Aloha, chers lecteurs ! Me revoilà. Et oui, le confinement ou le virus n'auront pas eu raison de moi, et je suis même de retour pour vous occuper l'espace d'un moment ! Héhé.

Evidemment, comme d'habitude, je suis désolé de vous avoir fait attendre si longtemps. Cela dit, cette fois, je n'ai pas d'excuse. Même avant le confinement, je n'avais plus de grosses priorités, et je passe beaucoup de temps à écrire. Je crois même ne jamais avoir passé autant de temps à travailler sur mes écrits. La mauvaise nouvelle pour vous, c'est simplement que je planche en ce moment sur un projet d'histoire originale, et j'ai écrit l'équivalent d'une quinzaine de chapitres de ma fanfiction dans l'année écoulée. Mais pas de panique ! Comme le prouve ce post, je n'abandonne pas ma fanfiction pour autant. Cette histoire originale me suit depuis encore plus longtemps que ma fanfiction, et j'aimerais vraiment la publier, donc j'ai mis la priorité dessus, mais écrire sur différents projets à tendance à me simuler quand il s'agit d'écrire, donc l'un dans l'autre, ce n'est pas plus mal.

Maintenant, je vais vous laisser avec le chapitre, en espérant qu'il vous plaira. On va apprendre à connaître un peu plus Omoï, mais aussi tout son entourage, et ça fait plusieurs personnages hauts en couleur dont certains devraient, je l'espère, vous plaire. Bonne lecture !

Disclaimer :

La plupart des personnages sont à M. Kishimoto, mais j'y ai mêlé de mon imagination, surtout pour les personnages secondaires. L'histoire se déroule en France, par soucis de maniaquerie. Ainsi, au moins, je suis sûr de connaître le système scolaire.


Chapitre 30 :

Mélodie.

Dimanche 26 janvier

Il paraît parfois que la nuit porte conseil et permet de mémoriser et comprendre certaines notions. Si une chose est maintenant certaine pour moi, c'est que « apprendre à faire du ski » ne fait absolument pas partie de ces fameuses notions. Les courbatures que j'ai ne sont pas aussi atroces qu'elles auraient pu l'être – et je suppose que c'est grâce à notre petite session aux bains – mais il n'empêche que la douleur est suffisante pour me faire grincer des dents. Avec ça, certains mouvements me semblent moins fluide qu'hier, et j'ai un peu de mal à avancer sur mes deux skis. Ce qui me fait rire, cela dit, c'est de voir qu'Omoï est dans la même situation que moi. Même moi, je peux voir que ses membres semblent très raides. Heureusement pour nous deux, le trajet de retour se faisant en début d'après-midi, nous n'avons le temps de skier que le matin, et nous nous retrouvons rapidement au refuge de la vieille, devant un énième plat typiquement montagnard, à base de fromage, de lards, et de gras sous toutes ses formes.

- Je ne suis pas déçu que ce soit fini ! s'exclame Omoï, sa première bouchée avalée. Je suis crevé et j'ai mal partout. Si c'est à ça que ça ressemble de vieillir, je préfère mourir jeune !

Amusé, je ricane.

- J'aurais dû t'inviter aux sources chaudes, dis-je, le ton rieur. Suigetsu et Yahiko m'y ont amené hier, ça m'a fait un bien fou. Même si le premier des deux a trouvé très drôle de se balader à poil avec moi dans les environs.

D'emblée, je le vois sourire, même s'il semble sujet à un certain malaise. En fait, malgré sa peau sombre, je dirais même qu'il rougit un peu. Là, je prends alors conscience que, si mes deux amis n'ont aucun mal avec le fait que je sois gay, ce n'est pas le cas de tout le monde, loin de là.

- Je n'essayais pas de te draguer, assuré-je, à mon tour pas très à l'aise.

Mon intervention, pas très maligne, ne fait qu'aggraver la situation malaisante.

- Je sais, dit-il pour essayer de dédramatiser.

Arrivé là, je me rends compte que, si ça se trouve, il ne savait pas que je suis gay, même si dorénavant, ça parait peu probable. On dirait que je commence à prendre la grosse tête sans le vouloir, à croire que tout le monde me connait au lycée.

- Désolé, m'excusé-je en fourrageant une main dans mes cheveux. On dirait que je suis devenu égocentrique sans m'en rendre compte.

- Pas de souci, continue-t-il, toujours pas super à l'aise. Et ne t'inquiètes pas, je devrais survivre.

Je hoche la tête lentement, sans savoir quoi dire. Puis, voyant que nous ne progressons pas, je tente d'embrayer sur un autre sujet.

- Tu te rappelles à quelle heure part le bus ? Je ne le dirais jamais assez souvent pour ma sœur, mais j'aimerais qu'on n'arrive pas en retard.

Saisissant ma tentative de passer à autre chose sans hésiter, Omoï me répond, puis la discussion repart de plus belle, à mon grand soulagement.

[...]

Notre repas englouti dans les règles de l'art – et, surprise, j'ai encore trop mangé – Omoï et moi décidons de rejoindre le point de rendez-vous en avance. Voilà pourquoi, depuis une vingtaine de minutes, lui et moi sommes assis sur un banc, en train de parler de tout et rien. Rapidement, toute une ribambelle d'élèves nous rejoint, le petit parking de l'hôtel devenant particulièrement bruyant, d'une manière dont seuls les lycéens sont capables. Je présente Yahiko et Suigetsu à Omoï, mais l'échange arrive brusquement à son terme lorsque nos professeurs arrivent, nous intimant de monter dans nos bus respectifs. Je m'en veux un peu de ne pas y avoir fait attention avant, mais il se trouve qu'Omoï a fait voyage avec nous à l'aller. Certes, j'ai dormi tout du long, mais je réalise que je suis vraiment le genre de personne qui ne fait pas assez attention à son entourage. Je ne comprends pas comment j'ai pu rater un jeune homme à la peau bronzée et aux cheveux blancs. Sans que la question ne soit posée, Omoï s'installe à côté de moi, tandis que mes deux amis s'installent à l'arrière, comme la dernière fois. Aussitôt installé, mon voisin fouille dans une de ses poches pour trouver une nouvelle sucette, qu'il fourre d'emblée dans sa bouche en poussant un soupir d'aise. Amusé, je ricane.

- Ce n'était pas une manière de parler, dis-je. Tu es vraiment accro à ces sucreries.

- Yep, avoue-t-il sans aucune honte. C'est le seul truc sur lequel je suis intraitable lorsque je fais des courses avec ma mère. Je préfère avoir à me brosser les dents trois fois par jour pour enlever le sucre sur mes dents que de m'en passer.

Cette fois, l'éclat de rire vient de derrière, et le visage de Suigetsu ne tarde pas à apparaître entre nos deux fauteuils.

- Tu as bien raison ! approuve-t-il. Est-ce que, par hasard, tu peux en faire profiter tes nouveaux amis ?

Sans répondre, Omoï se penche et attrape le sac à dos posé à ses pieds. Si dans sa veste, il y a quelques rations de secours, son sac est quant à lui la réserve principale. J'y vois deux paquets différents, presque remplis, qu'il a dû acheter pour le week-end. Il sort les deux sacs et les mets entre nous deux.

- Servez-vous, propose-t-il. Faites juste attention à ne pas prendre toutes celles à la pomme. Ce sont mes préférées, et je vous déconseille de m'en priver.

Son ton neutre malgré la menace sous-jacente – qu'on croit tous être une blague, mais est-ce vraiment le cas ? – nous fait rire à nouveau. Puis, sans attendre, la main de Suigetsu apparaît à la recherche de sa prochaine victime.

- Tu te rends compte que ça me donne envie d'essayer juste pour voir ce que ça donne ? demande-t-il à l'adresse d'Omoï.

- Oui, répond l'autre sur le même ton. C'est pour ça que je ne vous ai pas donné mon vrai parfum préféré. Ou peut-être que si ? lance-t-il mystérieusement, un sourire sur les lèvres.

- Tu as encore réussi à te lier d'amitié avec un cas spécial, Kiba, lance nonchalamment Yahiko en attrapant une sucette au coca. Tu es un aimant à problèmes. Entre Suigetsu et Omoï, on peut dire que tu sais t'entourer.

- Je commence à me dire que c'est un talent inné, en effet, réponds-je en chopant moi-même une sucette à la cerise. Mais bon, ce n'est pas comme si j'étais du genre à bien rentrer dans les rangs.

Visiblement, personne ne trouve à redire à mon explication, car mes amis rient avant de retourner s'asseoir. Cela dit, je retiens mal une exclamation de surprise en goûtant à ma sucrerie.

- La vache ! lancé-je. C'est vachement bon, les sucettes à la cerise.

Omoï ne dit rien, mais son sourire en coin alors qu'il regarde devant lui me fait comprendre que j'ai percé son secret. Visiblement, ce n'est pas la pomme son parfum préféré. Je décide toutefois de garder ça pour moi, histoire de nous éviter un scandale à cause de Suigetsu. J'embraye donc sur un tout nouveau sujet.

- Tu es le seul de ta classe ?

- Non, répond-t-il en pointant du doigt l'arrière du bus. Le grand groupe dans le fond est dans la même classe que moi. Disons juste qu'on n'a pas d'atomes crochus.

Etant moi-même quelqu'un qui n'est pas à l'aise très facilement, je comprends ce qu'Omoï nous explique.

- Tu n'as pas dit que des amis à toi t'avaient laissé tomber ce week-end ? demandé-je pour en apprendre un peu plus sur lui.

- Si, confirme-t-il avec un soupir. L'une d'elle est surveillante à l'école. Elle devait venir en tant qu'accompagnante, mais son budget a fait qu'elle a dû annuler au dernier moment à cause d'une panne de voiture. L'autre, une amie de classe, a été retenue par ses parents pour un repas familial. Je sais qu'elles auraient préféré venir, mais comme elles ont prévenu au dernier moment, il était trop tard pour que je me désinscrive sans une bonne raison, alors… me voilà.

Tout en écoutant ses explications, j'en ai profité pour enlever mes chaussures et me mettre à l'aise.

- Barf, fais-je, compatissant. Pour ce que ça vaut, j'étais content que tu sois là, moi. Tout seul, ça n'aurait pas été super fun.

À ce moment, la tête de Suigetsu pop entre nous.

- Il a failli ne pas venir aussi, le petiot, affirme-t-il en faisant un signe de tête dans ma direction. C'est moi qui l'ai motivé !

Le regard d'Omoï passe de mon ami à moi, puis revient sur Suigetsu.

- Merci, alors, dit-il avec un sourire. Avoir un cours particulier aurait sûrement été plus instructif, mais bonjour le malaise. Au moins, je n'étais pas le seul à maudire les gens qui ont eu l'idée de se coller des bouts de plastiques en dessous des pieds.

- Techniquement, ce ne sont pas vraiment des bouts de plastiques, explique Yahiko, appuyé sur le dossier de mon siège.

- Peu importe, Yahiko ! le reprend Suigetsu. Arrête de faire ton monsieur je-sais-tout.

- Tu dis ça seulement parce que tu es un inculte, rétorque son vis-à-vis.

Les voir se disputer de la sorte me fait sourire, et je vois qu'Omoï partage le sentiment. Il ne manquerait plus que le popcorn pour apprécier la scène. Parfois, je me demande s'ils ont conscience qu'ils agissent comme un vieux couple. En tout cas, hors de question que je rate leur drama épisode de la journée !

[…]

Le trajet de retour, bien plus agité que l'aller, est passé presque aussi vite à mes yeux. Que ce soit nous ou les autres élèves présents dans le bus, personne ou presque ne dormait, cette fois. Au contraire, beaucoup parlent fort, les éclats de rire sont fréquents, et je pense pouvoir dire que c'est ce week-end au ski qui a mis tout le monde de bonne humeur. Nous n'échappons bien évidemment pas à la règle, Omoï participant activement aux échanges entre mes camarades de classe et moi. Ce n'est que lorsque je monte dans la voiture avec Hana, saluant mes amis qui partent chacun de leur côté, que je me fais la réflexion que ça aurait vraiment été bête de rater tout ça à cause de Naruto. En tout cas, je ne me fais pas prier pour raconter tout ce qu'il s'est passé ce week-end à Hana lorsqu'elle me demande les nouvelles. Tout y passe, de mon sommeil rattrapé dans le bus à l'aller jusqu'au moment où elle m'a récupéré, en passant par le manque de gêne de Suigetsu. Ce passage aux sources chaudes n'a pas manqué de faire rire Hana, qui a trouvé très amusant de se moquer de moi lorsqu'elle a remarqué que je prenais des couleurs en repensant à mon ami, nu comme un ver.

Une fois à l'appartement, c'est Akamaru qui m'a accueilli dans une effusion de sentiments. J'avoue avoir pensé à lui plus d'une fois ce week-end, notamment parce qu'il est rare que je passe une nuit sans lui. Ce délai peut paraître court, mais oui, elle m'a manqué, la grosse bestiole. Pour fêter nos retrouvailles, nous sommes sortis faire un tour dans le parc de la résidence, où on s'est dépensés en courant dans tous les sens. Puis, après ça, j'ai mangé léger – pour avoir bonne conscience – et je n'ai pas perdu de temps à me glisser sous ma couette, trop fatigué par toute cette activité pour essayer de jouer les braves. Si je veux conserver le peu de diplomatie que j'arrive à maintenir, il va me falloir du repos, et pas qu'un peu !

[…]

Mardi 28 janvier

En rentrant dans les vestiaires pour hommes, je me fige. Un sourcil relevé est tout ce qui suffit à Suigetsu pour comprendre mon désarroi.

- Il y en a un qui a oublié l'évènement d'aujourd'hui, dit-il, moqueur.

Comprenant que je suis censé être au courant, je suis mes amis dans un coin de la pièce, cherchant la réponse à mes questions. Pourtant, non, rien ne m'explique pourquoi les vestiaires sont remplis d'élèves que j'ai, pour la plupart, l'impression de n'avoir jamais vu.

- Est-ce que notre prof ne nous aurait pas annoncé le tournoi le jour où Kiba est parti un peu plus tôt à cause de Neji ? fait remarquer Yahiko.

- Un tournoi ? demandé-je. Quel tournoi ?

Ignorant mes questions, Suigetsu cogite sur celle de son ami.

- Oui, ça me dit quelque chose, avoue-t-il finalement. Désolé, on a oublié de te le dire.

- Pour faire simple, complète Yahiko, notre école organise des tournois interclasses de même niveau plusieurs fois dans l'année scolaire, juste pour le fun.

Au moins, ça explique la taille des vestiaires, que j'avais jusque-là toujours trouvé bien trop grands.

- Tu vas survivre à la présence de tous ces corps en petite tenue, Kiba ? se moque Suigetsu.

- Ne t'inquiètes pas, fais-je sur le même ton. Tu as déjà tout ce qu'il faut où il faut, et je le sais pour l'avoir vu. Je n'ai pas besoin de te tromper avec tous ces jeunes hommes.

Suigetsu éclate de rire, tandis que son voisin, qui m'est inconnu, semble se poser des questions à mon propos. Lorsque nos regards se croisent, il détourne rapidement les yeux, pris sur le fait, avant de se dépêcher d'enfiler un tee-shirt pour prendre la sortie. Yahiko, qui a été témoin de la scène, affiche un sourire en coin, lui aussi. Le fuyard doit probablement avoir tiré les bonnes conclusions – même si l'ensemble aurait pu n'être qu'une blague de notre part – et je préfère m'amuser de cette réaction qu'en pleurer. On dira que les stéréotypes ont la vie dure, alors autant que j'en joue si ça peut m'éviter de m'arracher les cheveux et de taper sur quelqu'un.

Malgré mes dires, je me dépêche toutefois de me préparer, plus mal à l'aise avec le regard de certains qu'avec le fait d'être entouré par beaucoup d'hommes à moitié nu. Après tout, même Omoï semblait au courant de mon orientation, alors je préfère partir du principe que les élèves savent, et m'éviter des tensions inutiles, dans le genre à celles que j'ai expérimentées avec Naruto. Suigetsu et Yahiko prenant leur temps, je les préviens et sors de la pièce.

En arrivant dans le gymnase, c'est toutefois une bonne surprise qui m'attend. En effet, parmi la foule d'élèves déjà présents, je reconnais Omoï, en train de discuter avec une jeune femme à la peau aussi bronzée que lui. Il est dos à moi, mais je l'ai aperçu dès mon arrivée, sa chevelure blanche le faisant sortir du lot. Sans parler de son amie à la chevelure rouge. En m'approchant d'eux, je me traite d'idiot en réalisant qu'on ne lui avait même pas demandé dans quelle classe il était. Visiblement, il est en première, lui aussi, si j'en crois les explications de Yahiko sur ce tournoi. Alors que je m'approche de manière enjouée, la jeune femme qui l'accompagne me remarque et préviens Omoï, qui se retourne. Son sourire reflétant le mien, je le salue de la main en arrivant.

- Hey, m'accueille-t-il.

Poli, je commence d'abord par dire bonjour à son amie d'une bise.

- Kiba, voici Karui, nous présente-t-il l'un à l'autre.

- C'est elle qui devait t'accompagner au ski, je suppose ?

- C'est ça, répond-t-elle. Et nom de Dieu, je vous jure que j'aurais préféré venir avec vous. Ce repas familial a été d'un ennui à mourir.

D'emblée, je devine à son ton énergique et ses expressions qu'elle est du genre honnête et franche.

- Notre famille n'organise jamais ce style de repas, alors je ne peux qu'imaginer à quel point ça peut être rasoir.

Je ne précise pas que mes parents sont décédés pour ne pas les mettre à l'aise, ce qui finit irrémédiablement par me mettre à l'aise, alors que je suis heureux de ma vie familiale telle qu'elle est. Voyant que notre échange se termine par un soupir prononcé de la part de son amie, Omoï reprend pour moi.

- Comme je ne t'avais pas encore vu dans les vestiaires ou le gymnase, j'ai cru m'être trompé quand j'ai compris que tu étais en première, toi aussi.

- Oh, c'est normal, réponds-je. Je viens en vélo, et j'apprécie tout particulièrement mon temps dans le lit le matin. Conséquence : je ne me lève qu'au dernier moment, histoire d'arriver pile à l'heure.

Comme pour appuyer mes dires, la sonnerie retentit et nos profs de sport nous demandent de former des groupes en fonction de nos classes, pour l'appel. Apercevant Suigetsu et Yahiko, je les rejoins après avoir salué mes deux camarades. En chemin, je me fais d'ailleurs la réflexion que je suis content de voir qu'Omoï et moi restons en bons termes, même après la fin du week-end. Je ne l'avais pas croisé dans la journée d'hier, et j'avoue m'être posé la question, en me disant que ce serait dommage, d'autant plus qu'on ne peut pas dire que j'ai des tonnes d'amis dans ce lycée. Soulagé sur ce point, c'est avec panache que j'entame la journée !

[...]

Le principe est simple. Les profs ont fait des groupes de niveaux en fonction des résultats au sein de notre classe, et les règles restent les mêmes. Je me retrouve donc en groupe avec les Hyuga, et ça se passe bien. Neji et moi nous contentons du minimum vital pour que l'équipe fonctionne, et maintenant que certaines choses ont été mises au clair entre lui et moi, nous sommes d'autant plus efficaces. Que ce soit parce qu'il est à court d'arguments, ou parce qu'il a arrêté d'être un crétin fini, je me contente d'être moi-même avec Hinata, et il ne me fait aucun commentaire désagréable, même s'il nous jette des coups d'œil de temps en temps. Autant le dire franchement, j'ai rarement vu Hinata d'aussi bonne humeur ! J'espère que ça continuera sur cette lancée.

Yahiko, Suigetsu, et l'élève dont je n'ai toujours pas le nom sont dans le même groupe que nous, mais le hasard a fait que nous n'avons fait que nous croiser, sans jamais nous affronter. Je dirais qu'on doit tous être dans le premier tier du tournoi, et au vu de nos différents profils athlétiques, ce n'est pas surprenant, même si ça reste agréable. Omoï et Karui sont aussi avec nous, mais nous les avons peu vus, car ils sont en bas du classement de notre groupe de niveau. Apparemment, Karui est du genre rentre-dedans agressive, et si Omoï semble y être habitué, le dernier joueur de leur équipe semble avoir du mal à tenir la cadence.

- Fiou ! laché-je en me laissant tomber au sol, à côté d'Hinata. Ça fait du bien de faire une pause.

Elle acquiesce, puis me tend une bouteille d'eau.

- J'en ai pris pour nous trois, explique-t-elle devant mon regard interrogateur. Neji a déjà pris la sienne.

Ni une, ni deux, je la remercie avant d'avaler quelques goulées qui me font un bien fou.

- Toujours aussi prévenante, la complimenté-je.

- Ce n'est pas grand-chose, se défend-elle, et ça me fait plaisir. En plus, tu as vu ? Grâce à toi, Neji est tellement moins obtus que c'est le moins que je puisse faire pour te remercier.

Avant de lui répondre, mon regard dévie sur l'intéressé assis à quelques mètres de là, reprenant son souffle, comme nous.

- J'ai remarqué, oui, confirmé-je. J'avoue que c'est agréable, d'autant plus que ça te rend rayonnante !

Même si ma déclaration n'a aucune arrière-pensée, elle se tasse sur elle-même, gênée. Comme le but n'était pas de la mettre mal à l'aise, je choisis toutefois d'embrayer sur un autre sujet.

- Au fait, commencé-je. J'y ai réfléchi ce week-end quand je me suis fait la réflexion que ça aurait été sympa que tu sois là, mais tu as bien dit que ta famille était riche et influente, non ?

Pas certaine de comprendre où va l'amener cette conversation, elle opine de la tête, mais attend la suite.

- Comment ça se fait que tu sois ici, alors ? J'aurais pensé que tu aurais fini dans une école super bien cotée, dans le privé.

Cette fois, c'est moi qui suis surpris quand elle se met à rire doucement.

- Tu ne t'es pas renseigné sur l'école, pas vrai ? demande-t-elle, même si ça reste une simple question de rhétorique. C'est une école publique, certes, mais elle a des résultats exemplaires, avec un taux de réussite qui n'est pas dû à l'exclusion des éléments les plus fragiles, mais plutôt aux méthodes d'enseignements progressives. Les enseignants sont triés sur le volet pour leur capacité à s'adapter.

Pensant avoir mis les pieds dans un lycée classique, je suis surpris d'en entendre autant de bien.

- C'est ma famille qui l'a financée presque intégralement, et mon père s'occupe lui-même du recrutement. Il a probablement des défauts, mais il est persuadé qu'instruire les nouvelles générations de manière intelligente est la meilleure manière de leur donner toutes les clés pour s'en sortir.

D'autant plus étonné d'apprendre que sa famille aux principes archaïques peut avoir un point de vue si moderne sur la question, je commence à comprendre comment une telle éducation a pu faire d'elle quelqu'un de si ouvert et compréhensif.

- C'est rare de te voir parler de ta famille avec autant de fierté, noté-je.

- C'est vrai, reconnait-elle. Mais je ne suis pas en désaccord avec mon père sur tout. Il est intelligent, il prend beaucoup de bonnes décisions.

Notant l'information dans un coin de ma tête, je suis content de voir qu'elle n'est pas complètement comme une étrangère dans sa propre famille. La discussion ne va toutefois pas plus loin parce que Neji vient nous chercher pour notre match suivant. Ces quelques minutes de pause m'ayant fait beaucoup de bien, c'est en pleine forme que je me lève, prêt à faire passer un mauvais moment à l'équipe d'en face.

[...]

Le tournoi terminé et l'estomac dans les talons, c'est avec Yahiko, Suigetsu, mais aussi Omoï et Karui, que je me dirige vers la cafétéria. Mon ventre qui gargouille n'est toutefois pas suffisant pour engloutir avec plaisir le repas offert ce midi.

- Je ne comprends pas, dis-je. Le père d'Hinata est capable de débourser des fortunes pour l'enseignement, mais on a un restaurant qui est très bof.

Suigetsu ricane de ma remarque.

- On avait un super chef, avant, explique-t-il malgré tout. Mais il a dû partir précipitamment en début d'année pour des problèmes de santé, et la priorité n'a pas été de lui trouver un remplaçant. Depuis, on nous a prévenu que ce sera pour la rentrée de l'an prochain.

- Je suppose que c'est une bonne raison, concédé-je. Mais du coup, je ne saurais jamais ce que ça fait de manger dans un lycée avec un super cuistot.

- Tu ne seras plus là l'an prochain ? demande d'emblée Omoï, surpris.

- Ce n'est pas prévu, non. J'ai accompagné ma sœur pour une offre de travail temporaire. On devrait rentrer à la fin de l'année scolaire.

- Rude, enchaîne Karui. Tu vas à peine avoir le temps de te faire des amis ici que tu seras reparti.

Sa déclaration jette un froid sur l'assemblée, chacun pensant au moment où je partirai.

- Si ça peut vous rassurer, osé-je pour relancer le dialogue, je suis du genre un peu trop sentimental. Je ne prévois ni de vous oublier, ni de vous snober. Je resterai en contact, c'est sûr. Si je me sens bien ici, c'est parce que vous êtes là.

Même si je me sens gêné de dire les choses aussi franchement, voir le sourire revenir sur les lèvres de Suigetsu, puis des autres un peu après, me fait plaisir.

- Tu resterais, si tu pouvais ? demande Omoï.

Je prends une seconde pour sonder mon avis sur le sujet.

- Comme l'option n'était pas dans la balance, je ne me suis jamais posé la question. Cela dit, toute ma vie est là-bas, alors je ne sais pas trop.

L'avouer à voix haute me fait me sentir horrible, parce que j'ai l'impression de les abandonner. Cela dit, Suigetsu, qui est encore une fois plus perceptif qu'on pourrait le croire, est le premier à trouver le moyen d'alléger la discussion.

- Et puis, ce n'est pas comme s'il y avait un certain jeune homme qui attend ton retour, dit-il, le sourire aux lèvres.

Evidemment, il parle de Gaara, et je me tasse sur ma chaise.

- Rappelle-moi de garder certains trucs pour moi, la prochaine fois, râlé-je pour la forme.

Pas sûr de bien comprendre le sens derrière nos mots, Omoï et Karui échangent un regard.

- Tu as un mec ? demande Karui, sans chercher à être subtile.

- Non, dis-je en sentant mon visage prendre un coup de chaud. C'est une histoire compliquée, mais disons juste que je suis tombé amoureux de l'un de mes amis hétéros.

- Tu aimes bien faire les choses simplement, hein ? enchaîne-t-elle sans attendre vraiment de réponse, se reconcentrant sur son assiette.

- C'est sa marque de fabrique, oui, surenchérit Yahiko, le ton moqueur.

- Assez parlé de moi ! m'exclamé-je. Vous jouerez à celui qui se moque le mieux de moi une autre fois, d'accord ?

Amusé, Suigetsu lève les bras au ciel en signe de reddition.

- Dans ce cas, j'ai un truc à vous proposer, déclare Omoï, pas très à l'aise.

Karui semble savoir où il veut en venir, car elle l'encourage d'un mouvement de tête, un sourire amusé sur les lèvres. Il inspire un coup pour se donner contenance, puis se tourne à nouveau vers nous. Je ne mentirais pas en disant que notre curiosité à tous les trois est piquée à vif.

- Vous n'êtes pas obligés de venir si ça ne vous tente pas, mais Karui, Samui, et moi, on joue dans un bar ce week-end.

- Dans un groupe de musique, tu veux dire ? s'intéresse Yahiko.

- Oui, confirme Karui. Samui joue de plusieurs instruments. Moi, je fais de la batterie, et Omoï joue de la guitare, en plus d'être le chanteur principal du groupe.

Surpris d'imaginer Omoï – que j'avais classé dans la catégorie timide – sur scène, un micro dans les mains, il me faut un instant pour réagir.

- Sérieusement ? demandé-je confirmation, impressionné par l'idée. Ça va être comme un concert ?

- Oui et non, précise Omoï, un peu plus à l'aise maintenant que le sujet est lancé. On connaît les gérants, et on a eu l'autorisation d'organiser un évènement. Nous serons plusieurs groupes à jouer, si ça vous tente d'écouter plusieurs genres de musique. L'entrée est gratuite.

- Quel jour ? se renseigne Yahiko.

- Samedi soir, dans un bar du centre-ville.

- J'en suis, affirme Suigetsu.

Rapidement, Yahiko et moi confirmons notre présence également. Omoï semble assez content, si l'on en juge par son sourire.

- Je vous apporterai un tract, avec le nom du bar, et l'heure, affirme-t-il. Pas besoin de tenue particulière. C'est un petit bar tranquille qui passe beaucoup de jazz, en général.

- Même si, nous, on va quand même être sous pression, avoue Karui. C'est notre première scène comme ça. On a déjà joué en public, mais pas dans ces circonstances. Les gens ne venaient pas pour nous, c'étaient des sortes de soirées libres, où chacun pouvait prendre un micro à tour de rôle. Je ne vous raconte pas le délire pour réussir à faire monter Omoï sur cette fichue scène ! finit-elle dans un sourire.

Je ne le dis pas, mais c'est exactement comme ça que j'imagine mon ami, alors je n'ai aucun mal à le visualiser.

- Pourquoi avoir décidé d'organiser un évènement, alors ? demandé-je.

- Je connais ce bar depuis des années, réponds Omoï. Mon père nous y avait emmené une fois, parce que le jazz est son style de musique, mais aussi parce qu'ils proposent de quoi manger. Ils font des menus frites burgers maisons et il avait promis de m'y emmener. Depuis, j'ai progressivement commencé à y aller tout seul, avec l'accord de mon père, qui a demandé aux propriétaires si ça les gênait de garder un œil sur moi. C'est cet endroit qui m'a mis à la musique, et depuis le temps, je les connais bien. Ils ont toujours été les premiers à m'encourager dans la voie de la musique, alors ils n'ont même pas pris le temps de réfléchir quand j'ai proposé d'organiser un truc, et ça a pris des proportions énormes sans qu'on me demande mon avis.

- Tu dis ça comme si tu étais une victime, fait remarquer Karui, mais on sait tous que tu adores faire ça !

- Je ne nierais pas, confirme Omoï avec un sourire amer. J'ai juste peur que ça se passe mal, et ça me stresse.

Sans chercher à cacher le long soupir qu'elle n'a pu retenir, la jeune femme se tourne vers nous, cette fois.

- Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, Omoï est un cas désespérant de pessimisme.

- Oui, et toi, tu es une imbécile heureuse incapable de s'inquiéter, en plus d'être colérique et de complexer sur la taille de tes seins.

La réponse ne se fait pas attendre, et Omoï se prend un taquet derrière la tête, tandis qu'elle lui adresse un regard noir. Cela dit, au vu du sourire amusé de sa victime, c'est un sujet qui doit revenir souvent le tapis. Ils ont l'air proche, et on se sentirait presque de trop.

- Ne t'inquiètes pas, fait-je pour embrayer sur la suite. Je suis sûr que ça va bien se passer. Après un premier week-end sur des skis à braver la mort, tu survivras à une soirée sur scène.

Omoï hausse les épaules, pas convaincu.

- Au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, répète Suigetsu, Kiba est également un cas désespérant. Du genre drama-queen.

- Braver la mort, rien que ça ? ajoute Yahiko.

- Oh, c'est bon ! me rebiffé-je pour la forme. Plus sérieusement, Omoï, je pense vraiment que ça va bien se passer. Tu as l'air de t'être investi, donc il n'y a pas de raison.

Avec le sourire, il me remercie.

- Et puis dans le pire des cas, reprend Suigetsu, même si tu fais une fausse note, je ne suis même pas sûr que je saurais la reconnaître, alors promis, on ne se moquera pas !

Sa remarque tirant plus de la blague que d'autre chose, nous rions, chacun à notre niveau, puis nous passons à un autre sujet.

Samedi 1 février

La semaine s'écoule tranquillement, chaque jour se ressemblant, pour le meilleur comme pour le pire. Nous recroisons Omoï tous les jours, certains pour manger, d'autres juste le temps de la pause. La première impression que m'avait laissé Karui est la bonne, et c'est quelqu'un de fun à avoir dans son entourage. Toujours motivée pour faire un truc ou un autre, elle ne s'arrête jamais et, si ça peut paraître épuisant pour certains, j'adore ce genre de personnes. Nous avons également pu rencontrer officiellement Samui. Certes, nous la connaissions tous déjà de vue, puisqu'elle est surveillante dans l'établissement. Nos contacts avaient simplement été limité à celui demandé par sa fonction, et c'est donc à cette occasion que nous avons pu apprendre à la connaître. Plus vieille que nous de quelques années, c'est une jeune femme relativement grande, aux formes généreuses et au sourire charmeur. Enfin, en tout cas, elle plaît à Suigetsu, on l'a bien compris. Une coupe au carré blonde et de jolis yeux bleu viennent compléter un visage androgyne. C'est également la seule du groupe d'Omoï à ne pas avoir la peau foncée. Nous n'avons malheureusement pas eu le temps de beaucoup lui parler, mais elle agit un peu comme la médiatrice du groupe, plus calme et plus posée.

Omoï et son groupe ayant dû rejoindre le bar en avance pour les préparations, Suigetsu, Yahiko, et moi, nous rendons au Kumo de notre côté, les indications pour nous y retrouver en main. On le trouve dans l'une des vieilles rues de la ville. Pavée, étroite, et tortueuse, le trafic en voiture y est impossible, ou presque. Je n'étais jamais venu par ici, et c'est une nouvelle expérience assez sympa. Chez nous, nous n'avions pas de rues de ce genre, la ville étant trop récente. Sans surprise, nous croisons en chemin bon nombre d'étudiants sortis faire la fête, même si la plupart d'entre eux ont immanquablement quelques années de plus que nous. Je sais que ce n'est pas forcément écrit sur mon front, d'autant plus que Yahiko et Suigetsu ont l'air parfaitement à l'aise, mais avoir seize ans dans ce genre d'environnement, ça me met la pression, parce que je sais que je ne suis pas censé traîner dans un bar à mon âge.

Dans tous les cas, nous retrouvons notre destination sans complication. L'entrée est modeste et laisse supposer que l'endroit n'est pas bien grand. Après les négociations de Suigetsu pour qu'on nous laisse entrer – Omoï avait laissé nos noms à l'entrée – nous nous rendons compte très vite que la première impression était toutefois la mauvaise. L'intérieur s'étend en effet assez loin à l'intérieur, notamment dans le fond de la salle, qui est toute en longueur. À gauche, nous trouvons le bar, où deux hommes à la stature d'armoire à glace servent de barmans. La scène, plus grande que je ne l'aurais cru, est dans le fond de la salle, là où la pièce s'élargit. Autour, il n'y a aucune table pour laisser une petite masse de personnes s'approcher au plus prêt pour profiter de la musique. Partout ailleurs, on trouve des tables, pas toujours assorties, accompagnées par des chaises ou des tabourets, de manière arbitraire et apparemment aléatoire. L'endroit semble convivial, si l'on en croit la proximité de tous les emplacements, et les personnes déjà présentes parlent et rient fort. L'ambiance est à l'image du reste. Dans le quartier vieux de la ville, le matériau principal utilisé est le bois, d'énormes poutres apparentes parcourant le plafond, et une odeur de bière, mais aussi de délicieuses frites, flottent dans l'air. Comme souvent dans ce genre d'endroit, la musique est assez forte, mais pas trop, et même si je ne reconnais pas le morceau qui passe, je suis juste assez cultivé pour savoir que c'est du jazz, et il colle parfaitement à l'environnement. Pour l'instant, nous avons largement la place pour circuler sans trop de soucis, et mon regard scrute l'endroit à la recherche de têtes connues.

- Ils sont là-bas, dis-je assez fort pour être entendu de mes amis.

Le regard de Yahiko et Suigetsu suit mon doigt tendu vers un coin de la scène, et Suigetsu ouvre la marche. Omoï et son équipe, la tête dans les branchements de l'ampli ou des autres accessoires nécessaires à la soirée, ne nous remarquent pas. D'ici déjà, je devine que notre ami est beaucoup trop stressé.

- Hey ! les salué-je, détournant enfin leur attention.

Le visage crispé de mon ami laisse place à un sourire.

- Vous êtes déjà là ? est-il surpris. Vous avez de l'avance.

- Ce qu'il veut dire, reprend Karui, c'est qu'il est content de vous voir si tôt, parce que ça nous laissera le temps de manger ensemble.

Comprenant que sa remarque pouvait en effet être prise de travers, Omoï se rattrape.

- Oui, désolé, s'excuse-t-il. J'angoisse un peu, mais ça me fait plaisir de vous voir.

- Un peu ? répète Samui. Je ne veux pas savoir ce que c'est « beaucoup », alors. Il nous rend folles.

Destinée à détendre l'atmosphère, la remarque de la jeune femme atteint son objectif en nous faisant rire. Puis, alors que mon regard s'attardait sur l'équipement de la scène, une voix grave nous interpelle de derrière.

- Alors ce sont vos fameux amis, je suppose ?

Alors que je me retourne, je me retrouve nez-à-nez avec l'un des barmans baraqués. De près, il n'en est pas moins imposant, au contraire, mais je peux mieux le détailler. Assez grand, il partage avec Omoï la couleur de sa peau et de ses cheveux. Toutefois, les siens sont plus longs, et coiffés en arrière. Les sourcils fournis, ils possèdent également une barbichette et une moustache. Malgré les apparences, il a l'air quelqu'un d'abordable, si l'on en croit son sourire avenant.

- C'est ça, confirme Omoï. Voici Suigetsu, Kiba, et Yahiko, nous présente-t-il à tour de rôle. Quant à lui, il s'agit de A, l'un des propriétaires de l'endroit, et accessoirement aussi son barman.

- A ? répété-je, pas sûr d'avoir bien entendu.

- Oui, A, me répond Karui, amusée par ma réaction on ne peut plus normale. Lui et son frère, le deuxième barman, aiment qu'on les appelle A et B. Ne cherche pas, c'est comme ça, c'est tout.

- Okay, fais-je, mal placé pour critiquer les gens un peu marginaux.

- Et au passage, complète-t-elle, ils ne sont pas vraiment frères.

Retenant de justesse d'autres questions qui pourraient paraître malpolies ou maladroites, je choisis d'accepter les faits sans trop me poser de questions pour le moment.

- Sympa de votre part d'être venu soutenir le groupe, enchaîne A. Par contre, ne comptez pas sur moi pour briser les règles juste parce que vous êtes les amis de nos organisateurs de la soirée. Vous n'aurez rien qui contienne de l'alcool avant vos dix-huit ans.

Suigetsu retient difficilement un soupir, mais il accepte implicitement les conditions, content d'être là, comme nous tous.

- Et si on profitait du moment pour manger ? propose Samui. Il n'y a pas encore trop de monde, donc c'est le moment où jamais.

Même s'il est un peu tôt – nous sommes arrivés un peu après dix-huit heures – l'odeur alléchante du gras et de la viande qui flotte dans l'air fait gronder mon estomac. Je remercie d'ailleurs la musique qui couvre le chant de mon appétit vorace. Toutefois, je ne semble pas être le seul, car tout le monde accepte la proposition sans chercher à discuter, et A nous dirige vers une table aussi tranquille que possible. Pour faire simple, Omoï commande le fameux repas burger & frites pour tout le monde, après s'être assurés que personne n'y voyait à redire. A repart par une petite porte que je devine cacher la cuisine, tandis que la discussion reprend.

- C'est vraiment sympa de la part de ton père de t'avoir emmené ici, déclare Yahiko pour Omoï. L'ambiance est chouette et A semble sympa.

- C'est clair que ce n'est pas mon père à moi qui aurait eu l'idée de me faire visiter un bar, enchaine Karui. Mes parents sont tellement rigides sur certains sujets !

Sans chercher à cacher sa frustration, elle pousse un long soupir à fendre l'âme. Pour la soutenir, je lui offre un sourire désolé. Puis, dos au bar, je ne remarque qu'au dernier moment l'arrivée du deuxième barman qui se place juste à côté de moi.

- Salut, les gamins ! fait-il, enjoué. Alors, une petite boisson faite main ?

Me rappelant des informations données un peu plus tôt, je me rappelle qu'on l'appelle B, mais aussi qu'il n'est pas vraiment le frère de A. Cela dit, de près, je trouve qu'ils se ressemblent quand même beaucoup. Carrure, coupe et couleur de cheveux, ainsi que la couleur de la peau, sont les mêmes. La principale différence vient dans la présence d'une paire de lunettes sur le nez de B, ce qui n'est pas sans me rappeler un certain Shino. Maintenant, je peux surtout dire que c'est l'aura qui émane d'eux qui les sépare. B a l'air bien plus fou dans sa tête, si l'on considère sa manière de parler. En effet, il parle comme s'il chantait en rap, et au vu de la réaction des habitués, ça a l'air parfaitement normal. Sans oublier qu'il danse en même temps.

- Pas d'alcool, Suigetsu, le devance Yahiko en lui rappelant les règles. Je prendrais un soda au citron, peu importe la marque.

Je souris de voir la déception de Suigetsu, qui espérait sûrement essayer de jouer les charmeurs pour avoir sa bière. Puis, les uns après les autres, nous prenons notre commande.

- C'est noté, Timothée ! s'exclame joyeusement B en repartant vers le bar.

Là, je tique, et me tourne vers Omoï, qui me regarde avec un sourire, devinant la question qui arrive.

- Il parle tout le temps en rimes ? suis-je sidéré.

- Oui, avoue-t-il dans un rire. Et son amour pour le rap, même s'il est très mauvais, est connu, ici. On sait tout de suite quand c'est lui qui a choisi la musique dans le bar. Ses rimes sont également réputées pour être étonnamment mauvaises, la plupart du temps.

La tournure de ses phrases laissant clairement comprendre que le rap n'est pas très apprécié dans le coin, je ne dis rien. Cela dit, je suis tellement peu mélomane que du rap ou du jazz, personnellement, ça ne change rien pour moi. Je n'écoute de la musique quasiment jamais, pour ainsi dire, alors je n'ai pas d'avis sur la question.

- Comment va se passer la soirée, d'ailleurs ? demande Suigetsu. Vous passez quand ?

- Nous passons en premier, lui répond Samui. On a décidé que ce serait plus cool si on ouvrait le bal, comme Omoï a tout organisé.

- Vous ne l'avez pas aidé ? me joigné-je à la conversation.

- Ola, non, dément tout de suite Karui. Samui était occupée avec ses études à côté de son boulot, et mon sens de l'organisation se résume souvent à crier sur tout et tout le monde, alors j'ai été dispensée de cette tâche.

- Et bien, suis-je impressionné. Bien joué, mec !

Omoï accepte le compliment, mais je vois bien qu'il n'a pas l'air si sûr que ça de lui.

- Il faut encore que ça se passe bien, lâche-t-il à mi-mots.

- Ne sois pas si défaitiste ! le reprend Suigetsu. L'endroit est cool, les patrons te connaissent, et si tu es là, c'est que tu as mérité ta place.

Comprenant que ce n'est pas tant une exception qu'un de ses traits de caractère, je suis heureux de voir Suigetsu apporter son soutien à notre ami.

- Et toc ! enchaîne Karui. Tu vois bien, il n'y a que toi qui n'y crois pas, Omoï ! Tiens, prends une sucette, ça ira mieux.

Amusé de voir qu'elle a un stock de sucrerie sur elle pour les cas extrêmes, j'observe l'adolescente qui fourre presque de force la confiserie dans la bouche de son ami.

- Avant le repas ? demande Omoï, amusé lui aussi. D'habitude, vous râlez quand je fais ça.

- Il y a des cas d'urgences majeures, se justifie-t-elle simplement.

Après ça, la conversation embraye sur des sujets divers, et même moi, je devine que tout le monde fait de son mieux pour essayer de distraire Omoï et l'empêcher d'angoisser.

À un moment, le repas arrive, et je dois reconnaître qu'on ne m'avait pas menti sur la marchandise. Je ne sais pas s'il y a un cuisinier à l'arrière, mais je pars du principe que A est particulièrement rôdé sur cette recette, parce que ça envoie du lourd ! Puis, le repas englouti, le groupe repart à l'arrière de la scène pour préparer leur passage. Le bar a entre-temps eu bien le temps de se remplir, et nous connaissons à être un peu à l'étroit. Pour moi qui apprécie l'ambiance des boîtes de nuit, ce n'est pas un problème, et vu l'aisance de mes amis à naviguer dans la foule, je parie que je ne suis pas le seul à avoir mis le pied dans ces évènements avant l'âge autorisé.

Sans avoir besoin de nous concerter, Suigetsu, Yahiko, et moi, nous avançons vers la scène dans l'espace réservé au public, avant qu'il ne soit trop peuplé. Quitte à être ici, autant soutenir nos amis du mieux possible. Honnêtement, cela dit, malgré tous mes encouragements, je commence à avoir le trac pour eux. Je ne pense pas que ça aidera qui que ce soit de le savoir, donc je me tais, mais j'espère vraiment que les retours seront bons. En tout cas, les personnes aux alentours ont l'air d'être dans de bonnes dispositions, et avoir un public de bonne humeur ne peut qu'aider.

Finalement, A annonce le début de l'évènement, et enjoins ceux qui sont intéressés à se rapprocher du fond de la pièce. Omoï, Karui, et Samui, font leur apparition sur scène, le public les accueillant chaleureusement. B va encore plus loin en hurlant de nouvelles rimes tout aussi mauvaises que les précédentes, ce qui fait rire tout le monde, et contribue même à faire sourire Omoï, jusque-là bien trop crispé. Pendant qu'ils se préparent, Omoï s'approche de l'avant de la scène pour descendre le niveau du micro – il n'a jamais été spécialement grand – et, anxieux, provoque ce petit son strident qui arrive lorsqu'on malmène un micro. Il s'excuse de suite, plus tendu que jamais. J'entends quelqu'un dans le public l'encourager en lui disant que tout va bien, et je suis vraiment agréablement surpris de voir la bienveillance des clients du bar. Certes, nous ne devons être qu'une cinquantaine dans le bar, et A comme B ne me donnent pas l'impression d'être tolérants sur le manque de respect aux artistes, mais il y a un fossé entre ça et tenter de rassurer quelqu'un qui a l'air mal à l'aise sur scène. Puis, après avoir vérifié que tout était prêt avec ses acolytes, Omoï prend le micro en main.

- Merci à tous d'être présents, commence-t-il. Sans vous faire plus attendre, notre groupe, Lightning, ouvre le bal. Et inutile de chercher des fruit et légumes pourris à nous jeter au visage, parce que j'ai demandé à A de les planquer pour notre passage.

Sa réflexion fait rire le public, moi compris, et si ça ne suffit pas à le détendre complètement, on voit qu'il est tout de même heureux d'être là.

- Nous allons faire quelques covers, mais il sera également l'occasion de découvrir deux chansons que nous avons faites pour l'occasion. J'espère que vous passerez un bon moment !

Des applaudissements doublés de sifflements les accompagnent alors qu'Omoï se tourne vers Karui, à la batterie, en attendant son signal de départ. Lorsque les premières notes s'élèvent, le silence se fait dans le public.

Encore une fois, je n'y connais clairement rien en musique. Cela dit, mes oreilles aiment ce qu'elles entendent. La première musique est une originale, et la voix d'Omoï semble légèrement éraillée au début à cause du trac, mais son entraînement reprend rapidement le dessus. Samui, derrière lui, possède plusieurs instruments autour d'elle, dont certains me sont inconnus, jonglant entre eux avec maîtrise, tandis que Karui semble s'amuser comme une folle sur son instrument. En tout cas, difficile de ne pas sentir qu'ils aiment ce qu'ils font. Le morceau est rythmé, choisi spécifiquement pour chauffer la salle, et la voix d'Omoï est, à ma grande surprise, bien plus agréable à l'écoute que je ne l'aurais pensé. Il parvient à couvrir différents octaves, partant d'un son particulièrement grave pour aller vers quelque chose de plus aigu, et je suis impressionné par sa technique. En jetant un œil autour de moi, je vois d'ailleurs que Yahiko partage mon ressenti et ne s'attendait pas à ce niveau non plus. Ils ne sont certainement pas des prodiges de la musique, mais on mentirait en disant que ce n'est qu'un passe-temps pour eux. Suigetsu, lui, fidèle à lui-même, fait partie du groupe qui chante à tue-tête – à base de « lalala » – sur l'air de la musique, entraînant à sa suite certains plus timides. L'un dans l'autre, c'est en tout cas une jolie prestation qui est récompensée par plusieurs cris et encouragements à la fin de leur première chanson. Clairement heureux de cet accueil, et dans leur élément, les membres du groupe échangent un regard complice, tout sourire, avant d'enchaîner avec la musique suivante.

Une demi-heure plus tard, c'est un Omoï en sueur qui remercie le public de leur accueil, avant d'annoncer le nom du prochain groupe. Puis, ils quittent la scène tous les trois, visiblement heureux de l'expérience. Un duo de femmes au style émo-punk, plutôt jolies, prend leur suite.

- C'était vraiment trop cool ! s'exclame Suigetsu dès que les membres de Lightning sont à portée. Vous touchez vraiment à plein de genres. Rock, jazz, quelques inspirations intelligentes de pop ou de metal. Tu es même capable de faire du rap, Omoï ! Et entre nous, tu te débrouilles mieux que B, mais ne le lui répétez pas.

- Je pense que si je me savais être moins bon que lui, je n'aurais jamais pu monter sur scène, avoue-t-il, amusé de la réflexion de Suigetsu.

- Merci, en tout cas ! s'emporte Karui à son tour. Ne vous inquiétez pas, en tant que mes premiers fans, je me rappellerai de vous-même lorsque je serai riche et célèbre.

- C'est cool que ça vous ait plu, surenchérit Samui, plus posée que les autres, comme toujours. En tout cas, je me suis bien amusée !

- On a vu ça, affirme Yahiko. Je pense que ça fait partie de la raison pour laquelle on a passé un si bon moment. Vous aviez l'air au taquet !

Faisant mine d'être une jeune fille timide, Karui cache son visage dans ses mains, même si on sait tous qu'elle adore ces compliments.

- Par contre, reprend Omoï, je vais devoir vous laisser. L'un des groupes est encore absent, alors je vais devoir m'occuper de passer quelques coups de fils. Je vais aussi devoir remonter sur scène pour faire le lien entre chaque groupe, alors installez vous dans un coin tranquille, je viendrais quand je peux.

- Dis-nous si on peut faire quelque chose, précisé-je alors qu'il s'éloigne déjà.

Il me remercie, puis prend la direction de la sortie, probablement pour avoir un peu de calme. Karui et Samui se font aborder plusieurs fois sur le chemin jusqu'à notre table, parfois pour leur qualité de femme, mais souvent pour les féliciter sur leur passage, ce qui a l'air de leur faire outrageusement plaisir, et j'en suis heureux pour elles. Je remarque lorsque l'on s'assoit que le public n'a pas diminué et que l'ambiance est toujours à son sommet devant la scène. Les deux jeunes femmes ayant été choisies par Omoï, ça ne devrait pas m'étonner, mais leur musique est sensiblement du même niveau que le leur, et mes oreilles continuent d'apprécier ce qu'elles entendent.

[…]

Comme Omoï l'avait annoncé, nous n'avons hélas pas beaucoup l'occasion de le revoir de la soirée. Il repasse en coup de vent de manière régulière, mais la soirée se termine avant qu'il ait vraiment eu le temps de se poser. Cela dit, sa fatigue au moment de partir n'a d'égale que sa bonne humeur, tout l'évènement ayant eu un retour plus que positif de la part du public. Le groupe en retard a toutefois mis la pression à Omoï toute la soirée, l'obligeant à les harceler au téléphone un sacré moment. Clairement, même sans voir son air contrarié, on avait pu deviner qu'ils ne retravailleraient pas avec ce groupe. Ils sont certes talentueux, peut-être même encore plus que les autres, mais Karui les a décrits en disant qu'ils avaient « bien pris le melon ». Des cinq groupes qu'on a pu entendre, ils sont les seuls pour lesquels je ne ferais pas de la pub, en tout cas, c'est clair !

Le côté sympa, en revanche, aura été que nous avons eu toute la soirée pour apprendre à connaître Samui. Elle suit des études en musicologie, qu'elle paye en partie grâce à son boulot de surveillante. En tout cas, elle est plus posée que Karui, certes, mais elle n'a pas sa langue dans sa poche, et elle a envoyé sur les roses le seul mec qui a eu l'audace de l'approcher comme si elle voudrait forcément de lui.

En somme, même s'il est tard et que je suis épuisé, moi aussi, j'ai vraiment passé un bon moment, et j'ai bien ri. Je suis bien content d'avoir fait le déplacement ! Et on reviendra la prochaine fois, c'est clair.

- Encore merci d'être venu, et à la prochaine ! s'exclame Omoï lorsque nous nous dirigeons vers la sortie.

Un dernier signe de main pour le saluer, nous passons la porte. Dehors, je ne retiens pas un long bâillement qui amène mes amis à faire de même.

- Je ne m'étais pas couché si tard depuis un moment, confie Yahiko. Surtout que je me suis levé à cinq heures pour aller bosser ce matin.

- Rude, compatis-je. Mais si tu pouvais arrêter de dire des choses si horribles, ce serait bien. Imagine que je cauchemarde que je doive me lever à cette heure-là, moi aussi. Pense à moi, mec.

Yahiko rit, accompagné de Suigetsu.

- Dans un sens, il a raison, surenchérit ce dernier. Le simple fait d'y penser me file le bourdon.

- Ne vous inquiétez pas, nous rassure l'intéressé. Demain, on dort !

Je lève les bras au ciel en lâchant un « Yay » prononcé.

- Allez, on y va, enchaîne Yahiko sans attendre. Il faut marcher pendant un quart d'heure pour arriver chez moi, mais les lits sont déjà prêts pour tout le monde, donc on pourra mettre à profit vos compétences en grasse matinée dès qu'on sera rentrés.

Sans un mot – trop fatigués pour le contrarier – Suigetsu et moi emboîtons le pas à Yahiko. En effet, ce soir, on a décidé qu'il serait plus simple d'aller dormir chez lui tous les trois, son appartement étant bien plus proche que nos logements respectifs. Autant dire qu'on n'a pas hésité longtemps face à sa proposition spontanée en sachant que ça pourrait nous faire gagner une demi-heure de sommeil. D'autant plus que, comme Yahiko, ça commence à faire un moment que je ne me suis pas couché si tard, moi aussi. Allez ! Confortable dodo, me voilà ! Le monde ne saurait nous séparer bien plus longtemps encore, tant notre amour est fort.

Hé. J'avais bien dit que je faisais dans le mélodramatique, non ?

Fin du chapitre 30 !

*ti ti li li ti tiiiiii ! *

Sous vos yeux ébahis s'affiche alors...

~°~ SHIKAMARU IS ALWAYS RIGHT ! ~°~

...

Sehaltiel : Fiooooou ! Ben ça fait plaisir d'être de retour par ici ! Mais il ne manque pas un truc ? Je ne sais pas, ça fait trop longtemps que je ne suis pas venu, mais ça me semble un peu calme.

Shikamaru : #derrière Sehaltiel, en tenue de soubrette pour l'occasion# Et bien ça fait plaisir de se sentir aimé. Déjà qu'on m'oublie dans l'histoire, mais en plus, même toi, tu me snobes, maintenant.

Sehaltiel : #se retourne brusquement# Oh, mais oui ! Voilà, ça manquait d'un génie incompris qui aime râler !

Shikamaru : En plus, je faisais même des efforts pour mes fans.

Sehaltiel : Ah oui, maintenant que je t'entends te plaindre, je me rends compte que ma vie n'était pas complète sans ça. Maintenant, je me sens vraiment comme à la maison.

Shikamaru : #va s'asseoir quand même# … Est-ce que tu m'écoutes, au moins ? J'ai des revendications, là !

Sehaltiel : Oui, évidemment. Difficile de faire autrement.

Shikamaru : Et… ?

Sehaltiel : Ben rien. Si j'étais une œuvre de charité, ça se saurait. Si tu arrêtais de te plaindre, tu ne serais plus toi-même, ce serait triste !

Shikamaru : Je commence à me dire qu'on m'aime pour les mauvaises raisons. Entre ceux qui m'aiment parce que je râle et ceux qui s'obstinent à me croire gay, je n'ai pas l'impression que mon génie soit compris.

Sehaltiel : On sait tous que tu aimes faire ton intéressant, Shikamaru. Et puis on est pas là pour débattre sur de la philosophie. On veut des potins, du sexy, et de l'humour. Tu peux faire les trois en même temps, donc c'est pas mal.

Shikamaru : … Envoyez le générique, il faut que je retourne voir mon psy.

Sehaltiel : Oh, chouette ! On aura quelque chose à dire la prochaine fois, comme ça ! Allez, vite, on lance le générique !

*ti ti li li ti tiiiiii ! *