Chapitre 22 : it must be nice to have Washington/Dumbledore on your side

Yo !

Dernier chapitre un peu "ennuyeux", après ça on rentre dans le vif du sujet! J'esspère que vous profitez de vos vacances (autant que possible au vu des circonstances)


Potterveille est devenue une institution pour l'AD. C'est une responsabilité que nous avons laissé aux plus jeunes. Près du poste de radio se trouve un parchemin où les anciens écrivent des idées de mots de passe. Après tout, on peut pas demander aux premières années de deviner des mots de passe liés à l'Ordre du Phénix. Mais nous écoutons pratiquement émission et entendons donc le mot de passe de l'émission suivante.

Lorsque l'émission commence, tous ceux qui sont dans la pièce s'accroupissent ou s'assoient autour de la radio. Les anecdotes fusent à propos de chaque animateur : Lee, les jumeaux, ou Remus et Kingskley quand ils sont là. Souvent, Lee salue « Les étudiants et étudiantes de Poudlard qui nous écoutent ! ».

Les Carrows ont finit par trouver la Salle sur Demande. Je vais de moins en moins en cours et ne vais plus du tout manger dans la Grande Salle. Ils campent parfois devant l'entrée de celle-ci. La Salle s'est donc adaptée et la sortie change d'endroit systématiquement.

Luna n'est pas revenue.

La réalité de ce que ça signifie m'a frappée lorsque je suis allée chercher à manger chez Alberforth. Il prenait des nouvelles du groupe (il est devenu très copain avec Seamus). Il a fini par me demander :

- Et la petite blonde ? Elle avait l'habitude d'offrir des fleurs particulières à mes chèvres.

J'ai pincé les lèvres en baissant les yeux, regardant le sac de nourriture qu'il venait de m'offrir.

- Elle n'est pas revenue après les vacances de Noël.

- Ah…

Alberforth a inspiré profondément, avec l'air de celui qui sait bien ce que ça présage. Le connaissant lui et son expérience, je sais que son présage est certainement avéré.

- J'espère que ses parents ont simplement décidée de la garder auprès d'eux.

- J'espère aussi, j'ai soufflé. Les premières années se demandaient si tu pouvais mettre plus de boulettes.

Alberforth m'a jeté un regard mi agacé mi amusé.

- Je verrais ce que je peux faire.

- Brandon de Gryffondor est prêt à t'offrir sa collection de cartes chocogrenouilles.

- Ça pourrait aider, s'est-il amusé.

La discussion s'est arrêtée là. Voir Alberforth m'offre toujours des bouffées d'air frais mais j'évite de les allonger à excès. Le but est d'éviter de nous mettre mutuellement en danger.

Le problème avec le fait d'éviter de sortir de la Salle sur Demande, c'est que dés que je mets le pieds dehors, je me mets en danger. Les Carrow me poursuivent pratiquement. Mais cette fois ci, c'est le professeur McGonagall qui m'a convoquée. J'entre dans son bureau à l'heure indiquée sur la convocation. Ma directrice de maison est assise à son bureau et me regarde avec sévérité.

- Miss Watson.

- Professeur.

Je m'assois sur la chaise qu'elle me montre, face à son bureau. Je vois son regard parcourir mes égratignures, mes bleus… J'ai tellement l'habitude de vivre avec que j'oublie à quel point ça doit surprendre l'œil inhabitué.

- Le corps professoral, que je représente, et moi-même sommes inquiet pour vous et Monsieur Londubat. Nous sommes fiers du courage dont vous faites preuve mais avons peur que vous ne réalisiez pas les risques que vous prenez.

- Je le suis aussi, Professeur. Et je suis sûre que Neville et les autres seront heureux de savoir que vous vous inquiétez pour eux. Personnellement, je le suis. Mais nous faisons ce qui est juste à faire compte tenus des circonstances, il sera difficile de nous convaincre de faire autrement.

Minerva me regarde longuement, sans dégager la moindre émotion. Doucement, lentement, un petit sourire se dessine sur son visage. Elle me tend un petit pot de biscuits. J'en prends un volontiers et observe son bureau avec attention. Dans un coin, se trouve un tableau où sont punaisés différents articles et photos. Beaucoup de ces articles concernent d'anciens élèves de Gryffondors. Les photos semblent datées de sa jeunesse. L'atmosphère du bureau rappelle grandement celle de la salle commune, le bazar en moins.

- Nous voulions également nous assurer que les Professeurs Carrows ou le Professeur Rogue n'avaient pas professé… des menaces, continue-t-elle lentement en me jetant un coup d'œil entendu.

Je lui réponds pas un sourire assuré.

- Voyons, Professeur, aucune menace de leur part ne pourrait me faire peur.

Je sais que ce n'était pas sa question. Elle sait que je sais.

- Comment vont Messieurs Weasley ? finit-elle par me demander avec un air complice.

Je manque presque de rougir, ce qui n'est pas quelque chose qui m'arrive souvent.

- Ils vont biens. Même si je pense que vous pouvez le constater régulièrement, je souris en désignant la radio posée sur une table d'un coup du menton.

Minerva hoche la tête. Nous échangeons quelques banalités concernant mon poste de préfète en chef, et les possibles remarques que j'aurais sur l'organisation du château. Je suis ensuite congédiée.

Je sors dans le parc sans véritable but. Parfois je peux presque avoir l'impression que tout est normal. Puis je vais croiser des premières années avec des inscriptions sur le dos de la main, des troisièmes années entrain de boiter vers l'infirmerie et des septièmes années s'entraînant au doloris.

J'avance vers la tombe de Dumbledore. Celle-ci est régulièrement surveillée pour éviter que trop d'élèves n'aillent payer leur respect (NDA : est-ce que c'est français comme phrase? J'ai écris pendant ma session d'examen... brain was dead). Je constate avec soulagement que personne n'est autour de celle-ci. Je serre les poings en pensant à la dépouille du vieux sorcier reposant paisiblement tandis que nous sommes ici, entrain de souffrir, de payer les conséquences.

- Vous auriez pu l'arrêter…, je murmure d'une voix sifflante, mâchoires serrées. Tout le monde savait qu'il vous craignait. Que vous pouviez l'arrêter. Mais vous avez préféré laisser Harry faire le sale travail… Vous avez préféré faire confiance à un homme triste et…

Je m'interromps. J'allais dire « un homme triste et au cœur brisé ». Rogue a eu le cœur brisé par la mère de Harry. C'est ce que Rogue m'avait dit. Qu'il était fou amoureux d'elle. Mais… la mère de Harry n'était-elle pas une née moldue ?

… Rogue rejoint les mangemorts. Voldemort tue Lily. Rogue change de camps. Mais… pourquoi aurait-il changé de camp entre temps ? Pourquoi tuer Dumbledore ?

Je regarde la tombe blanche, espérant que celle-ci me donne une réponse.

… N-non….

« L'année prochaine, peu importe ce qu'il se passe, faites moi confiance, Miss Watson »

J'ai une envie de vomir qui grimpe le long de mon œsophage. Je refuse de croire que… Je refuse. Mycroft me l'aurait dit. Mycroft le saurait.

Mais Mycroft ne voit pas Rogue autant de fois que moi. Il ne peut pas constater l'absence de camaraderie entre les Carrows et Rogue. Il ne peut pas constater l'état physique de Rogue, qui ne peut être que le résultat d'un mauvais état mental.

Neville et Ginny ne me croiront jamais. Personne ne me croira. Mais… est-ce que je peux encore garder quelque chose pour moi ? Je l'ai fais l'année dernière et Dumbledore en est mort. Je ne peux pas.

Je ne peux pas confronter Rogue. Si jamais c'est faux…

- Miss Watson, je peux savoir ce que vous faites ici.

Évidemment. Putain de lois de Murphy à la con. J'vous jure.

- Nous avons encore le droit de se balader dans le parc il me semble, je soupire en me tournant vers Rogue.

Severus est face à moi. C'est un évènement rare de le voir se balader dans le parc. Et généralement, on le remarque vite parce que tout le monde s'éloigne aussitôt, ne laissant qu'une tache noire au milieu du parc. Je suis un peu surprise de le voir ici.

- Peu d'élèves viennent se recueillir ici.

Avec ses phrases courtes et énigmatiques, je pourrais presque voir l'influence de Dumbledore. Je ne dis rien, stoïque face à Rogue.

- Il m'a été communiqué que vous manquiez de plus en plus de cours. Ce qui est plutôt déplorable de la part d'un des Préfet en Chef.

- Je suis certaine que James Potter avait un comportement irréprochable lorsqu'il était Préfet en Chef.

Le visage de Rogue se crispe automatiquement, grimaçant presque de dégoût.

- J'ignorais que James Potter était l'exemple que vous suiviez, dit-il avec dédain.

- Pas vraiment. Mais je pense que le statut de Préfet en Chef et ce qu'il représente change chaque année. Je me demande quelle sera la postérité de Drago et moi.

C'est tout juste si je ne lui ai pas fais un clin d'œil. Rogue m'observe quelques instants puis m'annonce :

- Certains professeurs souhaitent vous enlever cette insigne. Ils vous en estiment indigne.

- Et par « certains professeurs », vous vous voulez dire «les professeurs Carrow » ?

- Certains professeurs, répond Rogue d'un ton dur.

- J'ai une pensée pour la tombe derrière moi. J'ai une pensée pour Dumbledore qui est, j'en suis sûre, témoin de tout ce qu'il se passe.

- Et bien reprenez mon insigne. Faites de Pansy Parkinson la Préfète en Cheffe. Ou même Neville, au point où on est !

J'ai terminé ma phrase avec un petit sourire. Rogue inspire profondément.

- Miss Watson, savez vous ce que veut dire cette insigne ?

- Que tout ce que je sors de ma bouche sera aussitôt gobé par les premières années.

Je croirais presque voir l'ombre d'un petit sourire sur le visage de Rogue. Je fronce les sourcils un instant mais ne fais aucune remarque.

- Entre autre, je suppose. Mais cela veut surtout dire que votre présence au château est indispensable.

Je plisse les yeux, pensant comprendre ce que je suis sensée comprendre.

- Vous avez des nouvelles de Luna Lovegood ?

Les yeux noirs du directeur se rétrécissent et il me regarde, soupçonneux.

- Pourquoi en aurais je ?

- Parce que vous êtes le directeur. J'ose croire que si son père avait décidé de la garder avec lui, il vous aurait prévenu.

- Ce n'est pas le cas.

- Donc aucune nouvelle ? je conclus.

- Elle est en vie.

Il a dit ces derniers mots tout bas, le regard visé sur la tombe de Dumbledore, lui parlant plus qu'à lui qu'à moi. Mais j'ai bien entendu. Et il le sait.

- Je ne vais pas aller en cours. Pas plus que je le fais déjà. Si les Carrows ont un problème ils savent où me trouver.

- Le problème c'est que non.

Là encore, je le sens presque amusé. Rogue se tourne vers moi.

- Comptez vous transmettre le message aux Carrows ?

- Pas tout de suite, non, me dit lentement Rogue.

- Pourquoi ?

Rogue arque un sourcil et reprend son attitude hautaine.

- Mes choix pédagogiques ne vous regardent pas, Watson.

- Non, c'est sûr. Mais si les Carrows comptent me mettre en retenue, j'aimerais savoir quand est-ce que ça va arriver… pour des raisons de santé. Je dirais même pour des raisons de vie ou de mort.

Rogue me regarde longuement. J'inspire profondément et observe Rogue, me demandant si il utilise l'occlumancie. Je me demande aussi qui il a autour de lui. Que ce soit à l'Ordre du Phénix ou à Poudlard, il a l'air d'être un homme seul, sans avoir personne autour de lui.

- Professeur, j'ai une question à propos du Professeur Dumbledore.

Rogue se raidit et me regarde sans me répondre.

- Il avait tendance à croire que l'amour était la plus forte des magies. Ce qui, à mes yeux, est quand même une sacrée hyperbole. Vous étiez d'accord avec lui ?

Rogue semble se détendre d'un millième mais c'est tout. Il reste hyper crispé.

- Cette question n'est pas à propos du Professeur Dumbledore, remarque Rogue.

- Mmh… ça dépend comment on voit les choses.

- Non. Elle n'est pas à propos de Professeur Dumbledore.

- Si vous le dites. Mais vous ne m'avez toujours pas répondu.

Autant tenter le tout pour le tout hein.

- Je pense que l'amour est une magie, comme beaucoup d'autre choses peuvent en être.

- Vous pensez qu'elle est aussi forte qu'il le pensait ?

Rogue ne me répond pas, interdit. Je poursuis :

- Je pense que pour des choses pareilles, il devait avoir vécu quelque chose ou connaître quelqu'un qui l'en aurait persuadé.

J'ai terminé ma phrase en le sondant du regard, espérant que quelque chose trahisse sa réponse. Une réaction quelconque. Mais Rogue ne trahit rien du tout (à part l'Ordre évidemment). Mais, jetant un regard à la tombe, il répond :

- En effet. Il l'a vécu.

Je relève un sourcil. Pardon ?

C'était pas vraiment ce que j'imaginais comme réponse.

- Si j'étais vous, je m'en irais, Watson, le cour du Professeur Carrow se termine bientôt, me dit-il en me saluant.

Je le regarde s'éloigner, ses épaules baissées et le regard sombre.