Ma qué ?! encore un chapitre surprise ? wi wi wi ! et un gros en plus !
- Mon Seigneur !
Avec difficulté, Albafica entrouvre les yeux. A peine éveillé, il se sent déjà épuisé, conscient que sa nuit de sommeil n'a pas suffit à le reposer comme il le faudrait. La main sur son épaule, Zeus le secoue légèrement :
- Réveillez-vous… Il faut vous préparer.
- Je sais… murmure le jeune homme en luttant contre l'envie de se rendormir.
Avec difficulté, il mobilise ses forces. Voilà déjà cinq jours qu'il « travaille » pour Grelhart et il n'en peut déjà plus.
Le Dieu blond l'aide à sortir du lit, en le soutenant à moitié :
- Cet imbécile va finir par vous tuer, s'il continue à ce rythme infernal.
Albafica baille à s'en décrocher la mâchoire :
- C'est le cadet de ses soucis. Tout ce qu'il veut, c'est être le héros qui m'a soi-disant sauvé, récolter les lauriers pour cet acte héroïque et remettre Anthéma sur pied le plus vite possible. Le reste ne l'intéresse pas, mon état encore moins.
- Si seulement nous pouvions savoir comment il arrive à vous contrôler et trouver le moyen de le contrer.
Tout en hochant vaguement la tête, le jeune homme entre dans la salle de bain. Le bassin au centre de la pièce est déjà prêt à l'accueillir. Il retire sa tunique et descend les marches où il s'assoit lourdement. L'eau, ni trop fraiche, ni trop chaude, lui arrive à la poitrine. Il se frotte les yeux tandis que Zeus lui soulève les cheveux pour ne pas les mouiller inutilement.
Laissez-moi retourner dormir, s'il vous plait… Une semaine à pioncer, ça devrait le faire.
Derrière lui, son serviteur Divin entreprend de lui brosser sa chevelure :
- Vous n'avez pas encore eu l'occasion de me parler de l'autre monde, celui d'où vous venez.
Conscient que Zeus cherche à le maintenir éveillé, Albafica baille encore, puis demande :
- Qu'est-ce que tu veux savoir ?
- Tout ! Comment vous êtes arrivé là-bas, votre vie, vos amis…
- Eh bien… Il semblerait que mon affrontement avec Lucéma nous ait fait traverser différentes dimensions. Nous nous sommes plus ou moins entretués sur Terre et nous sommes morts, dans une grotte située dans un Royaume Souterrain appelé les Enfers.
Posant la brosse, le Dieu blond prend un peigne à la place :
- Alors votre frère Destruction est… ?
- En vie, comme moi. C'est un peu confus dans ma tête, je dois l'avouer, mais nous avons tous les deux voulus nous réincarner. Ah tiens, tu existes aussi, sur Terre, tu sais ? Tu es carrément le Maître des autres Dieux.
De surprise, Zeus lâche les fins rubans d'or qu'il tenait entre ses doigts :
- M… Moi ? Mais jamais je… c'est insensé !
- Et pourtant… Enfin, toujours est-il que Lucéma s'est réincarné. Il s'appelle Aiacos et c'est ton fils.
La stupeur et le choc empêchent le serviteur de parler. Il se concentre sur la coiffure de son Maître : une demi-queue assez simple avec des rubans or qui se perdent joliment dans sa chevelure. Celui-ci reprend, après avoir mouillé son visage :
- Mais il n'a appris que récemment son identité divine, tout comme moi.
-… Incroyable… murmure Zeus abasourdit.
- Et tu ne sais pas le mieux. Aiacos est également le frère de Minos.
- Minos ?! Vous avez retrouvé Minos ?! Est-ce qu'il s'agit également d'une réincarnation ?
Le jeune homme s'étire et sort du bain une fois sa coiffure achevée :
- Je ne crois pas, dit-il en prenant la serviette tendue par son serviteur. Celui d'Anthéma a été tué par le Dunamis de la Destruction, c'est impossible qu'il ait pu subsister quelque chose de lui, encore moins qu'il puisse nous suivre jusqu'à la Terre. Ce monde et Anthéma présentent juste des similitudes, rien de plus. Il existe le Minos de la Terre, tout comme il existe le Zeus de la Terre, pourtant ce dernier n'est pas ta réincarnation pour autant.
- C'est juste, c'est juste, répond le concerné avec un petit rire consterné.
Un peu revigoré par son bain, même si ce dernier n'a pas duré assez longtemps à son goût, Albafica s'essuie soigneusement, puis enfile la tunique légère mise à sa disposition. Un vêtement en apparence simple, agréable à porter et qui met parfaitement son corps en valeur, sans que ça soit indécent pour autant. Légèrement sexy, mais pas vulgaire. Pas de chaussures. D'après Zeus, il n'en a jamais mis, à Anthéma, préférant rester pieds nus. Si Albafica a trouvé ça un peu étrange les premières heures, il a fini par grandement apprécier cette façon de faire. Au point de songer à ne plus mettre de godasses du tout, même sur Terre.
- Et vous ? interroge le serviteur en l'aidant à ajuster le vêtement. Quand vous êtes-vous réincarné ? En même temps que la Destruction ?
Le jeune homme secoue négativement la tête :
- J'ai essayé, mais je me suis un peu précipité et j'ai comme qui dirait raté mon coup. J'ai dû attendre quelques siècles, afin d'influencer les bons éléments au bon moment pour pouvoir enfin renaître. C'est assez récent, en fait.
- Récent ? Est-il indiscret de vous demander depuis combien d'années vous êtes né, dans votre monde ?
- Environ vingt-cinq ans.
Un rire stupéfait échappe à Zeus :
- En effet, vous êtes un tout jeune homme. Surtout comparé à votre frère qui, si j'ai bien compris, est réincarné depuis plusieurs siècles. C'est incroyable, vraiment incroyable.
Albafica se sert un verre de jus de fruits en sachant qu'il ne lui reste plus que quelques minutes de répit.
- Et vous aviez dit que vous ne saviez même pas qui vous étiez réellement, tous les deux, jusqu'à récemment. Depuis quand, précisément… ?
Le jeune homme prend le temps de siroter sa boisson, avant de répondre :
- La notion du temps m'échappe un peu dernièrement, mais grosso modo nous le savons depuis quelques jours… peut-être une semaine… deux maximum.
Le visage du Dieu blond se décompose à cette annonce à laquelle il ne s'attendait pas vraiment.
- Je suis désolé, souffle-t-il en posant une main sur l'épaule d'Albafica. Vous venez à peine d'apprendre la vérité et vous voilà coincé ici alors que vous êtes à peine au courant de vos pouvoirs et de votre rôle.
Le jeune homme lui adresse un sourire en posant ses doigts sur les siens :
- Ce n'est pas de ta faute. Et j'ai des vagues souvenirs, des sensations, qui me reviennent au fur et à mesure, c'est quasi instinctif. Ce serait bien pire si j'ignorais tout et qu'on me demandait malgré tout d'utiliser mes pouvoirs.
- C'est vrai, néanmoins…
Zeus s'interrompt net en entendant la porte s'ouvrir et se retourne, tout en s'écartant de quelques pas de son Maître. Grelhart se présente sur le seuil :
- Assez bavardé, petit Seigneur, nous avons du travail. Une route et un village nous attendent.
Albafica gémit intérieurement en sachant déjà ce que ça signifie.
Nous sommes à peine le matin, comment je vais réussir à tenir la journée dans mon état…
Partageant son inquiétude, son serviteur fait bravement un pas en avant :
- Vous allez l'épuiser à la tâche ! Ne peut-il pas obtenir au moins un jour de repos ? C'est votre Dieu, pas votre esclave !
Un rictus mauvais fend le visage, autrefois séduisant, de l'Anthémien qui rétorque sèchement :
- Je n'ai aucun respect pour celui qui nous a abandonné des siècles durant, nous laissant à notre sort, dans la misère et la précarité.
Son regard mauvais se pose sur le jeune homme tandis qu'il continue :
- Nous ne sommes plus que les ombre des vestiges de notre ancienne grandeur, depuis qu'il nous a abandonné.
- Ce n'est pas de sa faut…
- Les vacances du petit Seigneur de la Création sont terminées, le coupe Grelhart comme s'il n'avait pas entendu l'intervention de Zeus. Anthéma doit retrouver sa Gloire et sa Grandeur d'antan, même si le petit Seigneur doit se mettre à genoux pour ça !
Scandalisé, le serviteur ouvre la bouche. Albafica l'interrompt en posant une main sur son bras. Immédiatement, Zeus retient les mots qu'il voulait prononcer. Grelhart hausse un sourcil moqueur :
- Je préfère ça. Allons-y.
Il ressort de la chambre sans les attendre.
Quelques mètres derrière lui, Albafica avance en compagnie de Zeus et lui chuchote :
- Ne le provoque pas, je n'ai pas envie de te faire à nouveau du mal. Ou à me retrouver à te tuer. Tu es mon seul allié, ici.
A peine ont-ils mis un pied en dehors du Palais de la Création que la foule est déjà dense. Habitué au numéro qu'ils accomplissent depuis quelques jours, Albafica avance en tête du trio. Zeus le talonne. Puis vient Grelhart, qui affiche un pseudo-respect envers lui devant les autres Anthémiens. Le jeune homme n'a pas besoin de mentir, il sait à quel point ce peuple… son peuple, est heureux de le revoir et croit sincèrement à la version qu'on leur a donnée. La joie est réelle sur leur visage. Leurs émotions également. Ce sont des véritables sourires qu'il leur adresse en retour. Et il sait déjà au fond de lui que, même s'il se libère de la menace de Grelhart, il ne pourra jamais leur avouer la vérité sur le mensonge que ce dernier leur a servi. Ce peuple est sincère, gentil et l'idée que leur Divinité puisse être manipulée et exploitée n'est pas concevable à leurs yeux.
Après tout, le « Mal » n'existe pas au sens où on l'entend ici. Les gens ne sont pas menteurs, mesquins, hypocrites… Ce n'est pas dans leur nature.
Leur progression, effectuée à pied, est lente. Ce sont des paysages, des lieux, des routes, reconstruits quelques jours auparavant, par ses soins, qu'ils sont en train de traverser. Le trajet étant un peu plus long chaque jour, un peu plus épuisant. Ils pourraient se rendre sur le prochain endroit à traiter avec une monture, ou par des moyens plus divins. Ce serait plus rapide et moins fatiguant. Mais la volonté de Grelhart et d'exhiber discrètement le Seigneur de la Création. Pour les Anthémiens, voir leur Dieu marcher parmi eux comme s'il était un égal, leur donne l'impression que celui-ci est encore plus accessible et davantage à leur écoute. La route est bordée de gens de chaque côté. Les villages traversés, rebâtit à neuf depuis à peine quelques heures, fourmillent de vie. Les Anthémiens l'acclament. Un cortège se forme derrière eux, certains veulent l'accompagner. D'autres pleurent de joie et de soulagement.
Leur bonheur sincère, leurs exclamations et salutations sont comme des prières qu'on lui adresse. Il l'a senti dès le premier jour, ces « prières » lui permettent de regagner un peu d'Energie, ce qui n'est pas désagréable. Néanmoins, ce regain ne compense pas celle qu'il doit, en retour, dépenser au quotidien.
Albafica n'est pas le seul à recevoir de la gratitude. Il entend également son peuple adresser des remerciements à Grelhart pour l'avoir « sauvé » et ramené ici.
C'est quand même bizarre, ce truc. Je suis persuadé que cet homme est un Anthémien pur souche. Mais dans ce cas, pourquoi n'a-t-il pas la personnalité douce, sincère et respectueuse de ses congénères ?
Après plus d'une heure de marche, ils arrivent à destination. Le chemin n'est plus joliment pavé et entretenu, avec des fleurs et buissons sur les bas-côtés, il a cédé la place à un sentier de terre sèche, poussiéreux, bordé d'herbe jaunie, qui mène droit à un village à moitié en ruines. Seules quelques maisons tiennent encore debouts et semblent prêtent à s'effondrer au moindre coup de vent un peu fort. Les rares habitants des lieux contrastent avec le cortège qui suit Albafica. Ils sont maigres, en guenilles… mais l'espoir s'allume dans leurs yeux en voyant leur Dieu.
Le cœur du jeune homme se sert. C'est le même spectacle tous les jours. Ils croisent et rencontrent les Anthémiens dans la misère. Son intervention est comme un second souffle de vie pour eux. Personne, certainement pas lui, ne pourrait rester insensible devant cette précarité et même sans Grelhart il prendrait le temps de tous les aider, sans exception. La différence viendrait du fait qu'il le ferait moins rapidement et s'entourerait d'aide pour gérer plusieurs chantiers en même temps, à l'instar de Minos et ses frères qui avaient plusieurs équipes au travail au moment de la construction de la Villa et de la ville sous ses pieds.
Sentant le regard insistant de Grelhart sur son dos, Albafica se met au travail. Avec un soupir intérieur, il active son Dunamis. Immédiatement, son physique se modifie pour arborer les traits d'Aggelos les symboles d'or se dessinent sur sa peau tandis que ses cheveux bleutés aux reflets de lumières flottent librement dans son dos. Le saphir de ses yeux s'estompe au profit d'un or pur teinté d'une touche d'azur. Son Sceptre apparait dans sa main tandis que la foule autour de lui émet un murmure de contentement en le voyant passer à l'acte.
C'est parti…
Irradiant de Dunamis, le Seigneur de la Création ferme les yeux.
Le sentier mort se transforme en un superbe chemin pavé bordé de fleurs, suite logique de la route qu'ils ont emprunté pour venir, et fuse droit jusqu'au village. La place de ce dernier se reconstruit : les murs et murets réparés et flambant neufs, le puit, les emplacements des différentes maisons et des commerces, un espace vert, des bancs…
Les exclamations de joie commencent à retentir.
Les doigts d'Aggelos se crispent autour du manche de son Sceptre.
Le pouvoir continue son œuvre. Une fois les emplacements délimités, tous les bâtiments sont reconstruits en intégralité et à l'état neuf. Pas seulement l'extérieur, l'intérieur est également entièrement meublé : lits, tables, chaises, placards, coffres… A chaque bâtiment, il fait quelque chose de différent, s'adaptant à s'il s'agit d'un foyer avec juste un couple, une famille… Aucune maison n'est identique à l'extérieur et à l'intérieur. Le mobilier est au complet à chaque fois. Il y a même des jouets pour les enfants. Les gardes mangers et les placards sont également remplis de vivres dans la foulée, pour leur laisser le temps de reprendre la culture des jardins et potagers. Ces derniers sont également remis sur pied, les fruits déjà plantés dans le sol, prêts à être récoltés dans quelques jours. Les barrières viennent séparer les jardins et potagers, séparent discrètement les maisons…
Aggelos sent le souffle commencer à lui manquer. Le travail est long, précis et même s'il perd la notion du temps lorsqu'il agit, il sait par Zeus que ça fait déjà plusieurs heures qu'il est sur cette reconstruction. Il perçoit d'ailleurs ce dernier qui se rapproche discrètement de lui, comme pour le soutenir.
Les Anthémiens dont les maisons sont remises sur pied se précipitent à l'intérieur avec des exclamations de joie et de bonheur.
Il entend des larmes de soulagement.
Et le sol semble fragile sous ses pieds. Il vacille.
Au même moment, il sent une certaine pression l'envahir et retient une grimace. Grelhart est en train de le contrôler, nul doute que son léger chancèlement ne lui a pas échappé.
Sous le pouvoir de la Création, des parterres de fleurs colorées viennent envahir les balcons et décorer le village. Les magasins sont à nouveau totalement fonctionnels, dotés de tout le matériel et la matière première nécessaire. Le boulanger fonce déjà pour préparer une fournée de pains chauds digne de ce nom, souhaitant fêter ce renouveau.
La nausée monte chez Aggelos.
I nouveau de l'eau au fond du puit, relié à une rivière souterraine qui a reprit du service quelques jours auparavant.
Ses oreilles bourdonnent.
La pression du contrôle se fait plus imposante.
Et le sol se dérobe soudain sous ses pieds.
- Messire ! s'écrie Zeus d'une voix alarmée.
Il a le temps de sentir les bras de son serviteur qui le rattrape et entend les cris de surprise et d'effroi de la foule avant de perdre totalement connaissance.
Le corps pesant une tonne, engourdit et encore nauséeux, Albafica ouvre les yeux plusieurs heures plus tard. Allongé sur son lit, il a l'impression que la pièce tourne tout autour de lui et qu'une perceuse lui vrille les tempes.
- Messire, souffle Zeus.
Assis à son chevet, le serviteur se penche légèrement vers lui en le voyant émerger, le visage très inquiet. Il réajuste un linge frais sur le front du jeune homme qui murmure :
- Que s'est-il passé… ?
- Vous vous êtes évanoui. D'épuisement, à n'en pas douter.
- Oh… Grelhart n'a pas dû apprécier…
Le visage fermé, le blond acquiesce :
- Il a rassuré la foule en leur racontant un bobard. Il a dit que vous aviez trop donné de votre personne pour les aider, que vous étiez trop généreux… En réalité, il était furieux. S'il avait été capable de vous réveiller dans la seconde pour vous forcer à continuer, il l'aurait fait.
- J'en doute pas…
Il accepte le verre d'eau fraiche que lui présente Zeus et se redresse sur un coude. Ses lèvres sont sèches, sa bouche pâteuse.
- J'ai réussi à le convaincre de vous accorder deux jours de repos complet.
Le jeune homme termine d'avaler le liquide et lève les yeux vers lui :
- Merci… souffle-t-il. J'ignore comment tu as fait, mais merci…
Albafica se rallonge en lui rendant le verre. Il a parfaitement conscience que deux jours ne suffiront pas pour le remettre réellement sur pied. S'il reprend avec ce même rythme, il finira par tourner de l'œil à nouveau.
- Je lui ai signalé que s'il vous tuait à la tâche, il ne pourrait pas finir de remettre Anthéma sur pied, tout simplement. J'ignore s'il va moins vous en demander…j'en doute, honnêtement.
Silencieux, Albafica referme les yeux, exténué.
Si je pouvais trouver une idée de génie, pour sortir d'ici…
Mais comment contourner le contrôle de Grelhart et faire en sorte que personne ne puisse être utilisé comme moyen de pression sur lui… ?
Et pour l'heure, il est bien trop épuisé pour pouvoir réfléchir correctement. La seule chose qu'il peut faire pour le moment, c'est dormir un maximum.
Derrière ses paupières closes, il visualise Minos. Se demande où est son Griffon, ce qu'il fait….
Aide-moi, Minos…
Une larme d'épuisement coule du coin de son œil.
Au même moment, au Palais de Knossos, Minos est debout dans son bureau en train de lire un courrier. Soudain, un brusque malaise le saisit, il se retient au bord de sa table de travail tandis que Rhadamanthe, à côté de lui, redresse la tête, alerte.
- Tout va bien ?
Les sourcils froncés, le Griffon s'assoit dans son fauteuil en cuir :
- Oui. Je sais pas ce qu'il s'est passé. Ça m'a pris d'un coup et pouf, plus rien. J'ai presque l'impression d'avoir rêvé.
- Tu as bien mangé aujourd'hui ?
Le Roi de Crète lève les yeux au ciel :
- Oui ! J'ai mangé, bu, dormi, je vais parfaitement bien, j'ai une santé d'acier ! Je n'ai aucune raison de faire un malaise et ça ne se reproduira pas !
Les lunettes sur son nez, l'ainé l'observe par-dessus ses papiers :
- Ce n'est peut-être pas toi… lâche-t-il au bout d'un moment.
- Hein ?
- Je te connais par cœur, je sais que tu n'es pas une petite nature. Ce qui vient de se passer, c'est peut-être Albafica. Tu le ressens à travers votre Lien de Moitié. Il a besoin de toi.
On se retrouve vendredi pour le chapitre 22
