Hello la compagnie !

Voici le nouveau chapitre de la semaine :) Je souhaite remercier les fidèles lecteurs de cette fanfictions et ceux également qui postent des reviews car ça donne du baume au coeur. Même si je fais cela pour mon plaisir personnel, c'est toujours touchant de lire et de se rendre compte de l'interêt que nous portent les personnes qui nous lisent.

Je vous laisse profiter de ce chapitre !

Ps : Petit conseil, vous devriez vous asseoir et bien vous accrocher pour le lire et être dans un lieu calme et sans pression.


CI-GÎT LORD GODERIC ARTWOOD
PÈRE ET ÉPOUX BIEN-AIMÉ
1955-1995

Dorea contemplait l'inscription gravée sur la pierre grise dans le parc d'Highclere. Une larme coula sur sa joue fraîche.

Et dire qu'avant tout cela, elle n'avait jamais pleuré. Pas même pour la mort de sa mère. Que lui arrivait-elle ?

C'était comme si ses défenses, qu'elle s'était forgées durant toutes ces années s'étaient écroulées. Elle n'avait plus l'énergie de rien. Pas seulement physiquement, mais également mentalement. Elle n'avait plus envie de se battre. Elle désirait partir loin, très loin et tirer un trait sur toute cette histoire et commençait une nouvelle vie.

La neige se craquela sous les pas de Sirius Black qui se posta à côté d'elle.

- Nous allons devoir partir, dit Black en la regardant d'un air sinistre.

Dorea renifla et s'essuya son visage humide.

- Est-ce que l'on s'en remet un jour ? demanda-t-elle d'une voix chevrotante

Sirius ferma les yeux, puis les rouvrit et saisit la jeune fille dans ses bras avec tendresse.

- Non, murmura l'homme. On ne s'en remet réellement jamais. Mais…

Il se détacha de la serpentard et planta ses yeux noirs dans les prunelles vertes de Dorea.

- Mais écoutes, c'est ce qui doit te rendre plus forte. Tu vivras d'autres moments difficiles et d'autres pertes et à chaque fois, il faudra te dire une chose : que ces personnes qui t'étaient chers, feront toujours partie de toi. Toujours.

Un sanglot s'échappa de la bouche de la serpentard puis Sirius l'enlaça à nouveau.

Dorea s'essuya le visage tout en reniflant, la froideur de ses mains contrastant avec ses joues humides et brûlantes. Sirius avait raison, elle devait être plus résistante. Pour elle, pour Harry, pour ses parents, Lily et James, pour Goderic… Pour tous ceux qui n'ont pas la chance de posséder une baguette entre leurs mains et pouvoir être préparés au combat.

Son rêve du matin même lui revint en mémoire. Elle se remémora cette ombre qu'elle avait reconnue entre mille et la dernière phrase de son père qu'elle n'avait pas encore comprise. Puis elle repensa aussi quand Goderic lui avait dit que c'était Dumbledore qui avait exigé son transfert à Poudlard …

Une colère brutale se mit soudainement à couler dans ses veines. Si Dumbledore n'avait pas imposé sa venue à Poudlard, elle n'aurait jamais eu à affronter Ombrage, jamais son secret serait découvert, jamais son père aurait été en fuite, jamais les mangemorts l'aurait pourchassé et tué de sang-froid. En aucun cas, tout ceci aurait eu lieu. C'était la faute de Dumbledore. C'était entièrement sa faute si elle était à présent une orpheline.

- Je vais aller faire un tour à cheval, dit-elle en reculant.
- Ne tarde pas trop, nous partons dans une heure, dit Sirius. Tes affaires ont été transférées à Poudlard.

Dorea acquiesça du chef et fit volte-face pour se diriger vers les écuries.

Lorsqu'elle arriva devant l'étal de Bowman, ce dernier tapa du sabot, reconnaissant l'odeur subtile de la jeune fille. Dorea lui effleura le flanc, puis prit une selle, l'attacha sur le dos de Bowman, défit les liens entourant le poteau boisé, et sortit l'étalon de sa caserne. Elle encra un pied dans l'étrier et enjamba son cheval pour le monter avec aisance, contente qu'après un mois de coma, elle n'avait aucunement perdu ses reflexes sportifs.
Le cheval avança au trot, empruntant le même chemin qu'elle avait emprunté avec Drago bien des mois auparavant. Dans une autre vie…

L'image du jeune homme flotta alors un moment dans son esprit.

C'était lui qui lui avait en quelque sorte sauvé la vie en l'emmenant à l'infirmerie. Devait-elle lui en être reconnaissante ?

Il était étrange de voir le fils la sauver d'une mort assurée, alors que le père n'avait fait que pousser Goderic dans la tombe en donnant des renseignements précieux à Voldemort.

Elle arriva sur un petit monticule de neige où elle put contempler le parc et le château d'Highclere dans son ensemble. En cette fin de mois de février, un manteau blanc avait entièrement recouvert l'herbe habituellement verdoyante, et des flocons voleter.

C'était magique. Dorea décelaient cet instant magique. Pour la première fois depuis des semaines, elle se sentait bien, oubliant son malheur durant une poignée de secondes. Sirius avait raison, elle devait être forte. Elle devait rester forte. Et elle le restera. Son père ne serait pas mort en vain. Il l'avait protégée, à elle maintenant d'en faire autant avec les êtres qu'elle aimait.

Elle ferma les yeux, prit une grande inspiration, remplissant ses poumons de l'air hivernal et de la fraîcheur environnante.

Dorea ouvrit doucement les yeux et son cœur loupa soudainement un battement, sa respiration se coupant sur la seconde, en apercevant ce qui flottait au-dessus de sa demeure : la marque des ténèbres.

L'adolescente entrouvrit la bouche de stupeur puis tout à coup, deux ombres noires foncèrent dans la tour centrale où une explosion surgit, le feu montant au ciel.

Avec précipitation, elle chercha dans la poche intérieure de son blouson sa baguette magique, puis leva les yeux vers le château : sa baguette se trouvait dans sa chambre.

Alors d'un coup sec d'étrier sur le flanc de Bowman qui se cabra aussitôt, le cheval partit à toute allure, galopant vers Highclere Castle.

Elle arriva rapidement devant la grande entrée et s'introduisit sans attendre dans le hall, sa vue brouillée par la fumée épaississant l'air de la pièce.

- Elle est là ! cria une voix caverneuse

Un éclair de lumière verte arriva sur elle, et elle se jeta sur le côté, roulant sur le dos pour se cacher contre le mur.

- Ne la tuez pas ! Il la veut vivante ! hurla rageusement une voix de femme.

Dorea vit une table d'appoint disposé de l'autre côté du vestibule, surplombé d'un vase. D'un geste de main, le vase voleta puis elle tordit le poignet sèchement et le vase se lança vers les mangemorts présents au milieu du hall.

Sans attendre une minute, Dorea tourna sur sa droite et emprunta les escaliers de service habituellement réservé aux domestiques.

La fumée s'infiltrant dans ses bronches, elle commença à tousser fortement et trébucha sur une marche, cognant son genou contre celle-ci.

- ARTWOOD ! hurla la voix de femme dans son dos.
Dorea se retourna et reconnut Bellatrix Lestrange monter à sa suite, suivit d'un homme, les cheveux blancs, coiffés en catogan.

L'adolescente flanqua son bras violemment sur le côté et les escaliers explosèrent sur Lestrange et l'autre mangemort.

- YAXLEY ! RATTRAPE-LA ! cria la femme.

L'homme tenta de s'élancer à sa poursuite, mais la rousse, d'un autre mouvement de main sur l'avant, poussa Yaxley qui vola et s'écrasa au bas des escaliers.

Dorea finit de grimper les dernières marches et s'engagea dans la galerie, freina dans un glissement sur le parquet devant sa chambre et la pénétra pour fermer la double porte à clé.

Elle se précipita vers sa table de chevet et saisit de sa baguette.

Soudainement, le calme plat revint au-dehors.

Dorea n'entendit que son souffle erratique, en comprenant que les combats avaient cessés.

Elle tendit sa baguette devant elle, tenue par ses deux mains, comme si elle détenait un pistolet à la place de son arme. Comme le lui avait appris son père.

Doucement, revenant pas à pas vers sa porte, elle l'ouvrit, lança un regard furtif à droite puis à gauche et s'engouffra dans le couloir, marchant mesurément, lentement. Toujours haletante, elle regarda en contre-bas et vit un mangemort en station de défense, tournant sur lui-même et plus à gauche, dissimulé sous une alcôve, Sirius.

Ce dernier leva les yeux vers elle et lui fit signe de se baisser ce qu'elle fit immédiatement. s'accroupit au sol et s'adossa contre la rambarde, où une ouverture discrète lui donnait un œil sur la situation en bas et Sirius toujours caché, attendant le bon moment pour attaquer le mangemort.

Black, l'ayant très bien remarqué, lui fit un autre mouvement de bras qu'elle ne comprit pas et par lequel elle répondit par un geste signifiant qu'elle devait descendre. Ils continuèrent la langue des signes sans se comprendre durant une bonne minute, jusqu'à ce que Sirius, s'agaçant et s'impatientant du caractère buté de la rousse lève les yeux au ciel.

- Elle est en haut ! Je la vois ! s'exclama le mangemort.

Dorea évita de justesse un éclair de lumière jaune cette fois-ci. Elle distingua le cri rageur de Sirius qui bondit sur le mangemort. Tout deux poursuivirent le combat vers l'extérieur et Dorea profita pour descendre dans le hall.

Lorsqu'elle arriva devant le palier où une statue de nymphe surmontait les trois petites marches de la plate-forme, Bellatrix Lestrange apparut devant elle dans un brouillard noir.

La femme rit alors furieusement, un air de folie traversant ses yeux ébène, prenant au dépourvu la rousse.

- ENDOLORIS ! cria Bellatrix en pointant sa baguette sur Dorea.

La serpentard sentit alors son corps se déchirait en plusieurs morceaux, comme si une centaine de couteaux se plantaient en elle brutalement. Elle hurla de douleur et tomba à genoux puis s'affala à demi-consciente.

- Alors Artwood ? dit Lestrange d'un goguenard et triomphant en s'avançant vers elle.

La mangemort donna un coup de pied dans la baguette de Dorea qui retomba un peu plus loin et elle se pencha vers la rousse, ses cheveux bouclés et noirs effleurant le visage de la jeune fille. Celle-ci éprouva quasi l'impression d'envie de vomir.

- On n'a plus papa, pour se protéger ? Ni Dumbledore ? nargua Bellatrix d'une voix de fillette en arborant une moue ridicule en tirant sur sa lèvre inférieure.

Dorea redresse légèrement son bras et sans qu'elle la touche, Bellatrix s'étouffa tout à coup. Dorea referma progressivement son poing et leva de plus en plus son bras, Bellatrix s'élevant en même temps du sol.

- Co… Comment ?
- Toujours connaître les faiblesses de ses ennemis, mais également ses forces ! siffla Dorea entre ses dents.

Puis elle projeta son bras sur le côté et la mangemort s'écrasa brutalement contre le mur, tombant sur le sol inerte.

Dorea essaya de se relever puis quand elle fut enfin à l'aplomb, elle récupéra sa baguette et se précipita vers l'ouverture débouchant sur le salon de la bibliothèque.

Elle entra dans la longue pièce et une vision d'horreur s'imposa à ses yeux : Carson, le majordome, gisait sur le sol, le sang grossissant sur sa livrée blanche.

- Carson ! se récria Dorea en se précipitant vers son majordome.

Celui-ci ouvrit à peine les yeux et glapit sous la douleur.

- Carson, il faut que vous sortiez d'ici, dit Dorea d'une voix tremblante.

Elle tenta de le relever, ce que fit le domestique avec son aide, se soutenant sur ses épaules.

- Il faut… Il faut que vous vous en alliez, Miss. Il est là… C'est lui qui m'a…
- Qui ? Voldemort ?
- Non…
- Qui Carson ? dit Dorea en fronçant des sourcils.
- Greyback, lâcha le domestique dans un souffle.

Dorea frémit en percevant le nom du loup-garou, tant connu pour se délecter de la chaire des humains. Elle entendit alors des pas entrer dans la pièce et une odeur de sueur, mêlée au sang vinrent à ses narines, puis un grognement guttural.

La verte et argent pivota lentement sur ses talons et se retrouva face à Fenrir Greyback, dévoilant ses canines acérées.

- Je vais enfin goûter à ton sang virginal Artwood, grogna Fenrir.

Un sursaut de dégoût monta à la gorge de Dorea. Puis le loup-garou leva sa baguette en l'air et Dorea et Carson furent éjectés de plusieurs mètres derrière eux, s'écroulant contre la bibliothèque dans leur dos.

Dorea cria sous l'algie, sentant son dos se broyer puis chuta au sol dans un bruit sourd.

La jeune fille resta un instant étendue, puis s'appuya sur ses mains, elle se redressa, gémissant sous la souffrance qu'elle ressentait, tandis que Greyback s'approchait d'elle, telle une proie appétissante.

La rousse se remit sur ses jambes, puis voyant sa baguette qui s'était échappée de ses mains et qui se retrouvait près de la cheminée, elle tendit alors le bras, la rage et la colère emplissant ses veines, tel un poison qui la rendait plus puissante. Ses yeux verts se floutèrent et furent remplacés par le noir, remplissant ses globes, puis la bibliothèque se décrocha du mur et fonça droit vers Greyback. Ce dernier, surprit, pointa sa baguette verticalement au sol, un globe de verre le protégeant de l'attaque de l'adolescente.

Le mur derrière elle se détruisit en plusieurs morceaux de pierre et Dorea hurla sa rage.

Greyback observa la jeune fille, éberlués par ce qu'il voyait et ne souffla que deux mots avant de disparaître en transplanant.

- Le phénix noir, murmura-t-il.

Lorsqu'il fut disparu, Dorea tomba à genoux, ses prunelles recouvrant leur couleur d'origine et dressa ses mains au sol, la respiration haletante. Le froid hivernal se fit sentir dans son dos et quand elle orienta la tête, elle vit un trou béant donnant sur le parc enneigé, à la place de la bibliothèque.

Au loin, Mr et Mrs Weasley et Sirius couraient vers elle, appelant son nom qui faisait écho dans l'atmosphère. Le calme régnait à nouveau, macabre et lugubre.

Dorea dévia son regard à côté d'elle et vit Carson, inerte. Elle comprit qu'il venait de succomber.

Alors elle tourna peu à peu ses pupilles émeraudes vers le salon entièrement détruit et contracta sa mâchoire, une soudaine envie d'en finir avec ces mangemorts la prenant.

Elle se releva et marcha à grande enjambée, attrapa sa baguette au sol, puis se plaça face à la cheminée et tira le bras devant, la main et les doigts écartés.

L'une des épées, qui représentaient les armoiries des Artwood et s'entrecroisaient au-dessus du revers de marbre blanc se décrocha et Dorea empoigna le manche.

La serpentard se dirigea vers le hall de d'entrée, et se récria avec colère :

- HO ! ARRÊTEZ DE VOUS CACHER SALES MANGEMORTS ! VENEZ VOUS BATTRE BANDE DE LÂCHE !

Subitement, plusieurs ombres sombres volèrent dans la salle et Dorea s'accroupit blindant sa tête de ses bras. Quand elle se redressa, elle vit six mangemorts l'entourer, comprenant Bellatrix Lestrange et Fenrir Greyback.

- Tu as de la fougue Artwood, susurra un homme qui se tenait face à elle.

Il était grand, et dégingandé, les cheveux châtains, parsemé de quelques mèches blanches ici et là et avait des yeux bleus. Son visage arborant un nez effilé et une bouche fine lui rappela vaguement quelqu'un, mais elle ne saurait dire qui.

- Qui êtes-vous ? dit Dorea avec dédain.
- Henry Nott, pour vous servir jeune Lady … Artwood, dit-il dans une révérence pompeuse vers l'arrière tout en écartant les bras sur le côté.

Dorea ouvrit les yeux de stupeur en identifiant le nom de son camarade : Théodore Nott, tandis que les mangemort qui l'avait encerclée riaient grassement.

- Vous êtes le père de Théo, souffla Dorea.
- Exactement, sourit Nott fielleusement. Malheureusement pour lui, être ami avec la sœur Potter l'a quelque peu desservi, ricana-t-il.
- Que voulez-vous ?! cracha Dorea.
- Achever le travail que j'ai commencé, murmura le père Nott.

La jeune fille plissa les yeux, ne comprenant pas ce qu'il voulait dire, puis un éclair de compréhension traversa ses prunelles émeraude.

- C'est vous qui avait assassiné mon père, chuchota Dorea à bout de souffle.
- Tu comprends vite, Artwood, dit-il avec un rictus en coin. Tu es bien plus intelligente que ton frère et d'après ce que j'en ai aperçu, bien plus puissante…
- Allez ! intervint Lestrange. Mais là H.S., que l'on puisse la livrer au Seigneur des Ténèbres.
- Patience, patience Bellatrix…, dit Nott tout doucement.

La fureur transperça la rousse de milles part et un désir de vengeance s'invita en elle, plus fort et plus puissant. Elle sentit son bras parcourut de tremblement de plus en plus violent, mais elle n'y accorda pas la moindre attention. Tout ce qu'elle voulait, c'était transpercer de part en part de son épée, Henry Nott.

À cet instant, les Weasley et Sirius arrivèrent dans le vestibule et tous reprirent le combat. Dorea se jeta vers Henry Nott, hurlant sa rage et brandit son épée que ce dernier contre-attaqua de sa baguette qui se transforma elle-même en arme tranchante.

S'ensuivit alors une lutte acharnée entre les deux sorciers, le bruit de l'acier résonnant à travers les maléfices que se jetait les mangemorts et les trois membres de l'Ordre.

Dorea, ayant l'ascendant, avançait alors que Nott reculait, leur pas menant vers les escaliers.

Nott flancha son épée au-dessus de la tête de la rousse et celle-ci se baissa de justesse. Elle le contourna et reprit le combat, surplombant le mangemort et reculant à son tour. Arrivés dans la galerie, ne cessant de croiser le fer, leur pas les dirigèrent vers les escaliers de service, la partie basse des marches totalement détruit. Alors qu'ils montaient progressivement vers les toits, Nott perdit patience et jeta son arme, droit sur Dorea. La serpentard se baissa une deuxième fois et l'épée se planta dans la porte débouchant sur l'extérieur.

Dorea, ne perdant pas une minute, poussa la porte pour se retrouver sur le toit et se mit en position de défense. Quelques secondes, plus tard, le père de Théo la rejoignit, après avoir décroché son épée du panneau de bois, un sourire goguenard s'étalant sur son visage.

- Tu te bats bien Artwood, dommage que tu sois du mauvais côté… Le Seigneur des Ténèbres adore les soldats dans ton genre.
- Salopard ! s'exclama Dorea.

Le combat reprit de plus belle. Les gestes de Dorea conduit par l'adrénaline, elle ne sentait plus rien. Plus aucune douleur, plus la faiblesse et la fragilité de son corps amaigrie. Elle ne sentait que le goût de la vengeance qui s'était insinué dans sa peau.

Nott la repousse et s'esclaffa sans joie.

- Alors Artwood ? Toujours pas peur ?
- Il m'en faut beaucoup plus pour avoir peur…
- Cependant qu'est-ce que tu dis de ça, dit Nott en lui faisant un signe de tête par-dessus son épaule.

Dorea se retourna et entrouvrit la bouche d'horreur.

Une immense silhouette obscure volait dans le ciel en leur direction. Dorea sut de suite qu'il s'agissait de Lord Voldemort lui-même. Il venait la tuer…

Dorea contra l'attaque du mangemort, qui avait profité de ce moment d'inattention pour braquer son épée sur elle. Ils continuèrent, Dorea ne lâchant pas sa fougue pour autant.

Brutalement, la porte s'ouvrit, Sirius lança un sort à Nott qui tomba raide sur la pierre, s'élança sur Dorea alors que la tête de Lord Voldemort apparaissait devant eux, puis plus rien. Seulement le cri frénétique du mage noir.

Ils atterrirent sur la neige avec violence et Dorea toussa fortement, se retrouvant pantelante au sol.
Elle crut avant tout qu'ils avaient transplanés aux abords du parc d'Highclere Castle, puis quand elle se redressa, elle vit les tours de Poudlard se dessiner devant-elle. Elle pivota son regard et vit un grand chien noir se tenir à ses côtés : Sirius.

Deux « plop » distinct s'éveillèrent dans la nuit et Mr et Mrs Weasley surgirent au milieu de la grand rue de Pré-Au-Lard.

- Dorea ! s'exclama Molly en se précipitant vers cette dernière.

La matriarche aida la rousse à se relever.

- Tu n'as rien ?! s'enquit-elle.

Dorea secoua lentement le chef.

- Nous ne devrions pas rester ici, dit Mr Weasley en regardant autour de lui. Allons de suite au château, nous serons en sécurité.

Arthur empoigna doucement la jeune fille d'une main et Molly fit de même avec son autre bras, la soutenant pour pouvoir marcher et grimper la petite colline, Sirius galopant derrière eux.

Quand ils arrivèrent devant la grille gardée par les deux sangliers ailés, ils virent Severus Rogue et Minerva McGonagall courir vers eux, le visage anxieux et le teint blême.

- Que s'est-il passé ? demanda sèchement McGonagall, tandis que Rogue ouvrait la grille de sa baguette.

Quand ils entrèrent, Dorea vit le maître des potions flanquait un regard de mépris au chien noir.

- Nous avons été attaqués, Minerva, expliqua Arthur le front en sueur. Dorea s'est battue, elle devrait éventuellement aller à l'infirmerie.
- Par Merlin ! s'exclama le professeur de Métamorphose en apercevant la jeune fille le sang coulant sur son bras et sa robe déchirée. Severus, voulez-vous bien accompagner Miss Artwood à l'infirmerie ? demanda-t-elle en se tournant vers son collègue.

Ce dernier hocha la tête d'un air sérieux, puis posa sa main sur l'épaule de Dorea, qui maintenaient toujours fermement d'une main son épée et de l'autre sa baguette.

La serpentard et le directeur de maison se dirigèrent vers l'entrée.

Quand ils pénétrèrent le hall, le calme et la plénitude des couloirs les accompagnaient lorsqu'ils s'acheminèrent vers l'infirmerie, se situant derrière la tour de l'horloge. La jeune Artwood remarqua seulement à cet instant qu'il devait être le milieu de la nuit.

Ils entrèrent dans l'infirmerie et Rogue alla chercher Mrs Pomfresh dans son bureau. Cette dernière sortit de son bureau et quand elle trouva l'adolescente échevelée sur un lit, elle ne perdit pas un instant et retourna vers ses appartements, pour en ressortir deux minutes après avec une fiole où un liquide violet se balançait.

- C'est une potion de sommeil, Miss Artwood. Buvez et cul-sec.

Dorea posa sa baguette sur la table de chevet et son épée au pied du lit, puis saisit la fiole et la lampa d'un seul trait. Par la suite, Mrs Pomfresh encercla son lit de paravent, pour laisser Dorea se changer avec une chemise de nuit que l'infirmière lui avait prêtée. Rogue s'en alla, l'informant qu'il devait rejoindre Dumbledore, où devaient se trouver Sirius et les Weasley en ce moment même, puis Mrs Pomfresh borda la rousse et cette dernière s'endormit dans un sommeil sans rêve.

Quand elle se réveilla le lendemain, elle revint à elle progressivement et se demanda durant un instant ce qu'elle faisait à l'infirmerie de Poudlard. Quelques flash de son retour au collège lui revinrent en mémoire, mais elle avait été dans un tel état de choc qu'il avait été impossible pour elle de réfléchir correctement et elle avait agi telle une machine, incapable de penser ou de vivre le moment présent.

Que s'était-il passé ?

Highclere Castle avait été attaqué. Elle avait été attaquée.

Le visage de Voldemort criant de rage et elle, lui échappant de peu lui fit monter la bile dans la gorge.

S'en était trop. Elle ne pouvait plus. Elle ne pouvait plus se battre. Envers et contre tous.

Dorea se sentait épuisée physiquement, mais pas seulement. Mentalement également. Elle n'arrivait plus à ressentir quoi que ce soit, comme si l'adrénaline qui l'avait habitée durant la bataille avait emporté tout sentiment sur son passage.

Comment tout ceci avait pu arriver ?

En quelques mois, seulement, elle était passée du rôle de la fille aimante d'un Lord anglais, heureuse et toujours enjouée au rôle d'une victime, une proie, que Lord Voldemort cherchait à assassinée. En quelques mois, son identité avait été révélée au monde entier, perdant au passage ses amis, puis son père avait été tué, elle était restée dans le coma et enfin des mangemorts avait surgit dans sa demeure, le lieu où elle avait grandi, pour l'attaquer.

Tout ceci était la faute de Dumbledore et de son frère. Si son frère n'avait pas été Harry Potter, elle serait à présent même entourée de ses amis, Daphné, Blaise, Théo et Drago, riant et embrassant le blond, se fichant totalement de la guerre qui grandissait de jour en jour. Comme l'avait dit Daphné, elle n'aurait eu qu'à attendre que cela passe, prenant son mal en patience.

Cependant, elle n'aurait ni mage noir, ni mangemort qui la pourchasserai, voulant la mettre six pieds sous terre.

Elle pensa alors à Théo, dont le père avait assassiné lui-même Goderic. Elle pensa à Drago, dont le père l'avait ouvertement menacée. Que devait-elle faire ? Leur faire payer ? Certainement… Mais étaient-ils fautifs ? Elle n'en savait rien, mais il fallait qu'elle reporte sa colère contre quelqu'un et en premier, ce serait Dumbledore. Voilà ce qu'elle ressentait finalement. Seule la colère l'habitait. Pour tout et contre tout.

Elle se mit sur pied , puis saisit sa baguette et son épée et sortit discrètement de la Grande Salle pour se diriger dans les cachots, où se trouvait la salle commune.

L'antre des Serpentards était vide à cet instant et Dorea monta immédiatement dans son dortoir, ne rencontrant pas âme qui vive.

Drago, mangeait distraitement son porridge, pensant à une rousse qu'il ne pouvait plus se sortir de la tête. Il leva les yeux vers son amie Daphné Greengrass.

- Tu es bien sûr que ses affaires sont arrivées hier ? demanda-t-il en fronçant les sourcils.
- Drago, soupira Daphné en levant les yeux au ciel, c'est la trentième fois que tu me le demande depuis hier soir. Puisque je te dis, que sa malle était posée devant son lit quand je suis rentré de dîner, s'exaspéra-t-elle.
- Comment t'explique le fait qu'elle n'ait pas dormie dans son lit ? s'impatienta Blaise à son tour.
- Je ne sais pas, elle n'était pas là ! Point ! dit Daphné en haussant le ton.
- Dorea va bien arriver un jour où l'autre, déclara Théo avant d'avaler son jus de citrouille.
Les hiboux surgirent dans la grande salle et un hibou grand-duc se posa devant ce dernier. Drago, reconnaissant l'animal, arqua un sourcil.

- Qu'est-ce que te veut ton paternel ? questionna-t-il hautainement tandis que son ami décacheta la missive pour en sortir une lettre brève.
- Je n'en sais rien, répondit le vert et argent en haussant les épaules.

Il se mit alors à lire la lettre et son visage blêmit au fil des lignes qu'il parcourut.

- Qu'est-ce qu'il y a ? demanda Drago crédule.

Théo leva lentement les yeux, sa respiration se saccadant de plus en plus.

- Highclere Castle a été attaqué, dit-il dans un souffle, pour que personne n'entende.
- Quoi ? s'exclamèrent les trois autres d'une voix unique.

Drago s'empara d'un mouvement fébrile la lettre des mains de son ami, la lisant à son tour. Elle ne comportait que quatre lignes. Quatre simples phrases qui accentuèrent la panique qui naquit au creux de la poitrine du blond.

« Nous avons attaqué Highclere.
Artwood s'est échappé.
Phénix Noire
Réponds-moi et dis-moi si elle est là. »

- Drago, murmura Daphné.

Le jeune homme leva les yeux et vit Dora Artwood se tenir sur le seuil de la Grande Salle.

Elle était coiffée de ses longs cheveux en arrière, habillé de son perfecto avec lequel il l'avait vu porter le jour de leur sortie à Pré-Au-Lard, d'un jean noir et des rangers de la même couleur. Mais ce qu'il le frappa le plus c'était l'épée qu'elle tenait à la main.

La Grande Salle se tut et Dorea s'avança, ses pas résonnant sur la pierre lugubrement.

Elle gravit les marches de l'estrade isolant la table des professeurs du reste des élèves, puis se posta devant Dumbledore qui trônait en son centre.

Ses yeux lançaient des éclairs et son visage était déformés par la fureur. Drago ne l'avait jamais vue comme cela auparavant.

Elle planta son épée sur la table face à Dumbledore, et dit d'une voix puissante et glacial, claquant dans l'air :

- Vous deviez le protéger.

Puis elle fit demi-tour et partit dans la Grande Salle sans un autre regard pour les élèves qui la suivait des yeux.


Je crois, que, a mon humble avis, ça mérite une petite review ! Si vous avez des questions, n'hésitez pas, j'y répondrai avec plaisir !

La bise et on se dit au week-end prochain.

Dame Roulia