Deux mois plus tard.

John était parti dans la nuit, en direction de San-Antonio. L'autorisation de voir enfin son fils trônait sur le siège passager. Son état d'esprit était torturé entre l'impatience et l'inquiétude. Mary avait refusé de venir le voir. Espérons qu'Éric ne lui pose pas de question à ce sujet. Il ne voulait pas ajouter ce poids à son fils.

Le boot camp était désormais en vue. John avait l'estomac noué. Le camp ressemblait à une prison carcérale. Il n'y avait aucun moyen de voir le moindre mouvement à l'intérieur de cette immense bâtisse. Et Éric était à l'intérieur.

John se présenta à l'accueil avec ses autorisations de visite. La secrétaire le fit attendre jusqu'à la venue de l'homme, qui avait emmené son fils, avec tant de violence et de mépris, il y a trois mois maintenant.

Officier Mulet : bonjour Mr Taylor, vous avez fait bonne route ?

John : l'arrivée n'était pas des plus agréable. Ce camp n'est rien d'autre qu'une prison. N'est-ce pas ?

Mulet : vous avez raison, le boot camp de San-Antonio est implanté dans l'enceinte d'une prison désinfectée du 19e siècle. Vous voulez faire le tour du bâtiment ?

John froid : je veux voir mon fils.

Mulet : mais vous allez le voir, ne vous inquiétez pas. Le pensionnaire Taylor n'a pas encore fini ses corvées. Donc, en attendant, nous allons discuter un peu dans mon bureau.

John : corvées ?

Mulet : ici, nous responsabilisons nos pensionnaires dans les tâches quotidiennes.

John : c'est de l'exploitation de mineur ni plus, ni moins !

Mulet : Mr Taylor, notre rôle est de transformer votre délinquant de fils, en un bon citoyen Américain. Les tâches quotidiennes comme le ménage, la cuisine, l'entretien des locaux font partit des normes de la vie en communauté. Je n'ai pas à me plaindre de votre fils sur cette partie du stage, mais plutôt sur la partie militaire et le respect de mon autorité.

John : Éric respecte les personnes avec qui, il a confiance. Si j'étais à ça passe, je ne vous respecterai pas non plus. Vous êtes méprisant Monsieur Mulet.

Mulet : faites bien attention à ce que vous dites Monsieur Taylor. J'ai encore le droit de vous refuser cette visite.

John : et je n'hésiterai pas à en informer Monsieur le juge. Maintenant, je veux voir mon fils Monsieur Mulet.

Mulet s'adressa à son bras droit : allez me chercher le pensionnaire Taylor immédiatement. Éric apparut, dans le bureau, 10 minutes plus tard. Il se mit au garde-à-vous devant l'instructeur Mulet.

Mulet : pensionnaire Taylor, au repos. Votre père est ici. Je vous accorde 1 h.

Mulet ce leva de son bureau, il s'approcha d'Éric et lui chuchota à l'oreille : « Je serai juste à côté, j'entendrai tout ce que vous dites. Vous êtes prévenu ». Et il quitta la pièce, laissant le père et le fils, enfin seul.

John ne s'était pas préparé à ce qu'Éric le prenne dans ses bras. Éric le serait tellement fort, comme la fois, ou il l'avait retrouvé, après qu'il se soit perdu dans les bois, des heures durant. John ressentait une tension musculaire dans le corps de son fils, mêlant la peur et la douleur. Mais ce qui l'effrayait le plus, c'était la maigreur, encore aggraver, de son fils.

Éric se retira, soudain gêné par ce moment de faiblesse.

John : qu'est-ce qui se passe ici Éric ?

Éric nerveux : mais rien du tout. Qu'est-ce que tu vas t'imaginer ?

John : tu sembles ici, sans être ici pour autant. Parle-moi Éric ! Qu'est-ce qui te fait peur ici ? Qu'est-ce qui se passe bordel ?

Éric : penses-tu que je suis digne de notre pays ?

John abasourdit : quoi ? C'est quoi cette question ?

Éric : penses-tu que je peux devenir quelqu'un de bien papa ?

John : mais tu es déjà quelqu'un de bien, fils !

Éric : je regrette tellement mon mauvais comportement avec toi et maman. Vous m'avez donné la vie, vous m'avez donné de l'amour, vous m'avez donné de votre temps. Et moi, en échange, j'ai douté de vous, je vous ai haï. Je suis une honte comme fils. Maman a bien eu raison de ne pas venir. Tu devrais partir aussi. Je ne mérite pas ta visite.

Éric se leva doucement de sa chaise, prêt à partir. John le rattrapa par le bras.

John : je t'interdis de baisser les bras, tu m'entends ! Putain, qu'est-ce qu'il t'on fait ici ? Tu étais si sûr de toi, si déterminer a t'en sortir. Aujourd'hui, je ne te reconnais plus Éric. Tu as l'air si …si absent, sans âme, comme si tu étais un simple pantin qu'on devait diriger par nous-même. « Monsieur Mulet, venez ici ! Qu'est-ce que vous avez fait à mon fils ? »

Éric : papa, s'il te plait, écoute-moi attentivement. Ce stage est une mise à l'épreuve. Je fais un travail sur mon fond intérieur et ce n'est vraiment pas joli à voir. Notre instructeur ne cesse de nous répéter les commandements d'un bon citoyen américain. J'en suis loin, mais l'officier Mulet nous montre la voie à suivre. Ce stage est très dur, aussi physiquement que mentalement, mais c'est pour mon bien. Si j'arrive au bout du stage, c'est que j'aurai réussi à être digne de notre beau pays, et je me battrai pour me construire un avenir. Promesse.

John hors de lui : c'est quoi ces conneries ?

Mulet débarqua dans la pièce : ici, nous appliquons l'éducation militaire. Et la première chose que l'on apprend à nos recrus, c'est le respect pour notre drapeau. Tout citoyen américain devrait être prêt à mourir pour son pays. Le pensionnaire Taylor a très bien compris ce qu'on attendait de lui. Votre fils est ici pour réparer ses outrances à notre beau drapeau.

John autoritaire : Éric, tu rentres avec moi, dès aujourd'hui.

Mulet : Mr Taylor, je vous demanderai de sortir d'ici. Maintenant !

John : je ne sortirai pas sans mon fils ! Je ne le laisserai pas une minute de plus avec des fous comme vous. Vous êtes en train de le détruire !

Mulet : au contraire Mr Taylor. Notre travail consiste à rééduquer nos pensionnaires. Et l'éducation passe par le patriotisme, et les valeurs militaires. Votre fils sera méconnaissable quand il sortira de notre Boot camps.

John : vient Éric, nous partons.

Éric : papa, je suis touché que tu t'inquiètes pour moi, mais tu m'as appris à toujours aller jusqu'au bout de chose. Tout ira bien. Promesse.

John surpris : mais…je

Éric : il est temps de partir maintenant papa. Occupe-toi de maman.

John : quoi ?

Éric : je ne suis pas idiot, si maman n'est pas là, c'est que vous vous êtes disputé à cause de moi. Tu pourras dire à maman que je veux réparer les choses entre nous.

John : je… je lui dirai.

Éric : tu peux dire aussi à Tami que je pense fort à elle.

John : tu es sûr de ne pas vouloir rentrer à la maison avec moi ?

Éric : tout à fait sûr. Je vous aime maman et toi. On se voit bientôt, promesse.

John finis par partir, non sans ressentir de la culpabilité.

L'instructeur Mulet : je suis vraiment fière de vous pensionnaire Taylor. Quel pouvoir de persuasion ! Même moi, j'y ai cru.

Éric : c'est bien ce que vous vouliez, non ?

Mulet : vous m'épatez de jour en jour. Vous avez définitivement gagné tout mon respect. Vous pouvez disposer pensionnaire Taylor