Alors je sais qu'il est un peu tard dans la matinée, mais le chapitre est là, donc tout va bien.
Aujourd'hui un chapitre un peu plus long que les autres, mais pas grand chose donc on ne s'affole pas. Par contre affolez vous pour ce que je vous prépare... Quoi ?! Je ne vous en dit pas plus. Sauf que je ne vais pas me faire que des amis.
Hmp: La suite est prête, encore quelques minutes de patience, mais je suis sure que c'est quelque chose de faisable. Bisous !
Allez comme toujours bonne lecture et à la semaine prochaine !
- J'en ai assez, grogna Emmett en boudant.
- C'est toi qui a demandé à jouer, se marra sa sœur en rangeant les échecs. Ne te plaint pas de perdre.
- Pourquoi n'y a-t-il que Jasper qui soit capable de te battre ? demanda son frère mécontent. Même Mama n'y arrive pas.
- Je n'y arrive pas beaucoup plus tu sais, s'amusa à son tour Jasper en les rejoignant. Des fois j'ai l'impression qu'elle me laisse gagner.
Bella ne fit aucune remarque à ça. Est-ce qu'elle le laissait gagner, comme avec les cartes ? Autant laisser du mystère et ne pas répondre à cette question.
- Comment va Mama ? demanda Bella curieuse de le savoir.
- Comment pourrait aller Mama si ce n'est bien, répondit Emmett honnêtement. La dernière fois que je l'ai vu, elle bottait le cul de ses élèves, autant dire que rien ne change.
Jasper et Bella grimacèrent en cœur. Eux s'étaient fait violenté pas Mama et ça n'était pas de bons souvenirs, beaucoup trop douloureux.
- Je pense que tu lui manques, même si comme toi elle ne le dira jamais, soupira Emmett en se levant. Bon alors il y aura qui ce soir ?
- Pas mal de rois et reines, ainsi que des représentants d'autres pays..., énonça la princesse en soupirant.
- Et James d'Opale, sourit Jasper avec les yeux flamboyants.
- En effet, j'attends avec impatience de le voir celui là. Restes dans le coin, parce que je risque d'avoir du mal à me retenir.
- Comment peut-tu être aussi sûre que l'attaque vient de lui ? demanda Emmett sceptique.
- Nous le saurons bientôt ne t'en fais pas, sourit sa sœur et caressant la clef qu'elle avait accroché autour de son cou en compagnie du collier de son mari.
Ces archives étaient une vraie mine d'or pour elle. Elle avait enfin de quoi faire mal à la marquise, mais aussi mettre une épine dans le pied du prince d'Opale. Après tout, il se serait tenu tranquille, jamais elle n'aurait eu à passer à l'offensive. Alice ne tarda pas à arriver avec une armée de domestique. Le moment était venu. Après tant d'années à entendre dire qu'elle serait la future reine de Volterra, elle allait enfin le devenir.
C'est resplendissante qu'elle rejoignit son mari dans le temple dans lequel ils s'étaient mariés. Beaucoup de chose avait changé depuis. Sa longue robe traîna derrière avec grâce. Alice y avait mit du cœur pour la confectionner celle ci. D'ailleurs, à voir le regard de son mari, il n'était pas insensible à ses efforts. En ce jour, elle se devait d'être majestueuse. Carlisle lui tendit la main pour qu'ils fassent le chemin ensemble jusqu'à l'autel du couronnement. Une musique se déversait, jouait en hauteur par l'orchestre. La brune détailla son mari avec un sourire en coin, ce costume de cérémonie bleu roi lui allait à merveille. Ses cernes étaient toujours présentes, mais moins marqué depuis qu'il dormait dans ses appartements. Si Bella avait cru qu'il resterait avec elle aussi longtemps... Il dormait avec elle chaque soir. Elle avait bien senti qu'il n'était pas à l'aise le premier matin. La princesse l'avait retrouvé au dessus d'elle à vérifier qu'elle allait bien. Cela aurait pu paraître comique, si Bella n'avait pas su quelle crainte se cachait derrière. Alors chaque matin, quand il était encore là avec elle, la brune attrapait sa main et la posait sur son cœur battant.
Elle sentait tous les regards de l'assemblée sur eux. Il n'était pas facile pour certain pays de les voir accéder au trône. Si Carlisle se montrait aussi intraitable en roi qu'en général, alors leurs ennemis n'avaient qu'à bien se tenir. De plus, la princesse Isabella avait toujours fasciné le continent, de part sa beauté mais aussi sa perspicacité. Ce couple était redoutable, ça ne faisait aucun doute. La meilleure solution pour les restreindre était encore de les monter l'un contre l'autre. Malheureusement, plus le temps avançait, mieux ils s'entendaient.
Lorsque la couronne toucha son front, Isabella senti un courant lui parcourir le corps. Ça y était. A partir de ce jour, elle était volterrienne. Dévoué à son nouveau pays, membre à part entière de la famille Volturi, reine de Volterra. Carlisle lui serra la main avec force en lui souriant. Il était heureux de vivre ce moment à ses côtés. Plus il y pensait, plus il se disait qu'aucune autre femme n'aurait pu prendre cette place. Il le constata encore plus lorsque le peuple les acclama à la sortie du temple. Jamais il n'avait senti son cœur battre de cette façon. Sa femme avait un regard bienveillant en regardant les volterriens. Elle était tellement belle. Ces nuits passées à ses côtés avaient été les plus paisibles qu'il avait connu depuis des années. Isabella arrivé à apaiser son cœur meurtri, elle arrivait à calmer ses cauchemars, il se sentait beaucoup plus serein depuis qu'il passait tout son temps avec elle. Et pourtant... il savait que ça n'allait pas durer. Bien qu'il ne lui veuille pas de mal, il savait qu'elle allait lui en vouloir. Pourtant il faisait ça pour ouvrir une nouvelle porte. Saurait-elle le comprendre ?
Ils retournèrent au château en compagnie de leurs invités. La grande et imposante couronne de l'autel avait laissé place à une autre plus discrète et raffinée sur leur front. Bella ne savait pas vraiment si elle se sentait à l'aise avec ça trônant sur sa tête. Ce qui lui fit le plus bizarre fut de prendre la place de Sulpicia sur le trône. Carlisle semblait avoir le même soucis. Voyant leur deux trônes et aucune place pour l'ancienne reine, le cœur de la brune se serra. C'était impensable. Sulpicia avait été la reine de ce pays pendant de nombreuses années, elle ne méritait pas de se retrouver loin d'eux.
- Faites apporter un fauteuil confortable à mettre à côté de mon trône pour la reine douairière Sulpicia, ordonna Isabella intransigeante.
Carlisle sourit à son initiative, il n'en attendait pas moins d'elle. Peu importait ce que pouvait en pensait l'assemblée, Sulpicia faisait parti de cette famille et ce, jusqu'à sa mort. La brune vit bien les larmes au bord des yeux de l'ancienne reine. Lui serrant la main, Bella la fit asseoir à ses côtés. Les dignitaires se succédèrent pour leur présenter leur félicitation. Carlisle se transforma aussitôt qu'il vit le prince d'Opale se présenter devant eux. De là où elle était, Bella pouvait entendre ses dents grincer. Elle allait devoir la jouer finement pour réussir à calmer son mari sans que ça tourne au drame. Carlisle était un homme malin, mais c'était aussi un homme qui n'aimait pas tourner autour du pot. Ils savaient tous les deux que James était responsable de l'attaque du château. Mais manque de preuve, ils ne pouvaient l'accuser en public.
- Roi et Reine de Volterra je vous salue, lança James avec un sourire hypocrite. Je me réjouit de votre ascension au trône. Je suis certain que nous trouverons énormément de point commun entre nos deux pays qui sauront faire progresser notre entente. Comme notre goût pour les belles femmes et les entraînements militaire intensif.
La main de Carlisle se serra aussitôt. Il avait tellement envie de lui explosait sa jolie petite gueule contre le carrelage, voir s'il serait encore capable de fanfaronner.
- Oui en effet, répondit le roi avec un air supérieur. Même s'il faut le reconnaître je vous bats sur les deux sujets.
Le tic au coin de l'œil de James n'échappa à aucun des souverains. Touché.
- Il est vrai que vous avez une femme fabuleuse, il paraît qu'elle est pleine de surprise, dans tous les sens du terme, ajouta James en détaillant la reine comme un morceau de viande.
Cet homme cherchait juste à faire enrager Carlisle et il était entrain de réussir. Isabella posa sa main sur celle de son mari, tentant de le calmer avant qu'il ne commette un impair.
- Bien évidemment que je suis pleine de surprise, c'est la base même de mon éducation, répondit Bella avec un sourire resplendissant. Vous seriez étonné de ce que je suis capable d'inventer aujourd'hui encore. Saviez vous par exemple qu'il existe un impôt sur le passage des frontières de Volterra, valable depuis des centaines d'années et que si j'en crois notre trésorier, votre pays nous en est débiteur depuis des années.
Le sourire de James s'effaça aussitôt. A quoi jouait-elle ? Le regard de Bella était brûlant, il avait voulu la guerre, il l'obtenait, voilà tout.
- Je vous laisserai donc voir cela avec lui avant que vous ne repartiez. Il serait mal venu qu'une histoire d'argent entache nos relations naissantes.
Il ne pouvait pas payer et ça ils le savaient tous les deux. Parce que James avait employé des mercenaires pour attaquer le château. Et que des mercenaires, ça coûtait cher. Aro avait été trop laxiste avec eux. Le fait était qu'il voulait la paix avec Opale, mais leur laissait les mains libres n'avaient pas été la meilleure idée dans leur cas. Comme un enfant désobéissant, parfois il fallait le punir plutôt que lui expliquer pour qu'il comprenne son erreur. Carlisle ressentait une fierté sans nom à être marié à cette femme. Une reine qui s'occupait à la fois des défenses d'un château et de sa trésorerie, il n'en avait jamais vu. Même lui ne connaissait pas cet impôt. Elle avait dû aller la chercher loin sa vengeance. Ce ne serait peut-être pas une mauvaise idée de lui confier les dossiers financiers du pays, elle était bien plus apte que lui à être diplomate.
- Il me tarde de rencontrer votre père un jour, ajouta la reine enfonçant le clou. Que nous puissions discuter avec lui de l'avenir qu'il envisage pour son pays, sur le sujet je n'ai que votre point de vue et je préfère largement celui d'un roi.
Isabella n'avait jamais douté que le prince manipulait son père pour en faire ce qu'il voulait. Mais que deviendrait l'homme si quelqu'un de plus habile que James venait à lui murmurer à l'oreille. La brune était passé experte en manipulation depuis longtemps... bon sauf avec Carlisle qui s'avérait être bien plus complexe mais elle n'avait pas dit son dernier mot.
- Vous avez tout à fait raison ma chère, ajouta Carlisle avec un sourire perfide. Il y a bien longtemps que je n'ai pas vu le roi d'Opale.
- Mon père est malheureusement immobilisé ce qui l'empêche de voyager, répondit James les mâchoires serrées.
- Quel dommage, je me verrai donc dans l'obligation de m'y déplacer moi même, mais je crois me souvenir que les opaliens n'aiment pas beaucoup lorsqu'un général volterrien vient chez eux avec des hommes. Ils ont toujours tendance à croire que l'on va leur prendre leur château.
Même si cela avait été dit sur le ton de la plaisanterie, les trois interlocuteurs ne s'y trompèrent pas. Carlisle venait clairement de menacer James. Si jamais il retentait quoique ce soit sur Volterra, Opale serait le premier à en pâtir.
- J'ai appris en effet que vous aviez subit une attaque il y a peu de temps, s'exclama James furieux que Carlisle le menace.
- Pour sûr. Mais j'ai la grande chance que cette attaque n'ai servi à rien, répondit le roi sous le sourire de sa femme.
James avait voulu énerver son mari et elle avait réussi à le calmer, malheureusement c'était au tour de Carlisle de chercher à faire enrager le prince et il y prenait un plaisir immense.
- Que pouvait faire un troupe de mercenaire face à la défense sans faille d'une phénixienne, rétorqua Carlisle avec fierté. Je ne souhaite à personne de se retrouver face à la colère de ma femme. De plus leur but était de tuer un roi mourant, soit disant qu'une troupe m'attendait sur la route en embuscade. Troupe que je n'ai jamais rencontré puisque Isabella avait deviné ce plan bien avant. J'ai vraiment été éclairé le jour où je l'ai demandé en mariage. Je crois me souvenir que c'était le même jour que vous. Mais un dicton dit que les bijoux les plus précieux appartiennent au roi et non au prince.
Ils purent voir les mains de James se serrer de rage. Carlisle n'avait pas été tendre, mais ce petit prétentieux avait touché aux deux choses qu'ils ne voulaient pas partager ou blesser. Son pays et sa femme. Si Isabella avait assez de retenu pour tenter une vengeance lente et silencieuse, ce n'était pas son cas. Cet être abjecte devait comprendre que jamais il n'aurait sa femme, jamais il n'affaiblirait son pays. Il lui couperait la tête bien avant. Le prince d'Opale leur fit un signe de tête et prit congé. Il en avait eu assez pour l'instant.
- Vous avez le sang chaud mon cher mari, s'amusa Bella en voyant leur ennemi s'éloigner rageusement.
- Je sais, il va falloir que j'apprenne à y aller plus doucement, seulement lui c'est un cas un peu à part. Je déteste la façon dont il vous regarde. Vous l'avez humilié en le rejetant pour moi, il en fait une affaire personnelle.
- C'est un vicieux, il faut donc l'être plus que lui, conseilla-t-elle en son âme et conscience.
- Je n'aurais pas la patience de rester inactif s'il tente encore une fois de lever la main sur vous. Même indirectement.
- J'aimerai bien le voir essayer directement, le pauvre aurait une sacrée surprise, tenta de le faire sourire la reine.
- Ne le sous estimez pas, c'est un excellent combattant, la prévint Carlisle sérieusement. Vous êtes douée, surtout avec un arc, mais comme vous l'avez dit, c'est un vicieux, je n'ai pas envie qu'il tente quoique ce soit au détour d'un couloir, à l'abri des regards.
Elle lui serra la main pour le rassurer.
- Ne vous en faites pas, Jasper sera là pour me protéger.
Le sourire du roi se fana aussitôt. Elle allait le haïr, il le sentait. Son cœur se serra à cette idée. Il n'avait pas envie que ce qu'ils partageaient ensemble en ce moment s'arrête. Mais il avait mis la machine en route juste avant la mort d'Aro et maintenant il était impossible pour lui de faire demi-tour. Même si tout le monde allait croire le contraire, il ne le faisait pas par méchanceté. Il avait vraiment vu de l'amour entre Jasper et Alice. Il connaissait le seul moyen pour qu'ils puissent se marier ici à Volterra. Prenant son courage à deux mains et savourant ses dernières minutes de plénitude avec sa femme, Carlisle se leva et fit signe à l'assemblée de l'écouter.
- Comme le veux la tradition lors d'un couronnement, je suis en droit de répondre aux trois règles de pardon, de gratitude et de récompense.
Isabella avait vaguement entendu parlé de cela mais ne savait pas tout à fait de quoi il s'agissait. Tout ce qu'elle savait, ce fut le fait que c'était une tradition à Volterra et que personne n'avait son mot à dire sur les décisions prises.
- J'annonce donc le retour d'exil du sous-commandant Lone. Il ne reprendra pas ses droits militaires, mais il récupéra ses terres ainsi que ses biens. Ma gratitude envers l'homme que je vais annoncer est grande. Un homme d'une grande valeur, parfois mal jugé et surtout très mal gradé à mon point de vue. Voilà pourquoi j'accorde la nationalité volterrienne ainsi que le poste de commandant de mon armée au Major Jasper Whitlock.
Tous les regards se tournèrent vers le roi dans un silence de mort. L'assemblée était surprise d'une telle distinction. Qu'un homme d'un grade inférieur accède au conseil de guerre était déjà surprenant, mais qu'en plus il soit étranger était vraiment incroyable. Charlie serrait les poings, Jasper avait eu raison de penser que Carlisle allait l'éloigner, parce que c'est ce qu'il était en train de faire. Vu la tête de sa fille, cela allait être un très mauvais moment à passer. Le nouveau roi n'osa même pas affronter le regard de sa femme, parce qu'il le sentait brûler sur sa nuque. Une fois encore, Bella se sentait trahie et de la pire façon qui soit. Son fauteuil grinça à force de poigne. Ils étaient en public, voilà pourquoi elle se taisait, mais pour sûr, il allait l'entendre à la fin de cette soirée.
- Ma récompense va également au Major Whitlock, qui s'il accepte ma proposition, recevra des terres, ainsi que le droit de demander n'importe quelle noble de cette cour en mariage, à condition que la dame accepte cela va de soit, tenta-t-il de détendre l'atmosphère.
Le regard de Bella se fit triste en plus de tout le reste. Parce qu'elle comprenait enfin qu'il ne l'avait pas fait que par pure méchanceté. Il offrait à Jasper une solution pour épouser Alice. « Pour le Major, qu'est-ce qui est le plus important pour vous ? Son bonheur ou le votre ? ». Le cœur de Bella se serra en se souvenant de cette question. Il lui avait demandé son avis. «Êtes vous prête à le partager avec votre dame de compagnie ? ». Et elle avait répondu oui avec tellement de force. Bien sûr qu'elle était prête à voir Jasper heureux avec Alice, mais pas loin d'elle. Était-ce de l'égoïsme ? Elle n'en savait rien, mais malgré tout, elle se sentait piégée. La reine tourna son regard vers son meilleur ami qui semblait aussi perdu qu'elle. Jasper ne savait plus quoi faire, parce qu'il avait le droit de refuser. D'un côté on lui proposait d'enfin faire ses preuves en tant que chef d'un bataillon, d'épouser la femme qu'il aimait, mais à quel prix ? Car de l'autre côté, il y avait celle qui l'avait toujours soutenu, son amie indéfectible qui l'avait sorti du port à la première occasion. Sa sœur d'arme et de cœur. Il croisa son regard et Jasper su qu'il était perdu. Bella avait les lèvres tremblantes mais elle retenait au mieux sa fureur et sa tristesse. Parce qu'elle savait et Jasper la connaissait assez bien pour savoir ce qu'elle en pensait. Isabella, d'aussi loin qu'il s'en souvienne, n'avait jamais été égoïste, possessive ou exclusive. Elle lui sourit tristement en lui faisant signe d'accepter. Au yeux de la brune le bonheur de son ami passait avant le sien, en toute circonstance. Quelle se retrouve seule sans amis à qui se confier en toute sincérité, ce serait son affaire. Mais elle n'avait pas le droit de s'interposer entre Alice et Jasper. Pas maintenant qu'ils avaient une solution idéale pour être heureux. Si elle devait se sacrifier, alors une fois encore, elle le ferait.
- Bell's, marmonna Jasper le cœur lourd.
Il n'avait pas envie de l'abandonner. Surtout en ce moment. Mais il savait aussi qu'une occasion comme celle ci ne se représenterait pas. Avec un sourire tendre, la reine lui fit à nouveau signe d'accepter. C'était une sacrée récompense pour lui, il ne pouvait pas la refuser, même pour elle.
- J'accepte, répondit Jasper avec froideur sentant son cœur saigner.
Il venait d'abandonner son pays en devenant volterrien juste avec ces mots. Il venait d'abandonner sa meilleure amie juste en acceptant cette proposition. Et il se sentit minable pour ça. Tournant son regard vers Carlisle, il n'y vit pas la satisfaction qu'il s'attendait à voir. Pourtant il avait gagné, il allait enfin l'éloigner de Bella. Comme promis.
- Dans ce cas votre promotion sera promulguée dès demain, annonça le roi sous les murmures de l'assemblée. Laissant derrière moi le poste de général des armées, j'annonce que le commandant Garrett Grant devient dès demain le nouveau général des armées de Volterra et le Major Whitlock prendra donc sa place au conseil. Nous vous appellerons à présent commandant Whitlock. Maintenant que les formalités sont faites, je propose d'ouvrir le bal.
Carlisle se tourna enfin vers sa femme et lui tendit la main. Elle lui attrapa la sienne avec beaucoup moins de douceur qu'auparavant. La brune tenta bien de lui broyait les os de la main pour lui faire passer le message, mais le roi ne sembla pas comprendre.
- Je suis désolé Isabella je n'avais pas d'autre solution..., tenta-t-il de lui expliquer en commençant la danse.
- Ne me parlez pas, siffla-t-elle mauvaise.
- Je sais que j'en avais après Jasper, mais j'ai vraiment fait cela pour l'aider...
- Taisez-vous si vraiment vous ne voulez pas que j'explose en public, conseilla-t-elle le regard assassin.
Carlisle la serra un peu plus fort contre lui, cherchant à lui faire comprendre. Mais sa femme n'osa même plus croiser son regard. Il l'avait toujours su, même s'il avait espéré qu'elle comprendrait. Jasper était intouchable à ses yeux et il venait de commettre le pire des blasphèmes pour elle.
Dans le coin, quelqu'un se réjouissait à moitié. Charlie connaissait bien sa fille, là elle se retenait et si jamais cet homme arrivait à apaiser sa colère avant la fin de soirée, Bella saurait toujours lui rappeler que c'était lui qui avait éloigné le Major. Le roi de Phénixis était assez bien placé pour savoir à quel point Isabella tenait à son ami. Il avait subit ses reproches pendant des années et il les subissait encore. Carlisle allait en entendre parler ça c'était une certitude. Surtout que sans Jasper, sa fille allait vite devenir un volcan au bord de l'éruption. D'un autre côté, savoir justement que plus aucun phénixien n'allait être près de sa fille avait tendance à le déranger. Devoir compter sur des volterriens pour gérer sa protection n'était pas à son goût.
A peine la danse fut-elle finie, que la reine s'arracha au bras de son mari pour mettre le plus de distance entre eux. Elle attrapa la première main qu'on lui tendit pour échapper à Carlisle et se fut une grossière erreur puisqu'elle atterrit aussitôt dans les bras de James.
- Il faut toujours savoir sauter sur une bonne occasion, sourit-il en l'entraînant dans une valse.
Bella n'avait pas plus envie de lui parler qu'à son mari. James affichait un petit air satisfait qui tapait sur les nerfs de la reine.
- Vous semblez désappointée, s'amusa-t-il en posant sa main avec force sur sa taille les collant bien l'un à l'autre.
- Je ne vois pas en quoi mon humeur vous intéresse, siffla Bella desserrant enfin les dents.
- Elle m'intéresse d'autant plus quand je vois que c'est votre mari qui vous met dans un état pareil. Je commence à reconnaître vos colères et un orage vient de s'annoncer. Serait-ce la perte de votre amant qui vous met dans une rage folle ?
- Hormis le fait que je n'ai pas d'amant, cela ne vous regarde pas.
- J'aime connaître les conflits internes. On en apprend beaucoup, quand les utiliser et quand frapper, lança-t-il en appuyant un peu plus de sa main sur le côté encore fragile de la reine qui grimaça.
Il savait très bien où elle était blessée, qui avait bien pu lui dire, ça c'était une autre histoire. Il relâcha le pression avec un sourire victorieux.
- Vous serez une reine magnifique, bien plus que celle d'avant, mais vous ne serez toujours que la seconde, votre mari aura toujours le dernier mot. Imaginez vous Isabella, à la tête de ce pays qui vous aime pratiquement plus que Carlisle alors que vous n'en êtes même pas originaire.
- Taisez-vous, s'énerva-t-elle ne voulant pas entendre de pareil sornette.
- Imaginez vous reine suprême de Volterra. Il vous a déjà trahi, il vous trahira encore. La trahison vient très souvent des gens que l'on aime. Retenez bien ça. Car le jour où vous en aurez assez de passer après sa maîtresse et après lui, je serai ravi d'être votre allié dans votre trahison. Je l'ai toujours dit et toujours pensé, nous ferions un duo imbattable.
- Vraiment, dans ce cas qui vous donne donc toutes ses informations sur nous, je serai curieuse de le savoir.
- Vous ne me croyez tout de même pas assez simplet pour vous le dire. On sait aussi bien l'un que l'autre que l'effet de surprise est un atout de taille.
- Oui c'est ce qu'en ont pensé vos mercenaires quand je les ai brûlé à vif devant l'entrée de nos passages secrets, rétorqua-t-elle en le fusillant du regard.
- Aucune preuve ma belle reine, aucune, s'amusa-t-il.
- On verra ce qu'en pense les caisses de votre pays quand il faudra payer. Je n'ai jamais trahi personne et je ne compte pas commencer aujourd'hui.
- C'est bien dommage d'autre alliance vous serez bien plus précieuse et bien plus rentable. Carlisle ne vous aime pas et ne vous aimera jamais, il ne sait aimer que lui. Et quand vous comprendrez ça. Vous me ferez signe.
La danse s'arrêta, il lui embrassa la main avec un peu trop d'insistance aux yeux de la reine. Plus elle voyait cet homme plus elle se consolait d'avoir épousé Carlisle, même s'il était loin d'être parfait et un crétin fini par moment, comme ce soir, il n'était pas perfide comme James. Le regard du prince d'Opale était malaisant et ça n'étonnerait pas Isabella que se soit un sadique. S'arrachant à son baise main bien trop long, elle finit par rejoindre Jasper, Alice, Emmett et son père qui semblaient en grande conversation.
- Bell's je suis tellement désolé..., commença Jasper ne sachant plus où se mettre.
- Tu n'as pas à l'être, lui sourit-elle tendrement. Mais tu as intérêt à épouser la bonne personne sinon je te tue.
- Je ne veux pas partir loin de toi à nouveau, s'effondra-t-il enfin en serrant les dents.
- Nous ne serons jamais loin l'un de l'autre tant que notre amitié restera indéfectible. Puis Alice reste ma dame de compagnie, ce qui fait que si tu veux la voir, il faudra bien que tu passes par chez moi avant.
- Ma reine..., commença Alice avec les larmes aux yeux.
- Non, je ne veux rien entendre, intervint Bella fermement. Je sais très bien ce qui vous lie tous les deux depuis un moment, qui suis-je pour m'interposer ?
- Vous êtes la reine et vous êtes notre amie, répondit la dame de compagnie touchée par ses mots.
- Justement, de plus, Jasper sera le meilleur commandant que Volterra aura de sa vie. Surtout qu'avec cette position Phénixis obtiendra des informations militaires que personne d'autre ne pourrait fournir.
- Toujours aussi pragmatique ma fille, s'exclama son père en l'embrassant sur le front. Serait-ce le retrait de ton garde qui te rend aussi objective ?
- Non, si moi je me refuse d'offrir des informations à la confrérie, ça ne veux pas dire que j'empêcherai Jasper de le faire et si quelqu'un ici n'est pas content de cela, il aurait mieux fait d'y réfléchir à deux fois avant de promouvoir mon Major.
- Je sais que je vais m'attirer vos foudres pour dire cela, commença Alice en grimaçant. Mais je pense sincèrement que le roi n'a pas fait ça par méchanceté. C'est beaucoup d'honneur qu'il vient de donner à Jasper, surtout dans ce pays.
- Mais une promesse est une promesse, siffla Isabella en tuant à nouveau son mari du regard. Si lui ne sait pas ce que cela veut dire, moi je vais vite lui rappeler.
- Essaye peut-être de contrôler ton caractère, conseilla son frère s'inquiétant pour elle. Parce que te connaissant tu ne vas pas être tendre et tu m'as avoué toi même que vous vous entendiez mieux. Il serait mal venu de te le mettre à dos maintenant que tu as progressé et que tu vas te retrouver sans Jasper.
Charlie mis un coup de coude à son fils et lui fit signe de se taire. Lui il voulait au contraire que sa fille lâche le dragon en elle. Isabella leur fit signe qu'elle y réfléchirait. Durant la soirée, elle rejoignit Eléazar qui lui fit un sourire sublime en la voyant le rejoindre sur le même balcon où ils s'étaient livré l'un à l'autre pour la première fois.
- Ne soyez pas si triste, tenta-t-il de la réconforter. Je sais à quel point Jasper compte pour vous, mais Carlisle aurait pu être bien plus sévère.
Une larme coula enfin sur la joue de la brune, qu'elle effaça aussitôt.
- M'imaginer à nouveau sans lui m'arrache le cœur. J'ai l'impression qu'on m'enlève une fois de plus ma famille.
- Nous serons là nous, Jane, Athénodora, Demetri. Aucun d'entre nous ne vous abandonnera, ajouta-t-il en lui frottant gentiment le bras. Jasper et Alice vont prendre leur envol quelque temps, mais ensuite ils reviendront vers vous avec bonheur. C'est beau ce que vous avez fait ce soir. Mais je vous connais assez tous les trois pour savoir que rien ne brisera votre amitié. Vous êtes bien trop lié.
Elle le remercia doucement la gorge serrée. Puis sa deuxième vengeance lui revint en mémoire. Redressant la tête elle se tourna vers lui sérieusement et se mit à chuchoter.
- Connaissez vous la loi volterrienne du droit à la progéniture ?
- Non, répondit honnêtement Eléazar totalement perdu.
- C'est une ancienne loi de chez vous, que j'ai retrouvé dans les archives et qui est toujours en vigueur. Elle a certainement été perdu dans le temps, mais tant qu'elle est toujours active personne ne peut la réfuter devant un tribunal.
- En quoi cela me concerne-t-il ? s'étonna son ami en regardant que personne ne les espionnait.
- Cette loi dit que si un homme ou une femme est incapable d'engendrer un héritier pour la pérennité de la famille et ceci même au bout de dix ans, alors la personne lésée est en droit de réclamer une séparation. En clair Eléazar, voilà de nombreuses années que vous êtes en droit de répudier votre femme. Ceci en gardant tous vos biens puisque c'est elle qui est en tort.
Un silence de plomb tomba entre eux. Eléazar ne savait quoi en pensait. D'une part il n'arrivait pas à s'imaginer séparer de sa femme, c'était trop beau pour être vrai. D'autre part pouvoir reprendre sa liberté, une nouvelle vie fit battre son cœur plus que de raison.
- Vous vous rendez compte que si je fais ça, elle va se retrouver sans le sou et trouvera un moyen ou un autre pour s'accrocher encore plus à votre mari ?
- Je prend le risque et vous ? Le prendrez vous ?
- Votre situation est déjà bien assez compliquée comme cela...
- Eléazar, je viens de me séparer de mon meilleur ami pour son bonheur. Vous êtes également mon ami. Pensez à vous, pas à moi et puis quelque part, la voir couverte de honte et ramper comme le serpent quel est me réjouit déjà à l'avance.
- Vivre le bonheur par procuration ne vous satisfera qu'un temps, tenta-t-il de la raisonner.
- Je m'en contenterai pour l'instant, puisqu'on ne m'offre que ça, répondit-elle les lèvres tremblantes.
Eléazar était le genre d'homme à ne pas beaucoup parler, mais à observer. La reine ne tiendrait pas éternellement ainsi. Elle était trop entière pour s'écraser de la sorte. La soirée se prolongea jusqu'aux petites heures du matin. Bella traîna les pieds jusqu'à ses appartements le cœur en miette. Peter avait pris le relais de Jasper. Son ami avait besoin de parler avec Alice. La brune s'effondra sur son sofa, anéantie.
- Il va vraiment partir alors, soupira Peter tristement.
- Malheureusement oui, il va me falloir un nouveau chef pour ma garde royale, lança Bella en le regardant avec insistance.
- C'est très gentil de votre part et croyez bien que ce n'est pas contre vous parce que je vous respecte et je donnerai ma vie pour vous. Mais chef de votre garde prend énormément de temps et ma femme est enceinte, j'aimerai pouvoir continuer à profiter de ma famille.
- Je vous envie et j'aimerai avoir un mari tel que vous, sourit-elle en lui faisant signe qu'elle ne lui en voulait pas. Je trouverai quelqu'un d'autre ne vous en faite pas.
- Je connais le sous-commandant Blake depuis de nombreuses années, si je peux me permettre il est bien plus qualifié que moi pour ce poste. Il a déjà été chef de garde et surtout on peut lui faire confiance.
- J'y réfléchirai, merci beaucoup Peter.
- Voulez vous que j'appelle une domestique ?
- Oui je veux bien de l'aide pour sortir de cette robe, avoua-t-elle en le laissant sortir.
Puis elle se retrouva seule, elle devrait s'y habituer, parce que ça allait souvent être ainsi à partir de maintenant. Jasper ne serait plus là pour jouer avec elle aux échecs, il ne serait plus là pour la conseiller ou pour la gronder. Il allait venir la voir, mais plus autant. Il serait en mission et elle croisait les doigts pour ne jamais le retrouver sur un champ de bataille. Les larmes coulèrent à nouveau de ses yeux. Jamais elle n'avait pleuré autant que depuis qu'elle était à Volterra. Pourtant tout allait si bien dernièrement.
- Isabella, s'exclama Carlisle.
Il se tenait prêt de la porte, n'osant pas trop entrer. Il était tout penaud et semblait vraiment tiraillé de la voir pleurer.
- Je vous assure qu'il n'y avait aucune vengeance dans ma décision. Mais je les ai entendu parler de fuir vers Phénixis pour se marier ou justement de ne jamais se marier pour rester près de vous. Je voulais juste trouver une solution qui puisse contenter tout le monde.
- Tout le monde sauf moi, cracha-t-elle méchamment.
- Je n'ai pas cherché à vous faire souffrir et je suis sincèrement navré que vous soyez la seule à en subir les conséquences. Je promet que s'il y avait eu une autre solution je l'aurais prise.
- Vos promesses ne valent rien ! s'énerva-t-elle sous le coup de la colère.
- Je comprend votre point de vue et je ne vois aucun inconvénient à ce qu'un autre phénixien prenne la place de Jasper...
- Je ne veux personne d'autre que lui ! Vous êtes sourd ou vous en faites exprès ? Vous savez très bien le lien que j'ai avec ce garde en particulier. Et ce n'est justement pas que d'un garde dont j'ai besoin, mais puisque vous avez réfléchi à la chose ça n'a pas du vous échapper.
- Jasper sera un bon commandant, il n'était pas au meilleur de ses capacités ici et vous le savez aussi bien que moi. Il n'aurait jamais pu épouser Alice sans l'accord des nobles, aujourd'hui ils ne peuvent plus rien y faire. Alors oui, je vous ai séparé de votre garde, mais je lui ai offert une nouvelle vie pleine de promesse, là où j'aurai pu l'envoyer au port tout comme votre père l'a fait !
Sur ce point il avait raison et Bella ne pouvait rien dire contre ça. Malgré tout, ça n'apaisa pas sa peine. Pourtant elle voyait bien que son mari était sincère, qu'il cherchait à lui faire comprendre son point de vue.
- Qu'est-ce que je dois faire Isabella ? Que puis-je faire pour me faire pardonner ?
- Une promesse pour une promesse ! siffla-t-elle à nouveau froidement. Vous m'avez retiré mon garde, je veux vous retirer votre maîtresse. La marquise devra avoir quitté le château dans les deux heures.
Carlisle ne s'était pas vraiment attendu à une réponse mais maintenant qu'il l'avait, il ne pouvait plus faire marche arrière.
- Et je veux que ce soit vous qui lui disiez, ajouta la reine intraitable.
Elle était très remontée et elle avait raison de l'être. Le roi avait toujours espéré qu'elle comprendrait, mais il savait aussi qu'elle lui en voudrait malgré tout.
- Bien, j'y vais de ce pas, accepta-t-il en venant l'embrasser sur le front. Pourrais-je vous rejoindre ensuite.
Le cœur de la reine saignait. Parce qu'il lui offrait enfin le départ de sa plus grande rivale, qu'elle devrait sauter de joie. Mais le fait de perdre Jasper lui nouait bien trop l'estomac.
- Demain, ce soir je veux être seule.
Carlisle s'en désola. Lui qui commençait à apprécier ses nuits au côté de sa femme allait devoir s'en passer. Mais si c'était sa punition alors il l'acceptait. Bella resta sur son sofa jusqu'à l'arrivée de la domestique. Elle en voulait à son mari quoiqu'il puisse en dire. La reine comprenait, mais ne pardonnait pas pour autant.
J'ai déjà dit que la violence ne résolvait rien du tout avec moi, je détiens le prochain chapitre en otage, donc allez y doucement. Bisous !
