CHAPITRE 20 : Course contre la montre.
-D'accord, on va s'y rendre avec August. Je remonte, je me les caille ici. Décida Emma en frottant ses mains l'une contre l'autre pour les réchauffer.
Dans un dernier regard pour le corps, elle fit demi-tour, gardant cette image dans la tête. Elle n'avait pas beaucoup travaillé avec lui, seulement une fois et au début de sa carrière, alors elle ne se sentait pas tellement touché. Mais en voyant le corps, elle avait compris la peur qui commençait à naître et surtout, la peur qui la gagnait pour son amie légiste - assurément potentielle victime. Elle poussa la lourde porte de la chambre froide de la boucherie avant de la refermer, clôturant cette image macabre du corps congelé d'une telle manière que l'on avait l'impression qu'il était en train de prier. Elle se dirigea vers August qui discutait avec le gérant de la boucherie, ralentissant le pas pour le laisser terminer. L'homme la vit et congédia le patron.
-Les caméras ont été coupées pendant vingt minutes donc on a aucun indice. Mais il manque deux hommes. Un, cependant, a prévenu ce matin d'un empêchement. L'autre, pas de nouvelle, il s'appelle Elijah Jones. Noir, costaud, yeux bleus et la quarantaine. Il était censé travailler aujourd'hui pour cinq heures, mais il n'est toujours pas arrivé. Renseigna-t-il alors qu'ils se dirigeaient vers leur voiture.
-Mmh, il faudrait peut-être envoyer quelqu'un chez le gars qui a prévenu. Le tueur à l'air pas mal intelligent et ça pourrait simplement être un alibi. Je préfère négliger aucune piste. T'as l'adresse du gars ? August hocha de la tête tout en la lui donnant et Emma missionna deux officiers pour se rendre chez l'absent. Okay, nous, on va chez Jones. D'après Maura, la scène de crime est moins nette que les autres. Là, il y a une partie qui a été totalement récurée.
-C'est peut-être ça qui a fait fuir Jones. Un truc qui tourne mal et il décide de ne pas rester bosser comme si de rien n'était.
-Je ne sais pas. J'ai un peu de mal à croire qu'il aurait déposé un corps juste là où il travaille. J'ai lu le dossier vite fait, mais il paraît assez arrogant c'est vrai, mais pas à ce point. Tout est huilé, précis.
-Qu'est-ce que tu veux dire ?
-Je veux dire que notre absent à peut être juste dû voir quelque chose qu'il n'aurait pas dû et qu'il est peut être juste victime et pas auteur. Je trouve ça plus logique.
-Ouais, mais tu ne crois pas que ça serait un peu gros ? Je veux dire, Spoutnik a été déposé alors qu'il y avait déjà des gens ici. Mais ça, c'était prévu. De là à réussir à sortir un gars sans que personne ne le remarque et alors qu'il y avait plus de monde qu'à son arrivée, ça me paraît un peu gros. Et puis, s'il avait vu quelque chose, le tueur l'aurait liquidé sur place et on l'aurait retrouvé dans la chambre.
-Ce gars est intelligent, j'y crois. Et puis non, il n'aurait pas laissé un corps salir sa scène. Ses scènes ont un sens, une signification, alors laisser quelqu'un qui l'aurait surpris aurait simplement pollué sa scène. Ce qu'il fait est net et rigoureux.
-On fait quoi alors ?
-On va quand même vérifier que le gars n'est pas chez lui ou qu'il n'a rien à se reprocher. Donc on essaie de fouiller sa baraque et ensuite, s'il n'y a rien, on réfléchit au profil. Maura doit nous faire un topo. Je vais appeler Regina pour la tenir au courant, la psycho c'est pas trop son truc, mais l'instinct de survie si. Elle pourra y réfléchir aussi. Décida Emma en attrapant son téléphone.
-On arrive dans deux minutes. Prévint le brun.
-Je fais un topo par message et je l'appelle juste après alors. Conclu la blonde, préférant éliminer cette piste en laquelle elle ne croyait absolument pas le plus vite possible.
Tapant rapidement son message, essayant d'être la plus concise possible et de se souvenir de ce que Maura lui avait expliqué - même si elle se doutait parfaitement que la légiste avait dû faire son propre rapport auprès de Regina - elle envoya finalement son message en lui disant qu'elle l'appellerait une fois sa visite terminée. Sortant de la voiture, la blonde rejoignit son collègue qui montait déjà les marches typique de Boston pour aller sonner chez leur suspect numéro un. Emma vérifia l'adresse sur la boîte aux lettres et jeta un œil aux alentours pour comprendre l'environnement dans lequel vivait l'homme. Si elle se trompait, elle savait que tout ce qu'elle voyait maintenant pourrait être primordial pour la suite. Elle adorait ça. Avoir son cerveau pratiquement ébullition tant il traitait d'informations à la fois, à la recherche du coupable, du moindre petit indice. Elle s'était souvent dite que cela faisait très "film", mais c'était vrai. Elle adorait avoir l'impression de traquer une personne pour un crime qu'elle avait commis, détruisant chaque énigme et secret petit à petit pour se retrouver face à cet individu qui, durant un instant, avait fait carburer son cerveau et monter l'adrénaline en elle, la rendant plus vivante et excitée. Adrénaline qu'elle allait très vite partager avec sa compagne qui se trouvait de l'autre côté de la ville.
OoO
Le souffle court, Regina sentit son corps se réveiller petit à petit et une douleur lancinante dans le bas de sa nuque lui lancer subitement. Décidant de garder les yeux fermés encore un peu, elle tourna sa tête pour essayer d'étirer son cou qui lui faisait mal. Mais sa tête tomba dans le vide et elle sentit enfin le froid piquer ses pieds. Surprise, elle ouvrit brusquement les yeux et redressa vivement sa tête, sursautant presque en sentant le vide et la différence température. Elle plissa des yeux, éblouie par la lumière pourtant faible et regarda autour d'elle. Tentant de s'asseoir, la brune percuta enfin ce qu'elle n'avait pas encore compris. Elle était attachée. Son cœur se mit à battre la chamade tandis qu'une boule se formait au creux de sa gorge. Elle tenta de tirer sur les chaînes qui entravaient ses mains derrière son dos, mais rien à faire. Elle tenta de retenir un sanglot alors qu'elle se souvenait de la dernière personne qu'elle avait vu. Elle tenta de pousser ses pieds contre le mur afin de faire tomber l'étagère sur laquelle elle était enchaînée, en hauteur, mais rien à faire. Terrifiée, elle resta sur la pointe des pieds dans une tentative inutile de ne plus sentir le froid la prendre. L'homme lui avait retiré ses chaussures et chaussettes qu'elle portait auparavant. Sûrement pour accélérer la mise en hypothermie, se dit-elle. A cette pensée, elle ne put retenir le sanglot qui lui broyait la trachée et laissa sortir sa peur.
OoO
Sortant de chez Elijah Jones, Emma et August se dirigèrent rapidement vers la voiture, le visage crispé. La femme de l'homme ne leur avait été d'aucune utilité si ce n'est le fait de conforter Emma dans sa certitude que l'homme était innocent. Trente-huit ans, père d'une petite fille de trois ans, tout à fait normal. Vivant sa petite vie tranquillement pour sa famille et tentant de joindre les deux bouts en travaillant le jour en tant que boucher et la nuit, en tant que videur, faisant en sorte de toujours garder une place immense pour sa famille. Ce n'était pas un saint qui parcourait les œuvres de charité pour faire le bien, mais il était quelqu'un de bien malgré les frasques de sa jeunesse durant laquelle, il avait eu quelques problèmes avec la justice pour violence et contrefaçon, mais cela faisait des années qu'il n'avait plus rien commis d'illégal. Et dans tous les cas, la description de l'homme ne correspondait absolument pas au profil de l'homme rigide, froid, arrogant et calculateur qu'ils avaient établis.
Alors qu'August démarrait la voiture pour retourner au poste, Emma vérifia ses messages, soupirant en voyage que sa compagne n'avait pas répondu. Elle espérait qu'elle avait vu son rapport, mais n'avait pas pris la peine de lui répondre afin de s'y mettre au plus tôt car Emma voulait des réponses au plus vite et visiblement, vue l'heure à laquelle Maura lui avait envoyé un message pour lui dire qu'elle avait fini, ils arriveraient sensiblement en même temps et donc, aucune recherche n'aurait été commencé. Soufflant, elle décida tout de même de téléphoner à Regina, mais bien sûr, aucune réponse. Elle ravala son agacement croissant, totalement consciente que si Regina n'avait pas son téléphone à portée de vue jamais elle ne le verrait sonner et que ce n'était clairement pas de sa faute. Elle décida d'appeler Suzie, mais celle-ci ne répondit pas non plus, l'agaçant encore plus.
-Calme-toi, on arrive dans deux minutes à peine. Inutile d'appeler tout le poste.
-J'ai aucune envie que l'on perde du temps alors que Maura est peut-être la prochaine sur la liste.
-Oui, mais c'est pas en essayant d'accélérer les choses et en perdant patience pour tout qu'on va avancer. Garde la tête froide, s'il te plaît. En plus, il lui est encore rien arrivé à Maura et elle est sous étroite surveillance. Rassura son meilleur ami, comprenant la peur de la blonde.
Comme prévue, Emma arriva en même temps que Maura et Jane qui lui firent un rapide récapitulatif tout en se rendant vers la morgue. Alors que l'ascenseur descendait, celui fut interrompu par Frankie qui leur demanda de venir voir les vidéos surveillance qu'il avait réussi à récupérer et dépoussiérer. Tous sortirent, conscient que cela n'allait pas durer des heures et suivirent Frankie jusqu'à la salle informatique où se trouvait Korsak, assit devant un ordinateur et tentant de faire fonctionner cet objet de malheur qu'il n'arrivait toujours pas à comprendre.
-Bas les grosses pattes, l'ancien. Tu vas tout casser. Rétorqua Frankie en frappant les mains trapues du vieil homme, le faisant grogner comme un ours alors que tous les autres ricanaient dans leur coin, toujours amusé de voir ces deux là se chamailler quant à leur âge. Tenez, regardez, c'était à quatre heures du matin, devant l'entrepôt. On voit cet homme qui arrive pour décharger la viande, normal quoi. Cela dit, d'après le directeur, les livraisons ne se font pas à cette heure-ci, mais plutôt entre six et huit heures. Et plus d'une heure et demie plus tard, on le voit revenir avec cette caisse qu'il traîne. Expliqua le jeune homme en accélérant la vidéo avant de l'arrêté sur l'homme qui mettait la caisse dans le fourgon.
-Okay, donc on sait à quelle heure il est arrivé et à quelle heure il est part et qu'il travaille pour cette entreprise de livraison. Frankie et August, allez demander la liste des employés et de ceux qui livre de ce côté-là. Vu comment il se tient, il sait parfaitement où se trouve les caméras là-bas, c'est donc clairement pas la première fois qu'il vient. Ordonna Jane.
-Au moins, on sait déjà que ce n'est pas Elijah Jones puisque l'homme sur la vidéo est blanc. Par compte, il y a moyen que ce Jones soit dans cette caisse, justement. Remarqua Emma en s'approchant de l'écran.
-Bien et moi, je vais me rendre chez Spoutnik. La dernière fois qu'il a été vu, c'était dans un bar à côté de chez lui, c'est peut-être le dernier endroit où il a était aussi. Remarqua Korsak en se levant. Mais on se demandait avec Frankie si les victimes ne connaissaient pas l'auteur ?
-Oui. Pour les deux dernières victimes, il n'y a aucun doute. Elles ont étaient enlevées chez elle, mais pourtant, il n'y a aucune trace de lutte. Idem, sur les corps, de ce que tu as dit, Maura.
-Regina m'a envoyé un rapport, il y a deux heures et a trouvé des traces de chloroforme dans leurs poumons, donc ils n'ont peut être juste pas eu le temps de se défendre. D'ailleurs, selon elle, le camion ne sert pas qu'à livrer les corps, mais c'est aussi là qu'ils ont été congelés. Elle m'a envoyé un autre rapport, mais je ne sais pas trop ce que ça signifie alors si c'est important, je vous tiens au courant. Elle m'a aussi dit qu'elle allait tenter de trouver le chemin qu'ils ont suivi puisqu'elle est resté sur l'idée d'une chambre froide mobile. Alors si elle a fini, je vous enverrez l'itinéraire pour que vous puissiez comparer, Frankie et August. Même si ça m'étonnerait, c'est assez long et compliqué ce genre de processus.
-Okay, on se tient au courant. Nous, on descend pour voir ce qu'elles ont et je te tiens au courant pour savoir si je te rejoins ou si tu nous rejoins ailleurs. Décida Jane en sortant de la salle, mettant fin à la réunion.
Elles prirent l'ascenseur et descendirent à la morgue. Sur la route, elles croisèrent justement Suzie qui lui fit un rapide compte rendu toxicologique qui n'était pas bien concluant, puis, enfin, elles allèrent à la morgue. Entrant dans la salle, les trois femmes s'arrêtèrent, surprises par l'état de la pièce. Un plateau d'outil médical était renversé à terre, une fine traînée de sang se trouvait à terre.
-Regina ? REGINA ? Hurla Emma, sentant la panique la gagner, tournant dans la pièce comme si la brune se cachait quelque part.
De son côté, Jane était sortie de la salle pour aller voir les autres qui travaillaient à côté leur criant presque dessus pour leur demander immédiatement ce qu'il s'était passé. La respiration erratique et les larmes aux yeux, Emma aperçut le téléphone de sa compagne où elle vit cinq appels manqués. Elle vit Jane revenir, le visage crispé, suivit de Suzie qui ne comprenait rien. Personne ne comprenait rien. Ou plutôt, personne ne souhaitait comprendre quoique ce soit, ayant trop peur de la signification. Emma essayait de trouver une explication rationnelle à ce désordre et à l'absence de Regina, n'osant pas imaginer ce que tous savait déjà.
-Le rapport que Regina tenait et celui qu'elle m'a envoyé ont été effacé. Remarqua la légiste devant l'ordinateur où quelques heures plus tôt, se trouvait la légiste en herbe.
De rage, de peur, Emma ne put se contenir plus longtemps et donna un coup de poing dans la table devant elle.
OoO
De son côté, Regina avait réussi à se calmer. Tentant de paniquer le moins possible pour ne pas perdre d'énergie inutilement, elle essayait de trouver un moyen de se détacher afin de ne pas rester immobile plus longtemps car elle commençait déjà à subir les conséquences du froid. Elle ne sentait déjà plus ses pieds, ses yeux avaient envie de se fermer contre son gré et elle avait l'impression que ses bras allait se décrocher... Se décrocher ... Une idée lui vint en tête. Reprenant appui contre le mur en face d'elle, elle cala ses pieds et appuya tout son corps contre la barre en fer pour la faire céder sous son poids. Ce n'était qu'une petite étagère métallique assemblée, elle devrait céder. Elle devait céder. Ayant un peu de moue avec ses chaînes, elle commença à tirer ses bras vers le bas pour faire céder la barre, ignorant l'horrible douleur qu'elle ressentait dans ses poignets qu'elle mutilait. Elle lâcha un cri lorsque ses pieds glissèrent, la surprenant. Mais reprenant son souffle bien vite, elle se remit en position, et plus fort, avec plus de puissance, elle appuya contre cette barre avec le sentiment qu'elle était plus invincible que ce métal. Et soudain, la barre qui l'entravait céda et la brune s'écroula à terre. Les yeux fermés, elle s'accorda quelques secondes de répit - partiellement soulagée - avant de hurler de terreur en voyant un homme allongé devant elle. Elle recula précipitamment, se claquant la tête contre l'étagère et réveillant la douleur qu'elle avait occultée les dernières minutes et éclata en sanglots, terrorisée. Terrorisée, certes, mais décidé à s'en sortir et à mettre tous les chances de son côté. Elle était persuadée qu'Emma la retrouverait. C'était la meilleure flic qu'elle connaisse. C'était son amour. Elle la retrouverait toujours et comprendrait vite ce qu'il s'était passé vu le désordre qu'elle avait pris soin de mettre dans la salle d'autopsie et les rapports qu'elle avait envoyés petit à petit, bénissant d'avoir était plus que rigoureuse dans son travail. Elle ne savait pas si l'homme était fiché, mais si c'était le cas, cela irait encore plus vite puisqu'elle l'avait coupé et mordu à sang, laissant éclater un filet de sang dans la pièce. Même s'il prenait le temps de nettoyer, les scientifiques trouveraient des traces d'ADN.
Revigorée par cet espoir, la brune rampa difficilement le long de l'étagère pour atteindre les pieds de celle-ci à un mètre d'elle. Elle poussa la barre qui l'entravait contre les pieds, essayant de la faire glisser entre ses liens. Au bout de plusieurs minutes, la barre glissa enfin et sans attendre plus longtemps, Regina ramena ses deux mains devant elle pour masser ses poignets douloureux et étira ses épaules qui étaient engourdies. Elle essaya de retirer la chaîne toujours coincée sur sa main gauche, mais elle était bien trop serrée alors elle se contenta de l'enrouler autour de son poignet afin de ne pas être embêté et elle rampa vers l'homme pour s'assurer qu'il était vivant. Il n'était vêtu que d'un tee-shirt blanc et d'un jogging noir. Elle s'approcha et essaya de trouver son pouls, mais en vain. Essuyant ses larmes du revers de sa main, elle le secoua un peu avant de frissonner brusquement en sentant la rigidité cadavérique totale de l'homme. Elle le retourna pour écouter son cœur et retint un cri à défaut de ses larmes et de sa peur en voyant le torse de l'homme tâché de sang. Elle vérifia pour ne pas avoir de doute, mais c'était trop tard. L'homme était déjà mort. Paniquant totalement, elle se leva et se dirigea vers le fond de la chambre qui ne pouvait être que l'ouverture - titubant - et se mit à frapper et crier désespérément à l'aide ignorant la voix qui lui disait que cela était tout à fait inutile. Le souffle lui manqua brusquement, elle était au bord de la crise de panique, incapable de se calmer, terrifiée, elle finit par s'écrouler à terre, le front contre la surface glacée de la lourde porte.
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-Putain, comment c'est possible qu'elle ait pu être enlevée sans qu'aucune personne dans tout le poste de police ne remarque rien ? Hurla Emma dans la salle de réunion, totalement hors d'elle et paniqué.
Après avoir établi la disparition de sa compagne, scientifiques et policiers avaient été immédiatement appelés à la morgue afin de récolter le maximum d'indice et de témoignage. Mais bien sûr, personne n'était au courant de rien. C'était comme si rien ne s'était passé. Pour dire vrai, certains policiers avaient même avoué ne pas savoir que la brune était dans les locaux. Cela dit, le savoir n'aurait absolument rien changé.
-Emma, calme-toi. On va la retrouver, il ...
-Ouais, mais ça ne me tente pas de la retrouver morte. Parce qu'en plus, je suis pratiquement certaine qu'il a cru que c'était Maura. Alors quand il se rendra compte que c'est pas elle, je ne donne pas chère de sa peau. Comment ce con a pu vous confondre ? Je pensais qu'il était intelligent ? Il aurait dû t'étudier avant de t'enlever et à part vos fringues, on peut pas dire que vous vous ressemblez vraiment. Eructa la blonde contre la légiste.
-Stop, Emma. Ça suffit. J'ai accepté que tu restes, mais si tu continues, je te dégage du poste coup de pieds au cul ou je te fous dans une cellule pour être sûr que tu ne vas pas faire de conneries toute seule. T'arriveras pas à être utile si tu penses comme ça. Tu dois réfléchir comme si Regina était une victime comme une autre. J'accepte que tu restes sur cette enquête même si tu es super impliquée, mais si tu ne gères pas tes émotions, je ne me ferais aucun souci à t'en exclure aussi. S'emportant à son tour Jane.
-C'est facile à dire. Bougonna la blonde, consciente qu'elle devait se calmer.
-Mais je sais ce que c'est, j'ai vécu la même chose quand Maura avait été enlevée. Mais faut garder la tête froide, parce qu'elle a que nous pour la sauver. Alors tu vas te calmer ? La blonde hocha des épaules, boudeuse. Bien. Maura, tu retournes en bas et tu essaies de trouver tout ce que vous avez et ce que Regina aurait pu découvrir. Frankie est en bas pour essayer de récupérer les fichiers supprimés. August et toi, vous vérifiez les noms des salariés de l'entreprise de livraison et vous vous attardez sur ceux qui ont fait plusieurs livraisons à la boucherie. Je rejoins Korsak, moi.
-Si ... Si personne n'a rien vu, c'est peut être parce qu'ils sont sortis par l'entrée de la morgue, là où les croque-morts déposent les corps. Supposa la blonde, légèrement calmée.
-Tu as raison. Accepta Jane en écarquillant des yeux. Okay, faites ça, avec Korsak on s'occupe d'essayer de récupérer des vidéos surveillance de la rue qui pourraient être susceptible d'avoir vu un truc puisque cette partie-là du poste n'est pas surveillée.
Aussitôt, tous se séparèrent pour mener sa tâche, une pression immense sur les épaules. Jane se montrait forte et implacable, ne connaissant pas vraiment Regina, mais elle était terrifiée. Terrifiée, parce qu'elle savait que si Emma venait à perdre la brune, dans ces conditions, elle perdrait sa petite sœur de cœur et ça, elle s'y refusait. Toute cette histoire était devenue une histoire personnelle.
Tandis que Jane et Korsak partaient à la quête d'une vidéo utile prouvant que Regina avait bel et bien était enlevée, Emma et August prirent sur eux pour rester tranquille et étudier cette paperasse. Concentrée, Emma suivait du doigt les noms qu'elle rentrait dans la base de données à la recherche d'information sur ces travailleurs, citant à voix haute nom et prénom chaque fois qu'elle changeait d'individu, espérant qu'à un moment, August aurait un nom similaire sur sa feuille.
Deux heures étaient passées, les deux arrivaient à la fin de la feuille et n'avaient rien trouvé.
-Je ne comprends pas. Souffla la blonde en se levant, les sourcils froncés.
-Qu'est-ce que tu ne comprends pas ? Demanda l'homme qui attaquait le dernier prénom de sa liste. Emma ? Emma ? Appela-t-il en la voyant passer dans l'autre pièce.
-Ce gars, aucun de ceux que j'ai vu n'a la même tête que celui sur cette vidéo. Remarqua la blonde en repassant la vidéo qui était sur pause. Elle tenta de zoomer, mais la qualité n'était déjà pas idéale, alors maintenant, l'homme ne ressemblait plus qu'à d'immenses gros points noirs.
-En même temps, avec sa casquette et son dos, difficile de reconnaître qui que ce soit. Répondit son ami de manière sarcastique se prenant un regard noir de la part d'Emma. Tu te sens bien ?
-À merveille. La femme que j'aime s'est fait enlever par un taré psychopathe qui congèle des corps avant de les déposer ici et là et tout est de ma faute, mais ça va.
-C'est pas de ta faute, enfin.
-Si j'avais pas eu aussi envie d'être sur cette saleté d'enquête, on serait ensemble. Elle n'aurait pas accepté d'écourter notre superbe semaine et elle ne se serait pas retrouvé à la terminer en bosser pour nous.
-Ce n'est pas de ta faute, princesse. Affirma une nouvelle fois August. Et elle était d'accord pour que tu viennes ici, elle voulait aider et jamais on aurait pu deviner que ce gars allé l'enlever. D'ailleurs, on est même pas vraiment sûre qu'il lui soit arrivé quelque chose. Argua August avec mauvaise foi. Ne t'en veux pas.
-Vous avez du nouveau ? Demanda Vince Korsak en entrant dans la pièce, suivit de Jane.
-Non. Aucun nom n'est susceptible d'être suspect. Il n'y a que deux personnes qui faisait le trajet jusqu'à cette boucherie. Un homme et une femme. On oublie la femme.
-Vous avez trouvé quelque chose ? Demanda August.
-Oui. On a de la chance, je crois. Répondit simplement Jane, tendue. Elle s'avança vers l'ordinateur et brancha la clef USB sur la tour. Euh, tu me promets de rester calme. Se risqua à demander le lieutenant en se raclant la gorge.
Comme pour certifier son calme, Emma respira un coup avant de s'asseoir en tailleur sur une table et de faire glisser ses mains devant elle, de la tête à ses genoux, comme si elle s'apprêtait à méditer.
Ignorant la provocation évidente de son amie, Jane mis en route la vidéo, l'avançant un petit peu. Bientôt, ils aperçurent un homme sortir de l'entrée. L'angle était mauvais, presque invisible, et tout se percevait à travers une vitre. Emma se redressa vivement en observant l'homme en costume qui portait une femme dans ses bras. Emma n'avait aucun doute : c'était Regina. Sa Regina, évanouie dans les bras de cette ordure. Elle déglutit difficilement et refoula tant qu'elle put la nausée qui la prit à la gorge, se concentrant finalement et pour de vrai, sur sa respiration. Elle vit l'individu jeter négligemment le corps dans une petite voiture jaune, une Peugeot visiblement.
-On peut zoomer pour lire la plaque ? Demanda August, essayant de poursuivre maintenant que tout était plus que réel.
Au lieu de répondre, Jane se pencha pour zoomer sous les yeux des trois autres. N'en pouvant plus, Emma sortit de la pièce en voyant - comme elle s'en doutait - que zoomer dégradait trop l'image pour voir quoique ce soit.
OoO
-... métacarpes, fémur, cubitus, radius. Récitait Regina pour se calmer.
Alors qu'elle faisait une crise d'angoisse, Katherine l'avait aidé à se reconcentrer en récitant les os qu'elle était censée apprendre pour ses études. Depuis, dès qu'elle se sentait en proie à des pensées trop accablante pour elle, Regina récitait tous les os du corps humain jusqu'à se sentir plus calme. Alors, au milieu de cette pièce froide, elle récitait les os en se dandinant d'un pied à l'autre pour se réchauffer, serrant ses bras autour de son corps qu'elle frottait pour se réchauffer. Elle avait tenté d'ouvrir la porte, mais en plus du fait que celle-ci ne s'ouvrait que par l'extérieur, elle était bien trop scellée et lourde pour laisser quoique ce soit passer. Alors, Regina avait abandonnée cette idée voulant économiser ses forces. Tout ce qu'il fallait, c'était qu'elle ne cesse pas de bouger, qu'elle ne laisse pas son corps se refroidir trop vite et surtout, qu'elle n'abandonne pas. Et Emma la retrouverait à temps et elle irait bien.
-Cela dit, avec la poisse que j'ai aujourd'hui ... Sous-entendit-elle en marmonnant doucement, passant une main dans ses cheveux qui commençaient à devenir rigide à cause du froid. Ne pense pas au pire, s'il te plaît. Fit-elle à voix haute en fermant les yeux ... A moins qu'elle ne l'avait dit dans sa tête. Elle commençait déjà à se sentir engourdie.
OoO
-Comment ça se fait que vous ne réussis pas à récupérer ce petit fichier ? Demanda Emma, impatiente.
-C'était juste un fichier comme ça. Regina ne devait pas savoir qu'elle pouvait les enregistrer sur la base de donnée puisque ce n'est pas son métier et moi, je suis pas professionnel.
-Alors on a qu'à demander à quelqu'un de meilleur que toi ! Répliqua la blonde en rejetant l'appel inconnu qu'elle venait de recevoir.
-J'ai déjà envoyé une demande pour avoir un expert, mais le temps qu'il arrive ... Enfin, tu les connais. Marmonna le plus jeune Rizzoli, embarrassé de ne pas être utile.
-Toujours est-il que je pense que Regina a quand même réussi à établir le chemin avec les résidus dans les poumons. Je pense qu'elle avait fini lorsqu'elle m'a envoyé le rapport et que c'est ça la partie que je ne comprends pas. Suzie est en train de vérifier, mais il semblerait que ce qu'elle a trouvé soit toxique donc je me dis que le camion doit tourner autour d'une usine ou d'un endroit toxique. Mais il y a toute une série de chiffres que j'ai essayé de déchiffrer, que j'essaye de déchiffrer, mais sans succès. Expliqua Maura en tendant le dossier à Emma. Tu la connais bien, peut-être que tu sais ce qu'elle voulait dire par là ?
-C'est peut-être des coordonnées géographiques ? Tenta Emma.
-J'y ai pensé, mais ça ne fonctionne. Mais je suis persuadé que ça a une importance. Renchéris la légiste alors qu'Emma s'appuyait contre le mur essayant de réfléchir - en vain - à ce que sa compagne avait bien pu vouloir dire.
-Tu as autre chose, Maura ? Demanda Jane.
-Oui, enfin ... C'est une supposition. Je ne fait pas ça d'habitude, mais ça paraît logique et ... C'est pas mon métier de faire ça, mais en même temps ...
-Maura ! S'il te plaît, pour une fois oublies ta morale et fait nous part de ce que tu penses. On n'a pas le temps d'essayer de trouver ce que tu sais déjà. Réprimanda Jane face au comportement de sa fiancée qui ne l'amusait absolument pas aujourd'hui.
-Mmh, oui, okay. Fit la blonde en se raclant la gorge et en tordant ses doigts tant faire ça la mettait mal à l'aise. La seconde victime a été blessée durant son enlèvement et je pense que son agresseur l'a soigné. Il l'a recousu. En général, on trouve partout du fil double zéro, seulement, là, la victime a été recousue avec du deux. C'est le fil que j'utilise ainsi que tous ceux qui pratique la médecine légale. Du coup, je me dis que le tueur est peut-être légiste ou assistant médico-légale.
-Tu veux dire que le gars serait quelqu'un d'ici ? S'effara Korsak.
-Ou quelqu'un de l'hôpital ou de l'université de médecine. S'autorisa à dire Maura.
Alors qu'ils continuaient à débattre sur l'affaire, Emma décida de répondre à son téléphone qui sonnait pour la troisième fois.
'Ah, miss Swan, enfin, je n'arrête pas d'essayer de vous joindre vous et ma fille.'
'Co ... Cora ?' Bafouilla Emma surprise, une sueur froide parcourant son dos. 'Un problème ?'
'Regina m'a demandé de l'aide sur un dossier sur lequel vous travaillez. Mais je n'arrive pas à la joindre, j'imagine qu'elle est perdue dans ce qu'elle fait. Cependant, je me suis dit que ça restait urgent donc j'ai demandé à David de me fournir vos coordonnées. Vous ne m'en voudrez pas.'
'Mon dieu, Cora. Est-ce que vous êtes en train de me dire que Regina vous a envoyée le dossier sur les corps qu'on vient de recevoir ?' S'enjoua Emma, le soulagement allégeant le poids sur son estomac alors que ces collègues s'étaient arrêté de parler pour écouter.
'Oui, elle m'a dit qu'elle n'arrivait pas à joindre la légiste avec qui elle travaillait et qu'elle avait besoin d'un avis immédiat. Enfin, immédiat, j'ai dû me faire avoir sinon elle aurait surveillé son téléphone pour attendre mon appel.' Releva la matriarche Mills visiblement agacée que sa fille lui ai fait perdre son temps précieux.
'Euh ... à vrai dire ... je ... C'est que ... elle ... ' Bafouilla Emma ne sachant pas vraiment si elle devait avouer ce qu'il se passait. Emma jeta un regard vers August qui comprit immédiatement le doute qui se trouvait en elle et il lui chuchota de dire la vérité.
Comprenant qu'Emma avait besoin d'être un peu seule, tous sortir hormis August qui s'était rapprochée d'elle, à la fois pour entendre la conversation et pour lui témoigner de son soutien tandis que Cora reprenait.
'Etes vous avec ma fille ? J'aimerais lui parler et je pense que passer par elle sera bien plus efficace que par vous.' Argumenta la Française dans un ton hautain qui, dans d'autres circonstances, aurait profondément agacé la jeune femme.
'Je ne sais pas où est Regina.' Lâcha Emma en s'affalant contre le mur.
'Comment ça vous ne savez pas où est Regina ?'
'Je ... Regina a été enlevée.' Souffla-t-elle abruptement. Après tout, il n'y avait pas vraiment mille façons pour annoncer ce genre de nouvelle.
'Mais qu'est-ce que vous racontez ?' S'agaça Cora, ne comprenant plus rien.
'On pense que le tueur a dû la confondre avec la légiste du poste et qu'il l'a enlevé à sa place.'
'Vous ... Vous voulez dire que ma fille a été enlevée par un tueur en série ?' Répéta le médecin dont la tête lui tournait.
'Nous sommes sur une piste.' Crut bon de rajouter Emma.
'Je serais là dans une heure et demi.'
'Non, je ne crois pas que ce soit ...'
'Vous venez de me dire que ma fille avait été enlevée, j'ose imaginer que vous n'êtes pas en train de me dire que je feriez mieux de rester tranquillement chez moi, miss Swan.'
'Très bien. Je travaille à la centrale de Boston.' Renseigna-t-elle en entendant du bruit derrière le combiné. Cora devait probablement être en train de récupérer ses affaires pour partir au plus vite. 'Vous avez dit avoir découvert quelque chose ?'
'Oui. Enfin, je n'ai fait que vérifier ce que Regina m'a envoyé.'
'Attendez. Je rejoins la légiste, peut-être qu'elle sera plus à même à comprendre ce que vous allez dire.' Décida Emma en sortant de la pièce pour rejoindre Maura. 'Vous êtes sur haut-parleur.'
'J'ai analysé une substance chronique que Regina m'a envoyé et je l'ai fait analyser par deux confrères pour être sûre. Elle a trouvé des résidus toxiques dans le poumon de la première et deuxième victime. Elle m'a dit que ces deux victimes avaient étaient tués il y a déjà plusieurs mois et qu'elle étaient conservées dans la chambre froide durant ce temps donc les particules toxiques de l'extérieur ont eu le temps de se déposer sur les corps.'
'C'est bien un camion, lorsqu'il s'est arrêté, il n'y a pas eu une excellente ventilation et donc les substances toxiques ont fini par polluer les corps.' Réfléchit Maura.
'Oui. Nous avons pas précisément réussi à identifier la particule, mais nous sommes certains qu'il y a du chlore et le plus étonnant est que l'agitation brownienne est de 0,74 10-².' Expliqua Cora en démarrant sa voiture.
'Qu'est-ce que ça veut dire ?' Grogna Jane qui désespérait de ne parler qu'avec des personnes incapables de parler dans un jargon moins complexe.
'Qu'on recherche un endroit toxique comme une usine ou alors un ancien hôpital désaffecté.' Expliqua Maura tandis que Frankie s'empressait de se mettre devant son ordinateur pour répertorier tous les endroits possibles.
'Oui. Un endroit particulièrement pollué.'
'Est-ce que Regina vous as envoyé une liste de chiffres ? Je n'arrive pas à le comprendre.'
'Non, je ... Je n'ai rien reçu. Mais elle m'a dit qu'elle souhaitait faire un itinéraire avec les prélèvements, peut-être est-ce ça ?' Soupira la mère, angoissée pour sa petite fille.
'J'ai essayé d'entrer les coordonnées, mais elles n'existent pas.'
'Envoyez moi ça, je vais jeter un œil.'
'Y-a-t-il autre chose ?'
'Regina en était persuadé, mais elle m'avait quand même demandé de vérifier la chroma. Elle a trouvé une substance sur la dernière victime qui ne lui appartient pas. En réalité, c'est un morceau de peau qui appartient probablement à l'auteur, de la peau morte. Il est malade et atteint de la maladie de Reynaud, à un stade avancé. Je pense qu'il doit avoir des nécroses notamment sur les mains.'
'C'est un syndrome qui exclut totalement le travail au froid. Ce qui signifie que celui qui conduisait le camion n'était pas là pour y travailler.'
'Donc, je récapitule. On a un gars intelligent, sûre de lui, qui connaît au moins les bases de la médecine légale et qui ne peut pas travailler dans le froid ?' Récapitula August.
'C'est ça, donc on oublie les morgues. Il faut aller voir à l'université de médecine si quelqu'un a ce syndrome.' Déclara Maura.
Aussitôt, ils se répartirent à nouveau les tâches et se séparèrent, August attendant qu'Emma finisse son appel.
'Emma ? Vous avez intérêt à retrouver ma fille saine et sauve. Je ne supporterais pas de perdre un autre enfant.' Prévint Cora de sa voix qui en avait fait trembler plus d'un.
'Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir, Cora. Vous nous avez plus qu'aidé.'
OoO
-Allez. Geignit Regina en essayant de reverser l'étagère avec ses fesses. Elle n'arrivait presque plus à bouger ses doigts qui étaient complètement contractés. Elle n'en pouvait plus. Elle avait mal partout, ses doigts étaient comme figés et lui brûlaient, son souffle court, sa mâchoire lui faisait mal à force de claquer des dents ... Et elle avait tellement mal à la tête.
Enfin, l'étagère tomba dans un bruit assourdissant qui lui donna envie de pleurer. Jamais elle n'avait eu autant envie de bruit et de silence à la fois. Le silence l'angoissait car cela signifiait qu'elle était toute seule à se battre pour vivre, mais le bruit l'accablait d'autant plus. Elle ne supportait plus le bruit de ce ventilateur qui tourner et permettait de tuer sa vie, elle ne supportait pas le moindre petit bruit qui l'étouffait dans cet endroit trop petit, elle avait l'impression d'avoir trop mal pour supporter ces vibrations.
Elle récupéra la barre qui l'avait entravée jadis et grimpa sur l'étagère à terre en se tenant au mur, tentant de trembler le moins possible et coinça le métal dans le ventilateur qui ne cessait de tourner. Il se stoppa immédiatement et elle glissa sa main au travers des hélices pour débrancher la clim. Elle souffla de soulagement en sentant une diminution de l'air froid. En stoppant la clim, elle pouvait au moins gagner quelques heures ... En espérant juste qu'elle ne s'était pas trompé et qu'elle ne venait pas de bloquer ce qui lui permettait de respirer. A cette pensée, un violent frisson la parcouru dans ton son être et ses pieds glissèrent du fin objet cylindrique. Dans un grognement sourd, elle s'effondra à côté de l'étagère. Elle passa ses deux mains sur son visage, sur le dos, ignorant l'homme éteint à quelques millimètres d'elle et lâcha un long sanglot alors que ses larmes se mettaient à couler, la brûlant affreusement. Elle réussit à se ressaisir rapidement et se rassit pour regarder sa cheville douloureuse.
-Super. Première entorse de ma vie. Se dit-elle en se mettant à rire nerveusement tout en tenant sa cheville. Elle la fit tourner, mais arrêta immédiatement en sentant la douleur, des larmes apparaissant à nouveau. Chochotte, va ! Murmura-t-elle, s'accordant une minute de pause et d'accalmie.
OoO
-On le tient. Jane vient de m'appeler. Un étudiant qui travaille avec le légiste de la faculté. Apparemment, il est très brillant alors il lui a proposé de travailler pour lui lorsqu'il a été diagnostiqué pour sa maladie. S'enjoua Emma, téléphone à la main et café dans l'autre. Ils ont demandé un mandat mais il faut apparemment attendre encore. Je vais me rendre au tribunal pour forcer la main à un juge qui me doit une petite faveur. Renseigna-t-elle avec son air penaud qui disait que ce n'était probablement pas des plus légales son idée. Elle fut donc immédiatement soutenue par August. Je vous tiens au courant, okay ? Vous pouvez rester ici ou descendre avec Maura ou bien vous pouvez aussi allez chez nous, je ne sais pas pour combien de temps on en a ? Proposa-t-elle aux parents Mills qui étaient arrivé il y a un gros quart d'heure.
-Je veux attendre ici. Déclara Cora sans appel.
Elle avait récupéré immédiatement son mari avant de partir et elle avait conduit jusqu'à Boston en dépassant clairement les limitations de vitesse. Mais elle était si angoissée malgré l'attitude froide et sûre d'elle qu'elle adoptait. Sur la route, Henry avait prévenu sa fille sachant très bien que s'il ne la prévenait pas de suite, Zelena allait très mal le vivre et le leur faire savoir. Il avait aussi prévenu David qui s'était empressé de rejoindre le poste et finalement, avait été d'une grande aide. En plus d'avoir compris que le camion était un faux en se référant aux stickers collés dessus puisqu'il avait eu à faire avec cette entreprise pour le mariage de sa sœur, il avait réussi à comprendre une partie des chiffres de la brune. Seulement, il ne comprenait que le début qui ne permettait d'établir qu'un périmètre de vingt kilomètres. Beaucoup trop gros pour pouvoir effectuer des recherches approfondies en espérant retrouver Regina à temps. C'était comme chercher une aiguille dans une botte de foin.
Après avoir légèrement menacé le juge, Emma avait récupéré le mandat et s'était rendu directement avec August et David à l'adresse que lui avait envoyé Jane. Ils se retrouvèrent en face d'une toute petite maison blanche visiblement plus entretenue depuis des mois. L'homme - de vingt-sept ans - vivait encore avec sa mère, mais la maison était visiblement vide. Sans plus attendre, signalant leur présence, ils entrèrent tous, immédiatement assaillies par une odeur nauséabonde qu'un des agents ne supporta pas et sorti de justesse pour vider le contenu de son estomac juste à côté de la porte. Ignorant le pauvre homme, Emma continua d'avancer avec détermination comme si elle savait parfaitement où elle allait. Elle vit August ouvrir une porte qui se trouvait être celle de la salle-de-bain et l'odeur s'intensifia de plus belle, les étourdissants tous.
-Merde. Ne peut s'empêcher de dire le policier en observant le corps d'une veille femme en décomposition dans la baignoire, ensevelie sous des litres de litière, sûrement pour camoufler les odeurs. Bon bah, il vit plus vraiment avec sa mère. Dit-il nerveusement.
Emma ne dit rien et continua son chemin, passant les pièces déjà occupées par les autres policiers pour finalement entrer dans la dernière pièce qui semblait être la chambre de l'étudiant. Elle passa au travers d'une bâche qui barrait l'entrée et manqua de trébucher en marchant sur un livre à terre. Un lit défait sur sa gauche et un meuble couvert de feuille et de dessin du corps humain. Jane passa à côté de la blonde qui observait les photos sur le mur, toutes de légiste visiblement. Des légistes qui avaient permis à leur profession de grandir d'après les petites annotations qui étaient inscrites sous chaque photo. Emma se mit à sourire nostalgiquement lorsqu'elle reconnut Cora Mills sur ce tableau pour une avancée sur les empruntes qu'elle avait apparemment faite dans les années quatre-vingt-dix.
Est-ce que l'enlèvement de Regina n'aurait pas finalement un rapport avec Cora ? Tout serait finalement prémédité ? Se demanda-t-elle, une sueur froide la traversant.
-Emma, faut que tu viennes voir tout de suite. L'appela Jane.
La blonde abandonna les photos et ses théories angoissantes pour se diriger vers la voix de Jane, passant deux bâches à nouveau accrocher. Elle passa à côté d'un générateur et d'une clim et rejoignit l'Italienne.
-Regina ! S'écria Emma en apercevant la brune derrière l'écran d'ordinateur.
Elle figurait sur deux écrans. L'un reflétait sa température corporelle et l'on ne voyait que son corps colorié de rouge et de bleu tandis que le second la filmait, tout simplement. Au moins, elle est encore vivante. Se dit Emma en luttant contre les larmes observant sa compagne adossée contre une étagère, se secouant d'avant en arrière.
Rapidement, tout avait été réquisitionné et ramené au poste afin de ne pas perdre plus de temps. Jane n'avait pas tellement apprécié qu'il y ait autant de civils à attendre de nouvelle, mais en même temps, elle se doutait que si elle avait été la victime ou bien si ça avait été Maura à la place de Regina, les choses auraient été identiques.
-Ce mec est un grand malade. Il y a des dizaines de vidéos d'homme et de femme qui agonisent dans le froid sur les deux dernières années. Remarqua Frankie à Emma qui était venue voir où il en était.
-Depuis qu'il a appris qu'il ne serait pas légiste.
-Le processus est le même à chaque fois. Il enlève sa victime, l'attache sur cette étagère et attends qu'elle succombe au froid, sûrement en se fiant aux images thermiques à côté. Regina est la seule à avoir réussi à se libérer et ne pas avoir été seule même si le gars semble être mort. C'est aussi celle qui a survécu le plus longtemps par rapport aux victimes. Pour le moment, elle a près de trois heures de plus qu'eux. C'est une battante ta nana. Plaisanta le brun dans un sourire qui se voulait rassurant en serrant doucement sa main.
Une battante, oui. Retiens ça Emma et bat-toi aussi.
-Et pour le signal ? Est-ce que vous pouvez trouver d'où il émet ? Demanda la blonde ne voulant pas s'apitoyer une seconde de plus.
-L'image est liée à un signal ADSL classique, mais il est flottant. J'essaie de faire au plus vite, mais je pense que ça me prendra cinq ou six heures.
-Vous êtes ?
-Alban Molrey, c'est l'informaticien que j'avais appelé pour récupérer le rapport et j'ai oublié de l'annuler. Heureusement finalement, il va nous être utile.
-C'est trop long quand même. Est-ce que si vous réduisez le champ, ça ira plus vite ?
-Bien sûr.
Emma n'attendit pas deux secondes de plus avant de lui sortir la carte en lui disant qu'ils étaient certains que Regina se trouvait dans ce rayon de trente kilomètres et que d'après Henri, le père de la brune, les fréquences se faisait plus nombreuse sur la partie droite du cercle. Lui demandant de l'appeler dès qu'il aurait des nouvelles, elle le laissa pour envoyer un message à Mary et lui demander de rassurer son fils avant de rejoindre Jane.
OoO
Prenant de petite respiration, comme après avoir fait trop d'effort, Regina tenter de restreindre les terribles tremblements qui la prenaient et l'épuisaient. Elle avait si froid qu'elle avait cessé de retenir sa mâchoire douloureuse de trembler et de claquer ses dents. Elle s'évertuait à faire bouger ses doigts, inlassablement, comme si elle comptait, pour éviter qu'ils ne s'engourdissent ... Mais pour ce qui était de ses jambes, elle avait abandonné. Elle n'en pouvait plus. Elle avait si froid. Si peur. Si mal. Sa cheville la lançait. Ses pieds la brûlaient et elle pouvait voir que des engelures s'étaient formées. Elle ne tiendrait plus longtemps, elle le savait. Elle avait juste besoin d'un peu de chaleur. Juste un peu. Elle ne demandait pas la lune. Dans un éclair de lucidité - et de dégoût, elle se pencha vers le macchabée et tira sur son tee-shirt pour le déchirer. Il n'en aurait plus l'utilité, mais elle oui.
-Emma. Se mit-elle à pleurer en voyant qu'elle n'arrivait pas à déchirer le tee-shirt. Elle avait trop froid. Elle aurait pu le lui retirer ... Si elle avait eu la force. Aide-moi. Supplia-t-elle en posant sa tête sur le torse de l'homme, épuisée.
Son attention fut attirée par le grésillement des néons qu'elle avait occultés il y a déjà quelques heures. Elle pouvait le faire.
Avec difficulté, elle se releva et se dirigea à nouveau vers l'étagère effondrée en se tenant contre le mur tant ses jambes ne la portait presque plus. Elle grimpa à nouveau sur l'étagère et se plaça sous le spot de lumière et fit tourner la vitre pour retirer le hublot qui finit par se décrocher bien plus facilement que ce qu'elle aurait pu penser.
-Hugh ! Gémit-elle en plaquant ses mains sur ses oreilles - le cœur battant - pour étouffer le bruit de la vitre qui s'écrasait à terre et qu'elle ne supportait pas alors qu'elle lui avait échappée des mains tant elles tremblaient de manière frénétique.
Déterminée, elle éloigna son angoisse et tira la petite ampoule brûlante vers son visage tentant de la coller le plus possible à sa tête, plaquant ses deux mains autour de l'ampoule. La chaleur était plus que désagréable finalement et elle avait l'impression de s'arracher la peau des mains en la tenant, mais sa détermination à vivre était bien plus forte.
OoO
-Qu'est... Qu'est-ce qu'elle fait ? Demanda Emma, la voix enrouée, en observant sa compagne en équilibre précaire, tenant une petite ampoule alors qu'elle tremblait comme une feuille, les yeux brillant d'espoir et ténacité.
-Elle gagne du temps. Soupira Cora dans un faible sourire de fierté de voir sa fille se battre. Elle était heureuse de constater que ses filles étaient des battantes. On perd la chaleur en premier par les extrémités. Les mains, les pieds, la tête. Alors ce sont les premières choses qu'il faut réchauffer. Expliqua-t-elle en voyant le regard d'incompréhension d'Emma.
-Est-ce que vous connaissez cet homme ?
-Non, pourquoi ?
-C'est par lui que Regina a été enlevé et il y a avait votre photo chez lui avec les membres de l'équipe qui était avec vous lorsque vous avez publié vos travaux sur la recherche ADN.
-Vous voulez dire que c'est de ma faute si elle a été enlevée ? S'horrifia Cora.
-Non. Enfin, je ne sais pas. En même temps, il avait tout plein de légiste sur son mur. Je pense que c'était juste de l'admiration, mais ...
-Cet homme ne me dit rien, mais en même temps, je fais rarement attention aux personnes qui travaillent sous mes ordres. Avoua la matriarche, la culpabilité la gagnant.
Son mari comprit le malaise et ravança la main qu'il avait mis dans son dos pour la passer au niveau de ses côtes et la rapprocher de lui pour la soutenir. Il n'avait pas beaucoup parlé depuis qu'il était arrivé, observant l'effervescence du commissariat et les agissements de chacun. Il ne comprenait pas tout, alors il se faisait attentif à la moindre petite chose pour comprendre, n'osant poser aucune question de peur de faire perdre un temps précieux à cause de son ignorance. Et puis, il était bien trop apeuré pour pouvoir prononcer un mot. Henri Mills n'avait jamais non plus était un très grand bavard, préférant le calme et la plénitude du silence. Alors quand il avait peur, il préférait ne rien dire et être au calme. Le calme n'était pas vraiment au rendez-vous dans cet endroit. Et même s'il était seul la plupart du temps avec sa femme qui le connaissait bien et respecté son silence - ainsi que les deux agents qui travaillaient tout en silence aussi - il aurait souhaité se trouver dans une autre pièce. Ils étaient tombés sur la vidéosurveillance sur laquelle apparaissait Regina en temps réel et Cora avait décidé qu'elle resterait dans la salle informatique pour surveiller sa fille, ayant besoin de se raccrocher à cet espoir. Et bien entendu, Henri n'avait pas pu dire non. Et les autres policiers avaient accepté ne tenant pas à gérer un scandale et soyons honnête, à affronter Cora Mills qui, durant sa diatribe, en avait fait trembler plus d'un. Et maintenant, il était là, obligé d'observer sa cadette souffrir et s'éteindre à petit feu ...
-On la ! On le tient ! Hurla Jane en entrant en trombe dans la salle.
-Quoi ?
-On l'a aperçu dans une épicerie. Un indic vient de m'envoyer une photo de lui, il est tombé par hasard dessus. Il ne le lâche pas, on y va. Indiqua la lieutenant sans parvenir à baisser le ton tant l'adrénaline la prenait.
-Je vous tiens au courant. S'empressa de dire Emma aux parents Mills avant de courir vers l'ascenseur que Jane retenait. Chocolat vanille ? Demanda-t-elle.
-Biscuit vanille. Approuva la grande brune.
Emma nota mentalement qu'elle devrait une fière chandelle à cet indic bien trop agaçant de Jane avant de se concentrer pour sur cette pourriture qu'elle était à deux doigts d'attraper.
Avec les gyrophares, pieds au plancher, ils étaient arrivés en dix minutes dans une petite rue donnée par l'indic de Jane. Sortant de la voiture, chacun vérifia son arme. Ils étaient probablement beaucoup pour l'arrestation d'un seul homme entre Emma, Jane, August, David et Korsak, mais aucun n'avait tenu à rester à ne rien faire.
-Hey ! Biscuit Vanille ! Ici, ici, pars ici. Cria un petit noir au manteau beige sans aucune discrétion. Il est entré dans le garage là-bas, je crois qu'il a un problème avec sa caisse. Il est tout au fond, à côté de la berline rouge. Renseigna l'homme énergique en sautillant d'un pied à l'autre. Ma rémunération maintenant. Wouah, vraiment ? Oh putain, trop géniale ! S'exclama-t-il en partant, heureux grâce à la généreuse rémunération qu'il venait d'avoir, Jane et Emma le payant en même temps sans se concerter et sans vraiment lui adresser un regard.
Discrètement, ils entrèrent dans le garage, peu large, mais profond, et tandis que Jane et Emma marchaient au milieu, David passait sur la gauche et les deux autres hommes sur la droite. Marchant doucement, mais normalement, les yeux rivés sur un seul homme, un seul objectif, un seul avenir, rien n'avait plus d'importance que d'attraper cet homme et retrouver la cadette des Mills. Plus ils s'approchaient et plus ils se sentaient confiants, comme si chaque pas les déliait d'un fardeau trop lourd à porter, comme si plus rien ne pouvait les arrêter. L'adrénaline était toujours là, plus puissante que jamais, mais elle était contenue par la concentration intense qui se faisait en leur for intérieur. Une adrénaline plus bénéfique pour eux ... à l'inverse de leur cible.
D'un léger mouvement de tête, il avait reconnu David qu'il avait aperçu en venant au poste. Tournant instinctivement la tête à droite, il vit deux hommes arriver vers lui, légèrement abaissés, les deux mains sur leur hanche droite. Leur arme de service, sans aucun doute. Sans réfléchir plus, l'instinct de l'homme se réveilla et avant même qu'il ait pu réfléchir à une solution, ses jambes se mirent à courir toutes seules vers la sortie qu'il avait vu et il fuit, comme si rien au monde ne pouvait l'arrêter. Comme s'il était le plus grand coureur de cette Terre, n'entendant même pas les cris des officiers derrière, lui demandant de s'arrêter. Il n'en fit rien. Il voulut bifurquer sur la droite, mais il aperçut une voiture de police garé. Son cœur accéléra de peur et d'adrénaline et son cerveau réfléchit rapidement. Soit c'est leur voiture soit c'est celle d'autres policiers qui lui tendent une embuscade. Trop dangereux. Il abandonne cette sortie et se met à courir droit devant lui, les bras remontés sur sa poitrine, les jambes qui battent l'air comme en quête de liberté, il ne s'arrête plus, persuadé qu'il les a devancé. Il n'a jamais été un grand sportif - voire pas du tout - mais en cet instant, il aurait facilement pu faire un marathon. L'adrénaline le rend si confiant qu'il ne se rend pas compte qu'à vrai dire, il ne court pas si vite et bientôt, il se retrouve projeté par un corps le percutant et les deux s'éclatent conte le mur d'une maison en brique, tombant. S'il n'a jamais été sportif, il a toujours été vif. A peine est-il sur ses pieds qu'il pointe son arme sur David qui est à terre, le nez en sang après sa mauvaise chute.
-Stop ! Baisse ton arme maintenant ! Ordonna Emma d'une voix si grave et autoritaire que personne n'aurait pu dire qu'elle lui appartenait.
Les yeux de l'homme se mirent à bouger frénétiquement. Même s'il en tuait un, les autres le descendrait aussitôt. Il avait perdu. Ils étaient trop. Il avait perdu. A cette pensée, ses mains rigides et parfaites se mirent à trembler. Il avait perdu. Il ne voulait pas faire de prison. Jamais. Et il se rendit compte d'une chose : ils ignoraient où se trouvait sa dernière victime. Même si ce n'était pas celle prévue - il s'en était rendue compte - elle restait un de ces infâmes médecin qui avait le droit de pratiquer et en plus de le faire à l'hôpital, elle le faisait à la morgue de la criminelle. Là où il avait toujours rêvé de travailler. Elle lui avait volé son travail. Son avenir. Oui, voilà, c'est ça. Et elle n'avait pas le droit de vivre. Encore moins si lui perdait le peu de liberté qu'il lui restait, car il ne se faisait pas d'illusion, il savait très bien qu'il prendrait à perpétuité lorsqu'ils auraient retrouvé toutes ses vidéos ... Si ce n'était pas déjà fait. Dans un dernier regard pour chacun, son cœur qui battait dans ses oreilles ralentit et un sourire naquit sur ses lèvres, il mena l'arme jusqu'en dessous de son menton et tira sans une once d'hésitation. Dans une danse synchronisée, tous se mirent à courir vers l'homme pour lui prendre l'arme des mains, mais trop tard. Le corps s'effondra...
OoO
Tout comme celui de Regina qui avait puisé dans ses dernières forces. Renonçant à bouger, elle rampa vers l'homme et passa ses pieds sous son tee-shirt, oubliant qu'elle les posait sur un homme mort, ne se focalisant que sur le but de se réchauffer. Elle retira ensuite sa chemise se préparant à l'onde de froid qu'elle allait ressentir, mais finalement rien. Elle avait bien trop froid pour sentir une quelconque différence avec ou sans habits. Tremblant tellement et luttant pour ne pas fermer ses yeux, elle enroula sa chemise autour de sa tête soupirant de bien-être en sentant cette fois-ci une petite différence sur ses oreilles. Puis, elle rapprocha son torse de ses genoux pliés et plongea sa tête entre eux deux, coinçant ses mains entre ses cuisses. Tout tremblait tellement qu'elle n'en pouvait plus. Ses yeux commencèrent à se fermer et elle se rendit compte que ses spasmes ralentir. Peut-être fallait-il dormir pour avoir moins froid ? Ce serait probablement moins douloureux et effrayant.
-Chut, idiote. Ne dors pas. Ne dors pas. Ne dors. Cubitus. Astragale. Orteil. Scaphoïde. Péroné ...
OoO
-Emma ? Dites-moi que vous avez quelque chose. Appela Henri qui les avaient entendu revenir. Mon dieu, David, tu es blessé ? Demanda-t-il en voyant l'homme recouvert de sang le long de son cou et de son torse, quelques gouttelettes sur le visage.
-Non. Ce n'est pas le mien. Murmura-t-il, honteux.
-Qu'est-ce qu'il s'est passé ? David ? Emma ? Répondez-moi ! S'énerva l'homme face au mutisme des deux plus jeunes aux yeux larmoyants.
-Je ... On était à deux doigts de l'arrêter, mais au dernier moment, il s'est suicidé. Je suis désolé. Tellement désolé... Craqua la blonde qui n'en pouvait plus.
-Ça va aller, ça va aller. Rassura le père en prenant les deux blonds dans ses bras pour les rassurer, s'autorisant à laisser couler ses larmes.
Il ne pouvait pas la perdre. Ils ne pouvaient pas la perdre. C'était trop dur. Ils avaient eu tant de mal la première fois ...
-Je crois qu'on l'a retrouvé. Les surprit Frankie, d'une voix calme, n'osant plus se faire de faux espoir. Venez.
-Je n'ai étudié que la partie dont vous m'avez parlé Emma et je me suis souvenue. Il fallait trouver un endroit pollué, certes, mais je n'arrivais pas à comprendre pourquoi le signal était si flottant. Au départ, je pensais que c'était parce qu'il bougeait, mais non. Il était brouillé alors j'ai intensifié mon jeu ...
-Accélère. Grogna Emma, impatiente.
-Elle est derrière l'ancienne usine d'électricité. Ici. Montra-t-il.
Cette indication fut comme la clef qui remontait un jouet mécanique. A peine lâchée, que tous partaient. Emma et David entendirent Cavanaugh leur dire de rester et d'attendre qu'une équipe soit montée, mais il en était hors de question. Emma avait crié à l'informaticien de lui envoyer l'adresse précise sur son téléphone et ils avaient fui sans plus attendre. Henri Mills avait immédiatement traversé la pièce pour informer sa femme que Regina était peut-être retrouvée, ignorant sa question lorsqu'elle lui demanda s'il avait arrêté la pourriture. Il s'installa à côté de sa femme et accorda un sourire de remerciement à Angela Rizzoli qui était venu pour soutenir sa petite Emma. Il ne savait plus s'il devait sourire, persuadé que sa fille allait être retrouvé dans quelque temps ou bien pleurer en voyant que désormais, l'image thermique était totalement bleu virant vers le bleu marine sur ton son corps, indiquant que sa température était plus que dangereuse.
Voyant que la route allait bouchonner, Emma alluma son gyrophare et grimpa avec sa voiture sur le trottoir pour passer sur le côté et doubler tout le monde, écoutant attentivement David qui lui indiquait la route à prendre. L'homme était si stressé et pressé d'arriver qu'il avait oublié sa ceinture, il était avancé au ras-bord de son siège, les jambes exagérément écartées déjà prêt à bondir hors de la voiture.
OoO
-Cubi ...
Non, elle n'en pouvait plus. C'était trop dur. Ses bras étaient trop lourds. Sa tête était trop lourde. Ses jambes étaient trop lourdes. Un violent frisson la parcouru à nouveau et, incapable de le vaincre, elle s'effondra sur le côté, incapable même de bouger ses mains et de les ramener. Elle ne sentait plus ses membres et elle commença à sentir que sa tête la lâchait. Son cerveau ne répondait plus, mais elle était incapable de paniquer et de réagir. Non. Tout ce qu'elle pouvait faire, c'était de s'enfoncer dans le coton qui l'appelait avec bonheur.
OoO
Passant à travers la grille qu'elle détruisit grâce à sa voiture de fonction, Emma traversa l'usine, difficilement suivie par les pompiers juste derrière, lorsque, soudain, enfin, entre deux piquets électriques apparu un vanne en plein milieu de nulle part. Aucun doute, c'est elle. Instinctivement, Emma appuya plus fort sur la pédale d'accélération alors que la pédale collait déjà le plancher et elle roula, les yeux rivés sur le camion. Sa position était assez ironique et moqueuse. Ils avaient mis tant de temps à la retrouver alors que c'était la seule chose que l'on voyait finalement. Freinant brusquement, Emma courut vers le camion pour ouvrir la porte. Elle ne réussit pas. David l'attrapa par les épaules et ouvrit à sa place. Sans perdre une seconde, Emma grimpa dans le camion.
-Regina ? Regina ? Appela-t-elle. Ou plutôt hurla-t-elle lorsque, enfin, elle aperçut deux masses au fond. Regina ? Mon amour, tu m'entends ? S'accroupit-elle à côté de la femme en position fœtale.
Des larmes de soulagement et de peur vinrent noyer ses pupilles et difficilement, Emma porta la brune dans ses bras pour la sortir au plus vite, faisant tomber la chemise qu'elle avait sur la tête en la portant. Au bord du camion, la policière passa le corps mou à David qui le réceptionna et le posa aussitôt sur le brancard qui arrivait. A la lumière du jour, l'état de la petite brune était terrifiant. Pâle comme la mort, le gel sur ses cheveux et ses cils donnait l'impression qu'elle brillait et le bleu sur ses lèvres qu'elle s'était amusé avec le maquillage de sa mère. Les secours s'empressèrent de mettre une couverte chauffante sur la jeune femme et partirent aussitôt, Emma montant avec eux.
Assise dans l'ambulance, frottant la tête de Regina avec une serviette que lui avait passé un des secouristes pour la réchauffer, Emma ne cessait de lui demander si elle l'entendait. L'agitation l'angoissait, mais elle restait focalisée sur la brune qui gardait les yeux clos. Elle était sauvée.
/Lorsque soudain, un bip strident s'affola et les constantes de la brune devinrent irrégulières et rapides.
-Elle s'emballe. On la perd. Indiqua un des ambulanciers, poussant littéralement Emma pour avoir la place de se poser auprès de la jeune femme.
Emma avait envie de hurler. De se jeter sur Regina. De la prendre dans ses bras. Mais elle résista pour laisser les secours s'occuper d'elle.
Tu y es presque, n'abandonnes pas, mon amour.
Mais le bruit irrégulier devint finalement trop régulier et les lignes discontinues se changèrent en une seule ligne parfaitement droite.
Les prochains chapitres auront peut-être un délai qui excédera les deux semaines encore n'ayant plus trop le temps d'écrire avec mes boulots à côté.
J'espère que ce chapitre aura été plaisant et suffisamment clair. C'est la première fois que j'écris une véritable enquête, alors je ne sais pas. Faites-moi part de vos avis ;)
Bonnes vacances pour les vacanciers d'août, bon retour pour les juillettistes, toutes mes pensées pour ceux qui n'ont rien !
LyliTom.
