Hello ! Comment ça, on est déjà vendredi ? Pas du tout, que nenni ! ... Bon, d'accord x) Je suis désolée, je n'ai pas vu le temps passer ! J'espère que vous allez bien ! Et que vous aimerez ce nouveau chapitre que je vous apporte. Bonne lecture à vous !


Il ne se passe rien de particulier ce mardi. Stiles mange à la table des gens populaires encore une fois. Cette fois, il y a aussi Danny et quelques autres personnes – dont Allison et Scott – alors pas question de parler de loups-garous à table. C'est quand même un soulagement d'avoir des conversations normales sur les sujets ennuyeux au lycée, même si la moitié de la cantine s'attend à ce que Stiles et Allison se mettent à se battre à tout moment.

Pardon. Stiles n'est pas aussi stupide. Allison lui botterait le cul, et il le sait bien.

Stiles a l'opportunité de parler à Scott pendant le cours de biologie parce que M. Dalloway prend sa retraite dans un an, et ça fait une décennie qu'il se fiche de tout.

« Tu dois t'éloigner d'Allison pendant un moment. », le prévient Stiles. « Son grand-père est aussi taré que Kate. S'il découvre que tu es un loup-garou, il te tuera. »

Scott fronce les sourcils, inquiet. « Je comprends, mais elle a besoin de moi en ce moment. »

Stiles se pince l'arête du nez. « Scotty, mon frère, invite Ally chez toi, ou ailleurs, mais ne vas pas chez elle, okay ? Écoute, ses parents s'en fichent qu'elle ne passe pas de temps avec son cher papy, crois-moi, même s'ils te détestent. »

« Ils me haïssent. », renchérit Scott.

« J'ai ta parole ? », le presse Stiles.

« Oui. » Des rides se forment sur le front du loup. « Je te le promets. »

Une partie de Stiles peut reprendre son souffle. Le reste de lui continue à paniquer.

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« Prends ton Adderall. », lui rappelle son père le mercredi matin. Il fait bien, parce que Stiles s'est réveillé très agité et maintenant, après le petit déjeuner, il tressaille et s'agite comme un écureuil sur les nerfs.

Il prend son médicament avec sa dernière gorgée de jus d'orange et prend ses clés. « Stella, on y va ! »

Derek les accompagne jusqu'à la porte d'entrée.

« Ça va, big guy ? », demande Stiles. « Avec la lune et tout ça ? »

« C'est moi qui devrais te poser cette question. », répond Derek en serrant doucement l'épaule du plus jeune.

« Quoi ? » Stiles n'a pas entendu la question. Il était trop occupé à regarder la bouche de Derek pour écouter les mots qui en sortaient.

Derek lui sourit. Stiles imagine des trucs, ou bien il y a quelque chose de perçant dans ce sourire ? Comme si Derek sait quelque chose... Un peu satisfait, comme s'il sait exactement ce que Stiles pense en regardant sa bouche.

Stiles ne sait pas s'il veut embrasser ces lèvres ou les regarder voyager sur son corps. Avec une langue et des dents en bonus. Peut-être même quelques grognements.

Derek se penche vers lui et lui dit, doucement, son souffle chaud contre son oreille : « Est-ce que toi, ça va, Stiles ? »

La respiration de Stiles se coupe une seconde et il tourne la tête.

Trop tard. Derek s'est déjà écarté, alors Stiles ne récolte que le frottement de sa barbe contre sa mâchoire. Quelque part, c'est assez pour que son pénis réagisse.

« Heu. », réussit-il à dire. « Ça va. »

Derek a soudain l'air bien trop innocent, le trouduc. « On se revoit après l'école, Stiles. »

Celui-ci se contente de cligner des yeux et Stella le pousse vers la porte.

Le camion du journal télévisé a enfin abandonné et est parti. Au moins, il n'y a pas de preuve filmée du visage de Stiles en cet instant.

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Le shérif travaille ce mercredi soir, alors Stiles, Stella et Derek préparent un repas à base de thon. Enfin, Stiles s'en occupe. Stella met du fromage partout en le râpant et Derek la fait nettoyer. Tout va bien, au final.

La nuit est claire, la lune des vers baigne la ville d'une lumière argentée.

« Okay. », dit Stiles quand ils doivent attendre que le plat cuise. « Si on n'était pas tous enfermés ici, qu'est-ce que ferait un loup-garou alpha une nuit de pleine lune ? »

« Quand j'étais enfant, la meute se rassemblait dans la forêt pour courir. », répond Derek. « Sous notre forme de loup si on le pouvait, ou sous notre forme intermédiaire. Parfois, les humains aussi couraient avec nous. Mon cousin, Kellan. Il avait douze ans. Il voulait toujours courir avec nous, mais il fatiguait vite alors on le portait à tour de rôle. »

Stiles a une douleur dans la poitrine à la mention du cousin de Derek. Un autre nom sur le mémorial de granit. Il a envie de pleurer, ou de crier, sous l'injustice de la situation.

« Vous couriez jusqu'où ? », demande Stella, agenouillée, en rassemblant le fromage dans une pelle avec la balayette.

« Dans toute la forêt. », explique Derek. « On n'avait pas de destination en tête. C'est... C'est difficile, d'expliquer. » Il y a quelque temps, Derek se serait arrêté de parler ici, mais il a depuis baissé ses défenses. Il fait un effort, maintenant, pour Stiles et Stella. « La lune nous attire, comme si elle était magnétique. Elle est plus forte quand elle est pleine. C'est... C'est notre territoire, notre sang, et notre meute. Courir sous la lumière de la lune en tant que loup, c'est... C'est extatique. »

Sa voix se casse sur ce dernier mot, et Stiles sent ses yeux le brûler quand il mesure à nouveau l'intensité de ce que Derek a perdu. Même l'écho faible dans la conversation, c'est trop, et il est encore stupéfait que Derek soit encore là, encore debout. Stiles ne le serait pas. S'il devait porter le poids du deuil de Derek, il se serait fait écraser des années auparavant.

Est-ce que Derek réalise à quel point il est fort ?

« Je suis désolé. », dit-il en déglutissant. Il traverse la cuisine pour rejoindre Derek vers le plan de travail. « Tu n'es pas obligé d'en parler, si tu n'as pas envie. »

Derek déglutit, lui aussi. Ses yeux verts brillent quand il les plonge dans ceux de Stiles. « J'aime partager des choses avec toi. »

Oh, et puis merde.

Stiles s'avance, sans se soucier de sentir le thon. Il pose sa main contre la mâchoire de Derek. Il sent le frottement de sa barbe de trois jours contre sa paume. Puis il s'approche encore de Derek, les yeux fixés sur ses lèvres. Derek ouvre légèrement la bouche, et ils s'embrassent.

Stiles ferme les yeux, et les mains de Derek viennent se poser sur ses hanches.

C'est merveilleux.

C'est exaltant.

C'est -

« Dégueu ! », s'exclame Stella, et Stiles se recule en s'agitant dans tous les sens.

« Euh. », dit-il. Au moins, Derek a l'air aussi rouge et gêné que lui, non ?

Stella les juge tous les deux du regard.

« Oh mon Dieu. », s'exclame Stiles. « Tu n'as pas des devoirs à faire, ou quelque chose ? »

« Et toi ? », réplique-t-elle.

« Eh bien... », termine Stiles faiblement. « C'est malaisant. »

Derek rit, et entremêle ses doigts à ceux de Stiles. Il regarde Stella, les sourcils levés. L'alpha est-il en train de défier la petite fille de huit ans ? Stiles pense que c'est en train de se produire. Il n'a aucune idée de qui va gagner, en toute honnêteté.

« Dégueu. », répète Stella mais elle s'avance pour que Derek puisse lui faire un câlin avec son bras libre.

Crise évitée. Jusqu'à ce que Stella raconte tout à leur père, et Stiles devra expliquer ce qu'il s'est passé. Honnêtement, il ne sait pas trop comment ça va passer vu qu'il y a quelques jours, il disait qu'ils étaient juste amis pour l'instant. Facebook a raison. Les relations, c'est compliqué et Stiles est encore en plein apprentissage. D'ailleurs, il n'aime pas la phase d'apprentissage. Il aime apprendre de nouvelles choses, mais il n'aime pas ne pas tout savoir sur un sujet. D'ailleurs !

« Hé, Derek, est-ce qu'il existe une sorte de Loups-garous pour les Nuls, mais en latin ? »

« Quoi ? »

« Lydia a dit qu'elle a appris tout ce qu'elle savait dans un livre. », explique Stiles. « S'il y a un livre sur le sujet qui existe, et que j'ai cliqué sur toutes ces pages de furries pour rien ces derniers mois, je vais être énervé ! »

« Peut-être. », répond Derek en haussant les épaules. « Deaton en a probablement quelques-uns, je suppose. »

« Je ne pense pas que Lydia connaisse Deaton. »

« Je pense que ma famille avait des livres. », continue Derek. « Mais la plupart... » Il secoue la tête. « Je suppose qu'il y en avait certains dans le coffre, mais personne ne peut y pénétrer. »

« Oooh. Un coffre ! J'ai dix dollars et un kit de crochetage de serrures qui vont te prouver le contraire ! »

« Non, je veux dire que seuls les Hale peuvent entrer dedans. », explique Derek. « Il est protégé avec de la magie. »

« Au temps pour mon kit de crochetage. », se lamente Stiles. Puis, en direction de Stella : « Que je n'ai pas du tout, c'était une simple plaisanterie. »

Elle le regarde de travers.

Quand la minuterie du four sonne, Stiles sort le plat et le laisse refroidir quelques minutes. Stella prend le pichet d'eau dans le réfrigérateur et Derek va chercher assiettes, verres et couverts. Stiles aime cette familiarité. Il aime voir à quel point Derek s'intègre facilement à leur petite famille, et il est presque certain que Derek apprécie aussi.

Ils mangent à la table de la cuisine.

« C'est la lune des vers ce soir. », dit Stiles à Stella. « Ça a l'air flippant, non ? »

Elle hausse les épaules. « J'aime les vers. Si on n'en avait pas, les fermiers ne pourraient pas faire pousser de la nourriture. »

« Tu as raison. », répond Stiles, la bouche pleine.

« On a une ferme à vers, à l'école. », continue Stella, avant de leur raconter plein d'anecdotes. Sans mentir, Stiles a déjà eu de pires sujets de conversation à table. Il aime voir Derek sourire pendant que Stella babille joyeusement.

Son téléphone bipe dans sa poche et il le sort. C'est un message de Scott : Le grand-père d'Allison est arrivé. Je prends mes distances, comme tu l'as dit.

Une minute plus tard, de son père : Gérard Argent est en ville. Soyez vigilants.

Stiles prend une grande inspiration et montre les messages à Derek et Stella.

« Au moins, l'information circule bien. », dit-il.

« Personne ne va entrer ici, Stiles. », lui répond Derek fermement. « Je vais monter la garde pour vous, d'accord ? »

« Okay. », dit Stiles en reprenant sa fourchette. « On va gérer, hein ? »

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Stiles s'endort vers dix heures en repensant au baiser qu'il a partagé avec Derek, imaginant ce qui aurait pu se passer si Stella n'avait pas été là. Il se réveille en sursaut un certain temps plus tard quand son téléphone se met à sonner, l'écran illuminant la pièce. Il essaie de le prendre mais se loupe, réessaie et réussit.

Il plisse les yeux en direction de l'écran avant de décrocher. « Jackson ? »

« Stilinski. », répond Jackson. Il a l'air tendu. Comme si quelqu'un venait de lui voler son gel. Pire que ça, il a l'air effrayé.

Stiles est tout de suite bien réveillé. « Jackson, qu'est-ce qu'il se passe ? »

Stiles est conscient que sa porte s'ouvre, et Derek entre. Ah, oui. L'ouïe lupine.

« On est à la maison des Hale. », répond Jackson.

« C'est quoi ce bordel, pourquoi tu - »

Jackson le coupe. « En ce moment, Gérard Argent est en train de tenir un pistolet contre la tempe de Lydia. Je suis vraiment désolé, Stiles, mais il dit que si Derek n'est pas là dans les vingt minutes, il va nous tuer. »

Il raccroche, et Stiles sent son sang se glacer dans ses veines.