Quand Hermione se réveilla, elle eut un peu de mal à reconnaître l'endroit où elle se trouvait. La couverture était plus douce, les rideaux d'une couleur différente et l'agencement de la pièce différente. La jeune femme se rendit soudain compte qu'elle était nue et qu'elle était retenue contre un torse par un bras possessif. Aussitôt, les événements de la veille lui revinrent en mémoire et elle sourit de contentement. Elle n'avait pas vraiment prévu ça, mais ça avait été incroyable.

Elle sentit Severus sourire et ferma les yeux de bonheur, appréciant ce moment à sa juste valeur. Elle ne savait pas vraiment quoi dire alors elle se contenta de profiter de l'instant. Leur esprit étaient toujours connectés alors elle sentait qu'il était bien aussi. Ça aurait pu être gênant mais avec leur lien accompli, ils se sentaient juste entiers et se comprenaient parfaitement. On était dimanche alors ils restèrent au lit encore un peu mais comme ils n'étaient ni l'un ni l'autre très adepte des grasses-matinées, ils se levèrent et déjeunèrent ensemble.

Hermione resta toute la journée dans les cachots mais repartit le soir dormir dans sa chambre pour éviter que quelqu'un ne remarque quelque chose d'étrange. Il ne fallait pas non plus jouer avec le feu.


Les semaines passèrent ainsi, entre l'étude et les moments partagés à deux. Ils se retrouvaient dans les cachots, elle étudiait, il corrigeait, et ils avaient des moments de détente. Quelques fois, il arrivait à Hermione de dormir dans les cachots mais ils avaient convenu qu'il valait mieux éviter. La fin de l'année était bientôt proche, passer un peu plus de temps ensemble ne valait pas la peine d'attirer les ennuis.

Le mois de mai fut encore relativement tranquille mais lorsque le mois de juin arriva, les choses changèrent très sérieusement. Hermione voyait l'échéance se rapprocher de plus en plus et allait moins souvent dans les cachots parce qu'elle avait peur que Severus ne la distraie. Elle passait de longues soirées à étudier jusque minuit voire une heure du matin et son humeur générale s'en ressentait. Elle était cassante et sur les nerfs. Severus essayait de la raisonner mais elle n'écoutait pas et fermait le lien. Un jour, Severus demanda à Ginny de rester après son cours, et elle lui expliqua que c'était la même chose chaque année. Il en fut horrifié. C'était la meilleure élève de sa promotion, comment pouvait-elle se mettre une telle pression ? C'était inhumain. Il fallait absolument qu'elle se reprenne en main.


Un soir, un peu plus d'une semaine avant son premier examen, il se résolut à aller la voir dans ses appartements pour la forcer à faire autre chose. Ils ne s'étaient pas vus depuis quelques jours et chaque fois qu'il essayait de lui parler, elle l'évitait.

Il appliqua donc sa main sur le portrait qui gardait la porte de ses appartements, ignorant les remarques de celui-ci qui lui déconseillait de ne pas rentrer parce que la préfète était vraiment de mauvaise humeur.

« Bonsoir Hermione. » dit-il en entrant dans le salon.

Elle était assise par terre, une cinquantaine de livre – au bas mot – éparpillés autour d'elle, les cheveux en bataille, une plume dans une main couverte d'encre, un parchemin dans l'autre, occupée à griffonner furieusement.

« Severus ? Qu'est-ce que tu fais là ? Je n'ai pas de temps, je… Il faut absolument que je révise, je… »

« Hermione. »

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda la jeune femme sans lever les yeux de ses révisions.

« Regarde-moi quand je te parle. »

« On parlera plus tard, je dois encore finir ce chapitre d'Arithmancie et puis je dois m'entraîner pour les Sortilèges. J'ai aussi prévu de relire mon cours d'Histoire de la magie. »

« Hermione. » la voix de Severus devint dangereusement basse, signe d'un danger imminent, mais la concernée sembla l'ignorer.

« Je suis désolée, je ne peux pas… »

Le sorcier agita sa baguette, et tous les livres et parchemins disparurent.

« Mais pourquoi tu as fait ça ? Tu veux que je rate tous mes examens ? Rends-moi mes affaires, elles sont où ? »

« C'était le seul moyen que tu m'écoutes. Alors maintenant, c'est moi qui parle. »

Leurs yeux lançaient des éclairs et aucun ne se laissa démonter. Cependant, la préfète ne répondit rien.

« Hermione, il faut que tu te reposes. »

« Mais j'ai encore plein de choses à faire ! »

« Mais tu as encore une semaine pour travailler. »

« Justement, j'aurai tout juste le temps de terminer mon planning et… »

« Je suis certain que si tu passais tes examens maintenant, tu les réussirais haut la main. Arrête d'être aussi dure avec toi. Tu dois prendre du temps pour dormir, manger, et faire autre chose. Tu es en train de te tuer à la tâche. Tu ne peux pas faire correctement tes examens si tu es fatiguée et en état de stress comme celui-ci. »

« Mais… »

« Pas de mais, Hermione. Tu sais que j'ai raison. Je suis d'accord qu'il faut que tu étudies, mais là tu exagères. »

La jeune femme semblait au bord des larmes.

« Je suis désolée, mais c'est plus fort que moi. Et si j'oublie quelque chose, et si… »

« Tu t'en sortiras très bien. Ce n'est pas parce que tu y consacres moins de temps que ça n'ira pas. Il faut que tu aies confiance en toi. Donc pour ce soir, tu as fini de travailler. Je te rendrai tes cours plus tard. »

« Tu ne peux pas faire ça ! J'ai encore plein de choses à faire ! »

« Si, je peux le faire, et je vais le faire. »

« C'est injuste ! Tu utilises ton droit de professeur pour venir dans mes appartements et pour m'empêcher de continuer à réviser. Je dois travailler encore ! »

« Je fais ça pour toi, Hermione. Tu es au bord de la crise de nerf. Je te promets que demain tu pourras étudier. Mais c'est fini pour ce soir. »

« Tu ne peux pas m'obliger. »

« Tu veux vraiment essayer ? Ce soir tu te reposes, de gré ou de force. »

« Très bien. Au revoir. »

Hermione rangea sa plume et se dirigea presqu'en courant vers sa chambre. Elle s'y enferma et se jeta sur son lit, frustrée, prenant bien soin de couper toute communication. Non mais pour qui se prenait-il celui-là ? Les larmes dévalaient ses joues. Elle savait au fond d'elle que c'était plus raisonnable, mais elle avait tellement peur d'oublier quelque chose !


Severus ne s'en était pas allé après l'avoir vue quitter le salon comme une tornade. Au contraire, il s'approcha de la porte de sa chambre et écouta quelques instants. Elle lui avait fermé l'accès à son esprit mais il l'entendait pleurer. Il déverrouilla la porte d'un informulé. Hermione était en boule sur son lit, les épaules agitées par ses sanglots. Il s'assit à ses côtés et passa une main réconfortante dans son dos :

« Je sais que c'est important pour toi, Hermione. Pleure un bon coup, ça te fera du bien. »

« Je-je suis désolée. » renifla-t-elle.

« Je sais. » murmura-t-il à son oreille. « Ce n'est pas grave. Je suis là. »

Il resta là à l'enlacer tout le temps que dura sa crise de larmes puis essuya ses joues de ses pouces lorsqu'elle se tourna vers lui.

« Tu devrais aller dormir. »

« Tu restes ? »

« Si tu veux. »

« D'accord. Je vais me changer. »

Hermione prit quelques affaires et se dirigea vers la salle de bain. Le sorcier se débarrassa de quelques vêtements et l'attendit.

Quelques minutes plus tard, ils se glissèrent dans le lit de la préfète. Severus l'enlaça d'un bras ferme et la jeune femme se sentit mieux.

« Merci, Severus. » chuchota-t-elle dans le noir.

Pour toute réponse, il la serra plus fort contre lui.


Après cet épisode, Severus veilla à ce qu'Hermione ne s'épuise pas à la tâche. Il l'obligeait à se reposer après le souper, ne la laissant travailler qu'en journée. Hermione, qui avait remarqué cela, restait à la bibliothèque le plus longtemps possible mais le rejoignait toujours avec plaisir – et un peu de soulagement aussi – ensuite. Elle se sentait moins à cran, moins fatiguée et s'était excusée auprès de Neville, Ginny et Luna pour son comportement exécrable. Ils avaient tous trois dit que ce n'était rien, et la rouquine avait ajouté plus tard :

« Il a bonne influence sur toi. »

Hermione avait simplement acquiescé.


La session d'examen ne fut pour une fois pas synonyme de stress extrême pour Hermione. Severus faisait attention à ce qu'elle dorme et se nourrisse correctement, et l'obligeait à arrêter ses révisions à vingt-deux heures maximum. Après chaque examen passé la jeune femme se faisait un petit débriefing et tout s'était bien passé. Elle avait eu beaucoup de pression pour celui de potions, ne voulant pas décevoir son amant, mais l'examinateur avait semblé très satisfait donc cela l'avait rassurée. La partie pratique de la défense contre les forces du mal avait été comme sur des roulettes, Hermione ayant développé des réflexes impressionnants. Au niveau des examens pratiques, elle avait appris à se détacher de son par cœur pour extrapoler et donner des théories en plus ou des remarques judicieuses qui la laissèrent penser qu'elle s'était bien débrouillée.


Severus était en route pour le bureau de la directrice. Le moment était venu pour lui de remettre sa démission. Il n'avait jamais vraiment été taillé pour le poste de professeur et il voulait maintenant profiter de sa vie. Hermione et lui avaient envie de voyager découvrir d'autres civilisations et de prendre du temps loin de l'Angleterre. Il prononça le mot de passe et la gargouille pivota pour le laisser passer. Quelques instants plus tard, la directrice lui intimait d'entrer.

« Severus, quel bon vent t'amène ici ? Assieds-toi. » dit-elle aimablement. « Tu as remis tes notes ? »

« J'ai encore un fichier à mettre en ordre, tu les auras ce soir. »

« Parfait. De quoi voulais-tu me parler alors ? »

« Je suis venu t'apporter ma lettre de démission. »

« De démission ? »

« Oui. J'ai envie de quitter Poudlard. Toi et moi savons que je n'ai jamais vraiment été taillé pour le métier de professeur, Minerva. »

« Certes. Cependant, tu t'es admirablement bien débrouillé. »

Severus hocha la tête en guise de remerciement.

« Je suis triste de te voir partir. Je suppose que cette décision est irrévocable ? »

« En effet. »

« Et que veux-tu faire ? »

« Je vais voyager, ensuite, nous verrons bien. »

La directrice l'observa quelques minutes par-dessus ses lunettes, songeuse.

« J'ai l'impression que tu ne me dis pas tout, Severus. »

« Je ne vois pas ce que j'aurais à rajouter. C'est bientôt la fin de l'année, il ne reste que quelques jours. Ensuite, je partirai. »

« Ne me la fais pas à moi. Depuis toutes ces années, je te connais. »

Severus se pinça le nez de lassitude.

« A toi de galérer ! » s'écria joyeusement Hermione dans sa tête.

« Arrête d'épier mes conversations, espèce que gamine insolente. »

« Oups. »

« C'est ça. Tu as intérêt à te faire pardonner. »

« On verra ça ce soir. » sourit la jeune femme. « En attendant, tu dois parler au professeur McGonagall. »

« Je vais lui dire. »

« Bien. »

« Severus ? Tout va bien ? Tu ne dis plus rien. »

« Ça va Minerva. En effet, j'ai quelque chose à te dire. Tu finiras bien par le découvrir après tout. Ça m'étonne même que tu ne sois pas au courant. »

« Tu m'intrigues. J'ai remarqué que tu avais l'air plus heureux. Tu as rencontré quelqu'un ? »

« En effet. »

« Qui est-ce ? »

« C'est là que le bât blesse… » soupira le sorcier. « Ne m'agresse pas, d'accord ? Je te promets qu'elle était consentante. »

La vieille femme l'observa sans comprendre.

« C'est Hermione. »

« Hermione ? Comme Hermione Granger ? »

« En effet. »

« Oh Merlin. Mais enfin, Severus, comment est-ce arrivé ? Depuis quand ? »

« Je l'ai soutenue, et de fil en aiguille nous nous sommes rapprochés. Cela s'est concrétisé vers début avril. »

« Et tu ne m'en parles que maintenant ? »

« Tu n'es pas fâchée que j'ai perverti l'une de tes anciennes élèves en étant encore son professeur ? »

« Etonnamment, j'ai confiance en elle – et en toi. »

« Tu es trop aimable. » grogna Severus pour lui-même.

« Et vous méritez bien un peu de bonheur. Je ne suis pas fâchée. J'aurais préféré que tu évites de faire ça maintenant – vous auriez pu avoir des ennuis avec le Ministère – mais cependant vous avez été discrets donc je ne peux qu'être heureuse pour vous. »

« Et toc, je savais qu'elle ne serait pas fâchée. »

« Mon œil oui, tu tremblais de peur. Remercie-la pour moi. »

« Vraiment ? »

« A toi de donner plus amples explications. » se moqua Hermione.

« Hermione est heureuse de savoir que tu approuves cette… relation. » souffla Severus à contrecœur.

« Il y a encore quelque chose que tu ne me dis pas. »

« Il semblerait que nous soyons des âmes-sœurs. »

« Ceci expliquerait que tu aies eu son avis aussi rapidement. Si elle veut nous écouter, elle peut tout aussi bien nous rejoindre. »

« Je pense qu'elle est occupée, mais merci de la proposition. »

« Je suis vraiment heureuse pour vous deux, Severus. Un peu étonnée, mais très heureuse. Elle te fera du bien. Cependant, je suis triste de te voir partir. »

« C'est étrange pour moi aussi. Mais je pense que c'est mieux. »

« Tu as raison, tu es encore jeune, profite de la vie. Bien, j'aurais aimé continuer à discuter avec toi plus longtemps, mais quelqu'un attend derrière la porte. À tout à l'heure. »

Le sorcier acquiesça puis sortit, croisant le professeur Flitwick qui attendait. Il se dit en descendant que cette conversation avait quand même été très étrange.


Petite confrontation entre Severus et Hermione pleine de douceur et une conversation très étrange entre McGonagall et Severus. J'imagine que vous ne vous attendiez pas forcément à cette réaction, mais j'espère que c'est quand même à la hauteur.

A demain pour la suite !

Suldreen194