Non vous ne rêvez pas! Je publie de nouveau. Pour ma décharge, le chapitre est prêt depuis mai...Mais je ne l'aimait pas vraiment et après la vie post-confinement à reprit donc c'était moins facile d'écrire et de s'y replonger.
Merci pour toutes vos reviews (pour ceux qui n'ont pas de compte sur Fanfiction, merci merci!). J'ai commencé l'écriture du chapitre suivant, donc je ne sais pas quand je le publierai, je vais faire mon possible pour vous le donner avant la fin de l'été!
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bonne lecture et à très vite (j'espère!)
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Disclaimer: l'univers appartient à Tolkien sauf Isleen et certains OC qui sont le fruit de mon imagination.
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Chapitre 30 : l'ascension de l'étoile
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Ils avaient marchés toute la nuit, guidés par Gollum. Après s'être baigné et avoir bu, Frodon décida de dormir, harassé qu'il était de fatigue. Sam, quant à lui, ressentait une faim plus grande encore que d'ordinaire et il pensa douloureusement au petit-déjeuner qu'il aurait préparé et mangé au coin du feu dans la vieille cuisine du Chemin des Trous du Talus. Cela lui manquait vraiment. Son chez-lui lui manquait horriblement et plus encore à chaque pas qu'ils faisaient pour se rendre à la montagne du Destin.
-Hé Gollum !, lança Sam ayant une idée en le voyant s'éloigner. Où allez-vous ? Chasser ? Ne pourriez-vous pas nous trouver quelque-chose qui convienne à un hobbit qui a faim et qui change des lembas ?
-Oui, peut-être, oui., répondit Gollum en regardant le hobbit. Sméagol aide toujours.
Gollum parti rapidement dans les fourrés et bientôt il ne fut plus visible. Sam le regarda partir, mais la créature disparut. Frodon, exténué, s'était profondément endormi près du hobbit blond, tandis que la première lueur de l'aube commençait à poindre dans les ombres. Sam détourna son regard du chemin pour le porter sur son ami endormi.
Gollum revint peu de temps après et regarda lui aussi son jeune maitre qui dormait, avant de se détourner en se marmonnant à lui-même quelques paroles. Sam le rejoignit rapidement et vit qu'il mâchonnait quelque chose assis à côté de deux petits lapins. La créature se retourna vers le hobbit blond, la bouche entourée de sang frais, un large sourire édenté aux lèvres.
-Regardez ! Regardez ce que Sméagol a trouvé !, s'exclama Gollum, heureux de sa prise. Ils sont jeunes, ils sont beaux ! Oh que oui ! Mangeons-les ! Mangeons-les !
La créature frétillait littéralement de plaisir et ses yeux brillaient d'une lueur à la fois satisfaite – pour sa bonne chasse – et gourmande. Sam ne put s'empêcher de grimacer à cette vue mais remercia toutefois Gollum d'avoir rapporté de quoi manger. Toutefois, il refusa de croquer dans le lapin que lui tendait la créature, secouant la tête négativement.
-Vous allez me rendre malade en agissant de la sorte !., grogna Sam le cœur au bord des lèvres. Ils n'y a qu'une seule manière de manger ces lapins.
Pour cela, il fallait du feu et aussi de l'eau. Il réfléchit un moment, sortant dans le même temps un couteau aiguisé pour apprêter les lapins. Hors de question qu'il laisse monsieur Frodon seul avec Gollum.
-Ah Gollum., dit-il en se tournant vers la créature qui le regardait faire d'un œil curieux. Allez me chercher de l'eau.
-Pourquoi faire ? lui demanda Gollum en s'approchant de Sam.
-Ne discutez pas de cela et allez-y !, s'exclama d'un ton bourru le blond, en poussant la créature trop proche de lui à son goût.
Gollum haussa les épaules et partit à la recherche d'eau. Pendant son absence, Sam regarda de nouveau Frodon. Il dormait toujours paisiblement mais ce qui frappa le hobbit, c'était la maigreur de ses traits et de ses mains. Ce n'était pas normal pour un hobbit.
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Il était à présent minuit passé. Un éclair aveuglant déchira le ciel d'un noir d'encre, accompagnant la foudre qui s'abattit sur une colline à l'est du Gouffre, et l'ambiance se fit encore plus lourde. En effet, les guetteurs et les elfes virent tout l'espace, éclairé par une lumière blanche, grouillant et fourmillant de formes noires, les unes larges et trapues, les autres grandes et sinistres, avec de hauts casques et de lourds boucliers noirs. Des centaines et des centaines se déversaient devant les portes du Gouffre, et nombre d'hommes présents sentirent la sueur de la peur descendre le long de leur dos. Le tonnerre continuait d'écorcher les oreilles des hommes et une pluie drue se mit soudain à tomber, rendant la visibilité nulle.
Legolas était à présent placé entre deux elfes et regardait lui aussi la marée de créatures se placer au bord du Gouffre. Il eut une pensée pour la jeune femme enfermée dans le For et ne put s'empêcher de se dire qu'il avait bien agit, en voyant la horde se diriger vers eux. Une autre pensée lui vint, se rappelant le baiser qu'il avait échangé avec Isleen. Au moins s'il devait mourir cette nuit, il aurait pu goûter une dernière fois à la douceur de ses lèvres.
Gimli attendait devant l'elfe et celui-ci l'entendait marmonner dans sa barbe, lui jetant des coups d'œil par moment. Aragorn était placé juste derrière eux et lui aussi contemplait la marée de créatures venir à eux.
-Vous auriez pu choisir un meilleur endroit., grogna le seigneur nain à l'adresse de Legolas qui lui fit un sourire moqueur.
Il n'y avait pas de meilleur lieu pour se battre et peut-être mourir qu'entouré des siens, d'où la place qui était la sienne, présentement. Le bruit des pas des orques était lourd et, accompagné du tonnerre, l'air ambiant se faisait encore plus lourd, rendant encore plus fébriles les combattants du Gouffre.
-Mon ami, quelle que soit votre chance, pourvu qu'elle passe la nuit., grogna Gimli à l'adresse d'Aragorn qui tourna ses yeux vers lui.
-Vos amis sont avec vous, Aragorn., confirma Legolas.
-Merci mes amis., les remercia Aragorn. Je suis soulagé qu'Isleen ne soit pas parmi nous, merci de lui avoir fait entendre raison, Legolas.
L'elfe rougit brièvement avant de s'incliner devant le gondorien. Qu'il lui ait fait entendre raison contre son gré ou non, Aragorn avait raison. C'était un soulagement pour les trois hommes qu'elle ne participe pas à cette boucherie.
Aragorn les laissa peu après, longeant la ligne d'archers elfes – dont il avait la charge, avec Haldir. La pluie était forte et fouettait son visage de millier de gouttelettes.
-A Eruchîn, ú-dano i faelas a hyn an uben tanatha le faelas ! (N'ayez aucune pitié, car ils n'en auront aucune !), hurla le gondorien d'une voix forte à son bataillon.
Un rugissement venant d'un Uruk-haï posté sur un rocher haut dominant les siens retentit et la horde s'arrêta, laissant un espace d'une dizaine de mètres entre le gouffre et eux. Aragorn s'avança vers le parapet et contempla la ligne de féroces bêtes qui grognaient.
Un silence de plomb tomba sur les deux armées qui se faisaient face. Legolas, que la pluie ne gênait pas pour voir ce qu'il se passait, fusillait de ses yeux de glace la multitude de bêtes hideuses. Gimli qui ne dépassait pas la muraille de pierre, tenta de voir au-dessus et sauta en grognant s'attirant le regard curieux et moqueur du prince.
- Qu'est-ce qu'il se passe là-bas ?, demanda le seigneur nain qui ne comprenait pas le silence soudain.
- Dois-je tout vous décrire ?, demanda pince sans rire Legolas le regard rieur. Ou vous trouver un marchepied ?
Gimli s'arrêta de sautiller et fusilla de ses yeux l'elfe moqueur avant de rire de la blague qu'il venait de faire, détendant quelque peu l'atmosphère.
Au même moment, l'Uruk-haï qui était toujours en position sur son rocher rugit longuement. Les troupes jusque-là silencieuses se mirent à taper le sol de leurs lances et grognèrent de concert, produisant un bruit sourd et continu, augmentant dans le même temps la peur dans le cœur des hommes. Aragorn, le regard sombre et la mâchoire serrée, sortit son épée dans un bruit sinistre. Au bastion le plus haut du For, Théoden et Gamelin observaient la marée de bêtes et la terreur se lisait dans leurs yeux. La tension était telle que les archers à leurs ordres bandèrent leurs arcs sans qu'on ne les invite à le faire, prêts à tirer sur les assaillants. Les bras des hommes tremblaient, leurs arcs fortement serrés dans leurs mains. Tout d'un coup, une flèche partit dans un sifflement sourd et se planta dans le cou d'un orque, le tuant dans l'instant.
-Dartho ! (Attendez !) !, s'écria Aragorn à l'adresse des archers.
Le silence se fit dans l'armée d'Uruk-haï puis les mugissements reprirent de plus belle. Des cris de rage se répandirent au travers les troupes d'orques. En réponse, l'Uruk-haï sur son rocher brandit son épée dans un rugissement féroce et toute son armée s'élança contre les murailles du Gouffre.
-Tangado halad ! (parez à tirer)., s'écria Aragorn à l'armée d'elfes qui bandèrent leurs arcs comme un seul homme.
Legolas suivit l'ordre donné et banda également son arc, ses yeux perçants fixés sur les orques qui couraient vers eux. Gimli, qui ne voyait toujours rien venir, tenait sa hache fermement dans sa main, attendant que l'ennemi approche.
-Faeg i-varv dîn na lanc a nu ranc. (leur armure a une faille au cou et sous les bras)., leur apprit Legolas dont la vue était plus perçante que celle des autres elfes.
-Ce qui veut dire ?, demanda Gimli qui ne parlait pas elfique.
-Leurs points faibles se trouve au niveau du cou et sous les bras., répéta le prince en langue commune, tandis que Gimli hochait la tête en remerciement pour la traduction.
-Leithio i philinn ! (Décochez les flèches !), ordonna Aragorn à ses archers.
Une centaine de flèche filèrent vers l'armée d'orques, sifflant dans l'air de la nuit puis retombant comme une pluie mortelle, répandant sur leur passage du sang noir. L'armée d'orque ne se laissa pas impressionner, et ils continuèrent à avancer pour se jeter à l'assaut du mur de pierre, malgré la deuxième pluie qui déferla sur eux.
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-AAAAAAaaaahhh !, s'écria la jeune femme en essayant d'enfoncer la porte.
Malheureusement pour elle, la porte était solide et un cri de rage sortit de sa gorge. Elle allait le tuer ! Voilà plusieurs minutes qu'elle essayait de sortir mais ses tentatives s'étaient toutes soldées par des échecs et elle allait être bonne pour des hématomes aux épaules.
-Bon réfléchis ! Réfléchis !, tenta de se calmer la rouquine.
Isleen retourna s'asseoir sur ses sacs de sable, sans oublier de jeter un regard noir à cette foutue porte qui refusait de s'ouvrir. Elle respira longuement, tentant de faire abstraction du bruit qui provenait de l'extérieur. Son cœur battait rapidement, trop rapidement même, quand elle entendit l'écho des grognements et du bruit sourd de la bataille qui faisait rage au-dessus d'elle. Une rage impuissante enfla dans sa poitrine en pensant qu'elle était coincée dans cette pièce à cause de Legolas alors qu'Aragorn, Gimli, mais surtout Haldir avait besoin d'elle. Plusieurs larmes coulèrent de ses yeux sans qu'elle le veuille, aussi les essuya-t-elle d'un geste rageur.
-Ce n'est pas le moment., marmonna la jeune femme avant de se jeter une nouvelle fois contre la porte, dans un cri.
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-17 ! 18 ! 19 ! s'écria Gimli. 20 ! 21 ! 22 !
Le seigneur nain, fébrile, comptait dans une déroutante bonne humeur le nombre d'ennemis qui tombaient sous sa hache. Pas question pour lui que l'elfe ne le batte. Il avait sa fierté et il allait lui montrer de quoi il était capable, foi de nain ! On ne dira pas que Gimli fils de Gloïn fut de ceux qui perdirent face à un oreilles-pointues ! Il chercha la chevelure claire de son adversaire, mais ne le vit pas. Un grondement sur sa gauche obligea le seigneur nain à se déporter rapidement, avant de retourner au combat. Legolas, n'ayant plus que trois flèche dans son carquois, se battait dorénavant avec ses dagues, et avec sa rapidité il réussissait à tuer bon nombre d'ennemi. Il eut une pensée pour Isleen tandis qu'il égorgeait un orque particulièrement hideux – même pour cette race – et fut heureux qu'elle ne fût pas au milieu de cette mêlée.
Les ennemis qu'ils avaient en face d'eux semblaient s'être accrus plutôt que d'avoir diminués, et il en venait toujours plus vers le fond de la vallée en direction du Gouffre. Une partie se porta contre le Mur d'enceinte et une autre vers la chaussée et la rampe menant aux portes du Fort le Cor. L'armée de l'Isengard mugissait comme une marée venant s'écraser sur les hommes démunis. Des cordes munies de grappins étaient lancées par-dessus le parapet plus rapidement que les hommes ne pouvaient les trancher ou les rejeter. Un nombre important d'échelles en bois, grouillantes de créatures avaient également pris d'assaut le Mur d'enceinte. Beaucoup étaient abattus à demi détruites, mais seulement pour être remplacées par d'autres en plus grand nombre.
Au pied du mur, les cadavres et les corps rompus s'entassaient sans distinction, mélange de sang rouge des hommes et des elfes, et celui plus noir des orques et Uruk-haï. Les hommes du Rohan commençaient à fatiguer et seule la terreur pour leur vie les incitait à continuer de se battre. Ils avaient épuisé toutes leurs flèches et leurs javelots. Leurs épées étaient ébréchées et les boucliers fendus. Mais ils tenaient bon.
Aragorn hurlait ordre sur ordre, aux elfes et aux hommes, et tentait autant que possible de contenir le flot sans cesse plus grand de l'armée de Saroumane. La sueur et le sang collait sa chemise et son armure, mais ses mains gardaient une prise solide sur son épée ce qui lui permit de trancher sans difficulté la tête d'un orque. Au moment où le cadavre tomba vers lui, il vit une lumière blanche courir vers le mur, il n'eut qu'une seconde pour comprendre qu'un orque énorme se dirigeait vers le mur d'enceinte, armé d'une torche. Il se rappela alors qu'il y avait un caniveau au pied du mur, le point faible du Gouffre et, malgré l'ordre de le boucher, les quelques sacs de sable qui le comblaient ne ferait pas grande différence avec ce qui lui arrivait dessus.
-Togo hon dad, Legolas ! (Abattez-le, Legolas !), s'écria Aragorn à l'intention de l'elfe qui se battait pas loin.
Legolas se retourna et vit l'orque muni de sa torche. Il banda son arc avec dextérité et tira sur l'ennemi, atteignant l'orque à l'épaule, ralentissant celui-ci… mais sans l'arrêter.
-Dago hon ! (Tuez-le !), hurla Aragorn, désespéré.
Legolas resta concentré et tira une autre flèche, faisant fi des ennemis autour de lui. Lorsque la flèche se planta de nouveau dans l'épaule de l'orque et que celui-ci vacilla seulement, il sut qu'il avait échoué. Il se tourna avec horreur vers Aragorn qui était le plus proche du caniveau, tandis que le mur explosa dans un énorme fracas d'éclair et de fumée.
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-Ouvrez-moi ! Que quelqu'un m'ouvre !, hurla la jeune femme en tapant fortement contre le bois de la porte.
Mais seul l'écho lointain de la bataille lui répondit, la faisant souffler de dépit. Après plusieurs essais – tous infructueux –pour tenter d'ouvrir cette fichue porte, elle en avait conclu que seule une main secourable pourrait la délivrer de sa cellule. Elle avait tenté de se servir de son pouvoir contre la porte, en se disant que la faire brûler lui permettrait alors de sortir mais elle s'était vite rendu compte que celui-ci était aux abonnés absents, et elle s'était bien demandé à quoi lui servait d'avoir des pouvoirs, si c'était pour se retrouver dans ce genre de situation…
Elle frappa une nouvelle fois contre le battant quand un grand tremblement la fit tomber au sol, lui faisant mordre sa langue, lui causant une douleur aiguë.
-Hrmmpff !, grogna la jeune femme de douleur, le goût du sang dans la bouche.
Isleen se releva tout en s'essuyant les lèvres. Heureusement pour elle, sa langue n'avait pas était sectionnée dans sa chute.
-Qu'est-ce que… ?, commença-t-elle avant que de grands cris et des bruits de courses se firent entendre à travers la porte.
-Ils sont rentrés !, s'écria une voix en pleine mue. Nous sommes perdus !
-Oh non…, murmura Isleen comprenant que le mur d'enceinte avait sauté. Oh non ! Haldir !
La jeune femme cogna fortement la porte en bois, elle n'avait plus de temps à perdre pour sauver Haldir de son sort funeste. Elle ne pouvait le laisser mourir.
-Ouvrez-moi !, cria la jeune femme en tapant le battant. Je vous en prie, ouvrez !
-Qu'est-ce donc, Haleth ?, demanda une voix d'enfant s'arrêtant et regardant la porte d'un air effrayé.
-Je ne sais pas, Hamas., répondit le jeune homme. Attends !
La jeune femme continua à frapper quand elle entendit le bruit derrière la porte et le verrou qu'on ouvre. La porte en bois s'ouvrit doucement et Isleen put voir que ses sauveurs étaient un jeune homme aux longs cheveux blonds à peine sorti de l'enfance et un petit garçon brun aux joues rondes. Ils la regardaient d'un air effrayé mais aussi étonné.
-Que faites-vous là ?, demanda suspicieusement le plus âgé. Les femmes sont censées être toutes dans les cavernes.
-La preuve que non., déclara la jeune femme en voulant les dépasser mais l'épée du jeune blond se plaqua contre sa poitrine, menaçante.
-Je te conseille d'enlever ton arme d'ici., gronda Isleen en le fusillant du regard. Je n'ai pas le temps de débattre avec vous.
-Vous devriez aller dans les cavernes., contra Haleth. Nous vous y accompagnons.
La jeune femme soupira et dans un mouvement rapide désarma sans effort le jeune homme – qui, à sa décharge, était épuisé de la nuit – et sortit ses dagues, le tenant en respect, appuyant l'une d'elle contre son cou. Haleth écarquilla des yeux et mit ses mains en avant en signe de reddition. Le petit Hamas voulut tendre son épée – bien trop lourde pour lui – mais un seul regard de la belle l'en dissuada.
-Je n'ai pas de temps à perdre., conclut la jeune femme, en accentuant la pression de sa dague contre le cou du jeune homme. Compris ?
Haleth et Hamas acquiescèrent de concert et la jeune femme, satisfaite, enleva sa prise et monta rapidement les marches pour sortir de la salle d'arme, ses dagues toujours fortement serrées dans ses poings, abandonnant les deux jeunes hommes. Tant pis pour la côte de maille et les spallières qu'elle avait gardé de côté, son temps était compté.
La jeune femme courut aussi vite qu'elle le put, arrivant rapidement au niveau de la porte qui s'ouvrait sur les murailles. Elle s'arrêta un instant, en voyant le parapet grouiller d'orques et d'une multitude de cadavre d'hommes et d'elfes. La jeune femme inspecta les murailles à l'est, essayant d'entrevoir ce qu'il se passait, et grimaça en voyant qu'un trou béant avait remplacé le mur d'enceinte. Elle regarda vers le bas et vit Aragorn et plusieurs elfes – dont Legolas, mais elle préférait ne pas s'appesantir dessus – aux mains avec l'ennemi. Haldir devait être là, il ne pouvait pas déjà être mort, ce n'était pas possible. Puis elle le vit et l'espoir revint, aussi entra-t-elle dans la mêlée et abattit son premier orque, son objectif en ligne de mire.
Au moment où Isleen planta l'une de ses dagues dans l'œil d'un orque, lui transperçant en même temps la boite crânienne, la voix profonde et grave de Théoden lui parvint.
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Aragorn avait mal. Le mur avait sauté et il ne devait son salut qu'à la chance de n'avoir pas été placé sur l'espace qui avait été détruit. Plusieurs cadavres gisaient près de lui, orques, elfes et hommes, laissant deviner la violence de l'impact.
Les eaux de la rivière du Gouffre se déversèrent en sifflant et écumant dans la trouée béante qui avait pris la place du mur. Aragorn entendit plusieurs grognements venant de l'armée de formes sombres qui entrait dans la cour extérieure du Gouffre. Le gondorien redressa la tête difficilement, sonné par sa chute.
-Aragorn !, cria Gimli de la muraille en voyant la horde d'orques arriver sur son ami.
Le gondorien, réalisant qu'il était en mauvaise posture, vit avec étonnement Gimli se relever et sauter dans la mêlé, empêchant les orques de l'atteindre.
-Gimli !, s'écria Aragorn en réalisant le geste du seigneur nain.
Le gondorien voulut venir en aide à son ami, mais le nain, plus coriace qu'il en avait l'air, se releva prestement et, d'un coup de hache sur la tête, tua un orque sur le coup. Malheureusement pour lui, l'ennemi se déversa rapidement dans la brèche et bouscula le seigneur nain, lui faisant perdre l'équilibre dans l'eau, le submergeant.
-Leithio i philinn ! (décochez les flèches !), hurla Aragorn aux archers elfes placés à l'arrière garde.
Une pluie de flèches mortelle atteignit les orques, stoppant momentanément l'avancée de l'armée de Saroumane. Aragorn n'avait qu'à espérer que Gimli soit sauf, mais il fallait les stopper à tout prix.
-Herio ! (Chargez !), ordonna le gondorien en brandissant son épée vers la horde.
Les archers elfes, laissèrent tomber leurs arcs et flèches et empoignèrent rapidement leurs épées pour charger les orques qui venaient à eux. Aragorn lacéra profondément l'armure d'un orque, le coupant presqu'en deux, mais il n'eut pas le temps d'y penser qu'un autre ennemi venait charger sur sa gauche. Il eut à peine le temps de se baisser pour échapper à une lame mortelle qu'il vit Legolas – dont la chevelure blonde était caractéristique, bien que sale de sang noir – rentrer dans un orque qui le prenait par défaut, lui sauvant la vie.
-Ils sont trop nombreux !., lui cria Legolas en égorgeant un orque qui s'était un peu trop approché de lui. Nous ne tiendrons pas longtemps.
-Il le faut pourtant !, grogna Aragorn, envoyant la garde de son épée dans les crocs de l'orque, l'assommant, avant de l'achever.
Aragorn courut vers Gimli dont la forme gesticulait dans l'eau et le tira de toutes ses forces pour le sortir de là, tandis que Legolas couvrait leurs arrières. Le combat reprit de plus belle, Gimli apportant son aide grâce à sa hache, mais l'ennemi était de plus en plus nombreux et les hommes comme les elfes furent vite dépassés.
-Aragorn !, hurla la voix profonde de Théoden, faisant relever la tête du gondorien et de ses deux amis. Repliez-vous sur le Bastion! Sortez vos hommes de là !
-Am Marad ! (Au Bastion !), hurla Aragorn en faisant des signes vers la porte aux elfes encore en vie. Am Marad !
Le gondorien attrapa un elfe qui continuait à se battre et le poussa vers la porte qui allait les mener en lieu sauf. Legolas et un autre elfe tirèrent Gimli par les bras, l'obligeant à quitter sa position.
-Qu'est-ce que vous faites ?, s'écria Gimli qui se débattait. Pourquoi on arrête de se battre ?
Malgré sa force, le nain fut emmené vers la sortie de cet enfer. Legolas comptait bien lui faire le décompte des orques qu'ils avaient tués et pour cela, Gimli devait rester en vie ! L'elfe vit qu'Aragorn était toujours en prise avec quelques orques, permettant à plusieurs des siens de garder la vie sauve.
-Haldir, am Marad !, cria Aragorn à Haldir en voyant que celui-ci continuait à se battre sur les murailles, avant de voir une silhouette avancer inexorablement vers l'elfe blond. Mais que…ISLEEN !
Aragorn ouvrit de grands yeux, voyant la jeune femme, aux prises avec un orque, qu'elle acheva de deux coups de dagues. Mais qu'est-ce qu'elle faisait là, pourquoi n'était-elle pas restée dans les cavernes !? La jeune femme ne l'avait pas entendu et continuait à avancer vers le capitaine, raccourcissant la distance entre eux et tuant plusieurs orques au passage, avant que l'un d'eux, plus coriace, fasse voler l'une de ses armes, qui alla se perdre dans la boue laissée par l'eau de la rivière.
Le gondorien se tourna vers Legolas qui regardait la jeune femme avec effroi. L'elfe sentit son cœur s'emballer en voyant que sa bien-aimée était présente et clairement en grand danger. Gimli, qui avait entendu également le cri d'Aragorn, tourna la tête pour voir Isleen continuer de courir vers Haldir, sans armes à la main, ayant perdue la deuxième dague en la plantant dans le cou d'un orque.
-ISLEEN !, hurla Legolas en lâchant le bras du seigneur nain, voulant aller protéger la jeune femme.
-Non Legolas !, s'écria Aragorn à l'elfe blond qui le regarda douloureusement. Allez au bastion, je m'occupe d'elle !
Isleen entendit le hurlement de l'elfe et tourna la tête vers lui – ce qui n'était clairement pas une bonne idée, vu que le parapet où elle se trouvait grouillait d'orques prêt à l'abattre – et vit l'effroi sur le visage figé de Legolas. Mais la jeune femme avait mieux à faire que de s'inquiéter de ses états d'âme, aussi détourna-t-elle le regard pour rejoindre Haldir. Elle vit alors un orque immense lacérer la cuirasse du capitaine.
-HALDIR !, hurla la jeune femme en courant vers lui, échappant aux orques, bien trop rapide pour eux.
Le capitaine de Lorièn se tourna en entendant la voix de la jeune femme, à moitié hébétée par la douleur provoquée par la lame. Il tomba au sol, le poids de son armure trop lourde pour les maigres forces qui lui restait.
Aragorn courut vers l'escalier qui montait vers le parapet, espérant sauver la jeune femme de la multitude d'orque qui se déversait sur elle et Haldir, tandis que Legolas entrainait la mort dans l'âme le seigneur nain vers la porte du bastion. Le prince tourna le regard vers le haut du parapet, espérant voir Aragorn ramener la jeune femme en sécurité, mais celle-ci avait réussi à atteindre le capitaine de la Lorièn et faisait face à un orque grognant, la bave lui coulant le long des crocs. La jeune femme était sans défense face à lui.
-NON ! ISLEEN !, s'écria Legolas en voulant revenir en arrière, mais fut empêchée par Gimli qui l'obligea à rester où il était, le regard tourné vers la muraille.
C'est ainsi qu'ils virent la jeune femme porter sa main vers la gorge de l'orque, avant que le monde autour d'elle n'explose.
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On leur avait bandé les yeux avec des écharpes épaisses, aussi ne voyaient-ils pas où on les emmenait, et les hommes durent les guider pour qu'ils ne se rompent pas le cou. Sur leur droite, le bruit de l'eau était de plus en plus proche et plus fort. Les deux hobbits eurent l'impression qu'elle était tout près d'eux, et ils sentaient la bruine sur leurs mains et leurs joues. Ils s'arrêtèrent rapidement de marcher et on les laissa là, les yeux bandés et à demi effrayés par leur nouvelle immobilité. Personne autour d'eux ne parlait.
Puis la voix de Faramir, le jeune capitaine du Gondor, se fit entendre derrière eux.
-Laissez-les voir. Ordonna-t-il à ses hommes.
Les écharpes des deux hobbits leur furent enlevées et ils sursautèrent de surprise. Ils se tenaient sur un sol de pierre polie au seuil d'une porte de roc grossièrement taillée qui donnait sur un large trou sombre, derrière eux. Mais devant, un fin voile d'eau projetait de minuscules gouttelettes sur leurs pieds.
-C'est ici la Fenêtre du Soleil Couchant, Henneth Annûn., leur apprit Faramir le regard pénétrant.
Frodon et Sam regardèrent l'homme et il leur sembla familier, sans réussir à savoir où ils auraient pu le croiser. L'homme était grand et il était de noble stature. Ses yeux lui donnaient un air doux bien que la situation présente ne s'y prêtait pas, et ses cheveux châtain tiraient vers le roux.
-Mes hommes me disent que vous êtes des orques espions., leur dit Faramir en penchant la tête sur le côté comme s'il voulait les analyser.
-Des espions ?!, couina Sam avant de froncer les sourcils devant cette accusation des plus honteuses. Non mais attendez une minute! On n'a pas des têtes d'orques !
-Si vous n'en êtes pas, alors qu'êtes-vous ?, demanda Faramir le regard dur. Répondez.
-Des hobbits de la Comté., répondit Frodon la voix lasse. Ne voyaient-ils pas qu'ils étaient fatigués ? Frodon Sacquet, c'est ainsi que l'on me nomme, et voici Sam Gamegie.
-Son garde du corps ?, questionna Faramir un brin moqueur
-Son jardinier., répondit Sam, fier malgré l'air dubitatif de l'homme en face d'eux.
-Et qui est…Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda Faramir à Frodon en s'approchant du hobbit.
Frodon regarda l'homme avec de grands yeux, ne comprenant pas ce qu'il lui prenait tout d'un coup.
-M'sieur Frodon !, s'exclama Sam en se tournant vers son ami. Votre veste !
Frodon regarda sans comprendre le hobbit blond avant de baisser la tête vers ses vêtements. Une lueur dorée brillait fortement au travers. Le hobbit aux cheveux bruns fouilla dans sa veste et sortit le flacon de verre que lui avait donné la belle Galadriel. La lumière d'Ereandil.
-Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda une nouvelle fois Faramir.
-Un cadeau de la Lorièn., expliqua Frodon en regardant l'objet, fasciné. Mais je ne comprends pas pourquoi elle brille autant. Cela n'était jamais arrivé.
-M'sieur Frodon…, interpella Sam qui regardait lui aussi le flacon. Ça brille comme les yeux de dame Isleen.
Frodon eu un sourire en pensant à son amie. Elle lui manquait.
-Vous avez raison, Sam., lui dit Frodon souriant pour la première fois depuis longtemps.
Frodon continua à sourire, passant outre les questions de Faramir, laissant cela à Sam qui expliqua qui était Isleen, préférant soupeser le précieux flacon. La chaleur de la lumière dorée se répandait dans ses mains et il lui sembla que le poids qui pesait sur ses épaules se faisait moins lourd, tandis qu'il pensait à la jeune femme. Mais une pensée inquiétante lui vint, car si l'essence d'Isleen brillait, cela voulait peut-être dire que son amie était en grand danger.
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La jeune femme courut en direction d'Haldir, se faufilant entre les orques tel un feu follet. Elle entendit la voix grave de Legolas l'appeler de nouveau mais ne regarda pas vers lui. Haldir venait d'être touché par un orque.
-HALDIR !, s'écria la jeune femme en arrivant près du capitaine. Non…Non !
Le capitaine ne tenait pas debout, sa main avait lâché son épée pour venir se plaquer contre la blessure d'où le sang coulait. Isleen regarda la blessure de son ami, des larmes perlant au coin des yeux. La jeune femme s'accroupit près de l'elfe blond qui la regarda, le regard vide. L'elfe reposa sa tête contre les cuisses d'Isleen tandis qu'elle tentait d'interrompre le sang, gorgeant de rouge sa main.
-Non…Haldir…, gémit la jeune femme tremblante.
-Isleen…Partir…, souffla Haldir à bout de souffle en regardant son amie. Dépêche…toi…
-Chut…Chut…ça va aller., lui intima la rouquine.
Un grognement lui fit relever la tête et la jeune femme réalisa que rester sur place n'était pas la meilleure idée qu'elle avait eue de la nuit. L'orque qui les dominait leva son épée, prêt à frapper les malheureux, mais une lame d'acier lui transperça la poitrine avant que l'orque ne puisse faire un autre mouvement. Isleen se pencha vers Haldir essayant dans le même temps de protéger le corps de son ami.
-Isleen ! Mais que faite vous ici !, gronda la voix d'Aragorn, ce qui fit relever la tête de la jeune femme.
-Je… Attention !, s'écria la rouquine en roulant sur le côté, tandis qu'Aragorn essaya de mettre un autre orque hors d'état de nuire, mais l'orque lui flanqua un coup de pied dans la poitrine, lui coupant la respiration. ARAGORN !
La jeune femme se releva rapidement tandis que l'orque relevait son arme pour en finir avec l'homme brun, mais Isleen se jeta vers lui et réussit à le bousculer assez pour que l'orque recule et tombe de la muraille, laissant à Aragorn le temps de retrouver ses esprits. Isleen se retourna pour voir un nouvel orque arriver vers eux et son regard se porta sur Aragorn, qui se relevait difficilement et Haldir, qui grimaçait de douleur. La jeune femme ne sut à cet instant ce qui la poussa en avant, mais il fallait qu'elle agisse, ou il en serait fait d'eux. Sans perdre une seconde, la rouquine se dirigea vers l'orque, sans armes, et porta ses main vers la gorge tendue de la bête avec comme espoir de l'étrangler, et à l'instant où elle toucha la peau sombre de la bête, elle ressentit un long frisson s'embraser au fond de son corps, et tout s'illumina.
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-ISLEEN !, hurla Legolas, affolé du sort de la jeune femme.
-Qu'est ce qui ce passe ?, demanda Gimli une main sur ses yeux tant la lumière était forte.
Orques, hommes et elfes avait momentanément arrêté de se battre et chacun avait le regard tourné vers la lumière aussi éblouissante qu'un soleil naissant. Legolas, dont la vue était plus perçante que tous les elfes et hommes alentours, se concentra sur la forme qui apparaissait au travers de la lumière dorée, et reconnut la silhouette d'Isleen qui empoignait toujours la gorge de l'orque.
-C'est…C'est elle., répondit Legolas abasourdi par ce qu'il voyait. C'est Isleen.
La lumière émanant de la jeune femme diminua légèrement et ses contours se firent plus précis pour ceux qui la regardaient – c'est-à-dire tout ceux qui se trouvait sur les murailles du gouffre– augmentant la peur dans le cœur des orques, qui cherchèrent à s'enfuir devant cette diablerie. Son corps était fait de lumière pure, illuminant les alentours. Isleen n'avait plus peur. Elle ne faisait qu'un avec cette force mystérieuse qu'elle avait ressenti une première fois en Lorièn et de nouveau face à l'ouargue. Elle se sentait forte, et c'était sans états d'âme qu'elle serra la gorge du malheureux orque qui tentait de se débattre sans réussir à sortir de sa poigne. Un courant électrique passa au travers du corps d'Isleen et se concentra dans ses mains pour passer dans l'orque, qui s'embrasa en un couinement déchirant, brûlant de l'intérieur. L'odeur âcre de chair brûlée se répandit autour d'elle et la jeune femme abaissa ses mains une fois que le corps de l'orque ne fut réduit qu'à un amas de poussière.
Les orques, en voyant le sort de leurs compagnons eurent différentes attitudes, certains cherchèrent à s'enfuir et d'autres à attaquer la créature de feu, faisant réagir l'étoile. Isleen tendit son bras et envoya une décharge de feu sur un orque qui courrait dans sa direction, l'enflammant instantanément. La jeune femme se pencha alors vers la muraille où plusieurs grappins, cordes et échelles étaient adossés, aussi, posa-t-elle sa main sur l'une d'elle, enflammant les matériaux sans effort, engendrant une réaction en chaine, embrasant les alentours – sans que cela ne l'atteigne. La force de feu de l'étoile embrasa plusieurs orques, qui cherchèrent à échapper aux flammes mortelles en sautant des murailles vers la rivière, mais peu y arrivèrent, se consumant rapidement.
-Isleen !, s'écria Aragorn dont le souffle était rendu difficile par le brasier qui faisait rage autour d'eux. Isleen !
L'étoile regarda en direction du gondorien qui tenait dans ses bras Haldir dont les yeux étaient fermés. La jeune femme reprit conscience de son environnement et retrouva forme humaine en s'avançant vers les deux hommes.
-Oh mon dieu, Haldir !, s'écria Isleen en voyant le visage de son ami plein de suie. Je suis désolée…
-Il faut le sortir d'ici !, lui dit Aragorn le regard un peu fou de ce qu'il venait de voir. Il est très faible…
La jeune femme hocha la tête et regarda autour d'elle, cherchant un chemin pour sortir de ce brasier qu'elle avait elle-même créée. Aragorn se leva et porta Haldir, aidé d'Isleen, pour sortir de l'enfer de flammes. Ils marchèrent en direction de la porte que la belle avait passé plus tôt en se protégeant des flammes autant qu'ils purent, bien qu'Isleen n'en ressentait pas la chaleur. Les orques ne cherchèrent à aucun moment de les arrêter car chacun d'eux souhaitait échapper au brasier infernal. Les elfes qui se trouvaient encore dans la cour extérieur leur permirent de tenir néanmoins en respect les plus téméraires, et les trois compagnons arrivèrent rapidement à la porte, qu'ils refermèrent vite derrière eux, leurs habits roussis par la chaleur des flammes, mais saufs.
Deux elfes prirent le relais d'Aragorn et d'Isleen et portèrent leur chef dans la grande salle où s'étaient réfugiés Théoden et ses hommes, le capitaine s'étant évanoui. Le gondorien s'adossa au mur, reprenant son souffle, et il regarda la jeune femme qui s'était elle aussi appuyée contre le mur mais qui regardait ses mains, d'un air étrange.
-Ne vous sentez pas coupable de ce qui s'est passé., lui dit Aragorn, ne voulant pas qu'un sentiment de culpabilité naisse chez la jeune femme.
-Je ne regrette rien., lui répondit Isleen en levant les yeux vers lui le regard grave. Je…Je ne sais pas vraiment ce qui s'est passé, mais j'ai l'impression pour la première fois de ma vie de me sentir entière. Comme-ci…comme si tout était enfin à sa place. Je ne sais pas si vous comprenez.
-Je crois que je comprends., lui dit Aragorn un sourire aux lèvres.
L'homme se redressa et partit en direction de la salle, suivi de près par Isleen.
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La salle principale était en effervescence. Legolas, qui avait fini par rentrer dans le bastion accompagné de Gimli, essayait d'organiser les elfes qui affluaient, en tentant dans le même temps d'apercevoir Isleen et Aragorn. Théoden et Gamelin entrèrent peu après, suivis de plusieurs hommes harassés de fatigue. Quand le roi les vit, il se dirigea rapidement vers eux, le regard dur.
-Qu'est-ce que c'était que ça !, hurla Théoden furieux. Quel était cette sorcellerie ?!
Legolas lui décocha un regard noir mais n'eut pas le temps de répondre que deux elfes entrèrent par la porte arrière, chargés du capitaine de Lorièn. Le prince planta là le roi du Rohan et ordonna aux deux elfes de poser leur chef sur une des larges tables de bois de la salle, ce qu'ils firent immédiatement.
-J'exige des réponses !, tempêta le roi en venant vers Legolas, courroucé d'être ignoré.
Plusieurs hommes du roi dégainèrent leurs épées, prêts à défendre Théoden, mais Legolas ne se retourna pas vers eux, occupé qu'il était à tenter de sauver Haldir. Il regarda la blessure du capitaine, elle était moche à voir et il fallait la refermer et vite, avant qu'il ne perde tout son sang. Les deux elfes qui l'avaient accompagné s'occupèrent des blessures de leur capitaine, le mettant torse nu pour gérer au mieux sa plaie.
-TOI !, hurla une voix féminine.
Théoden et ses hommes se retournèrent pour voir débarquer une Isleen au-delà de la fureur, ce qui les incita à s'écarter de son chemin, tandis qu'elle avançait vers Legolas qui la regardait les yeux écarquillés et les mains en avant en signe de paix.
-Je comprends votre colère mais ce…, commença le prince.
La jeune femme ne lui laissa pas le temps de terminer qu'elle lui envoya son poing droit en plein visage, projetant la tête de l'elfe en arrière et celui-ci perdit l'équilibre et ne dû qu'à la table de bois où gisait Haldir de ne pas finir à terre. Le prince regarda atterré la jeune femme qui chercha de nouveau à le frapper, mais fut ceinturée par Aragorn qui était clairement dépassé par la situation.
-LACHEZ-MOI !, hurla la jeune femme à l'adresse du gondorien, la rage se lisant dans ses yeux toujours braqués dans ceux du prince. ESPECE DE RACLURE ! ENFOIRE ! JE VAIS VOUS….
-ASSEZ !, s'écria Aragorn à la jeune femme qui cessa de se débattre. Calmez-vous !
Aragorn desserra sa prise sur la jeune femme qui en profita pour se jeter de nouveau sur le prince mais elle ne l'atteignit pas, Gimli s'étant placé devant l'elfe et menaçant Isleen de sa hache, tandis que plusieurs elfes la tenait en respect également. La jeune femme regarda le nain et les elfes avec colère mais ne chercha plus à s'en prendre au prince.
-Vous nous expliquez ?, demanda à bout de nerf le gondorien. Et déjà qu'est-ce que vous faite là ? Pourquoi n'êtes-vous pas restée dans les cavernes ?
-C'est ce que vous leur avez dit ?, demanda méchamment la rouquine à Legolas, qui sembla se tasser sur lui-même mais ne répondit rien.
Aragorn regarda Legolas et Isleen à tour de rôle mais mit plus de temps à comprendre ce qui avait dû réellement se passer que le seigneur nain, dont l'attitude suspecte du prince en début de combat lui revint.
-Oh !, s'exclama Gimli s'écartant du chemin de la rouquine, lui laissant le champ libre en cas de nouvelle envie guerrière, après tout l'elfe l'avait bien cherché.
-Il m'a enfermé dans une des salles attenantes à la salle d'armes., expliqua Isleen, toujours tendue. Je ne dois ma libération qu'à deux garçons.
-J'ai fait cela pour vous protéger., tenta de se justifier le prince la main placée sur son nez qui saignait légèrement. Vous alliez vous faire tuer.
-Par votre faute et si je n'étais pas intervenue, Haldir serait mort., lui répondit Isleen, qui eut la joie perverse de voir que l'armée des Eldars s'écartèrent également du prince lui enlevant leur protection.
-Et votre geste aura était vain si nous ne faisons pas quelque chose pour refermer la plaie., intervint un des elfes penché sur le corps d'Haldir.
La jeune femme regarda le corps de son ami et s'avança vers lui, dépassant Legolas qui la retint un instant lui prenant le bras. La belle regarda la main de l'elfe avant que son regard ne plonge dans celui, de glace du prince elfique.
-Dorénavant, Je ne veux plus rien avoir à faire avec vous., dit la jeune femme d'une voix dure. Je ne vous permets plus, ni de me toucher, ni de me parler.
Isleen finit sa phrase en se dégageant de l'emprise de l'elfe qui resta figé par ses paroles maudites. La jeune femme s'avança vers l'elfe qui prenait soin d'Haldir et lui proposa son aide. Aragorn, qui avait entendu la promesse d'Isleen, regarda l'elfe dont le regard était rempli de douleur, mais il ne put s'en préoccuper plus car Théoden réclamait toujours une explication sur ce qui c'était passé, aussi lui expliqua-t-il ce qu'était Isleen.
La jeune femme sentit sur elle le regard de plusieurs personnes, mais se concentra sur le visage d'Haldir qui semblait dormir.
-Merci., murmura l'elfe brun à la jeune femme qui releva les yeux vers lui. Merci de l'avoir sauvé.
-Il n'est pas encore tiré d'affaires., lui répondit la jeune femme en lui faisant un sourire triste.
-Il faudrait refermer la plaie, mais nous n'avons ni fil pour recoudre, ni cataplasme., lui dit l'elfe. On pourrait cautériser la plaie mais nous n'avons pas de feu.
La jeune femme releva précipitamment la tête devant les paroles de l'elfe. Tout autour d'eux, le roi Théoden donnait des ordres pour que les hommes tiennent, les orques avaient repris d'assaut les murailles et ils allaient bientôt réussir à passer les portes, les hommes de Théoden peinant visiblement à les empêcher de passer par la grande porte. Aragorn avait disparu ainsi que Legolas et Gimli. Comme un accord tacite, plusieurs elfes s'étaient placés devant Isleen et les trois elfes pour les protéger.
-Vous n'avez pas de feu, mais je peux peut-être vous être utile., lui répondit la belle dont les yeux dorés et lumineux prirent la place des yeux émeraudes.
-Vous êtes sûr ?, demanda l'elfe ,inquiet que son capitaine ne brûle.
-Non. Mais je crois que c'est sa seule chance., expliqua Isleen attendant son feu vert.
L'elfe la regarda avant de placer une lanière de cuir qu'il avait prise dans sa tenue, entre les dents du capitaine, et de bloquer les bras et jambes d'Haldir, aidé de son compagnon. Puis il lui fit signe qu'elle pouvait y aller. La jeune femme respira un grand coup et déposa ses doigts avec légèreté contre la plaie de l'elfe avant de sentir son pouvoir se manifester et la chaleur gagner ses mains. Une odeur de chair brûlée lui attaqua les narines, lui donnant un haut le cœur, mais Isleen tint bon, malgré le cri déchirant que poussa l'elfe en se réveillant, et elle permit à la plaie de se cautériser. Quand elle eut fini, ses yeux redevinrent émeraudes et elle regarda Haldir, qui s'était de nouveau évanoui. Elle déposa un baiser sur son front et caressa doucement ses cheveux, ne pouvant rien faire de plus pour lui, puis releva la tête pour voir où en étaient les hommes face aux orques. Elle vit alors Legolas qui la regardait, le visage torturé. Mais, trop en colère contre lui, la rouquine se détourna et partit en direction d'Aragorn, abandonnant le prince à son sort.
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