BIIIEN LE BONJOUUUR ^^
Mais ... Mais ... dites mua ... est-ce que ce serait ... un rythme de parution régulier ? :O * tremble à cette idée *. Et au fait ! ayé c'est la nouvelle année dans Fodlan ! * bonne année *, bon même si on sait tous comment ça va se passer XD ! En vrai je suis super contente d'être enfin à la Lune de la Protectrice, il y a encore beaucoup de choses à faire mais ça va être ... intéressant * se coud la bouche pour ne pas se faire tabass' par Luna *.
Ce chapitre est un chouia plus long que d'habitude mais j'ai pris un certain plaisir à l'écrire !
Je vous laisse donc pour la lecture, les évènements et surtout les engrenages s'accélèrent et notre petite Luna va avoir des choix sérieux à faire !
On se retrouve bientôt ! prenez soin de vous !
La review de la review :
- MijoCookie : Je te reconnais bien là en savant connaisseur des dialogues du jeu xD et pour le coup du vomi je pense que c'est un mélange entre le choc de se rendre compte que leur ennemi (qui devait être anonyme et monstrueux) a aussi eu le même aspect qu'eux, là ce sont des jeunes du monastères, perso je trouvais qu'on était monté d'un cran dans l'horreur ... Pis surement que ça doit pas sentir la rose non plus xD * ce soucis des détails, je sais XD *
"C'était très bien écrit la partie où Luna est en train de crever à mène le sol ! " ... XD ! merci ?! * Luna s'étouffe dans son jus de fruit *.
SOUS LES CENDRES
Chapitre 22 :
Page immobile.
- … n'est pas l'axe normal du doigt !?
- Taisez-vous donc Caspar, vous me fatiguez. Allez-y Marianne.
Des bribes, des voix … c'est ce que je perçois lorsque mes sens s'éveillent. Comme des petites bulles de savon qui éclatent, ma conscience pétille juste avant que le gouffre ne se referme à nouveau sur moi.
/
- Pourquoi tous les flacons sont vides ? Ou brisés ?
- Attention à sa tête.
Sensations, elles reviennent peu à peu. Des fourmis qui passent et repassent sur mon épiderme. Puis la chaleur. Il semblerait que mon métabolisme soit finalement décidé à ne pas céder.
- Linhardt ! Elle est brûlante ! Ce doit être de la fièvre !
- Non. Mais déposons la ailleurs, ici elle pourrait mettre le feu à la pièce, et puis de toute manière il n'y a rien qui puisse l'aider.
Mon feu interne parcourt mon corps et je crois … ressentir… C'est mon sang qui est corrompu. Les pulsations, l'écoulement, je sens un venin dans mes chaires. Comment a-t-il pu s'insinuer ainsi …
« Dommage que tu doives mourir toute de suite. »
L'incendie tapis dans mes entrailles bouillonne et me tire de mes songes. Pute borgne ! Monica ! Un grognement éraillé s'échappe de ma gorge et je l'entends, ce son, ma rage profonde. Je me réveille ! Mes articulations frottent, grincent et craquent mais la douleur me rend plus proche encore, proche de la conscience. Je perce les dernières couches de sommeil et explose dans la réalité.
L'air est froid, de la vapeur m'entoure, je ne vois pas bien où je suis. Il fait sombre et l'air est vide. De la poussière noirâtre flotte et se dépose sur mon visage. De la cendre.
C'est à peine si j'entends mon coeur battre. Cette réalité est bien trop immobile pour être la mienne. Le temps défile sur les fenêtre comme si j'étais dans une cage hors du temps. Ou plutôt, dans une boucle infinie, sans issu. Rien, mis à part les ténèbres opaques et statiques. Oppressants et immuables.
Je ne me suis peut-être pas réveillée finalement.
Alors que je commençais à renonce, un éclair lumineux rompt avec la monotonie de ce lieu, du bruit parvient jusqu'à mes oreilles et je vois des formes se dessiner sous mes yeux.
- Luna ! Sapristi vous en avez mis du temps !
Si mes lèvres m'écoutaient, elles auraient souris. Felix et ses reproches.
Felix et sa douceur. Sa poigne doit être intense car je croirais la sentir tout contre ma peau lorsqu'il se met assis pour me rejoindre. Elle est tendre et délicate. Il me ramène à lui, ses boutons glissent dans mon dos. A tout bien y réfléchir, je dois bien être nue pour ainsi les sentir. Ça expliquerait les cendres de tout à l'heure, et le rose que je vois à ses joues claires. Je sens son souffle chaud sur ma joue, il replie mes jambes tout contre les siennes.
- Linhardt avait raison, vous avez vraiment pris feu… heureusement que l'antre du phacochère et aussi sinistre… n'importe où d'autre et c'est tout le monastère qui aurait pris feu !
Il n'y a qu'une seule personne qu'il s'amuse à surnommer de la sorte.
Aïe.
Le souffle pourtant si tendre de Felix fait vibrer la peau de mon cou et une vive douleur me saisit.
- Oui, c'est par là que le poison s'est répandu. On ne sait pas exactement comment, mais vous avez deux marques dans le cou, de part et d'autre de votre carotide. La décharge de poison a été rapide.
Oh, je vois. Elle a été bien précautionneuse, à moins que me briser les mains ne soit qu'un bonus.
- Sylvain a trouvé le manuel que vous aviez, celui que vous utilisez comme grimoire et qui contient vos sorts et remèdes, il est en train de préparer le rituel. Mais comme vous avez deux morsures, il faut deux mages.
Pitié, n'appelez pas Hubert …
- Je l'aiderai à vous tirer de là.
Felix attrape mon menton et faire rouler ma tête désarticulée de telle manière à ce que je croise son regard. Des yeux humains, remplis de compassion, l'expression de ses pupilles me foudroient le coeur. Mon corps monte encore en température.
- Quand on vous a trouvé, vous aviez déjà vomi une bonne partie du poison. Mais il en reste, et c'est ce qui fait que vous êtes dans cet état…. Quant à vos mains …
Je ne veux pas entendre la suite. J'essaie de remuer la tête pour me laisser un peu dans le déni. Je ne veux pas entendre.
- Marianne est parvenue à vous les sauver. Mais puisqu'aucun de nous ne savait pour votre « compatibilité » … elle est intervenue assez tard. Vos secrets vous ont couté une part d'élégance.
Marianne ?
Ma tête roule sur l'épaule du bretteur et ses bras se referment sur ma poitrine.
- Vous êtes brûlante. Il parait que c'est une bonne nouvelle.
La jeune femme est venue m'aider ? Felix referme mes jambes et je sens sa main sous ma cuisse. Il m'enserre de ses jambes.
- Mais il vous reste encore bien des charmes…
Une nouvelle lumière traverse la pièce et j'aperçois bientôt l'éclat des cheveux de Sylvain. Mes yeux roulent pour saisir la moindre bribe d'image mais je ne peux toujours pas bouger seule.
- C'est bon, j'ai terminé les potions. Il faut vite commencer.
Le garçon de Gautier s'assied en face de nous et saisi l'un de mes bras pour le déposer sur son épaule. Mon buste balance en avant et est à présent entre eux deux. Felix me tient par la taille pour m'empêcher de tomber et dépose son épaule sous ma tête. Il expose ainsi ma nuque, là où les deux traces de morsure ont jugulé ma carotide.
Ce toucher n'est pas agréable, je sens des spasmes remuer mes entrailles et des décharges de venin chercher à se frayer un chemin jusqu'à mon coeur.
Sentant l'urgence, Sylvain repousse des mèches de cheveux et s'en saisit d'autres avant de déboucher un flacon peu profond, ceux que j'utilise pour les baumes. Une odeur de bleuets, de prunes et de noix se dégage.
Oh, je comprends quel rituel il a voulu mener. Quelque part, il doit y avoir des bougies.
Ah! Voilà maintenant la cire qui s'écoule le long de mon cou. En temps normal elle devrait figer, mais vu la chaleur de ma peau, elle reste liquide et dégouline jusqu'à ma poitrine. Les sourcils roux du garçon de Gautier se froncent et je m'amuse intérieurement de son hésitation. Qu'il se rassure, le rituel fonctionnera quand même.
- Aïe, Sylvain vous m'en avez mis sur les doigts !
- Oh pardon ! Mais ce n'est pas chose facile !
Il termine les trois cercles de cire qui lient les deux morsures et entourent mon cou, puis dépose la bougie au sol. Le compte est bon.
Sylvain trempe désormais ses lèvres dans la pâte bleutée et les recouvre du mélange en entamant le murmure magique. Il se penche et ne cesse ses incantation même quand Felix vient se servir, sur sa bouche, une partie du produit magique. Ils se transmettent entre leurs lèvres les mots ensorcelés et grâce à ce baiser, le rituel prend en intensité. Leurs lèvres se séparent en un éclat de peaux, de fleurs et de magie qui fige la cire sur mon cou malgré la chaleur.
Leurs murmures se mêlent et je vois l'ombre de la bougie vaciller tandis que la flamme danse sur la mélodie magique qu'ils créent à deux. Les légères bourrasques qu'ils dégagent effleurent ma peau et me procurent des piqûres. Le venin de Monica est toujours là et il a senti la magie arriver, il se débat.
Puis je sens la double percussion des baisers de Sylvain et Felix dans ma nuque. Aussitôt qu'elle touche ma peau, la pâte crépite et tous mes sens se concentrent sur ces deux petites parcelles de mon épiderme. Je la sens durcir et coller à ma peau sous les salives des garçons. J'en frissonne jusque dans mes mâchoires qui claquent d'elles-mêmes, premier mouvement autonome de mon corps. Ils commencent à sucer, fort, ils doivent laisser deux grosses ecchymoses autour des morsures pour que le rituel fonctionne et draine ce poison.
Mon corps monte encore en température, si fort que ça risque de devenir insupportable pour eux. Je tente de réfréner ma combustion mais leurs succions…
Sylvain termine le premier et Felix enfin. Je sens enfin mon coeur, qui tambourine dans ma tête, il n'est pas mort.
Les garçons prononcent les derniers mots, j'entends leurs voix essoufflées juste avant que je m'effondre de chaleur et sombre à nouveau dans l'inconscience.
/
Je sens le vent sur ma peau, ce souffle froid qui s'engouffre et me couvre de frissons.
Mes longs cils s'entrouvrent et il me faut un peu de temps pour comprendre où je suis. Toujours dans cette pièce sinistre, la chambre de Dimitri. Des flocons de neige tapissent le sol, juste sous la fenêtre de sa chambre et je comprends alors qu'il doit fait bien plus froid que ce que je ressens. On m'a recouverte de peaux de bêtes, celles qu'on les Abyssiens pour se protéger. Il fait jour dehors.
Sous les épaisseurs, je tente de reconnecter mon esprit avec le reste de mon corps. Le poison bloque encore certains de mes ordres mais je ressens tout de même mon être jusqu'au bout de mes orteils.
J'entends qu'on pousse la porte et je tente de me redresser. Aucun mouvement mais je sens dans ma nuque, les sceaux de cristaux et de cires des garçons, ils tirent ma peau mais sont encore chaud, le rituel n'est pas terminé, le poison n'a pas été entièrement drainé.
Une silhouette se profil dans l'embrasure de l'entrée, je voudrais tendre mes mains pour les voir. Mais rien ne bouge.
Mes yeux se referment de frustration.
Puis se sent une vague de parfum, ce doux embrun que je connais par coeur. Je force mes yeux à se rouvrir et les fixe dans les siens. Ses iris parmes et … contrariés.
Elle est déjà si proche de moi mais se rapproche encore pour que je l'entende. Ses cheveux fins tapissent mon visage comme des caresses et elle rehausse les couvertures en effleurant mon menton.
- Ne vous agitez pas de la sorte.
Et vous, que faites-vous dans la chambre de Dimitri !?
Ses gants se déposent contre ma nuque, m'arrachant une crispation de douleur.
- Vous êtes encore chaude …. Ce n'est donc pas terminé.
Sa voix glisse dans mon oreille et mon coeur bat plus vite. Elle est vivante ! Un soulagement me donne le hoquet et mes lèvres s'entrouvrent d'elles-mêmes.
- … ard…
Je peine à garder les yeux ouverts. Mais alors, quelle était la cible de Monica ?
Edelgard sursaute légèrement et se tourne vers la porte avant de se pencher à nouveau contre mon visage.
- Je s… Jeralt est mort. Je ne …
Je glisse mes yeux dans les coins et commence à trembler, je voudrai tant pouvoir bouger ! Mais tout ce que je peux, c'est secouer ma main sous les couvertures et balbutier son prénom de manière non intelligible.
Edelgard regarde une nouvelle fois vers la porte et glisse hors du lit à ma hauteur pour dégager ma main des épaisseurs. Je vois son visage se figer l'espace d'une seconde lorsqu'elle s'en saisit pour la placer entre les siennes, gantées de soie. Ses yeux, c'est si étrange de les voir ainsi.
- Survivez Luna, comme vous l'avez toujours fait.
Au loin, j'entends des bruits de pas et je comprends qu'Edelgard s'est faufilé ici sans en informer mon hôte. Mes mâchoires claques et je retire doucement ma main des siennes. Elle se retire vite et je commence à respirer avec difficulté. Mon coeur s'emballe et mes poumons se compriment, le dernier stade de drainage commence.
Mes yeux roulent et se révulsent. Je m'endors en entendant le son métallique de jambières qui avancent sur le sol froid de la pièce.
/
Comme une nuée d'épingles qui me piquent la nuque.
C'est ce que je ressens lorsque j'arrache les deux seaux de cire durcie. Les cristaux tout autour ont désormais figé et refroidis. Dessous, il n'y a aucune marque, ni celles de Monica, ni celles des garçons. Ma peau est de nouveau ivoire, comme si elle n'avait jamais porté ce poison insidieux.
J'ai passé le réveillon alitée dans la chambre de Dimitri, nous somme aujourd'hui le premier jour de cette nouvelle année et je peux enfin décemment marché seule. Linhardt a trouvé ma rémission rapide, moi je la trouve encore trop lente. J'aurai pu l'accélérer si j'avais eu mes potions, mais cette putain des enfers a tout détruit. Et Sylvain n'est pas en mesure de les produire, ce serait trop dangereux.
Cela m'a pris plusieurs jours pour me mettre debout, mais je ne sais pas combien il m'en faudra pour pouvoir accepter l'allure de mes mains. Effectivement Marianne a fait de son mieux et sans ses soins, ce serait encore pire. Certaines de mes articulations sont encore gonflées et rougies, d'autres ont un peu dévié et j'ai perdu de la souplesse. D'une manière générale, mes doigts sont plus épais, moins élancés mais ma poigne est devenue plus robuste.
Il n'est pas question que je laisse à cette putain la satisfaction de m'avoir diminué. Déjà alitée, je réfléchissais à un moyen de faire de la difformité qu'elle m'a infligé, un avantage, un atout. Puisque de toute manière, ce sont ces nouvelles mains qui vont la tuer. Elle profitera de son oeuvre, cette Colombine répugnante.
/toc toc/
- Tu es prête Lulu ?
Le joli minois de Hapi apparait derrière la porte et je lui fais signe de la tête.
- Allons voir Byleth.
La louve me tend son bras et je m'y agrippe, je n'ai pas encore descendu les escaliers depuis que je suis levée. En revanche, j'ai fais le lit de Dimitri. Je crois l'avoir vu et senti sa présence pendant ces jours de demie conscience. J'espère qu'il ne s'est pas top épuisé. Où a-t-il dormi toutes ces nuits ?
Nous descendons tranquillement les marches, Hapi dévisage les étudiants qui rouspètent sur ma lenteur. Sa réaction m'arrache un sourire car j'aurai probablement fait pareille pour elle. Pour cette Hapi qui déteste les bêtes mais qui en tient une dans sa main.
Dehors, l'air frais me fait tant de bien. Je prends quelques secondes pour emplir mes poumons éprouver par la guérison, puis nous partons en direction de la chambre du professeur. Il n'a pas repris les séances de tutorat.
Hapi toque à la porte, aucun bruit. Alors je décide de pousser la planche de bois massif et de pénétrer à l'intérieur.
Il est là, debout, les mains à plat sur son bureau et la tête penchée en avant. Dans la pièce tranquille, rien n'indique le chaos qui doit probablement régner dans son être. Je les sens, les tourments qui l'agitent, ces vagues de colère et de tristesse. Hapi me laisse sur le seuil, tandis que j'avance à la rencontre de Byleth. Il ne bouge pas d'un pouce mais je sais qu'il est tout à fait conscient que je suis là.
A sa hauteur, je tends ma main déformée pour la déposer sur son épaule. Sous le tissu qui le recouvre, je sens toute la tension de ses muscles. Il est crispé par la rage et accablé par le chagrin. Je fais glisser ma paume sur son bras et avance doucement pour basculer et enfin croiser son regard. Toujours aussi taiseux, il y a pourtant tant à dire dans ses yeux. Dans cette détermination qui me fusille.
- Professeur, cet ennemi est désormais à la fois le vôtre, et le mien.
Il se redresse un peu et se tourne vers moi.
- Je vous ai dit un jour de ne pas pouvoir être parfaitement loyale, envers vous ou envers quiconque. Et je sais que ce n'est pas ce que vous me demanderez. Mais sachez-le professeur, ma loyauté peut être défaillante. Mais ma colère…
Je dégage ma main de son bras et murmure des mots qui embrassent mes deux poings serrés.
- Ma colère se souvient et ne faiblit pas.
Il me semble, l'espace d'un instant, avoir vu un sourire se dessiner sur le visage de Byleth juste avant, qu'il ne dépose sa paume sur le sommet de mon crâne.
« Puis il est parti.
Pendant plusieurs jours déjà. Les Lions ne se sont pas rassemblés et je n'ai pas encore croisé Dimitri. Je l'ai cherché partout. Il m'a semblé retrouver son odeur dans la bibliothèque mais aucune trace de son corps. Dedue reste muet malgré sa mine plus qu'inquiète.
Il fait déjà nuit ce soir, je n'ai plus aucune séquelle du poison, et je parviens toujours à écrire. Me reconnais-tu carnet ? Ma calligraphie est légèrement différente car mes doigts sont un peu plus épais.
Ainsi c'était Jeralt la cible de Monica. Pourquoi cet Empereur des flammes s'en prendrait-il/elle au Briseur de Lames ? Pour affaiblir l'Ordre de Seiros ? Puisque Thales est mêlé à tout ça, ce doit être en lien.
Les trois héritiers étaient présent ce jour-là alors pourquoi … »
Un bruit derrière la porte de ma chambre me fait sursauter.
Qui peut bien s'amuser à cette heure-ci de la nuit ? Tout le monde dort, il n'y a que les gardes qui s'occupent des rondes depuis que l'archevêque a instauré une sorte de couvre feu. Pour éviter les fuites d'élèves.
Je me lève et dépose mon carnet dans un coffre en prenant soin de ne pas pousser ma couverture dans les flammes crépitantes de ma cheminée. A coté de la poignée, je vérifie que mes sceaux sont biens là. Petite mesure de sécurité que j'ai prise depuis l'intrusion de Monica.
Puis j'ouvre.
- Oui …
Il n'y a personne. Mais il y a une dague, là, plantée dans le chambranle de ma porte. Je fronce les sourcils et passe mes doigts dessus.
- Tu la reconnais ?
Cette voix, depuis combien de temps ne l'ai-je pas entendue ?!
Je fais un pas en avant pour trouver les saphirs en fusion de Dimitri. Il est tapis dans l'obscurité tel le prédateur qu'il est. Malgré sa pose faussement décontractée, je sens qu'il est à deux doigts de me sauter dessus, mais pas pour les bonnes raisons. Sa tête est appuyée contre le mur, tout comme son épaule et ses bras sont croisés. Il faudrait que je me pince pour arrêter de le trouver si beau lorsqu'il est en colère, parce que là, il l'est pour de vrai.
Je fais coulisser mon regard vers l'arme et la déloge non sans mal.
- C'est celle que tu as offert à Edelgard. Elle la gardait souvent près d'elle, je l'ai vu souvent.
Sans que j'ai le temps de lever les yeux vers lui, il me précipite à l'intérieur de ma chambre et me saisit les poignets. Mais malgré la fureur que ses yeux me lancent, sa poigne n'est pas si forte. Je me dégage de son emprise et m'en vais fermer ma porte. Puis je glisse le sceau de silence sur la poignée, je sens qu'il va y avoir du grabuge. Ainsi, personne ne nous entendra.
Je soupire et me retourne vers lui. Son regard est focalisé sur la dague que je tiens entre mes doigts.
- Pourquoi est-ce toi qui la possède désormais ? Elle te l'a rendu en souvenir de votre enfa….
Il a foncé sur moi, m'a bloqué contre le mur de ma chambre. Il me semble même que son poing a fait un cratère dans la paroi rocheuse. Son autre main enserre ma mâchoire et ses yeux me fusillent.
- Je t'avais pourtant dit Luna, de ne jamais me mentir. La trahison, le mensonge, tout ça peux me rendre fou.
Pourtant il ne sent pas l'alcool. Alors qu'est-ce qui a bien pu le mettre dans cet état ?
Quoi qu'il en soit, je déteste ce qu'il est en train de faire. Je ne suis pas proie facile, même pour lui. Alors j'attrape d'une main l'arrière de sa chevelure et de l'autre, je colle la lame de la dague contre sa gorge.
- Ecarte-toi.
Malgré la mise en garde sérieuse, il se met à rire. Mais pas sur les tonalités que je lui connais, là, sa voix joue un registre cynique parsemé de notes de folie.
Et au lieu de reculer, il avance encore plus et colle ses jambes sur les miennes. Dimitri appuie désormais toute sa main sur mon plexus et me pousse contre le mur. La lame de la dague plie sa peau blanche et son front tombe contre le mien.
- Est-ce que tu le savais ?
Aucune envie de l'écouter pour le moment, tant qu'il n'est pas lucide, je n'écoute pas un mot de ce que sa bouche pourra me dire.
Je tire sur ses cheveux et balance mon genoux dans sa poitrine. Il encaisse l'impact et attrape aussitôt ma jambe et me soulève comme si je ne pesais rien. Je me débats et noue finalement mes jambes autour de sa taille pour le faire tomber en arrière. Sa poigne se referme sur ma chemise de nuit et arrache du tissu avant que sa tête ne se cogne contre le sol recouvert de peau de bêtes.
Il est allongé, les mains crispées sur mes cuisses qui serrent son bassin.
- EST- CE QUE TU LE SAVAIS ?
Il hurle et je le gifle avant d'attraper sa mâchoire pour glisser la lame juste en-dessous.
- Quoi ?
Dimitri repousse mes mains et se relève. Cette fois c'est moi qui bascule en arrière sous la charge qu'il impose à mes épaules. Mon dos claque contre le sol et j'ai tout juste le temps de rouler sur le coté pour tenter de me relever. Il m'attrape par la cheville et me tire jusqu'à lui et continue de déchirer ma robe en dentelles. Je n'aurais donc plus une tenue potable …
Je balance mon autre jambe et mon talon cogne contre son menton. Il me relâche l'espace d'une seconde et je me traine à genoux jusqu'à mon lit. Pas le temps de monter dessus, j'ai toujours les genoux au sol lorsqu'il plaque sa poitrine contre mon dos et enroule son bras sur mon cou en serrant. Le sommier de mon lit comprime mon ventre sous le poids de Dimitri.
- Est-ce que tu savais que Edelgard était l'Empereur des Flammes ?!
Sa voix essoufflée glisse dans mes oreilles mais je ne comprends pas ses mots.
- Conneries… c'est… Monica !
A tâtons, je cherche la dague mais elle apparait devant mes yeux, tenue par Dimitri qui la rapproche de ma joue.
- C'est pourtant l'Empereur des Flammes qui l'a faite tomber ce soir.
- Et alors ?
Je parviens à défaire son bras de ma gorge et il me plaque aussitôt plus fort, à plat contre le lit défait. Il a lâché la dague et posé une main sur mes reins, de l'autre, il attrape mon bras pour le coincer dans mon dos.
Il faut que je me sorte de cette prise nom de non !
- Il discutait avec l'autre individu, celui qui était là le jour de la mort de Jeralt. Nous les avons surpris avec Byleth.
Le professeur est de retour ?
La voix de Dimitri est descendue d'une tonalité, et le me semble percevoir, contre mes fesses, une pointe d'excitation de sa part.
L'autre individu … Oh ! Thales !? Je gigote et il attrape mon autre bras pour le bloquer également dans mon dos.
- Cet « individu » est un maître dans l'art de modifier les apparences. Tu ne te souviens pas de Tomas, et de l'autre tâche de Solon ? Ils sont là pour nous diviser ! Réfléchis un peu Dimitri ! C'est complètement absurde. Si c'était Edelgard, elle n'aurait pas fait tomber sa dague. Tout ceci est un plan minable pour monter le Royaume contre l'Empire. Ces monstres se nourrissent de la discorde !
Ma tête s'agite d'un coté puis de l'autre, cette position n'est pas très pratique pour parler.
- Eh puis de toute manière, ce ne peut pas être Edelgard. Monica est beaucoup plus crédible dans le rôle.
Non, c'est impossible qu'elle soit allée si loin, qu'elle ait fait tout cela … non. Ce ne peut pas être Edelgard. Malgré ses envies de conquête, ma cousine préfèrera toujours un champ de bataille plutôt que des manigances ou même, prendre la vie des innocents. Non, tout ceci n'est rien d'autre que l'oeuvre de Monica et de Thales.
- Ces monstres ? Comment peux-tu les connaitre ?
L'espace d'un instant sa poigne faiblit. C'est l'occasion de … Merde, il s'est tout de suite repris.
- Duscur et Enbarr… ils en ont parlé. Ils s'en sont vanté Luna !
Sous ses gants de métal, ce sont ses mains de chaires qui tremblent.
Je soupire.
- Relâche moi Dimitri.
Mais il ne bouge pas.
- Pourquoi ? Si tu es l'une des leurs !? Tu es sa cousine…
Comment son esprit peut-il être embrouillé à ce point ? La simple allusion à la Tragédie de Duscur a des effets dévastateurs sur lui …
- Tu es décidément un idiot.
Un souffle de feu jaillit de mes paumes, il doit se l'être pris en pleine face. Mais c'est bien ce qu'il faut pour pouvoir enfin me dégager de la masse de son corps. Ce n'était pas si désagréable, si seulement nous n'étions pas entrain de discuter de Thales…
Assis sur le sol les jambes ouvertes, Dimitri écrase les dernières cendre qui viennent salir mes peaux. Je peux me relever et constate qu'il a effectivement pris un malin plaisir à me tenir de la sorte.
J'attrape la dague et avance vers lui pour m'abaisser à sa hauteur.
- Quoiqu'il en soit, non je ne savais pas qu'Edelgard était l'Empereur des Flammes tout simplement parce que je n'y crois pas. Si elle l'était …
Je repense une fraction de seconde aux paroles de ce guerrier en armure et un frisson me parcourt.
- Si elle était l'Empereur des Flammes alors ce serait l'amorce de la fin du monde tel que nous le connaissons. Mais je me refuse à y croire.
Le visage de Dimitri s'est détendu mais il me regarde toujours avec autant d'intensité.
- Pourquoi ?
L'ombre des flammes se reflètent sur son visage et j'ai une envie folle de le mordre après l'affront qu'il m'a fait. Me prendre de la sorte !? Sa folie n'est donc pas qu'autodestructrice et belliqueuse, elle a aussi des notes de volupté et, à en croire son entrejambe, de stupre.
- Parce que j'ai renoncé à la tuer, alors ça m'ennuierait de devoir enfreindre ma promesse.
Ma réponse le surprend, et lui arrache un de ces sourire qui me font saliver et sortir des crocs. Mais je ne lui ai pas menti. J'ai bien renoncé au rôle d'adversaire d'Edelgard et aujourd'hui l'idée de devoir la tuer… de vivre dans un monde où elle n'est plus… cette idée ne me procure aucune satisfaction, bien au contraire. C'est pour ça que je ne veux pas y croire. Non, c'est Monica l'Empereur des Flammes, c'est beaucoup mieux ainsi, elle, je n'aurai aucune peine à la tuer.
Je dépose la dague que le sol et Dimitri la balaye d'un revers de la main. L'arme s'en va se cogner contre ma porte et, plus un bruit. Juste le crépitement des flammes.
Accroupie en face de lui je le dévisage. Que suis-je censée faire ? Il m'a provoqué, m'a affronté et même soumise. C'est intolérable. Alors je me relève et fais glisser mon pied sur son entrejambe, toujours participative. Il abaisse ses yeux vers mes orteils et se met à rire.
- Tacle-moi encore une fois de « Monsieur Chasteté » et toute cette histoire finira mal…
Encore des menaces ? Me prendre ainsi ne lui a pas suffit ?
J'appuie encore mon pied et le tissu s'étire davantage sous la pression en-dessous. Ça doit faire mal, en tout cas c'est ce que Volkhard me disait, lorsqu'il finissait par m'ordonner de prendre en main son impatience.
- Tu te crois en position de mener la danse ? Monsieur Chasteté ?
Malgré la rougeur qui a maintenant gagné tout son visage (et même ses oreilles), Dimitri me fusille d'un regard qui m'accablerait presque. S'il ne me donnait pas envie de le défier davantage.
Il lève le bras pour m'attraper la jambe et c'est la mienne qui appuie sur ce qui est … l'avenir du Royaume.
- Ne me touche pas avec ça.
Après avoir gémi, de la sueur commence à perler sur son front. Il en marre. Si marre qu'il retire ses gantelets avec les dents.
La scène est si délicieuse.
Je m'en repais et le laisse finalement m'attraper avec ses mains chaudes, le morceau de ruban bleu qu'il porte toujours à son poignet me caresse. Il me tire et je tombe sur lui, assise à califourchon et déjà en train de défaire les boutons de son uniforme. J'envoie valser sa cape et libère sa nuque transpirante pour y engouffrer mes dents. Les boutons sautent mais peu m'importe, j'ai faim. Et lui aussi, vu l'ardeur avec laquelle il saisi et enfonce ses doigts dans mes fesses.
Contre mon oreille, je sens son souffle chaud et chargé d'envie.
- Attend, Luna … je …
Il retire ses mains et me réajuste sur lui avant de caresser ma joue. Nos nez se frôlent et sous ma paume, je sens son coeur battre.
- La dernière fois, je m'y suis mal pris. Cette fois je …
Quelle dernière fois ? Quand il m'a serré les fesses en étant ivre ? De quoi parle-t-il ? Discrètement, je défais un autre bouton avant qu'il ne poursuive.
- Cette fois, je voudrais t'embrasser … convenablement.
Hein ?
Je relève les yeux et … Comment peut-il être aussi gêné alors que je sens bien autre chose contre moi ? Je ne vois pas là où il veut en venir et cela m'agace de devoir réfléchir à un moment pareil.
- M'embrasser convenablement ? L'as-tu déjà fait auparavant ?
J'arque un sourcil et je vois sa gorge se serrer. Est-ce un « non » ?
- Laisse moi de montrer.
Mes mains remontent tout doucement, mais non sans fermeté, jusqu'à son cou. Je veux qu'il sente, la trainée de désir que je laisse partout sur son corps, qu'il la ressente et s'en serve. Mes pouces caressent les angles de sa mâchoire et je dépose mes lèvres sur les siennes. Elles sont chaudes et douces. Je les presse légèrement, juste assez pour qu'il ressente les vibrations de mon coeur à travers cette peau si fine. Mes yeux se ferment, puis je me rapproche un peu plus de sa poitrine et ses lèvres s'entrouvrent, mes mains glissent derrière sa nuque et avancent.
Tient, où son ses cheveux? C'est si rare qu'il les noue. Mais peu importe, j'ai tant envie de lui. Mon corps se cambre contre son érection et je n'ai de cesse de posséder ses lèvres. Qu'il me prenne maintenant, je tremble à cette idée. Qu'il me prenne enfin.
Pourquoi ses mains ne sont-elles pas sur moi ?
A contre-coeur, je quitte ses lèvres et me recule pour frotter mon nez contre son cou.
- Seigneur.
Enfin sa main saisit mon épaule et je … Cette odeur.
Brusquement, je relève la tête pour croiser, le visage de … Dimitri.
Mais bon sang qu'est-ce que j'imaginais ?
- Luna ?
- Pardon je …
Tremblante et vacillante, je me hisse sur mes jambes et quitte la pièce.
Je cours et mes larmes n'en finissent pas de couler. Puis je tombe et me vautre dans l'un des jardins du monastère. Je pleure encore.
La colère et le dégout s'écoulent sur mon visage, de plus en plus fort à mesure que je réalise ce que j'ai fais. Et surtout, lorsque je prends conscience de la violence du désir qui cheville mon corps. Volkhard, le souvenir de son contact me fais perdre tout repère.
Alors je martèle ce foutu corps, je me frappe et peste contre toutes les lubies de Volkhard qui me font frissonner.
J'enfonce mes ongles dans ma peau et …
- Arrête !
Pourquoi mon corps désire tant Volkhard alors que … alors que mon coeur lui, n'a de cesse que de battre pour cet être, pour Dimitri ? Et pourquoi a-t-il fallu que je m'en rende compte précisément ce soir, après avoir tout gâché et l'avoir sans doute blessé…
Dans cette nuit, sous la lune de la Protectrice, c'est lui qui me berce en me raccompagnant jusqu'à ma chambre. Il n'a pas dit un mot sur le chemin et même maintenant qu'il s'apprête à partir, j'attrape de justesse son bras et l'empêche de disparaitre.
Il doit savoir.
- Attend, ne t'en va pas … Je ne veux pas que tu penses que c'est toi. Dimitri, c'est moi, c'est à cause de moi que …
Il se retourne et ses mâchoires sont serrées. Je n'en peux plus.
- Je t'ai dit qu'il n'était pas mon père…
Dimitri retire ma main de son bras et réajuste son vêtement complètement refermé. Je ne sens plus ses mains.
- Ne t'en fais pas, j'ai outrepassé les limites en venant ce soir. Oublions tout ceci.
Quoi ?
Je n'ai rien le temps de dire avant que la porte de ma chambre ne claque et que je me retrouve, seule.
