Bonjour à tous !
Oui ! Vous ne rêvez pas ! Nouveau chapitre et il était temps ! (Milles excuses)
J'espère que vous allez bien vous et vos proches en cette période singulière de confinement et de coronavirus. Tenez bon et surtout, restez chez vous ! Ne courez pas de risques inutiles !
Bon, partons sur des notes plus positves : J'ai préco FFVII le REMAKE *0* Il est FANTASTIQUE ! Quel dommage qu'il n'y ait qu'un CD pour l'instant T.T
Grâce à ça, j'ai retrouvé un nouveau souffle pour l'écriture de cette fic (Merci Square Enix !) Il y a des éléments qui me plaisent beaucoup dans le jeu, il y a des chance que je face un mic mac de l'original et du Remake dans le tome 2.
Avec le confinement, je vais aussi avoir plus de temps pour travailler mes chapitres !
J'espère qu'il vous plaira pour cette reprise !
Chapitre 17
Veld s'installa à son bureau. Comme à l'accoutumée, personne ne se trouvait dans ces locaux. Il prit une profonde inspiration et ferma les yeux, appréciant le calme de la pièce. Depuis qu'il était revenu de mission, il n'avait pas encore profité d'un moment de tranquillité. Cela faisait bien quatre mois qu'il n'avait pas remis les pieds à Midgar ! Autant dire une éternité ! Il ne regrettait pas de s'être engagé dans les Turk, il en faisait d'ailleurs une véritable vocation. Mais il commençait à se sentir fatigué. Peut-être était-il trop- vieux ?
Il entrouvrit les yeux et les posa vers son ancien bureau. Ou du moins celui qu'occupait Tseng à présent. Quel arrogant… C'était lui qui l'avait formé. C'était un élève sérieux qui avait rapidement su compenser ses faiblesses avec son intelligence et sa discipline. Originaire du Wutai, il avait vécu toute son enfance et poursuivi ses études à Midgar. Lorsque le conflit avait éclaté entre la Shinra et son pays, Tseng ne s'était pas senti concerné. Beaucoup avait pensé le contraire. Mais lui, il le connaissait bien. Et le fait que son pays natal était entré en guerre ne l'avait nullement indisposé.
Sa réaction avait été parfaitement normale pour quelqu'un qui avait grandi avec les valeurs de Midgar. Sa loyauté et sa fidélité étaient sans failles. En y repensant, la situation était plutôt amusante. L'apprenti Tseng était quelqu'un d'introverti mais qui n'avait pas peur de montrer son désaccord ou même ses émotions. Mais le Tseng d'aujourd'hui était surprenamment calme et patient. À tel point qu'il en devenait déstabilisant. Il était devenu un vrai cœur de glace. Du moins en surface.
Pourtant, après tout ce qu'il avait fait pour lui, ce jeune arriviste lui a volé sa place de chef des Turks. Tout ça à cause d'une mission qu'il avait mené avec lui, et il avait fait preuve d'ingéniosité. Ce seul motif avait justifié sa promotion, et lui sa destitution. Lui montrait-on la sortie, parce qu'il se faisait vieux ? Un Turk ne pouvait démissionner, mais ce n'était pas dans sa nature de se laisser influencer de cette façon !
Tseng… Il n'avait jamais eu d'enfant, et il avait considéré ce jeunot comme tel à son arrivée. Mais jamais il n'avait imaginé qu'il prendrait un jour sa place ! Il n'avait pas les épaules assez solides pour occuper ce poste !
À moins que le Président ne lui fasse plus confiance ? Mais dans ce cas, pourquoi aurait-il nommé un jeune à sa place ? Ça n'avait pas de sens ! Il avait accompli tous ses devoirs envers la Shinra avec dévotion ! Et on le remerciait de ses précieux services en le mettant au placard ? Si seulement la Présidente était encore de ce monde…
C'était elle qui avait fondé la Shinra. Au début, la société n'avait pas encore eu connaissance du Mako et du confort qu'il pouvait apporter. Bien que l'entreprise ait toujours été tournée vers les énergies, ce n'était que depuis l'institution de son épouxque les choses avaient commencé à changer.
En premier lieu, les Turks n'existaient pas en tant que tel. Ils avaient toujours eu la fonction de gardes du corps, mais le poste avait évolué quelques temps après la prise de fonction de ce nouveau président. Les membres sont aussi devenus plus nombreux. Et lui, il avait pris la gestion de tout ce petit monde à cette époque.
Il n'y avait pas non plus de section scientifique ou d'armée. Avant, il s'agissait bien d'une entreprise tout à fait banale. Mais l'ambition du Président avait été trop forte. Si bien que la Shinra avait vu ses domaines se diversifier : les produits pharmaceutiques, le développement militaire… Plus grand-chose à voir avec les énergies, en somme. Puis, le Mako fut découvert et extrait des sols. Bien moins coûteux que le pétrole, l'entreprise s'était enrichie à millions en un rien de temps.
De part ses forces armées indéniables, personne n'avait jamais osé défier la Shinra et eux, ils investissaient et exploitaient les terres encore vierges de leur passage. Il y eut de nombreux conflits. Mais l'épisode le plus sanglant et brutal fut certainement cette guerre au Wutai.
Un peuple si fier de ses coutumes dont les frontières étaient fermées au reste du monde. Et ce massacre engendra de nombreux morts. Tant du côté de la Shinra, que de l'autre. Sans doute cette guerre fut la plus violente en raison de la mobilisation des Soldats de première classe, pour la toute première fois de l'histoire. L'escouade du général Sephiroth s'était faite formidablement remarquée. Quelle dommage que cet homme ait mal tourné. Il était prometteur. Il avait tout pour plaire pourtant un excellent chef de guerre, un stratège hors pair, une souplesse et une rapidité incroyable, une intelligence et un sens du devoir exemplaire… Qui aurait pu prédire qu'il finirait ainsi ? Enfin, comme on disait : ainsi va la vie…
L'incident de Nimbelheim. C'était là que sa propre déchéance avait commencé. Tseng et lui avaient eu pour mission de rattraper les déserteurs et de les éliminer. L'affaire ne devait pas s'ébruiter. Leur cible avait été deux jeunes hommes. Un dénommé Zack, un membre du Soldat plutôt remuant et indiscipliné, ainsi qu'un milicien… Quel était son nom déjà ? Il ne s'en rappelait pas.
Hojo avait souhaité les garder pour ses recherches mais les ordres du Président étaient clairs et indiscutables. Ils ont été retrouvés. À une vingtaine de kilomètres de Midgar. Mais Tseng avait été plus rapide que lui. Il leur avait tendu un piège avec la milice. Ils ont été abattus et leurs corps laissés tels quels. Les monstres et autres charognards se seraient occupés d'eux.
Au retour de mission, le Président nomma Tseng nouveau chef des Turks, et lui fut rétrogradé. Quelle humiliation ! Céder sa place à un petit jeune juste parce qu'il s'était retrouvé au bon endroit au bon moment ! Il bénéficiait d'une chance insolente…. Mais lui, il ne pouvait se cantonner au rang de simple exécutant ! Pas avec toute son expérience !
Mais saboter des opérations juste pour lui nuire n'étaient pas dans sa nature. Il savait faire preuve de professionnalisme. Tout ce qu'il espérait au fond, c'était de prouver qu'il était encore capable !
FFVII
- Tseng, j'aimerai te confier une mission importante, fit Rufus en croisant les doigts sur son bureau. De tous les Turks, tu es celui en qui j'ai le plus confiance. Cette attaque, la nuit dernière, je souhaite que tu débusques les coupables et que tu me les ramènes ici. J'aurai quelques questions à leur poser
- Vous êtes sûr, monsieur ? Ils sont dangereux. De par votre statut, je ne pense pas que…
- Tu mèneras l'interrogatoire, mais je serai là. Choisis qui tu veux pour t'accompagner. Tu peux disposer.
Le Vice-président lui indiqua d'un signe de main la porte et Tseng obéit sur-le-champ.
Une fois seul, il se laissa aller contre son dossier et se passa les mains sur le visage. Il n'avait pas beaucoup dormi. Il se savait relativement imperturbable, mais il ne s'était pas attendu à ce que cet évènement l'atteigne ainsi. Même au-delà de cela, il n'était pas un gros dormeur.
Il avait fait parvenir une lettre à la famille de Rude. Également, il s'était assuré que le Turk reçoive ses soins par les meilleurs médecins. Il fut pris en charge en urgence absolue et, tôt ce matin, l'hôpital avait contacté Tseng. Ses jours n'étaient plus en danger. Quel soulagement ! Bien qu'à priori, cette nouvelle n'intéressait que peu de monde dans cette entreprise…
Mais à présent, il devait se concentrer sur son travail. Diverses réunions l'attendaient. Notamment une avec Reeve et les responsables des huit réacteurs de Midgar. Elle consistait en un rapport mensuel qui faisait état de dysfonctionnements constatés ou de recensements des demandes de formations ou de mains d'œuvre.
Habituellement, ni le Président ni lui-même n'y assistait. Ceci étant confié au responsable du développement urbain et à Angus, en charge des formations internes. Pourtant, récemment et surtout depuis que Reeve était venu le voir concernant son dossier sur les fuites de Mako, il avait décidé d'y assister. Il ne se considérait pas spécialement comme quelqu'un de particulièrement soucieux de l'état des Taudis, mais si cette histoire s'ébruitait, ils le paieraient tous très cher. Lorsqu'il avait informé Reeve de sa présence, il s'était montré très enthousiaste.
Il ne le faisait pas par réel souci éthique. Tout n'était que stratégie. La popularité de son père auprès de la population était en chute libre. Mais si lui pouvait gagner l'intérêt de l'opinion publique, rien ne saurait lui être refusé. Il n'était pas stupide, son jeune âge risquait de lui causer quelques problèmes s'il succédait à son père. Mais, avec le soutien de Midgar et de la grande majorité de la Shinra, personne ne pourrait vraiment lui résister.
Toutefois, ce type d'hostilité, il le retrouverait surtout chez les hauts-cadres, trop confortablement installés dans leur routine. Surtout chez Scarlet et Heidegger. Dieu seul savait à quel point ils avaient la dent longue ces deux-là…
Trois petits coups légers retentirent à la porte. Rufus autorisa son visiteur à entrer et se redressa. Ziu apparut timidement dans la pièce. Il fut agréablement surpris de la voir ici. Il l'invita à s'asseoir mais elle refusa.
- J'ai entendu ce qu'il s'est passé… Hier soir. Je... Désolée… Ça ne me regarde pas, n'est-ce pas ?
- Ziu, je suis ravi de te voir, sourit Rufus en se levant. J'ai un peu de thé ici. Personnellement, j'apprécie beaucoup le thé vert. J'ai pensé à toi, je l'ai fait venir du Wutai. En désires-tu une tasse ?
Ziu sembla hésiter puis acquiesça. Le Vice-président s'en sentit soulagé. Il eut craint qu'elle refuse. Cela aurait été naturel, comme il était son supérieur et qu'elle avait tendance à se sentir gênée, la situation aurait pu paraître étrange voire impressionnante. Mais il comptait bien profiter de cet instant pour se rapprocher un peu plus d'elle. Ils ne se connaissaient pas très bien, mais c'était l'occasion ou jamais. Et s'il ne prenait jamais le temps de lui parler, cette histoire risquait d'être embarrassante et gênante pour l'un, comme pour l'autre.
La jeune femme reçut la tasse avec le breuvage bouillant. Elle huma le parfum, et à en juger par son regard et son petit sourire, ce thé devait certainement lui rappeler des souvenirs nostalgiques et agréables de son pays natal.
- Je ne savais pas que tu aimais le thé, dit-elle.
- Pour te dire la vérité, je ne supporte pas le café. L'odeur me donne de fortes migraines. Quant aux boissons lactées… Pour mon plus grand malheur, je ne digère plus le lait. Je me suis donc tourné vers le thé et j'y ai pris goût rapidement.
- C'est dommage, et le lait végétal ou allégé ?
- Autant boire de l'eau, si tu veux mon avis.
Ils rirent tous les deux. Rufus but une gorgée de sa tasse puis observa Ziu. Il voulait en apprendre plus sur elle. Pourquoi avoir quitté le Wutai ? Pourquoi était-elle entrée dans la Shinra ? Quelles étaient ses goûts ? Quelles étaient ses passe-temps ?
- Il y a beaucoup de variété de thé vert au Wutai, dit Rufus en remuant sa tasse. Certains amers, d'autres avec des notes fruitées ou alors rafraîchissants. J'ai appris quelque part que le Wutai accordait beaucoup d'intérêt à ces boissons.
- Les hivers du Wutai sont plutôt rudes et les maisons emmagasinent peu de chaleur, en raison des matériaux utilisés. Dans les habitations les plus aisées, il y a divers endroits où sont disposés des réchauds ainsi que des tables pour boire du thé. Hormis les vertus, il s'agit aussi d'un bon moyen de se réchauffer.
- Il n'y a pas de systèmes de chauffage ? Ce devait être vraiment difficile.
- Si nous en avons, mais comme les maisons ne sont pas très isolées, les chauffages ne sont pas très utiles. Du coup, on s'habille tous très chaudement en abusant en matière de couches de vêtements.
- Le Wutai n'a jamais cherché à améliorer son confort ?
- Mon pays est très attaché à ces maisons. C'est un héritage qu'il veut absolument conserver, entre autres choses. Mais ces maisons sont très agréables l'été. Il y fait très chaud et elles restent fraîches.
Rufus acquiesça et but une nouvelle gorgée. Il comprenait un peu mieux l'une des raisons pour laquelle le Wutai s'était battu férocement pendant la guerre, même s'il n'avait pas tous les tenants et aboutissants. Mais il était vrai que l'idée de perdre l'identité même de son pays devait être atrocement douloureux… Il n'y avait jusqu'alors jamais pensé.
Depuis tout jeune, on lui avait toujours appris à s'intéresser à ce qui devait être fait, au lieu de la meilleure chose à faire. Les nombreuses guerres de la Shinra, il avait toujours pensé qu'elles étaient légitimes. Ils étaient forts, de par leurs richesses ou leur puissance militaire. Après tout, rien ne leur résistait bien longtemps. Jamais il ne s'était inquiété des éventuelles victimes que ces conflits causaient… Mais à présent quelque chose le troublait.
Il discutait agréablement avec cette femme issue d'un pays vaincu. Que devait-elle penser de lui ? Il était du camp de la Shinra, de ceux qui avait brûlé son foyer, massacré son peuple…
- Est-ce que je peux te poser une question ? Si tu la trouves déplacées, tu peux ne pas répondre. Pourquoi as-tu quitté le Wutai ? Lorsque tu me parles de ce pays, tu parais bien nostalgique. Il doit sans doute te manquer. Midgar est très différent, tu dois te sentir un peu perdue.
Ziu baissa les yeux, fixa sa tasse. Son sourire avait disparu et Rufus se morigéna intérieurement. L'avait-il blessé sans le vouloir ? Certainement… Mais quel idiot ! Il aurait dû attendre un peu avant de demander ce genre de chose ! Même si sa curiosité l'avait emporté, il aurait dû se raisonner !
- C'est une longue histoire… que je ne préfère pas me rappeler. Disons que… après la guerre... les choses ont changé… et c'est ce qui m'a fait partir pour Midgar… enfin…
La voix de la jeune femme mourut dans sa gorge serrée et sa lèvre inférieure tremblait légèrement. Sans doute ses larmes commençaient à monter. Quel imbécile… Lui qui se comportait comme un gentleman avec les femmes, il avait réussi à l'embarrasser. Il n'aurait pas dû poser cette question ! Qu'est-ce qui lui avait pris ? Bien sûr qu'elle en souffrait !
La jeune femme posa la tasse sur le bureau et s'excusa rapidement avant de prendre la direction de la sortie, la main sur la bouche.
Rufus la retint par le bras. Pas question de la laisser s'enfuir ! Il était un idiot, mais il n'était pas question qu'elle quitte cette pièce dans cet état ! Il en était responsable !
Il l'attira contre lui et l'enlaça doucement. Il posa une main sur ses cheveux, se voulant rassurant.
- Je suis désolé. Je n'aurai pas dû poser cette question.
Il fit glisser ses doigts le long de sa chevelure avant remonter sa main sur sa tête et d'y poser sa joue. Tremblante et en larmes, elle lui rendit maladroitement son étreinte en s'accrochant à sa veste.
Il était certainement beaucoup trop tôt pour qu'il connaisse son histoire. Avec du temps et de la patience, elle s'ouvrirait à lui. Peut-être devrait-il commencer par lui confier quelque chose, avant d'exiger un de ses secrets ? Ce serait sans doute plus simple.
Dans tous les cas, il ne la laissera pas partir tant qu'elle serait dans cet état. Il la garderait prêt de lui, tant que ses larmes couleront.
FFVII
Reno marchait rapidement dans les couloirs, un bouquet de fleurs dans les bras. Il ne décolérait pas. Comment avaient-ils pu laisser seulement Rude pour la protection du père Shinra et de l'autre tache ? Sans compter qu'il s'en était pris plein la tronche ! Heureusement, il n'était plus menacé. Mais ce n'était pas une raison pour qu'ils ne se remettent pas en question, ces bâtards !
Le rouquin arriva devant la chambre de son ami. Avant d'entrer, il tendit l'oreille. Il y avais déjà du monde à l'intérieur. Probablement sa famille. Les pauvres… Ils ont dû être morts d'inquiétude avant l'annonce des résultats.
Il pénétra dans la pièce et salua la famille de son ami. Sa femme n'avait pas dormi correctement : ses joues étaient creusées et on pouvait même distinguer les cernes sous ses yeux. Les enfants également, ils avaient l'air fatigués et ils pleuraient à chaudes larmes dans les bras de leur père.
Reno tenta de se faire le plus discret possible pour ne pas rompre leurs retrouvailles et posa le bouquet sur la table de chevet
- Tonton Reno ! s'écria Chris, plein de larmes. Papa… Papa a mal…
- Je vais bien, le rassura Rude en posant une main sur sa tête. Papa est plus fort qu'une montagne !
- Papa… gémit Aya en enfouissant son visage dans le cou de son père.
Kim imita sa sœur, quoiqu'en le serrant plus fort.
La mère rit et s'assit sur le bord du lit.
- Les enfants, papa a besoin de se reposer un peu. Donnez-lui un peu d'air !
- Ça va aller, chérie. Ils m'on manqué aussi !
Reno se gratta l'arrière de la tête. Il était probablement venu un peu trop tôt ! Mais, énervé comme il l'avait été, c'était la meilleure chose qu'il pouvait faire ! Autrement, il aurait probablement mit une bonne droite à Tseng et un revers du gauche à Veld. Et ça n'aurait pas été le moment de se prendre la tête avec quelqu'un… Tiens ? Serait-il devenu sage ? Mia aurait bien rigolé si elle l'avait entendu !
- Reno, ça fait du bien de te revoir, lui fit Rude.
- Tu l'as dit, mon pote ! Tu nous as fait flipper tu sais !
Le chauve ricana avant de demander à sa famille de quitter la pièce. Le rouquin sentait qu'il avait certainement des choses à lui dire, dans un cadre professionnel.
Rude attendit que la porte se ferme avant de prendre la parole.
- Le Vice-président va bien ?
- Ouais… Mais ce trou du cul s'est même pas demandé comment toi t'allais !
- Les médecins qui se sont occupés de moi, c'est le Vice-président qui les a payés.
- Ouais, parce qu'il voulait que ça passe mieux dans le journal ! T'sais, opinion publique, tout ça.
- Tu apprendras à le connaître, il n'est pas vraiment comme on l'imagine.
- « Pas vraiment », hein ?
- On a tous nos travers, concéda Rude en s'affaissant dans son oreiller.
En y réfléchissant, Rude n'avait pas tort. C'était vrai, tout le monde avait des défauts… Mais c'était plus fort que lui lorsqu'il était question de près ou de loin du Président ou de Rufus. Ces types avaient tout sur un plateau d'argent ! Ils s'en foutaient du prolétaire payé le smic qui trimait tous les jours pour vivre !
Et le simple fait de penser que les Turks leur servaient de bouclier en cas d'attaque, ça l'énervait davantage car, ce n'était pas comme s'ils avaient un retour sur leur travail ! Des félicitations, des remerciements, de la considération…Tout était bon ! Mais non ! Les Turks étaient des agents de l'obscurité. On ne les voyait pas, on ne s'inquiétait pas pour eux, et s'ils mourraient, personne ne se souviendrait d'eux.
Quel boulot de merde, franchement… Et en plus, il pensait que Rude partageait son avis concernant Rufus, mais apparemment, ce n'était pas le cas. Qu'est-ce que ce type avait pour qu'on lui passe tout comme ça ? À part sa position, évidemment !
Il était même plus populaire que son père ! Que ce soit auprès de la population de Midgar ou au sein de la société même ! Plusieurs fois il avait croisé des salariés qui faisaient les éloges de telle action qu'il aurait pu faire ou de telle parole qu'il aurait pu prononcer ! Et les femmes qui restaient en pâmoison… Beurk ! C'était quoi ce type ?
Maintenant qu'il faisait parti des Turks, il serait obligé de le supporter… Bon, si Rude était là, alors il pourrait passer au-dessus… Mais à condition que ce sale type fasse aussi des efforts, hein ! Pas question d'être seul à tenter d'apaiser les choses !
Reno se gratta frénétiquement la tête, puis jeta un œil à Rude, qui l'observait silencieusement.
- Quoi ?
- Toi, je sens que tu te retournes le cerveau… Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Oh rien, tu sais très bien ce que je pense de tout ça.
- Tu apprendras à l'apprécier, se répéta Rude.
Une infirmière entra en annonçant la fin des visites pour la journée. Reno salua son ami et laissa Madeleine et les enfants auprès de leur père. Lui-même devrait peut-être passer voir ses parents, après tout ça faisait une éternité qu'il ne leur avait pas rendu visite…
FFVII
La nuit tombait doucement sur la ville et Reno marchait pensivement. Il aurait bien souhaité savoir ce que pensait Rude de Rufus… Est-ce que lui aussi finirait-il par montrer une grande dévotion envers lui ? Et pourquoi il le devrait ? D'accord, c'était écrit sur sa fiche de poste… Mais est-ce qu'il devait s'y tenir ? C'était pas son truc de faire semblant…
Au détour d'un carrefour, il aperçut Angus et Serris entrer dans un café. Les deux personnes qu'il avait le moins envie de revoir là tout de suite… D'ailleurs, pourquoi ils étaient là? Un rendez-vous galant ? Il n'y croyait pas une seconde… Serris n'avait d'intérêt que Rufus, et ça, tout le monde le savait…
Et l'autre abruti là ! Qui avait voulu le virer, et que ça n'avait même pas marché ! Macho comme tout en plus ! C'était assez surréaliste de les voir ici tous les deux… Dans le genre mal assorti… Connaissant Serris, jamais elle n'aurait pu s'intéresser à lui. Elle était plutôt du genre à viser le gratin, mais le « vrai » gratin, quoi !
De quoi pourrait-il parler ? C'était pas vraiment le genre d'association qu'on pouvait supposer… Et s'il allait y jeter un œil ? Au pire, il aurait des infos croustillantes à partager avec Ziu et Mia ! Et puis de toute façon, il n'avait rien d'autre à faire tout de suite… Bon, il voulait voir ses parents mais… Bon allez ! Juste quelques minutes !
- Un petit noir pour moi, et pour toi ? demanda Angus.
- Juste un thé blanc, merci, sourit Serris.
Le serveur s'en alla, les laissant entre eux. Reno était assis non loin d'eux, en retrait et le dos tourné afin de ne pas trop attirer l'attention. Enfin, il l'espérait ! Il n'avait jamais espionné personne, mais il souhaitait ne pas trop mal s'y prendre…
Il avait déjà commandé un soda d'une grande marque qui ne demandait plus à être présenté, et restait concentré sur son environnement. Autant qu'il le put en restant le plus naturel possible.
- Je ne pense pas que tu m'es invitée à prendre un café sans arrières pensée, fit Serris. Il me semblait pourtant que nous ne nous devions rien.
- Détrompe-toi, tu n'as pas honoré ta part du marché.
Reno but une gorgée de sa boisson en paraissant absorbé par le paysage extérieur. Un marché ? Il l'avait senti qu'il y avait un truc louche ! Il avait bien fait de venir !
- Rappelle-toi, dit Angus sur un ton mielleux. Je t'aide à te débarrasser de Reno et tu me rends un service. Et c'est ce que j'attends.
- Que je sache, cela n'a pas fonctionné. Le contrat est caduc et tu as déjà eu ce que tu voulais.
- Quoi ? Tu veux dire que coucher avec moi était la condition ? Tu sais pertinemment ce que je veux, mais tu prétends ne rien savoir.
Le rouquin réprima un frisson de dégoût. Ils avaient… Tous les deux ? Mais, c'était pas de Rufus dont elle était amoureuse ? Pourquoi avait-elle fait une chose pareille ! Angus la faisait peut-être chanter… Quand bien même, il ne pensait pas que c'était une femme qui serait capable de s'abaisser à ça. Elle était ce qu'elle était mais, elle était trop fière ! Et puis, merde quoi ! Ce genre de truc c'est trop important !
Et tout ça car elle voulait se débarrasser de lui ! Ah ! Quelle surprise elle avait dû avoir ! Lui, toujours là, fidèle au poste ! Elle avait dû sacrément avoir les boules !
Il entendit Serris soupirer et le serveur apporter leur commande.
- Parle moins fort. Qu'est-ce que tu veux ?
- Ton idéal me gêne, murmura Angus, après s'être assuré que l'employé fut éloigné. Je pense être le plus à même de prendre les rênes de la société. Mais regarde, personne ne me laisse tenter quelque chose.
- Ils n'ont peut-être pas tort, répondit Serris d'un air désintéressé. Tu n'as rien à prouver car ce n'est pas comme si tu avais des compétences en ces domaines. Gérer toute une entreprise et tout un pays, ce n'est pas comme s'assurer des formations du personnel, sans vouloir t'offenser.
- Écoute, t'es très belle et tu le sais. Mais laisse ça aux hommes, ça ne te concerne pas.
- Et tu dis ça alors que tout le monde sait que tu as la protection de Scarlet… Une femme plus haut gradée que toi. Cela a dû faire mal à ton égo…
- Bref, ne change pas de sujet. J'ai besoin de toi pour m'attirer les faveurs du Président et déstabiliser Rufus.
- Je sais que c'est ton demi-frère mais, même si tu y arrives, rien ne garanti que tu accèderas à la fonction de Vice-président.
- Et pourquoi pas ?
- Parce qu'il faudrait déjà que le Président reconnaisse publiquement que tu es son fils. Chose qui n'arrivera jamais car cela nuirait à son image, déjà qu'elle n'est pas aussi bonne que celle de Rufus. Et ce n'est pas comme si tu avais une quelconque réputation qui te mette en situation de force.
Angus tapa du poing sur sa jambe et Reno faillit s'étouffer avec son soda. Que… Quoi ? Rufus avait un demi-frère ? Mais c'était pour ça qu'il pouvait pas le blairer ! C'était fou ! Il était loin d'imaginer ça !
- Écoute Serris. Le problème que j'ai avec Rufus est plus profond qu'un simple manque de reconnaissance. Il m'humilie, il démonte chacun de mes arguments, il me décourage… Et lui, il est là. Juste… Il est là. Il se pavane, comme s'il ne faisait pas parti du commun des mortels. Comprends-tu ce que j'essaie de te dire ?
- C'est quelque chose que tu devrais régler avec lui, pas avec moi. Et je ne compte pas lui faire de mal non plus. Ne compte pas sur moi. Jamais je ne pourrai lui causer de tort. C'est lui qui m'a sortie de la misère et qui m'a montré que le monde était plus beau que ce que je ne pensais. Il m'a montré un monde où je pouvais exister et construire un futur. Il faudra te passer de moi. Il est mon monde.
- Tu l'aimes à ce point ton chevalier blanc, n'est-ce pas ? Je ne te demande pas de l'attaquer de front, car moi-même je ne m'y risquerai pas. Ce serait suicidaire. Mais il doit avoir un point faible que je ne connais pas, mais tu dois sûrement savoir.
- Désolée, il n'y a rien que je puisse faire pour toi.
Reno joua avec son verre. Il n'était pas le seul à détester Rufus. Mais, il y avait deux employés qui complotaient contre lui. Et il devait avouer qu'il n'aimait pas beaucoup ce qu'il entendait. Même s'il ne faisait pas confiance à Serris, il doutait qu'elle nuise à Rufus. S'il y avait bien un truc sur lequel elle était fiable, c'était bien là-dessus !
- Allons Serris, la moindre chose que tu puisses savoir, même si c'est un détail…
- N'insiste pas Angus, la réponse est non.
- Ah, donc tu t'en fous si je lui raconte qu'on a couché ensemble ? Je me demande comment il te regarderait maintenant… Une petite salope… Si tant est qu'il te témoigne de l'importance…
- Si tant est aussi que tu aies une preuve, sourit Serris. Et comme tu comptes essayer de me faire chanter, je tiens à t'avertir. J'ai fais tous les sacrifices possibles pour en arriver où j'en suis, jusqu'à piétiner ma propre dignité. Tu as grandis dans l'ombre de Rufus, tu as vécu dans une sphère protégée. Je viens des Taudis, ne l'oublie pas. Peu importe le nombre de fois où l'on me traînera dans la boue, je me relèverai toujours. Qu'importe l'image que j'ai, qu'importe la réputation que je me fais. J'ai tout fait pour lui. Exclusivement. Je supporterai tout, pour lui.
- Intéressant tout ça, fit mollement Angus. Mais au fait, je crois savoir qu'une certaine personne semble trop s'intéresser à Rufus également… Est-ce que je me trompe ?
Le rouquin cessa de jouer avec son verre et fronça les sourcils. Apparemment, trop de gens étaient jaloux de la position du blond… Difficile dans ce cas de connaître le nombre de personne… il devait en parler à Tseng. Un problème allait se poser. Un sacré problème !
Il paya la serveuse et sortit du café en paraissant le plus détendu possible. Ne pas attirer l'attention, c'était tout ce qui comptait !
Et voilà, chapitre fini ! J'espère qu'il vous aura plu !
N'hésitez pas à me faire part de tout ça en commentaires (ou me faire un coucou, un câlin, un bisous, en respectant les distanciations sociales bien entendu !)
Le prochain chapitre va être un gros morceau, à l'heure où je vous parle, je l'ai à peine commencé XD Mais patience ! Il arrive !
Sur ce, prenez soin de vous et de vos proches. Restez chez vous et courage ! FIGHT OFF COVID-19 !
