Bonjour bonjour, chers lecteurs !

Je crois avoir enfin abusé de votre patience, et je m'en excuse, car le dernier chapitre posté est le seul à n'avoir eu qu'une seule review depuis le début de cette histoire. Evidemment, c'est un peu triste, mais je suppose qu'en postant un chapitre tous les x mois, je ne devrais pas m'attendre à vous voir me déballer le tapis rouge à chaque fois, donc… Je continue. Et voici le chapitre suivant ! Avec un délai correct, pour une fois.

L'histoire avance, et j'espère que ça vous plaira ! Moi, j'ai eu beaucoup de plaisir à écrire tout ça, et je suis content d'aborder de nouvelles choses. Vous ne le voyez peut-être pas, mais j'ai mis en place un nombre plus que correct de petites choses à résoudre, et maintenant, je vais pouvoir rentrer dans le vif du sujet sur plus d'un tableau ! Héhé.

C'est le deuxième chapitre de l'histoire à porter un nom de personnage, et je pense que je vais faire ça encore une fois ou deux fois au minimum. J'aime bien, ça laisse plein de place au doute pour plein de sujets (le premier était Shikamaru, au cas où vous vous poseriez la question tout en ayant la flemme de vérifier).

Allez ! Je vous laisse à votre lecture, les gens, et à la prochaine !

Disclaimer :

La plupart des personnages sont à M. Kishimoto, mais j'y ai mêlé de mon imagination, surtout pour les personnages secondaires. L'histoire se déroule en France, par soucis de maniaquerie. Ainsi, au moins, je suis sûr de connaître le système scolaire.


Chapitre 31 :

Omoï.

Dimanche 2 février

Encore à moitié endormi, la première chose que je perçois est le ronflement régulier de quelqu'un qui dort près de moi. Me rappelant progressivement de la soirée de la vieille, je recolle les morceaux et ne suis pas surpris quand je me retrouve dans un lit avec Suigetsu. Un coup d'œil au réveil du décodeur de la télé m'indique qu'il est presque midi. Je décide donc qu'il est temps de me lever, et ce même si je reconnais que j'aurais probablement traîné encore un peu si j'avais été dans mon lit. Dans la suite logique des choses, je passe en position assise et m'étire en retenant difficilement un grognement de bien-être. Puis, je me frotte les yeux, et entreprend de quitter le salon aussi silencieusement que possible, pour permettre à Suigetsu de finir sa nuit.

Pieds nus, je m'éclipse en direction de ce que je me rappelle être la cuisine, même si nous n'avons pas vraiment pris le temps de visiter hier soir avant de nous jeter dans un lit – ou sur un canapé, pour ma part. Sans trop de surprise, j'y trouve Yahiko, assis à la petite table de la pièce. Quand j'arrive, il lève les yeux et m'accueille d'un sourire.

- Salut, fait-il. Bien dormi ?

- Hey. Oui, et toi ? Tu es levé depuis longtemps ?

- Non, pas trop. J'étais vraiment fatigué aussi, donc je me suis levé il y a une petite heure. Tu veux quelque chose à manger ou à boire ?

Jetant un coup d'œil au petit déjeuner qui recouvre la table, le grondement de mon ventre répond pour moi.

- Fais comme chez toi ! me dit-il, amusé.

Je le remercie, puis m'assied en face de la lui. Sans attendre, je m'empare d'un couteau à beurre, d'une tranche de pain, et je cherche une confiture qui me fait envie. Pendant ce temps, Yahiko termine un bol de céréales.

- Suigetsu dort encore ? me demande-t-il.

- Il ronflait quand je suis parti, oui, réponds-je en attrapant un pot de confiture à l'abricot.

- Pas étonnant. Il s'est encore plus dépensé que nous.

- Il était carrément au taquet, oui ! confirmé-je. Enfin, j'avoue que c'était vraiment cool. Je n'aurais pas cru ça d'Omoï, mais il est à l'aise sur scène, une fois qu'il est lancé !

Tandis qu'il acquiesce, mon ami se lève pour aller poser sa vaisselle dans l'évier. Puis, il se retourne vers moi et s'appuie contre le frigo à côté de lui, visiblement pas décidé à revenir s'installer à table.

- Tes parents ne sont pas là ? demandé-je pour faire la conversation, notant que je n'ai croisé personne depuis hier soir.

- Je vis seulement avec ma mère, me corrige-t-il. Et quand je lui ai demandé si je pouvais vous faire dormir ici ce soir, elle a décidé de faire une « soirée pyjama », pour reprendre ses mots, avec une amie.

Notant dans un coin de mon cerveau que Yahiko vit donc sans père, j'hésite suffisamment longtemps sur quoi dire pour qu'il affiche un sourire.

- Mon père n'est pas mort, déclare-t-il.

Je hoche la tête doucement.

- Je ne voulais pas forcément que tu en parles, affirmé-je. Je ne savais pas, c'est tout.

- Pas de souci. Il n'y a pas grand-chose à dire, c'est tout. Lui et moi n'avons jamais vécu ensemble. Nous sommes en contact de temps en temps, et il m'a officiellement reconnu, mais ça n'ira jamais plus loin. Ma mère ne lui demande même pas de pension. Et puis vu la taille de l'appartement, ce n'est pas plus mal si nous ne sommes que deux, fait-il remarquer en riant.

Loin de moi l'idée de juger leur appartement, je reconnais toutefois qu'il n'est en effet pas bien grand. À moins que ça ne soit juste l'agencement des pièces qui laisse l'impression qu'il y a beaucoup de perte. Il doit faire une cinquantaine de mètres carré, et un couloir face à l'entrée relie chaque pièce, faisant perdre le peu d'espace qu'ils auraient pu utiliser. Pour l'exemple, nous sommes actuellement dans une petite cuisine d'une dizaine de mètres carré juste assez grande pour le nécessaire vital, et une petite table. Dans le salon d'où je viens, le canapé lit déplié prend presque tout l'espace, une télévision avec son meuble occupant ce qu'il reste de place. Je suppose sans les avoir vus que les autres pièces doivent être du même acabit.

- Et toi ? finit-il par demander. Je n'ai jamais osé poser la question, mais le fait est que tu vis avec ta sœur et que tu ne parles jamais de tes parents.

- C'est Hana qui prend soin de moi depuis que mes parents sont morts, il y a des années, expliqué-je d'un ton neutre. Un accident les a fauchés tous les deux en même temps. Je n'en parle pas parce que je n'aime pas mettre les gens mal à l'aise. Alors que, vraiment, je n'ai pas à me plaindre.

Yahiko grimace une seconde, mais sa situation avec son père et sa réaction de tout à l'heure me font comprendre qu'il doit probablement comprendre le sentiment, au moins en partie.

- Tu m'en voies désolé quand même, dit-il. C'est moche.

Sa manière de réagir, sincère sans être pleine de compassion, voir de pitié, comme dans certains des cas les plus courants face à la nouvelle, me fait du bien. En tout cas, il ne me met pas dans l'embarras, et enchaîne sur un autre sujet, se doutant que je n'ai pas spécialement envie de m'attarder là-dessus. Principalement parce que je n'ai rien à en dire, d'ailleurs.

- Comment tu te sens ici, alors ? s'intéresse-t-il sincèrement. Je veux dire, vraiment. Parce que tu as l'air d'être heureux, mais parfois, tu sembles ailleurs l'espace d'une seconde ou deux. Dans ces moments-là, tu as l'air de ne pas te sentir à ta place. Ça m'a donné l'impression que tu es doué pour donner le change et faire comme si même quand tu es préoccupé.

Surpris, je m'arrête dans mon beurrage de tartine et le fixe. Je ne pensais pas Yahiko aussi perceptif. D'autant plus que, en définitive, on ne parle pas si souvent que ça, lui et moi.

- Si je suis trop intrusif, il faut me le dire, modère-t-il devant mon manque de réponse. Vivre avec Suigetsu tous les jours a tendance à réduire mon inhibition.

Il rit de lui, m'offrant l'opportunité de passer à autre chose si je n'ai en effet pas envie d'approfondir le sujet. Cela dit, lui et Suigetsu sont mes amis les plus proches, ici, et ils ont toujours été particulièrement tolérants et ouverts avec moi, donc je ne vois pas de raison de me taire.

- Non, tu as raison, réponds-je finalement. Je n'ai vraiment rien à redire sur ma vie ici. Le fait que je sois déjà officiellement sorti du placard, mais aussi que vous m'acceptez, me permet d'être moi-même, et c'est quelque chose qui m'avait manqué depuis le début de l'année scolaire. Cela dit… j'ai vécu toute ma vie là-bas, et mes amis et moi sommes très soudés. On fait presque toujours tout ensemble. Je sais que c'est vraiment égoïste ou injuste de dire ça, mais c'est quand j'ai l'un d'eux au téléphone que j'ai l'impression d'être vraiment à ma place.

Car oui, même si je n'en parle pas forcément, c'est régulièrement qu'on discute via ce petit bijou de technologie qu'est l'appareil portable. Sakura et Shikamaru m'appellent souvent, et Ino le fait de temps en temps. Seul Gaara est en silence radio, mais ça ne me surprend qu'à moitié. La culpabilité que je ressens à ne pas le contacter moi-même fait la guerre à ma volonté d'essayer de passer à autre chose, si bien que je me contente de demander de ses nouvelles à chaque fois pour soulager ma conscience, sans faire le premier pas.

- C'est normal, me répond Yahiko en me sortant de mes pensées. Ne te prends pas la tête là-dessus, on ne t'en voudra pas, Suigetsu et moi. Ce que tu as fait pour ton ami, Gaara, n'est pas forcément facile, mais ça prouve que tu es quelqu'un de bien.

Alors qu'il m'attribue des qualités où je vois des défauts, je ne peux m'empêcher de rectifier le tir, gêné d'être complimenté sans raison.

- Je pense que tu m'accordes trop de crédit, le contredis-je. Je sais que je suis une horrible personne quand je me réjouis de savoir que je leur manque, d'autant plus quand ils me disent que Gaara a l'air un peu morose.

Avec un sourire triste, il revient s'asseoir en face de moi, tandis que j'essaye de me recentrer sur mon petit déjeuner.

- Même si tu as l'impression que ce n'est pas le cas, reprend-t-il, d'après ce que tu nous as raconté sur ton ami Gaara, tu as agi autant dans son intérêt que dans le tien, si ce n'est pas plus. La solution la plus simple pour toi aurait été de le laisser s'éloigner de vous. Oui, le fait que tu sois amoureux peut te faire prendre des décisions irrationnelles, mais la preuve en est que tu as choisi de partir à sa place quand l'occasion t'était donnée. Tu as préféré abandonner ta vie de tous les jours, et des amis qui comptent vraiment pour toi, juste pour qu'il ne se sente pas repoussé.

Je sais bien qu'il n'a pas totalement tort, mais voir quelqu'un me soutenir que je suis quelqu'un de bien me laisse une sensation peu agréable.

- Tu ne le connais pas, contré-je en sentant mes oreilles chauffer. Quand ses parents sont morts, il s'est renfermé sur lui parce qu'il était présent sur les lieux et que ça a été un traumatisme. Depuis, tout le monde l'évitait plus ou moins consciemment, et c'est grâce à notre excentricité qu'il a recommencé à avoir une vie normale, avec des gens qui s'intéressent vraiment à lui. Enfin, en dehors de ses frères et sœurs, évidemment. Le repousser juste parce qu'il n'est pas gay me semblait injuste. C'est aussi quelqu'un de bien.

Peut-être un peu plus bavard que je ne le devrais, je comprends après coup que je ne fais que lui donner raison. D'ailleurs, son sourire en coin me permet de deviner qu'il est arrivé à la même conclusion que moi.

- Je ne vais pas te taquiner plus longtemps sur le sujet, mais arrête de t'en vouloir, conclut-il. En plus, Suigetsu et moi sommes contents de t'avoir dans les pattes. Je ne sais pas combien de temps notre amitié tiendra si tu retournes chez toi à la fin de l'année scolaire, mais ça aura été fun le temps que ça durera.

Son commentaire me met un coup au cœur, car je sais qu'il est sincère, et je partage le ressenti.

- Je n'ai pas menti l'autre jour, rétorqué-je aussitôt, envieux de me débarrasser de ce sentiment désagréable. Le but n'était pas de vous brosser dans le sens du poil. Si ça ne tenait qu'à moi, je garderais contact, c'est sûr. D'ailleurs, j'adorerais que vous rencontriez Gaara et les autres. Nous sommes un petit groupe de cinq, mais on peut faire du bruit comme dix !

Ma remarque le fait sourire, et ça me soulage aussi.

- Je n'en doute pas une seule seconde, dit-il, l'air rieur.

La discussion arrivant à une conclusion, j'enfourne ma tartine dans ma bouche et laisse un silence confortable s'étirer entre nous.

Pendant que je continue mon repas, Yahiko sort son téléphone et surf sur le net. Pas forcément habitué à manger en grande quantité le matin, je lui demande si nous attendons Suigetsu.

- Vu l'heure à laquelle il se lèvera, il ne mangera pas, m'informe-t-il en englobant la table d'un mouvement de bras, donc ça ne sert à rien de laisser traîner tout ça.

- Je m'occupe de ranger ce qui se stock au frigo, me proposé-je, le mouvement déjà amorcé.

- Ça marche, dit-il en se levant à son tour. Je vais faire la vaisselle de mon côté, histoire de laisser l'appartement dans l'état où ma mère l'a quitté hier soir.

Chacun concentré sur notre tâche, nous ne disons rien. Après plusieurs aller-retours entre la table et le réfrigérateur, je ferme ce dernier et m'arrête, curieux. Il y a un sacré paquet de photos collées à l'aide de magnets, la plupart représentant Yahiko pendant sa croissance.

- Interdiction de prendre ce frigo en photo, me lance l'intéressé en constatant mon occupation. Je sais qu'il y a plus d'un dossier là-dessus, mais ma mère tient à les garder, alors je la laisse faire.

Sa remarque me soutire un ricanement, mais je n'approfondis pas le sujet. Ou plutôt, c'était le cas jusqu'à ce que, après un examen minutieux, je me rends compte qu'une jeune femme accompagne souvent Yahiko. Elle semble à peine plus âgée que lui et, malgré ses cheveux blonds, on pourrait difficilement nier un lien de parenté.

- Tu as une sœur ? demandé-je, surpris de n'en avoir jamais entendu parler.

Sa vaisselle terminée, il s'approche de moi, un sourcil arqué, avant d'exploser de rire en apercevant la personne en question.

- Je lui dirai, ça lui fera plaisir, m'explique-t-il une fois calmé. C'est ma mère, Kiba.

Dans mon cerveau, la nouvelle se heurte à des informations contraires, si bien qu'il y a comme un moment de flottement avant que je retrouve mes esprits.

- Quoi ? m'exclamé-je enfin. Mais ce n'est pas possible. Elle a l'air d'être à peine plus âgée que toi ! Ma sœur pourrait avoir le même âge.

Ma perplexité le fait rire davantage.

- Je reconnais qu'elle fait plus jeune qu'elle ne l'est, poursuit-il, mais elle a quand même trente-trois ans. Elle m'a eu très jeune, à dix-sept ans.

Ces nouvelles précisions en tête, mon visage se tourne par réflexe vers la photo qui me semble la plus récente. J'ai toujours du mal à y croire, mais ne voit pas de raisons supplémentaires de remettre ses propos en question.

- C'était voulu ? m'intéressé-je, soudain curieux de connaître ce qui a pu amener une adolescente à avoir un enfant.

- Oui et non, me répond-t-il. Mes parents étaient en couple à l'époque, certes, mais ils n'ont pas fait très attention quand ils faisaient des galipettes. Ma mère a décidé de me garder, et ses parents l'ont soutenu. Ils sont assez pieux, alors l'avortement que proposait mon père ne leur plaisait pas des masses.

- C'est fou de savoir qu'une adolescente veuille garder un enfant à cet âge-là, pensé-je à voix haute, plus pour moi que pour lui.

- Elle y a longuement réfléchi, complète-t-il. Cela dit, déjà jeune, elle savait qu'elle voudrait au moins un enfant. Elle savait aussi que ses parents la soutiendraient et que je ne manquerais de rien. Et puis… même sans être aussi croyante que ses parents, son éducation religieuse lui a tout de même appris à respecter toutes les vies, et elle m'a avoué qu'elle s'en serait voulue de ne pas m'avoir laissé de chance pour une erreur de jeunesse.

- Elle n'a pas pris cette décision sur un coup de tête, alors, suis-je impressionné.

À nouveau, il rit. Encore une fois perplexe, je me tourne vers lui, des questions plein la tête.

- Attends d'entendre l'explication qu'elle m'a donnée quand je lui ai demandé pourquoi est-ce qu'elle a quand même décidé de me garder alors qu'elle savait que mon père ne ferait pas partie de notre vie.

Son amusement contagieux, je me surprends à sourire également. Alors qu'il sait très bien que j'attends la suite, il fait exprès de faire durer le suspense, avant de se tenir bien droit et de bomber le torse.

- Pour reprendre ses mots : « je savais déjà que, si tu récupérais mon intellect, tu serais avantagé dans la vie. Avec le physique de ton père en plus dans la balance, qui a été et restera probablement encore longtemps canon, tu avais le combo gagnant ! »

M'attendant à ce qu'il explose de rire pour me faire comprendre qu'il se moque de moi, j'attends l'espace d'un instant, avant de deviner qu'il n'en fera rien.

- Sérieusement ? demandé-je en arrivant à cette conclusion. Ta mère et ma sœur s'entendraient bien, tiens !

- Ce n'est pas la modestie qui les étouffe, hein ? continue Yahiko.

Mon regard se détachant enfin des photos, je me tourne à nouveau vers mon ami. J'observe son profil alors qu'il est occupé à passer en revue quelques photos sur le coin du frigo. Il sourit, de bonne humeur, et mon commentaire m'échappe avant que mon inhibition n'ait le temps de s'en mêler.

- Elle avait raison, déclaré-je sans contexte.

Pas sûr de comprendre où je veux en venir, mon ami redirige son attention sur moi, un sourcil arqué.

- De qui tu parles ? me demande-t-il. Ta sœur ?

Bêtement, c'est lorsqu'il m'interroge que je réalise avoir lâché ce commentaire à voix haute. Mes oreilles se réchauffant, je détourne le regard et me râcle la gorge, mal à l'aise, tandis qu'il attend une réponse.

- Ne le prends pas mal, okay ? tenté-je maladroitement. Ça m'a échappé tout seul, je n'ai pas fait gaffe.

- C'est de moins en moins clair, là, se moque-t-il en riant.

Décidant d'arrêter de tourner autour du pot, convaincu que ce n'est pas le genre de choses qui pourraient mettre à mal notre amitié, je me lance.

- Ta mère, précisé-je. Elle avait raison. Ce serait mentir que dire que tu es désagréable à regarder.

Mes explications le surprennent, je peux le voir se figer l'espace d'une seconde dans ma vision périphérique. Pourtant, il ne se recule pas, ou autre, et ça me confirme qu'il est au-dessus de ça.

- Et bien… Merci ? fait-il, incertain sur la réponse à me donner.

- Je ne cherchais pas à te draguer, hein, le rassuré-je. C'est juste que… tu es roux.

Là, il explose de rire.

- Finement observé, mon cher Watson, me félicite-t-il quand il a réussi à se calmer.

Pour éviter de me ridiculiser plus longtemps et essayer de rétablir la connexion entre les deux informations, je fais un effort pour passer outre mon hésitation.

- Je ne l'ai jamais dit, expliqué-je, mais Gaara est roux. Certes, sa chevelure tire plus sur le rouge que toi, mais je me suis rendu compte en arrivant ici que ça avait développé mon attrait pour ce type de chevelure, c'est tout. Pour être honnête, tu fais partie de ceux qui m'ont laissé une impression le premier jour.

Je devine sans me tourner franchement vers lui que ma déclaration lui enlève son sourire.

- Oh, fait-il simplement.

Soucieux de l'avoir mis mal à l'aise malgré tout – j'en ai probablement trop dit, sous le coup de la panique – je lui fais à nouveau face. Pourtant, s'il a l'air un peu surpris, il ne prend pas mes explications d'un mauvais œil.

- Désolé, m'excusé-je rapidement.

- Non, ce n'est pas grave, assure-t-il. Je ne m'y attendais pas, c'est tout. C'est… Enfin, c'est flatteur. Tu pourras dire merci à mon père pour les cheveux. Et puis tu sais, tu n'es pas trop mal dans ton genre, toi non plus ! s'exclame-t-il avec le sourire, pour briser la tension.

Ce-disant, il m'ébouriffe les cheveux, et je comprends que son seuil de tolérance sur le sujet est particulièrement haut, ce qui ne fait que renforcer mon opinion sur sa personne. Sa bonne humeur étant contagieuse, je me surprends à rire, moi aussi, quand quelqu'un nous interpelle.

- Vous faites la fête sans moi ? nous lance Suigetsu depuis l'entrée de la cuisine.

D'un mouvement, Yahiko et moi nous tournons vers le nouvel arrivant. Encore en pyjama – c'est-à-dire en boxer, car Suigetsu n'a absolument aucun mal à dormir presque nu avec un mec gay, ce qui montre que son propre seuil de tolérance n'a rien à envier à celui de Yahiko – et l'air débraillé, Suigetsu se frotte un œil en nous observant. Ses cheveux ébouriffés et son unique œil ouvert fatigué ne l'empêchent pas d'être souriant, comme toujours. Je me fais au passage la réflexion que je dois probablement donner une image de moi un peu similaire au réveil, et je me promets d'essayer de ne plus être trop désagréable avec Shikamaru lorsqu'il a la tête un peu dans le brouillard le matin. Parce qu'honnêtement, si je ressemble vraiment à Suigetsu, c'est pour ce genre de situation que l'expression « c'est l'hôpital qui se moque de la charité » a été inventée.

- Bonjour princesse Débauche, l'accueille Yahiko. Est-ce que votre royal fessier a apprécié le confort du canapé cette nuit ?

- Tu voulais dire manque de confort, non ? demande-t-il en s'installant à la table que nous avons quitté il y a peu. Si je n'étais pas aussi fatigué, j'aurais eu bien du mal à dormir.

- J'y ai dormi une nuit, quand des invités étaient à la maison, donc même si l'envie de te contredire se fait pressante, par principe, je pourrais malgré tout difficilement dire le contraire.

Comme quoi, les voir discuter du canapé-lit supposé inconfortable au possible me confirme une chose : je peux bel et bien dormir n'importe où. Parce que moi, j'ai dormi comme un loir. Un grognement me tire de mes réflexions et mes yeux retombent sur Suigetsu, en train de s'étirer, offrant son corps de Dieu grecque presque nu à mes pupilles en fente. Puis, alors qu'une nouvelle pensée me traverse l'esprit, je sais que je ne pourrais pas la retenir lorsque je me mets d'instinct à sourire.

- Est-ce que tu as conscience de ce que tu fais ? demandé-je à mon ami. Tu te rends compte de tous les messages et sous-entendus tu peux m'envoyer en t'exhibant comme ça ? Je vais finir par croire que tu as envie que je te saute dessus mais que tu n'oses pas faire le premier pas.

Ma remarque ne rate pas, et l'intéressé part dans un éclat de rire franc. Lorsqu'il se lève et fait un pas vers moi, je me rappelle toutefois qu'il est bien plus fort à ce jeu que moi, et je me demande si je vais regretter mon excès de confiance.

- Prends-en plein les mirettes, c'est gratuit, se contente-t-il toutefois de dire en prenant différentes poses successives pour mettre en avant ses muscles.

À mon tour, je ris sans retenue. Sérieusement, il serait difficile de se sentir mal à l'aise ou anormal quand on voit à quel point mes amis acceptent ma condition. Et dans un coin de mon cerveau, je me fais aussi la réflexion que je suis tout de même bien content que Shikamaru ne soit pas le même genre d'exhibitionniste. Je ne sais pas si j'aurais survécu à ce jour dans les vestiaires s'il avait trouvé logique de se déshabiller avant de m'embrasser, à l'époque. Parce que sincèrement, je commence à me dire que Suigetsu l'aurait fait sans même avoir à y penser.

Le début d'après-midi se fait tranquillement, tandis que Suigetsu et moi rentrons chacun de notre côté. À la maison, Hana était bien évidemment déjà levée, et je suis accueilli par une grosse boule de poils. Alors que j'annonce sortir le monstre pour une promenade qui sonne comme une excuse de l'avoir abandonné pour la soirée, ma sœur m'accompagne, et je lui raconte les récents évènements. Elle commente au fur et à mesure, clairement heureuse de savoir que je me suis trouvé un groupe d'amis sympas. Lorsque je termine sur l'épisode exhibitionniste de Suigetsu ce matin, elle part en fou rire, surtout quand elle me taquine suffisamment pour me faire monter le rouge aux joues, elle qui avait déjà trouvé la situation au sauna assez cocasse.

Le reste de mon week-end est calme. J'ai encore quelques devoirs à faire pour le lycée, et je suis malgré tout fatigué de cette petite excursion, aussi fun a-t-elle été, donc je flâne un peu à l'appartement, heureux de profiter d'un moment de quiétude avant le retour au lycée.

Lundi 3 février

La reprise des cours va de pair avec la reprise de bonnes habitudes, et c'est à cinq, cette fois, que nous créons une cacophonie dans le self, les éclats de rire se mêlant aux emportements récurrents de Karui. Puis, lorsque j'aperçois Omoï qui baille à s'en décrocher la mâchoire, un sourire se colle sur mon visage.

- Toujours fatigué de ce week-end, hein ? demandé-je juste pour la forme, la question étant de rhétorique. Vous êtes partis longtemps après nous ?

- Non, ça va, me répond-t-il avec le sourire. Mais c'était beaucoup d'émotions pour mon petit cœur.

- Vous avez trouvé ça comment, alors ? s'incruste Karui dans la conversation.

- C'était vraiment top ! s'enthousiasme Suigetsu. C'est trop bien de connaître des stars. Vous me faites un autographe avant d'être trop connu ? Je ne voudrais pas avoir à faire la queue pour en avoir un.

Tandis que Karui se prête volontiers au jeu en lui signant une serviette de la cafétéria dans une grande théâtralité qui aurait rendu ma sœur hilare, je me recentre sur Omoï.

- Honnêtement, reprends-je, c'était vraiment bien. Tu as vraiment l'air plus à l'aise sur scène que sur des skis.

- Je ne te le fais pas dire ! s'exclame-t-il. Même si j'ai eu peur que tout parte en vrille, notamment à cause du groupe qui n'arrivait pas, je suis content. On a vraiment passé un bon moment.

- Et tu chantes drôlement bien, d'ailleurs, renchéris-je. Bon, tu me diras, je n'y connais pas grand-chose en termes de technique, mais mes oreilles ont aimé ce qu'elles ont entendu.

Cette fois, mon compliment le fait se tasser sur sa chaise, mais il sourit, content malgré tout.

- Il faudra nous réinviter si vous remettez le couvert, déclare Yahiko. Même les autres groupes, ceux que vous avez choisis, étaient bien. Ça change d'écouter des petits groupes locaux. Je n'ai pas l'habitude, je l'avoue.

Lancé sur le sujet, Omoï, aussi enthousiaste que jamais, échange vivement avec Yahiko sur les groupes de musiques à la mode, râlant ou complimentant selon les cas, tandis que je me contente d'être spectateur. Je l'ai déjà dit, mais j'écoute très peu de musique en général, et la plupart des noms qu'ils sortent me sont complètement inconnus, vaguement familier au mieux. Pourtant, l'énergie positive qui se dégage de mes amis est communicative et je passe un bon moment malgré tout.

Notre repas englouti avec la même sensation inassouvie habituelle d'avoir mangé plus pour survivre que pour le plaisir, notre groupe se dirige dans la cour. Sans faire chaud, le soleil est présent, donc nous choisissons d'en profiter un peu avant la reprise. Nous discutons de tout et de rien, sans discontinuer, les échanges coulant naturellement. Puis, l'heure approchant, Omoï et Karui nous quittent, tandis que nos deux groupes se séparent pour rejoindre leurs salles de cours respectives. En chemin, toutefois, les discussions ne s'arrêtent pas pour autant.

- Alors, Kiba ? m'apostrophe Suigetsu. Comment ça se passe avec Omoï ?

- Hein ? fais- je très inélégamment, le sujet tombant de nulle part.

- Et bien comment se passe ton idylle parfaite avec le beau gosse leader d'un groupe de musique ? approfondit-il sur un ton amusé.

Confus, je m'arrête de marcher, les obligeant à s'arrêter quelques pas devant moi.

- De quoi tu parles ?

Evidemment, ça ne manque pas. Ma réaction le fait mourir de rire. Puis, comprenant que je ne fais pas semblant de ne pas comprendre, son expression change. Comme on regarde un enfant un peu naïf qui croit encore au père Noël, il s'approche de moi et passe une épaule derrière mon cou.

- Pourquoi est-ce qu'on se moque toujours de moi sur mon incapacité à rater les signes évidents alors que j'ai l'impression d'être le seul à avoir un peu de jugeotte ? demande-t-il sans s'adresser à personne en particulier. Tu vas me faire croire que tu fais du rentre-dedans à ce pauvre gamin sans même t'en rendre compte ?

Alors qu'il m'incite à reprendre notre marche, mes jambes se réactivent alors même que mon cerveau peine à s'y retrouver.

- Tu te fous de moi ? finis-je par demander. Je suis comme ça avec tout le monde ! Je n'ai jamais cherché à draguer qui que ce soit !

- Damn, lâche-t-il en anglais, d'autant plus amusé par ma remarque. À ce niveau, c'en est dangereux.

Le besoin de voir son visage pour tester son sérieux se faisant ressentir, je m'échappe de son emprise et me tourne vers lui, nous forçant à nouveau à nous arrêter au milieu de la cour.

- Tu es sérieux, là ? demandé-je, une panique couvant en fond.

- Je croyais que tu en étais conscient, me confie-t-il sans se départir de sa bonne humeur. J'avais l'impression qu'il y avait un truc entre vous.

Sans savoir quoi répondre à ça, je me tourne vers Yahiko, une question muette sur le visage. Il se contente alors de hausser les épaules, l'air penaud.

- C'est vrai que ça ne paraît pas impossible, déclare-t-il avec des pincettes. Je ne serais pas aussi catégorique que notre commère en titre, mais quelques détails laissent le doute, surtout quand on sait qu'il est au courant que tu t'intéresses aux mecs.

Enregistrant l'information, j'essaye de me rappeler ce que nous avons pu dire ou faire en présence l'un de l'autre, mais ne trouve rien de flagrant. Cela dit, mon histoire avec Kilia m'a appris deux choses importantes. La première, oui, je suis bien gay. La deuxième, je suis probablement l'un des mecs avec le crâne le plus épais quand il s'agit de ce genre de choses.

- Vous y croyez vraiment ? fais-je, toujours aussi sceptique, et un peu perdu.

Comprenant que le sujet n'est pas quelque chose de très drôle pour moi, là, dans l'immédiat, même Suigetsu reprend son sérieux.

- Même si c'était vrai, ce n'est pas grave, si ? me demande-t-il.

Cette fois, je n'ai même pas besoin de réfléchir à la question.

- La situation était différente parce que c'était une fille, expliqué-je, mais la dernière fois que quelqu'un s'est intéressé à moi sans que je ne le sache, j'ai terminé à l'hôpital.

- Détends-toi, me rassure Suigetsu en comprenant que mon expérience ne m'a en effet pas laissé de très bons souvenirs. C'est drôlement différent, là, non ? Même s'il s'intéressait à toi, au moins, c'est un mec.

- Et puis tu ne lui dois rien, poursuit Yahiko. Se prendre un râteau ne fait pas plaisir, certes, mais tu peux lui faire comprendre que tu n'es pas intéressé si c'est le cas. Ne le prends pas comme une contrainte. Tu as le droit de faire ce que tu veux.

- Exact, me confirme notre ami. Être gay ne t'oblige pas à sortir avec tous les mecs qui s'intéressent à toi. Tu peux être tatillon si ça te fait plaisir !

Sa dernière remarque se termine par un rire, ce qui me détend un peu. De plus, ils sont plutôt de bons conseils, et je vois le bienfondé de leurs explications.

- Merci, dis-je sincèrement. J'avoue que j'ai un peu paniqué pour rien.

Mes deux comparses m'offrent un sourire encourageant, et nous repartons en direction de notre salle de cours. Toutefois, malgré mes dires, j'arrive difficilement à suivre leur discussion, mon esprit tout occupé par ces nouvelles possibilités que je n'ai encore une fois pas vues venir.

Lorsque je m'installe à ma table, je suis toujours plongé dans mes pensées, si bien que je ne remarque Hinata que lorsque j'aperçois son visage soucieux apparaître dans ma vision périphérique.

- Tout va bien ? me demande-t-elle.

Comprenant que je suis aussi transparent que d'habitude, je n'essaye même pas de feindre un sourire.

- Je suis juste un peu perdu, expliqué-je.

- Ah bon ? Il s'est passé quelque chose ce midi ?

Son inquiétude sincère, je m'empresse de donner quelques détails, le sujet ne méritant clairement pas qu'on en fasse des montagnes.

- Non, rien de grave, la rassuré-je. C'est juste que…

J'allais préciser le fond de ma pensée quand je me suis rendu compte que je risquais de passer pour un égocentrique à imaginer qu'on s'intéresse à moi au moindre petit truc. Du coup, j'hésite juste assez longtemps pour avoir l'effet inverse à celui escompté, ce que je devine à ses sourcils froncés d'incompréhension.

- En fait, reprends-je depuis le début, le rouge colorant à nouveau mes oreilles que je sens se réchauffer, Yahiko et Suigetsu m'ont fait remarquer qu'un ami pourrait s'intéresser à moi autrement que pour de l'amitié. Si c'est le cas, comme toujours, je n'ai rien vu venir, et je n'ai pas l'habitude, donc… voilà.

Même sans la regarder dans les yeux, je vois plusieurs émotions se succéder sur son visage. D'abord, elle est surprise, mais rapidement, un sourire encourageant s'installe.

- Tu ne t'en rends pas compte, Kiba, mais tu as une personnalité lumineuse. Pour peu qu'on soit tolérant et respectueux, tu acceptes tout le monde et tu mets tout de suite en confiance. Là où beaucoup cherchent le moindre signe d'une attirance quelconque, tu te contentes juste d'être toi-même avec tout le monde. Ce qui, paradoxalement, fait que tu ne remarques pas quand quelqu'un s'intéresse vraiment à toi. Je ne serais pas surprise que quelqu'un s'entiche de toi, en tout cas.

Ses compliments achèvent de me faire tourner au rouge écrevisse, tandis que je me tasse sur ma chaise. Je ne vois absolument pas ce que je devrais répondre à ça, ce qui la fait rire doucement. Elle ne se moque pas, c'est vraiment bienveillant, mais ça n'aide clairement pas à m'aider à retrouver la parole.

- Tu es devenue philosophe pendant la pause de midi ? lancé-je, tentant un trait d'humour pour cacher mon propre malaise.

- Avant que tu n'arrives ici, répond-t-elle le plus sérieusement du monde, sur le même ton bienveillant, personne ne me parlait. J'avais le temps d'observer les autres élèves. Je n'avais même presque que ça à faire ! me confie-t-elle d'un air enjoué, même si je devine que ça devait lui peser, à l'époque.

- Désolé, m'empressé-je de m'excuser.

- Je ne voulais pas me plaindre. Je partageais juste mon avis. Mais pour revenir dans le vif du sujet, dit-elle en se rapprochant de moi, murmurant presque pour rester dans la confidence, est-ce qu'il te plaît, ce garçon ?

Déboussolé par la facilité avec laquelle elle a poussé ses problèmes d'un revers de la manche pour revenir sur les miens, je mets un instant à réagir. Cela dit, à en juger par ses yeux rieurs et l'excitation dans sa voix, j'en déduis que le sujet l'amuse autant qu'il l'intéresse, alors je choisis de rentrer dans son jeu, même si je ne suis pas en territoire connu.

- Je… suppose ? tenté-je. Je veux dire, il est sympa, on s'entend bien. Je n'avais juste pas poussé la réflexion plus loin.

- Et physiquement, il te plaît ? demande-t-elle des détails.

Pour la première fois, c'est lorsqu'elle me pose la question que je m'autorise vraiment à réfléchir à mon avis sur le sujet. Le visage souriant d'Omoï me revient en tête. Sa peau sombre, ses cheveux blancs, son nez écrasé, et l'éternel bâton de sucette qui dépasse toujours de sa bouche.

- Je ne pense pas qu'il plairait à tout le monde parce qu'il est assez typé, mais…

Je ne termine pas ma phrase, un peu mal à l'aise à l'idée de donner un avis critique sur le physique d'un ami, surtout lorsque rien ne me garantit encore qu'il s'intéresse vraiment à moi.

- Il te plaît, en déduit-elle justement.

Je me contente d'acquiescer vaguement.

- C'est plutôt un bon début, conclut-elle. Il ne te reste plus qu'à jauger la température de toi-même, maintenant !

- Tu crois ? fais-je, vraiment pas sûr de quoi faire.

Elle n'a toutefois pas le temps de me répondre que notre prof passe l'encadrement de la porte. Le petit cocon que nous avions créé pendant la discussion se disloque presque aussitôt, et par réflexe, nous plongeons dans nos sacs pour en sortir les affaires nécessaires.

- Ne t'en fais pas, Kiba, me rassure Hinata en constatant mes sourcils froncés. C'est plutôt sympa ce qui t'arrive. Essaye d'en profiter au lieu de trop réfléchir.

Les conseils de ma voisine se rapprochant de ceux prodigués par mes amis un peu plus tôt, je tente de me convaincre qu'ils ont raison et, si mon esprit continue à travailler sur le sujet, c'est un peu plus optimiste que j'y réfléchis.

La seule chose de certaine, c'est que je ne battrais pas mon record de concentration sur les cours aujourd'hui !

Mercredi 5 février

Le moins que l'on puisse dire, c'est que depuis ces fameuses discussions avec mes amis, j'ai eu beaucoup de mal à penser à autre chose – ou plutôt quelqu'un d'autre – qu'Omoï. Evidemment, nous avons continué à nous croiser à différents moments, mais je serais bien incapable de dire qu'il s'intéresse vraiment à moi. Non seulement il me manque le fameux gaydar dont les gens parlent, mais en plus, je ne sais pas ce que je suis censé remarquer quand quelqu'un me fait de l'œil. En fait, il devrait me mettre la main aux fesses, ce serait plus simple pour moi. Suigetsu et Yahiko n'auront rien dit, mais le sourire en coin de mon richissime ami me laisse deviner qu'il s'amuse de mon observation discrète d'Omoï.

- Pour fêter la réussite du petit festival de musique, s'exclame d'ailleurs fièrement l'intéressé, A et B nous invitent à manger chez eux, ce soir. Il a dit que vous étiez les bienvenus, si ça vous tente ?

Le temps s'étant encore réchauffé ces quelques derniers jours, nous sommes assis dans l'herbe, dans le parc à l'intérieur de la cour du lycée. Certes, les températures restent hivernales, mais avec une bonne veste et une écharpe, la chaleur du soleil suffit à me rendre presque somnolant de bien-être.

Pour en revenir à la question de mon ami, je choisis toutefois de ne pas répondre de suite, même si j'aurais plutôt tendance à me jeter sur ce genre d'occasions en temps normal. Normal étant bien évidemment le mot-clé ici. Avec toute cette situation, j'ai tendance à faire attention à ma manière de réagir lorsqu'il s'agit d'Omoï, ce qui m'a valu encore quelques remarques amusées de la part de Suigetsu, évidemment.

- On a cours demain, se lance Yahiko en premier, donc ma mère ne me laissera pas rester trop tard, mais ça me dit bien !

- Pareil, surenchérit Suigetsu. Samui sera là aussi ?

- Pourquoi tu veux savoir ça ? se moque Karui. Ça y est, ses charmes ont marché sur toi aussi ?

Certes, Suigetsu n'étant pas très subtil sur le fait qu'il trouve Samui à son goût, il est évident que tout le monde est au courant.

- Elle fait partie du groupe, répond-t-il simplement. C'est plus sympa si elle fête votre réussite avec nous.

- Je suis d'accord, approuve Omoï. Elle a dit qu'elle serait là, d'ailleurs. Et toi, Kiba ? demande-t-il en se tournant vers moi.

L'espace d'une milliseconde, mon cœur se soulève lorsqu'il s'adresse à moi directement, une réaction que je trouve parfaitement stupide. J'ai l'impression de me fatiguer bêtement sur des trucs ridicules, et c'est émotionnellement épuisant.

- Si on ne reste pas trop tard, ça marche pour moi aussi, confirmé-je. On va encore bien manger, en plus. Difficile de dire non à ça. Mais il faut que je prévienne ma sœur tout de suite.

Ma réponse fait outrageusement plaisir à Omoï, je le vois, et je préfère me concentrer sur mon téléphone pour ne pas avoir à soutenir son regard.

Quelques minutes plus tard, ma sœur me souhaite une bonne soirée par message, tandis que j'annonce la bonne nouvelle à mes amis.

- Super, conclut Omoï. Dans ce cas, on se retrouve à la sortie du lycée et on y va tous ensemble ? Le temps d'arriver, il ne sera que 18h30, mais on pourra discuter en écoutant de la bonne musique.

- Si B ne met pas un rap moisi, le corrige Karui, l'air pas franchement enthousiaste à cette possibilité.

Son visage contrarié me fait sourire, mais je vois que d'autres partagent son point de vue.

- S'il veut vraiment du rap, enchaîne Suigetsu, j'en ai du bon.

- On a essayé, rétorque Omoï. Mais il a l'air de voir des choses qu'on ne voit pas dans les mauvaises rimes, et toute notre bonne volonté n'y a rien changé.

Comme moi, leur réaction que je qualifie d'excessive fait rire Yahiko.

- Va pour le rap moisi, alors ! s'exclame mon ami.

Son ricanement ne fait que s'intensifier lorsque nos amis s'abandonnent aux faits et laissent l'horreur les submerger. Oui, rien que ça. Quand je vois leurs visages, je me rends compte que tous mes amis sont aussi prompts que moi à faire dans le mélodramatique.

[…]

Une fois devant le Kumo, je constate avec le sourire les épaules crispées de mes camarades. En dehors de Yahiko et Samui, cela va sans dire. La jeune femme n'était en effet pas dans la boucle de la confidence – je les suspecte de croire qu'en parler pourrait attirer la mauvaise fortune – tandis que mon ami est juste trop occupé à les surveiller, comme moi, à l'affut de chacune de leur expression. Visiblement, ils paniquent encore à l'idée de soumettre leurs oreilles à tout ce qui peut faire affront à la bonne musique du monde. Pourtant, ils semblent tous satisfaits et échangent un regard soulagé quand nous ouvrons la porte. Samui, qui a remarqué le petit manège, se tourne vers Yahiko et moi, à l'écart.

- J'ai raté un truc ? demande-t-elle.

- Non, non, fais-je. Ils se sont juste montés le bourrichon sur le mauvais rap de B.

- Oh, ça, lâche-t-elle sur un ton neutre. Rien de nouveau sous le soleil, donc. Mais je ne sais pas si Omoï et Karui avaient besoin de Suigetsu pour les encourager dans leur chasse aux sorcières.

Apparemment, les musiciens n'en sont donc pas à leur coup d'essai, et le savoir ne fait que me faire rire davantage. Pourtant, je n'ai pas le temps d'élaborer, car A nous accueille avec un salut de la main encourageant, et on se regroupe de l'autre côté du bar. Au passage, je ne saurais donner le nom, mais je crois reconnaître une musique de rock qui a plusieurs décennies, un classique qui met souvent tout le monde d'accord. Ce qui veut dire que B n'a pas eu accès au choix de la musique.

- Content de voir que vous avez tous pu venir, déclare A. J'ai une nouvelle recette avec des oignons confits et du bacon à vous faire tester, alors j'espère que vous aimez ça.

Mes origines canines reprennent le dessus, et je mets à saliver rien qu'à imaginer ce que va donner la nouvelle recette.

- Pas de problème ! m'exclamé-je. Ce qu'ils ne mangent pas, je prends !

La réaction ne se fait pas attendre, le groupe s'amusant de mon enthousiasme.

- Désolé, mais va falloir partager, me dit Suigetsu, juste à ma droite.

Il me met au passage un petit coup de coude amical.

- C'est malin, poursuit Yahiko, mais ça me donne faim, tout ça.

- Pareil, confirme Karui. Tu crois qu'on pourrait passer à table, A ?

- Pour sûr, les jeunes. Parfois, je sous-estime encore le pouvoir du gras sur un groupe de jeunes gens, mais force est de constater que ça n'est pas près de changer de sitôt.

Sans attendre d'y être invité, Omoï s'éloigne du bar pour aller s'installer à une grande table dans un coin de la salle. A passe en coup de vent pour s'assurer que personne n'a de contrindications sur les oignons ou le bacon, puis disparaît en cuisine. Quant à nous, fidèle à nous-mêmes, nous échangeons vivement, sans nous attarder longtemps sur un sujet, les éclats de rire ponctuant nos échanges.

Le reste de la soirée, comme souvent lorsque je suis bien entouré, va se dérouler assez vite. La nouvelle recette était aussi succulente que l'intitulé le laissait penser, et même ma paranoïa vis-à-vis d'Omoï a laissé place à une franche camaraderie pas désagréable. Puis, alors que je constate qu'il est bientôt vingt-deux heures, je me fais la réflexion qu'il serait bien de penser à rentrer à l'appartement, même si j'aurais apprécié de passer quelques heures supplémentaires ici. Décidant de soulager une envie pressante avant de prendre la route, je m'excuse et m'éclipse rapidement. En semaine, le Kumo a juste ce qu'il faut de monde pour faire tourner le bar, donc je n'ai aucun mal à naviguer jusqu'aux toilettes.

Lorsque je ressors, un grand sourire s'impose à mon visage, lorsque je remarque que du rap de mauvaise qualité résonne dans la salle. Je m'apprête à faire une réflexion à mes amis quand mon sourire disparaît aussi vite qu'il était apparu. En effet, à notre table, il ne reste plus qu'Omoï, en train d'entasser nos verres sur un plateau, comme s'il travaillait lui-même ici. Lorsqu'il m'aperçoit, il m'offre d'emblée un sourire désolé.

- Ils ont fui quand B a mis son rap, me dit-il. J'aurais bien fait pareil, mais ils m'ont dit que c'était moi qui t'avais invité, alors je devais t'attendre, histoire que tu ne crois pas qu'on s'était enfuis sans toi.

Un coup d'œil à travers les vitres dans l'entrée me permet de voir Samui, de dos, une cigarette à la main, qui discute avec mes amis. Evidemment, je n'ai pas spécialement envie de faire remarquer le fait que je m'en serais probablement sorti même sans lui, puisque ça amènerait la discussion sur une pente glissante à laquelle je n'étais pas préparé du tout. Ces salopiauds m'ont tendu un traquenard, et ils vont en entendre parler. Enfin, dans l'immédiat, c'est la première fois où je sens comme une tension entre Omoï et moi, et la situation en est clairement la cause. Peut-être interprété-je trop, mais il a l'air un peu mal à l'aise, sans savoir quoi dire ou faire, comme moi. Pour le coup, je commence à croire que Suigetsu n'est pas juste un baratineur de première, et qu'il pourrait en effet y avoir un truc entre nous, comme il l'a si bien dit. En tout cas, mes mains deviennent moites, et je les essuie sur l'arrière de mon pantalon, par réflexe.

- Désolé qu'ils aient décidé de sacrifier tes oreilles pour mon bien, fais-je pour rester dans la conversation.

- J'essaye de faire comme si je n'entendais rien, me répond-t-il, mais pas facile. À chaque mauvaise rime, j'ai l'impression de perdre un peu de mon audition.

Malgré la tension, je ne peux m'empêcher de rire, ce qui semble avoir un effet apaisant sur lui. Puis un silence s'installe tandis qu'il ramène le plateau jusqu'au bar. Par habitude, je le vois ensuite fouiller une poche et en sortir une sucrerie.

- Les fameuses sucettes à la cerise, hein ? plaisanté-je en m'approchant, tentant tant bien que mal de maintenir une conversation malgré une petite pointe de stress.

- Tu as deviné, avoue-t-il. Mais j'ai cru comprendre que tu préférais garder le secret, alors tu as le droit de rejoindre le cercle secret des amateurs de cerise. Tu en veux une ?

En temps normal, j'aurais sûrement trouvé sa remarque drôle, mais cette fois, je me contente de hocher négativement la tête.

- Non merci, dis-je. J'ai déjà trop bien mangé. Sa recette était vraiment excellente.

- C'est vrai, confirme-t-il en enfournant sa sucette dans la bouche.

Un silence s'installe entre nous, de ce genre que je n'aime pas. Plus les secondes passent et plus il s'étire entre nous, moins je trouve de quoi le briser. À côté de moi, si je me concentrais un peu sur mon entourage, je verrais qu'il est en proie au même problème. Pourtant, c'est bien lui qui, après s'être raclé la gorge, me sort de mon tourment intérieur.

- Tu as une heure limite pour rentrer ? demande-t-il.

- Non, pas vraiment. Ma sœur est assez laxiste sur les règles, tant que je me comporte bien et que mes résultats scolaires suivent.

Assimilant l'information, il hoche la tête, doucement.

- Est-ce que… est-ce que tu voudrais faire un truc ?

La première chose qui me vient est « Quel genre de trucs ? », mais ma lâcheté et le tournant sérieux de la conversation me clouent le bec encore plus fermement que si on m'y avait forcé physiquement.

- Ce n'est pas grave si tu ne veux pas, hein, reprend-t-il face à mon manque de réaction.

- Non, non, me forcé-je cette fois à répondre. Ce n'est pas ça. Je ne savais juste pas trop quoi te répondre.

Quitte à tourner autour du pot, je décide d'être honnête, en espérant que ça nous évite certaines complications. Ce qui semble fonctionner, parce que je sens la tension retomber un peu. Omoï s'apprête même à poursuivre l'échange quand il fronce les sourcils et mets la main dans la poche arrière de son pantalon. Je ne pouvais pas l'entendre avec la musique, mais il a visiblement reçu un appel qu'il a préféré ne pas prendre, raccrochant au nez de quelqu'un sans y réfléchir plus d'un instant.

- Un souci ? fais-je.

- C'était juste ma mère, me répond-t-il. Elle m'appelle souvent, pour un oui ou pour un non. Je la rappellerai tout à l'heure.

- Okay.

Le silence retombe et se prolonge, s'installant avec plus de force qu'il ne l'avait fait jusque-là. Je crois que le moment que nous avions tout à l'heure est passé, et je suis d'autant plus stressé par l'appréhension de ce qui pourrait arriver ensuite. Visiblement, il est arrivé à la même conclusion que moi, parce que je vois ses épaules s'affaisser, comme s'il abandonnait.

- On devrait retourner voir les autres, non ? me dit-il.

Sans excuse pour prolonger la discussion, et un peu soulagé malgré moi de ne plus avoir à parler par des détours, j'acquiesce, pas vraiment fier de moi.

Quand nous arrivons dehors, les discussions s'arrêtent derechef et tous se tournent vers nous. Pas plus à l'aise que moi avec cette observation poussée de nos personnes, Omoï n'a apparemment plus la patience de faire ses semblant, ses ses émotions ayant été mises à rudes épreuves, comme les miennes.

- On y va ? propose-t-il à ses deux amies musiciennes.

- Si tu veux, répond Karui, son visage passant du mien à celui d'Omoï.

Les autres ayant du mal à savoir comment interpréter nos mines déconfites, personne – Suigetsu compris – n'ose poser de questions indiscrètes, et le groupe se disperse assez vite.

Sur mon vélo, l'air frais de la nuit me fait du bien, et j'inspire à plein poumons. Puis je repense à la fin de soirée, et je sens une petite boule d'angoisse qui repointe le bout de son nez. Je suis peut-être un idiot, mais maintenant, il me semble assez clair qu'Omoï et moi partageons quelque chose. Là où je suis par contre un véritable crétin, c'est que même en étant si sûr de ce fait – car le doute n'est plus vraiment permis, à ce stade – je suis incapable de faire le premier pas, trop peu habitué à… et bien tout. L'idée de me trouver quelqu'un me travaille encore plus que l'idée que ce quelqu'un soit un autre homme, dorénavant. Ce qui montre que j'ai progressé, et c'est bien. Cela dit, en l'occurrence, ça ne m'arrange absolument pas, dans la situation présente. Ces pensées vont tourner en boucle dans ma tête, avec ce que j'aurais dû dire ou faire, pendant tout le trajet de retour, mon corps se dirigeant plus par l'habitude qu'autre chose. Toutefois, arrivé à la maison, je me fais la réflexion, malgré l'heure tardive, que Sakura pourrait être de bons conseils, et j'en aurais sacrément besoin, dans l'immédiat. Hana est déjà couchée quand j'arrive, mais Akamaru et les chiens de ma sœur m'accueillent dans une effusion de bonheur à laquelle je suis habitué. Pourtant, je mets fin à cet échange le plus rapidement possible, puis me dirige dans ma chambre, mon sac encore sur le dos. En sortant mon téléphone, déterminé à contacter mon amie, je remarque toutefois que j'ai reçu un message, et la tension monte quand je vois que son propriétaire n'est autre que, vous l'aurez deviné, Omoï.

Sans quitter le téléphone des yeux, mais sans oser ouvrir le message, je me dirige jusqu'à mon lit, puis m'assied. Puis, ma lâcheté ayant fini par atteindre son seuil limite, j'inspire pour me donner contenance, puis l'ouvre.

« Désolé pour tout à l'heure. C'était bizarre. Et je suis désolé de ne pas avoir eu le courage de le demander en face à face, mais ça te dirait qu'on sorte, un de ces quatre ? »

Là, je me fige. Si j'avais eu encore un infime petit doute, il n'existe plus. Omoï est gay, et il s'intéresse à moi.

Bon. Et je dois répondre quoi, moi, maintenant ?

Fin du chapitre 31 !

*ti ti li li ti tiiiiii ! *

Sous vos yeux ébahis s'affiche alors...

~°~ SHIKAMARU IS ALWAYS RIGHT ! ~°~

...

Sehaltiel : #assis sur le plateau de télévision, ses yeux guettant frénétiquement l'entrée# Shikamaru ? Où tu es mon, poussin ?

#Shikamaru passe l'encadrement de la porte et vient s'installer sans un mot#

Sehaltiel : Tu fais la tête ? J'ai rien fait, pourtant, cette fois, promis.

Shikamaru : Non, c'est mon psy.

Sehaltiel : Ah oui, tu parlais d'aller le voir, la dernière fois. Il a dit quoi ?

Shikamaru : … Si je te le dis, je ne vais jamais en entendre la fin.

Sehaltiel : C'est vrai qu'après avoir dit ça, il y a de bonnes chances pour que je te laisse partir sans rien tenter. Crache le morceau, ou je te chatouille jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Shikamaru : Wow. Tu parles d'une menace.

Sehaltiel : Ce qui compte, c'est que ça marche. Oh, et officiellement, je peux pas être emprisonné pour avoir tué quelqu'un en le chatouillant tellement qu'il ne pouvait plus respirer, donc c'est pratique, au cas où.

Shikamaru #résigné# : De toute manière, tu l'apprendras bien d'une manière ou d'une autre. #il inspire un grand coup# Mon psy me conseille d'arrêter de faire ma mijaurée, parce que j'adore ce job plus que tout, ou presque. Il me dit que de toute manière, tout le monde sait – oui, même lui – que je suis gay, et que j'aurais bien besoin de me faire *biiiiip* un bon coup, histoire de m'aider à me détendre.

Sehaltiel #sans mot#

Shikamaru : Je me répète, mais wow. Je ne pensais pas un jour que viendrait le jour où tu ne te jetterais pas sur la première raison de prendre l'ascendant sur moi.

Sehaltiel : Je pense que cette fois, ça se passe de commentaire. Pour te soutenir, on va même passer le générique et observer une minute de silence. Allez mon petit Shika', on t'aime !

Shikamaru : … Je me demande si c'est pas encore plus creepy quand tu es comme ça.

Sehaltiel : Oh, tais-toi et profite du silence, pour une fois. Ton psy a oublié de parler de ton amour pour les contradictions personnelles et ta prétention à râler pour tout et n'importe quoi, dans son compte-rendu.

Shikamaru : Je suppose que ça ne servirait à rien de nier. Allez, finissez-en avec ce générique low-cost.

*ti ti li li ti tiiiiii ! *