Coucou tout le monde ! Voilà, chapitre 2 de cette dernière saison (il devrait y en avoir 7 en tout)
J'ai pas mal bossé, puisque je finis ce chapitre franchement long par rapport à mes habitudes en 5 jours, et en plus j'ai pratiquement terminé celui d'après ^^
Du coup long chapitre pour faire avancer une bonne fois pour toute l'arc de Finn, et de préparer tranquillement la fin ^^
x-Beautiful Blass-x : j'avais dit que je n'abandonnerais pas ^^ Mais il faut du temps pour essayer de bien faire X)
Bonne lecture !
Quelques minutes plus tard, tout le monde se retrouva dans la salle de briefing, qui depuis quelque temps était devenue beaucoup trop petite pour le nombre impressionnants de personnes qui s'y entassaient.
Car si le bâtiment n'était au départ qu'un quartier général pour les agents de la région, il était devenu le lieu de rendez-vous principal des armées du Bien. Sans doute était-ce dû à l'urgence des évènements, mais jamais le Grand prêtre n'avait eut l'idée de choisir un autre lieu comme quartier général et ce fut donc aux envoyés du gouvernement, aux leaders du FBI, et à toutes les autres personnes de hauts rangs concernées par la guerre, de se déplacer jusqu'à cet endroit pour parler au Grand maître Jedi.
Le lieu noir de monde, où les simples agents étaient installés serrés avec des politiciens où avec des individus bien plus haut gradés qu'eux, était presque étouffant de chaleur et de bruits.
Rey, en tant que Jedi, était chanceuse de pouvoir revendiquer une place dans les premiers rangs – quand ceux-ci n'étaient pas tous déjà occupée. Il ne lui fallu donc pas affronter la cohue trop longtemps avant qu'elle ne puisse s'asseoir, assez près pour apercevoir correctement le mur devant elle, celui où était projeté les informations lors des briefings et où le Général Ackbar, chef militaire de l'Agence, ainsi que Poe Dameron et Maître Luke, étaient installés.
Rey tenta d'apercevoir Finn et Ben dans l'assemblée. Elle ne trouva pas le jeune homme à la peau noire, mais elle repéra son ancien petit ami installé un rang derrière elle, à l'autre bout de la salle. La jeune femme fut subitement prise de tristesse. En fait, à chaque fois qu'elle posait ses yeux sur lui, les remords de ce qu'elle avait fait, la peur de ce qu'elle devrait faire, et la douleur de ne plus pouvoir serrer son homme dans ses bras alimentait la détresse de la jeune femme.
Rey ne se faisait pas non plus d'illusion : si Ben ne l'avait pas encore vu, il gardait les yeux fixés devant lui pour ne pas prendre le risque d'avoir à croiser son regard.
Et pourtant, la jeune femme ne pouvait s'empêcher d'encore et toujours tenter de le fixer.
Comme d'habitude, il suffit d'un seul appel à l'ordre de Poe pour que tout le monde s'arrête de parler et ne se re-concentre, tournant un regard muet et attentif vers eux.
Il faisait si chaud et moite que Rey – qui pourtant avait vécu dans la fournaise de Jakku - mourrait d'envie de retirer son haut, peu importe la décence, et les autres partageaient sa peine autant donc que la réunion soit courte et efficace.
Poe partageait probablement cette opinion, car il expédia les formules de politesses pour se lancer tout de suite dans le vif du sujet.
« Comme vous le savez déjà, les troupes de Palpatine sont en train de se replier. Nous nous en doutions déjà, mais nos derniers espionnages nous confirment qu'ils tendent tous à se rendre à Korriban. Palpatine sait qu'il est en train de perdre la guerre néanmoins la réunion de ces effectifs nous pose un gros problème : au total, il reste à l'ancien Empereur entre deux cents et deux cents cinquante mille de ses immondes cadavres. Si ils se rassemblent tous au même endroit, il aura à sa disposition une armée unique et bien supérieur en nombre à tout ce que nous pouvons imaginer. »
Lorsque Poe en eut terminé, il laissa l'assemblée poser des questions.
« Quand pensez-vous que la réunion de son armée sera effective ? demanda quelqu'un.
- Dans trop peu de temps pour que l'on puisse l'en empêcher.
- Vous envisagez-donc que nous nous battions contre une armée de deux cents mille créatures, qui en plus résistent à des décapitations ? »
Le silence de Poe, ainsi que d'Ackbar et de Luke fut suffisamment éloquent. Dans l'assemblée, un sentiment de détresse se propagea, que le Général s'empressa de calmer.
« Messieurs, mesdames, je vous demande de garder votre courage ! Nous avons remporté de nombreuses batailles contre nos ennemis ses derniers temps ! Et leur rassemblement est aussi une opportunité pour nous d'en finir ! La prochaine bataille pourrait être décisive.
- Etes-vous en train de dire que vous avez un plan, Général ? demanda un officier assis non loin de Rey.
- Continuez à mettre la pression à l'ennemi, comme nous le faisons depuis des semaines, Commandant. Nous pouvons réunir une armée de près de cent mille personnes et les envoyer le plus près possible des troupes ennemies. N'oublier pas que même si ses créatures sont résistantes, elles sont stupides et agissent sans réfléchir si elles ne sont pas bien commandées. Nous allons encore pousser notre ennemi à l'erreur, une dernière fois.
- Et pour cela, demanda un autre officier, vous allez envoyer la majorité de nos effectifs pour une seule attaque ? Avec tous mon respect, Général, ce n'est pas nous qui subissons les évènements dans ce cas-là ? »
Cette idée fit naître des chuchotements partout dans la salle. La rumeur commença même à devenir une cohue, lorsque Poe demanda à nouveau le silence. A la surprise de tous, c'est lui-même qui reprit la parole.
« Camarades, supérieurs… Le Général, le Grand prêtre et moi-même sommes bien au courant des risques que nous pousses à commettre notre ennemi. Nous ne pouvons nous permettre de déployer toutes nos forces et laisser le pays sans défense, comme nous ne pouvons envoyer un groupe trop faible qui se ferait massacrer. Oui, Palpatine semble avoir repris l'initiative. Mais depuis le début nous avons réussi à le contrer efficacement ! Aujourd'hui, nous l'avons repoussé à ses retranchements. Ce salaud nous a amené la guerre… Maintenant à nous d'amener la guerre à lui ! »
Ce discours, à défaut de convaincre l'état major, suffit à gonfler le moral des soldats et agents présents dans la pièce.
Lorsque le Général Ackbar prit à nouveau la parole, ce fut pour informer que le briefing était terminé à moins qu'il n'y ait d'autres questions, et que tout le monde serait informé en temps et en heure s'il ferait parti des troupes qui partiront pour la bataille.
Lorsque quelques minutes plus tard les personnes présentes se levèrent dans un mouvement chaotique, agités et restreints comme des poissons dans un filet, beaucoup n'avait qu'une idée à l'esprit : seraient-ils de ceux choisis pour l'assaut, celui qui serait peut-être la dernière chance ? Peu d'entres-eux ne pouvaient quitter cette pièce avec une réponse déjà certaine. Rey et Ben viendraient naturellement, quand à l'inverse Finn était presque sûr qu'il resterait à l'agence.
C'est alors que le jeune homme à la peau noire, alors qu'il venait de sortir de la pièce, fut retenu par l'épaule. En se retournant il vit Poe Dameron.
« Chef ? Quelque chose ne va pas ?
- Oui, il y a une chose agent. J'ai revu les listes de ceux qui s'étaient mis volontaire pour rester à la base durant la prochaine mission… »
Finn se sentit alors assez gêné. Il arrivait presque à considérer son supérieur comme un ami, et en cet instant il comprit qu'il risquait de le décevoir.
Néanmoins…
« Désolé, chef, vous connaissez mes raisons.
- Je ne suis pas venu vous parlez de votre vie privée, agent. Plus maintenant… Finn, tu es renvoyé. »
Dameron n'avait pas prononcé ses mots avec violence. C'était même plutôt de la pitié qui se dégageait des traits de son visage, alors qu'il avait toujours sa main sur l'épaule du jeune homme.
Mais devant ses yeux, Finn était devenu presque blanc. La nouvelle le prenait complètement au dépourvu, et lui faisait aussi mal qu'un coup de poing dans les côtes. Pire que cela d'un coup, l'univers du jeune homme était en train de s'effondrer.
« Je… Chef, Poe… Mais pourquoi ? J'ai… j'ai le droit de faire ce que je fais…
- Et je n'ai pas de motif valable pour te virer. Je sais. Néanmoins je ne souhaite plus t'avoir sous mes ordres. Alors je te demande avec insistance que d'ici la fin de la journée tu remettes ta démission. »
Finn n'arrivait pas à être en colère devant cette injustice, devant ce qui pouvait clairement être vu comme une trahison. Démissionner, c'était la pire des hontes imaginables. Et il ne voulait pas, jamais il ne…
« Poe, tu ne peux pas me faire ça ! Tu me connais, je…
- Finn, tu es peut-être courageux pour certaines choses, mais pour d'autres tu es un lâche. Ce n'est pas ton ami qui te parle, c'est ton supérieur ! Tu as un énorme problème, et tu n'arrives pas à le résoudre ! »
C'était un vrai choc à entendre. Finn ne savait quoi faire, il était totalement abasourdi, mais alors qu'il était en train de demander plus d'explications à Poe, le regard de celui-ci se dirigea vers quelqu'un ou quelque chose derrière le jeune homme. Dameron se contenta alors de dire :
« Réunion à quatorze heures. Probablement ta dernière. Tu as intérêt à être présent ! »
Et coupant court à la discussion, il tourna les talons à Finn et s'en alla, laissant immobile le jeune agent.
« Finn ! »
Un instant plus tard, Rey arrivait de derrière le jeune homme. Alors qu'elle venait simplement pour discuter avec son ami, elle commença à lui demander :
« Ca va ? Qu'est-ce que te voulais le chef ? Il avait l'air… »
Des larmes. Rey les vit immédiatement couler silencieusement sur les joues de son ami. Et avant que la jeune femme n'ait le temps de comprendre ce qu'il se passait, le jeune homme se jeta sur Rey pour l'enlacer, et se mit à pleurer pour de bon sur son épaule.
Finn expliqua à la jeune femme la scène qui venait de se dérouler, et aussitôt celle-ci fut saisie d'une colère noire. Il n'était pas question qu'elle laisse son ami être traité aussi injustement, et était très déçu du comportement de Poe.
Rey voulue immédiatement le lui faire savoir. Elle laissa alors Finn pour confronter leur chef. Finalement, Rey le trouva dans son bureau, assis en train de travailler vraisemblablement en prévision du dernier meeting de tout à l'heure. La jeune femme ne prit même pas la peine de se présenter avant d'ouvrir la porte avec fracas.
Dameron releva la tête, et durant l'instant où son agent parcouru la distance entre l'entrée et son bureau, il dit d'un ton ferme.
« Si tu viens pour me parler de Finn, je ne reviendrais pas sur ma décision.
- Comment oses-tu lui faire une chose pareille ? » s'écria tout de même la jeune femme.
Rey plaqua ses mains sur la table, et avança son visage le plus près de celui de son patron possible. Poe, pour se donner de la contenance, se leva, de sorte à ce que Rey dû lever les yeux pour l'affronter. Dameron conservait pendant tout ce temps ce caractère sérieux qu'il affichait si souvent. A chaque fois en vérité qu'il voulait faire comprendre à quelqu'un – qu'il soit plus ou moins gradé que lui – qu'il ne plaisantait pas.
« Ne m'obliges pas à parler de ce dont tu ne veux pas que je parle, agent.
- De quoi voudrais-tu parler ?
- Du fait que tu n'es pas bien placé pour critiquer une personne faisait souffrir un proche. »
Sa surprise fut telle que la colère de Rey s'évanouit dans coup. L'attaque était petite, vraiment…
Et pourtant elle l'avait poussé à en parler.
Il fallu plusieurs secondes à la jeune femme pour reprendre de la contenance.
« Si tu crois que cela suffit, tu te mets le doigt dans l'œil, Dameron ! Tu n'as pas le droit de virer Finn sans motif ! Comme tu n'as pas le droit de le pousser à démissionner !
- Je n'en ai pas le droit, en effet… Mais j'espère qu'il aura le cran de s'en aller de lui-même tout à l'heure. »
Rey réfléchit un instant à ce que son chef venait de lui dire. 'Tout-à-l'heure ?' Mais…
Poe ne la laissa pas répondre. Il se rassit et tourna son regard vers les papiers posés sur son bureau, faisant comprendre que cet entretien était terminé.
« Pour le moment j'ai dû travail. Beaucoup de travail si tu veux savoir. Et toi aussi je crois, depuis que le sort du pays dépend peut-être de toi et de Monsieur Solo. Discuter du contrat de travail d'un agent n'est vraiment pas dans mes priorités. Alors vous pouvez disposer, agent.
- Tu as quand même pris le temps pour lui dire qu'il devait s'en aller ! insista Rey. Je…
- J'ai dit : vous pouvez disposer, agent. Et on se retrouve à quatorze heures pour régler ce problème. »
Réalisant qu'il n'y avait rien à faire pour l'instant, et que sur un point au moins (l'urgence pour tous était ailleurs) il avait raison, Rey s'inclina et quitta le bureau de son chef. Non sans avoir lancé une dernière parole.
« Vous êtes mes gars. C'est le lien indéfectible entre nous. Ce sont tes propres mots, chef. »
Et elle referma la porte.
La réunion de quatorze heures s'annonçait bien évidemment extrêmement tendue. Car comme toutes informations, celle du possible licenciement de Finn avait bien entendu fuitée et cela contrebalançait avec l'ambiance qui était étonnement sereine jusque là. Car après tout, beaucoup allaient participer à partir de demain à une expédition qui marquerait peut-être l'histoire.
Car le risque de mourir, la pression qui accompagnait forcément chacune de leurs missions, était une souffrance auquel chaque agent était habitué. Tous acceptaient le risque de ne pas revenir d'une mission, ou de perdre un de ses frères, car tous estimaient qu'ils se battaient pour quelque chose qui en valait le coup.
Mais durant cette guerre, et encore plus à partir de demain, l'importance de la mission donnait presque le sourire aux lèvres à certains. Affronter le mal absolu, dans un affrontement dont l'histoire se souviendrait, c'était le moment de leur vie qui les rapprocherait probablement le plus d'être des héros. Non pas qu'aucun d'entre eux n'est jamais recherché la gloire, mais lorsque celle-ci s'offre à vous, pourquoi la refuser ?
Avaient-ils peur d'échouer ? Oui, et sans doute plus que d'habitude, car ils savaient que les conséquences seraient bien plus grave en cas d'échec lors d'une mission lambda. L'idée d'abandonner l'opération, de se replier, ne serait sans doute pas envisageable.
Mais cela, comme mentionné plus haut, ils l'acceptaient tous.
Leur solution serait la même que d'habitude : se préparer, encore et encore, pour éliminer et prévoir les scénarios en leur défaveur.
Ce briefing n'aurait donc dû être qu'un ultime rappel. Le fait qu'il se retrouve soudain prit d'une si grande importance était une faille dans l'équation.
Mais encore une fois, même à cet instant, tous devaient garder leur calme. Car l'imprévisible devait toujours être attendu, par tout professionnel qui mettait sa vie en jeu.
Du coup, lorsque l'agent en chef Dameron posa la question à l'ensemble du groupe, s'ils souhaitaient encore de Finn Number parmi leurs rangs, la réponse de chacun fut réfléchie.
Tout d'abord, Dameron demanda à l'agent Number de rester dehors. Puis il fit voter à main levée le reste de l'escouade. Une fois cela fait, il demande à l'agent en sursis de reprendre sa place. Poe demanda alors à tous de répéter leur vote, devant ses yeux. Les agents n'hésitèrent qu'à peine, et ceux qui avaient leur main levé la première fois le firent à nouveau. Avec moins d'entrain, car il s'agissait cette fois de dire en face à l'un de ses frères qu'on ne voulait plus de lui, mais ils le firent tout de même.
Et sur la petite trentaine d'agents présents, plus de vingt finirent par avoir leur main levée. Une large majorité venait de se retourner contre l'un des siens.
Finn, évidemment, se décomposa. Et Rey qui s'était assise pour une fois au premier rang réagit tout aussi mal. Elle se leva et, malgré les ordres de son chef de retourner s'asseoir, commença à hurler sur tous ses frères d'armes.
Voici à peu près ce qu'elle leur dit : « Comment osez-vous ? Finn fait parti des nôtres depuis des années ! Il n'a jamais hésité à se sacrifier pour vous ! Qu'est-ce qu'il vous a fait pour que nous vouliez plus de lui ? »
Un sentiment d'injustice et de trahison possédait la jeune femme. Néanmoins, elle finit par obéir aux ordres de Poe et elle se rassit.
Finn, au centre de tout cela, n'eut pas la moindre réaction. Il resta silencieux, la tête basse.
Finalement, un membre de l'équipe se décida à expliquer son choix d'exclure l'agent Number.
« Cela fait des mois, voire des années, que Finn ne vient plus sur les longues missions. On a tous le sentiment qu'il a le droit à un traitement de faveur. »
Plusieurs agents approuvèrent ses mots, et d'autres expliquèrent avoir le même sentiment.
Brusquement, Rey et Finn comprirent ce que Poe avait réalisé depuis un moment : lors des raids, surtout les plus longs où l'escouade se retrouvait réuni en terrain hostile vingt-quatre heures sur vingt-quatre, c'était dans ses moments là que la cohésion se créait. L'agent Number, par la façon dont il était traité, et son absence lors de ces moments cruciaux, ne pouvait être considéré comme un membre à part entière du groupe.
De plus, Poe souleva un autre problème.
Pour démontrer son idée, il sorti quelques minutes pour aller chercher quelque chose, puis revint avec deux tasers électriques.
L'agent en chef demanda ensuite à deux de ses soldats de s'approcher de lui, puis lorsque ceux-ci furent assez près Dameron pointa une arme sur chacun d'eux. Il s'adressa ensuite à Finn tout en restant en joue.
« Supposons que je suis un terroriste, je tiens tes deux coéquipiers à porter de tir. Je te donne dix secondes pour choisir celui que je ne tuerais pas. A toi de décider. »
Cela n'était pas un exercice. Dameron allait réellement électrocuter quelqu'un. Tout dans sa démarche et son expression disait qu'il allait le faire.
La réaction de Finn fut alors la pire qui soit : il paniqua, supplia Poe d'arrêter, tandis que celui-ci entamait son compte à rebours. Les dix secondes passèrent, et Finn ne décida… De rien. Il se contenta de supplier Poe d'arrêter, et lorsque son chef arriva à zéro, il offrit à son agent une dernière seconde avant de finalement tirer.
Heureusement pour ses hommes, il bougea ses bras juste avant, pour tirer à côté d'eux, mais malgré tout cela pratiquement personne dans la pièce ne se sentait beaucoup plus rassurés. Les deux hommes avaient eut peur, car eux-mêmes connaissaient le caractère dangereusement aléatoire de cette arme.
Maintenant tout le monde en voulait plus ou moins à Finn.
Oui, même Rey, et même Finn lui-même. Pour la raison qu'exprima Dameron a haute voix.
« Agents, lorsque vous avez passé votre examen, vous avez subit une épreuve du même genre. C'est une des simulations qu'on vous impose pour savoir comment vous réagiriez en situation extrême. Si tu es parmi nous, Finn, c'est que tu as réussi ce test. »
Mais maintenant, il en était incapable. Voilà le point que Dameron venait de prouver.
« Finn, tu aurais pu sauver l'un de tes coéquipiers. Tu aurais dû sauver l'un des deux. Or les deux sont morts, simplement parce que tu n'as pas su te décider ! Tu vois où je veux en venir ? »
Evidemment, Finn et tous ceux qui le connaissaient assez comprenaient. Ce n'était pas qu'en mission que l'agent Number n'était plus capable de faire des choix, mais aussi dans sa vie privée. Entre l'agence et Gwen. Entre Gwen et Rose. Et maintenant, voilà que ses problèmes personnels étaient en train de détruire son mental.
Poe Dameron ne rajouta plus grand-chose d'autres. Ce point avait été suffisamment long, et il y avait beaucoup plus importants à traiter dans l'immédiat. L'agent en chef invita donc simplement l'agent Number à quitter la pièce.
Le jeune homme, honteux, anéanti, obtempéra en hochant la tête. Sans voix, les yeux vers le sol, il se leva et passa la porte. Il n'y eut que les regards de plusieurs de ses frères, et un « Finn » prononcé avec pitié par Rey, pour l'accompagner.
La suite du briefing fut longue, très longue. Beaucoup trop longue aux yeux de Rey. Et si elle comprenait que ce qui se jouerait à partir de demain était trop important pour que d'autres idées ne viennent parasiter son esprit, la jeune femme ne put s'empêcher d'espérer encore et encore que cette réunion ne se termine vite. Et qu'il n'était pas encore trop tard pour retrouver son meilleur ami.
Après ce qu'il s'était passé, Finn déambula la tête basse, l'esprit perdu et avec l'envie de ne voir personne. Mais finalement il arriva tout de même à l'extérieur du bâtiment, où il pu trouver un endroit où se retrouver seul.
Le jeune homme ne savait pas à cet instant ce qui lui avait fait le plus mal entre l'ordre de Poe de s'en aller ou le rejet de ses camarades. Ce qu'il ressentait, c'était de la peine et non de la colère, car Finn comprenait les jugements des autres agents. Lui-même n'avait cessé, depuis ses derniers mois, de se dire qu'il était normal pour eux de se sentir floué.
Il s'était dis à cette époque que bientôt la situation changerait, et finalement rien n'avait changé que ce soit ici ou dans sa vie.
Finn savait que Poe avait raison : il rendait Rose malheureuse, il mentait à Gwen sans cesse, et lui-même se sentait triste, car il n'était pas capable de prendre les décisions qui faisaient mal.
Mais maintenant, il était dos au mur. Il n'avait plus le choix, car son escouade partirait demain matin, avec ou sans lui. Alors il devait prendre une décision, faire maintenant le choix qu'il repoussait à plus tard depuis des lustres.
Finn dû lutter un long moment contre lui-même, contre ses images d'une Gwen à l'hôpital, entre la vie et la mort à cause de son absence, contre la culpabilité qu'il voyait déjà arrivé en lui, mais finalement il sortit son portable et appela sa femme.
Comme à son habitude, elle répondit presque immédiatement. L'échange fut très bref.
« Allô, Gwen ?
- Oui, chéri ? Tout va bien ?
- Tout va bien oui… Mais j'ai une mauvaise nouvelle à t'annoncer… (une inspiration, puis une autre…) Je pars avec mon escouade pour le front, demain matin. On ne se reverra pas avant trois ou quatre jours au moins. »
Un moment de silence à l'autre bout du fil, puis une voix paniquée :
« Mais tu… Tu avais dis que tu ne me laisserais plus…
- Je sais. Mais j'ai fais le même serment à mes compagnons. Je les ais trahis trop souvent.
- Alors maintenant c'est mon tour, c'est ça que tu veux dire ?
- Tu n'as pas à me pardonner, et tu auras le droit de me détester toute ta vie si cela se passe mal pour moi. A bientôt.
- Quoi ? Mais… Finn ! Finn tu n'es pas obligé de faire ça ! Ne meurt pas s'il te pl… »
Le jeune homme ne voulait pas en entendre plus, alors il raccrocha sèchement.
Cela avait été douloureux, mais… Brusquement le jeune homme réalisait quelque chose. Non pas que cela ne fut pas si atroce qu'il l'imaginait ou qu'il ne se sentait pas si mal mais… Il y avait survécu. C'était fait. Cela n'avait duré que quelques secondes et il lui avait fallu des années pour en trouver le courage.
Et brusquement, son esprit pouvait passer à autre chose. Dorénavant, la seule chose qui l'inquiétait était la réaction de son escouade, resté à l'intérieur à écouté le briefing du boss. Après ce qu'il venait de se passer, l'accepteraient-ils à nouveau ?
