Elizabeth
Je ravale ma bile à trois reprises en me rendant chez Meliodas. Je conduis la voiture de Gelda et je n'ai pas envie de payer pour faire nettoyer ses sièges.
Je ne me souviens pas d'une seule seconde des cinq heures que j'ai passées à travailler chez Della, ni de ma répétition avec Gowther, ni de comment je me suis déplacée d'un endroit à un autre. Je suis passée en pilote automatique depuis que je suis partie de chez Meliodas, ce matin. Mon cerveau n'a d'énergie que pour ce que je m'apprête à faire ce soir.
Est-ce que j'ai mentionné que j'étais nerveuse ? Je sais que je ne devrais pas l'être.
C'est juste du sexe. Du sexe avec un mec qui m'attire, que j'aime bien et en qui j'ai confiance.
Mes mains ne devraient pas trembler à ce point, et mon cœur ne devrait pas battre aussi vite. Toutefois, derrière toute cette peur se cache aussi de l'excitation. Je porte même un soutien-gorge et une culotte assortis sous mon uniforme, et on sait qu'on s'apprête à baiser quand on a mis des sous-vêtements en dentelle noire et que notre peau est douce comme de la soie.
Les colocs de Meliodas ne sont pas là, à moins qu'ils soient enfermés dans leurs chambres. Cependant, je ne le crois pas car il règne un silence de plomb à l'étage.
Je me demande si Meliodas leur a demandé de partir. J'espère que non. Autant tenir un panneau lumineux annonçant que lui et moi avons décidé de coucher ensemble.
– Salut, dit-il quand j'entre dans sa chambre.
Mon cœur fait un saut périlleux et bat plus fort. Meliodas semble avoir pris le temps de se préparer. Ses cheveux sont encore légèrement mouillés et il est rasé de près. Je regarde son jogging noir et son t-shirt gris, puis mon uniforme. Quelle idiote, j'ai été tellement perturbée toute la journée que j'ai oublié d'apporter des fringues de rechange. En même temps, nos vêtements ne vont plus nous servir très longtemps.
– Salut. Alors… comment on procède ? On se déshabille ? je demande alors qu'une pensée horrible me vient. Ne t'avise surtout pas de me demander un strip-tease, parce que je suis affreusement nerveuse et que je n'arriverai jamais à danser de façon sexy dans cet état.
Meliodas éclate de rire.
– Dis donc, tu sais mettre de l'ambiance, Ellie !
– Désolée. Je suis juste… stressée, je réponds en essuyant mes mains sur ma jupe. On peut commencer ? Tu es planté là à me regarder et ça me fait flipper.
Il avance vers moi en riant doucement puis il prend mon visage dans ses mains.
– Tout d'abord, détends-toi, tu n'as aucune raison d'être nerveuse. Ensuite, je ne m'attendais pas à un strip-tease et je n'en veux pas. En tout cas… pas ce soir, ajoute-t-il en me faisant un clin d'œil. Et pour répondre à ta question, on ne va rien commencer du tout.
– Ah bon ? je demande, légèrement déçue.
Meliodas me donne le t-shirt dans lequel j'ai dormi hier soir.
– Enlève-moi ce costume de Grease pendant que je lance le prochain DVD.
Il va à la télé et prend le boîtier de Breaking Bad.
– Tu veux qu'on regarde la télé ?
– Ouais.
J'ouvre la bouche pour répondre, puis je la referme. Je viens de comprendre ce qu'il est en train de faire et j'apprécie du fond du cœur. Il veut me mettre à l'aise, et ça fonctionne.
Je me dépêche de me changer, puis je rejoins Meliodas sur le lit. Il passe son bras autour de moi pour m'attirer contre lui et son parfum m'enveloppe. Je suis tout de suite plus détendue.
– Tu es prête ? demande-t-il en pointant la télécommande sur le lecteur.
– Oui, je réponds en souriant.
L'épisode commence et j'appuie ma tête sur son épaule. Comme les autres fois, nous ne parlons pas, mais contrairement à la semaine dernière, je ne suis concentrée qu'à moitié. Au bout d'une vingtaine de minutes, il m'embrasse sur la joue. Je ne dis rien, mais un petit soupir m'échappe. Mes poils se hérissent à l'endroit qu'ont quitté ses lèvres, et lorsqu'il pose sa main sur ma cuisse nue, ma peau s'enflamme.
– Qu'est-ce que tu fais ? je murmure.
Sa bouche descend dans mon cou.
– Je nous mets dans l'ambiance, dit-il en s'attaquant à mon oreille. Contrairement à d'autres, je sais faire, moi.
Je lui tire la langue même s'il ne le voit pas. Il est trop occupé à me tourmenter et à déposer de baisers mouillés sur ma gorge.
Une onde de désir prend forme dans mon ventre avant de se répandre dans mon corps, le parcourant en chatouillant toutes mes zones érogènes, et je frissonne chaque fois que ses lèvres touchent un nouveau carré de peau. Lorsque sa langue effleure ma mâchoire, je tourne la tête et nos bouches se trouvent. C'est sans doute le baiser le plus chaud de l'histoire.
J'adore sa façon d'embrasser, elle n'est ni approximative ni pressée. Meliodas sait ce qu'il fait, et il prend son temps pour le faire. C'est incroyable. Ses lèvres effleurent doucement les miennes et de temps en temps, juste une seconde, sa langue pénètre ma bouche, juste assez longtemps pour m'exciter un peu plus. Je penche la tête pour approfondir le baiser et ma langue s'imprègne de son goût mentholé. Il grogne et je gémis tandis que mon ventre se contracte. Il me pousse lentement sur le dos et s'allonge à côté de moi. Sa main prend mon sein à travers mon t-shirt, et l'électrochoc qu'il déclenche me fait crier.
– Dis-moi si je vais trop vite.
Sa voix grave chatouille mes lèvres que sa langue écarte pour trouver la mienne. Je suis en surcharge sensorielle. Il m'embrasse en même temps qu'il masse mes seins et qu'il frotte délicatement mon téton avec son pouce, et tout ce qu'il fait est tellement bon que j'en perds la tête.
Cependant, mon cœur s'emballe vraiment lorsqu'il promène sa main sur mon torse. Il hésite un instant lorsqu'il atteint le bas de mon t-shirt, puis il pousse un grommellement et il continue. Lorsque sa main atteint mon entrejambe, je ne respire plus. Quand ses doigts touchent mon clitoris par-dessus ma culotte, je gémis et sa main s'immobilise.
– Tu veux que j'arrête ?
– Mon Dieu non, continue !
Un rire rauque lui échappe et il reprend.
Alors que je ne pense pas pouvoir prendre plus de plaisir, sa main passe sous la dentelle de ma culotte.
– Ooooh. Ça, continue de faire ça, je m'exclame alors que mon bassin se soulève brusquement.
Il dessine de minuscules cercles autour de mon clito, délicatement mais fermement, puis il me pénètre avec un doigt.
– Putain, tu mouilles tellement, grogne-t-il.
C'est vrai. Les pulsations de mon sexe accélèrent, chacune m'envoyant une vague de plaisir dans le corps, et je suis surprise de sentir les signes avant-coureurs d'un orgasme.
Aucun mec ne m'a jamais fait ressentir ça, mais je suis distraite lorsque je sens l'érection de Meliodas contre ma cuisse. Désespérée de le toucher, mes mains se précipitent dans son boxer. Je suis bouche bée.
– Mon Dieu, tu plaisantes ?
Il a l'air perdu.
– Qu'est-ce qui ne va pas ?
– Tu prends des hormones de croissance ? je m'exclame en retirant vite ma main. Ce boa n'arrivera jamais à rentrer en moi !
Meliodas cache brusquement sa tête dans le creux de son coude et des spasmes secouent son dos. Je pense d'abord qu'il est énervé ou qu'il pleure, puis je me rends compte qu'il rit. Ou, plutôt, qu'il est mort de rire. Lorsqu'il parle enfin, sa voix est entrecoupée d'éclats de rire.
– Ce boa ?
– Arrête de rire, je suis sérieuse ! Je sais que j'ai des gros seins et un cul qui va avec, mais t'as vu mes hanches ? Elles sont minuscules et étroites ! Tout porte à croire que mon canal de femme…
Nouvel éclat de rire.
– Canal de femme ?!
– … est étroit aussi. Tu vas me déchirer !
Il lève la tête et je découvre qu'il a les larmes aux yeux.
– C'est la plus belle chose qu'une fille m'ait dite, siffle-t-il. De toute ma vie.
– C'est pas drôle !
– Ah si. C'est hilarant, Ellie.
– Tu sais quoi ? On arrête. Tu as pourri l'ambiance.
– Moi ? demande-t-il en riant. Tu l'as pourrie toute seule, Bébé.
– Sérieusement, c'était stupide comme idée, dis-je en me rasseyant pour chercher la télécommande. On n'a qu'à regarder la série.
– C'est hors de question. Donne-moi ta main, dit-il d'une voix rauque.
– Pourquoi ?
– Parce que je pense qu'en apprenant à mieux connaître le boa, tu verras que tu n'as aucune raison d'avoir peur de lui.
Je suis sur le point de protester, mais Meliodas prend ma main et la met dans son boxer. L'ambiance que j'avais pourrie se ravive soudain. Son sexe est long et épais et il me suffit de sentir les pulsations dans ses veines pour me faire frissonner de nouveau. Je le caresse une fois et il gémit doucement.
– Tu vois, c'est juste un bon vieux pénis, Ellie.
Ma gorge se resserre tandis que je réprime mon rire.
– Il y a tellement de choses qui ne vont pas dans cette phrase que je ne sais pas par où commencer. Quel âge a ton bon vieux pénis, Meliodas ?
– Il a vingt ans, comme moi, répond-il d'une voix sérieuse. Mais il est beaucoup plus mature que moi. Et toi, ton canal de femme ? Est-ce qu'il est plus mûr qu'il n'y…
Je le fais taire en l'embrassant et Meliodas repose sa main là où j'ai tant envie de la sentir. Je ne sais comment, ma culotte disparaît et un long doigt fin me pénètre. J'inspire brusquement et mes muscles se contractent autour tandis qu'une vague de plaisir remonte dans mon dos. La langue de Meliodas plonge dans ma bouche alors que son érection fait des va-et-vient dans ma main. Jamais je n'ai été ainsi maîtresse de la situation. Jamais je neme suis sentie plus désirable. C'est moi qui suis responsable des grognements que pousse Meliodas. Il quitte ma bouche pour mordiller mon épaule, et mon sang s'embrase dans mes veines. Je suis à deux doigts de jouir et je gémis, mais lorsque j'ouvre les yeux et que je découvre qu'il me regarde, mon désir disparaît. Les picotements disparaissent et mes muscles se détendent.
– Qu'est-ce qui ne va pas ? murmure-t-il.
– Rien… dis-je en déglutissant. Juste… embrasse-moi.
Je tire sa tête vers moi et j'ouvre la bouche pour accueillir sa langue. Meliodas masse mon clito avec une dextérité incroyable, comme s'il savait précisément quelle pression exercer, quand accélérer, quand ralentir. Il gémit lorsque je me frotte contre sa main, et mon excitation se volatilise aussitôt.
Si je grogne, cette fois-ci, c'est de frustration.
– Qu'est-ce qui se passe, Ellie ? demande-t-il en effleurant mon sexe. Je sais que tu prends du plaisir. Je le sens.
– C'est le cas. Je…
Je me sens impuissante.
– Je me rapproche, et puis ça… ça s'en va, je lui avoue en sentant les larmes arriver. C'est comme ça à chaque fois.
– Qu'est-ce que je dois faire ?
– Je ne sais pas. Continue à me toucher. S'il te plaît.
C'est ce qu'il fait, et bon sang, il est doué. Je ferme de nouveau les yeux tandis qu'il glisse lentement deux doigts en moi, mais ça ne change rien. Je sens qu'il me regarde, comme l'a fait Hendrickson quand il a pris ce que je ne voulais pas lui donner.
J'étais consciente pendant toute la durée du viol. Parfois, dans mes moments de déprime, je regrette que la drogue ne m'ait pas endormie. Après tout, c'est ce qu'elle est censée faire. Je ne ne devrais pas me rappeler ce qui m'est arrivé, bon sang, mais c'est ainsi. Les souvenirs sont plus flous que des souvenirs normaux, mais le regard sauvage d'Hendrickson est gravé dans ma mémoire. Je me rappelle être allongée sur le lit des parents de Melissa, de sentir son poids sur moi. Je me souviens de chacun de ses coups de bassin – profonds, brutaux, douloureux. Or, j'étais comme paralysée. Je voulais le frapper de toutes mes forces, mais mes bras et mes jambes ne fonctionnaient plus. Mes cordes vocales étaient comme gelées et je ne pouvais pas crier. Je pouvais seulement regarder la satisfaction dans ses yeux – le plaisir qu'il prenait à me faire du mal.
Ces souvenirs horribles envahissent mon esprit comme un essaim d'abeilles et m'arrachent les dernières traces de désir. Je sais que Meliodas sent le changement dans mon corps, que je ne suis plus chaude et mouillée. Je suis plus rigide et froide qu'une plaque de glace. Plus fragile, aussi.
– Ça ne marche pas, dit-il d'une voix rauque.
Je m'assois dans le lit en luttant contre les larmes.
– Je sais. Je suis désolée. C'est juste que… tu… tu me regardes… et…
– Est-ce que ça aiderait si je fermais les yeux ? demande-t-il en souriant timidement.
– Non. Je saurais que tu l'imagines dans ta tête.
Il soupire et s'assoit en s'adossant à la tête de lit. Il bande encore, je vois son érection sous son boxer – mais ça ne semble pas le préoccuper.
– Tu ne me fais pas confiance.
– Bien sûr que si. Je ne serais pas là si ce n'était pas le cas.
– Ok, alors je rectifie. Tu n'as pas assez confiance en moi pour vraiment lâcher prise.
Je me mords la lèvre. J'aimerais le contredire, mais au fond, je pense qu'il a raison.
– Le sexe est une question de confiance, dit-il. Même si tu n'aimes pas l'autre personne, même si ce n'est qu'un coup d'un soir, il faut quand même se sentir en confiance pour s'ouvrir et se rendre vulnérable. Et il n'y a pas de moment plus vulnérable que lorsque l'on jouit, dit-il en souriant. En tout cas, c'est ce que dit Google.
– T'as fait des recherches ?
Il rougit – une première, pour Meliodas.
– J'étais obligé. Je n'ai jamais couché avec une fille qui a été… tu sais…
– Je sais.
Je me mords la lèvre plus fort encore pour éviter de fondre en larmes.
– Après ce qui t'est arrivé, c'est normal d'avoir peur, d'être vulnérable. Est-ce que… est-ce que tu étais vierge ?
Je hoche la tête.
– C'est ce que je pensais.
Meliodas reste silencieux un moment.
– J'ai une idée, si tu veux bien l'entendre.
Je ne peux pas parler parce que je suis à deux doigts de pleurer comme une madeleine, alors je hoche de nouveau la tête.
– Plutôt que ce soit moi qui te donne un orgasme, qu'est-ce que tu dirais de te faire jouir toi-même ?
J'avais tort de penser que je ne pouvais pas avoir encore plus honte.
– Ça, ce n'est pas un problème, je le fais tout le temps, je réponds en évitant son regard.
– Devant moi, je veux dire. Fais-toi jouir devant moi. Et j'en ferai de même, dit-il.
Mon Dieu, je n'arrive pas à croire qu'on ait cette conversation. Meliodas est en train de suggérer qu'on se mate en train de se masturber.
– Si tu veux bien m'excuser, je vais aller me pendre, je marmonne. Je suis humiliée.
– Tu n'as pas à l'être, dit-il d'une voix grave. Ce sera un exercice de confiance.
Sérieusement, je pense que ça peut être bien. On sera tous les deux vulnérables et tu verras que tu n'as pas à avoir peur.
Je n'ai pas le temps de répondre qu'il se lève du lit et enlève son t-shirt. Puis, sans attendre, il baisse son pantalon et son boxer, et j'en ai le souffle coupé. Je touchais son sexe il y a quelques minutes, mais je ne l'avais pas encore vu. Il est long, dur et parfait.
Je frissonne en le voyant nu et lorsque je le lève les yeux vers les siens, je n'y vois qu'un désir sain et de tendres encouragements. Pas de désir animal, pas de méchanceté, pas de sauvagerie. Ce n'est pas Hendrickson. C'est Meliodas, et il se met à nu pour me montrer que je peux baisser ma garde.
– Enlève ton t-shirt, Elizabeth. Laisse-moi te voir. Je te promets de ne pas mater trop longtemps tes seins de strip-teaseuse, ajoute-t-il en souriant.
Je ne peux que lui retourner son sourire. Je ne bouge toujours pas.
– Montre-moi ce que tu fais quand tu es seule.
– Je…
La boule dans ma gorge est trop grosse pour parler.
– Montre-moi et je te montrerai, dit-il d'une voix grave et séduisante.
Il prend son sexe dans sa main et je me surprends à gémir. Je plonge mon regard dans le sien et j'y vois une telle assurance que cela me fait réagir. Mes doigts tremblent de façon incontrôlable alors que j'enlève mon t-shirt. Je ne porte plus que mon soutien-gorge.
Je prends une profonde inspiration et je l'enlève.
