Coucou mes petites cuillières !

Jeudi : publi !

J'ai bien cru ne pas y arriver... ce chapitre à été le plus difficile de tous à écrire et je pèse mes mots...

Oui, il est court, mais j'ai dit tout ce que je devais dire pour le moment (je crois) et j'avoue que ça m'a vidée, épuisée.

Ceci est, je pense, l'avant dernier chapitre de cette histoire... ça me fait toujours bizarre.

J'vous laisse lire, parce que je n'ai rien d'autre à dire que des bétises.


Chapitre 19

La déposition fut longue, et stressante.

Je rassemblai mes forces pour réussir à parler, à raconter tout ce que Tanya avait pu me dire, et faire. Grimaldi insista sur chaque détail, me disant que le moindre petit souvenir pouvait tout changer.

Edward à mon coté ne lâcha pas ma main, le regard perdu entre moi et le vide. De temps en temps, ses doigts serraient les miens.

J'en sortis vidée, lessivée, comme si je venais de courir un marathon. Répéter encore et encore ce souvenir peu agréable m'avait épuisée et, finalement je n'y voyais pas de grand intérêt… il ne s'était rien passé de plus qu'une altercation entre une ex jalouse et moi… Me rappelant dans la colère de ses yeux, je frissonnai avant d'aller enfiler un pull. La fraicheur de New York détraquait peut-être sur mon cerveau malmené.

Grimaldi quitta la suite une minute plus tard, pendant que j'attendais près de la table de salle à manger de la suite, le cœur secouer par des frissons désagréables.

Quelque chose m'échappait. Quelque chose sur lequel je n'arrivai pas à mettre le doigt.

- Ca va ? demanda Edward en s'approchant, son parfum venant apaiser mes sens.

- Quelque chose ne tourne pas rond, murmurai-je en secouant légèrement la tête.

Edward glissa ses mains autour de moi pour me ramener contre lui.

- Qu'est ce qui ne tourne pas rond ?

- Tanya… tout ça… j'ai l'impression qu'on… qu'on à loupé quelque chose.

Il soupira.

- J'en sais rien, avoua-t-il alors que je relevai les yeux pour pouvoir continuer à le regarder malgré notre proximité. Elle... tout ce qu'elle t'a dit hier... et son comportement...

- Je… je ne trouve pas logique qu'elle s'en prenne à toi si elle t'aime encore, remarquai-je.

Il haussa les épaules.

- Je ne comprends pas non plus…

Je laissai passer un silence, tentant de comprendre pourquoi ce sentiment d'incompréhension cherchait à m'étouffer.

- On va s'en sortir, murmura-t-il après un moment de silence entre nous.

Distraite, je hochai la tête avant de me blottir contre lui, espérant que cela suffirait à calmer le sentiment d'insécurité qui me gagnait dès que je pensais à toute cette histoire.

Plus tard dans la journée, j'appelai Rosalie pour prendre des nouvelles d'elle et de Gribouille.

- Tu ne lui manque pas, lança-t-elle d'un ton joyeux.

- J'me doute, marmonnai-je en levant les yeux au ciel.

Couchée sur le lit de la suite, je fixai le plafond, le téléphone collé à l'oreille.

- Racontes-moi ce qui ne va pas, finit-elle par demander après un silence.

Vaincue, et fatiguée de lui cacher tant de choses que j'en avais le tournis, je vidais mon sac. Bien sûr, j'omettais de raconter à Rosalie le passé d'Edward. Je lui avais promis de ne rien en dire, et jamais personne ne me ferait cracher le morceau.

- Ca n'est pas super logique, en conclu Rosalie quand j'eus terminée de lui raconter ma rencontre avec Tanya de la veille.

- C'est ce que je pense aussi.

- Soyons perspicaces, si elle voulait récupérer Edward, elle s'en prendrait à toi… j'veux dire, elle te menacerait toi, et pas Edward.

- Je… oui. Mais… elle… je te jure, j'ai eu l'impression de voir de la folie pure dans ses yeux.

Je soupirai, sentant l'angoisse renaitre une nouvelle fois dans ma poitrine. Edward était sortit pour une interview avec Emmett pour le protéger et, malgré que Dean était dans la suite d'à coté, près à dégainer au moindre bruit, je me retrouvai seule dans ma suite immense et protéger comme un coffre fort à trembler de peur.

- J'ai du mal à... à faire face, confiai-je dans un nouveau soupire.

- Qui pourrait le supporter ? C'est normal que tu ressentes ça.

Je fermai les yeux en passant une main sur mon front, perturbée et fatiguée.

- Mais vous êtes forts, reprit-elle après un instant. Edward et toi c'est… je sais que vous allez vieillir ensemble.

- J'espère.

- C'est certain. La toile vous voit déjà mariés et parents.

J'étouffai un rire qui me détendis un peu… la perspective de vivre cette vie avec Edward me faisait déjà rêvé. Rosalie soupira légèrement à son tour.

- Et toi ? demandai-je doucement. Ca donne quoi ?

Je la vis presque hausser les épaules.

- Je sais pas trop... On se voit, on passe notre temps libre ensemble mais… j'en sais rien. Je crois qu'il est un peu perdu.

- Il vient de perdre sa femme, lui rappelai-je délicatement. C'est normal qu'il se sente un peu… perdu.

- Je sais. Du coup... j'ai décidé d'arrêter de me poser des questions et de juste… vivre cette relation qui ne porte pas de nom.

- C'est ce qu'il y a de mieux à faire Rose.

- Je sais, répétât-elle une nouvelle fois.

Leur relation était, certes, compliquée, mais elle était surtout belle. Dès la première seconde, dès le premier regard, ils avaient été conquis l'un et l'autre… je savais, je sentais qu'ils s'aimaient plus que toutes ces choses qui pouvaient les séparer.

- J'ai hâte que tu rentres, avoua Rosalie après un silence.

- Que je rentre ? m'amusai-je pour détendre l'atmosphère.

Ma réflexion la fit rire.

- Ok ok, capitula-t-elle. J'ai hâte que vous rentriez.

- Je me doute. J'ai hâte de rentrer aussi.

- Vous allez visiter New York un peu ?

- Je ne sais pas trop… Edward à quelques rendez-vous aujourd'hui, il risque de rentrer tard. Et notre vol est demain en fin de journée, mais je t'avoue que j'ai envie de voir la ville avant de repartir.

- Si vous bougez, allez à Dough Doughnuts, ce sont les meilleurs donuts de l'état ! Et certainement du monde entier !

- J'y penserai, m'amusai-je en riant.

J'imaginai déjà Edward mettre les pieds dans un magasin tel que celui-ci, ou un fastfood… en avait-il déjà mangé ?

- Tu pourrais vous préparer une petite visite guidée, s'enthousiasma-t-elle soudain.

Sa remarque me fit tiquer et un sourire s'épanoui sur mon visage.

- C'est pas bête, je pourrais faire ça.

- Alors fais-le !

Je raccrochai après plusieurs longues minutes à trouver des idées pour visiter la ville avec Edward sans nous mettre dans une position délicate. Il n'était pas inconnus et, même si je me fichais d'être photographier en pleine rue avec lui, j'avais envie qu'il pense à autre chose, le temps d'une soirée.

En quelques minutes, mon programme était prêt et, le sourire aux lèvres, j'attrapai le téléphone de la suite.

J'allais avoir besoin de Dean.


Vers 15h, alors que je terminai les préparatifs de notre escapade dans Manhattan, mon téléphone vibra à coté de moi.

En voyant le prénom d'Edward s'afficher sur l'écran, je fronçai les sourcils. Il devait rentrer d'ici trois heures, et je l'avais eu par message un instant plutôt. En décrochant, je priai une demi-seconde pour que rien ne soit arrivé à personne. Malgré moi, mon ventre se noua.

- Edward ?

- Tout va bien ? Demanda sa voix.

Quelque chose comprima mon estomac.

- Oui, et toi ?

- Tanya à été arrêtée.

Mon cœur s'arrêta brutalement.

- Je… quoi ? Quand ?

- Ce midi, elle a essayé de pénétrer dans ma suite du Bel'Air.

Soufflée, je mis plusieurs secondes à réagir.

- Grimaldi l'interroge depuis une heure, elle n'a rien dit a part demander son avocat mais il pense que tu avais vu juste…

C'était bien elle ? Celle à l'origine de tout ça ? Celle qui faisait de la vie d'Edward un enfer depuis presque un an ? Celle qui faisait que, chaque heure de chaque jour, mon ventre était noué par la peur d'avoir a affronter encore pire ?

- Alors c'était elle, murmurai-je, abasourdie.

- Apparemment oui, confirma-t-il d'une voix sourde.

Un silence passa entre nous, me faisant frissonner. J'avais du mal à y croire. J'aurais dû me sentir soulagée mais, malgré tout, je ne l'étais pas. Peut-être était-ce simplement trop tôt, trop récent. Peut-être était-ce le fait que, même si elle avait été arrêtée en essayant de pénétrer dans la suite d'Edward, rien ne prouvait vraiment qu'elle était à l'origine de tout. Mon cœur se comprima dans ma poitrine alors que la peur tordit à nouveau mon ventre. Pourquoi n'arrivai-je pas à me sentir soulagée ? Ne serait-ce qu'un peu ?

- Tout sera bientôt terminé, reprit Edward face à mon silence. Grimaldi pense qu'entre l'altercation entre elle et toi hier, et son arrestation ce midi, elle est bonne pour s'expliquer devant la justice.

Mon cœur s'emballa pendant que mon cerveau se mit à fulminer. J'étais incapable de calmer mon cœur qui battait trop vite, bien trop vite.

- Quand elle aura tout avouer, réussi-je à dire, la voix faiblarde.

- Elle le fera.

Mes mains se mirent à trembler, ma gorge se serra. C'était peut-être la fatigue, les émotions trop fortes qui me secouaient depuis que j'avais retrouvé Edward ou simplement le stress qui retombait, et la peur, mais la seconde suivante, j'éclatai en sanglot sans pouvoir me contrôler.

- Isabella… Tout va bien, intervint Edward au bout du fil, la voix tendue.

Je m'excusai à mi-mot, pourtant incapable de calmer mes larmes.

- Ne pleure pas, supplia-t-il.

Mes doigts serrèrent le combinèrent pendant que, impuissant, Edward me supplia à nouveau d'arrêter de pleurer, me répétant que tout irait bien maintenant.

- Je voudrais être avec toi, murmura-t-il avec douceur, sa voix créant lentement mais surement cette bulle chaude qui nous entourait dès que nous étions ensemble. Je suis... tu ne peux pas savoir comme je suis heureux de me dire que tout est terminé.

- J'ai du mal à y croire, réussi-je à dire après avoir respirer profondément.

- On y croira bientôt. Tout ira bien, je te le promets. On va pouvoir vivre sans tout ça...

La façon dont il était sûr de lui me détendit légèrement malgré le nœud dans mon ventre encore présent. J'essuyai mes joues piteusement en inspirant lentement.

Tout était terminé.

- Je vais devoir te laisser, murmura Edward après une minute où j'écoutai sa respiration calme. On se retrouve ce soir ? On ira diner pour fêter ça.

- Je nous trouve un endroit où aller, proposai-je, essayant d'être peu plus légère.

Je le sentis sourire à travers le téléphone. Mon cœur s'apaisa.

- J'ai hâte.

Je raccrochai l'instant suivant, restant assise quelques secondes sur la canapé de la suite, ayant du mal à comprendre ce qu'il venait de se passer.

Alors… tout était terminé ? Pour de vrai ?

Malgré tout, mon ventre resta noué les heures qui suivirent. Il allait certainement me falloir du temps pour que mon cerveau comprenne et accepte que notre lutte sans cesse pour notre sécurité était terminé, et que, Tanya était bien derrière tout ça.

J'avais eu raison, depuis le début. C'était complètement fou... mais, en repensant au comportement de Tanya de la veille, cela ne m'étonna pas tellement. Perdre Edward lui avait fait tout perdre... qu'elle raison était plus valable que celle-ci pour avoir envie de se venger ?

Je terminai d'enfiler mes escarpins quand Dean se présenta à la suite à 19h tapante.

- Vous êtes ravissante, me complimenta-t-il dans un sourire.

Je le remerciai en baissant les yeux sur ma robe blanche, ne sachant si j'avais fait le bon choix.

Pendant presque une demie heure, j'avais vidé mon sac pour pouvoir réussir à choisir la bonne tenue pour la soirée à venir. Je voulais être élégante, et raffinée, mais pas en faire trop. Cette petite robe arrivant aux genoux évasée à la taille me paraissait être le bon compromis entre la sobriété et la féminité. J'espère qu'Edward allait l'aimer.

- Je suis prête dans trente secondes, lui indiquai-je en repartant vers la salle de bain.

J'avais réservé une table au Modern pour ce soir et, même si l'histoire avec Tanya était visiblement derrière nous, je n'arrivai pas à me détendre.

Allions nous pourvoir désormais réussir à vivre normalement ? Tout en incluant, évidement, la carrière d'Edward et les paparazzis qui, eux, me semblaient désormais dérisoires. Je n'osai imaginé ce que ressentait Edward à cet instant : il était libre, réellement. Tout était terminé.

Regardant mon reflet légèrement maquillé dans le miroir, les larmes me montèrent aux yeux. Malgré tout, j'étais profondément heureuse de me dire que nous allions pouvoir vivre notre vie comme nous le voulions... plus rien ne pourrait désormais se mettre en travers de notre chemin.

Ce chemin dont j'avais parlé dans ma lettre.

J'inspirai profondément, enfilai mes boucles d'oreilles et repartais retrouver Dean.

Arrivés au parking de l'hôtel, je pestai contre moi même en m'apercevant que je n'avais pas mon portable.

- J'ai du le laisser dans la suite, m'agaçai-je en fouillant mon sac.

- Je retourne vous le chercher.

- Non laissez, j'y vais. J'en ai pour une minute.

Dean insista, mais je fus plus têtue que lui.

Dans l'ascenseur totalement vitré, le trajet jusqu'à notre étage me parut durer des heures. J'observai la ville s'étalant devant moi à mesure que les étages défilait.

La nuit tombait à peine, et le ciel, teinté de la lueur encore orangé du couché du soleil, était vraiment superbe.

En pénétrant dans la suite à l'aide de mon pass, je refermai la porte derrière moi et soupirai en allumant la lumière. Où avais-je encore bien pu mettre mon téléphone ?

Je traversai la suite, rejoignant la chambre et poussait le bazar -mes vêtements- que j'avais laissé étalés sur le lit. Quand je tombais enfin dessus, la porte de la suite s'ouvrit à nouveau puis se referma. Je me retins mal de lever les yeux au ciel. Dean ne changera jamais... peut-être était-il aussi têtu que moi, finalement.

- Je l'ai Dean ! Il ne fallait pas vous donner la peine de monter !

N'attendant pas sa réponse, je retournai dans la salon de la suite. Distraite par le prénom d'Edward qui s'afficha sur mon écran de téléphone, je ne vis pas ce que j'aurai dû voir.

J'allais décrocher quand un frisson désagréable me secoua.

- Je ne ferai pas ça à ta place, conseilla une voix rauque.

Lorsque je relevais les yeux, un hoquet de frayeur sortit de ma bouche. Mon téléphone tomba à mes pieds dans un fracas, le laissant vibrer sur le sol de la suite.

- Qu'est ce que...

- Oh, pardon, tu attendais quelqu'un d'autre ?

Un homme d'une trentaine d'années se tenait debout, au milieu de la suite, une arme dans une main, et un pass de l'hotel dans l'autre.

Ses vêtements étaient sales, sombres et tachés, et son allure était étrange. Vaguement, il me fit penser à un clochard.

Mon regard suivit la trace de sang sur sa manche de sweat, avec l'impression que mes poumons n'arrivaient plus à fonctionner. Mon cœur s'affola alors que, la respiration courte, la peur venait broyer mon ventre sans ménagement.

- Dean a été retenu, sourit l'homme en face de moi.

Mon sang se glaça.

- Qu'est ce que vous lui avez fait ? demandai-je, ma voix tremblant.

Un sourire étira à nouveau ses lèvres blanches et gercées alors que tout s'affolait en moi. La panique, violente, douloureuse et irrationnelle fit accélérer mon cœur à tel point que j'eus envie de vomir.

- Je dois te remercier, tu m'as facilité la tâche en remontant aussi rapidement ici… répondit-il en ignorant volontairement ma question.

Que lui avait-il fait ? Il l'avait tué ? Le sang sur ses vêtement manqua de me faire virer de l'œil quand je le regardai à nouveau.

- Je... qu'est ce que vous voulez ? réussi-je à bafouiller en dépit des sensations violentes que la peur me faisait ressentir.

Un éclair traversa son regard tandis qu'il penchait la tête sur le coté, m'observant avec un éclat de folie pure dans les yeux. Mon téléphone se remit à vibrer sur le sol, pendant que mon estomac se tordit douloureusement.

Mes yeux, instinctivement, se baissèrent sur le téléphone à mes pieds.

- N'y pense même pas, railla l'homme en face de moi, avançant d'un pas dans ma direction.

Ses doigts serrèrent un peu plus son arme tandis que les larmes brulèrent mes yeux. Le canon de son arme se trouva bientôt à quelques centimètres de mon visage.

- Tu vas reculer et t'asseoir dans ce superbe canapé.

- Je...

- Maintenant ! s'écria-t-il, faisant déborder mes larmes.

Je m'exécutai en silence, tentant de reprendre le fil de ma respiration. Choquée et terrifiée, j'eu du mal à ne pas éclater en sanglot. Personne ne savait que j'étais ici, seule avec cet homme...

- Tu es plus docile que je le pensais, souffla-t-il en balançant le pass de Dean sur la table basse.

Le morceau de plastique et de métal glissa sur le verre immaculé, laissant derrière lui une trace de sang qui me donna le tournis. J'eus l'impression que j'allais virer de l'œil.

Mon téléphone cessa de vibrer pendant que j'étouffai mal une plainte. Mes tremblements augmentèrent quand il se remit quasi instantanément à vibrer, résonnant dans la pièce.

D'un coup de pied, l'homme qui me maintenait en otage l'envoya se fracasser contre le mur, alors qu'un cri de terreur s'étranglait dans ma gorge.

- Tais-toi ! hurla-t-il contre moi en avançant, le canon de son arme s'appuyant contre ma tempe.

Le cœur battant, je fermai les yeux, priant pour ne pas m'évanouir.

- Tais-toi, reprit-il plus calmement, avant de retirer son arme de mon visage.

J'inspirai par à-coups, incapable de réussir à remplir mes poumons qui ne cessaient de me faire de plus en plus mal.

Pendant quelques secondes, son regard fou passa de moi à la baie un peu plus loin.

- Pourquoi...

- Pourquoi je fais ça ? s'empressa-t-il de me couper, son sourire sadique illuminant à nouveau son visage.

Je restai muette, incapable de lui poser la question moi-même.

- Edward m'a tout prit, lacha-t-il d'une voix morbide.

Soudain, tout me revint.

Le visage dans la foule, la veille au Met Gala... c'était le sien. Ce regard sombre, cette silhouette... ce soir là, et sur le balcon, il y avait des semaines... J'aurai dû savoir que Tanya n'agissait pas seule. J'aurai dû comprendre qu'elle ne pouvait pas être la seule à être responsable des menaces, des agressions...

- C'était vous... murmurai-je, le cœur battant.

Dans une rapidité extrême et une violence inouïe, il avança vers moi et me frappa au visage si fort que je tombais du canapé. Le gout métallique du sang inonda ma bouche. Etourdie, je portai mes doigts tremblants à mes lèvres pour essuyer le sang qu'il en coulait.

- Ca a toujours été moi ! s'écria-t-il.

Par instinct, presque pour me protéger tout en sachant pourtant tout cela inutile, je ramenai mes jambes contre mon corps recroquevillé à terre.

- Tout est tellement facile pour lui... Il a tout ! Tout !

Il s'éloigna légèrement avant de me toiser de haut.

- Il va être fou quand il saura ce que j't'ai fait.

Quelques secondes, je priai pour mourir rapidement. Le pire était en train de se dessiner sous mes yeux et, quoi que je fasse, je savais que rien ne changerait les plans qu'il avait pour moi.

- Pourquoi ? gémis-je quand il s'approcha à nouveau, s'asseyant sur la table basse à coté de moi.

- Pourquoi ? répéta-t-il en frottant son front pâle de son arme. Parce qu'il m'a tout prit.

Je fronçai les sourcils, essayant de me relever ne serait-ce qu'un peu. L'homme en face de moi tiqua, puis se leva à son tour, faisant quelques pas nerveusement. Ses longs cheveux noirs en désordres et sales tombaient négligemment sur son front où des perles de sueurs se dessinaient.

- Je l'avais, siffla-t-il en revenant vers moi. Je l'avais... et il a fallu qu'il s'en mêle...

- Que...

- Elle était à moi ! s'exclama-t-il, fou de rage à nouveau.

- Je ne comprends rien, murmurai-je, perdue et terrifiée.

- C'est la femme de ma vie, continua-t-il en m'ignorant, arpantant la pièce dans des gestes brusques et désordonnés.

Mon regard glissa jusqu'à la porte de la suite. S'il partait assez loin, si je courrais assez vite...

- Et tu t'en es mêlée !

Mon attention se reporta sur lui, non loin de moi qui me regardait comme si je n'étais qu'un insecte se trouvant sur son chemin... il allait m'écraser sans se poser la moindre question.

Soudain, tout s'éclaira. C'était lui, l'homme des photos avec Tanya, il y a des mois. Lui, que l'on voyait que de dos et dont personne n'avait jamais su l'identité... c'était lui.

- Tanya..., murmurai-je, le cœur au bord des lèvres. Tous les deux...

- Elle était à moi ! cria-t-il à nouveau, sa folie l'animant. Elle allait le quitter, nous allions enfin vivre notre vie...

Soufflée, je restai plusieurs secondes prostrée alors qu'il soufflait comme un animal en rage.

- Et je ne sais pas ce qu'il s'est passé ! Elle m'a dit un jour qu'elle ne voulait plus le quitter... juste comme ça !

- C'était vous... l'homme avec qui elle l'a trompée...

Un sourire diabolique étira ses lèvres gercées alors que mon cœur résonnait dans mes tempes.

C'était lui... lui, depuis le début.

- Brady Olsen, se présenta-t-il en se penchant vers moi. Retiens bien ce nom.

Je déglutis, incapable cependant de lacher son regard où la fureur mêlé à la folie régnaient.

- J'ai dû faire quelque chose, continua-t-il en haussant les épaules.

- Les menaces...

- Cette partie là était très amusante, se réjouit-il en se rasseyant sur la table basse, les jambes écartées pour passer son arme entre.

Le canon me visa de nouveau, et je cessai de respirer.

- Tu comprends que je ne pouvais rester sans rien faire... c'est la femme de ma vie.

Il s'arrêta un instant, me dévisagea comme si c'était la première fois. Je savais cependant que ça ne l'était pas... tant de fois, il avait du me voir...

- Dommage que tu sois la femme de la sienne. J'ai rien contre toi.

Edward... Les larmes revinrent bruler mes yeux en pensant à lui, et à ce qu'il ressentirait en me trouvant ici quand ce Brady en aurait terminé avec moi. La bile brula ma gorge tandis que mon ventre se tordait. J'allais mourir, je le savais maintenant.

- Attends ! Attends ! s'affola mon tortionnaire avant d'éclater d'un rire glacial. J'n'ai pas fini de te raconter !

Il se pencha un peu plus vers moi, son arme frôlant la peau de ma cuisse, faisant remonter légèrement le tissus de ma robe. Mon cœur s'arrêta brusquement.

- Où en étais-je ? demanda-t-il rhétoriquement alors que je tentai de respirer au mieux. Ah oui ! Elle l'a choisit. Lui. Ton. Putain. De. Cullen !

Il éclata de rire à nouveau, me faisant fermer brutalement les yeux devant son visage fou et terrifiant.

- Mais comme Tanya ne sait absolument pas tenir sa langue quand elle est défoncée, j'ai pu apprendre tellement, tellement de chose sur ton prince !

La colère éclata dans ma poitrine pendant que je serrai les dents.

- Ne me regarde pas comme ça ! menaça-t-il en me regardant noir. J'aurai pu retrouver son cher frère et m'en débarrasser...

Il sourit quand son regard tomba sur ma bouche abimée par son coup de quelques minutes plus tôt.

- Mais je me suis dit que te tuer toi aurais sûrement plus d'impacte... et puis... tu t'es mise sur ma route ! Finalement, c'est ta faute.

Je déglutis douloureusement, comprenant que mon sort était scellé. Je cherchai dans le fond de mon cerveau paniqué une solution, une porte de sortie... n'importe quoi pour lui échapper, mais rien ne me vint.

- J'ai bien penser à révéler la vérité au monde quand je l'ai apprise... ce frère, ce passé douloureux caché... mais les gens n'auraient jamais pu voir qui était le vrai Edward... ça aurait attiré la pitié... mais pas la haine.

Il frotta ses cheveux gras de sa main libre avant de passer une main sur ses yeux sombres.

- J'ai trouvé que menacer un à un ceux qui l'aimait était très bien pensé, se félicita-t-il tout seul. Cette pauvre Alice... Oh ! Et Emmett ! Mon chef d'œuvre... j'aurai aimé pouvoir l'achever mais la sécurité va si vite de nos jours...

Mes paupières se fermèrent quelques secondes. J'espérai du plus profond de mon être que, lorsque qu'elles s'ouvriraient à nouveau, je sortirai de ce cauchemar des plus horribles. Ma gorge se serra à nouveau quand je ne pus que constater que ce n'était pas la cas.

- Ca a été comme un étau se resserrant... chaque heure de chaque jour... jusqu'au bouquet final, lacha-t-il en braquant ses yeux sur moi.

Je serrai les dents en affrontant son regard noir, la colère brulant ma poitrine à nouveau.

- Moi, j'imagine, sifflai-je.

Il s'esclaffa, victorieux.

- Belle et en plus intelligente ! apprécia-t-il en se penchant sur moi.

J'eus la nausée. Mon cœur allait lâcher d'une seconde à l'autre à force de résonner dans mes tempes et mon corps entier.

- Rien au monde ne l'anéantira plus que de perdre celle qu'il aime.

Il se leva, repartit dans la pièce, un peu plus loin. Sa démarche saccadée et son expression de folie pure supprima le peu d'espoir qui me restait. Alors c'était ça, mon destin ? Mourir à cause de lui, de sa main, dans cette suite ?

Mon cerveau se mit à s'affoler en même temps que mes pensées fusèrent. Quelque chose en moi me souffla de ne pas me taire, de continuer, de lutter...

- Et Tanya dans tout ça ? demandai-je après un silence où il contempla la suite en sifflant d'appréciation.

Vivement, il se tourna vers moi.

- Quoi Tanya ?

- Elle a été arrêtée.

- Par ta faute ! cria-t-il, redevenant un monstre froid et sans aucune limite.

Une nouvelle fois, ses yeux firent le tour de la pièce quand il s'éloigna. Je remarquai qu'il boitait très légèrement. Un léger espoir me traversa alors que je me redressai lentement, un peu étourdie par la peur.

- Ils vont penser qu'elle est derrière tout ça, murmurai-je, espérant le pousser à bout.

Son regard se teinta d'une fureur sourde.

- Elle n'a jamais rien fait ! s'écria-t-il en revenant à moi.

- Elle l'aime encore, réussi-je à dire malgré ma peur.

Il se figea un quart de seconde, puis secoua la tête vivement.

- Non !

- Elle me l'a dit hier...

- Elle m'aime ! Moi ! cria-t-il, me faisant reculer de peur devant sa violence.

Discrètement, je repoussai mes escarpins quand il me tourna le dos à nouveau, les ôtant pour me faciliter la tache le moment venu.

J'inspirai profondément.

- Edward saura que vous êtes venus... il trouvera un moyen de vous arrêter...

Il éclata de rire en me faisant face une nouvelle fois.

- J'ai de grands projets pour ton amoureux. Tu ne seras plus là pour le voir mais... si tu savais ce que je lui réserve, tu en serais émerveillée.

Il avança jusqu'à moi d'un pas lent alors que la terreur s'emparait de chacun de mes membres. J'avais beau me dire que j'allais trouver une solution, ou que quelqu'un viendrait à mon secours, la vérité était là, dure, terrifiante et horrible : j'étais seule contre lui. Edward me retrouvai ici, sans vie dans un temps incalculable et imaginer cela me tétanisa.

- Vous n'êtes qu'un monstre, réussi-je à dire quand il se pencha vers moi.

S'accroupissant au dessus de moi, son corps lourd et sale s'appuya contre mes jambes nues.

- Et tu n'as encore rien vu, lacha-t-il, son regard froid et carnassier longeant mon corps toujours à terre.

Sans que je prenne vraiment la decision, mon genoux frappa ses parties avec toute la force qu'il me restait encore. Un deuxième coup frappa son genoux, celui qui boitait.

Sa rotule craqua sous mon assaut alors que je me retenais de crier.

Il hurla en tombant à mon coté, son arme glissant sur le sol jusqu'à atteindre le rail de la baie dans lequel elle buta, puis s'arrêta. Sa voix brisée de colère me traita de tout les noms alors que je me débattais violemment pour me relever.

Ma tête tourna, mon cœur s'arrêta, mais mes jambes, elles, me portèrent en courant jusqu'à la porte de la suite.

Je tirai dessus de toutes mes forces, jetant à peine un coup d'oeil au monstre se tordant de douleur en tentant de ramper pour récupérer son arme à terre.

C'était ma chance, c'était maintenant... ou jamais.

Tout se passa en un instant, la porte s'ouvrit pendant qu'il continuait de me hurler des insultes et menaces plus horribles encore.

Je bondis hors de la suite, retrouvant l'air quelque peu étouffé du couloir.

Ce fut certainement la meilleure sensation du monde.

Je me rendis vaguement compte du nombre de personnes dans le couloir après un quart de seconde. Une dizaine d'homme du FBI étaient présents, casques et gilet par balles, armes en joute, prêt à faire feu.

Avant que je n'arrive à comprendre ce qui était en train de se passer, je fus violemment plaqué contre le mur du couloir.

Le corps d'Edward couvrit le mien, ses bras s'appuyant autour de moi pour me protéger du reste du monde autour de nous.

Un homme hurla des ordres, un autre cria quelque chose que je ne compris pas.

Plusieurs coups de feu retentirent dans la suite, suivant d'hurlements m'en briser les tympans.

Mais plus rien n'avait désormais d'importance... ni ce qu'il se passait dans la suite, ni tout les hommes dans le couloir, ni la douleur de ma mâchoire et de ma lèvre.

Edward était là, contre moi, chaud et vivant malgré la pâleur et l'inquiétude de ses traits.

Il était là, tremblant contre moi, mais vivant.

Entier.

Mon cœur s'arrêta quand Edward passa ses mains sur mon visage, affolé et blanc comme un linge.

- Tu n'as rien ? demanda sa voix rauque, ses yeux se posant partout sur mon visage et mon corps.

- Je n'ai rien, réussi-je à dire, le cœur battant, la respiration hachurée.

- J'ai eu tellement peur, lacha-t-il en me maintenant contre lui, serrant ses bras autour de moi à m'en faire mal.

- Je n'ai rien. Je vais bien, répétai-je en le touchant à mon tour.

- J'ai... j'ai cru que...

Il ferma les yeux alors que le silence se faisait autour de nous. Où était-ce simplement notre bulle qui se refermait, nous emprisonnant dans notre réalité ? Mon corps se détendit brutalement contre le sien alors que les larmes se mirent à couler le long de mes joues silencieusement.

Son regard retrouva le mien alors que ses pouces essuyaient mes larmes coulant au fur et à mesure qu'il les essuyait.

- J'ai cru qu'on arriverait pas à temps, dit-il en secouant la tête, dépassé par tout ce qui venait d'arriver. J'ai... Ils allaient donner l'assaut quand tu es sortit... je...

- J'avais prévu une soirée vraiment romantique, le coupai-je, réalisant brusquement que tout mes projets étaient tombés à l'eau.

Edward me dévisagea avant de caresser ma lèvre abimée. La dévotion dans son regard me fit trembler.

- On en fera une dès que tu le voudras.

Un instant, on se dévisagea en silence. Je n'avais aucune idée de ce qu'il allait se passer désormais, ou de ce qu'il se passait dans la suite, mais je m'en fichais.

J'avais cru ne jamais le revoir. J'avais cru mourir sans avoir la chance de le regarder, de le toucher à nouveau.

- Comment as-tu su ? demandai-je, la voix tremblante.

- Tu ne répondais pas, Dean non plus. J'ai su qu'il se passait quelque chose et...

- Oh ! Dean ? Comment...

- Il va s'en sortir, me rassura Edward en faisant trainer ses doigts sur la peau de mes joues encore humides. La balle n'a pas touché de...

La peur s'insinua à nouveau dans mon corps à ses mots, me faisant revivre la pire des épreuves de ma vie.

- Embrasse-moi, le coupai-je brutalement.

Son regard terne retrouva le mien une seconde avant qu'il ne caresse mon visage, puis ma bouche blessée.

- Il ne t'arrivera plus jamais rien, promit-il en prenant mon visage en coupe.

- Embrasse-moi, répétai-je, balbutiant à travers mes larmes.

J'avais besoin de sentir, d'oublier. J'avais besoin de ne sentir plus que lui, de ne voir plus que lui. D'oublier ces minutes, les plus longues de ma vie, où j'avais cru ne jamais pouvoir sentir ses bras autour de moi à nouveau.

Ses lèvres se posèrent sur les miennes, et, soudain, mon corps reprit vie.


J'me sens bizarre... pas vous ?

J'ai hâte et j'appréhende vraiment vos réactions... aucune de vous n'avait pensé à tout ça... (mais moi si xD)

Voilà, je relis une dernière fois et je publi...

J'vais me ronger les sang en attendant vos reviews, c'est pire que le jour où j'ai attendu le résultat de mon permis !

A bientôt,

Tied.