Chapitre 29 : Découvertes et mises en garde
L'idée d'être en vacances de fin d'année était une bouffée d'air frais pour les élèves. Mais la réalité était toute autre, puisqu'une fois en dehors du cadre de Poudlard, tous se voyaient confrontés à ce monde en déclin et à la peur constante d'une nouvelle attaque du Lord noir. Beaucoup plus d'élèves qu'à l'accoutumée étaient restés au château cette année là, certains parents y voyant là un lieu plus sûr que leur propre maison. D'autres, comme ceux des jumelles Patil par exemple, préféraient voir leurs enfants à leurs côtés.
Astoria Greengrass avait invité Emma à passer les vacances chez elle, ce que la Serdaigle avait accepté avec plaisir. Le plaisir fut également pour son grand-père et sa mère, qui la félicitaient pour ses nouvelles relations avec des Sang-pur.
Le matin des vacances, juste avant qu'elle ne rejoigne l'Angleterre, Emma avait reçu une missive de son fiancé, qui en quelques mots griffonnés à la hâte, lui intimait de ne pas lui écrire durant la pause scolaire.
Ne m'écris pas pendant les vacances.
S'il te plait.
Il n'y avait eu ni signature, ni mots tendres. Juste cet ordre qu'il lui priait de respecter. Cette marque de presque supplication avait poussé la jeune fille à obéir à Drago. Mais pourquoi le jeune homme ne voulait-il pas recevoir de lettres de sa part ? Même un simple « Bonnes fêtes de fin d'année. ». Evidemment, ce qui les liait était caché aux yeux de tous, mais pas à ceux de sa famille... D'ailleurs, « sa famille » n'était désormais composée plus que de sa mère. A cette pensée, Emma songea soudainement à Bellatrix Lestrange, la tante de Drago. Certainement devait-elle leur rendre visite, malgré sa condition de prisonnière en fuite. Ce serait tout de même tordu de vouloir cacher leur relation à sa tante...
Le Poudlard Express s'en était allé et Emma s'était retrouvée à partager le compartiment de Padma, Michael, Cho et quelques amies à elle. A la moitié du trajet, alors que tous les autres étaient en grande discussion sur les derniers résultats des matchs de Quidditch de Grande-Bretagne, Emma décida de sortir prendre un peu l'air, autant qu'il lui était possible sur un train en marche. La jeune fille se dirigea vers la dernière rame du train afin de pouvoir ouvrir la fenêtre à la droite de la porte où il était marqué « Danger ». Par moment, elle aimait se poster ici et passer sa tête par la vitre ouverte en ressentant plus que jamais la vitesse du train. Etant en bout de l'engin, il s'agissait du seul endroit où l'on n'était pas gêné par la force du vent.
- C'est dingue cette faculté que tu as de tomber sur moi, fit une voix trainante sortie de nulle part, qui fit sursauter la jeune fille qui poussa une exclamation.
- Oh Merlin, Drago, tu m'as fichue une de ces trouilles ! s'exclama Emma qui aperçut le Serpentard à l'extérieur, assis contre la porte, les pieds posés contre la barrière de sécurité au delà de laquelle les rails s'éloignaient incessamment à perte de vue. Qu'est-ce que tu fais là, c'est dangereux !
- Comme ça si je meurs, tu seras libre de te marier avec qui tu veux, lâcha le blond d'un air presque résolu.
- Ca ne va pas la tête ! Ne me dis pas que tu veux te jeter dans le vide ! s'affola la jeune fille en provoquant le rire jaune de Drago.
- C'était de l'ironie, Emma, déclara-t-il, fixant toujours le lointain horizon qui s'échappait au fur et à mesure que le train avançait.
- Pourquoi tu m'évites ? demanda directement la Serdaigle avant qu'elle n'en ait plus l'occasion.
- Tu as reçu mon mot, ce matin ? répondit-il par une autre question.
- Je te jure que si tu ne réponds pas à ma question, je te harcèlerais de lettres que tu me l'interdise ou non, rétorqua Emma mécontente.
- Je pensais que tu aurais compris.
- Compris quoi !
- Que l'on ne peut plus se permettre de se voir en douce, avoua-t-il avec évidence.
- Et pour qu'elle raison ?
- Parce que c'est lassant.
- Je te demande pardon ? s'offusqua-t-elle en descendant son regard vers lui.
- Oui, s'embrasser, se tripoter, au bout d'un moment on s'en fatigue.
- Tant que tu y es, ajoute aussi que maintenant que tu m'as eue dans ton lit, il n'y a plus grand chose à découvrir, cracha la jeune fille avec mauvaise humeur.
- Je pense qu'il y a de ça aussi. Il n'y a plus de challenge... C'est pour cette raison que je voudrais que tu cesses de tenter de m'intercepter, continua-t-il avant qu'elle ne puisse répondre quelque chose.
- Bien sûr, tu voudrais avoir le champ libre pour aller à la Salle sur demande, attaqua Emma en avouant ce qu'elle avait deviné. L'effet recherché fut atteint car le Serpentard tourna brusquement la tête vers elle.
- Qu'est-ce que tu racontes ? répliqua lentement Drago en l'observant.
- Ta petite escapade hier soir était de trop. J'ai soudainement trouvé que je t'avais trop souvent croisé au niveau du septième étage, expliqua Emma avec une légère pointe de fierté dans la voix.
- Tu as trop d'imagination, se contenta-t-il de répondre en se levant et en s'agrippant à la barrière pour ne pas tomber.
- Je te laisserais tranquille, si c'est ce que tu veux, promit-elle d'une voix dure. Mais je sais que tu me caches quelque chose, Drago.
Il ne lui répondit pas, se contentant de la fixer d'un regard sombre mais indéchiffrable. Puis il ouvrit la porte et regagna l'intérieur du train. Emma entendit ses pas s'éloigner. Elle resta là encore quelques minutes, le temps de se vider l'esprit. Pour le moment, elle ne voulait plus penser à lui, cela devenait un peu trop tortueux. Il y avait trop de choses qu'elle ne comprenait pas, qu'elle ne croyait pas.
Quand elle eut assez de la fraicheur de l'hiver, elle referma la fenêtre et s'en alla rejoindre ses amis. Avec Michael, ils n'avaient plus jamais vraiment parlé de ses fiançailles, mis à part quelques petites remarques implicites de la part du Serdaigle. Alors qu'elle s'avançait dans le couloir, elle fut interpellée par Daphné, qui, l'ayant vu passer devant son compartiment, s'était empressée de l'intercepter.
- Emma !
- Daphné, salua poliment la Serdaigle.
- Je voulais te dire qu'Astoria a quelque chose de prévu avant qu'on ne rejoigne le manoir. J'ai prévu d'aller faire les magasins. Tu peux m'accompagner si tu veux, ou si tu préfères profiter de ce moment pour rentrer chez toi, c'est comme tu veux, proposa Daphné.
- Je veux bien t'accompagner, répondit Emma n'ayant pas vraiment envie de rejoindre son manoir où seul sa mère l'attendait, son grand-père étant parti en voyage pour les fêtes.
- On se retrouve près de l'horloge sur les quais, donna rendez-vous la Serpentard.
- Ca marche ! A tout à l'heure.
Sur ce les deux jeune filles retournèrent à leurs occupations. Sur le chemin, Emma croisa Blaise Zabini qui lui fit un signe de tête pour la saluer. Elle se dit qu'Astoria ne devait pas être très loin, puisque les deux Serpentard avaient partagé le même compartiment dès le début du voyage.
La Serdaigle avait raison car elle trouva sa jeune amie quelques compartiments plus loin. Cette dernière lui expliqua que Blaise l'avait invitée à prendre un verre juste après l'arrivée du Poudlard Express et que sa sœur avait tout arrangé pour que cela se fasse. Astoria paraissait plutôt stressée à l'idée de ce rendez-vous improvisé mais elle avait été charmée par le jeune homme, notamment lorsqu'il lui avait fait la bise sur le creux des lèvres, alors qu'ils étaient placés sous le gui à la fête de Slughorn. Emma fut enchantée de voir que son amie semblait enfin s'intéresser à quelqu'un d'autre que son fiancé, mais déchanta un peu lorsque Astoria lui fit par de sa gêne immense lorsque Drago était apparu dans le bureau de Slughorn le soir de la fête. Lorsque la Serpentard parlait de son camarade de maison, elle avait toujours ces étincelles dans le regard qu'Emma ne supportait pas de voir. Du coup, cette dernière s'excusa auprès de son amie, prétextant devoir rejoindre Michael et Padma, ce qui n'était pas vraiment un mensonge.
A l'arrivée du train, Emma rejoignit comme convenu Daphné qui regardait avec amusement sa sœur partir en compagnie de Blaise. Les deux jeunes filles se dirigèrent alors dans une galerie sorcière plutôt chic et commencèrent leur petites emplettes en se conseillant mutuellement. Elles s'entendaient relativement bien, même si elles conservaient cette ambiance de politesse et de froideur qu'elles arboraient à Poudlard. A la fin, elles décidèrent de prendre un chocolat chaud afin de se donner un peu plus de force.
- Ca ne te gêne pas de voir ta sœur avec l'un de tes amis, demanda curieusement Emma.
- Un petit peu c'est vrai, mais Blaise a su me convaincre de sa « sincérité », répondit Daphné. Je ne pense pas que cela les mènera quelque part, mais s'il faut qu'Astoria ait une première expérience amoureuse, autant que ce soit avec quelqu'un que je connais.
- Oui, c'est une façon de voir les choses, acquiesça la Serdaigle, repensant tout de même à la réelle expérience « amoureuse » de la plus jeune, avec un des « amis » de la plus âgée des Greengrass.
- Et toi, à ce niveau ça se passe bien avec ce Belby ?
- Il ne se passe rien avec Belby. D'ailleurs, j'avais déjà oublié son existence.
- Pour être franche, Théodore m'a raconté toute l'histoire. C'est plutôt amusant, avoua la Serpentard avant de mettre sa petite cuillère dans la bouche afin d'enlever toutes traces de liquides.
- C'est donc pour en venir à Théodore que tu m'as posée cette question, démasqua la Serdaigle en reposant sa tasse de chocolat chaud.
- Touchée.
- Je remarque que Théodore te confie pas mal de chose... soupçonna Emma, qui n'avait pas très envie que ses secrets soient dévoilés.
- On est plutôt proche, lui et moi.
- J'avais remarqué à ton anniversaire.
- On est sortis ensemble à un moment, mais entre nous c'est uniquement une relation purement amicale un peu dérivée.
- J'ai connu ça aussi.
- Sauf que Corner était vraiment amoureux de toi. Ce n'est pas la même chose.
A cette phrase, Emma pensa alors à elle et Drago ou plutôt à ce qu'avait été leur « relation » avant qu'il ne change brusquement.
- En fait, t'es plutôt douée pour de te faire aimer, taquina Daphné.
- J'espère que Théodore oubliera rapidement ce sentiment.
- Je pense que ce sera difficile. C'est comme si tu demandais à Pansy de ne plus être folle de Drago !
- Eh, ne compare pas Théo à cette cloche de Pansy, répliqua Emma qui ne put s'empêcher de trouver que l'exemple de l'amour que portait Astoria pour le blond était plus appropriée à la comparaison.
- Toujours est-il que c'est dommage que tu ne veuilles pas de lui. J'espère seulement que ce n'est pas à cause de la couleur de sa maison, reprit-elle sur un ton un peu plus dur alors que son interlocutrice ne répondait rien.
- J'ai dépassé ce stade depuis ta soirée d'anniversaire. Tu as déjà eu des problèmes, toi, à cause de ta... condition de Serpentard ?
- Tu parles de ça comme si c'était une tare !
- Désolée.
- Il y a certaines personnes plutôt bornées, se contenta de répondre Daphné. Bon, Astoria ne va pas tarder, on ferait mieux de se dépêcher.
Lorsque Astoria les rejoignit au point de rendez-vous, elle avait les joues légèrement rosie et le sourire aux lèvres, ce qui amusa les deux plus grandes. L'accueil au manoir Greengrass fut chaleureux, autant du côté de la mère que du père. Emma se sentait un peu étrangère mais fut heureuse de trouver un peu de chaleur au sein d'une famille de Sang Pur.
Le soir-même, les trois filles étaient rassemblées dans la chambre d'Astoria et papotaient de tout et de rien, de Poudlard, des vacances, de l'actualité. Daphné décida de laisser les deux amies et regagna sa chambre.
- Tu sais, ça me fait bizarre d'être avec Blaise, avoua Astoria, allongée sur son lit, les pieds levés et posés sur le mur.
- Explicite le terme « bizarre », répondit Emma, également allongée à l'inverse de son amie.
- En fait, je n'aurai jamais pensé qu'il me plairait et surtout je ne pensais pas être capable de mettre de côté ce que je ressens pour Drago.
- Je te l'avais dit que c'était possible.
- C'est peut-être par pure provocation.
- Ou peut-être pas.
- Je ne peux pas m'empêcher de culpabiliser.
- Par rapport à Zabini ?
- Non par rapport à Drago. Il n' a pas l'air au mieux de sa forme en ce moment. Je ne sais pas si tu as remarqué, mais il a toujours l'air fatigué et il a même maigri.
- Oui, j'ai pu constater ça en cours.
- Blaise m'a dit quelque chose lorsque Rusard l'a amené à Slughorn.
- Quoi donc ? s'intéressa Emma.
- Eh bien, il m'a dit que Drago n'avait jamais voulu venir à cette fête, bien plus occupé à essayer de rendre service, raconta Astoria.
- Rendre service ? A qui ?
- Blaise a changé de sujet quand je lui ai posé la question. Je n'ai pas insisté.
Un silence s'installa alors, les deux jeunes filles perdues dans leurs pensées. Ainsi, Drago Malefoy essayait de rendre service au moyen de la Salle sur demande. Emma avait presque peur de savoir à qui le jeune homme tentait de rendre service.
- Je crois que ça m'a fait peur, continua Astoria après quelques instants.
- Pourquoi peur ? demanda malgré elle Emma qui voulait entendre les conclusions de son amie.
- Eh bien, le nombre de personnes à qui Drago Malefoy voudrait bien rendre service est plutôt limité...
- Hum...
Ce soir-là, Emma se ressassa cette conversation durant presque toute la nuit. Elle préférait tout de même penser au service qu'il tentait de rendre en lui même, plutôt qu'à la personne à qui il pourrait le rendre. Son esprit semblait bloqué, comme si elle ne voulait pas savoir, comme si elle ne voulait pas comprendre alors qu'elle avait passé tout ce premier semestre à essayer de découvrir ce qui se cachait derrière le comportement de Drago. Au final, ce qu'elle avait découvert ce soir ne l'avançait pas plus que ça sur ce que faisait le blond, mais l'aidait cependant à comprendre la pression qu'il semblait se mettre et les efforts qu'il entreprenait afin d'être discret. Mais si Zabini était au courant, c'est qu'il avait du lui en parler. Pourquoi ne rien lui avoir dit à elle, sa fiancée ? Ne lui faisait-il pas confiance ? Toutes ces choses qu'il lui avait dites afin de l'éloigner était-elle vraies ? Emma était un peu perdue, ne sachant pas vraiment où se situait la vérité. Elle lui avait promis de le laisser tranquille, désormais elle n'était pas vraiment sûre de vouloir tenir cette promesse.
Les vacances se passèrent plutôt bien. Les deux amies ne reparlèrent plus jamais de Malefoy. Emma et Daphné s'entraidèrent pour leur devoirs communs. Chacun fit ses cadeaux de Noël et le matin de celui-ci toutes furent assez gâtées. Plus les jours passaient et plus Emma pensait à ce qu'elle avait découvert il y avait un an tout pile. En effet, une année était passée depuis qu'elle avait appris qu'elle devrait se marier à Drago Malefoy. Cela faisait donc un an qu'un genre de relation s'était installé entre eux, relation ayant été sujette à de nombreuses évolutions.
Le soir du nouvel an, la famille Greengrass était invitée à un gala qui se déroulait au Pays de Galle, dans la ville de Cardiff. Emma les accompagna et passa une soirée plutôt agréable. Même si l'ambiance était un peu formelle lors du repas, une salle avait été mise à disposition pour ceux qui voulaient danser, ce que firent les trois jeunes filles accompagnant Mr et Mrs Greengrass. Lorsque minuit sonna, Emma repensa à Drago et à son année passée depuis leur premier baiser.
A partir de ce moment des vacances, tout s'accéléra et la rentrée arriva à grands pas. Il était prévu que Daphné et Astoria repartent à Poudlard au moyen de la poudre de cheminette. Puisqu'Emma était avec elles, il avait été décidé pour plus de facilité, que la Serdaigle atterrisse dans le bureau de Severus Rogue, à la suite des deux Serpentard.
Cela lui fit bizarre de se retrouver dans le bureau de son nouveau professeur de Défense contre les force du Mal, lequel était simplement assis à son bureau, ne daignant lancer des regards que très rarement. Il fit tout de même une remarque sarcastique à la Serdaigle, en notant que cette dernière devait pour une fois se sentir plus à l'aise que dans le bureau du professeur Flitwick, dont l'étroitesse était immensurable. Heureusement pour elle, sa malle avait été directement envoyée dans son dortoir; elle n'aurait donc pas à se la trimballer des cachots, jusqu'au septième étage. Elle remercia une nouvelle fois Astoria avant que celle-ci ne rejoigne son nouveau petit-ami, ainsi que Daphné qu'elle quitta afin de rejoindre sa salle commune.
Emma prit inconsciemment le chemin sur lequel, elle avait parfois croisé Drago. Ses souhaits intérieurs se réalisèrent sans doute, puisque lorsqu'il ne lui resta plus que quelques marches avant d'atteindre le septième étage, Drago apparut en haut de celles-ci et s'arrêta net en voyant la jeune fille. Cette dernière fit de même et tous deux se fixèrent en silence. Leur échange visuel fut intense et il leur était difficile de le stopper. Emma sentit son cœur cogner contre sa poitrine, mais n'y fit pas attention, et, prenant son courage à deux mains reprit sa montée des marches, ne rompant le contact visuel qu'au moment où elle dépassa Drago. Lorsque ce fut le cas, la jeune fille se sentit compressée de toute part, sa respiration s'accélérant alors.
Lorsqu'elle passa devant le tapisserie qui marquait l'emplacement de la salle sur demande, elle s'arrêta et ne put s'empêcher de tenter de nouveau de faire apparaître l'endroit où se rendait régulièrement son fiancé, en vain.
Une fois arrivée dans sa salle commune, elle retrouva ses amis. Ces derniers n'étaient pas très enjoués à l'idée qu'Emma ait passé toutes ses vacances chez les Greengrass. Il n'y avait qu'Anthony, assis à ses côtés, qui avait l'air de s'y intéresser. En observant l'air de son ami, elle eut une impression de déjà vu. Il arborait une expression similaire à celle de Daphné lorsque celle-ci lui avait posé des questions sur ses amis de Serdaigle. Elle eut alors quelques soupçons les concernant, mais se dit qu'elle imaginait peut-être un peu trop de choses.
Le lendemain, un écriteau avait été placardé dans la salle commune, indiquant que des leçons de transplanage étaient prévues dans les semaines qui suivaient. Après s'être inscrit, le petit groupe n'avait que ça en tête et en parla durant tout le petit déjeuner. En effet, tous avaient hâte de pouvoir disparaître et apparaître à l'endroit voulu. Lors du cours de Sortilèges, alors que Seamus Finnigan avait arrosé le professeur Flitwick qui lui donna des lignes à copier « Je suis un sorcier et non un babouin armé d'un bâton », Terry entendit dire que Harry Potter avait déjà transplané à l'aide de quelqu'un. Ainsi, durant l'après midi, Terry, Mandy et Padma entreprirent de lui poser des questions alors qu'Anthony était à son cours de Soin aux créatures magiques, un des rares à avoir continué cette matière. Emma quant à elle avait préféré terminer ses devoirs à la bibliothèque. Ce fut alors que Théodore s'assit à sa table.
- Je suis surpris de te voir ici. Emma Oreiro aurait-elle pour la première fois omis de finir ses devoirs de vacances ? l'aborda le Serpentard en la taquinant.
- Il faut bien une première fois à tout ! répondit la Serdaigle. Mais il faut dire qu'on est surchargé en Etude des Runes.
- J'ai bien fait de ne pas choisir cette matière. Tu as passé de bonnes vacances chez les Greengrass ? demanda Théodore sur un ton bienveillant.
- Oui, c'était sympa. J'ai d'ailleurs appris que tu racontais pas mal de chose à Daphné, lança directement Emma, voulant s'assurer qu'il n'ait pas raconter trop de choses la concernant.
- Qu'est-ce qu'elle t'a dit ? s'inquiéta-t-il en cessant de tourner les pages de son livre.
- Plein de choses... sourit la jeune fille.
- Je ne lui ai rien dit à propos de tu-sais-quoi, si c'est ce que tu veux savoir, rassura le jeune homme sur un ton quelque peu abrupt.
- J'espère bien, répondit-elle alors qu'Emma aperçut soudainement Drago parcourir à grand pas la bibliothèque avant de disparaître dans l'avant dernier rayon.
- Je pense n'avoir jamais vu Malefoy accourir aussi vite dans la bibliothèque, fit remarquer Théodore qui avait également suivi la scène.
- A croire que les vacances n'ont suffit à personne pour terminer les devoirs.
- Est-ce que je le connais ? enchaina le Serpentard comme si de rien n'était alors qu'Emma dut se concentrer pour ne pas rougir.
Si seulement il savait qu'il venait justement de parler de son fiancé, pensa-t-elle.
- Pourquoi veux-tu le savoir ? répliqua la jeune fille sans regarder son interlocuteur.
- Eh bien, en y repensant, je me dis qu'il a certainement été à Poudlard en même temps que nous et y est peut-être même encore. Le comble serait qu'il fasse partie des Serpentard de notre année, mais je m'en serai sans doute rendu compte si c'était le cas.
- Qu'est-ce qui te fait croire qu'il est britannique ? tenta-t-elle de brouiller les pistes.
- Oh. C'est un argentin ? C'est pour ça que tu as passé toutes tes vacances en Argentine, pour le rencontrer ? s'écria presque Théodore qui reçut le regard réprobateur de Mrs Pince.
- Il me semble que ce ne sont pas tes affaires, Théo, répliqua la Serdaigle sur un ton catégorique.
- Désolé. Bon, eh bien je vais te laisser, s'excusa alors le jeune homme, vexé, en se levant et en se dirigeant vers son camarade de maison, Drago Malefoy qui s'était assis à une table un peu plus loin.
Emma observa les deux Serpentard qui lui tournaient le dos. Peu après que le brun ait rejoint le blond, ce dernier se retourna et croisa le regard de la jeune fille qui ne cilla pas. Lorsqu'il reporta son attention sur Théodore, Emma resta ainsi, le regard perdu dans leur direction.
- Qui est-ce que tu regardes comme ça ? fit une voix familière. Serait-ce un certain Serpentard... continua, taquine, Astoria qui venait de prendre la place que Théodore avait quitté quelques minutes auparavant.
- En parlant de certain Serpentard, comment se sont passées les retrouvailles avec Zabini ? changea volontairement de sujet Emma.
- Très bien. Tu sais, tout n'est peut-être pas perdu avec Théo, insista la plus jeune.
- Astoria, réprimanda Emma d'un ton cassant.
- Désolée, j'essaie juste de te rendre la pareille. Tu sais, te forcer la main pour que tu finisses par succomber, expliqua-t-elle devant le regard interrogateur, quoique peu avenant de son amie.
- Je t'ai déjà dit que Théodore et moi c'était impossible, répliqua la Serdaigle.
- Tu pensais que Malefoy et moi, c'était impossible, pourtant il s'est bien passé quelques petites choses, lâcha Astoria, s'attirant le regard mi-surpris, mi-scrutateur d'Emma qui ne s'attendait pas à ce qu'elle lui parle de son fiancé.
- A quel prix ! se contenta-t-elle de répondre.
- Il n'empêche que d'avoir vécu ça, m'a plutôt servie. Tu sais, avec Blaise, j'ai l'impression d'avoir plus confiance en moi, avoua Astoria.
- Tu veux dire que tu le mènes à la baguette ? se moqua gentiment Emma.
- En tout cas je ne me laisse pas faire, approuva quelque peu la Serpentard avec un sourire.
Alors que les deux jeunes filles alternaient papotage et travail, Théodore et Drago quittèrent leur table et passèrent devant celle des deux amies. Instinctivement, Emma avait regardé le blond qui ne daigna baisser les yeux vers elle. Puis, quelque chose d'étrange se passa lorsque ses yeux croisèrent ceux de Théodore. Ce dernier semblait avoir surpris le coup d'œil d'Emma à Drago et fronçait les sourcils. La jeune fille fut légèrement prise de panique et son cœur s'emballa. Non, c'était impossible que Théodore découvre l'identité de son fiancé à cause d'un simple regard.
Tentant de se rassurer tant bien que mal, Emma prit la décision d'éviter au maximum tout contact, même visuel, avec Drago, le remerciant presque de ne plus vouloir la voir. Il ne fallait pas que cela se sache, il était bien trop tôt. Elle réalisa alors qu'un jour, toutes ces personnes à qui elle s'évertuait à cacher son secret, découvriraient la vérité. Elle lança un regard à Astoria qui mordillait distraitement sa plume en sucre devant son devoir de métamorphose. Ce jour-là, beaucoup de personnes risqueraient de lui en vouloir et elle n'était pas prête que ce moment arrive.
oOo
Depuis cette réflexion à la bibliothèque, Emma ne put s'empêcher d'imaginer quelle serait la réaction de chacun de ses amis. Ce fut donc en imaginant celle de Mandy, que le cours de potions du lendemain après-midi commença. Elle ne chercha même pas à répondre à la question que posa Slughorn et dont la réponse fut donnée par la voix pressante de Hermione Granger.
- Je n'ai absolument rien compris, la sortit de ses pensées, la voix de Michael.
- Heureusement qu'on a Emma, plaisanta Terry alors que trois regards convergèrent vers la susnommée.
- Hein ? Qu'est-ce qu'il faut faire ? demanda un peu perdue la seule fille des Serdaigle.
- Eh bien on n'est pas dans la bouse si même toi tu n'as rien compris, se lamenta Terry en se dirigeant vers le bureau de Slughorn, où se trouvaient différentes fioles.
- C'est la première loi de Golpalott c'est ça ? tenta de se rappeler Emma une fois revenue près de son chaudron.
- La troisième, corrigea Anthony.
- Oh, c'est sur les potions composées et la recherche de leurs antidotes, comprit alors la jeune fille qui versait le contenu de sa fiole dans le chaudron en face d'elle.
- « L'antidote d'un poison composé doit être égal à plus que la somme des antidotes de chacun de ses composants. » lut Michael, ne comprenant pas plus qu'avant.
- C'est ce qu'Hermione a dit, non ? se demanda Terry.
- C'est quoi ce égal à plus ? demanda Anthony à sa voisine.
- Euh, apparemment pour trouver l'antidote d'une potion composée, il faut trouver ceux des ingrédients qui la composent, plus un composant mystère. Mais je n'ai aucune idée de comment le trouver celui-là, tenta d'expliquer la jeune fille qui avait un peu de mal à se mettre dans le bain.
- Slughorn a parlé du Révélasort de Scarpin, informa Anthony.
- Ca c'est pour trouver les ingrédients de la potion, précisa Emma.
- Bon, eh bien on va commencer par là ! dit Terry en jetant un regard de défi à la potion qui bouillait sous ses yeux.
- C'est Specialis revelio, la formule ? demanda Michael avant de lancer ledit sort une fois que son amie lui ait répondu par l'affirmative.
Les quatre Serdaigle commencèrent alors l'exercice demandé qui fut plus long qu'ils ne pensaient. Terry bougonnait contre sa potion qui contenait plus d'une douzaine d'ingrédients. Emma quant à elle n'était pas très emballée par le cours du jour et trouva les antidotes de chaque ingrédients méthodiquement mais sans grand enthousiasme. Il ne restait que dix minutes lorsqu'elle eut fini cette étape. Il n'y avait plus qu'à trouver le composant supplémentaire, mais ne sachant comment faire, elle se contenta d'aider Terry qui bloqué sur son sixième antidote, avait son chaudron qui dégageait une odeur de vieille chaussette.
Lorsque le professeur Slughorn annonça la fin du temps qui leur était imparti, Emma eut hâte de quitter cette pièce dont les effluves et la chaleur l'insupportaient. Lorsque le professeur avança vers leur table, il félicita avec modération l'avancée de la potion de la jeune fille mais fut déçu qu'elle ne soit pas terminée.
A la fin du cours, Emma fut l'une des premières à quitter la salle de cours et se rendit aux toilettes des filles. Dans quelques minutes elle aurait Arithmancie, mais elle décida de prendre son temps afin de se rafraichir un peu et de rejeter un sort de lissage sur ses cheveux qui avaient gonflés en cours de potions. Elle comptait observer Théodore, histoire de voir s'il se doutait de quelque chose sur elle et Drago. Dans le miroir qui reflétait son visage, elle aperçut une silhouette qui flottait juste derrière elle. Elle se retourna et fit face à Mimi Geignarde.
- Mimi... salua maladroitement Emma qui voulut sortir des toilettes.
- Il n'est pas très gentil ton petit-ami, reprocha le fantôme d'un air plaintif.
- Quel petit-ami ? demanda la Serdaigle, ne comprenant pas vraiment.
- Tu as plusieurs petits-amis ? se choqua exagérément la silhouette translucide.
- Non ! Je n'en ai aucun, se défendit Emma, un peu agacée.
- Il t'a pourtant embrassé la dernière fois, le jour où une élève a été ensorcelé. C'est dommage, elle aurait pu me rejoindre et être mon amie, fit rêveusement Mimi Geignarde en glissant dans les airs.
Pendant ce temps là, Emma tenta de se rappeler de ce qu'avait pu voir le fantôme, ce jour-là. Puis, cela lui revint ; Drago et elle-même s'étaient rendus dans les toilettes désaffectées du second étage. Il lui avait alors enfin avoué son malêtre. Ce jour-là, le jeune homme avait paru plus stressé que jamais.
- C'est compliqué. J'espère que tu vas garder ça pour toi, Mimi., voulut s'assurer Emma.
- Si tu m'expliques, je ne dirai rien à personne. Ce sera notre secret, promit le fantôme sur un ton de confidence.
- Qu'est-ce qui me prouve que tu ne diras rien ?
- Tu doutes de moi ? pleurnicha Mimi Geignarde d'une voix de petite fille.
- Non, répondit Emma qui se souvint de sa première rencontre avec Mimi.
En effet, étant seule lors de sa première année, la Serdaigle avait plus ou moins sympathisé avec le fantôme, à qui elle avait pris l'habitude de poser des questions sur la mort et ce qu'on pouvait ressentir. Elle lui avait alors raconté l'histoire de la perte de son père et la souffrance que cela lui avait causé. A cette occasion, Emma avait pu percevoir cette envie qu'avait Mimi d'avoir des amis. A défaut d'en avoir, le fantôme se contentait d'être une sorte de confidente pour les élèves en perdition qui se réfugiaient dans les toilettes.
- Très bien, je vais te dire mon secret, accepta Emma alors que dans un élan d'excitation, Mimi approcha son oreille translucide de la bouche de la jeune fille.
Cette dernière lui avoua alors l'histoire de ses fiançailles avec Drago et la relation bancale qu'ils entretenaient.
- Pourquoi faut-il toujours que les filles se plaignent d'être fiancées. Au moins elles ont l'assurance d'être mariées un jour et de ne pas finir seule le reste de leur vie, comme moi ! fit Mimi en terminant sa phrase en pleurs.
- Mais Mimi, tu n'es pas en vie, toi, tenta de rassurer Emma en jouant sur les mots.
- C'est vrai... C'est pire alors !
- Non, ce n'est pas pire. Pour un humain, c'est courant d'avoir quelqu'un. Mais, ce n'est pas le cas pour les fantômes. Tu es comme les autres.
- Tu as raison, acquiesça Mimi en reniflant.
- Pourquoi disais-tu que mon fiancé n'était pas très gentil ? demanda Emma, une fois assurée que le fantôme ne se lamente plus sur son sort.
- Il m'a crié dessus, confia-t-elle alors d'une voix plaintive.
- C'est une chose pour laquelle il est plutôt doué, en effet. Et qu'est-ce que tu avais fait ? questionna de nouveau, Emma, avec calme.
- J'ai passé ma tête dans la cabine de toilettes dans laquelle il était caché. Je l'ai trouvé là, assis par-terre et je lui ai gentiment demandé quand est-ce que je pourrai récupérer mon siphon, expliqua Mimi Geignarde.
- Qu'est-ce qu'il faisait là ? s'étonna la Serdaigle.
- Il n'a rien voulu me dire, dit le fantôme avec déception. Il m'a juste crié « Enlève ta grosse tête de là ! » ajouta-t-elle en imitant le jeune homme.
- Ca a dû le surprendre de te voir débarquer, comme ça, relativisa la jeune fille.
- Tu trouves que j'ai une grosse tête ? s'inquiéta Mimi.
- Non, pas plus que la moyenne. C'est lui qui a tendance à exagérer les choses, la tranquillisa Emma.
- Il semblait si... seul. Je me suis dit que ma compagnie lui ferait peut-être du bien ! Mais il ne voulait pas de moi...
- Seul... répéta Emma, le regard dans le vide. Merlin ! Mon cours ! s'agita-t-elle soudain.
Elle avait complètement oublié son cours d'Arithmancie qui avait commencé depuis cinq bonnes minutes.
- Mimi, je te remercie pour... être aussi à l'écoute. Tu es très forte pour ça et je pense que ça ne lui ferait pas de mal de s'en rendre compte. Tu devrais retenter le coup, la prochaine fois qu'il... se sentira seul, conseilla-t-elle en cherchant les bons mots.
Puis, après l'avoir saluée, elle courut en direction de son cours d'Arithmancie qui se situait à quelques étages de là. Une fois arrivée, toute essoufflée, elle s'excusa auprès du professeur Vector qui la plaça près d'Hermione Granger. Elle mit quelques minutes à se concentrer et remercia la Gryffondor qui lui expliqua ce qu'elle avait manqué.
Emma sentait le regard de Théodore dans son dos, mais n'osait pas se retourner. C'était elle qui devait l'observer et c'était elle qui se retrouvait au premier rang, en proie à son regard. A la fin du cours, alors que Granger et elle était en pleine discussion sur la signification du chiffre neuf dans le dernier tableau, Théodore vint à sa rencontre. Le voyant arriver, elle salua Hermione et cette dernière partit avant que le Serpentard ne soit à ses côtés.
- Tu as décidé de te faire de nouveaux amis ? se moqua Théodore. Déjà que tu ne voles pas très haut avec tes amis Serdaigle, mais là avec Granger tu touches le fond.
- Ah ah ah. On ne faisait que parler du cours. Le jour où je deviendrai son amie sera celui où un veaudelune viendra danser devant moi en plein soleil, répliqua Emma alors qu'ils se dirigeaient vers les escaliers magiques.
- Pourquoi t'étais en retard ? questionna Théodore, curieux.
- Je suis tombée sur Mimi Geignarde aux toilettes et j'ai entrepris la difficile tâche de la calmer. Un élève venait de se moquer de ses boutons, mentit à moitié la jeune fille.
- De là à arriver en retard en cours, fit remarquer, dubitatif le jeune homme.
- Je ne suis pas vraiment dans mon assiette aujourd'hui, informa Emma après avoir expiré fortement.
- Pourquoi ?
- Il y a des jours comme ça...
Les deux élèves étaient arrivés aux escaliers magiques. Après s'être souhaités une bonne soirée, Théodore descendit alors qu'Emma monta jusqu'au septième étage. Arrivée à destination, elle fut tentée de prendre la direction opposée afin de passer devant la Salle sur demande, mais résista à la tentation.
Ce ne fut pas le cas des autres jours, où, même si elle s'était promis de ne pas croiser Drago, elle faisait en sorte de passer devant cette fameuse salle, plus de fois qu'à l'accoutumée. Elle n'avait croisé que quelques élèves de premières années, ayant l'air plutôt perdu. Le jeune fille avait même quelquefois tenté d'intercepter Mimi Geignarde, pour lui demander si elle avait eut l'occasion de parler au jeune homme depuis. Les rares fois où elle la trouvait, cette dernière lui répondait par la négative, mais la prévint que si jamais il lui parlait, elle n'était pas sûre de pouvoir le lui dire. Au moins, se disait Emma, le fantôme savait garder les secrets.
Le mois de janvier se termina plutôt rapidement. Pour ne plus penser à son fiancé, la jeune fille se concentra sur les multiples devoirs qui leurs étaient donnés et les cours qui devenaient de plus en plus complexes. Elle abandonna l'idée que Théodore avait deviné l'identité de son fiancé puisque rien ne faisait croire que tel était le cas. Et elle en était persuadée, le jour où il le découvrirait, en aucun cas le jeune homme ne risquerait de faire comme si de rien n'était.
Le mois de février arriva et commencèrent les leçons de transplanage auxquelles s'étaient inscrits la plupart des élèves de sixième année. Le cours qui devait à l'origine se dérouler à l'extérieur du château, avait finalement lieu dans la Grande Salle à cause du mauvais temps.
Ce fut en compagnie de Théodore qu'Emma arriva sur place ce jour-là. Déjà pas mal de monde était arrivé et ils se retrouvèrent dans le fond de la salle, non loin de Drago Malefoy qui était accompagné de Crabbe et de Goyle. Devant les élèves, se tenaient les quatre directeurs de maison ainsi qu'un petit sorcier, le moniteur de transplanage envoyé par le Ministère.
La jeune fille avait hâte de commencer et fut très attentive au début du discours de Wilkie Tycross, qui venait de se présenter. Lorsque soudain, le professeur McGonagall intima à Malefoy de se taire. Celui-ci, le teint rose vif, s'écarta de Crabbe avec qui il semblait s'être disputé et fut d'autant plus près de la jeune fille qui se trouvait juste derrière Goyle. Depuis un mois déjà, la jeune fille s'était tellement évertuée à l'ignorer lorsqu'ils étaient en cours, qu'elle n'avait même pas remarqué la dispute. Tycross reprit son discours et invita les élèves à se placer correctement pour pouvoir commencer. Une grande agitation parcourut la salle et Emma se recula légèrement afin d'être à une distance suffisante de Théodore et de Goyle. Soudain, elle sentit la présence de Harry Potter qui venait de se placer à sa droite, juste derrière Malefoy. Son attention se reporta alors sur ce dernier qui avait repris sa discussion avec Crabbe.
- Je ne sais pas combien de temps ça va encore prendre, d'accord ? avait lancé Drago. C'est plus long que je ne le pensais. Ecoute, Crabbe, ce que je prépare ne te regarde pas, Goyle et toi, vous devez simplement obéir et faire le guet ! avait-t-il repris avant que Crabbe ne puisse répondre.
- Moi, quand je demande à mes amis de faire le guet, je leur explique pourquoi, était intervenu Harry Potter, faisant se retourner Drago, avant que les directeurs de maison ne réclament le silence.
Le calme revint automatiquement et l'attention de tous se reporta sur le professeur Tycross. C'était sans compter la remarque de Théodore « Discussion intéressante ? », à laquelle Emma répondit dans un chuchotement « Je t'expliquerai plus tard ».
Le moniteur leur expliquèrent alors la règle des trois D : Destination, Détermination et Décision.
Lors du premier essai, personne n'avait réussi quoique ce soit, mis à part des titubements, des sauts et des chutes. Ce ne fut qu'au bout de la quatrième tentative que Susan Bones réussit à atterrir au milieu de son cerceau, laissant cependant à un mètre cinquante d'elle, sa jambe gauche. Tycross, annonça alors que le désartibulement arrivait lorsque l'esprit n'était pas suffisamment déterminé. Emma qui ne voulait pas subir le même sort que la Poufsouffle, se concentra le plus possible sur cette étape, mais rien n'y fit. Rien de plus n'arriva au cours de cette première leçon. La jeune fille avait plus mal à la tête qu'autre chose, à force d'avoir tournoyé et de s'être trop concentrée.
Elle quitta la Grande Salle en compagnie de Théodore et tous deux se dirigèrent dans le couloir ouvert sur le parc qui longeait une partie un château avant de se poser sur un des murets. La pluie avait enfin cessé et le sol n'était devenu qu'un amas de pelouses boueuses et glissantes. Emma avait stressé tout le long du chemin, espérant que le jeune homme n'aborde pas ce qui s'était passé juste avant le début des essais de transplanage et qu'ils se contenteraient de parler des chutes et des positions ridicules qu'avaient pris certains élèves.
- Alors, il y avait quoi de si intéressant à écouter tout à l'heure ? demanda finalement Théodore en scrutant la jeune fille.
- En fait, Astoria et moi, avons remarqué que Malefoy était bizarre depuis quelque temps, décida d'avouer Emma contre toute attente.
- Et depuis quand vous vous intéressez à Malefoy ? rétorqua Théodore, comme s'il n'avait que cette question en tête.
- C'est difficile à dire... commença Emma qui croisa le regard anxieux de son ami.
« Non, ce n'est pas encore le moment » pensa-t-elle.
- Je ne devrais pas t'en parler, mais, je vois que tu attends une réponse... Il se trouve qu'Astoria a longtemps eu le béguin pour lui, c'est elle qui m'a parlé de lui et qui a remarqué le changement.
- Astoria ? répéta Théodore qui ne s'attendait pas à cette révélation.
- Ca surprend n'est-ce pas ?
- Oui... Je t'avoue avoir même pensé que c'était lui ton fiancé, avoua gêné Théodore alors qu'Emma tentait de contrôler sa crispation. Moi aussi j'ai remarqué qu'il était plutôt soucieux en ce moment. Astoria et toi feriez mieux de ne pas vous en mêler.
- Tu es au courant de quelque chose, toi ?
- Non, et je ne préfère pas.
- Ca a un rapport avec...
- Emma, l'interrompit-il.
- Désolée. C'est juste que, enfin... En voyant ce qu'est devenue la Grande-Bretagne depuis cet été, j'ai de plus en plus de mal à rester neutre. Je n'aime pas la tournure que prennent les choses, avoua la jeune fille. Alors je m'inquiète de ce qui pourrait arriver.
- Je comprends. Mais ce n'est que Malefoy. Quoiqu'il fasse, quoiqu'on lui demande de faire, je doute que cela influera sur la guerre, relativisa Théodore.
- Ca veut dire qu'on lui a demandé de faire quelque chose ? s'intéressa Emma.
- Je ne sais pas. C'est juste qu'en début d'année, il a prétendu qu'il ne serait sans doute plus là l'an prochain et que vu la conjoncture actuelle, il serait plus malin de penser aux services que l'on pourrait lui rendre, plutôt que d'avoir un simple diplôme, confessa le Serpentard, qui avait toute l'attention de la jeune fille.
Celle-ci un peu choquée resta muette.
- Mais comme je te l'ai dit, ce n'est que Malefoy, il ne parle plus qu'il n'agit.
- C'est pour ça que Zabini parlait de service à rendre, se contenta de répondre la jeune fille.
- C'est de ça dont vous parliez avec Astoria à la bibliothèque il y a quelques temps ? Je vous ai vu dévisager Drago quand on est passé devant vous, questionna Théodore avant qu'Emma n'acquiesce lentement. Je suis content que ce ne soit pas lui, continua-t-il avec soulagement.
- Pourquoi ? voulut savoir la jeune fille.
- C'est un de mes amis, ce serait étrange de le voir avec la fille que j... s'interrompit le jeune homme, réalisant qu'il parlait avec ladite « fille ».
Emma quant à elle, était plus qu'embarrassée.
- Enfin tu vois, finit-il par dire après quelques secondes de silence.
- Il vaut mieux que je ne dise rien à Astoria.
- De quoi ?
- De ce que tu m'as dit sur Drago, répondit-elle en se maudissant d'avoir prononcé son prénom.
- Oh, sans doute. Mais maintenant qu'elle est avec Blaise, elle doit avoir d'autre Fléreurs à fouetter, supposa Théodore qui ne releva pas.
- C'est sûr.
- Bien, maintenant que je t'ai confié plein de trucs, c'est à ton tour, fit narquoisement le Serpentard.
- J'ai surpris Michael et Chang dans une position plus qu'équivoque dans une salle vide, j'ai eu envie de vomir, confia Emma.
- Je parlais de quelque chose sur toi, j'en ai rien à foutre de Corner et de Chang. Au passage merci de l'image que tu viens de me mettre en tête, ronchonna le jeune homme.
- Tu ne m'as rien rien dit sur toi je te signale. Tu m'a avoué quelque chose sur un de tes amis, je te rends la pareille, assura Emma en se levant.
- Tu exagères.
- Ce que je t'ai dit sur Astoria, tu le gardes pour toi n'est-ce pas ? voulut s'assurer la jeune fille.
- Promis.
- Interdiction de dire quoique ce soit à ta grande copine Daphné, insista-t-elle en se reculant.
- Tu es jalouse ? taquina Théodore.
- Pourquoi le serais-je ? répondit innocemment Emma avant de se retourner.
- Ouch, ça c'est dur, feignit-il d'être blessé.
- Bon week-end à toi, Théo, souhaita-t-elle en s'éloignant.
Une fois après avoir changé de couloir, Emma perdit son sourire et pressa son pas sans avoir pour autant de direction précise. Elle avait souvent émis cette possibilité que Drago « rende service » à celui que servait son père. Mais elle s'était toujours refusée à en analyser les conséquences. Ainsi, son fiancé avait prétendu n'être certainement plus à Poudlard l'année qui suivrait. Qu'est-ce que cela voulait-il signifier ? Servirait-il la cause du Lord Noir une fois sorti du système scolaire ? Deviendrait-il mangemort ? Est-ce cette perspective qui le rongeait depuis le début d'année ? Que faisait-il dans la Salle sur Demande ? Devait-il accomplir quelque chose pour Lui dans l'enceinte de Poudlard ? Qu'est-ce que devenait Drago ? Qu'adviendrait-il de leur union ? Serait-elle la femme d'un mangemort ? Serait-elle obligée de cautionner cette cause qui n'était pas la sienne ?
Emma se posait beaucoup trop de questions et se sentait compressée plus que jamais. Sa respiration semblait s'être accélérée et être devenue bruyante. Au bout de quelques minutes, Emma se trouva au septième étage, non loin de la Salle sur demande, devant laquelle se trouvait une petite fille. La Serdaigle repensa alors à la conversation qu'avait eu le Serpentard avant de se faire interrompre par Potter. Crabbe et Goyle étaient sensés faire les guets. Cela devait certainement être devant la Salle sur demande. Alors que faisait une première année devant cette dernière ? A moins... qu'il ne s'agisse en réalité d'un des deux compères de Drago. En début d'année, Slughorn avait parlé de cette potion qui faisait prendre l'apparence d'une autre personne. Peut-être le blond s'en était-il procuré ?
Face à toutes ces pensées qui lui venaient, Emma s'appuya contre le mur et se laissa glisser jusqu'à être assise et attendit. Elle ne sait pas combien de temps elle resta ainsi, mais elle ne voulait qu'une chose : régler toute cette histoire avec Drago. Désormais elle savait beaucoup trop de choses pour faire comme si de rien n'était. Il fallait qu'elle le voit, qu'elle lui parle et qui sait, peut-être lui dirait-il qu'elle avait tort ?
Au bout d'un moment indéterminé, Emma entendit des pas s'approcher. Drago, suivi de près par la même petite fille qui s'était postée devant la tapisserie de Barnabas le Follet, s'éloignaient de la tenture et s'approchaient de la Serdaigle. Le Serpentard remarqua la présence de sa fiancée, toujours assise contre le mur face à l'escalier fixe rarement utilisé par les élèves, l'air complètement déboussolé. Il se débarrassa de celle qui l'accompagnait et s'approcha de la jeune fille.
- Emma ? Ca ne va pas ? s'inquiéta-t-il après s'être assuré qu'ils étaient bien seuls.
- Je veux savoir la vérité, Drago, fit la jeune fille d'une voix presque désespérée.
Le jeune homme s'était arrêté à un mètre de la Serdaigle et la fixait d'un regard indéchiffrable. Emma quant à elle, arborait un air presque suppliant. Après un « Pas ici. », il retourna sur ses pas et se dirigea vers la tapisserie de Barnabas le Follet avant de ne passer trois fois devant celle-ci. Le temps que la jeune fille se relève et le rejoigne, une porte était déjà apparue.
Ils entrèrent tous les deux dans la pièce et Emma fut déçue de ne se retrouver que dans la reproduction de la chambre de son fiancé. Ce dernier se contenta de rester debout, s'appuyant sur le dossier d'un des fauteuils faisant face au lit à baldaquin. La jeune fille se balada le long de la bibliothèque disposée sur la droite en faisant mine de regarder les livres. Aucun d'entre eux ne parla durant les premières minutes. Puis, Emma se retourna et s'avança vers Drago qui n'avait cessé de l'observer.
- Qu'entendais-tu par « Je vais tout faire pour t'offrir un bel avenir, Emma » ? demanda-t-elle avec calme mais paraissant toujours aussi tendue.
Drago ne répondit pas tout de suite, s'attendant à tout sauf à cette question.
- Je ne vois rien de compliquer dans cette phrase, finit-il par répondre.
- Alors explique-moi ce qu'est « un bel avenir » pour toi.
- Un avenir où notre future famille n'aura à s'inquiéter de rien.
- Et tu crois vraiment que « rendre des services » est plus important que d'avoir son diplôme ? questionna à nouveau Emma, lui dévoilant alors ce qu'elle avait entendu dire.
- Théodore devrait savoir la fermer par moment, grommela Drago en s'agitant un peu.
- Pourquoi ne m'avoir rien dit, à moi ?
- Je ne veux pas te mêler à ça, avoua-t-il sûr de lui.
- C'est pour ça que tu as fait en sorte qu'on ne se voit plus ?
- Oui, tu commençais à devenir un peu trop soupçonneuse.
- Tu croyais vraiment que j'allais croire tes stupides arguments ?
- Ce n'était pas si stupide que ça ! Ca aurait pu être le cas, rétorqua le Serpentard.
- Donc tu avoues que ce n'est pas le cas... Drago Malefoy ne s'est finalement pas lassé de sa fiancée, sussura Emma d'un air coquin en se rapprochant de lui.
- Ca dépend pour quoi, se contenta-t-il de répondre avec un rictus faisant se renfrogner la jeune fille qui s'éloigna.
- Je suppose que tu ne me diras rien sur cette chose que tu prépares et qui prend plus de temps que prévu, déclara la Serdaigle d'un ton léger en s'asseyant en tailleur sur le lit, face au jeune homme.
- Tu supposes bien, confirma-t-il avant que tous deux ne se fixent en silence.
- Je doutes qu'on puisse avoir « un bel avenir » dans ce climat de guerre, tu sais, lâcha-t-elle soudain.
- C'est pourquoi, il faut être bien placé lorsque celle-ci se terminera.
- Le problème, c'est qu'on ignore qui sera vainqueur.
- Au train où vont les choses, il est facile de se faire une idée.
- C'est pourquoi tu prévois de « bien te placer », dit Emma qui ne reçut aucune réponse de la part du blond qui garda son masque indéchiffrable. J'ai bien peur que nous ayons des desseins différents, Drago.
- Cela m'embête autant que toi. Mais sache que c'est moi qui aurait le dernier mot.
- Je penses qu'avec le choix que tu fais, il y a des risques de te faire tuer non seulement par tes adversaires, mais également par ton propre camp, tenta-t-elle de dénigrer la voie que semblait avoir choisie Drago.
- Et il ne t'est jamais venu à l'esprit que je risquerais de me faire tuer si je ne le rejoignais pas, ce foutu camp ! s'écria soudain le Serpentard, son masque semblant se rompre.
Emma aperçut alors la souffrance qui parcourait le visage du jeune homme et que ce dernier tentait de cacher en baissant la tête. Son cœur se serra lorsqu'elle comprit l'obligation à laquelle était confronté son fiancé. Elle se leva et s'approcha de lui avant d'encadrer son visage de ses deux mains afin de le relever. Les yeux verts inquiets croisèrent ainsi les yeux d'acier brillants de larmes qui ne coulaient pas.
- Je suis désolée, Drago, dit sincèrement Emma qui comprenait mieux, en lui caressant les cheveux. Je ne veux pas que tu meurs, ajouta-t-elle, chuchotant presque.
Puis, Emma et Drago s'embrassèrent. Tout d'abord tendrement, avant que la passion ne les entraine dans une étreinte emplie de désir et d'envie de l'autre. Leurs caresses se firent tellement pressantes qu'ils ne s'y attardaient pas vraiment, passant du visage aux cheveux, au torse, à la poitrine, au dos, à la taille, aux fesses, aux cuisses. Les deux fiancés se dirigèrent alors vers le lit au sein duquel Drago allongea Emma. Après un regard, il l'embrassa de nouveau avant de descendre doucement vers son cou auquel il offrit des baisers qui se glissèrent jusqu'à la poitrine de la jeune fille, qui n'était désormais cachée que par ses sous-vêtements. Elle frissonna de plaisir lorsque les lèvres de Drago parcoururent son ventre et les papillons qu'elle ressentait depuis quelques minutes déjà furent soudainement plus intenses quand le blond atteignit ses hanches et son aine.
Lorsqu'il remonta jusqu'à sa bouche, Emma entreprit de déboutonner la chemise de Drago, qui lorsqu'elle tenta de la lui enlever, prit ses mains et les plaqua de chaque côté de sa tête en approfondissant leur baiser. Puis, la jeune fille fit en sorte de se retrouver au dessus du jeune homme, auquel elle offrit le même traitement, de part ses douces lèvres qui parcoururent avec délice le corps du jeune homme. Lorsqu'elle revint à son tour à la bouche de Drago, leur yeux s'amusèrent de leur conversation silencieuse et un sourire s'inscrivit sur les lèvres de chacun juste avant qu'elles ne se touchent une nouvelle fois. Il la fit rouler légèrement et tous deux se retrouvèrent allongés sur le côté, collés l'un contre l'autre, la main du blond s'attardant sur la cuisse de la brune.
L'envie, la passion et le désir les dévoraient. Ils ne purent s'empêcher d'exécuter ce que leurs corps réclamaient.
oOo
Emma et Drago se trouvaient sous les draps de la réplique du lit à baldaquin que leur avait offert la Salle sur demande. La première avait sa tête posée au creux de l'épaule du second. Il regardait le plafond alors qu'elle avait les yeux fermés.
- Il doit forcément y avoir d'autres solutions, déclara-t-elle après avoir rouvert ses paupières, provoquant le soupir d'exaspération du jeune homme qui n'avait pas envie d'aborder une nouvelle fois ce sujet.
- Emma ! fit -il l'air réprobateur avant qu'elle ne l'interrompe.
- Je suis sûre que Dumbledore pourrait t'assurer une protection, insista-t-elle alors qu'il se figeait.
- Dumbledore... Et tu crois que je trahirais ma famille pour ce vieux fou ! cracha-t-il presque. Je ne peux pas abandonner ma famille, Emma, continua-t-il plus calme, alors que la jeune fille ne répondait rien.
- Je comprends, finit-elle par dire avant qu'un silence de quelques minutes ne retombe. Il faut que j'aille à l'infirmerie, déclara-t-elle avant de tenter de se relever.
C'était sans compter sur ses cheveux qui la tirèrent, emprisonnés dans l'un des boutons de la chemise que Drago portait toujours.
- Aie, s'écria-t-elle avant de se libérer. Pourquoi faut-il toujours que tu gardes ta chemise ! lui reprocha-t-elle alors avec une note d'humour en remettant ses sous-vêtements, tandis que Drago se levait subitement en reboutonnant ladite chemise.
- A croire qu'on ne prend pas le temps de l'enlever, se contenta-t-il de répondre en se dirigeant vers son pantalon.
- C'est toi qui m'empêche toujours de l'en... D'ailleurs pourquoi tu m'empêches de l'enlever, Drago ? s'excita soudain Emma en se trainant à genoux sur lit, afin de s'approcher de son fiancé.
- Tu dis n'importe quoi ! répliqua-t-il en enfilant sa cravate autour du cou.
Cette réponse renforça les doutes de la jeune fille qui de plus en plus horrifiée insista.
- Tu n'as rien à cacher n'est-ce pas ? Je t'en prie, dis moi que tu n'as rien à cacher, fit-elle en quittant le lit et en lui faisant face.
Drago quant à lui tentait de faire nerveusement son nœud de cravate, en vain.
- Aide-moi à nouer ma cravate au lieu de dire des bêtises, s'écria-t-il en abandonnant le bout de tissu vert et argent.
La jeune fille s'exécuta en jetant toutefois des coups d'œil douteux au jeune homme qui évitait son regard. Avant même d'avoir fini le nœud, elle précipita ses mains sur l'avant-bras gauche de son fiancé, voulant relever le tissu qui le recouvrait. S'en rendant compte, Drago stoppa l'action d'Emma, emprisonnant ses bras de ses mains en manquant de faire tomber la jeune fille.
- Montre-moi ! ordonna-t-elle, criant presque.
- Je n'ai rien à te montrer ! rétorqua-t-il sur le même ton.
- Tu as pourtant quelque chose à cacher ! accusa-t-elle en se libérant tant bien que mal de l'emprise du blond.
Après s'être défiés du regard, la jeune fille entreprit de se rhabiller à son tour. Lorsqu'elle remit ses chaussures, elle sentit la présence de sa baguette dans la poche spéciale qui lui était réservée. Elle eut alors l'idée de jeter un sort à Drago afin de vérifier le fondement de ses craintes. « Evanesco » pensa-t-elle alors, lançant le sortilège de disparition de manière informulée sur la chemise de Drago. Celui-ci, ne s'y attendant pas, réagit trop tard et fut touché de plein fouet. S'approchant rapidement de lui, Emma aperçut enfin l'avant-bras gauche nu du jeune homme, sur lequel était tatoué la Marque des Ténèbres.
- T'es contente maintenant ? ragea-t-il avant de faire réapparaitre une chemise et de l'enfiler. Ce n'est pas non plus comme si tu ne t'en doutais pas ! ajouta-t-il voyant l'expression d'Emma.
- Je n'aurais jamais pensé que tu le sois déjà... répondit-elle lentement, le regard comme absorbé par cette marque de nouveau cachée. Il faut que... Il faut que j'aille à l'infirmerie, bégaya-t-elle avant de se diriger vers la sortie.
- C'est ma vie qui est en jeu, Emma. Tu as intérêt à tenir ta langue, informa-t-il avant qu'elle ne quitte la pièce.
Juste après être sortie, la Serdaigle s'adossa à la porte et leva la tête au ciel en fermant les yeux. Juste après qu'elle soit sortie, le Serpentard donna un grand coup de pied dans le banc ouvragé qui composait une partie de son salon. Emma était choquée. Elle savait que Drago avait de grand risque de devenir Mangemort un jour, mais elle n'imaginait pas qu'il puisse l'être aussi jeune. De plus, cela devait dater de cet été, au moment où il avait arrêté de correspondre avec elle. Tout s'expliquait maintenant.
Inspirant profondément, elle quitta ce couloir et se dirigea vers l'étage où se trouvait l'infirmerie. En effet, elle devait se procurer une échantillon de potion contraceptive afin d'éviter tout risque de tomber enceinte. Mrs Pomfresh mettait à disposition de telles potions dans une des armoires de l'infirmerie, à défaut de pouvoir contrôler les pulsions sexuelles de certains élèves. Elle espérait ne pas croiser l'infirmière, ne voulant pas subir ses réprimandes et avertissements.
Heureusement pour elle, elle était occupée dans son bureau et la pièce blanche était libre. Malheureusement pour elle, il ne restait plus aucun échantillon, mais seulement les potions grands formats. Peu désireuse de ramener une telle dose dans son dortoir, elle se voyait embêtée. Si ce n'était pas suffisant, devant elle apparut Cho Chang, qui vraisemblablement venait pour la même chose. Tout d'abord gênée, l'asiatique s'inquiéta lorsqu'elle vit qu'Emma ne trouvait pas son compte.
- Il n'y en a plus ? s'affola-t-elle.
- Heu... Si, mais il n'y a plus d'échantillon, répondit Emma.
- Oh, fit Cho, soulagée, avant de se servir. Tu... tu veux en prendre dans ma dose ? proposa-t-elle en voyant sa camarade de maison embêtée.
- Je ne voudrais pas te... Enfin, si, ça m'arrangerait, finit-elle par accepter en prenant le contenant de potion que lui tendait Cho.
Elle en but ce qu'il fallait et le lui rendit.
- Merci.
- De rien. Je ne voudrai pas faire risquer au monde de voir apparaître de sitôt une Emma Oreiro miniature, répondit Cho, avant de recevoir le sourire ironique de la jeune fille.
Les deux Serdaigle ne s'attardèrent pas dans l'infirmerie et se quittèrent en prenant des chemins différents pour toutefois aboutir à la même destination. C'est les joues rougies que Cho rejoignit Michael et qu'Emma rejoignit ses amis. Elle n'avait cependant pas la tête à participer aux discussions de ces derniers, ne pouvant s'empêcher de penser aux récents évènements.
Ainsi, sous peine de se faire tuer, Drago avait été contraint de devenir Mangemort durant l'été. Il semblait également devoir accomplir une mission dans l'enceinte de Poudlard, au moyen de la Salle sur Demande. Des obligations pesaient sur lui désormais, obligations qu'il se devait de remplir pour ne pas trahir, et pour ne pas abandonner sa famille. Et pour conclure, tout ceci devait rester secret car la vie de son fiancé en dépendait. Mais une vie contre combien d'autres ? Désormais qu'il était Mangemort, combien de personnes devra-t-il tuer pour le compte de son « Maitre » ? Combien de destin devra-t-il briser ? Serait-il un jour tué au combat ? Serait-il un jour tué par son propre Maitre ? Ou serait-il un jour tué par l'une de ses victimes tout comme l'a été le père de la jeune fille ? Et cette famille à laquelle il tient tant, serait-elle un jour détruite à cause de tout ceci ? Emma eut alors la réflexion qu'un jour elle et leur(s) enfant(s) serai(en)t sa famille. Au moins se dit-elle, elle avait de la « chance » de tomber sur quelqu'un avec autant de valeurs familiales.
Durant tout le week-end, Emma ne pouvait s'arrêter de réfléchir à tout ceci, à son destin, à celui de son fiancé, à leur avenir ensemble. Elle n'en voulait pas, elle ne voulait pas de cet avenir sombre et empli de dictature. Là n'était pas un « bel avenir ». Alors que faire ? Pouvait-elle faire quelque chose pour éviter tout ça, sans mettre la vie de Drago en danger ? Elle n'avait malheureusement pas la réponse.
Cependant, le dimanche soir lui vint une idée folle. Pourquoi ne pas avertir Albus Dumbledore ? Peut-être que celui-ci viendrait en aide à Drago et elle. Le problème était que ce dernier n'avait aucune envie de se faire aider par lui. Mais que dirait-elle au directeur ? Qu'elle venait de découvrir que son fiancé était un mangemort qui avait un « service à rendre » en précisant que si cela s'ébruitait il risquerait de se faire tuer ? Au fond, à quoi cela servirait-il ? A agir tout simplement, à montrer que même si elle comprenait, elle ne pouvait pas cautionner.
Mais aurait-elle le courage de « trahir » ainsi Drago, juste pour son propre salut ?
oOo
Une semaine était passée depuis sa découverte et Emma n'avait toujours pas pris de décision face à la question qui se posait à elle. Irait-elle voir Dumbledore ? La jeune fille avait déjà tenté d'écrire une lettre à son directeur en lui notifiant qu'elle souhaitait le rencontrer, mais elle n'avait pas été capable de l'envoyer. Elle avait fait en sorte d'éviter tout contact et tout regard avec son fiancé. Malgré leur rapprochement lors de leur dernière rencontre, découvrir sa condition de mangemort l'avait bloquée plus qu'autre chose. Apparemment ledit jeune homme ne s'en plaignait pas non plus. Après tout s'il avait tenté de le lui cacher durant tout ce temps, c'est qu'il ne souhaitait pas affronter la réaction de la jeune fille. Ce fut une conversation que la jeune fille eut avec Michael, en sortant du deuxième cours de transplanage, que l'envie d'envoyer cette lettre qui reposait au fond de sa poche depuis quelques jours déjà, se fit plus pressante que jamais.
- Alors comme ça on va rejoindre son « fiancé » pour une petite partie de jambe en l'air ? avait chuchoté le Serdaigle à l'oreille de son amie, qui ne s'y attendant pas, sursauta.
- Michael ! réprimanda Emma, indignée.
- Cho m'a raconté votre petit entretien à l'infirmerie ! lâcha Michael, mécontent.
- Je vois... se renfrogna la jeune fille. C'était avec Marcus Belby.
- Qu...Quoi ! fut-il choqué. Mais je croyais que vous ne vous parliez plus depuis la fête !
- Apparemment autant pour toi que pour moi, l'idée de coucher avec Malefoy est bien mieux que si ça avait été ce Belby, déclara Emma après avoir vérifié que personne ne pouvait l'entendre.
- Belby est un idiot, Malefoy est un gros con, l'idée que tu sois avec l'un des deux est forcément déplaisante, assura Michael.
- Sauf que l'un des deux est mon fiancé, alors je ne vois pas ce qu'il y a de si choquant, précisa la jeune fille.
- Pour quelqu'un qui est censé n'être plus aussi neutre, tu m'as l'air bien proche de l'ennemi, fit remarquer le jeune homme.
- Et que voudrais-tu que je fasses ? s'écria Emma, ne pouvant s'empêcher de penser à ce qui la taraudait depuis une semaine déjà.
- Que tu ne t'attaches pas, répondit Michael avec sérieux. Mais j'ai comme l'impression que c'est déjà trop tard, continua-t-il alors qu'il fixait la jeune fille, celle-ci ne réagissant pas.
- J'essaye juste de... m'adapter, Michael ! se justifia Emma.
- Et quand tu seras mariée à un mangemort, tu essayeras de t'adapter aussi ? attaqua-t-il, mortifiant encore plus la jeune fille.
- Qu'est-ce que je peux faire d'autre ? se lamenta presque la Serdaigle.
- Te battre, s'exclama avec conviction le jeune homme.
- Me battre... répéta-t-elle d'une voix et d'un air absent.
- Oui ! Et avec un peu de chance, ton fiancé mourra pendant la guerre et tu seras libre !
- Michael ! Tu te rends compte que tu souhaites la mort de quelqu'un ! fut horrifiée Emma.
- Je préfères le voir mort plutôt que te voir être sa femme, confia-t-il.
- En pensant une telle chose tu ne vaux pas mieux que certains mangemorts ! déclara froidement la jeune fille.
- Pourquoi certains ? Ils sont tous pareils !
- Il y en a qui sont obligés de devenir ce qu'ils sont ! regarde Hannah Abbot, sa mère s'est faite tuée pour ne pas avoir rejoint les mangemorts, argumenta-t-elle.
- Je préfèrerai mourir plutôt que de les rejoindre, moi aussi !
- Et si jamais on menaçait ta famille ? Tu ferais quoi, Michael ?
- Je ferai tout pour les protéger, mais jamais je ne les trahirai et je sais qu'ils supporteront ce choix.
- Eh bien peut-être comprendras-tu que j'ai peur de trahir la mienne en « me battant ».
- Emma, je ne connais pas ta famille, mais si ce qu'elle veut c'est le meilleur pour toi, je suis sûre qu'elle comprendrait.
- Ca, ça reste à voir... fit-elle pensive.
- On a toujours le choix, Emma. Tu, as le choix, termina Michael en chuchotant alors qu'il apercevait Cho qui venait vers eux.
Les deux amoureux laissèrent Emma qui prit quelques minutes avant de choisir sa destination. Au final, elle avait fait son choix. Elle se dirigea donc vers la volière afin d'envoyer la lettre au directeur de Poudlard, légèrement abimée par les jours passés dans son sac. Elle pensait que Albus Dumbledore était le plus à même non pas forcément d'aider Drago, mais de l'aider elle tout simplement. Après tout, le vieil homme était bien connu pour sa bienveillance envers ses élèves. Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle allait lui dire, sans doute juste le mettre en garde, essayant de se rendre utile sans pour autant trahir totalement son fiancé.
Lorsque Athéna, sa chouette, quitta la volière, Emma fut submergée par le stress. Et si elle faisait une erreur ? Et si ce qu'elle allait dire mènerait à la perte de Drago ? Et si Dumbledore sacrifierait la vie de Drago pour le bien-être de son école ? Et si... Et si... De toute façon il était trop tard, Dumbledore recevrait sa demande d'entretien et conviendrait certainement d'un rendez-vous.
Ce fut en fin d'après-midi, qu'Athéna lui apporta la réponse du directeur qui lui proposait de lui rendre visite juste avant le diner. La pression qu'avait Emma s'intensifia lorsqu'elle se rendit compte que « juste avant le diner » était maintenant. Elle se dirigea donc au deuxième étage, plus précisément vers la gargouille qui cachait l'entrée du bureau du directeur. Après une inspiration, elle prononça le mot de passe que lui avait fourni Dumbledore, « Eclairs au caramel » et monta l'escalier de pierre en colimaçon qui se hissait de lui-même tandis que l'entrée de la gargouille se fermait. Elle se retrouva alors face à une large porte en chêne sur laquelle elle frappa trois coups afin d'avertir de sa présence. La lourde porte s'ouvrit alors sur une large pièce comportant plusieurs fenêtres donnant sur le crépuscule et illuminée par des chandelles et des lampes.
- Bonsoir Miss Oreiro, salua gentiment le vieil homme assis à son bureau.
La jeune fille qui n'avait pas fini son inspection de la pièce s'avança vers celui-ci.
- Professeur Dumbledore, salua-t-elle à son tour.
- Je vous en prie, prenez place, l'invita-t-il à s'assoir en lui désignant un fauteuil paressant moelleux.
Emma avait rarement vu le directeur d'aussi près et put ainsi détailler ses yeux bleus pétillants derrière ses lunettes en demi-lune posées sur son nez aquilin. Albus Dumbledore était un homme vraiment très âgé, comme pouvait le suggérer ses nombreuses rides et ses cheveux argentés.
- Comment se passent donc vos leçons de transplanage ?
- J'avance lentement, mais sûrement. J'ai d'ailleurs ressenti quelques fourmillements ce matin, répondit poliment la jeune fille.
- Bien, je suis sûr que vous serez parmi les premières à réussir un tel exercice, assura le directeur alors que le regard de la jeune fille tomba sur sa main noircie et recroquevillée.
Ne voulant pas paraître grossière, elle releva vite la tête et croisa le regard pénétrant de Dumbledore qui la scrutait.
- Qu'est-ce qui vous amène ici, Miss Oreiro ? En général, les élèves font tout pour éviter le bureau du directeur ! plaisanta le vieil homme alors qu'Emma se tenait bien droite sur son fauteuil, se tortillant les mains sans s'en rendre compte.
- Eh bien, Monsieur le directeur, il fallait que je vous fasse part de quelque chose d'important, avoua la jeune fille en se donnant du courage.
- Je vous écoute, l'encouragea-t-il, toujours aussi avenant.
- Voilà, il se trouve que j'ai récemment découvert des... informations pouvant très certainement vous intéresser, commença lentement Emma. Le problème, c'est que vous dévoiler de telles choses, pourrait mettre en danger la personne qu'elles concernent. Alors, je ne sais pas vraiment comment...
- Dites-moi donc l'essentiel. Je suis sûr qu'il y a un moyen pour que vous puissiez révéler une partie de ce que vous savez, sans trahir la personne dont il s'agit.
- En fait, je voulais vous mettre en garde contre des choses qui pourraient se produire à Poudlard et qui pourraient nuire à votre camp. Enfin, c'est ce que j'ai supposé d'après ce que je sais, mais à vrai dire j'ignore s'il se passera quelque chose, révéla la jeune fille, étonnée de voir le calme de son directeur.
- Et c'est la personne que vous voulez protéger qui risque d'être à l'origine de telles choses ?
- C'est exact, professeur.
- Bien. C'est tout à votre honneur, Emma, de venir jusqu'à moi pour me faire part de ce que vous savez, remercia le directeur avec un sourire qui décontenança un peu son élève.
- Si j'avais été plus courageuse, je vous aurais tout révélé, déplora la jeune fille d'une faible voix.
- Vous m'avez relaté ce qu'il y avait de plus important à savoir, le reste n'étant que détails. Il est tout à fait normal de vouloir protéger les personnes à qui l'on tient. Ce qui est courageux dans votre démarche, c'est de souhaiter également protéger Poudlard et ses résidents. Vous avez su trouver l'équilibre pour ne trahir aucune des deux parties, félicita Albus Dumbledore, en rassurant Emma qui se sentit légèrement fière de ce qu'elle avait accompli. Je ne sais pas ce qu'il en est pour vous, mais mon estomac crie famine. Il est temps que nous nous rassasions, continua le vieil homme face au silence embarrassé de son élève.
- En espérant vous avoir été utile, Monsieur le directeur, fit-elle en se levant du fauteuil sur lequel elle était assise.
- Bonne fin de week-end à vous, Miss Oreiro, souhaita Albus Dumbledore à son élève.
- Merci, à vous aussi. Et bon appétit, se permit-elle de souhaiter à son directeur qui rit volontiers.
- Une dernière chose, Emma. Sachez que mon but est de protéger la "totalité" des élèves de cette école, intervint pour la dernière fois le professeur qui reçut un acquiescement de remerciement de la part de la jeune fille avant qu'elle ne referme la porte de chêne.
Une fois hors du champ de vision de son directeur, Emma souffla un grand coup et descendit les escaliers en colimaçon alors qu'elle entendait l'entrée de la gargouille s'ouvrir de nouveau. Alors qu'elle rejoignait la Grande Salle, la jeune fille se sentit apaisée et soulagée. Cet entretien avait été une bonne idée. Comme l'avait souligné le directeur, elle avait pu à la fois protéger les intérêts de Poudlard, mais également celui de Drago. Elle en était sûre, ce que Dumbledore avait voulu dire dans sa dernière phrase, était qu'il était prêt à protéger cet élève qu'elle voulait protéger quoiqu'il advienne.
Ce fut donc le sourire aux lèvres et avec l'impression d'avoir bien agi qu'elle entra dans la Grande Salle afin de prendre son diner. Pour la première fois depuis une semaine, elle osa lever les yeux vers Drago, leurs regards se croisant durant quelques secondes. Lorsqu'elle intercepta celui de Dumbledore qui était arrivé quelques minutes après elle, Emma eut la conviction que le vieil homme était au courant de l'identité de la personne contre laquelle elle l'avait mis en garde. Au final, se dit-elle, ce n'était pas plus mal. Ainsi pourrait-il mieux le protéger.
Bonjour à tous,
J'espère que ce chapitre vous aura plu ! Pour moi il était important de faire apparaitre le positionnement de plus en plus assumé d'Emma dans cette guerre naissante. Il est vrai qu'elle n'a pas dit grand chose mais l'acte en lui même est symbolique et a toute son importance pour la suite de l'histoire...
J'ai également souhaité faire apparaitre Mimi Geignarde et son rôle de confidente des élèves en perdition. Emma ayant elle-même été à cette place au tout début de sa scolarité à Poudlard. J'adore imaginer les réactions assez théâtrales du fantôme ! J'espère avoir bien réussi à retranscrire tout ceci !
N'hésitez pas à me faire part de votre avis !
A bientôt pour le plus long chapitre de mon histoire ! Il fait plus du double de celui-ci, qui était déjà le plus long...!
Desea Oreiro
