Holà !
Je sais pas si j'ai déjà dis Bonjour ? Anyway ! Coucou ^^ c'est donc à moitiée cramée par le vilain soleil que je vous poste ce tit tit chapitre ! bon dans l jeu on sais d'avance qu'on va chialer (ou pas d'ailleurs) quand on en arrive à ce niveau, on sait aussi que Byleth va phaser avec l'air le plus triste du monde devant son tableau-calendrier ... C'est fou comme on sort vite de l'ambiance festive et légère du bal ... même si j'ai voulu rester un peu dans le mood, la réalité de Fodlan ... c'est pas tout doux ! Je remballe mes aspirations d'avenir, d'avoir un jour de l'avance * soupire et se ressert ... du café ! *.
Je vous laisse donc avec ce chapitre 21 ! il n'en reste plus beaucoup déjà avant la fin de la première partie du jeu mais ça va être du costaud !
Je sens déjà que je vais suer ... sur ce ! bonne lecture et à bientôt !
- la Review de la Review :
- Mijoking : * brode ton écharpe de fidèle lecteur trop génial, et se rend compte que c'est un titre trop long pour rentrer dessus ... * Tu m'as bien fait rire avec ton constat sur Volkhard, nan, en effet, pôpa Arundel mérite pas son écharpe du meilleur père de l'année XD Pour la pièce, je voulais pas trop en dévoiler tout de suite, tu verras (bientôt ?) ce qu'elle a parié et je suis certaine qu'en super lectueur-sniper, tu t'en souviendras direct ! et oui ! je pense qu'effectivement Claude a transgressé la règle en dansant avec Byleth mais ça lui correspond tellement ^^
SOUS LES CENDRES
Chapitre 21 :
Page déchirée.
La tête du Lion dépasse de la porte et j'aperçois un éclair de contrariété dans ses yeux.
- Quelque chose ne s'est pas déroulé comme tu l'entendais ?
Il s'ébroue et chasse ses pensées aussitôt.
- J'ai … enfin j'étais avec le professeur, nous discutions puis il a filé.
Son désarroi m'arrache un sourire. Evidemment que Byleth a faussé compagnie à Dimitri, il avait une entrevue urgente à mener.
- De toute évidence ce dont nous parlions n'avait pas grand intérêt …
La pointe de rougeur que j'aperçois sur ses joues attise ma curiosité. Je me relève et attrape une lance pour aller à sa rencontre.
- Ah oui ? Et de quoi parliez-vous ?
Mes canines caressent mes lèvres et le vent fait danser mes boucles légères. J'entends le crissement du ruban qui claque et qui caresse mes épaules nues.
- De, danse …
Il me faut quelques petites secondes pour rapprocher les idées dans mon esprit embrumé par les galipettes de mes professeurs. Puis je réalise.
- De la danse ? Ou de toi qui dansait avec Edelgard ?
Sans que je m'en rende vraiment compte, la lance que je tiens dans la main a la pointe dressée vers Dimitri. Ces foutues armes sont bien trop légères pour moi. Je l'abaisse et fait résonner sa pointe contre le sol du terrain.
- De cette période où je l'ai connu, quand elle m'a initié à la danse. C'est un beau souvenir, tu le sais Luna, Edelgard a été ma première amie et parfois je me demande ce qu'il se serait passé si …
Il baisse les yeux et secoue la tête.
- Si elle n'avait pas eu à partir pour Enbarr ? Déjà tu n'aurais pas commis l'outrage d'offrir une dague à une jeune fille. Et ensuite …
Ensuite ? Nous n'aurions probablement pas eu à subir les maléfices et tortures de Thales. Aurais-je réussis à dire tout ce que mon coeur couvait sous silence et sous folie ? Je n'en ai pas la moindre idée.
- Tu l'aurais sans doute épousé.
Les mots sont sortis plus fort que je ne le pensais. Mais ce ne sont pas des mensonges. Et si l'on remonte plus loin encore, s'il n'y avait pas Thales, alors ils ne seraient pas venus me chercher Volhard et lui. Je serai toujours une jeune fille de ferme, rêvant à la lune et se demandant à quoi pouvait bien ressembler le Prince de Faerhgus. Car c'est ce qu'il serait pour moi, un Prince anonyme et lointain, une figure royale hors de mon monde. Il ne serait pas Dimitri, et ne pointerait pas sur moi ce soir un tel regard courroucé, furieux et pourtant bienveillant.
J'esquisse un sourire. Il faut croire que la folie ne m'a toujours pas quitté, j'étais à deux doigts de me réjouir du présent.
- Est-ce ainsi ce que tu penses ?
Dimitri croise les bras et je vois ses poings se serrer.
- C'est une possibilité. A l'époque, vous étiez proches et vos statuts respectifs le permettaient.
Il ne vacille pas tandis que je commence à jongler avec ma lance pour occuper mes mains et mon esprit. Ces mains dans lesquelles je tenaient celle d'Edelgard. A travers la lance, je sens encore les pulsations de son coeur battant, même si son visage ne montrait rien d'autre que son habituelle concentration. Dans un monde sans Thales, dans un monde sans moi, elle aurait sans doute été bien plus heureuse.
Sous le silence de la lune, je danse seule avec ma lance et dessine dans mon esprit les contours d'un monde sans la face sinistre de ce monstre aux orbites vitreux. Ah, douce folie, voici que j'en reviens à me réjouir du présent. Ce soir je ne rêve pas d'un Prince, ce soir, je rêve de la dépouille méconnaissable de Thales, je la laisserai en charogne pour que les Bêtes s'en repaissent et vomissent.
- Je t'ai vu danser avec elle ce soir.
Derrière moi, il me semble que Dimitri attrape une arme et s'avance vers moi.
- Avec Edelgard, et d'autres.
Je fais glisser mon menton sur mon épaule et le guette de sous mes cils. Tout en lui m'indique qu'il est contrarié. N'importe qui d'autre fuirait sa hargne et son courroux, mais à moi, il me plait aussi comme ça, juste à point, dans cet entre-deux furieux entre haine et désir. Je ne sais pas ce qu'il veux, mais il n'y a que moi qui pourrait lui offrir.
La pointe d'un sourire piquant se dessine sur mes lèvres et j'envoie valser ma lance inutile pour attraper la faucille qui jonche le sol. Ce n'est pas la mienne qui est dans ma chambre, sous mon lit, c'en est une autre, que personne n'utilise. La lame arrondie siffle lorsqu'elle tranche l'air et vibre lorsqu'elle contre l'assaut de Dimitri.
Il a chargé et met tant de forces dans sa frappe que la lance d'entrainement se brise au premier contact. Ma faucille est intacte et je l'agite dans les airs. Dimitri se rapproche mais le tranchant intérieur de ma lame caresse déjà la base de sa nuque. Le manche à bout de bras, il suffirait que je l'attire un peu plus près de moi pour que sa peau se recouvre d'un torrent écarlate. Nous jouons à un jeu dangereux. Et quelque part, c'est précisément ce qui le rend intéressant.
- Que ferait Faerghus sans son Prince ?
Ses mâchoires se serrent tandis que je relâche mon emprise et fais à nouveau siffler la faucille que je dépose sur mon épaule.
Le Régent Rufus n'a que peu de réputation, né sans emblème et sans don pour gouverner, j'ai du mal à croire qu'il soit lié au Lion qui se tient devant moi. Ce prédateur qui s'énerve de plus en plus d'ailleurs. Il a déjà une nouvelle lance dans les mains et avale la distance entre nous. Je m'abaisse, bascule sur mes jambes et fait volet mon jupon contre le tissu qui recouvre sa jambe. Nous glissons l'un contre l'autre, à deux doigts de nous poignarder, ou de nous embrasser, seule la Déesse le sait. Dans son sadisme infini.
J'ai tout juste le temps de plaquer le plat de ma faucille contre mon épaule et de coincer la lance de Dimitri avant qu'elle ne me transperce. Il ne retient pas sa force et son arme finit par plier et se rompre. Le métal se brise en un éclat incisif et le corps lourd de mon adorable assaillant m'entraine sur le sol. Sa poigne sauvage attrape ma taille et je ris en m'effondrant. Des nuées de poussières s'élèvent tandis que ses dents se referment sur ma mâchoire. Son corps est l'arme la plus redoutable que j'ai eu à affronter.
Il m'écrase de sa lourdeur et me maintient de sa force. Ses mains saisissent mon corset et me bloquent au sol tandis que ses bottes déchirent mon jupon.
J'ai une étrange sensation de « déjà-vu » en inversant les rôles. L'idée me fait rire et je relâche ma faux pour m'en aller saisir les fesses de Dimitri. Mes doigts s'agrippent et font une étrange rencontre. Celle de sa peau.
Mes doigts s'aventurent sous le tissu déchiré et ses dessous à la recherche de ce qu'ils pourraient découvrir. Un fessier musclé, et doux.
- Ce … Luna…
J'éclate de rire et sentant sa tête bouillante tomber mollement sur mon épaule. Ses fesses se contractent et il gigote. Le Prince serait-il chatouilleux ?
Dimitri se redresse et relâche mon corps pour se hisser jusqu'à ce qu'un « Crac » ne le freine. Ses yeux se figent au-dessus de ma tête. Je tapote à l'aveugle et attrape un morceau déchiré de ruban. Mes boucles se relâchent et je pouffe de rire devant l'air penaud de Dimitri. J'hésite à savoir qui de nous deux est le plus maladroit au final.
Il replie ses jambes et se redresse avant de découvrir le saccage qu'est devenu mon jupon, voire même ma robe toute entière. Son front transpirant est souillé de poussière et j'arrache un morceau de tissus blanc au cadavre de fibre qui me recouvre pour l'éponger.
- Je suis désolé …
- De quoi donc ? Nous n'avons fait que danser.
Un rire cristallin s'échappe de mes lèvres tandis que les siennes, encore essoufflées, avalent goulûment de grandes bouffées d'air.
Je rapatrie mes jambes et nous voici tous les deux assis parterre dans une nuée de poudre et de fragments de tissus amoncelés. Mes mains saisissent les siennes et je retire son gant gauche. Une fois sur le sol, j'en profite pour glisser mes doigts dans sa paume. Parmi les lambeaux qui nous entourent, je récupère celui du ruban bleu et le noue autour du poignet du Dimitri avant de recouvrir sa peau du cuir blanchit.
Puis je défais le reste du satin noué dans mes cheveux et l'invite à faire de même. Il reste une moitié de ruban mais c'est bien assez pour rehausser la pâleur de ma peau.
L'espace d'un soupir s'échappant de mon coeur, me voici dans ses bras. Mes boucles retombent en cascade sur mes épaules et les débris virevoltent encore sous les torrent de notre danse. Sauvage et passionnée.
/
« Dans cinq ans donc.
Nous nous sommes promis de nous retrouver, tous, ici même dans cinq ans. L'intention est tout à fait louable, j'ai néanmoins hésité à verbaliser ma pensée. Je ne sais pas si je serai toujours de ce monde à la fin de cette année d'apprentissage au monastère. Combien de mois me reste-t-il encore ? Bien trop peu. Mais j'ai tout de même souris est livré ce souhait entre les mains joueuses de la Déesse, elle saura bien quoi en faire, parmi la longue liste de ses amusements.
Dimitri vient à peine de me raccompagner à ma chambre. Sur le chemin, nous avons croisé la classe des Lions au complet et passé un peu temps léger qui a même conduit à cette promesse naïve. J'aurais du sentir que tout allait « trop » bien. Byleth nous a même fait l'honneur de sa présence ainsi que de son serment. Il luisait dans la nuit…. »
Mon estomac se comprime et je réprime un spasme pour ne pas vomir sur mon carnet. Ma main tremble et j'ai mis de l'encre partout. De toute manière ma chambre est déjà sans dessus-dessous.
La pointe de ma plume glisse sur le goulot de l'encrier et je secoue la tête pour poursuivre mon écriture.
« Après qu'il m'ait quitté sur le pas de ma porte (je sentais déjà les miasmes émaner de sous le palier, il n'était pas question de le faire rentrer) je me suis précipitée pour découvrir quel ravage on avait causé à mon territoire. J'en ai encore des hauts-le-coeur, mon antre a complètement été souillée. Partout dans mes draps, règne la puanteur, mes potions ont toutes tourné et mes graines on germé. Je n'ai plus un seul antidote et plus rien pour me soigner. Elle a semé sa nocive magie sur mon autel et a tout pourri. Même toi carnet, tes pages ont jaunit, mais elle ne t'a pas trouvé.
Assise par terre dans ma chambre, je me mords les ongles de ne l'avoir pas remarqué plus tôt. Si j'avais plus souvent posé les yeux sur Edelgard j'aurai pris conscience de son existence. Celle que nous avons retrouvé sous le monastère, Monica, devenue l'ombre d'Edelgard en plus d'Hubert. Un Aigle aux deux menaces qui planent autour d'elle … Ma cousine serait donc véritablement l'Aigle à deux tête ? Comment ne peut-elle pas sentir la viscosité de cette fille ? Je lui en veux, mais je m'en veux aussi à moi-même de ne pas l'avoir senti avant qu'elle ne me trouve. Dans son odeur, j'entends son rire, je vois son visage aussi clairement qu'elle l'a voulu, pour me transmettre son message. Elle a signé sa souillure.
Quelle mise en garde m'a-t-elle faite ? Je n'y comprends rien et savoir qu'elle tourne autour de ma cousine me préoccupe grandement. Pas que je m'inquiète pour la défense d'Edelgard, je ne ferai pas l'erreur de la sous-estimer, mais ce qui me préoccupe ce sont ses intentions. Une telle nocivité, une telle corruption … elle me fait davantage penser à un renégat qui voudrait sa revanche sur le monde. Comme le ferait l'Empereur des Flammes. Et si Monica l'est bel est bien, alors l'héritière impériale est cernée. »
Les cloches du vingt-sixième jour de la Lune des étoiles sonnent, je dois faire vite ou je serai encore en retard, pas question de laisser cette fois, la place à Monica, elle va me le payer. Je range mon carnet à la hâte et sors de ma chambre pour dévaler les escaliers et rejoindre au plus vite les salles de classes.
Devant les vitraux écarlates, je remarque assez vite que tous les étudiants sont dehors, tout comme les professeurs et certains Chevaliers de Seiros. Je me fraye un chemin à travers les Aigles pour rejoindre la déléguée. Je l'arrache à la présence nauséabonde d'Hubert et la tire un peu plus loin.
- Luna ! Voyons qu'est-ce qu'il vous prend ?
- Edelgard, ne vous approchez plus de cette fille !
La déléguée réajuste sa tenue et repousse ses mèches en me confiant un regard sévère.
- Mais enfin de quoi parlez-vous ?!
- Monica ! Elle …
Edelgard me coupe la parole avant que je puisse terminer ma phrase.
- Elle a disparu ! Comme d'autres étudiants et c'est pourquoi nous partons à trois classes pour aller les secourir. Alors vous feriez mieux de retrouver la vôtre et de vous préparer à partir, Jeralt mène les troupes.
Je prends deux secondes pour réfléchir à ce qu'elle vient de me dire. Ses yeux parmes ne me fusillent pas comme avant, elle s'interroge véritablement sur mon comportement. Je frotte mes poings dans mes cheveux toujours recouverts de l'odeur de Monica.
- Cette fille, elle est sournoise est malveillante ! Ne comptez pas sur moi pour l'aider et si jamais elle remet un orteil ici Edelgard, vous feriez mieux de vous en éloigner !
La déléguée arque un sourcil.
- Sournoise et malveillante ? Je vous trouve bien mal placée pour parler ainsi de quelqu'un d'autre que de vous Luna …
Mes épaules s'affaissent en un soupir et balaye ma pensée d'un revers de la main.
- Très bien, faites comme vous l'entendez Edelgard. Vous savez très bien vous entourer après tout …
Saisissant la profondeur de mon reproche, la déléguée me concède un regard plus sévère. La voilà précisément l'impasse dans laquelle nous sommes toutes les deux. Je la dépasse tandis qu'elle croise les bras et ne me regarde pas m'en aller.
- Votre comportement est bien étrange. Si je ne vous connaissez pas, j'en viendrai à penser que ma sécurité vous importe.
Un léger ricanement s'échappe de mes lèvres et siffle contre mes dents.
- Je ne suis plus votre adversaire Edelgard.
Nous tournons toutes les deux les yeux vers l'avant et partons dans des directions différentes.
Je rejoins les Lions et déjà les ordres fusent et je n'ai le temps de saluer personne que nous devons accourir nous enquérir de nos armes et montures. Les écuyers chargent les carrioles, les escouades se rassemblent, il n'y a pas une minute à perdre. J'approche de l'enclos d'Infâme et celle-ci recule, martèle le sol avec ses sabots. Je sais, je ne sens pas bon. Pire, je sens l'horreur.
J'attrape vite les rênes qu'on me tend et enfourche la monture pour rejoindre le cortège complet des trois classes rassemblées.
Monica s'est donc enfuit juste après avoir pourri mon autel. A tout bien y réfléchir, je ne me souviens pas l'avoir vu au bal, peut-être y était-elle, mais une fois encore mon attention était ailleurs. Et plus encore, elle ne serait pas seule à déserter le monastère ?
- Tsss…
Tout ceci pue autant que le présage qu'elle a laissé dans ma chambre.
- La chapelle n'est pas loin, hâtons-nous !
La voix de Jeralt tonne et ouvre la cavalcade. Juste derrière, Byleth trace, l'Epée du Créateur attachée à sa ceinture.
/
Une chapelle et des étudiants fuyards …. J'ai du mal à croire que c'est tout ce qui a été nécessaire à l'établissement d'un tel chaos. Des hurlements, des rugissements et une odeur nauséabonde remplissent l'espace avoisinant de cette petite chapelle. De ce que j'ai pu comprendre dans la cavalcade qui nous a mené ici, des hommes de la ronde d'Alois ont été alerté très tôt ce matin par les râles qui provenaient de lieux pieux. Ce qu'ils y ont découvert leur a glacé le sang. Ils ont chevauché directement prévenir le Chevalier qui a à son tour, averti le Briseur de Lames ( j'ai retenu ce surnom à force d'entre Leonie raconter ses exploits).
Devant l'ampleur du désastre, il a fatalement fallu séparer les troupes et le choix le plus évident fut de nous rassembler par classe. Et face à l'urgence, il n'est plus d'échange inter-classe qui tienne, je me bats avec mes Lions ! Jeralt en tête de file, nous devons remonter jusqu'au nord pour retrouver la petite chapelle, là où tout est parti. Mais la route contient de sévères embuches, les Bêtes Démoniaques grondent et nous avons du engager le combat. Les ordres de Jeralt et de Byleth combinés aux schémas tactiques efficaces des Lions nous donnent un avantage. La catastrophe est grande, pourtant la simple silhouette de Byleth nous rassure, même aux confins des abîmes de ce triste monde.
L'escouade de Felix termine de fracasser la carapace du monstre et son armure solide vol en éclats qui s'effondrent sur la sol. A l'avant-ligne, la concentration de Byleth ne faiblit pas et il n'a pas besoin de nous faire signe, Ashe, Annette et moi connaissons parfaitement nos rôles.
L'archer décoche une flèche, puis une salve qui s'en va percer le cuir épais du monstre qui succombera bientôt. Car aujourd'hui j'ai autorisation, de la bouche même du Briseur de Lames, d'user de ma magie, sans restriction. Un ordre pareil, je ne l'ai pas contesté.
Annette assène un sort et sa tenue d'enchanteur vole sous la déflagration. Elle lui a causé de sérieux dégâts mais le monstrueux se tient toujours face à nous, prêt à nous attaquer à la seconde même où il en ressentira l'envie. De tels monstres ne semblent pas avoir d'autre raisonnement que la mort, ils l'ont cramponnée au ventre.
Mes poignets dansent et je tape du pied tandis que le monstre se tourne vers moi, un de ses yeux est crevé, ses entrailles rougissent de la fusion qui y sommeil, il se prépare à tirer. Le cercle lumineux violacé s'allume sur le sol et j'invoque l'astre lunaire, lourd et chargé d'ondes magiques. Malgré l'invitation de Jeralt, je fais le choix de ne pas solliciter mon emblème, j'ai encore en tête les visages déformés et si peux reconnaissables des créatures que j'ai du affronter dans la grotte de Thales. Et surtout l'affreux souvenir de leur ancienne humanité, saccagée par Thales. Pourtant, lorsque les crépitements ténébreux de ma magie achèvent sa vie monstrueuse, je sais bien que je l'ai tué.
L'astre disparait dans une détonation retentissante tandis que le monstre s'effondre sur le flanc et achève sa vie dans un ultime râle. Les escouades s'écartent pour laisser la place à l'immense cadavre. Définitivement, elles sont plus massives que celles que j'ai affronté dans l'antre de Thales. Une sensation de dégoût me saisi et je fais de mon mieux pour ne pas réfléchir, ne pas trop penser. J'essuie la sueur qui coule sur mon front et avance vers la nuée qui se dégage du corps monstrueux. Ça … ce n'était pas ainsi dans la grotte.
Les vapeurs puent un mélange de mort et de terreur, purulent et s'envolent jusqu'à laisser à découvert … un autre corps.
Nous retenons tous une mine dégoût, il me semble que Mercedes est entrain de vomir derrière moi, elle a réalisé vite ce que nous venons de faire et ses cris se mêlent à ceux de la victime qu'elle avait évacué des griffes du monstre.
La dépouille de la jeune fille porte la même tenue que les nôtres, c'était bel et bien une étudiante au monastère, et nous l'avons tué.
La rage bouillonne en moi et monte jusqu'à mes tempes alors que certains, des escouades ou de ma classe, rendent le contenu de leurs estomacs sur le sol rocailleux. Pas seulement que l'idée de la mort les dégoute, mais je comprends aisément cette sensation infâme d'avoir été trompé, d'avoir semé la mort à contre-coeur. La trace de souillure que laisse derrière elle la macabre manigance des persécuteurs. Des Puissants.
Tout ceci, dans chaque recoin, je commence à décerner l'ombre de Thales.
Je tire le corps sans vie derrière un buisson et laisse ces secondes de répit à mes camarades pour qu'ils reforment les lignes et évacuent la victime que nous avons "sauvé" .
Dans mon dos, je sens les regards de Jeralt et de Byleth qui suivent mon geste du bout des paupières avant d'ordonner la suite de l'assaut.
- Encore plus au nord, il reste un monstre à abattre.
Les rangs des Lions se resserrent, Annette épaule Mercedes et je suis les pas d'Ashe qui glisse déjà une flèche dans l'encoche de son arc. Menés par les anciens mercenaires, nous reprenons la course pour remonter le plus vite possible jusqu'au monstre. Les nuées des escouades restent en formations et je discerne à peine mes camarades derrière les dos de ces hommes anonymes qui ont rejoins nos rangs. Cela fait plusieurs combats déjà, ils ont parfois été ramenés de conquêtes et ont juré fidélité à certains Lions. Dans les airs, les ombres des pégases menés par Ingrid nous guident. Le monstre est bien encore là. Partout les ombres des escouades dansent sur le sol tremblant. La monture de Jeralt nous ouvre la voie et nos foulées s'accélèrent sitôt que nous recevons les instructions des soldats aériens.
Bientôt les cris confirment sa position et père et fils se séparent, chacun rallie à sa suite une faction des Lions. La première ligne menée par Jeralt porte les premiers assauts. Les escouades de Dedue et de Sylvain s'en prennent aux défenses du monstre. Ses épaisses écaillent se fissurent sous les frappes des trublions et les impacts des lances. Elle vacille et sa colère redouble d'intensité. Dimitri, Byleth et Felix poursuivent les chargent. Personne n'attend, aucun ne prend une seconde pour réfléchir de peur d'hésiter à achever le monstre. Depuis les airs, les javelots des pégases blessent durement l'échine épaisse de la créature désormais à découvert et je me mords la lèvre. Je me focalise sur cette étudiante à sauver, celle qui geint et … couine? Alors qu'Ashe et Annette préparent la troisième salve de cette mécanique bien huilée, je glisse un regard un direction des gémissements ridicules.
- QUOI ?
Mon cri résonne entre les sifflements des flèches de l'archer aux cheveux d'argent.
Monica ? Elle est là, en toute impunité et implorant pour son salut ?! Je la vois gesticuler, j'entends sa voix nasillarde mais tout ce que je perçois, c'est la jouissance à peine réfrénée dans ses yeux … Je quitte les rangs et me rapproche d'elle. Là, tout de suite, je vais la tuer. La jeter dans la gueule béante et dégoulinante du Monstre.
- Luna ! Je l'ai manqué !
Le cri d'Annette me retire de mes fantasmes pour me recoller à la réalité du moment, mais c'est tout de même ma colère qui s'exprime la première.
Je fais demi tour et invoque, à chaque pas un peu plus fort, mon emblème. Mes poignets dansent et les escouades s'ouvrent pour me laisser le passage ouvert. Lorsque mes canines s'enfoncent dans les lèvres, que mon propre sang colore mon visage, je signe des deux mains, les cornes de la Bête.
La déferlante est violente, ravageuse tant elle contient la haine profonde que je voue à Thales, et désormais à Monica. Les pleurs que j'ai versé à Remire, les mots de Volkhard… Tout jaillit hors de mon corps pour se déverser en torrents magiques que j'oriente vers le Monstre. A cet instant, il porte le même visage que Monica. Elle a souillé mon entre et me voilà contrainte à la sauver ? J'achèverai sa vie répugnante.
Tandis que sous les griffes du monstre le sol se fissure, je tourne mon regard pour croiser celui de cette impie, elle ne geint plus. Droite, le sourire déformé, ses yeux pourraient tomber de leurs orbites tant ils sont ouverts.
Les pieux acérés traversent le sol et …
L'espace d'une seconde, je vacille et j'ai la désagréable sensation de … regretter mon geste. Les jappements de la créature expirant se mélangent aux derniers soupires de la Bête ancestrale, de Maurice, je revois ses yeux humains au seuil de leurs jours. La seconde suivante je réalise que mes mains sont en fusion, littéralement. Des boules de feu se sont formées dans mes paumes et commencent à mettre le feu aux arbustes aux alentours.
Déboussolée, je tombe sur le sol. Mes yeux se perdent dans la nuée violacée et mon coeur se serre à l'idée d'y retrouver l'apparence humaine de ce Brave oublié. Mais il n'en est rien, c'est sur l'uniforme du monastère que mon regard opalin se pose. La triste et sinistre réalité.
J'ai encore tué.
Cette fois mes camarades ont réprimé leurs haut le coeur et j'entends çà et là des ordres divers pour aller porter main forte aux autres classes. Tous se dispersent.
Mes mains tremblent lorsque je tire sur le cadavre chaud de l'étudiant et le glisse jusque dans des fourrages isolés. Enfin, c'est ce qu'il me semblait … J'essuie la sueur de mon front et m'approche de l'autre corps allongé au sol. Dans le vacarme hurlant, je découvre une jambe inconnue et puis c'est finalement tout le corps allongé, yeux fermés de Monica que je trouve.
- Quoi ?
Ne venons nous pas de la sauver ? Je ne comprends plus.
Déposant les membres du corps de l'étudiant au sol, je me penche au-dessus de celui de Monica. Quelle est cette supercherie ?
Je n'ai pas le temps de réagir que ses paupières se sont ouvertes sur des orbites qui n'appartiennent pas au genre humain ! Je recule et me cogne le dos contre le corps sans vie, je trébuche et tombe. En face de moi, son sourire, déjà déformé, se fend encore plus et un léger rire s'échappe de ses lèvres oranges.
- Surprise ! Héhé ! T'es fortiche, dommage que tu doives mourir tout de suite !
Plus vite que mes yeux ne peuvent le comprendre, Monica sort de mon champ de vision et une douleur extrême se loge dans mon cou. A la hâte et sous les décharges qui dévastent ma peau, je sens qu'elle m'a infligé deux morsures. Puis je fais de mon mieux pour suivre ses mouvements, pour la repousser, mais elle se dérobe une nouvelle fois à mes yeux et …
/Crac /
- Tu ne pointeras pas ça sur nous.
Mes sens, tout mon être implose en une détonation infernale. Douleur. Le sang s'écoule dans mon cou et je ne suis plus qu'au bord de la conscience.
Elle vient de me briser les mains.
Mon coeur s'est arrêté de battre sous la violence du choc.
Lorsque je reviens à moi, ma vision nébuleuse et rendue floue par cette douleur qui m'assailles, qui est en train de me tuer. Je ne suis plus certaine de ce que je vois. Une larme ? Une étoile ? La folie corrompt déjà mon esprit alors que je sens un flot de bile remonter le long de mes lèvres. Je tente de l'éponger mais la simple pensée de mes phalanges brisées m'arrachent un hurlement d'effroi.
Je grelotte et rampe sur mes coudes, rassemblant les éclats de conscience qu'il me reste pour aller rejoindre les autres. C'est comme si toutes mes articulations avaient été sorties de leurs axes, j'ai l'impression qu'on a inversé mes pieds et de marcher sur mes coudes. Et partout, la douleur, l'arrachement, la sensation de chaire broyée, déchirée si fort que je ne suis plus à fait certaine d'être dans mon corps. A peine consciente que mes yeux se révulsent, je sens mes mâchoires claquer en écrasant ma langue.
Est-ce mon coude que je bouge ? Peut-être. Ou bien est-ce ma main ?
Sous le voile de sueur et de sang qui corrompt ma vision, la seule chose que je reconnais, ce sont les cheveux de cette putain des enfers. Le monde autour de moi tremble et vacille tandis qu'entre des fourrages, je la vois qui colle au train de ce qu'il me semble être la silhouette de Jeralt sortant d'un bâtiment. Mon dos racle contre le sol tant je me traine et bouge avec difficulté. C'est si peu dire, j'ai l'impression d'être déjà morte et pourtant chacun de mes mouvements me rappèle le contraire. J'ai beau vivre, je souffre à en crever.
Rendue quelque part, je tente d'articuler mais je ne sens pas ma langue, ni même ma gorge. Mes tympans explosent dans mes oreilles et je tombe. A vrai dire je ne suis pas certaine d'avoir été debout. J'étire ma nuque, elle se déboite et je réalise, Byleth est tout proche d'elle, tout comme … Dimitri. Et aussi … Edelgard.
Un os craque quelque part dans ce débris qui me sert à présent de corps et je panique. Tous les Lions sont là ! Mon esprit éclate et je convulse, rompant encore davantage avec mon corps.
Par toutes les … de … Déesse.
Si cette putain des enfers de Monica est bien l'Empereur des Flammes, il est évident qu'elle s'en prendra à …
Soudain, l'éclat de l'Epée du Créateur qui luis parmi les silhouettes flouent, Byleth ne la dégaine qu'en cas d'urgence absolue. Tout se brouille sous mes yeux et dans cette obscure immondice d'images fugaces et insensées qui se déroule devant moi, il me semble reconnaitre la silhouette de Thales.
Cet enfoiré… je … le …. Savais !
Bouge-toi le train Lunalee !
Mes poignets brisés s'entrechoquent et je me vomis dessus en tirant des bribes de magie. Je tire tant que j'ai encore la conscience d'exister dans ce foutu monde.
Je suis une putain d'apocalypse vivante ! … en tout cas … je l'étais.
Les images basculent et j'entends un bruit, un corps qui tombe.
Peut-être le mien ?
Non, ce cri … je croyais pourtant qu'il était invincible.
Pourquoi Jeralt s'effondre-t-il ?
Qu'ai-je fais ?…
C'est avec la sensation que mes orbites fondent dans mon crâne que je perds définitivement conscience, le nez dans mon vomi et dans la terre. De toute façon, ma vie n'avait que peut d'importance.
/
- Terry ? Où tu es ? Il fait froid dehors. Tu m'entends ?
- Je suis là Lunalee … j'ai beau ne pas te voir, je t'entends ! Viens, rentrons, papa et maman doivent nous attendre.
- J'ai peur du noir Terry.
- Ne t'en fais pas, il n'y a rien de terrifiant à vivre dans l'obscurité, et je suis là pour toi.
