Ciao Tutti !
La suite des aventures d'Ava avec quelques péripéties dans ce chapitre.
Je poste ça là en espérant avoir de vos nouvelles et des retours ! N'hésitez à partager vos impressions, cela peut m'aider pour la suite.
Bonne lecture !
Chapitre 23 - Dans le palais blanc :
Le palanquin s'avança lentement dans la grande cour du palais. Une fois les portes passées, l'évidence que l'heure avait sonnée fit l'effet d'un uppercut à Ava : souffle coupé, sang tapant fort dans ses oreilles. Tout était pareil à ses souvenirs : le sol immaculé, les larges colonnes de l'imposant porche aux larges fenêtres, rien n'avait bougé en dix ans. Les esclaves déposèrent la litière sous le porche juste devant les escaliers menant à l'entrée. Une dizaine de domestiques menés par deux majordomes attendaient patiemment que l'ancien dragon et son escorte descendent de leur véhicule.
Ava suivait Doflamingo de près, les yeux rivés sur ses talons. Elle se retenait de ne pas lever les yeux vers les plafonds colorés de l'entrée du palais. Deux larges escaliers d'apparats s'élevaient de chaque côté de la large pièce qui accueillait les visiteurs. Tout était bon pour impressionner les étrangers de la demeure. Menant à une grande salle de bal, les escaliers résumaient à eux seuls la richesse des Saraswati. Les balustrades étaient serties d'or et de grandes candélabres éclairaient de mille feux le marbre rose qui couvrait entièrement le sol.
Doflamingo évoluait dans ces lieux comme s'il en était le propriétaire. Il dépassa le peloton de serviteurs qui étaient venus les accueillir sans un regard et ne se retourna pas quand l'un des majordomes tenta de le rattraper en trottinant dans les escaliers.
- Vous êtes en avance, remarqua un des majordomes qui attendait à l'étage. Sa Sainteté ne pourra vous recevoir que dans une heure.
Doflamingo marqua son mécontentement alors que le majordome s'empressait d'ajouter :
- Nous allons vous accompagner à l'un de nos salons, une collation vous y attend.
Ava se murait dans le silence. Doflamingo connaissait vraiment bien les personnes avec qui il traitait. Il savait que Nérée ne les recevrait pas tant que ce ne serait pas l'heure. Il s'était douté qu'ils devraient patienter dans un salon, seuls, avec tout le loisir et le temps pour mettre en exécution le plan. Comme prévu, ils furent introduits tous les quatre dans un magnifique salon que Doflamingo avait décrit à la perfection quand ils étaient à bord de la galère. On leur apporta à manger et à boire, et comme il l'avait prédit, il ne resta personne pour les surveiller, car on ne surveille pas un ancien dragon céleste qui en sait bien trop sur vous. Mieux vaut éviter de l'indisposer. Alors, dès les derniers domestiques sortis, ils passèrent à l'action :
- Gladius, la tunique, ordonna-t-il.
L'officier s'exécuta tandis que Doflamingo commença à tisser son œuvre. Gladius sortit de sous son manteau un vêtement blanc qu'il lança à Ava.
Elle savait ce qu'elle devait faire. Elle se déshabilla entièrement ignorant les regards des trois hommes présents et enfila la tunique blanche propre aux esclaves des Saraswati. Quand elle eut fini Gladius s'approcha d'elle et sortit une poudre noire de sa poche et lentement traça avec habilité la marque des esclaves dans l'intérieur du bras de la jeune femme. Quand il eut terminé, il acheva son œuvre en refermant autour du cou d'Ava un parfaite copie des colliers explosifs réservés aux esclaves. À côté d'eux, le pouvoir de Doflamingo s'animait sous leurs yeux. Des milliers de fils tourbillonnaient, s'assemblant à une vitesse inouïe. Ava voyait littéralement naître sous ses yeux une copie d'elle-même. Impossible de ne pas reconnaître la puissance des pouvoirs qu'avait conférer son fruit à Doflamingo. En vingt minutes, ils furent prêts. La poupée de fils était installée dans un des canapés. Impossible de voir qu'il s'agissait d'un artifice.
Doflamingo se redressa, et se tourna vers Ava désormais grimée en esclave. Les deux anciens nobles n'eurent pas besoin de se parler, ni de se menacer. En cet instant, ils avaient compris que chacun ne servait que ces propres intérêts. La détermination dans le regard d'Ava lui donna presque envie de sourire. Aurait-il été différent d'elle s'il n'avait pas traversé toutes ses épreuves lors de son installation sur terre ? Il balaya ces pensées d'un revers, et sa voix intérieure eut un rire démoniaque. Non, il était le Joker, et au-dessus des lois, tout lui appartenait.
Il regarda Ava disparaître dans le labyrinthe du Safèd Mahal.
OOOoooOOO
La diversion imaginée par Doflamingo était un succès. Tout se déroulait selon ses plans pour le moment. Cela avait le don d'agacer Ava, mais l'adresse du corsaire la servait aussi. Une telle facilité à deviner comment berner les gens étaient assez impressionnante.
Elle croisa plusieurs esclaves dans les couloirs et adopta très vite leur attitude : tête baissée, et démarche lente, le pas ne produisant aucun bruit. Maintenant, il fallait retrouver la pièce. La pièce était immense et à l'étage. Elle en était certaine. Elle ferma un instant les yeux en tentant de se remémorer, mais rien ne lui revint hormis le peu de d'éclairage qu'il y avait dans la pièce. Soudain, quelque chose s'imposa dans son esprit, comme une évidence. Elle bifurqua et emprunta les premiers escaliers qu'elle vit et commença à monter dans les étages du palais. Elle devait atteindre le centre du palais. Il n'y a rien de plus logique que de garder les choses les plus précieuses éloignées des extrémités. Ainsi, elle commençait à deviner où se trouvait la pièce où tout était caché. En plein centre du palais, là où tout le monde est invité à s'asseoir et où, en même temps, personne ne vient jamais.
Un fil rouge aurait été bien utile dans un tel dédale. Elle avait été bien naïve de penser que ses souvenirs lui reviendraient. Cela remontait à longtemps, et elle n'était qu'une enfant quand elle avait arpenté ces couloirs, toujours accompagnée d'une gouvernante.
Il fallait encore qu'elle monte dans les étages, elle en était sûre. Alors elle grimpa quatre à quatre les escaliers jusqu'à ce qu'un long couloir blanc s'ouvre devant elle.
- Eh toi !
Et merde ! Ava se retourna très doucement, les yeux rivés sur ses pieds. Surtout ne rien dire. Un esclave, ça ne parle pas, ça ne pense pas. Un esclave obéit seulement.
Celle qui l'avait interpellée s'approcha d'une démarche frénétique, elle était énervée ou pressée, mais peu importe : elle dirigeait droit vers elle. Ava jeta un rapide coup d'œil et eut le temps de reconnaître l'habit blanc brodé de bleu. Une gouvernante. Elle se planta devant elle et tout à coup, le souvenir embrassa Ava. Celui qui surgit quand plus rien ne subsiste, quand le temps s'arrête et ne suit plus son chemin linéaire. Comme une irrépressible marée, l'odeur des vêtements de la gouvernante l'assaillit alors qu'elle l'attrapait par le poignet.
- Tu es gelée, j'espère que tu n'es pas malade non plus ! Se plaint la femme qu'Ava n'écoute pas. Elle n'est plus là. Assise sur la banquette, elle attend. L'odeur de l'eucalyptus console la petite fille. Le pansement sous son œil lui tire, mais qu'importe, sa mère sera bientôt là.
- Oh tu m'écoutes petite sotte ! la secoua brusquement la femme.
Retour brutal du réel. Elle n'était plus une enfant. Elle hocha de la tête sans qu'un mot ne sortît de sa bouche.
- Bien, ils ont fait vite cette fois-ci pour remplacer l'autre idiote. Se couper la main ! Devant sa Saintetée qui a les nerfs si fragiles ! Allons allons ! Dépêchons-nous. Il faut nettoyer la chambre avant que Sa Sainteté ne vienne voir sa fille.
La gouvernante la tira par le bras, et l'emmena avec elle jusqu'à de grands appartements. L'odeur était plus forte ici. On venait de mettre à brûler le flacon qui s'évaporait en grandes voluptes. Deux esclaves relevaient les consoles renversées et une autre balayait des éclats, certainement un vase cassé. Des voix parlaient doucement dans une pièce voisine. Ava ne sut pas quoi faire lorsque la gouvernante entra dans la pièce en question, la laissant seule au milieu de la pièce. La chambre avait été dévastée. Relique d'une crise de nerfs qui devait avoir eu lieu quelques heures plus tôt. Les bras ballants, elle contenait une réaction qui la dépassait. L'émotion était si forte qu'elle ne pouvait plus bouger. Les chuchotements réconfortants provenant de derrière la porte lui donnait envie à la fois de prendre ses jambes à son cou et en même de traverser la pièce et de hurler à sa mère qu'elle était là.
Bientôt, elle n'eut plus choix. La gouvernante revint avec une pile de vêtement qu'elle jeta dans un panier et en prit d'autre.
- Aller ! Dépêche-toi, viens m'aider ! Ordonna-t-elle d'une voix stridente.
Elle lui mit les vêtements dans les mains et la poussa vers l'autre pièce. Elle fut éblouie par la luminosité amplifiée par les miroirs que comptait la salle de bain. La gouvernante la poussa vers le fond de la pièce en chuchotant :
- Déplie les vêtements, dépêche-toi.
Elle tourna les talons pour aller derrière un grand paravent où deux femmes discutaient à voix basses.
Un grand valet de chambre était installé près d'une grande baignoire à pied-de-lion. Ava posa les vêtements sur un tabouret et entreprit de les installer sur le portant. C'était plus fort qu'elle : d'un regard, elle parcourut les grands miroirs essayant de voir si elle pouvait voir par un jeu de reflets derrière le paravent. Inutile, elle ne distinguait que des ombres. La gouvernante fut à nouveau près d'elle.
- Le bain dépêche-toi ! Elle est calme, il faut en profiter… Chuchota-t-elle comme si elle était essoufflée.
Ava se retourna vers la grande baignoire et tourna les robinets d'or et l'eau sortit du bec d'un grand cygne posé sur le rebord en céramique. Elle attendit en silence, tremblante, elle n'osait plus regarder en direction des chuchotements. Soudain, le paravent se replia d'un coup la faisant sursauter. Elle leva les yeux. La gouvernante qui l'avait amenée se tenait au-dessus d'une autre gouvernante, plus âgée, qui retirait les chaussons d'une autre femme allongée sur une méridienne. La femme était d'une beauté inimaginable. Ses longs cheveux blonds descendaient en cascade le long de sa poitrine jusqu'à ses hanches. Elle semblait endormie, mais quand la gouvernante âgée se pencha vers elle et lui chuchota d'une voix bienveillante qu'il lui fallait se lever, elle ouvrit ses yeux et acquiesça. Elle se redressa avec grande peine et se leva. Elle était vêtue d'un splendide kimono blanc brodé d'or et d'argent représentant des dragons enroulés autour d'arbres. Elle était grande, plus qu'Ava et se déplaçait avec une grâce qui n'était pas atténuée par la fatigue immense qui semblait l'habiter. Elle s'avança encadrée par les deux gouvernantes et elle s'éleva sur un petit marche pied et attendit qu'on lui retire son kimono révélant son corps d'une pâleur diaphane. Ava sentit sa respiration se couper, les yeux rivés sur la longue cicatrice qui parcourait tout le bas de son ventre. Les restes d'une césarienne la marquant à vie.
- Dame Galatée ? Que se passe-t-il ?
L'air ne parvenait plus au poumon d'Ava, elle suffoquait et finalement releva les yeux. Le regard de sa mère la brûla. Un regard franc, lucide. Galatée savait parfaitement qui était la jeune esclave devant elle. Elle repoussa les deux gouvernantes en arrière qui commencèrent à protester et se tournèrent vers l'esclave qui semblait tant troubler leur maîtresse. Ava le vit dans le regard de la plus âgée : la vieille avait compris.
Ava ne réfléchit pas plus. Elle se jeta par-dessus la baignoire et attrapa chaque gouvernante par la tête, ses doigts s'accrochant à leurs mâchoires.
- Blase.*
Ses deux mains s'agrandir jusqu'à perdre leur contour et formèrent une fine bulle d'eau tout autour des têtes des deux femmes. Leurs yeux exorbités trahissaient la frayeur qui les traversaient puis lentement se refermèrent. Elles cessèrent de se débattre et tombèrent mollement au sol, évanouies.
La noble regarda les corps étendus de ses servantes puis saisit Ava pour l'approcher d'elle.
- Va-t-en avant qu'ils ne te trouvent !
Ava avait rêvé tant de fois de revoir sa mère, espéré que sa folie soit passée. Mais il n'en était rien, la carnage régnant dans la chambre étant suffisamment équivoque. Elle ne sentit le contact de sa mère qu'en contre-coup, qu'une fois qu'elle l'avait relâchée.
Les mots de sa mère, finalement, tracèrent leur bout de chemin et elle se recula en hochant de la tête. Elle contourna la baignoire et avant de quitter la pièce, elle se retourna une dernière fois, alors que sa mère entrait doucement dans l'eau brûlante.
- Je reviendrai te chercher, je te le promets.
Dans son dos, elle fut certaine d'entendre sa mère lui répondre :
- Non. Ça, c'est ce que ton père m'a promis.
Ava marqua une pause, mais ne montra aucune émotion. La tête baissée, elle traversa la chambre tout doucement. Il ne restait plus qu'une esclave qui achevait de refaire le lit. Elle luttait contre elle-même pour ne pas se précipiter à nouveau vers la salle de bain. Une fois dans le couloir elle referma la porte des appartements de sa mère, les mains tremblantes. Elle devait continuer ses recherches, bien qu'à cet instant, c'était impossible. Elle ne pouvait pourtant pas rester là, au vu de tous. Elle erra dans différents couloirs jusqu'à trouver un petit escalier réservé aux femmes de chambres où elle se jeta.
Quelle idiote elle avait été. Comment avait-elle pu s'imaginer un seul instant ne pas voir sa mère. Si ça n'était pas un putain d'acte manqué. Bien sûr qu'elle avait parfaitement retrouvé son chemin… Droit vers les appartements de sa mère. La force des souvenirs et des désirs inconscients. Ava ferma les yeux. Elle devait se rappeler pourquoi elle était là et que sa seule issue de sortie n'allait pas pouvoir l'attendre si elle mettait plus de temps que ce qui avait été décidé.
Elle se remit en route, l'impression de traîner des poids attachés à chaque cheville. Elle reconnut vite le grand couloir du dernier étage. Entre l'aile est et le bâtiment du grand dôme un jardin suspendu abritait des lieux intimes masqués par les tonnelles et les bosquets. Au bout de l'aile est l'aile nord rejoignait le bâtiment central couronné de son audacieuse coupole encadrée de ses tours d'or. Ava longea à pas de loup le grand couloir aux proportions énormes qui rejoignait l'aile nord. Zone déserte où elle ne croisa personne, aucun bruit. Le silence régnait dans tout le bâtiment. C'est là qu'elle reconnut le lieu. Sur la droite, un couloir partait vers le grand dôme. Elle s'arrêta au début du corridor laissé dans l'obscurité. Au fond, elle distinguait les lourdes portes noires où était gravé en or le plus pur le même blason que dans sa nuque : le dragon se mordant la queue. Un sourire s'épanouit sur son visage. Elle l'avait retrouvée. La pièce où tout est caché se trouvait au centre du palais. Sous le grand dôme. Au dessus de la grande salle de réception de l'édifice.
Elle s'engagea dans le long corridor. La démarche leste, ne faisait aucun bruit. Les portes lui semblaient toujours aussi imposantes, comme si elle n'avait pas grandi depuis sa visite. Les poignées sculptées représentaient les gueules de dragons à l'air courroucé. Elle allait refermer sa main autour de l'un d'eux quand une voix chantante la stoppa dans son geste.
- Que crois-tu faire l'esclave ?
Ava se retourna, ses sens en éveil. Le couloir sombre était vide. Ses pouvoirs ne firent qu'un tour en elle-même, se répandant jusqu'aux extrémités de ses doigts avant de se retirer, donnant à sa peau des reflets bleutés capricieux.
- Tu es bien étrange pour une esclave, reprit la voix qu'elle reconnut comme masculine.
Elle ferma les yeux et sentit l'aura de l'homme juste au-dessus d'elle. Accroupis sur la corniche courant tout le long du couloir, il était vêtu d'une longue tunique croisée, bleu nuit par-dessus un pantalon de la même couleur, légèrement bouffant. Elle reconnut tout de suite l'accoutrement : celui des gardes de ses rêves. Ainsi, ses ancêtres n'avaient eu aucun scrupule à recréer leur univers. Elle secoua la tête, il n'était pas temps de songer aux morts. Le gardien se laissa tomber sur le sol de marbre avec souplesse et il se redressa lentement devant elle tout en retirant du repli de sa tunique un long poignard à la lame recourbée.
- Que croyais-tu faire petite fille ? Susurra-t-il. Ne sais-tu pas que seuls les dragons peuvent ouvrir la porte ?
Ava resta interdite. Elle jaugea son ennemi et fit un pas de côté, qu'il reproduisit aussitôt. Parfaitement symétrique. Il était légèrement recourbé sur lui-même. Position habituelle, la plus à même de protéger les organes vitaux… L'homme préférait le combat rapproché. Elle testa une dernière fois, en croisant ses pieds et le vit reproduire l'enchaînement. L'homme lui adressa un sourire sardonique, il avait compris ce qu'elle faisait. Ava inspira, à part ça, impossible de savoir s'il maîtrisait les hakis et s'il était un possesseur de fruit. L'homme ne lui laissa pas le temps de réfléchir plus longtemps, il fonça sur elle ses deux mains refermées autour du manche du poignard. Elle évita l'attaque grossière et vit venir le coup déguisé qu'il préparait. Elle se contorsionna quand il retira de derrière son dos un deuxième poignard.
- Tu es bien agile pour une esclave… Qui t'envoie ?
Ava avisa la porte. Si elle se réfugiait dans la salle, l'assassin alerterait tout le palais qu'elle y était enfermée. Elle n'avait pas le choix elle devait soit se débarrasser de lui ici, soit dans la salle, et essayer de l'y enfermer en espérant que personne ne le trouverait avant plusieurs jours.
- Serait-ce le démon qui t'a amenée ? Il compte voler mon maître alors que celui-ci l'accueil comme son hôte.
Les lèvres de l'homme s'étirèrent en un sourire alors qu'Ava inspirait avant de se remettre en garde. Il se précipita sur elle en faisant jouer ses poignards. L'homme était rapide, dans une rotation, il revint immédiatement sur Ava et la lame effilée laissa dans son bras une longue estafilade.
- Touché, ricana-t-il.
Mais son expression triomphante ne dura pas. Sa fine mâchoire se crispa quand il vit la plaie se refermer tout aussi vite qu'elle avait été réalisée. Ava évita de justesse l'attaque suivante. Il était rapide, et dans le corridor esquiver n'était pas des plus simples, se métamorphoser ne lui serait pas utile. L'homme était grand et très fin, son corps avait été dessiné pour ce type d'échange. Alors qu'il se retournait après l'avoir une fois de plus évité, il rebondit sur l'un des murs pour la coincer entre lui et la porte.
- Tu as des pouvoirs particuliers. Je n'y avais pas fait attention, mais maintenant, je la sens… L'eau coule en toi, gronda l'homme tout bas.
Ava se redressa, et le toisa.
- Tu n'as donc pas de langue ? Continua-t-il. Ma patience a des limites ma jolie. Je vais aller la chercher si tu refuses de répondre.
Il sauta sur elle dans un grand bond et Ava ne put l'éviter. Elle se raccrocha à la poignée de l'une des grandes portes noires et arrêta avec son autre main la lame de l'un des poignards. L'assassin n'eut pas le temps d'abattre son second poignard. Ils basculèrent en arrière, emportés par leur élan alors que le battant de la porte noire s'était ouvert. Ils dévalèrent des marches avant que leur course ne s'arrête sur un sol dur, quelques mètres plus bas. La porte se referma sans un bruit derrière eux.
Blase = bulle en allemand, c'est l'attaque qu'Ava avait utilisée sur Kidd la toute première fois qu'ils se sont vus. Ces mains forment une membrane d'eau qui évolue en bulle d'eau, permettant d'étouffer l'ennemie.
Et note : Safèd Mahal signifie littéralement le palais blanc ! voilà voilà (:
J'espère que ça vous a plu ! j'attends vos impressions et je vous remercie de suivre cette fiction et de continuer à la lire ! À la prochaine, prenez soin de vous (:
