CHAPITRE 23

OOC : Bonjour à tous. Voici un nouveau chapitre. J'espère qu'il vous plaira. N'hésitez pas à laisser des reviews. Ça fait toujours plaisir.

« …Décrivez-moi vos symptômes. »

Même si Nickel avait une chaise à sa disposition, elle préféra s'installer sur le bureau mis en place pour les consultations, afin d'être à hauteur de sa patiente.

La dénommée Borealis murmura quelques mots inaudibles. Nickel fronça les sourcils, essayant de déchiffrer ce qu'elle disait étant donné qu'elle ne pouvait pas lire sur ses lèvres.

Le silence tomba. Un certain malaise envahissait la Minicon au fur et à mesure qu'elle regardait sa patiente, qu'elle essayait tant bien que mal de camoufler.

Sur Prion…il n'y avait pas ce genre de chose…

Au bout d'un temps, comme Borealis ne parlait plus, Nickel décida de ressortir le dossier et de l'analyser à voix haute.

Plus vite cela sera fait, plus vite elle aura fini.

« Vous avez dit que vous ressentiez des douleurs dans tout votre corps. Pourriez-vous me les décrire ? »

Borealis sursauta. Nickel n'ajouta rien et la laissa s'exprimer.

La réponse qu'elle reçut fut inattendue :

- …Ce n'était rien.

- Sur une échelle de 1 à 10, comment situeriez-vous vos douleurs ?

- Ce n'était rien.

- Est-ce que c'est dans tout votre corps ou est-ce localisé à ces zones particulières ?

- Je vais mieux, déclara la patiente piteusement.

Nickel abaissa son dossier pour la contempler davantage.

Comment devait-elle se sentir à l'heure actuelle ? Vivait-elle avec cela tous les jours ?

- Vous avez demandé à être examinée, lui rappela Nickel sur un ton qu'elle gardait professionnel. Si ce n'était rien, vous ne seriez pas ici.

- C'était un caprice de ma part. J'ai un peu exagéré et extrapolé les choses. Je vais beaucoup mieux. Je ne vais pas vous faire perdre votre temps.

Borealis se leva. Nickel se redressa et la coupa dans son geste, d'un ton ferme :

- C'est à moi de décider. Vous souffrez peut-être d'un défaut dans votre mécanique. Je préfère m'en assurer.

- Je vous répète que—

- Et moi, je vous dis que je ne vous laisserai pas retourner chez vous tant que je ne vous aurai pas examinée.

Face à un patient, il fallait toujours lui rappeler sa position et qu'en tant que medic, elle était là pour l'aider. Pas pour obéir à ses souhaits.

Borealis se rassit quand bien même Nickel entendit un léger soupir venant de sa part. La Minicon reprit son dossier.

- Quand aviez-vous commencé à ressentir ces douleurs ?

- …La veille.

- Dans quelles circonstances ?

- Je…travaillais.

- Que faites-vous comme travail ?

- Je suis menuisière. Je construis.

- Vous êtes constructicon ?

Borealis tressaillit. Nickel la toisa. Quand bien même elle ne portait aucun badge, elle savait qu'elle était Decepticon. Son instinct le lui disait.

- …Je ne suis pas là pour juger votre faction, la rassura-t-elle, quand bien même elle ne la jugeait pas du tout et s'identifiait à elle comme membre de la faction. Je suis seulement là pour vous soigner.

- Non, je ne suis pas constructicon.

- Je m'en doutais. Vous n'avez pas le mode véhicule adéquat.

Elle était beaucoup trop menue pour posséder un tel mode véhicule. Nickel avait étudié sur les constructicons lors de la dernière conférence. Sans ces connaissances, elle n'aurait pas insisté davantage.

- Juste…menuisière. Je construis des choses durant mon temps libre, mais pas des bâtiments. Des tables, des chaises…ce genre de chose.

Borealis parlait avec une tonalité très calme et très lente. Elle paraissait très fatiguée, exténuée.

- …Et ça vous a pris comme ça ? Dans tout le corps ? la questionna Nickel.

- Non…enfin. Si. Mais ce n'est rien, je vous assure.

- La douleur était forte ? Intense ?

Elle reposa sa question qui constituait à situer la douleur sur une échelle de 1 à 10. Borealis détourna la tête.

- …Quatre.

- Vous êtes sûre ?

- Oui. Quatre…

Quelque chose lui disait qu'elle ne disait pas la vérité. Mais Nickel ne commenta rien. Elle lui redemanda si la douleur était plus vive sur certaines zones.

- …Les bras…le visage…le châssis aussi.

- A cause de—commença Nickel.

- Non.

Cela aurait pu être une explication.

Nickel relut le dossier. Elle prit une inspiration avant de se tourner vers Borealis.

- Je vais vous garder en observation pour la nuit.

- Non. Je dois rentrer. J'ai du travail…

- ça attendra.

- Non. C'est très important, insista Borealis. S'il vous plait.

Nickel leva les bras, la dissuadant d'insister.

- Sans ce travail, je ne peux pas gagner mes Shanix. Il faut que je vive…

- Ecoutez, si vous ne vous soignez pas, vous reviendrez ici deux jours plus tard avec des douleurs encore plus vives.

La medic marqua une pause.

- Et je ne vais pas vous laisser rentrer chez vous dans un tel état.

- S'il vous plait-

Son ton…

On aurait dit qu'elle était au bout du rouleau…

- N'insistez pas, lui rétorqua sévèrement Nickel. Même si vous adorez votre métier, la santé est encore plus importante. Compris ?

- Mais je—

- Il n'y a pas de « mais je ». On prendra soin de vous. Je reviendrai vous voir demain.

Borealis se recroquevilla.

Elle savait déjà se faire obéir par la DJD. Elle ne se ferait pas désobéir par quelqu'un d'autre.

Elle appela un infirmier par communication. Borealis laissa les bras pendre le long du corps. Nickel la contempla avant de soupirer.

- Vous avez des amis ? Pour prendre le relais dans votre travail ?

- …De la famille.

- Bien. Contactez-les pour qu'ils vous remplacent. Vous ne bougerez pas d'ici cette nuit.

L'infirmier entra dans la pièce. Nickel lui donna les directives à suivre avant de s'adresser à la patiente, sur un ton plus calme cette fois.

- Reposez-vous. Je viendrai vous rendre visite demain.

- …Promis ?

Nickel approuva.

- Promis.


« J'avais l'air ridicule » bredouilla Velocity, appuyée contre le mur de la cafétéria, les bras croisés, recroquevillée sur elle-même. « Je n'arrêtais pas de bégayer, de m'excuser surtout quand j'ignorais la cause de leurs maux. »

Nickel l'écoutait d'un audio, touillant son cube d'energon.

- Je te jure, j'étais incapable d'établir un diagnostic solide. Je n'arrêtais pas de répéter qu'ils devraient rester pour subir des examens complémentaires.

- Je suis tombée sur des cas aussi.

La Minicon s'accouda sur la table, pensive.

- Pareil pour moi. Je n'ai pas réussi à établir un diagnostic pour une patiente.

- Ah oui ? Tu souhaites en parler ? l'interrogea Velocity, curieuse.

Nickel lui raconta brièvement le cas de Borealis. Velocity se prit le menton, pensive.

- Alors, là…Je sèche. J'avoue.

- Tu n'es pas la seule.

- Désolée de ne pas t'être davantage utile.

- De toute façon, j'ai l'impression qu'elle ne me dit pas toute la vérité sur ses douleurs.

Tant qu'elle n'aura pas donné de détails, je ne pourrai pas l'aider.

Et puis, il y a—

Nickel se garda de révéler ce détail à Velocity. Pas parce qu'elle ne lui faisait pas confiance, mais parce qu'elle était tenue au secret professionnel.

- Au moins, tu as seulement un patient dont tu as à élucider le cas, sourit Velocity. Moi j'en ai une dizaine. Je dois établir leur diagnostic avant la fin de la semaine.

- On se croirait presque dans la série Stormwalker et Telissea.

- Tu regardes, toi aussi ?

Nickel reposa son cube, la considérant avec intérêt.

- J'adore.

- C'était la série que je visionnais durant mes études ! Avec mon amie Nautica.

- On se couchait à pas d'heure avec Atone pour finir les saisons.

- Nautica n'accrochait pas trop au début mais elle a fini par apprécier.

- Mon ami…

Elle ne finit pas sa phrase.

- …Ton ami ? répéta Velocity, l'invitant à poursuivre.

- J'ai un ami que j'ai corrompu. Je l'ai incité à visionner les premiers épisodes et il a fini par aimer aussi. Au point qu'il les regardait en cachette.

- Excellent !

Velocity s'extasia. Elle commanda un nouveau cube et Nickel l'imita. Elle était impatiente de poursuivre la conversation sur un de ses sujets préférés.

Alors qu'elles discutaient, elles virent passer Knockout. Il était au bras d'un robot beaucoup plus imposant, au châssis bleu sombre et au visage orangé.

- Son Conjunx…lui souffla Velocity.

- Intéressant.

Nickel essaya de ne rien ressentir par rapport à cela.

- Plutôt beau à regarder. Mais pas mon genre.

- Ah oui ?

- Hmm…j'ai plutôt un faible pour les personnes énergiques…ou douces. Selon.

- C'est vague. Comme critère, on a connu mieux.

Velocity se retourna vers elle.

Son visage affichait une expression apologétique et honteuse.

- Je suis désolée.

- Par rapport à quoi ?

- Tu m'as dit pour ta copine et…j'ai fait preuve d'insensibilité.

Nickel secoua la tête.

Il n'y a pas de mal.

- Cela ne me dérange pas d'en parler. Tu as ta vie, toi aussi.

Nickel reprit une gorgée.

- …Tu penses pouvoir un jour te lier à nouveau ? l'interrogea doucement Velocity.

- Non.

Pour elle, cette idée était inconcevable.

Velocity approuva du chef, sans chercher à creuser sur le sujet, avant de trinquer avec son cube.

- Energique, douce, optimiste…je crois que ce sont mes critères, poursuivit Velocity.

- Intéressant.

Nickel fixa son cube d'un air absent.

- Je pourrais te décrire Atone. Comment elle était. Pareil. Vive, déterminée, malicieuse…assez rentre-dedans.

- Je vois.

- Oh. Sa couleur dominante était le violet. J'aime beaucoup la couleur violette, acheva la Minicon en souriant discrètement.


Durant la nuit, Nickel avait effectué des recherches sur la condition de Borealis, ce qui confirma ses doutes. Le lendemain, après les conférences du matin, avant de se rendre au bloc habituel pour commencer les consultations, Nickel se dirigea vers l'accueil. Après avoir insisté pour se faire remarquer, la Minicon demanda au responsable le numéro de chambre de Borealis.

Une fois qu'elle l'eut obtenu, Nickel prit l'ascenseur pour se rendre à l'étage indiqué. Elle se fit bousculer au passage par un infirmier qui ne l'avait pas remarqué et ne s'excusa pas. Nickel lui répondit par un geste grossier avant de continuer son chemin.

Arrivée à la chambre, elle prit le temps de frapper à la porte avant d'activer ses fusées et de composer le code d'ouverture. Quand elle pénétra à l'intérieur, Borealis était allongée sur son lit d'hôpital, immobile.

Rechargeait-elle ? Nickel ne saurait le dire.

« …Borealis. Comment vous sentez-vous ? »

Non. Borealis ne rechargeait pas. Elle tourna la tête dans sa direction.

- …Vous.

- Comment vous sentez-vous ?

- …Mieux qu'hier. Beaucoup mieux.

En effet, sa voix paraissait un peu plus tonique. Mais cela n'indiquait rien sur sa douleur. Quand Nickel lui posa la question, la réponse de Borealis fut immédiate :

- Je ne ressens plus rien.

Non. Cela ne sonnait pas naturel.

C'était comme si elle avait préparé cette réplique. Comme si elle l'avait répété comme pour un numéro au théâtre.

La Minicon s'avança vers elle.

- On va vérifier cela.

- Mais…je ne souhaite pas faire perdre votre temps.

- On va vérifier cela.

Nickel attrapa ses instruments.

Elle donna un léger coup sur ses genoux. Pas de réaction.

Sur sa cheville. Borealis tressaillit.

Puis, son bras droit. Un frisson bien plus important.

Cela fut suffisant.

- Vous mentez, Borealis.

- Je vous dis que je vais mieux.

- Borealis. Vous ne pourrez pas rentrer chez vous tant que je ne saurai pas ce qui se passe.

- Mais il faut. Il faut que je travaille.

Nickel la dévisagea.

Son travail…on aurait dit une question de vie ou de mort pour elle.

- Je vous en prie…Quel est votre nom, déjà ?

- Nickel.

- Mon travail, c'est ce qu'il y a de plus important pour moi.

Elle n'en doutait pas.

- Je comprends ce que vous ressentez, répondit-elle, d'un ton plus compréhensif et plus attentif.

Elle aussi ressentait la même chose.

- Mais vous ne ferez rien de bien tant qu'on ne saura pas ce que vous avez. C'est pour cela que vous devez être honnête avec moi.

- Je le suis déjà.

- Non. Aidez-moi.

Borealis se raidit.

- Est-ce que quelque chose de particulier s'est passé ? Pour ressentir de telles douleurs ?

- …Non.

Encore un mensonge.

Nickel croisa les bras. Dépitée, elle fixa Borealis, se sentant impuissante par rapport à la situation.

- Vous êtes sûre ?

- Oui. Je travaillais et…j'ai tellement eu mal que je me suis effondrée.

Non. Il y avait quelque chose qui ne tournait pas rond. Quelque chose qu'elle cachait.

- Vous avez mentionné hier que vous aviez de la famille.

- C'est exact, répondit la patiente dans un souffle.

- Cela ne vous dérange pas si je les contacte ?

Si elle ne voulait rien dire, peut-être que ses proches, eux, le feront…

- …Ne les contactez pas.

- Pardon ?

- Ne les contactez pas. Ecoutez, on mène une entreprise qui a souffert de la Grande Guerre. C'est tout ce qu'on a. C'est déjà suffisamment dur si je ne suis pas là mais si, en plus, vous les contactez et vous les dérangez…

- Ils peuvent bien trouver du temps pour votre santé, non ? s'exclama Nickel, la réaction de Borealis la prenant totalement au dépourvu.

Borealis se ferma.

Nickel lui posa une nouvelle question. Mais la patiente resta murée dans le silence.

- …Très bien.

La Minicon tourna les talons et quitta la chambre.

Si Borealis ne voulait pas s'aider, ses proches l'aideraient. Nickel se moquait bien du reste. Elle était medic. C'était son rôle d'y voir plus clair.

Alors qu'elle traversait les couloirs pour rejoindre ses confrères, l'un des medics de l'hôpital de Presidium s'approchait d'elle. Il s'agissait d'un robot assez âgé, aux couleurs noir et rose pâle. D'un signe de tête, il prit Nickel à partie.

- Quoi ?

- Je vous ai aperçue dans la chambre AXWJQ7899. A mon avis, vous perdez votre temps avec cette patiente.

Nickel fronça les sourcils, incrédule.

- Pourquoi ?

- Ce n'est pas la première fois qu'on la voie à l'hôpital. Elle était déjà venue pour des douleurs à la tête, au spark, pour des soi-disant pertes de vision…mais les scanners n'ont jamais rien détecté.

- Qu'est-ce que cela veut dire ?

- Elle fait du cinéma. Tout simplement.

Malgré elle, Nickel jeta un coup d'œil en direction de la chambre de Borealis.

- Pourquoi ferait-elle du cinéma ? Les douleurs paraissent bien réelles, de ce que j'ai pu voir.

- Pour se faire remarquer. Pour attirer l'attention. Pour ne pas travailler. Vous avez bien vu qu'elle—

- Oui.

- Les gens comme elle veulent toujours attirer l'attention. Vous perdez votre temps avec elle, répéta-t-il.

Si ce qu'il disait était vrai, elle n'avait pas grand-chose d'autre à faire que de renvoyer Borealis chez elle.

Elle qui souhaitait travailler, qui insistait pour rentrer chez elle…cela ne correspondait pas avec la description de son confrère.

Il s'agissait sûrement d'autre chose. Non. Quelque chose n'était pas clair dans cette histoire. Loin de là.

- Je vais quand même contacter ses proches.

- Ils diront la même chose que moi.

Un patient l'appela. Le medic s'interrompit pour se rendre dans l'une des chambres.

Nickel resta seule. Pensive, elle s'orienta vers le coffre-fort où étaient conservés les Pads. Dedans, les dossiers de chaque patient.

Si elle pouvait accéder à son dossier complet, aux antécédents et aux coordonnées de ses proches, peut-être cela l'éclaircirait davantage.


« Cela te plaît de me parler tous les jours, non ? »

Le message du forum lui fut notifié alors même que le leader de la DJD lisait le Décret de Tarn sur son Pad.

Tarn répondit dans le bandeau.

« Ne prends pas tes aises. Il s'agit seulement d'une distraction. »

MegaGigaTron ne tarda pas à lui écrire.

« Si tu n'es pas Megatron, cela ne m'intéresse pas. Saurais-tu où il se trouve ? »

A nouveau, l'agacement et la jalousie se mirent à envahir le processeur de Tarn. Néanmoins, il n'extériorisa pas ses émotions dans l'écriture et se contenta de répondre par la négative, de manière ferme et définitive.

Il devait déchiffrer ce Décret qui n'avait aucun sens. Tout en lisant, il entama un cube entier de haute-qualité.

Les Messagers prendront les armes dès lors que l'Administration Decepticon tombera aux mains de traîtres.

Plus il le lisait, plus Tarn jugeait que cela avait de moins en moins de sens.

Si le Haut Juge tombe, le traître tombera entre les mains des Messagers.

Le traître sera fondu, lacéré, écartelé, décapité, crucifié à la suite d'un verdict rendu par les milles Messagers qui le déclarera coupable dans un procès équitable.

Milles Messagers…

Pourquoi seulement le Haut Juge ?

Tarn se prit la tête dans les mains. Tarn et la DJD faisaient également partie de l'Administration Decepticon. Bien sûr, Megatron souhaiterait préserver la position du Haut Juge en détaillant les représailles dans son Décret…poste en carton ou non, il s'agissait d'un poste important. Même si Crosscut était incompétent et inutile, il devait être intouchable.

Mais dans ce cas…Pourquoi ne pas prévoir les mêmes représailles pour la DJD ? S'ils devaient tomber un jour, Megatron ne devrait-il pas coucher le même châtiment pour leur tueur ?

Non…La DJD serait simplement remplacée. Un autre Tarn, un autre Kaon, un autre Helex…

Le robot masqué se resservit un autre cube avant de l'entamer. Tarn repensa aux T-cogs que lui avait promis Crosscut…il chassa cette pensée de son processeur.

Il devait se concentrer.

Quelque chose ne correspondait pas…Il ne savait pas quoi, mais il devait le dénicher.

MegaGigaTron lui renvoya un message.

« Pourquoi te connecter si tu es occupé ? »

Tarn plissa les optiques.

Il ne pouvait pas le voir depuis son écran…n'est-ce pas ? Il n'avait pas activé sa caméra vidéo. Non. C'était impossible.

VerslaPaix répondit sans plus attendre.

« Qu'est-ce qui te fait croire que je suis occupé ? »

« Tu mets trop longtemps à répondre. »

Tarn retint un ricanement dédaigneux.

« J'ai une vie en-dehors de toi. »

Il était sur le point de se déconnecter du forum quand une idée lui traversa l'esprit. Il se mit à rédiger un message plutôt long par rapport aux autres échangés avec l'utilisateur.

« Saurais-tu qui sont les Messagers ? Puisque tu es un tel admirateur de Megatron, tu dois sûrement déjà connaître tout de lui et de ses plans. »

MegaGigaTron lut le message.

Tarn le vit écrire.

Une minute passa…deux minutes…trois minutes…

C'était beaucoup trop long. Surtout pour la réponse finale.

« Tu ne devrais pas me sous-estimer. Je ne suis pas un simple admirateur de Megatron. Et oui, je connais tout de lui et de ses plans. »

En apparence, Tarn n'exprima rien. Mais à l'intérieur, la jalousie et la colère s'accentuèrent.

« Mais j'ignore qui sont les Messagers. Ce nom ne me dit rien. »

Ben voyons. Lui qui prétendait tout connaître de Megatron et de ses plans…

Que de la parlote, pensa Tarn en se massant les optiques.

Si ça se trouve, cet utilisateur ne savait rien. Et plus que tout, cet utilisateur n'était rien.

Tarn se déconnecta. Il avait assez perdu de temps comme ça.

« Tarn ? »

Tarn se retourna. Helex l'interpella.

- On est en approche de Clemency.

- Et Fulcrum ? lui demanda son commandant.

- Kaon a également détecté d'autres signatures énergétiques. Sept au total.

- Cela ne m'étonne pas.

Les Scavengers.

Ils étaient classés comme étant les « six pires Decepticons » de toute l'histoire. Krok, Spinister, Fulcrum, Misfire, Crankcase, Flywheels. Et apparemment, un septième les avait rejoints.

Pour des raisons que Tarn ne comprendrait jamais, ils avaient survécu tandis que tant d'autres étaient morts durant la guerre. Comment ? Le robot masqué ne le saurait pas.

Bien sûr, les Scavengers restaient toujours ensemble. Tarn avait déjà prévu ce scénario.

- Que fait-on ?

- …Entre en communication avec eux.

Autant se faire plaisir, non ?

Les autres les avaient déjà rejoints. Eux aussi étaient impatients de mettre la main sur leur prochaine cible. Helex mit en place la connexion et Tarn attendit que la sonnerie prenne fin.

Le silence tomba. Tarn pressa sur le bouton de son châssis.

The Empyrean Suite démarra.

Le contact était établi.

La DJD ne contactait que ceux qui travaillaient pour leur compte. Quand il s'agissait de quelqu'un d'autre, cela signifiait qu'une personne allait mourir prochainement.

Pas seulement la mort, mais la torture aussi. Tarn ne le souhaitait à personne, mais il s'agissait de la suite logique des choses.

« Ici la DJD. »

Les Scavengers, à l'autre bout du fil… Il savait qu'ils l'écoutaient avec attention.

« Nous vous apportons des bonnes et des mauvaises nouvelles. »

Il pouvait sentir les différentes émotions depuis son vaisseau.

La stupeur, l'incompréhension, l'incrédulité…

Commençons par la mauvaise. Autant être professionnel.

« La mauvaise nouvelle : l'un d'entre vous a enfreint les règles. Il se reconnaîtra lui-même. »

Puis enfin…La peur, la terreur.

Ces émotions…Tarn les buvait avec plaisir.

« La bonne nouvelle : si vous le livrez, on laissera les six autres regarder pendant qu'on le tuera. »

Enfin, la menace.

« Vous avez quinze minutes pour décider à qui revient votre loyauté. »

La Cause ou leur camarade traître.

Mais Tarn n'avait pas de souci à se faire. Les Scavengers pensaient avant tout à leur survie. Bien sûr qu'ils livreraient leur camarade pour avoir la vie sauve.

Autrement…

Kaon lui adressa un sourire sadique.

- S'ils n'obéissent pas ?

- Quelle question, Kaon.

Il y aura seulement sept victimes au lieu d'une.