Deux personnes endommagées,
essayant de se guérir,
c'est l'amour.
rh
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Vendredi , 3 août 2005
Charlie avait l'impression que sa tête était une bouilloire sifflante, qui menaçait à tout moment d'exploser. Il tentait de mettre de l'ordre dans ses pensées, mais celles-ci filaient dans toutes les directions - l'envahissement complet de ses réflexions par les violentes émotions qui surgissaient en lui, rendait la tâche plutôt complexe.
Il marchait vers la maison, comme s'il tentait de mettre la distance entre sa famille et lui. Sa respiration était courte, ses doigts tempêtaient dans ses cheveux, déjà mouillés par la pluie, et son pied pied botta un objet quelconque - il ne s'attarda pas afin de vérifier la nature de celui-ci. Il se sentait perdu, furieux et dépassé par la situation.
Le jeune homme n'arrive pas à comprendre ce qui a plongé dans cette colère. Bien sûr, il y avait ce dernier pied, dont il ne voulait pas. Pourtant, même dans la situation actuelle, Charlie réussit à saisir que le sentiment qui l'habitait était exagéré. Au-delà de cela, il ne se sentait plus capable de prétendre que tout allaitement bien, alors que non. Rien n'allait bien . Le dragonnier cessa de marcher pendant quelques secondes et se pencha vers l'avant: il avait l'impression de ne plus être capable de respirer et qu'il allait s'effondrer.
«Charlie! »Cria une voix féminine, derrière lui.
Il jeta un coup d'œil derrière lui, alors que sa respiration était toujours sifflante. Sa soeur s'avançait vers lui, d'un pas décidé, les cheveux roux tournoyant autour de sa tête, dû au vent.
Le jeune homme poussa un soupir. Il adorait Ginny. Cependant, il ne ressentait aucun désir de l'entendre lui faire le moral à proposer de son attitude ou qu'elle lui fasse faire partie de ses états d'âmes à proposer de son départ précipité.
Charlie consentit, toutefois, à ne pas recommencer à marcher vers le Terrier. Il avait, déjà, atteint le début des escaliers de la galerie arrière de la maison et se retourna vers elle. Quand elle arriva à moins de trois mètres de lui, la benjamine de la famille s'arrêta et resserra la veste noire sur elle, comme si cela pourrait la protéger de sa pluie. Cela lui donnait un aspect fragile ; un énorme contraste avec ses grands yeux bruns qui lui jetaient des éclairs.
« Qu'est-ce que tu veux, Ginny? » demanda-t-il, un peu abruptement.
Elle le regarda les yeux écarquillés, puis elle fronça des sourcils.
« Ce sont les funérailles de maman, Charlie! » s'écria-t-elle, d'un ton tranchant.
Il avait remarqué, merci beaucoup de la précision.
« Ginny, j'ai vraiment pas envie de parler, laisses-moi tranquille. »
Il était certain qu'elle ne l'écouterait pas, mais au moins, Charlie aura pu dire qu'il avait tenté d'être diplomate.
« S'il te plaît. » ajouta-t-il, un peu plus doucement.
« Tu n'as pas le droit d'agir comme ça! » éclata la jeune femme, qui ne se préoccupait pas de la demande de son frère, comme il l'avait présumé. « Tu n'as pas le droit d'agir comme un imbécile et de t'enfuir, parce que tu ne veux pas de cette stupide horloge! Papa pleure, en ce moment. Tu n'as pas le droit de partir comme bon te semble dans cette fichue Roumanie, quand tu trouves que ce qui se passe, ici, est trop difficile à gérer! Ça ne fait aucun sens et Maman mérite beaucoup mieux que ça! »
Le jeune homme ne savait pas ce qui l'agaçait le plus : les mots qu'elle employait ou sa façon de les dire, qui ressemblait énormément à leur mère.
« Ginny, mêles-toi de tes affaires! » cingla-t-il, en fronçant les sourcils.
« Ce sont mes affaires, c'est ma famille. » soutien-t-elle, en posant ses mains sur ses hanches.
« Parce que ce n'est pas ma famille, peut-être? Tu crois, quoi, que j'allais disparaître en Roumanie? » Il utilisa un ton infantilisant afin de souligner l'imbécillité de cette réflexion. « Non, je ne pars pas en Roumanie. Voilà. T'es contente? Peux-tu me laisser respirer, cinq minutes? »
Bien sûr, c'était un pur mensonge.
L'idée de repartir dans son pays d'adoption n'avait pas seulement effleuré son esprit ; c'était devenu un objectif plutôt réaliste dans les mètres qu'il avait parcourut entre le chapiteau et la maison. Cependant, à cet instant, il préférait mourir que de démontrer ses vulnérabilités à quelqu'un, et encore moins à sa soeur.
Cette dernière éclata d'un rire sarcastique.
« Tu n'agis pas comme si c'était ta famille! » s'exclama la rouquine. « Tu agis comme un petit égoïste, qui ne pense qu'à lui-même! Tu es un froussard, Charles Weasley! »
« Mais dis-moi comment agir, Miss-la-plus-parfaite-de-l'Univers! Allez, éclaire la plèbe avec tes connaissances, ô combien divines! »
Certains pourraient dire que Charlie était suicidaire : il connaissait suffisamment la rédactrice pour savoir qu'il n'était, peut-être, pas très bon pour la santé de la provoquer, ainsi. Cependant, Ginny ne lui faisait pas peur – particulièrement dans son état d'esprit, actuel. Et, de toute manière, la benjamine n'avait pas besoin d'utiliser sa baguette et un maléfice de chauve-furie pour faire du dégât, à l'instant. Elle n'avait qu'à utiliser ses mots, qui étaient aussi affûtés qu'une lame.
Le frère et la soeur serrèrent, chacun, leur mâchoire et leurs poings sur le coup de la colère que l'autre lui inspirait. Ils se toisèrent, pendant une trentaine de seconde, ignorant le bruit derrière Ginny : Harry, Hermione et Neville étaient sortis de la tente et marchaient rapidement vers eux.
« Mes conseils divins, comme tu dis, c'est d'allez te faire voir, espèce de verracrasse sans cervelle! » La rouquine arrêta de parler, puis esquissa un rictus. « Mais c'est vrai, j'oubliais que c'est ton passe-temps préféré, puisque tu fous le camp dès que t'as eu ce que tu voulais! »
Les paroles de la jeune femme eurent autant d'impact que si elle l'avait giflé violemment.
« Si j'étais à la place d'Hermione, ça ferait longtemps que j'aurais tourné la page! » poursuivit-elle, crachant tout son venin sur son frère. « Tu ne la mérite pas. Tout comme tu ne mérites pas toutes les lettre que maman t'as envoyé, toutes les fois où elle parlait de toi comme si ce que tu touchais était de l'or en barre, toutes les fois où elle se faisait du mauvais-sang pour toi, toutes les fois où elle t'as mise une assiette sur la table, à Noël, et que tu n'étais même pas fichu de te pointer! Tu ne mérites rien de ça, Charlie Weasley! Rien! Tu mérites, juste, d'aller te terrer dans ta Roumanie et de PLEURER et de CULPABILISER face à tous les moments que t'as perdue, parce que t'étais trop occupé à être ABSENT! »
Ginny avait cessé de parler. Non pas, parce qu'elle n'avait plus rien à hurler sur son frère, mais parce qu'elle pleurait et qu'elle n'avait plus de souffle pour parler.
Neville, Harry et Hermione s'immobilisèrent derrière eux, sous le choc de l'échange agressif des deux Weasley. Son petit-ami semblait être le moins surpris : la colère était le moyen que la benjamine avait trouvé afin de gérer le deuil de sa mère, et il en avait, déjà, fait les frais au cours de la semaine.
« Ginny... » dit Neville, faiblement.
Ni le frère, ni la soeur ne lui accordèrent un regard. Le botaniste tenta d'attraper son avant-bras, dans l'espoir de l'intimer au calme, mais celle-ci esquiva rapidement le geste. Ginny enroula ses bras autour d'elle-même, comme si elle tentait d'essayer de calmer, tout en reniflant, mais sans y parvenir.
Puis, comme si elle venait subitement de se rappeler une nouvelle raison d'être en colère contre son aîné, elle poussa un petit cri aigu de rage et se lança sur son frère pour le pousser. Rapidement, Harry empoigna la taille de la jeune femme afin de la ramener contre lui et de l'immobiliser afin de l'empêcher de commettre un geste qu'elle pourrait regretter, plus tard. Le jeune femme se laissa tomber et seuls les bras du Survivant l'empêchèrent de s'effondrer au sol, en sanglots. L'auror grimaça et Neville accouru immédiatement vers eux, en vue d'aider Harry.
Hermione quant à elle, resta immobile, un peu prise au dépourvue par tout ce qui se déroulait sous ses yeux.
« Tu peux bien parler! » s'exclama, finalement, Charlie, en la désignant. « Tu n'es même pas capable de te décider sur qui tu veux dans ta vie! »
Le nouveau cri que Ginny poussa n'avait rien d'un bon présage.
La médicomage sortit de son inertie et elle s'approcha à toute vitesse du dragonnier, dans l'espoir de le calmer et d'enrayer toute possibilité qu'il ajoute une stupidité. Hermione prit ses poignets dans ses mains et tenta de le forcer à la regarder, persuadée que cela pourrait faire diminuer la colère du dragonnier. Elle le somma, d'un ton autoritaire, de la suivre à l'intérieur de la maison : il était évident qu'ils ne réussiraient jamais à calmer Charlie ou Ginny, s'ils restaient l'un en face de l'autre.
Sans aucune surprise, Charlie ne l'écouta pas. Et, il continuait à pester contre sa soeur, contre elle, contre toutes personnes susceptibles de refuser de le laisser seul.
Après quelques secondes, Hermione perdit patience et décida de transplaner directement dans la chambre du dragonnier, malgré les risques de désartibulation d'un membre.
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Charlie et Hermione réapparurent dans un plop sonore au milieu de la chambre du dragonnier. Celle-ci avait conservé le même décor que lorsqu'il n'était qu'un adolescent et la médicomage prit grand soin de ne pas jeter un regard vers le lit – elle s'était retrouvé souvent nue entre les draps à l'effigie de vifs d'or, et ce n'était pas le moment.
La jeune femme tenta de vérifier si l'un ou l'autre avait subi un blessure à la suite de sa manoeuvre imprudente, mais elle fût interromput en pleine inspection par le rouquin, qui la repoussa durement. Elle étouffa une exclamation, tout en se rendant à l'évidence que Charlie devait se porter bien s'il réussissait à toujours se comporter comme un troll.
Hermione tituba, un peu, et s'appuya contre un bureau. Elle préféra se taire, lorsqu'il échappa un cri de rage et qu'il frappa du pied l'une des vieilles armoires. Ce n'était, visiblement, pas le moment de lui faire remarquer que le mobilier ne lui avait rien fait. Elle sursautait à peine devant ces gestes de violences ; il ne lui faisait pas peur, il lui inspirait plutôt de la peine. Charlie lui faisait penser à un animal sauvage – un dragon, peut-être – blessé, qui tente de protéger furieusement les parties de son corps encore intactes.
Et, pourtant, le rouquin ne pleurait toujours pas.
Il frappait le mobilier, il fulminait, il envoyait valser son point dans l'un des murs de sa chambre, il ressemblait à quelqu'un emprisonné dans une cage. Mais il ne pleurait. Il semblait prendre beaucoup de soin à ne pas la regarder, non plus.
« Charlie, arrête ça, tu vas te faire mal... » fini-t-elle par dire, doucement.
Il s'immobilisa, comme si le ton de sa voix l'avait électrifié. Hermione fut satisfaite de constater que son intervention avait, au moins, fait cesser ses gestes brusques. Elle fit un geste vers lui, en même temps qu'il se retourna lentement afin de lui faire face. Le jeune homme lui lança un regard étonné, comme s'il se rappelait subitement sa présence dans la pièce. Soudain, sa mâchoire se contracta sous le coup de la colère.
Les paroles de Ginny tournaient en boucle dans la tête du dragonnier, comme un tourne-disque qui ne s'arrête jamais. L'impression qu'il avait eu, quelques instants plus tôt, que sa tête était en train de devenir une bouillore sifflante se métamorphosa en un volcan qui crachait d'épais volutes de fumées noires et de morceaux de lave en fusion. Il ne se rappelait pas avoir ressenti, un jour, une colère aussi sourde. Il tremblait littéralement de rage.
« C'est quoi, ton problème? » cracha-t-il.
Hermione, loin d'être impressionnée par le dragonnier arqua un sourcil. Malgré tout, elle ouvrit la bouche, un peu insultée par l'attitude générale du jeune homme.
« Mon problème? » tiqua la médicomage. « Mon problème à moi? C'est une blague, c'est ça? »
« Oui, ton problème! » acquiesça le dragonnier. « Vous ne pouvez pas me laisser tranquille? Qu'est-ce que tu veux? Tu n'en as pas assez que je te repousse sans cesse, il faut, en plus, que tu me fasses chier comme ma sœur? »
La jeune femme eut un petit mouvement de recul face aux propos de Charlie. Ses mains entrèrent en contact avec le bureau derrière elle, alors qu'elle ne lâcha pas le rouquin du regard.
Elle eut momentanément envie de se mettre à lui hurler dessus et de faire éclater la déception, l'irritation et la désillusion qu'elle avait vécu dans les huit derniers jours. Elle avait envie de lui dire à quel point son départ l'avait blessée, qu'elle avait eut l'impression d'être revenue à la case départ avec lui. Elle avait envie de l'insulter et de l'envoyer proprement praître.
Son coeur faisait une course folle dans sa cage thoracique et malgré son envie de lui sauter à la gorge, Hermione s'évertuait à rester – ou tout du moins à paraître – calme. Ça ne rimerait à rien de se précipiter sur ce chemin-là. Elle commençait à connaître leurs patterns : si la jeune femme commençait à crier toute sa rage sur lui, ils partiraient, chacun, de leur côté. Blessé.
Malgré sa fierté, malgré tous les sentiments négatifs qui lui inspiraient, la médicomage savait qu'elle ne voulait pas quitter l'homme devant elle. Hermione voulait qu'il la prenne dans ses bras, elle voulait qu'il lui dise 'je t'aime', elle le voulait, lui.
Elle décida, alors, de mettre de côté ce qu'elle ressentait pendant un moment pour retrouver cette personne qu'elle aimait sous cette épaisse couche de colère.
« Pourquoi est-ce que t'essaies de me repousser? » réussi-t-elle à formuler, retrouvant un ton calme et maîtrisé. « J'essaie de t'aider. »
Les lèvres du rouquin se plissèrent. Ses yeux la détaillaient. Il était surpris. Elle était sensée lui hurler dessus. Elle était sensée entrer dans son jeu. Son étonnement traversa son visage une poignée de secondes avant de retrouver l'air dur, qu'il arborait depuis qu'il avait quitté la tente.
« Je n'ai pas besoin de ton aide. J'ai besoin de l'aide de personne. » grogna-t-il.
Hermione s'approcha de lui, tenter une nouvelle approche, l'apprivoiser. Quand elle tenta de lui prendre la main, il esquiva son geste de la même manière que si son contact avait le potentiel de le brûler.
« Ne me touche pas! » s'écria le dragonnier. « Va-t'en! C'est tout ce que je veux, que tu t'en ailles et que tu me laisses tranquille! T'es intelligente, il me semble, qu'est-ce que tu ne comprends pas! »
La jeune femme croisa les bras, déterminée.
« Non. Non, je n'irai nulle part. »
« T'as pas entendu ma sœur? Tout le monde te trouve ridicule de vouloir rester avec moi, pourquoi tu ne les écouterais pas, hein? »
« Personne ne me trouve ridicule. » contra-t-elle, toujours aussi doucement. « Oui, je suis fâchée contre toi, mais ça ne m'empêche pas de t'aimer et de vouloir rester avec toi. »
Son ton posé exaspérait Charlie. La douceur qu'elle faisait preuve et sa détermination à rester calme ne faisait qu'alimenter sa colère. Il avait envie – besoin – qu'elle se mette en colère et qu'elle le quitte. Il voulait, désespérement, qu'elle le rejette, elle aussi.
C'était irrationnel.
Cependant, le dragonnier n'était pas en mesure de réfléchir de manière raisonnable. Il savait très bien que si elle partait, si elle franchissait cette porte et l'abandonnait, ça finirait de déchirer son coeur en lambeaux. Et, pourtant, ce nouveau départ confirmerait la culpabilité, la peine, la douleur et la colère, qui prenaient toute sa place dans son coeur et dans son cerveau. Saboter l'une des relations les plus importantes de sa vie était, à ses yeux, la meilleure façon de détourner la profonde tristesse et le sentiment d'injustice qui régnait en lui.
Alors, Charlie décida d'utiliser l'arme fatale. Celle, qu'il savait, metterait à néant tout ce calme et cette douceur qui émanait de la jeune femme.
« Et bien, moi je te trouve ridicule de rester avec moi. Tu devrais comprendre avec le temps que t'es seulement une bonniche que je fourre! »
Le souffle d'Hermione se coupa, de la même manière que si elle avait reçu un coup dans le ventre. Une bonniche que je fourre – il y a deux semaines, elle lui avait avoué, sur son lit d'hôpital, qu'elle avait eu cette impression qu'elle n'était seulement que ça, pour lui. Et, maintenant, il avait le culot d'utiliser cette crainte pour se débrasser d'elle?
C'était bas. C'était digne d'un Serpentard.
Ce n'était pas Charlie Weasley. Ce n'était pas son Charlie Weasley, à elle.
La jeune femme avait l'impression de se retrouver devant un inconnu qu'elle ne reconnaissait pas. Et, c'était la seule qui la retenait dans cette chambre. Ses lèvres se pincèrent, alors qu'elle essuya rageusement les larmes qui coulaient sur ses joues et redressa les épaules avec toute la dignité qui lui restait.
Le rouquin semblait, lui-même un peu plus calme. Il la toisait prudemment. Dans un autre contexte, Hermione aurait pu en rire – ils ressemblaient à deux cow-boys dans un western qui débutent un combat au pistolet. Charlie fit un petit mouvement vers elle, ce qui contribua à lui faire croire qu'il ne lui avait pas dit ces paroles uniquement par méchanceté, mais parce qu'il était complètement perdu.
Merlin, qu'elle voulait croire cela.
« Je suis qu'une bonniche que tu fourres, hein? »
Son ton de voix n'avait plus rien de maîtrisé. Hermione ne contrôlait plus rien, en ce moment. Elle n'était plus rationnelle et la seule chose, qui lui venait à l'esprit, était de combattre le feu par le feu. Alors, la brune s'approcha de lui afin de le coincer contre le mur derrière lui et le fixa, le défiant de lui répondre par l'affirmative.
Charlie resta silencieux, pressentant qu'il se ferait gifler d'un moment à l'autre – et ce, quoi qu'il dise. Après trente secondes de silences, il eut l'impertinence d'hausser les épaules.
« Parfait. » trancha la jeune femme, de son ton le plus calme.
Ça ne présageait rien de bon. Vraiment.
Elle tira sèchement sur la cravate noire du dragonnier afin de l'attirer vers elle, et contre toutes attentes, la jeune femme s'empara brusquement de ses lèvres. Le jeune homme ne broncha pas, ne comprenant pas exactement ce qui se passait devant ce geste incongru. Une fois, le choc passé, les mains de Charlie escaladèrent le dos de la médicomage et terminèrent leur course sur la naissance de sa nuque, alors que ses doigts plongèrent douloureusement dans la peau du cou d'Hermione.
Elle grimaça, un peu, contre sa bouche et répondit à cet assaut en resserrant sa prise sur la cravate, ce qui fit augmenter la pression et la tension autour du cou du dragonnier. Leurs dents s'entrechoquèrent rudement et il la repoussa, finalement. En se reculant, il mordit la lèvre inférieure d'Hermione, ce qui fit échapper un gémissement de douleur à la jeune femme – ou de plaisir, elle n'en avait aucune idée.
Essoufflés, il s'observèrent, sans lâcher l'emprise qu'ils avaient sur l'autre : la nuque pour Charlie, la cravate pour Hermione.
« Lâche-moi. »
« Non. »
Son ton était sans appel.
« Je t'ai dis de me lâcher. »
Il n'avait même pas terminé de murmurer ces mots, qu'il avait de nouveau posé ses lèvres sur celles rougies de la médicomage. Hermione se pressa contre lui, réduisant la distance entre leurs corps. Ses mains faiblissaient sur le tissu noir et commencèrent à défaire les boutons de la chemise de Charlie. Ce dernier empoigna des boucles de la chevelure de la jeune femme et les tira brutalement afin qu'elle relève davantage la tête afin d'approfondir le baiser.
Le rouquin eut un grognement lorsque les ongles d'Hermione marquèrent sa peau. La rage qu'il avait ressenti était, rapidement, en train de se muer en une faim intolérable pour la jeune femme. Avant même qu'il réfléchisse à ce qu'il était en train de faire, le rouquin fit un geste afin de la tourner et de l'écraser furieusement contre le mur sur lequel, quelques secondes plus tôt, il était lui-même coincé. Ses mains relâchèrent sa tignasse et vinrent serrer la taille fine de la brune. La bouche d'Hermione migra vers le cou du jeune homme sur lequel elle faisait pleuvoir les morsures et les baisers.
« Je t'ai dit de t'en aller. » murmura-t-il, d'une voix rauque.
Effrontément, Hermione continua d'embrasser l'épiderme du dragonnier et détacha le dernier bouton de sa chemise. Elle se mit sur la pointe des pieds afin de mieux atteindre l'oreille du jeune homme.
« Tu n'as qu'à me lâcher. » souffla-t-elle dans son oreille, ce qui donna la chair de poule à Charlie. Puis, elle mordilla le lobe de son oreille, ce qui provoqua un petit hoquet au rouquin. « Si tu veux, tant que ça que je m'en aille. »
« Merlin... » grogna-t-il, alors que ses mains remontèrent vers la fermeture-éclair de la robe d'Hermione.
Il tira maladroitement afin de l'ouvrir, et découvrit les épaules ainsi que la poitrine de la jeune femme. Charlie mordilla, suçota, embrassa cette nouvelle partie de peau. Tandis qu'elle, elle gémissait, déboutonnait son pantalon et griffait son torse ou son dos.
Lorsqu'elle s'appliquait à baisser son pantalon, il la fit reculer légèrement – comme si subitement il était, de nouveau, apte à réfléchir de manière logique. Le jeune homme l'observait, en fronçant les sourcils, ses mains toujours posées sur les côtés de la médicomage.
« Qu'est-ce que tu veux, Hermione? »
Son ton paraissait plus calme, bien qu'il soit exaspéré. Son ton ne cadrait pas avec l'érection que la jeune femme pouvait sentir contre son ventre, ou ses lèvres meurtries. Pourtant, le ton qu'il emprunta défit un noeud dans son coeur.
« Tu m'as dit que j'étais qu'une bonniche que tu aimais fourrer. » dit-elle, d'un ton détaché. « Je fais, apparemment, la seule chose pour laquelle tu dis m'apprécier. »
Les mains de Charlie la lâchèrent brusquement. Il l'observait, atterré et paralysé par les dernières paroles d'Hermione. Le coup de grâce. Elle en était certaine. Elle venait de gagner cette guerre et le faire, complètement, redescendre sur la Terre ferme.
Il ouvrit la bouche, pour la refermer immédiatement. Le dragonnier était incertain de comment agir, par la suite. Il se sentait confus, idiot, perdu. Il n'y avait plus de colère, plus de faim... Il n'y avait qu'un vide intersidéral douloureux. Il n'y avait plus que la peur de perdre la jeune femme devant lui. Il n'y avait plus qu'une tempête déchaînée de tristesse qui l'ébranlait.
« Quoi? » hoqueta-t-il, faiblement.
L'espoir fleurissait dans le coeur d'Hermione mais, elle eut tout de même le culot d'ajouter :
« Tu m'as bien comprise, Charlie. »
Il secoua la tête, vivemment. Le jeune homme semblait complètement désemparé, proche de la panique.
« Non. Non. Non. » répéta-t-il.
Le dragonnier fit un geste pour s'éloigner de la jeune femme, qui s'était tenue immobile et elle lui attrapa l'intérieur du coude afin qu'il reste près d'elle. Doucement, la brune embrassa chaque partie du visage de Charlie qu'elle était capable d'atteindre avec toute la tendresse, dont elle était capable alors qu'il semblait lutter contre la vague déferlante d'émotions qui rugissait en lui.
« Reviens-moi, Charlie. » supplia-t-elle, à travers les baisers qu'elle posait sur sa peau. « S'il te plaît. »
La médicomage continua de réciter cette phrase, comme une prière. Elle n'en pouvait plus de se battre contre lui. Au bout de quelques minutes, les bras du dragonnier entourèrent la taille de la jeune femme et ses genous flanchèrent, l'entraînant dans sa chute.
Charlie cacha son visage dans le creux du cou de la brune et la coinça dans l'étau de ses bras solidement – comme s'il s'accrochait désespérement à une bouée de sauvetage, en pleine tempête. La Gryffondor passa ses mains de chaque côté du rouquin afin d'atteindre son dos et caressa lentement, d'un geste régulier, la colonne vertébrale du dragonnier.
Elle comprit que Charlie s'était mis à pleurer, lorsqu'elle sentit des gouttes d'eau, des larmes,réalisa-t-elle, couler le long de son épaule, jusqu'à sa poitrine. La main gauche de la brune continua inlassablement ses caresses dans le dos, alors que l'autre alla se loger dans l'épaisse chevelure rousse du dragonnier.
Il pleurait. Sans être capable de s'arrêter.
À certains moments, lorsque ses pleurs s'intensifièrent, la respiration de Charlie s'accélérait à un tel point qu'Hermione crue qu'il allait s'arracher ses poumons. Alors, la jeune femme répétait « Inspire, Charlie. Expire. ». Un retour de balancier. Ils avaient échangé de place. C'était elle, maintenant, son ancre. Il écoutait ces mots, qui avaient construit le début de leur relation, et réussissait à reprendre un rythme régulier.
« Elle me manque. » trembla le jeune homme.
« Je sais, Charlie. » Elle posa un baiser sur le sommet de son crâne. « Je sais. »
Elle ne savait plus combien de temps s'était passé. Hermione avait perdu le fil du temps. Les sanglots commencèrent à s'espacer et les reniflements à devenir plus présent.
La jeune femme tenta pour une énième fois de transposer son poids d'un genou à l'autre, en grimaçant. Tout son corps était endolori par la position dans laquelle, ils étaient placés. Cependant, la médicomage continuait, infatigablement, ses mouvements dans le dos de Carlie et dans ses cheveux. Elle taisait, sans aucune difficulté, cette douleur physique afin que le jeune homme vive – enfin – ses émotions.
Le geste d'Hermione attira l'attention du jeune homme. Il se recula vivement et il s'assit sur le plancher de la chambre. La vue du visage de Charlie brisa, un peu, le cœur de la médicomage et, comme il avait fait à de multiples reprises, elle se pencha vers lui afin d'essuyer les larmes sur ses joues avec ses deux pouces.
« Je suis désolé. » Charlie renifla. « Ma belle. Je suis vraiment désolé... Je... Je ne sais pas ce qui m'a pris, je... J'étais tellement... »
La brune déposa un bref baiser sur les lèvres sèches du rouquin, avant d'embrasser ses joues remplies de larmes, comme si elle tentait de les effacer.
« Je te le jures... » continua le dragonnier, qui resserra brusquement sa prise qu'il exerçait sur sa taille, comme s'il avait peur qu'elle en aille assez et qu'elle le quitterait.
Hermione se retrouva assise sur lui. Ils faisaient une belle paire : elle était en soutien-gorge, la moitié de sa robe enlevée et le bas de celle-ci retroussée jusqu'au début de ses cuisses, alors que lui avait sa chemise complètement ouverte, les pantalons un peu baissé et la cravate qui traversait son torse. Aucun des deux n'en avait cure.
Le jeune homme pencha la tête de la même manière qu'un enfant pris en faute. Il y avait un monde entre l'agressivité qui se dégageait de lui, plus tôt et là, maintenant.
« Charlie. » Ses mains vinrent encadrées son visage, qu'elle releva. « Je t'aime. »
« Moi aussi, je t'aime. » répondit-il, rapidement, comme s'il voulait réduire toute possibilité qu'elle ajoute un 'mais', à la fin.
Elle l'observa avec indulgence et déposa son front contre le sien.
« Est-ce que tu vas mieux? »
« Je crois... » dit-il, lentement.
Il relâcha son emprise sur la taille d'Hermione et il passa une main sur son visage et enleva ses lunettes, qui étaient embuées et se gratta le coin des yeux. Puis, il les remit en place sur son nez, n'essayant même pas de les nettoyer.
« Ça va mieux... Enfin... J'ai l'impression de dormir debout. » Il grimaça. « Je dois aller voir Gin pour m'excuser... Mon père, aussi. »
« Bien. » rétorqua la jeune femme. « Sache, aussi, au passage que bien que je t'aime, Charlie Weasley, je reste en colère contre toi. »
Sur ces mots, elle se releva péniblement, en faisant une grimace à chacun des mouvements que ses muscles endoloris faisaient. Le dragonnier posa sa main dans l'intérieur de coude afin de la retenir et elle s'immobilisa, à moitié levée et et penchée vers lui.
« Quoi? » s'étrangla le rouquin.
« Charlie, tu es parti. » souligna-t-elle, doucement, en scrutant le visage devenu blême du jeune homme. « Tu es parti, sans rien dire. Tu es parti, alors que tu m'as promis de ne plus jamais me refaire un coup pareil. Tu ne m'as même pas envoyé une lettre pour t'expliquer, rien. Et, ensuite, tu me dis pleins d'atrocités... Tu crois, quoi? Je suis en colère, Charlie. »
Le ton de voix doux qu'Hermione utilisait était une totale opposition à la teneur des mots qu'elle utilisait. Il lâcha son bras et elle termina de se relever. Ses articulations craquèrent dans un bruit sonore. Elle fit une petite grimace sous le bruit dégoûtant, avant de constater que le bas de son dos était moins douloureux.
« Mais... » commença le dragonnier, en se relevant à son tour, péniblement.
Il ne termina pas sa phrase. Il ne savait pas quoi ajouter.
La jeune femme passa une main dans son cou et sur sa poitrine afin d'essuyer larmes, qui avaient commencé à sécher. Et, elle replaça sa robe et tenta de remonter la fermeture-éclair par elle-même. Charlie se releva, lui aussi, et naturellement, la brune se retourna afin qu'il l'aide à fermer la robe. Lorsque cela fut terminé, elle se tourna vers lui et l'embrassa pour une énième fois sur la joue.
Le dragonnier nageait dans la confusion. Totalement.
Tout d'abord, il l'insultait et elle ne disait rien. Ensuite, elle se ruait vers lui. Puis, il pleurait. Après, ils parlaient. Et, elle lui disait qu'elle était furieuse. Finalement, elle agissait comme si rien ne s'était passé. Ça ne faisait aucun sens.
Hermione éclata d'un petit rire devant l'air qu'arborait le rouquin.
« Charlie, je te connais. » dit-elle en reboutonnant la chemise avec un petit sourire. « Tu as agi comme ça, parce que... Tout ça, c'était trop pour toi. Je le comprends. Et, ce n'est pas le moment pour te crier dessus mon mécontentement ou le fait que je déçue. Ça... Viendra. Plus tard. Considère ceci comme une pause de la potentielle dispute qu'on pourrait avoir. Pour le moment, gère ces funérailles et ta peine que tu as. On verra, ensuite. »
Lorsqu'elle éloigna sa main, il l'attrapa en plein vol pour la porter à ses lèvres et embrasser chacun avec une douceur qui la plombait à la fois sur place et qui faisait augmenter la cadence de son coeur et de sa respiration.
« Merci, Hermione. »
« Il n'y a pas de quoi. » dit-elle d'une voix rauque. « Et, cesse de me regarder comme ça, sinon je vais vraiment avoir envie de continuer ce qu'on a commencé, tantôt. » La jeune femme souffla en reprenant le contrôle de sa main. « Et, tu dois parler à ton père et à ta soeur. »
La médicomage décida de se soustraire à son envie de l'embrasser, elle ne réussirait jamais à sortir de cette chambre, sinon. Elle le contourna et marcha vers la porte, qu'elle ouvrit. Avant de disparaître, elle se tourna, avec toujours cet air indulgent sur le visage.
« Je vais voir Ron et je t'attends chez moi. À ta place, je commencerai à trouver des moyens de me faire pardonner. »
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Charlie n'eut pas besoin de chercher pendant de longues minutes afin de trouver son père : il était assis sur l'une des chaises de la cuisine, comme il en avait l'habitude lorsqu'il parlait avec Molly, pendant qu'elle préparait un repas. Ce spectacle vint chambouler le dragonnier davantage qu'il ne l'aurait cru. Arthur semblait tellement fragile sans son épouse, à ses côtés – comme s'il ne se rappelait plus comment vivre sans elle.
Sans un mot, le dragonnier vint s'asseoir sur l'une des chaises face à celle qu'occupait son père. D'emblée, Charlie s'excusa pour son comportement. Et, sans surprise, le professeur d'études des moldus lui pardonna.
Puis, ils se mirent à parler.
Beaucoup.
Le jeune homme aborda prudemment ses sentiments, ses craintes et ses peurs. Son père l'écouta, patiemment et bienveillant. Ils parlèrent de Molly et de certains souvenirs. À un moment, Arthur pleura. À un autre, ce fut au tour de Charlie.L'intervention d'Hermione – qui avait pris le dragonnier au dépourvu – avait supprimé cette digue qui l'empêchait de vivre ses émotions.
Ils passèrent presque une heure à parler, jusqu'à ce qu'Harry fasse irruption dans la cuisine. Celui-ci rougit et se balança sur ses pieds, mal à l'aise d'interrompre leur conservation. Il annonça que Ginny était sous le chapiteau et qu'elle voulait parler au dragonnier. Charlie le remercia et le Survivant mentionna qu'il allait quitter, tout en promettant à Arthur de venir le visiter dès que possible à la Chaumière aux coquillages. Après le transplanage d'Harry, le dragonnier se leva afin de quitter la cuisine.
« Merci, papa. » Charlie esquissa un sourire. « Ça m'a fait du bien te parler. »
Le père de famille se leva.
« Nous avons toujours été fiers de toi, mon fils. » Arthur le serra dans ses bras, alors que des larmes surgirent, de nouveau, dans les yeux de Charlie à l'utilisation du pronom 'nous'. Son père se recula. « Soit un peu plus indulgent envers toi-même, veux-tu. Personne ne te reproche d'être toi-même, tu as le droit d'être indépendant. Mais cesse de repousser toutes les personnes qui t'aiment, Charlie. Laisse-toi être aimé et être heureux. Ma femme et moi avons élevés sept enfants merveilleux. Pas six. »
Le jeune homme esquissa un sourire en coin, avant de soupirer et d'hocher la tête. Il remercia, encore, son père et le serra, une nouvelle fois, dans ses bras. Le deuxième fils des Weasley quitta, ensuite, la maison et marcha en direction du chapiteau.
La pluie avait cessé, mais en quelques enjambées, seulement, les bottines du dragonnier redevinrent imbibées d'eau dû à l'herbe mouillée. Une odeur d'humidité et de terre emplirent ses narines. Le jour commençait à décliner.
Arrivé devant la tête, il en repoussa le pan, qui servait de porte, et il entra. Tout le monde était parti. Plusieurs chaises, qui avaient servies pour la cérémonie, avaient été déplacées lors de la lecture des testaments, mais la majorité était toujours à leur place. Une lumière, probablement magique, permettait d'illuminer l'intérieur du chapiteau dans un lampadaire suspendu.
Seule, Ginny était assise sur l'une des chaises au premier rang. Charlie se gratta lentement la mâchoire et marcha vers elle. Il se laissa choir sur la place à côté, ce qui fit relever la tête de sa soeur, qui tourna son corps vers lui.
Ils s'observèrent pendant quelques secondes, avant de parler, les deux, en même temps. Les deux se grattèrent l'arrière de la tête, gêné.
« Toi, d'abord. » dit, finalement, Charlie.
Elle hocha de la tête, avant de pousser un profond soupir.
« Je m'excuse, Charlie. Vraiment. Ce que je t'ai dit est horrible et impardonnable. C'était... Je-Je n'aurais jamais dû te dire toutes ces choses. Je ne les pensais pas. Pour de vrai. Tu es un grand frère formidable et je m'en veux de t'avoir dit tout ça... Je m'en veux de t'avoir envoyé une beugléante, j'aurais dû essayer de te comprendre, mais j'étais... Je suis tellement en colère et je fais des trucs horribles. »
« Ce n'est rien, Ginny... Je comprends... »
« Non, ce n'est pas rien! » continua sa sœur. « Je sais comment tu es, je t'adore et je ne veux jamais que tu changes... Bon, j'aimerais, peut-être, que tu viennes plus souvent en Angleterre, mais sinon... » Les deux échangèrent un petit sourire complice et Ginny se mordit la lèvre. « Je suis ignoble... Je suis invivable depuis la mort de maman... Neville doit avoir envie de me jeter à ses plantes carnivores pour que je cesse de lui prendre la tête... Je... Je m'excuse. »
Le dragonnier passa son bras sur les épaules de la rédactrice pour l'attirer vers lui. Naturellement, elle vint s'appuyer contre lui, tout en déposant sa tête sur l'épaule de son frère.
« Je m'excuse, moi aussi. Je m'excuse de t'avoir fait de la peine... Tu n'as, peut-être, pas totalement pensé ce que tu m'as dit, mais je t'ai donné des occasions de m'en vouloir. Je suis désolé d'être parti... Honnêtement, je ne croyais pas que ça pourrait te... Vous mettre en colère ou vous blessez... Je ne pensais pas vraiment à tout ça... »
« C'est normal, Charlie. Nous sommes ta famille. »
Il hocha de la tête, se rappelant vaguement les hurlements de la benjamine et les siens à ce sujet, plus tôt.
« Je sais... Et, je suis désolé d'avoir dis toutes ces âneries, je croyais avoir besoin d'être seul, alors que... J'avais seulement besoin de... D'accepter tout ça. »
Le jeune homme avait repris les termes d'Hermione, mais ils cadraient plutôt bien avec ce qu'il ressentait. Sa sœur se releva, lui jetant un coup d'œil, intriguée.
« Tu acceptes... Tout ça? La mort de maman... Tu l'acceptes? »
« Non. » répliqua-t-il, franchement. « Non, mais je crois que je suis sur un meilleur chemin que celui sur lequel j'étais, dans la dernière semaine. J'ai commencé à construire un cabanon... Ou je-ne-sais-pas-trop-quoi pour essayer de me changer les idées... T'imagines? »
Ginny rigola.
« Et, ça tient debout? »
« Je suis à 99% certain que lorsque je vais revenir les murs vont être tombés. » lâcha-t-il, en riant, lui aussi.
L'ancienne poursuiveuse regarda, pendant une trentaine de secondes et elle prit l'une des mains du dragonnier dans les siennes.
« Elle est merveilleuse, cette Hermione, hein? » devina-t-elle.
Il pencha un peu la tête vers l'arrière, observant le plafond du chapiteau et il eut un petit éclat de rire.
« Oh, ça oui. » approuva Charlie.
« Vous avez l'air bien, ensemble. » décréta la jeune femme. « Vous avez l'air heureux. »
Le dragonnier acquiesça, bien qu'il eût l'impression d'avoir un bouchon dans la gorge à l'idée de ce qui pouvait l'attendre, lorsqu'il transplanerait chez Hermione.
Il jeta un coup d'œil vers les cadres de sa mère et de sa belle-sœur posés à l'avant. Molly leur faisait de grands gestes des bras afin de les saluer. Ils restèrent en silence pendant plusieurs minutes, à regarder les différentes images de leur mère.
« Maman serait fière de nous, je crois. » déclara Ginny, avec un sourire. « Elle avait tellement les disputes, en horreur. »
« Oui, c'est vrai. » acquiesça Charlie.
Tout comme la discussion qu'il avait eu avec son père, ils se mirent à parler de leur mère. Ils se rappelèrent des anecdotes. Puis, à un moment, quand le sujet devint beaucoup trop douloureux, ils abordèrent leur vie.
Ils bavardèrent sur leur travail. À un moment, Charlie lui avoua qu'il avait commencé à penser à l'avenir avec Hermione – en passant sous silence sa peur qu'elle en ait assez de lui. Sa sœur fut ravie d'entendre ces mots et lui mentionna, avec humour, qu'elle avait toujours été certaine que sa meilleure amie finirait en couple avec lui.
Un peu plus tard, Ginny se racla la gorge et se tritura les doigts, un peu mal à l'aise.
« Je ne sais pas si Hermione te l'as dit, mais je suis enceinte. »
Le dragonnier se tourna vers elle vivement et la serra dans ses bras, ravi pour elle.
« Félicitations, Gin! Wow! C'est formidable! » s'exclama-t-il.
La benjamine eut un petit sourire et se recula pour regarder son frère, avec une mine un peu renfrognée. Elle se laissa aller contre le dossier de la chaise, tout en regardant droit devant elle.
« Charlie, je dois le dire... Je dois le dire à quelqu'un, et... »
« Gin? Qu'est-ce qu'il y a? »
« Ce n'est pas... Ce n'est pas Neville, le père. »
Il l'observa pendant de longues minutes, sans rien dire. Qu'est-ce qu'on pouvait dire à cela? Rien. Il n'y avait rien à dire.
« Je suis là, Gin. » formula le dragonnier. « Je suis là. Nous sommes là. On est une famille. On va être là, peu importe la décision que tu vas prendre. »
Il savait, juste aux reniflements qu'elle tentait d'étouffer, qu'elle pleurait. Charlie se rapprocha d'elle et la serra contre lui, comme s'il cherchait à la protéger d'une menace. Il déposa un baiser sur les cheveux de sa soeur.
« Quoi que tu décides, maman est fière de toi, Gin. Toi et moi, on est doués pour se taper sur la tête mais... T'es la petite soeur la plus merveilleuse du monde. Arrête. »
La rouquine secoua la tête, tout en pleurant de nouveau dans les bras de son frère. Ils restèrent comme ça, longtemps. Jusqu'à ce que la jeune femme soit capable de faire une tentative d'humour.
Non, le coeur de la famille Weasley n'était pas mort avec Molly. Envers et contre tous, malgré toutes les tempêtes qui s'acharneraient sur eux, ils resteraient une famille.
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NDA: Ouf! Des funérailles chargées en émotion! Alors, comme vous vous y entendez, probablement, il ne reste qu'une poignée de chapitre à cette histoire (je dirais, environ, cinq).
En ce qui concerne la révélation de Ginny, êtes-vous surpris? Alors, je dois dire que c'est devenu une preuve pour moi et, bien que je vais l'aborder à certains moments dans les chapitres à venir, c'est surtout la prémisse d'un OS que j'aimerais écrire. Beaucoup d'amour dans ces temps difficiles de confinement! J'essaie d'écrire rapidement les prochains chapitres (je promets rien, je suis définitivement incompatible avec la planification).
