Chapitre 18
Pourquoi avais-je eu cette idée ? Pourquoi avais mis dans la tête à Edward que cela pouvait marcher ?
Je n'en étais vraiment plus certaine désormais, et chaque instant ne faisait qu'augmenter mes doutes.
J'avais beau essayer de faire fi de tout ce qui m'entourait, je n'y arrivai pas. Le bruit, la foule, les cris, les lumières trop fortes et les flash m'aveuglant.
Les doigts d'Edward effleurèrent les miens, me ramenant à ses yeux qui me scrutaient avec attention.
- Ca va ? me demanda-t-il pour la troisième fois depuis que nous avions quitté l'hôtel dans lequel nous étions arrivés à l'aube.
Malgré mon ventre noué, mon cœur s'accéléra sous la coupe de son regard.
- On ne peut mieux, soufflai-je, presque mortifiée.
Un sourire ce dessina sur ses lèvres alors qu'il se penchait légèrement vers moi, nous enfermant dans cette bulle chaude et délicate qui lui seul savait créer. Immédiatement, mon corps entier sembla s'apaiser.
- Tout va bien, murmura-t-il en effleurant le bas de mon dos de ses doigts.
Avec lui, contre lui, je me sentais en sécurité. Peut-être plus que jamais alors que, de ma vie, je n'avais jamais été exposée de la sorte. Quelques rires résonnèrent sous le chapiteau, mais je n'y prêtai pas attention : je ne voyais plus que lui.
- Je t'aime, murmurai-je en plein milieu du brouhaha incessant et des battements de mon cœur s'accélérant à mes propres mots.
Son sourire s'étira alors que le rythme de la caresse de ses doigts dans mon dos se figea légèrement sur le tissu d'une douceur incroyable de ma robe.
- Je t'aime, souffla-t-il à son tour, ses yeux profondément ancrés dans les miens.
La lave brulante qu'était mes sentiments pour lui déferla le long de mes veines jusqu'à atteindre mon cœur, me coupant le souffle.
Mon corps allait il réagir de façon si extrême à chaque fois ? Bien sûr que oui.
Jasper à coté de nous, nous signifia que c'était bientôt l'heure, et notre bulle éclata en une fraction de seconde.
Mais je me sentais un peu mieux, désormais. La boule d'angoisse que j'avais ressenti depuis deux jours semblait beaucoup moins importante et mon trac me parut brutalement prendre beaucoup moins de place dans ma poitrine.
Edward glissa sa main dans la mienne, et noua nos doigts fermement. Je n'avais pas envie de le quitter, pas tout de suite et je me paru d'un ridicule absurde quand j'eus envie de lui demander de rester à mes cotés, comme si cela était un adieu.
- Alors, pas de photo officielle ? Tu es sûre ? demanda-t-il en se tournant vers moi, un sourire à me damner sur ses lèvres parfaites.
Je refoulais la grimace que j'eus envie d'afficher brutalement et repoussai mon rire nerveux quand il s'approcha un peu plus de mon corps tremblant.
- Pas aujourd'hui, marmonnai-je, provoquant son rire.
- Bientôt, souffla-t-il comme une promesse qui me noua l'estomac en même temps qu'elle me fit sourire.
Lui et moi. Officiellement. Devant tout le monde.
- Bientôt, murmurai-je, soudain émue.
La seconde d'après, ses lèvres effleurèrent les miennes. Et, brutalement, j'oubliai tout : les mythiques marches du Met Ball un peu plus loin, les stars plus excentriques et belles les unes que les autres autour de nous, les parterres de photographes et leurs interpellations, la foule de fan rassemblée derrière les barrières et leurs sursauts de joie à l'approche de leur célébrité préférée. Tout. Y compris son équipe juste à coté - Alice, Jasper, Emmett et Dean. Y compris qu'on pouvait nous voir, qu'on nous voyait et que, par ce chaste baiser, Edward montrait au monde entier sans s'en cacher la nature de notre relation.
Quand, après une seconde, il se recula, je me sentie rougir. Je remerciai silencieusement Carmen de m'avoir maquillée assez pour que cela ne se remarque pas.
- Tu as les yeux qui brillent, sourit-il en caressant distraitement ma joue de sa main libre.
Son geste eut le don de faire s'accélérer un peu plus mon cœur.
- Tu m'embrasses devant tout le monde, réussi-je à dire en dépit de tout ce que mon corps subissait.
Sa langue passa sur ses lèvres au ralenti tandis que mon cerveau rendait les armes. Qui était aussi beau ?
- On en à déjà parlé, sourit-il.
- Je sais, admis-je avec un petit sourire contrit.
- Si elle veut me faire du mal, elle viendra me trouver. Je ne veux plus nous cacher.
Son regard profond verrouilla le mien.
Était-ce raisonnable ? Non.
Était-ce la chose à faire ? Certainement pas.
Avais-je envie, pourtant, de faire demi tour ? Pas le moins du monde.
Je voulais que cela cesse.
Je voulais vivre. Avec lui, et pour toujours.
- Alors on ne se cache plus, finis-je par dire après une minute à me perdre dans la profondeur de ses iris d'une clarté incroyable.
A mon tour, je posai une main sur la veste de son costume bleu nuit et me redressai pour poser chastement mes lèvres sur les siennes. Mon geste le fit sourire contre ma bouche alors que ses yeux ne quittaient pas les miens.
Vaguement consciente du reste autour de nous, de moi, j'entendis plusieurs cris d'excitation provenant de derrière nous -les fans à quelques mètres- et les flash des photographes tournant et dansant entre les corps sur le tapis rouge. Peut-être qu'ils nous prenaient en photo, ou peut-être pas… pour la première fois depuis que je connaissais Edward, je m'en fichais… lui seul et son parfum chaud autour de moi comptait.
Ses doigts toujours sur ma joue caressèrent ma peau, me faisant fermer les yeux quand je reculai sagement.
- J'ai déjà hâte de t'enlever cette robe, avoua-t-il tout bas, l'ombre d'un sourire presque carnassier sur les lèvres.
Son pouce passa sur ma bouche au ralentit, accompagnant dans mots dans une promesse.
- Tu dois monter ces marches d'abord, m'amusai-je pour calmer mon corps soudain tremblant de désir pour lui.
On échangea un regard, un sourire avant qu'il ne m'embrasse une dernière fois. Nouveaux crépitements, nouveaux cris derrière nous, nouveau flash sur ma gauche. Un soupire le traversa.
- File ! le repoussai-je dans un rire, ignorant mon corps et mes lèvres qui n'appelaient que lui.
- On se retrouve à l'intérieur.
Je hochai la tête puis, Dean à ses cotés, il s'éloigna à regret.
Je l'observai marcher élégamment, plus beau que jamais dans son costume sur mesure et des chaussures italiennes hors de prix. Je me mordis la lèvre pour ne pas rire.
Hors de prix.
J'étais au Gala du Met. A New York. Au Met Ball. Tout ici était hors de prix, jusqu'à, certainement, ce tapis rouge sur lequel nous étions depuis presque trente minutes.
Tout était démesuré. Le décor, l'or, le rouge et les fleurs partout.
Les stars et leurs robes plus incroyables les unes que les autres, les hommes et leurs costumes parfois aux mille couleurs… je me sentais presque trop… normale, dans cette robe que m'avait - à nouveau - offerte Edward dans un sourire angélique le matin même. J'avais failli avoir un arrêt cardiaque devant cette beauté et, désormais dedans depuis une heure, j'arrivai à me sentir presque jolie… du moins, dans les yeux d'Edward, je l'étais.
Je jetai un énième coup d'œil au bustier rond et doux, mettant en valeur le peu de forme que j'avais toujours eu. La sensation était étrange. Je n'avais jamais vraiment aimé, et accepté ce corps trop fin. Pourtant, depuis que je connaissais Edward, j'apprenais à le respecter, et, parfois, à l'apprécier. Peut-être était-ce cette façon particulière qu'il avait de me dévorer des yeux… cette lueur que je voyais briller dans son regard quand il le posait sur ma personne. Ou peut-être était-ce son amour, cet amour qui me faisait vibrer toute entière.
Bougeant d'un pied sur l'autre, sans Edward à mes cotés, je ne trouvais brutalement plus trop ma place.
Mes yeux firent le tour de l'environnement autour de moi, finalement rattrapée par tout ce qui nous entourait : les gens, la musique, l'ambiance légère et particulière.
A plusieurs mètres de nous, derrières les barrières qui les retenait, des dizaines de jeunes filles semblaient avoir les yeux braquées sur nous, sur moi. La pression dans ma poitrine augmenta avant que je ne respire lentement : non, ça n'était pas moi, qu'elles regardaient, c'était nous… eux. Ceux de l'autre coté, ceux du tapis rouge. Ceux qui ont de la chance.
Mes yeux balayèrent les visages lentement, presque hypnotisée par l'énergie positive et -presque- magique qui semblait régner ici. Cette soirée avait quelque chose d'un peu irréel, et de vraiment particulier. Malgré mon stress que je n'arrivai pas à repousser totalement, j'étais heureuse, et surtout pleinement consciente de la chance que j'avais de faire partit de ce coté.
Plusieurs personnes semblaient avoir les yeux me détaillant sans la moindre gêne, mais je n'arrivai pas à m'en étonner réellement.
J'étais celle qui partageait la voiture d'Edward Cullen.
J'étais celle qui parlait avec Edward Cullen une minute avant.
J'étais celle à qui il avait tenu la main pendant un moment.
J'étais celle qu'il avait embrassé. Trois fois. Devant tout le monde.
Plusieurs d'entres elles crièrent mon prénom, faisant accélérer mon cœur.
Elles savaient qui j'étais. Moi. Moi.
Malgré tout, je ne me sentais pas… menacée. Je me doutais que leurs attentions n'étaient pas les pires.
Je savais que ça n'était pas des fan d'Edward qu'il fallait me méfier, ou avoir peur. Les rapports de Rosalie concernant le retour de notre idylle amoureuse déferlaient depuis le vendredi soir -où nous étions allez au restaurant- et, à force de recevoir des commentaires de Rose toutes les heures sur tout ce qui se disait sur les réseaux sociaux sur nous, je ne me sentais plus si inquiète.
Les fans d'Edward ne me détestaient apparemment pas. Elles faisaient de nous leur nouveau couple idéal pendant que je tentai de ne pas devenir hystérique.
De visage en visage, mes yeux rencontrèrent des iris plus sombres.
A moitié caché par une casquette sombre et enfoncée loin sur le crane, il me fut impossible de distinguer ses traits pourtant, mon cœur s'arrêta.
Soudain, j'eus du mal à tenir sur mes jambes.
Les muscles de mon dos se contractèrent avec violence et tout mon corps sembla se raidir en une seconde.
- Tout va bien ? demanda Alice en apparaissant devant moi, me faisant sursauter.
Brutalement, mon esprit se reconnecta avec la réalité… Je me rendis compte que j'avais cessé de respirer.
Mes yeux papillonnèrent une seconde, retrouvant doucement le fonctionnement de mon corps engourdis. Quelque chose dans l'allure, dans la posture…
- Oui je… oui, bafouillai-je, largement perturbée.
- Il y a beaucoup de monde, murmura-t-elle avec un sourire en pensant deviner mes pensées. Restez près de nous, on avancera dans une minute.
J'acquiesçai espérant faire disparaitre le sentiment brutal d'insécurité qui m'avait envahit.
Alice reporta son attention à Jasper à son coté tandis que je tentai, en vain, de repousser mes peurs qui revenaient au galop.
Respirant profondément pour calmer mon corps en ébullition, je scrutai la foule de fan à nouveau, recherchant cette silhouette que j'avais vu… en vain.
Je soupirai, me sermonnant. Tout allait bien. Le moindre visage fermé que je voyais ne signifiait pas que quelqu'un allait nous faire du mal. Chaque homme, chaque femme de cet endroit n'était pas notre ennemi.
Après une minute à me répéter cela, mon corps s'apaisa enfin. Je reportai mon attention sur Edward, plus loin, qui montait les marches, le sourire aux lèvres.
Il n'était pas beau. Non, ce soir, il avait l'air d'un ange sortit tout droit de mes rêves les plus fous. Il était parfait, et c'était peu de le dire. J'entendis plusieurs photographes l'appeler par son prénom, réclamant son attention pour obtenir le cliché qui ferait d'eux la star de leur maison de presse pendant quelques heures.
Le Week-end était passé à une vitesse folle. Nos retrouvailles mouvementées avec Edward au restaurant avaient laissées place à une sensation quelque peu particulière.
Dans la suite du Bel'Air, après qu'Edward ait accepté d'envisager l'idée que l'on confronte Tanya, la paix était revenue. J'avais le sentiment inédit que, peut-être, nous tenions une solution. L'espoir se dessinait et cela me faisait du bien. Savoir qu'Edward était prêt à me faire confiance me rassurait : cela voulait dire qu'il voulait avancer.
Pendant deux jours, après un aller retour express chez moi pour récupérer des vêtements et ramener Gribouille chez Rosalie pour quelques temps -jusqu'à ce que l'on puisse vivre normalement- nous nous étions enfermés dans la suite de l'hôtel, ne voulant sortir sous aucun prétexte.
Je ne voulais que lui, je n'avais besoin que de lui… que m'aurait-il fallu d'autre que ses bras autour de moi ?
Des heures durant, nous nous étions aimés, nous avions grignotés sur le pouce, nous avions profiter de chaque instant l'un contre l'autre, dans le lit, dans l'immense canapé, sans jamais n'avoir besoin d'autre chose.
J'avais le sentiment de devoir rattraper tout ce temps que nous avions passés loin l'un de l'autre et, à la façon dont Edward me serrait contre lui à la moindre occasion, je savais qu'il ressentait la même chose. Chaque instant était précieux, rare et chaque rire éclairant son visage me faisait l'aimer un peu plus.
Plusieurs fois dans le Week-end, Rosalie m'avait partagé les nouvelles du front : notre couple était de retour sur les réseaux sociaux et dans la presse.
Notre repas du vendredi soir n'avait pas échappé aux paparazzis qui nous avaient shooter à la sortie du restaurant sans que je n'y prête attention. D'autres photos trainaient aussi… celle que les paparazzis avaient pris à notre sortie de l'hôtel dans la distraction d'Edward.
Une d'entre elle m'avait interpellée et faite sourire : Edward, légèrement tourné vers moi, les grilles du portail encore à demies closes. Il avait les doigts remettant mes cheveux en place. Son sourire, et le mien, semblaient se parler sans dire un mot.
Tout me paraissait tellement, tellement évident. Qu'importe les paparazzis et le reste. C'était lui.
Edward avait imposé des règles relativement strict : je ne devais plus sortir seule -même pour rejoindre Rosalie et Gribouille; Dean devait m'emmener absolument partout; je devais vivre avec lui, au Bel'Air, à temps plein; je ne devais ouvrir la porte à personne s'il n'était pas présent.
Grâce à ça, et à ma promesse de ne pas enfreindre ces conditions qui rythmerai nos vies, Edward me parut plus calme le reste du Week-end.
Le tourment habitait encore ses pupilles parfois mais, globalement, savoir que j'étais prête à me soumettre à toutes ces règles semblait l'apaiser et le soulager.
Mes parents m'avaient appelés le samedi midi, me sermonnant d'en apprendre plus par la presse que par ma propre bouche.
Le samedi soir, ce fut à Esmée d'appeler Edward : nous aurions pût leur dire que nous nous donnions une nouvelle chance… mais nous avions raison, nous étions faits pour être ensemble. Je savais évidement que cela était le cas mais, entendre Esmée le dire me fit du bien. Cela parut faire du bien à Edward aussi qui promit à sa mère de revenir passer du temps avec eux au plus vite.
Les photos de nous affluaient partout, mais je m'en fichais. J'étais avec lui, contre lui, et cela m'allait plus que n'importe quoi au monde.
Depuis le matin, nous étions à New York avec son équipe pour assister au Met Ball. Je n'en revenais toujours pas de pouvoir y être à ses cotés.
Edward éclata de rire par dessus la musique ambiante -du Jazz- me ramenant à la réalité. Comme la première fois que je l'avais vu rire de la sorte, je ne pus retenir le sourire qui étira mes lèvres. J'étais incapable d'entendre ce dont parlait Jasper, Emmett et lui, à quelques pas de nous, mais cela devait être épique.
- Il a l'air détendu, commenta Alice à mon coté, les yeux rivés sur les trois hommes.
- Il l'est, confirmai-je. Ca fait du bien.
Elle hocha la tête, confirmant mes dires. A quelques choses près -Dean à quelques pas d'Edward les yeux rivés autour de lui- j'aurai pu croire que tout était terminé.
- Pour vendredi, j'espère que notre… discussion n'a pas gâché votre soirée.
Je lançai un regard à Alice puis un sourire étira ses lèvres.
- Edward peut-être un vrai tyran, sourit-elle en regardant brièvement ce dernier. Vous êtes la première personne qui ose lui tenir tête ainsi. Même Ta... personne n'ose le faire, bafouilla-t-elle.
Il me sembla qu'un rougissement colora ses joues. La tension s'insinua dans ma poitrine.
- Pas même Tanya ? lui demandai-je, devinant aisément ses pensées.
Un soupire passa ses lèvres carmin alors qu'elle se penchait légèrement sur la table fleurit.
- Je ne veux pas vous mettre mal à l'aise, murmura-t-elle en reportant son attention sur moi.
- Des photos d'Edward m'embrassant sur le tapis rouge doivent déjà envahir internet alors question malaise…
Son rire éclata entre nous, me détendant finalement.
- C'est vrai, approuva-t-elle avant de secouer la tête. Tanya n'est pas… elle ne se laisse pas marcher dessus mais elle n'a jamais… comment vous dire ? Elle n'a jamais chercher à vraiment participer dans la vie d'Edward.
- A s'investir ? demandai-je, un peu perdue.
Alice fit tourner son verre de vin presque vide entre ses doigts qu'elle fixa avant de relever les yeux vers moi.
- J'ai toujours eu la sensation qu'elle était… qu'elle était avec Edward parce que c'était comme ça, hésita-t-elle. Et pas par amour sincère.
Je laissai passer un silence, méditant sa réponse.
- Esmée m'a dit à quelque chose près la même chose, révèlai-je à demi mot.
Un sourire triste étira les lèvres d'Alice.
- Il mérite d'être aimé pour qui il est. Il a assez souffert comme ça.
Mon regard se tourna vers la silhouette d'Edward, debout près de la porte donnant sur la terrasse entièrement illuminée. Il discutait avec Jasper et Emmett. Avec l'enfance qu'avait eu Edward -mais qu'elle ignorait- Alice ne savait pas a quel point ses propos étaient vrais. Pourtant, ce soir, une cigarette se consumant entre son pouce et son index, les réverbères éclairant partiellement son visage rieur… il avait l'air heureux.
- On a vu la différence, reprit Alice devant mon silence.
Je reportai mon attention sur elle avec difficulté : quitter Edward des yeux n'était pas chose facile.
- Avec vous, compléta-t-elle dans un sourire.
Peut-être était-ce là, la chose la plus gentille qu'elle m'ait dite.
- Je… merci, soufflai-je, presque gênée.
Le silence s'installa, mais il était agréable. Pour la première en fois en compagnie d'Alice, je ne me sentais ni mal à l'aise, ni de trop. Peut-être était-ce ses mots, peut-être notre relation qui évoluait doucement mais surement, ou peut-être simplement le fait que je n'arrivais pas à ne pas réfléchir avec la vision du corps parfait d'Edward dans ce décor de rêve.
Je n'avais jamais participé à une soirée comme celle-ci. Même la décoration aux oscars n'était aussi extraordinaire. Dans la salle où nous venions de diner certainement les meilleures choses que j'ai pu mangé de ma vie, absolument toutes les tables (au moins une centaine) étaient fleurit de roses blanches et roses pâles. Chaque centimètre carré était décoré soigneusement, à tel point qu'en m'asseyant au début du repas avec Edward, je n'avais presque pas osé toucher aux couverts. Tout était magnifique et c'était peu de le dire.
La vente de charité allait commencée d'ici une demi-heure alors que nous venions de terminer le dessert.
Le vin -succulent, lui aussi- me montant doucement à la tête ne m'aidait pas à garder les idées clairs et calmes. Je n'avais d'yeux que pour Edward et chaque fois qu'il posait les yeux sur moi, mon cœur s'emballait déraisonnablement. Malgré le plaisir que j'avais à partager cette soirée -la première réellement officielle à ses cotés- je n'avais qu'une envie : retourner à l'hôtel et replonger corps et âme dans notre bulle chaude et apaisante qui nous berçait depuis nos retrouvailles.
Quand Edward revint à table avec nous, son sourire en coin sur sa bouche, mes pensées divaguèrent à nouveau. Peut-être pouvions-nous nous eclisper ? Ne serait-ce que cinq minutes ? Un coin reculer, un couloir sombre, la voiture de Dean ? Qu'avait-il fait à mon pauvre cerveau ?
- Tout va bien ? demanda-t-il en se penchant vers moi.
Son parfum embauma mes sens, faisant s'accélérer mon cœur.
- Je… oui, soufflai-je, troublée.
L'ombre d'un sourire glissa sur ses traits tandis que je me retenais de grogner. Sa main se posa sur le milieu de ma cuisse, caressant doucement ma peau à travers le tissus. Peut-être allais-je mourir ? Peut-être que mon cœur allait s'arrêter à force de battre si fort ? Était-il possible de mourir de combustion spontanée ?
- Je crois qu'il serait plus sage que tu ne me touches pas, réussis-je à dire après quelques secondes à lutter pour ne pas le supplier de nous en aller.
Il haussa un sourcil, visiblement surpris avant que le sourire figé sur ses lèvres ne s'agrandisse.
- Pourquoi ? questionna-t-il en toute innocence, me faisant lever les yeux aux ciel.
Ma réaction le fit rire délibérément. Je détournai les yeux sur la salle s'étendant devant nous, tentant de mon concentrer -en vain- sur autre chose que la perfection qu'il incarnait à merveille.
- Auriez-vous des pensées impures Mademoiselle Swan ? s'intéressa-t-il en pressant doucement ma cuisse de ses doigts.
- Certainement pas, m'offusquai-je en retenant le rire qui voulait secouer mon corps.
- J'en ai plein, avoua-t-il en se penchant un peu plus pour embrasser mon épaule nue du bout des lèvres. Tout le temps. Mais encore plus quand je te vois dans cette robe.
Malgré mon envie d'ignorer ce qu'il me disait, je me sentie rougir légèrement. Il était tellement doué à ce jeu là : celui de me faire perdre l'envie de l'ignorer.
- J'ai hâte de rentrer, poursuivit-il quand je le regardai à nouveau.
Ses yeux légèrement sombres trahissait le désir naissant entre nos corps l'un à coté de l'autre, et son sourire collé à ses lèvres semblait ne pas vouloir disparaitre. C'était vrai, il avait l'air vraiment heureux.
- J'ai hâte aussi, finis-je par avouer après un instant à le dévisager.
Depuis que nous nous étions retrouvés, j'avais la sensation que notre séparation avait anéanti absolument tout les filtres entre nous. Du moins, c'était vraiment le cas de mon coté.
Il se pencha un peu plus vers moi, puis effleura mes lèvres dans un baiser résonnant de promesses qui me donna le tournis.
Lorsque la vente de charité commença, quelques minutes plus tard, j'étais encore tiraillée face à tout ce que mon corps subissait à cause d'Edward à mon coté.
Autour de la table maintenant débarrassée, Emmett, Dean, Jasper et Alice nous entouraient. L'ambiance était décontractée et j'avais le sentiment que très peu de choses pourraient venir ternir cette belle soirée.
Très peu de choses à part Tanya. Mais je ne l'avais vu nul part depuis le début de la soirée et j'espérais sincèrement qu'elle ne viendrait pas. Bien que je veuille que notre situation change, nous n'avions rien prévu avec Edward pour ce soir. Nous avions rendez-vous le mardi avec l'inspecteur Grimaldi pour tenter d'avancer… et de proposer mon idée de mettre Tanya face au mur. Je savais cependant que ce dernier ne serait pas d'accord avec tout cela… pour lui, Tanya ne pouvait être impliquée dans les menaces que recevait Edward depuis presque un an parce qu'il n'avait aucune preuve… pour ma part, je commençai moi même à douter de mes accusations.
Et si elle n'y était pour rien ?
Les lumières se tamisèrent un peu tandis qu'un homme d'une cinquantaine d'années montait sur la scène, un peu plus loin. Les conversations et les rires se turent pour laisser place à l'ouverture de la vente de charité. Je n'avais jamais participé à ce genre de soirée, aussi, je me penchai vers Edward.
- Qu'est ce qui est mis en vente ? demandai-je à voix basse.
- Des villas, des bateaux, des voyages, parfois des œuvres d'art... répondit-il sur le même ton.
Ma curiosité me piqua.
- Tu en achètes ?
- J'ai acheté une villa dans le sud de la France il y a deux ans, avoua-t-il en guettant ma réaction.
Je tentai de paraitre impassible, mais je sus que c'était peine perdue quand un sourire se dessina sur ses lèvres.
- C'est pour la bonne cause, plaidât-il en m'offrant un sourire éblouissant.
- Je ne m'y ferais jamais, me lamentai-je à voix basse, récoltant un rire de sa part.
Il embrassa mon épaule à nouveau, faisant sursauter mon cœur avant de reporter son attention sur l'animation de la soirée, me laissant seule avec mes pensées qui bouillonnaient.
L'animateur expliqua dans les grandes lignes l'intérêt de cette soirée organisée chaque année : une collecte de fonds au profit du Anna Wintour Costume Center du Metropolitan Museum of Art de New York. Chaque année, l'événement célèbrait le thème de l'exposition de l'Institut du costume de l'année, qui donnait le ton à la tenue de soirée : les invités devaient choisir leur tenue en fonction du thème de l'exposition.
- D'où le bleu marine, me confia Edward en se penchant vers moi à nouveau, son souffle chaud caressant délicieusement ma joue. Ils ont choisis la galaxie cette année.
Je hochai la tête, un peu perturbée par sa proximité malgré le monde et la voix incessante de l'animateur. Je jetai un coup d'œil sur ma robe en souriant doucement. Bleu marine.
La vente se passa lentement, les lots se vendant comme des bouchées de pain. Certains atteignaient même le million en à peine quelques secondes. Un peu étourdie, j'assistai à la scène sans vraiment la voir. Edward, silencieux, observait la vente dans un calme qui m'inquiétait presque… comme s'il attendait quelque chose…
- A présent, nous allons passer à la vente de ce superbe catamaran tout juste sortit de nos usines de Floride…
- Ca devient intéressant, souffla-t-il en se redressant lentement.
Mon cœur loupa un battement.
- Quoi ? couinai-je en même temps que l'animateur annonçait le prix de départ.
- Son prix de départ étant fixé à 850 000 dollars, claqua-t-il avec joie, récoltant la réaction de plusieurs potentiels intéressés.
Comment pouvait-on être intéressé par un bout de plastique flottant sur l'eau à presque un million de dollars ?
Edward, attentif à la vente, ignora totalement l'explosion de mon cœur dans ma poitrine à l'instant où il leva sa tablette noir où était inscrit le numéro 18.
Il allait réellement proposé de l'acheter ce prix là ?
- 900 000, argua une voix féminine à l'autre bout de la pièce.
- 1 000 000, contrat Edward avec un sourire.
Je manquai de tomber à la renverse. Le cœur battant, comme déconnectée, j'assistai à la scène sans savoir comment réagir.
- Nous avons 1 000 000 ici ! s'écria l'animateur avec une joie débordante.
- 1 100 000, proposa un homme à la table d'à coté.
- Edward… soufflai-je en le voyant lever le bras.
- 1 500 000 dollars, cria Edward, fier comme un paon.
Je fus contente d'être assise en l'entendant. Qui voulait dépenser autant pour un bateau ?
- Nous avons un million et demi, confirma l'animateur. Quelqu'un d'autre ? Quelqu'un a-t-il quelque chose à ajouter ? Non ? 3, 2... Adjugé vendu au numéro 18 pour la jolie somme de 1 500 000 dollars !
- Ca n'est qu'un bout de plastique, m'étranglai-je quand Edward fut applaudit à travers la salle.
- Tu verras que non, affirma-t-il en me jetant un coup d'œil.
J'étais abasourdie, plus que ça même.
- Ca va ? demanda-t-il en verrouillant son regard au mien.
- Tu viens de dépenser 1 500 000 dollars pour un bateau, répétai-je, comme si cela allait me faire accepter la chose.
Il secoua la tête puis se pencha légèrement vers moi.
- On a déjà parlé de ça, murmura-t-il quand le calme revint dans la salle qui passait déjà au prochain lot.
- Je sais, admis-je en me sentant rougir. Seulement… 1 500 000 dollars Edward…
- C'est ce que je gagne en quelques semaines pendant mes tournées promotionnelles Isabella, chuchota-t-il en sondant mon regard du sien. J'aurai beau dépenser absolument tout ce que j'ai sur mon compte, tout sera revenu d'ici quelques semaines. C'est comme ça.
- D'accord, soufflai-je, un peu chamboulée.
Un léger soupire passa ses lèvres avant qu'il ne se penche pour m'embrasser doucement.
- Je dois place ce que je gagne pour que cela soit rentable… et je rêve d'avoir un bateau depuis que je suis môme.
- D'accord, répétai-je, me sermonnant de mes réactions souvent trop vives. Mais… je ne m'y ferais pas.
Son rire chatouilla mes lèvres qu'il embrassa une nouvelle fois.
- J'aime aussi savoir que ça te rends dingue, avoua-t-il contre ma bouche, récoltant un regard noir de ma part.
- Sans rire, m'étranglai-je, provoquant son rire à nouveau.
- On va pouvoir aller où on veut, quand on veut. On pourra même faire le tour du monde juste tous les deux si t'en as envie…
Une nouvelle fois, sa bouche effleura la mienne, effaçant toutes les craintes que nos différences pouvaient dessiner sous mes yeux.
- On va pouvoir bientôt partir, m'apprit-il après plusieurs autres ventes.
- Je vais aller aux toilettes avant, l'informai-je en me levant de table, à l'instar de beaucoup d'autres personnes qui quittaient la salle petit à petit.
- Reviens-vite, murmura-t-il en se levant à son tour par pure galanterie.
Son geste me tira un sourire. Je regagnai les toilettes en trottinant presque. J'avais hâte de quitter cet endroit, j'avais hâte de retrouver Edward, mon Edward, celui qui ne dépensait pas 1 500 000 dollars pour l'achat d'un bateau, celui qui ne portait pas de chaussures sur mesure et qui se baladait pieds nus dans la suite.
Je me lavai les mains lentement, savourant l'effet de l'eau fraiche sur ma peau : enfin quelque chose de normal. Derrière moi, plusieurs femmes discutaient à voix basses, leurs ricanements ne me perturbant pas plus que ça. Quand elles quittèrent les toilettes, je soupirai. Enfin seule. Enfin quelques minutes humaines que je m'accordai avant de retrouver le gala, les fleurs, les étoiles au plafond et les extravagances des invités.
- Cette couleur scier à merveille à votre teint, souffla une voix derrière moi.
Le cœur battant, la surprise nouant mon ventre à la vitesse de la lumière, je retins mal le cri qui s'étrangla dans ma gorge.
- Je ne voulais pas vous faire peur, s'excusa-t-elle en se dessinant à ma hauteur.
Dans le miroir, mon regard croisa le sien. Epoustouflante dans sa robe courte grise dont les strass scintillaient à la lumière des néons, Tanya me dévisagea pendant plusieurs secondes alors que je reprenais mon souffle difficilement. Dans ses cheveux relevés en chignon, un mélange de strass et de paillettes blanches la rendait quelque peu irréelle. Il n'y avait pas à dire, elle était magnifique.
- Je ne vous avais pas entendue, réussi-je à dire en reprenant contenance.
Je ramenai mon attention sur mes mains toujours sous l'eau clair. Je finis par couper l'eau en silence, récupérant le papier pour essuyer mes doigts. Sur mon visage, je sentais son regard insistant et déstabilisant. Je refusais cependant ce céder à la panique et la peur qui voulait s'insinuer sous ma peau. Je refusais de la faire gagner, de quelque manière que ce soit.
L'ignorant, je jetai le papier humide à la poubelle et m'apprêtai à partir quand elle parla à nouveau.
- Edward vous a emmenée ici, je suis très étonnée.
Je me figeai, sentant mon sang se glacer.
- JE vous demande pardon ? demandai-je en la regardant.
- Vu sa situation… murmura-t-elle en fixant son regard noisette sur mon visage.
Son aplomb me noua l'estomac. La tension entre nous était si vive que j'eus du mal à respirer.
- Vous devez en savoir quelque chose, effectivement, dis-je d'un ton plus sec que je l'aurai souhaité.
Ma réflexion la fit tiquer, mais elle ne dit rien, se contentant de laisser un sourire froid étirer ses lèvres sombres. Elle pencha très légèrement la tête, s'abreuvant de chacune de mes inspirations pour calmer mon cœur qui s'affolait. Etre seule ici, avec elle me donnait envie de vomir et de hurler. Et si c'était vraiment elle ?
- Je comprends ce qu'il vous trouve, souffla-t-elle soudain.
Je haussai un sourcil, repoussant un rire nerveux et amer qui voulut secouer mon corps.
- Vous… comprenez ?
- Vous êtes jolie, vous avez l'air intelligente… il a toujours aimé les femmes de caractère.
- Et surement trop polie pour vous dire que cette conversation n'est pas la bienvenue, la coupai-je froidement.
Un léger sourire étira à nouveau ses lèvres, consciente qu'elle touchait un point sensible. On se dévisagea un instant alors que la froideur peignait ses traits et me faisais trembler.
- Il reviendra, intervint-elle quand je fis demi tour pour sortir des toilettes.
Je fermai les yeux un quart de seconde, repoussant les démons dansant autour de moi.
- Je vous demande pardon ? demandai-je en me tournant vers elle.
- Edward… je le connais mieux que personne. Il finira par retrouver son chemin.
Le sourire qu'elle afficha dévoila ses dents blanches et parfaitement rectilignes, me donnant subitement la nausée. La colère piqua ma gorge, remontant amèrement dans ma bouche.
- Vous pensez vraiment qu'il reviendra vers vous ? répétai-je pour être certaine d'avoir bien compris.
- Vous êtes intelligente, je l'avais dit.
Mes sourcils se froncèrent légèrement pendant que ses mots faisaient leur chemin.
- Il ne serait pas celui qu'il est aujourd'hui sans moi, reprit-elle avec dédain. Je l'ai construit de toute pièce.
Je haussai un sourcil, soufflée par l'arrogance qu'elle se permettait d'avoir après tout ce qu'elle avait fait.
- Vous n'avez aucun mérite sur la personne qu'est devenu Edward, vous n'avez aucune gloire à…
- Vous pensez le connaitre n'est-ce pas ? me coupa-t-elle en s'avançant subitement vers moi, laissant tomber son masque de politesse. Vous n'êtes pas de notre monde, vous êtes tellement… (elle serra les dents) Si vous voulez son bonheur, vous le quitterez. Vous comprendrez qu'il a besoin… d'autre chose.
D'elle, souffla ma conscience. Je sentis mes mains trembler.
- J'en ai assez entendue ! claquai-je en haussant le ton tout en voulant partir à nouveau, sentant la colère m'étrangler.
Son corps me barra le chemin de la sortie dans un mouvement, comprimant mon cœur dans ma poitrine alors que je reculais d'un pas, essayant de réfléchir à une échappatoire. J'avais la sensation qu'un piège terrible se refermait sur moi à chaque seconde.
- Je ne suis pas votre ennemie Isabella. Je veux simplement vous prévenir…
- Je sais ce que vous faites, la coupai-je, la faisant se taire. Tout ce que vous faites. Vous ne gagnerez jamais.
Elle se figea un instant, certainement perturbée en comprenant que je ne parlais pas de cette petite conversation mal venue… mais de tout, menaces, agressions comprises.
La froideur et la distance dont je faisais preuve fit remonter ma confiance en moi. Quelques secondes, elle me dévisagea, perplexe.
- Il finira par comprendre, reprit-elle après une légère hésitation.
- Comprendre à quel point vous êtes malsaine ? Je crois que c'est déjà fait.
Elle ouvrit la bouche pour parler, mais je la coupai, n'arrivant plus à me taire. Ma colère, mon angoisse, ma frustration était en train de rendre les armes.
- Il est impossible qu'une femme comme vous comprenne ce que nous partageons depuis notre rencontre.
- Vous ne le…
- Je le connais assez pour vous promettre qu'il ne vous reviendra jamais Tanya.
La colère déforma son visage, faisant se serrer ses dents avec férocité alors qu'elle agrippait mon bras, serrant mon poignet à m'en faire mal.
- Il n'est rien sans...
- Vous ne faites plus partie de sa vie, claquai-je en me dégageant avec force. Ce qu'il en fait ne vous regarde absolument pas ! Alors foutez-nous la paix maintenant !
Le cœur battant, sans un regard, je quittai la pièce, la laissant stupéfaite au milieu des toilettes pour femmes.
Dans le long couloir menant à la salle de réception, mes angoisses explosèrent, réalisant que Tanya avait été seule avec moi pendant quelques minutes, et qu'il aurait pu se passer absolument n'importe quoi.
A peine fus-je de retour qu'Edward capta mon regard, à l'autre bout de la salle.
En une fraction de seconde, il se leva alors que les larmes brulaient mes yeux.
Emmett et Dean firent de même, comme une seule et même ombre.
La fatigue, la peur, la colère, tout s'emmêla en le voyant marcher vers moi, ses longues jambes lui permettant de parcourir la distance nous séparant en une fraction de secondes.
- Qu'est ce qu'il se passe ? demanda-t-il à ma hauteur alors que les hommes derrières lui se séparaient.
Dean resta à un mètre de nous tandis qu'Emmett partait en direction des toilettes. J'avais la sensation que mon corps allait céder. Mes tremblements s'amplifièrent quand il me toucha un peu partout, semblant vérifier que je n'avais rien.
- Isabella ? insista Edward, le voix plus grave.
- Tanya… elle… elle est venue me parler et je… je…
Ses mains chaudes entourèrent mon visage, me faisant me rendre compte que mes larmes avaient débordées.
- Elle t'a touchée ? trembla-t-il contre moi. Elle t'a menacée ?
- Non je… juste le poignet. Elle… elle a dit que je devais te quitter, je… que si je t'aimais je…
Mes mots s'étranglèrent dans ma gorge alors que la colère inondait mes joues, m'empêchant de respirer convenablement.
- On rentre, dit-il à Dean derrière nous dans un souffle.
- Bien monsieur.
Dean dicta quelques ordres à peines audibles dans son oreillette.
- Excuse-moi, murmurai-je en secouant la tête. Je ne sais même pas pourquoi je pleure j'ai… c'est juste…
- Respire, souffla-t-il en posant son front contre moi, ses pouces caressant mes joues, effaçant mes larmes avec douceur.
J'inspirai profondément, espérant me reprendre enfin.
- Elle est partie, intervint Emmett derrière nous qui était revenus des toilettes.
Edward serra les dents, refusant de se détacher de moi jusqu'à ce que je sois calmée. J'inspirai à nouveau, tentant de stopper les tremblements de mon corps. Après un instant, la fatigue me tomba dessus mais, pourtant, je me sentais mieux… bien que vide.
En deux minutes, on regagna la voiture dans un silence pesant. La veste d'Edward sur les épaules, le corps encore tremblant, je frottai mon poignet nerveusement en m'installant à l'arrière avec Edward toujours aussi tendu.
- Tu as mal ? demanda-t-il d'une voix rauque quand Dean démarra la voiture, faisant vibrer l'habitacle.
Je me rendis compte que je serrai et desserrait mon poignet entre mes doigts sans y prêter attention. Me dire que Tanya avait essayer de me retenir, de m'empêcher de sortir…
- Je… non, murmurai-je en relevant les yeux vers lui.
Sa colère et sa culpabilité me transpercèrent brutalement, coupant mon souffle.
- Ca n'est pas de ta faute, soufflai-je en verrouillant mon regard au sien.
- Elle était là, personne ne l'a vu, pas même nous, s'agaça-t-il en attrapant mon poignet qu'il caressa délicatement. Elle t'a touché, elle t'a…
Il serra les dents, retenant ses mots et sa colère.
- Je vais bien Edward. Elle voulait juste… m'intimider.
Il soupira bruyamment en dénouant sa cravate.
- Crois moi qu'elle ne va pas s'en tirer comme ça.
Je hochai la tête, ne sachant que dire. Malgré mon trouble, je tentai de réfléchir à tout ce qu'elle m'avait dit, et à ce qu'elle avait pu laisser paraitre.
- Dean, appelez Grimaldi, je le veux au Crosby dès demain.
- Bien monsieur.
- Edward…
- Elle ne t'approchera plus jamais, promit-il en me ramenant contre lui d'un geste puissant et rassurant.
La boule d'angoisse de mon estomac s'apaisa un peu. Je soupirai, observant les rues éclairés par les fenêtres défiler sous mes yeux. New York était superbe de nuit. En quelques minutes, on regagna l'hôtel que nous avions pour nos quelques jours à New York.
Allongée dans le lit contre Edward, je fixai le plafond, incapable de dormir malgré ma fatigue. Ma conversation avec Tanya défilait encore et encore, m'empêchant de m'apaiser complètement.
Edward à mon coté aussi était silencieux, perdu dans ses pensées sûrement sombres au vue de son visage fermé.
Après un moment, il se tourna vers moi, caressant ma hanche légèrement découverte par mon débardeur. Je fermai les yeux appréciant la douceur de sa caresse et les frissons qui me secouaient doucement.
Ses doigts glissèrent lentement jusqu'à mon poignet, celui que Tanya avait tenu.
Je mordis légèrement ma langue, retenant un soupire. J'avais encore la sensation de ses doigts glacés sur ma peau.
- Je déteste savoir qu'elle était là… et que je n'ai rien vu… soupira-t-il après un instant à caresser ma peau.
- Personne n'a rien vu, murmurai-je, les yeux toujours clos.
Il soupira une nouvelle fois, contrarié.
- Elle ne t'approchera plus.
Malgré la pénombre, quand je tournai le visage vers lui, je vis ses yeux briller de cette colère qui ne l'avait pas quittée depuis notre départ en catastrophe de la soirée du Met.
- Tout va bien Edward.
Il ferma les yeux, torturé et épuisé.
Je m'approchai un peu de lui, posant ma main sur son visage que je caressai doucement.
- Ca sera bientôt terminé, affirmai-je avec force.
Edward ne répondit rien, se contentant de me ramener contre lui pour m'embrasser.
Tout serait bientôt terminé.
Hello hello !
Un petit chapitre tardif ! non non, je ne suis pas en retard : nous sommes encore jeudi !
Je pensais pas y arriver… et pourtant ^^
Je m'excuse pour les fautes, les petites incohérences peut-être et le reste : mon cerveau est HS et je voudrais dormir à peu près 4 ans.
Passez une bonne semaine,
On se retrouve très vite, ici ou ailleurs.
Merci pour tout,
J'vous embrasse.
Tied.
