombé lorsqu'il avait ouvert la boite.

Un mot de la main de son parrain : « A utiliser lorsqu'il sera déjà trop tard pour te cacher et que seule la chance te permettra de t'en sortir. »

Il rangea précautionneusement le flacon dans sa boite et la boite dans la poche intérieure de son manteau. Il se leva, prêt à partir, et jeta un bref regard vers la table de chevet. La lette de sa mère pouvait attendre.

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Hermione n'avait pas pu donner la photo à Harry. Trop furieux pour lui accorder la moindre attention alors qu'ils s'étaient croisés dans le couloir. Le jeune homme venait de sortir de sa chambre où Ginny demeurait encore. Il préféra aller s'isoler, ne voulant partager sa rancœur avec personne.

Sa bien-aimée avait compris, avant même qu'il n'ait entamé la conversation. Ses longs cheveux de feu lâchés lui couvraient tout le dos. Elle n'avait pas daigné lui faire face ou peut-être qu'elle n'en avait pas eu le courage. Elle avait toujours été franche, n'avait jamais eu peur d'assumer ses sentiments mais son comportement avait changé. Elle s'était mise à lui cacher des choses, à se renfermer et se confier à quelqu'un d'autre.

« J'étais perdue... La distance entre nous est devenue insupportable, avait-elle entamé sans attendre qu'Harry ouvre la bouche. Ton incessant besoin de me protéger me donne l'impression d'étouffer. Alors oui, avait-elle ajouté en se retournant enfin vers lui, les yeux brillants de larmes, nous nous sommes rapprochés et nous nous sommes embrassés. Je ne sais pas jusqu'où ça serait allé si Ron ne nous avait pas découverts. »

Le cœur d'Harry s'était mis à vibrer dans sa poitrine, prêt à exploser. Sa belle s'était mise à pleurer. Il aurait voulu la prendre dans ses bras, lui dire qu'il comprenait mais… ça aurait été un mensonge. Il ne pouvait pas comprendre avec les épreuves qu'il vivait. Il avait préféré s'éloigner d'elle… même si ça lui faisait d'autant plus mal. L'avait-il perdu cette fois ?

L'imaginer avec cet homme plutôt qu'avec lui, était insupportable pour le jeune héros de Gryffondor. Ses idées étaient sombres, presque aussi sombres que le livre qu'il venait d'ouvrir. Le livre que Tom Jédusor avait découvert et qui lui avait révélé la façon de créer des Horcruxes.
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Hermione frappa doucement à la porte de la bibliothèque, restée close toute la nuit. Il était encore très tôt, le soleil commençait à peine à pointer au travers des épais nuages gris. Elle n'attendit pas plus longtemps et lança un Alohomora.

Harry, allongé sur le sofa, ne l'avait pas entendu entrer. Sa meilleure amie avait eu le temps d'observer le livre qu'il avait commencé à lire avant qu'il ne remarque sa présence et n'ouvre les yeux.

« Je suis si insupportable que ça ? Marmonna-t-il, la bouche pâteuse.

« Tu as ton caractère, plaisanta-t-elle.

« Apparemment, ça l'a poussé à se rapprocher de quelqu'un d'autre. »

A cette réflexion, il vit que sa meilleure amie n'avait pas l'air surprise.

« C'est l'une de mes meilleures amies, se justifia-t-elle vivement. Je savais qu'il y avait de la tension entre ces deux-là, mais je ne pensais pas qu'ils... »

Le regard foudroyant du jeune Potter lui répondit.

« Tu allais me laisser être l'imbécile de l'histoire encore longtemps ? Tu... »

Il allait s'en prendre à elle, sa meilleure amie, celle qui ne l'avait jamais laissé tomber, mais se ravisa.

« Il faut vraiment qu'on anéantisse Jédusor ! Soupira-t-il avant de retomber sur le sofa d'où il s'était levé deux minutes avant. »

Il plongea son visage dans ses mains, l'air désemparé. Hermione s'installa à côté de lui et plaça une main dans son dos.

« Plus nous détruirons de « H », plus tu ressentiras sa haine. C'est ce qui explique ton état d'esprit. L'écart entre vous se resserre, ajouta-t-elle sombrement. Draco m'a donné ça pour toi, poursuivit-elle en lui tendant la vieille photo de sa mère. »

Harry la contempla un instant, l'air dubitatif, puis ses sourcils se froncèrent largement.

« Elle appartenait à... Rogue, dit-elle avec précaution. Draco a vu les souvenirs qui y étaient attachés et que Rogue voulait lui laisser mais il ne m'en a pas encore parlé.

« Il était amoureux d'elle..., souffla Harry, sans prêter attention à son amie.

« Il n'y a sûrement pas que ça dans les souvenirs de Rogue. La tête que faisait Dray après avoir vu... ce qu'il a vu, balbutia-t-elle, présage sûrement de grandes révélations…

« Et il n'a pas jugé bon de t'en parler ? Demanda simplement le fils de Lily d'un ton neutre.

« Je ne lui en ai pas laissé le temps...

« Ah, lui non plus n'est pas très loquace, coupa Harry. »

La belle fronça les sourcils puis ne put retenir un éclat de rire à cette évocation.

« Tu les aimes plutôt… physiques, ajouta-t-il avant de rire à son tour.

« Ça à l'air de te surprendre, renchérit la jeune femme, l'entraînant avec elle dans un fou rire incontrôlable. »

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La nuit dernière, le jeune Malefoy s'était présenté dans le manoir de sa famille, toujours aussi lugubre et triste. Celui qui devait en hériter n'hésita pas à asséner un coup du revers de la main à Queudever alors que celui-ci était sur son chemin. Ce geste le libéra momentanément de son envie de partir loin d'ici.

Tous ces Mangemorts lui donnaient la nausée et le sourire de sa psychopathe de tante, encore plus. Il se dit qu'avec un seul sort, bien puissant, il pourrait tous les anéantir. Mais le plus cruel de tous… Lui, il survivrait et lui en ferait payer le prix… Etre un agent double commençait vraiment à lui peser. Il savait où était sa place maintenant et ce n'était pas en ce lieu.

Son regard, devenu glacial, se posa en premier sur les deux sorciers agenouillés fièrement au milieu de la pièce. Il s'avança encore un peu et ne put s'empêcher d'adresser à Parkinson son plus beau sourire sadique.

« Enfin, tu sais où est ta place. A genoux devant tes supérieurs, lança le prince des Serpentards.

« Toi, le sais-tu ? demanda le Seigneur des ténèbres. »

Alors que le jeune Malefoy se raidit, Voldemort s'avança vers la jeune Pansy pour l'inviter à se redresser. Blaise, à côté d'elle, suivit le mouvement. Il croisa discrètement le regard de son ami.

« Voici l'exemple à suivre, mes amis. Ils ont accompli la mission que je leur ai confié, avec succès. Nous avons de nouveaux alliés dans cette Guerre qui, je le crois, se soldera très bientôt par notre victoire. »

Des exclamations de joie fusèrent dans tous les sens. La main dressée de leur Maître calma l'assemblée et les intima à sortir. L'agent double allait suivre le mouvement quand un sort de blocage l'en empêcha. Le Mage noir, comme il aimait le faire, parla dans son esprit, le torturant une fois de plus.

« N'oublies pas, mon cher Draco, que chacun de tes fais et gestes sont surveillés. Je n'apprécierai que moyennement, que tu suives les pas de ton mentor ou ceux de ton père. Trouves-moi rapidement leur repaire et tu prouveras alors ta valeur. »

Tandis que le Seigneur scrutait son esprit, Draco put lui montrer des preuves de ses recherches acharnées. De son implication et de sa loyauté. Le jeune sorcier était parvenu à se créer de faux souvenirs. Grâce à son apprentissage, il était devenu maître dans l'art du camouflage. Il pouvait même se vanter d'être meilleur que sa tante alors qu'elle lui avait tout appris. Il osa un regard vers le visage de Serpent de Voldemort et plongea, sans le vouloir, dans des souvenirs qui ne lui appartenaient pas.

Le fantôme d'une femme pleurait. Draco eut tout juste le temps de reconnaître Helena Serdaigle que l'image se modifia. Il volait soudain au-dessus d'une forêt dense, au pied d'une montagne. Il plongea dans une grotte sombre et la traversa à une vitesse folle. En arrivant au bout, ses yeux furent surpris par la lumière. Là, devant lui, demeurait un très vieil arbre au tronc creux. Dans un souffle, il put entendre un nom : « Mahalla Vilës ».

Le jeune Malefoy ne put en voir plus, coupé par le départ du Mage noir. Il en avait le souffle coupé, halluciné d'avoir pu accéder à l'esprit tortueux du plus grand sorcier de tous les temps.

Il remarqua soudain son ami s'approcher de lui et comprit qu'ils étaient seuls avec nulle autre que son ancienne amante. Il ne lui laissa même pas le temps de parler et l'attrapa à la gorge d'une poigne de fer.

« A quoi tu joues ?! Siffla-t-il entre ses dents serrées. Pourquoi tu veux rentrer dans l'Ordre ?

« Pour... sauver... mon cul..., articula-t-elle difficilement. On… est… dans le même… bâteau… j'te signale. »

Le jeune homme la relâcha d'un geste vif et la jeune femme se mit, étrangement, à rire entre deux toussotements.

« J'ai toujours aimé que tu sois brutal avec moi, lança-t-elle après s'être calmée. Soit vous m'aidez, soit je vous dénonce, ajouta-t-elle, l'air menaçant. Tu as une dette envers moi Blaisounet.

« Fermes-là ! S'enflamma le métis, l'air dégoûté.

« Elle t'a couvert pour ton absence à la rencontre avec les géants, comprit le beau blond. Je t'avais dit que tu n'aurais jamais dû la laisser faire. Elle nous tient…

« On peut la tuer, proposa le métis en répondant au sourire de la sorcière. On dira que c'était un accident.

« Oh, Blaise chéri, je risquerais de vous manquer. Vous vous ennuieriez sans moi, ajouta-t-elle en leur tournant autour. »

La jeune femme ne comptait pas en démordre et ils le savaient très bien. Malheureusement pour les deux jeunes hommes, ils la connaissaient que trop bien. Quand elle avait une idée en tête, Miss Parkinson était prête à tout pour arriver à ses fins. Autant ils pouvaient la haïr, autant ils devaient s'accorder sur le fait qu'elle avait joué un coup de maître dans l'affaire des géants.

« Je vais leur en parler, dit simplement Dray. On a pas trop le choix, ajouta-t-il vivement en rencontrant le regard ahuri de son ami. »

Il était convaincu qu'avec ce qu'il leur révèlerait sur elle, l'Ordre ne l'accepterait jamais dans leurs rangs.

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Miss Parkinson ne s'attarda pas avec ses deux anciens camarades d'école et retrouva la personne pour qui elle souhaitait entrer dans l'Ordre. Son regard doucereux se posa sur elle et elle sentit ses poils se dresser dans sa nuque. Elle était prête à tout pour lui et Théodore Nott le savait très bien.

« Ma douce.

« Théo, susurra-t-elle avant de se baisser devant lui pour l'embrasser.

« Tu as obtenu ton entrée ? »

Le jeune Mangemort, récemment admit dans les rangs du Seigneur, était persuadé de la traîtrise de ses deux anciens acolytes. Il avait réussi à convaincre le Maître de prendre part, lui seul, à la surveillance de Draco pour le démasquer. Mais n'étant plus aussi proche qu'avant, de lui, il devait manipuler Parkinson. Il voulait mettre un pied dans la fourmilière et la détruire de l'intérieure. Mais par-dessus tout, il la voulait, elle… La meurtrière de son père.

Allongé sur un sofa, Théo attrapa la taille fine de sa proie et la fit tomber sur lui, son dos tout contre son torse. Pansy se laissa faire, amusée.

« Tu ne m'as pas répondu, lui souffla-t-il à l'oreille.

« Ça ne saurait tarder, répondit-elle tout en ondulant doucement contre le corps chaud de son amant.

« Tu penses… pouvoir… les convaincre ? Interrogea-t-il difficilement en sentant les fesses de Pansy se frotter contre son entre jambe.

« J'en suis… certaine, dit-elle lascivement alors que Théo promenait ses doigts sur sa poitrine.

« Ils vont succomber… à ton charme, affirma-t-il avant de laisser échapper un soupire de plaisir. »

La jeune femme avait glissé sa main entre ses fesses et la virilité de son amant, déjà raidie par les caresses.

« La question ne se pose pas, affirma-t-elle, en intensifiant ses gestes. »

Le sorcier se laissa faire quelques minutes puis se ressaisit. Il posa ses mains sur les épaules de son amante et la poussa pour qu'elle se relève.

« Mais tu sais que sans preuves, nous ne pouvons rien faire, dit-il sèchement avant de la dégager de sur lui. Fais ce que tu as à faire et fais-le vite. »

La belle brune ravala sa salive, glacé par ce revirement brutal d'atmosphère et acquiesça bêtement avant de prendre congé.

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La jolie Luna, emmitouflée dans une grosse couverture, un mug fumant dans les mains, était installée sur le perron de la grande maison d'Otto. Elle scrutait l'horizon gelé de son air rêveur habituel. Hermione ouvrit la porte à la volée, l'air enflammé.

« Luna ! S'écria-t-elle. T'as pas vu D... Malefoy ? Demanda-t-elle plus calmement.

« Rien ne t'interdit de l'appeler Dray, répondit la jeune Serdaigle en redressant la tête vers la Gryffondor.

« Tu l'as vu ? Reprit Hermione sans tenir compte de sa réponse.

« Il a été appelé cette nuit. »

Elle contempla à nouveau le ciel, la neige venant se joindre à elles.

« Oh, c'est beau la neige, dit-elle d'une voix aussi légère qu'un flocon. »

Le bruit bien connu du transplanage attira leurs regards et l'intéressé entra dans le périmètre de sécurité.

« Il est de retour, s'exclama la blondinette à l'attention de la belle brune. »

Celle-ci la regarda d'un air désabusé, secoua la tête et alla à la rencontre de celui qu'elle cherchait. Ce dernier dressa une main vers elle, lui interdisant de parler.

« J'ai eu une sale nuit. D'abord une douche et je suis tout à toi, lança-t-il avant de lui tapoter la tête. »

Il poursuivit son chemin, déposant un baiser sur la joue de sa sœur de cœur au passage et disparu à l'intérieur de la bâtisse.

Ce geste l'énerva au plus haut point. Elle suivit les pas de la source de sa colère et, alors qu'Harry s'apprêtait à sortir de la cuisine, elle le fit reculer et pointa son index sous son nez.

« Il faut qu'on m'explique ! Est-ce que je ressemble à un animal ? Est-ce que je mérite d'être traité comme tel ? Enchaîna-t-elle sans tenir compte de l'expression d'incompréhension qui se lisait sur le visage de son ami. Et il ose me tapoter la tête, continua-t-elle en agitant son index, toujours dressé, devant le visage d'Harry. Une fois il est gentil, une fois il est odieux. Je sais que sa situation est dangereuse mais quand même ! Ça suffit ! Et en plus, il me donne des ordres ! « Je serais tout à toi », répéta-t-elle en mimant les guillemets de façon grotesque. »

Harry dut redoubler d'efforts pour ne pas exploser de rire.

« Mais bien sûr, toi tu t'en fous ! Renchérit-elle en pointant de nouveau le visage de l'Elu. »

Celui-ci se racla bruyamment la gorge pour étouffer son rire. Il voulut répliquer mais...

« Je sais ce que tu vas me dire ! « Je t'avais prévenu ! A quoi tu t'attendais ? Blablabla »... »

N'y tenant plus, son meilleur ami explosa de rire, à la limite d'en faire trembler les murs. A ce rire, les maîtres de l'art de la plaisanterie débarquèrent.

« On avait dit 10 mornilles, Fred.

« Bien joué Georges, répondit celui-ci en mettant les pièces dans la main de son jumeau.

« Je t'avais dit qu'il ne tiendrait pas plus longtemps.

« J'aurais aimé l'entendre dérailler encore un peu plus, soupira Fred. »

Hermione, son doigt toujours en l'air, s'avança vers les deux freluquets, poussant Harry au passage.

« Et vous deux, vous feriez-mieux de vous préparer à la Guerre au lieu de...

« On ne dirait pas, maman ? Coupa Georges ou Fred en se tournant vers son double.

« T'as raison, répondit Fred ou Georges. »

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La sorcière allait continuer lorsque sa meilleure amie vint bousculer ses grands frères nonchalamment, sa valise à la main. Elle adressa un bref regard à son... Elle se demandait ce qu'Harry était pour elle à présent et ne put soutenir plus longtemps son regard. Hermione, qui avait enfin baissé son doigt, se calma brusquement et prit la rouquine dans ses bras.

« Sois prudente, souffla-t-elle à son oreille. Tu vas me manquer.

« Toi aussi, répondit la jeune Weasley. Veilles bien sur lui, ajouta-t-elle, encore plus bas. »

Elle lui sourit largement puis toutes deux s'écartèrent du passage pour laisser passer Otto et McGonagall.

« Hallo junge Leute ! Lança l'Allemand d'un air amusé. Vfous hêtes prêts ?

« Notre transporteur devrait arriver d'une minute à l'autre, affirma la professeure de métamorphose.

Comme à son habitude, Ron, restait dans le salon en compagnie de Viktor, n'avait pas du tout suivi les dernières altercations et était en retard pour le départ. Il se torturait le cerveau à essayer d'apprendre les échecs façon sorcier au bulgare.

« Je peux déplacer la Dame ici ?

« La reine ! Réctifia le rouquin. Et non, non, non ! Lança-t-il alors que ça faisait une heure qu'il expliquait les mouvements de chaque pion. »

Dans le dos du jeune Weasley, la porte du salon s'ouvrit à la volée et se claqua juste après. Celui-ci ne se retourna pas, sachant très bien de qui il s'agissait.

« Ça ne présage rien de bon, marmonna-t-il.

« Ronald Bilius Weasley ! Je vois qu'on s'amuse bien ici pendant que d'autres t'attendent pour le départ ! Monsieur aime se faire désirer ! Cracha Hermione, furieuse. »

La jeune femme tourna les talons et quitta la pièce. Au même moment, à la porte opposée, entra, fraîchement douché, le jeune Malefoy.

« On croirait entendre ma mère, bredouilla Ronald, l'air renfrogné.

« Quel caractère, soupira le champion de Quidditch. J'adore. Elle mérite que je me batte pour la reconquérir. »

A ces mots, Draco, dans le dos de ce dernier, se racla la gorge, un air de défi dans les yeux. Les yeux clairs de Ron oscillèrent entre l'anglais et le bulgare, complètement désappointé. Le rouquin savait pertinemment qu'il ne se passerait plus rien entre lui et la belle tant désirée mais il ne pouvait se résigner à la voir avec l'un des deux. Il se leva si brusquement que la chaise valdingua derrière lui et, sans prendre la peine de la ramasser, il s'échappa de la pièce.

Les deux prétendants se jaugèrent du regard pendant un instant puis furent interrompus par nul autre que Maugrey.

« Ce n'est pas le moment de savoir qui a la plus grosse. On a une Guerre à gagner. »

Les deux sorciers se ravisèrent et le Serpentard s'apprêtait à s'en aller mais l'Aurore le stoppa dans son élan.

« Cherches-moi Harry. Nous avons à parler. »

Le jeune homme acquiesça simplement et quitta le salon.

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La petite voix claironnante de Dobby se fit entendre dans le couloir. Harry s'était accroupi pour le serrer, heureux de le revoir.

« Dobby est ravi de revoir son ami, Harry Potter.

« Salut Dob ! Lança la voix de Ron sous les traits d'un petit italien au teint bronzé. »

Il lui serra sa minuscule petite main.

« Ronald Weasley. Dobby se fait une joie de vous raccompagné jusqu'à Poudlard.

« Bien, nous sommes tous là, reprit McGonagall en lançant un regard appuyé à Alessandro.

« Dobby ? Intervint alors Draco. Toujours en vie ?

« Monsieur Draco ! S'écria l'elfe en s'élançant vers lui. Dobby n'aurait jamais cru vous revoir un jour ! »

Draco se baissa à sa hauteur et lui serra chaleureusement la main, à la stupéfaction de Harry.

« Je croyais que la famille Malefoy traitait mal ses elfes de maison, fit-il remarquer.

« Pas Monsieur Draco, expliqua le petit être en se retournant vers son idole. Monsieur Draco n'a jamais fait de mal à Dobby. Monsieur Draco a toujours été gentil.

« Gentil ? S'étrangla alors l'italien. Lui ?

« Si cela ne vous gêne pas, coupa la professeure, j'aimerais que l'on soit de retour à l'école avant que l'on remarque notre absence. »

L'elfe acquiesça et tendit son petit bras vers elle. Celle-ci le saisit et pressa, d'un simple regard, les trois jeunes sorciers à faire de même.

« Je compte sur vous pour mettre un plan en place pour reprendre Poudlard, annonça Harry. Vous pourrez compter sur l'aide et l'appui des membres de l'Ordre. Ron, nous te contacterons dès qu'on aura de nouvelles pistes. »

Les jeunes sorciers acquiescèrent et disparurent dans un bruit sec.

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Trad : * Je suppose que vous avez planifié votre retour (Otto)

** Comme toujours, tout est prévu (McGonagall)

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Peut-on construire une véritable relation sur un élan de désir ? Ce même élan de désir qui mène à la dérive, qui peut briser sur son passage une belle relation déjà construite...

Petites reviews ? Dites-nous tout ! Vos avis, vos doutes, ce que vous espérez pour la suite.
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A très vite alors…