Pendant ce temps là, Hedwige avait livré à Harry la lettre interceptée un mois auparavant par Ron et Hermione. Elle avait mystérieusement été remise dans le courrier à distribuer. Quand il reconnut l'écriture, il sortit en courant. Il ne voulait pas montrer ses larmes aux autres. Il courut sans but précis. Il ne voulait pas être vu. Ses pas le dirigèrent dans la Salle de Défense Contre les Forces du Mal. Imperceptiblement, ses pas le ramenaient souvent dans cette salle. La porte était ouverte. Il entra et la verrouilla. La pièce était déserte. Il s'assit au premier rang, isolé, mais pourtant il ne se sentait pas seul. Il ouvrit l'enveloppe en prenant soin de ne pas la déchirer, voulant garder le plus de traces possible de son expéditeur.
La lettre se lut d'elle-même, dans un principe identique à celui des beuglantes.

" Moi Sirius Black,

Descendant de la noble lignée des Black, rédige ce testament le 21 avril 1996.

A Harry Potter, mon filleul, et à sa marraine, si elle est encore en vie, je lègue le quartier général de l'Ordre du Phénix. Je souhaite sincèrement que des actions contre Voldemort continuent d'y être menées.

Si jamais tu as réussi à le vaincre Harry, j'espère que tu habiteras cette maison. Pour ta marraine, fais lui confiance, c'est une femme merveilleuse, mais je ne peux te révéler son identité. Elle pourra te sembler étrange, légèrement dérangée même, mais elle ne l'est pas plus que moi.

Son nom apparaîtra dans cette lettre quand elle aura décidé de te dire la vérité. Je sais malgré tout qu'elle n'habitera pas ma maison. C'est pour cela que je lui lègue également ma moto volante. Nous l'avons construite ensemble et je sais qu'elle y tient. Hagrid en a pris soin toutes ces années pour elle.

Harry, je ne sais pas si ce testament arrivera un jour entre tes mains, et crois moi, j'espère que non. Mais la vie n'est pas faite d'espérance, ce sont les actions qui comptent. J'espère être mort en défendant notre cause, tout comme j'espère que tu vaincras Voldemort.

Et j'ai confiance en toi, je sais que tu y arriveras. Rappelle toi toutefois toujours ceci, garde confiance en tes amis. Ron et Hermione t'aideront dans ta quête... ils sont tes meilleurs alliés.
Tuer n'est pas une chose facile pour un garçon de ton âge, mais tu devras le faire. Personne ne devrait jamais y être obligé. Crois moi, tu ne devras pas avoir de remord en prononçant LA formule, jamais.

Voldemort est un méchant, un vrai méchant. Grindelwald était un enfant de choeur à côté de lui. Tu ne dois jamais au grand jamais te sentir coupable de lui avoir donné la mort. Ton action sauvera des milliers de vies, voir plus. Ce ne sera pas facile de t'en remettre, et je le comprends parfaitement. Ce type de bataille laisse des traces indélébiles, mais tu ne dois pas t'enfermer. Si tu sens que tu plonges, parles en.

Je t'en prie, Harry ne fais pas de bêtises à cause de lui.
Je ne sais pas si je vais te manquer. Quand même un peu ? Je garde l'espoir que ces moments passés en ma compagnie t'auront montré une partie de la vie de tes parents, mais aussi de la mienne, et à quel point je suis fier d'être ton parrain.

Ne pleure pas Harry, c'est naturel, la mort est notre destin à tous. Et pour certain, elle intervient plus tôt que prévu.
Voilà, ma dernière lettre s'arrête ici. J'aurais tellement d'autres choses à te dire, mais je n'ose pas.
Être ton parrain restera la plus belle action de toute ma vie. Je ne t'oublierai jamais Harry Potter.

Sirius Black.
Ps: Tu trouveras des photos dans ma chambre, sous mon lit. Le mot de passe est mon surnom de Maraudeurs. Embrasse ta marraine pour moi."

Harry pleurait alors que la voix de Sirius finissait de retentir. Un loup descendit les marches menant du bureau personnel du professeur à la salle de classe. L'animal semblait avoir attendu la fin de la lecture pour manifester sa présence. Harry avait bien senti qu'il n'était pas seul et comprit pourquoi lorsque le loup vint placer sa tête sur ses genoux. Sans faire de bruit, laissant encore planer les mots de Sirius dans l'air, Harry caressa le pelage gris parsemé de tâches blanches. Une cicatrice ancienne zébrait le bas de ses reins. Le jeune homme aux cheveux brun se demanda comment l'animal était entré.
Harry- Tu as tout entendu pas vrai ?
Le loup hocha la tête avec une expression humaine.
Harry- De qui peux-tu bien être l'animagus ? Tu ne me le diras pas évidemment... Je devrais filer avant que White n'arrive. A moins que... non, elle ne serait pas un loup. Plus un animal sauvage. Un lion peut-être.
Un lion à cause de son tempérament de feu, son agressivité, sa volonté de protéger les autres, de protéger sa meute... peut-être se trompait-il.
Le loup le quitta et remonta les escaliers, semblant s'y évaporer.
Harry remit la lettre dans l'enveloppe et sortit de la pièce. Il suivrait les conseils de Sirius, il ne pleurerait plus sa mort, et ne tomberait pas dans les abîmes lorsqu'il accomplirait la prophétie. Harry avait cours de potion ce matin, mais il savait d'avance qu'il ne pourrait pas suivre, trop perturbé par les révélations de Sirius.

Harry se décida alors à se rendre dans le bureau de Dumbledore. Ce dernier accepta de le recevoir quand il eut fini son entretien avec Hagrid à propos de nouveaux produits anti-limaces. Après avoir lu la lettre, Dumbledore se posta à la fenêtre, observant le paysage. Il devait réfléchir. Il retira ses lunettes et les nettoya consciencieusement.
Dumbledore- Sirius n'aurait jamais dû aborder ce sujet.
Il se retourna et enveloppa Harry de son habituel regard bienveillant. Néanmoins, aujourd'hui, une lueur infime d'angoisse y transparaissait.

Dumbledore- Ta marraine devrait être morte, et tu devrais t'en tenir là. Révéler que Sirius était ton parrain pouvait être dangereux, mais je savais qu'il ne te ferait pas de mal, il était potentiellement dangereux car en fuite. Autant elle, je veux dire si elle est encore vivante, je n'ai aucune confiance. Elle vivait dans la clandestinité. Personne n'a eu de nouvelles depuis ton baptême. Nous la pensons tous morte. Je te déconseille de chercher à en savoir plus et encore moins d'avoir un contact avec elle.
Harry s'emporta.
Harry- Et pourquoi je ne pourrais pas ?
Dumbledore- Elle est dangereuse, et je ne veux pas qu'il t'arrive malheur. Comprends moi Harry, tes parents et Sirius t'ont confié à moi, ils ont confiance en moi pour que je te protège. C'est ce que je fais en t'interdisant cela.

Harry comprenait en partie ce qu'il voulait dire. Il changea son fusil d'épaule et lui demanda s'il pouvait lui poser d'autres questions. Dumbledore se rassit à son bureau, il avait été sur un terrain glissant et espérait ne pas avoir éveillé certains soupçons chez son élève.
Harry- A qui appartient le patronus d'aigle de ce matin, et depuis quand livrent-ils le courrier ?
Dumbledore- Je crois qu'il appartient à Miss White, mais je n'en suis pas sûr... Il est possible que ce soit celui de Rogue. Ils ne les ont jamais utilisés devant moi. Pour ce qui est du mode de livraison, les patronus peuvent également avoir cette fonction, c'est assez rare, mais cela arrive.
Harry- Une dernière question plus ou moins en relation, qui parmi les professeurs est un animagus ?
Dumbledore écarquilla les yeux visiblement surpris. S'il avait anticipé la question précédente, il n'avait pas vu celle-ci venir.
Dumbledore- Le seul animagus qui ait eu ici était le professeur McGonagall, et les Maraudeurs bien sûr. Pourquoi cette question ?
Harry- Il y en avait un... un loup quand j'ai ouvert la lettre.
Le directeur lui promit d'effectuer quelques recherches, bien qu'il sache déjà l'identité de l'animagus non déclaré.

Harry prit la direction de la bibliothèque, il ne raconterait rien de la lettre à Ron et Hermione, mais il enverrait un hibou à Madame Weasley, lui demandant si elle pouvait organiser Noël au Square Grimmaurd. Il espérait qu'elle ne se vexerait pas. Il serait mieux chez son parrain, enfin...chez lui désormais.
Il prit les fichiers d'élèves de Beauxbâtons de l'année 72. Selon les estimations de sa meilleure amie, Dakota devait être entrée dans une école magique cette année la. Avec cette dernière recherche, Harry voulait être certain que Dakota n'avait pas pu étudier en France. Il se dirigea vers la table la plus isolée. Après plus de trente minutes de recherches infructueuses, il se rendit compte qu'il était absolument seul dans la bibliothèque. Madame Pince semblait être partie et l'avoir oublié. Il haussa les épaules et replongea dans les listes des autres continents lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir.
?- Mais tu es fou ! Si on nous surprend, on pourrait être renvoyé !
?-Mione, pas la peine de t'angoisser, on aura qu'à prétexter une recherche urgente.
Hermione- Ron, tu es sûr qu'on va être crédible si on nous trouve assis sur les tables ?
Ron posa un doigt sur ses lèvres, faisant mine de réfléchir. Sans prévenir, il embrassa sa petite amie.
Hermione- Je sens qu'il ne vont pas nous croire si tu es entrain de m'embrasser.
Ron sourit, elle avait passé trop de temps avec les jumeaux pour dire cela. Maintenant, elle était à lui. Entièrement à lui.
Il glissa une main dans ses cheveux, et l'embrassa à nouveau. Elle lui murmura d'une voix douce:
Hermione- Ne me quitte pas.
Il déposa un baiser sur son front.
Ron- Jamais. Nous sommes ensemble, envers et contre tous. Tout ira bien, j'ai confiance en toi, en nous... et en Harry.
Hermione- Comment on va lui annoncer ?

Un toussotement se fit entendre du fond de la bibliothèque. Ron se recula et Hermione sauta à terre. Si madame Pince les avait vus ainsi, il se pourrait bien qu'elle ne leur donne plus jamais accès à certaines archives.
Harry- Je crois que je suis déjà au courant.
Il éclata de rire devant leur mine déconfite. Ron réagit le premier et le suivit dans son fou rire. Hermione ne mit pas longtemps à faire de même. Il n'y avait pas besoin d'explications pour Harry. Il les voyait heureux et c'était suffisant pour lui. Pour expliquer son absence en potion, il prétexta un entretien avec Dumbledore pour parler de Dakota, savoir si la protection se passait bien, etc. Il disait la vérité...en partie.