Chapitre 22
Le mariage
Le dimanche 6 février 2000
Alors qu'il faisait déjà nuit et que la fête battait son plein, Léna réapparut à distance raisonnable de la salle des fêtes où avait lieu le mariage. En comparaison des derniers mois, elle était méconnaissable. Exit les jean-basket, elle avait enfilé une magnifique robe longue mettant en avant sa silhouette longiligne. Le vert émeraude de la robe faisait ressortir ses yeux. Ses cheveux étaient bouclés et retombaient sur ses épaules avec élégance.
Un seul élément manquait à l'appel pour qu'elle puisse faire son entrée : George. Elle le chercha du regard dans l'obscurité mais elle ne l'apercevait nulle part. Elle finit par se dire qu'il avait oublié la différence de fuseau horaire entre les deux pays. Cependant George apparut quelques secondes plus tard. Léna ne put masquer sa surprise en le découvrant dans un costume impeccable. Il portait un nœud papillon vert émeraude – hasard ou signe du destin ? La jeune femme retrouva néanmoins vite ses esprits.
– Tu es en retard, fit-elle remarquer.
– Comment ça ? Je suis pile à l'heure.
– A quelques secondes près.
– Non mais tu rigoles ?
– Quelqu'un de galant serait arrivé en avance, pour éviter de me faire attendre.
George éclata de rire.
– Bon, assez plaisanté, conclut Léna. Si on entrait en scène ?
George fit une petite courbette et proposa sa main à Léna, comme dans les films.
– Alors, je ne suis pas galant, apparemment ?
– Disons que c'est un peu mieux. Poursuis tes efforts.
Tous deux s'avancèrent vers la porte et passèrent à côté des fumeurs qui ne leur accordèrent même pas un regard. Jusqu'ici, ils avaient l'air de passer inaperçus. Ils découvrirent une salle magnifiquement décorée. Les couleurs du mariage semblaient être le doré et le rouge. On retrouvait ces couleurs à peu près partout : des serviettes de tables jusqu'aux ballons de baudruches. Cela rappela à George Gryffondor, sa maison à Poudlard.
Quand Léna aperçut les mariés à quelques mètres d'eux, elle entraîna George à couvert. Elle réalisa au dernier moment qu'elle venait de le faire entrer dans les toilettes des femmes. Heureusement pour eux, elles étaient vides.
– Tu m'expliques pourquoi tu m'as emmené ici ? demanda George en haussant un sourcil.
– Les mariés étaient justes là. Si on se fait déjà repérer, ça craint, tu ne trouves pas ?
– Ouais, mais tu réalises que ça va être compliqué d'éviter les mariés toute la soirée ?
– Honnêtement, j'avais cru que ce serait plus facile de se fondre dans la masse. Je me suis peut-être trompée. Espérons qu'avec un peu d'alcool dans le nez, personne ne fasse attention à nous.
– On y retourne ou on reste dans les toilettes ? Si quelqu'un débarque ici, tu te doutes bien qu'on aura l'air plutôt suspect.
– Bon, ok. Allons voir ce qu'il se passe.
Léna poussa la porte des toilettes et se glissa lentement dans le couloir. Un sourire apparut sur son visage. La chance semblait être avec eux car une grande majorité d'invités se trouvait désormais sur la piste de danse.
– C'est notre chance, allons les rejoindre, murmura-t-elle à George.
– Je ne le sens pas, mais allons-y, concéda George.
Léna attrapa la main de George et ils se glissèrent sur la piste de danse. La musique était enjouée et leur arrivée au milieu des invités passa comme une lettre à la poste. Léna laissa son corps bouger en rythme avec la musique. Elle éclata de rire face aux pas de danse de George.
– Lâches toi un peu, lui cria-t-elle presque à l'oreille, tant l'enceinte était proche d'eux.
– J'ai pas la tête à danser, se défendit-il.
– Tu as juste à te laisser aller, ton corps fera le reste, lui conseilla-t-elle.
Au fil des musiques, George se détendit un peu. Léna et lui commençaient véritablement à s'amuser. Ils ne pensaient plus au reste, simplement à l'instant présent. Quand les notes d'un slow retentirent, contrastant avec la musique précédente aux sonorités africaines, Léna et George s'observèrent avec de grands yeux incertains.
Finalement, Léna éclata de rire et se rapprocha de George.
– Maintenant qu'on est là, autant jouer notre rôle jusqu'au bout, déclara-t-elle.
Léna passa ses bras autour du cou de George et celui-ci n'eut d'autre choix que de placer les siennes sur les hanches de son amie.
– C'est moi ou c'est un peu gênant cette proximité physique ?
La jeune femme pouffa.
– Un peu, je l'admets.
– Tu crois que…
– Attend, les mariés se rapprochent ! lui chuchota-t-elle dans l'oreille. Ne te tourne pas.
Quant à Léna, elle cacha son visage contre l'épaule de George. Le marié jeta un coup d'œil vers eux l'espace d'un instant mais sa femme l'appela et cela détourna son attention.
Léna jeta un coup d'œil et fut soulagée en les voyant déjà s'éloigner.
– On a eu chaud ! souffla-t-elle.
La soirée se poursuivit et Léna et George dansèrent jusqu'à ce que leurs jambes fatiguent. Cependant, ce qui devait arriver finit par se produire. Alors que Léna se laissait emporter par la musique, elle percuta malgré elle un autre invité. Un invité qui se révéla être la mariée. Celle-ci observa son visage avec curiosité.
– Je ne crois pas qu'on ait été présentées.
– Euh… Je suis une cousine éloignée de Martin. Encore toutes mes félicitations pour votre mariage. Je suis désolée, je dois filer aux toilettes, j'ai une petite urgence, ajouta-t-elle avec une grimace.
Léna fila tandis que George, témoin de la scène, se dirigeait discrètement vers la sortie. La mariée fut intriguée par cette soi-disant cousine, mais son attention fut rapidement détournée quand un invité – réel, lui – l'invita pour un selfie.
Profitant de cette occasion, Léna s'éclipsa et partit rejoindre George à l'extérieur. Ils s'éloignèrent tous les deux en pouffant comme des ados. Ils s'arrêtèrent quand ils furent hors de vue.
– Honnêtement, on a tenu plus longtemps que je ne le pensais, fit remarquer George.
– J'ai eu la peur de ma vie quand je me suis retrouvé face à elle, vraiment.
– Tu n'es pas habituée à faire des choses « interdites ». Ça c'était du pipi de chat. C'est tout un art, tu sais ? Ça s'apprend.
– Pfff. Ce n'est pas le tout mais il fait rudement froid. Si on rentrait ?
– C'est toi le boss.
– George ?
– Oui ?
– C'était vraiment cool. J'ai passé un bon moment. Merci.
– C'était ton idée répliqua-t-il. Merci à toi.
– Sans toi, ça n'aurait pas été pareil. De toute façon, je n'aurais jamais fait ça sans toi.
– J'ai une mauvaise influence, je crois.
– Non, c'est tout le contraire, rétorqua Léna. Grâce à toi j'ose faire des choses qui m'auraient été impensables avant. Je suis contente de t'avoir dans ma vie.
Un frisson parcourut le dos de Léna.
– Bon, j'ai vraiment, vraiment, froid. Rentrons, déclara-t-elle en saisissant le bras de George.
Un sourire sur les lèvres, Léna et George disparurent alors dans la nuit.
Voilà pour ce chapitre !
Juste un petit message pour remercier ceux qui me lisent, et notamment Millidred pour tous ses commentaires, mais aussi pour vous informer que la fin de l'histoire approche doucement mais sûrement !
Il reste cependant encore quelques chapitres avant cela (précisément cinq après celui-ci), puis un épilogue.
En attendant, je vous dis à mercredi pour la suite (avec un chapitre plus long que celui-ci) !
