- Temari...
- Hum ?
- J'aimerais...Je pense qu'il faut qu'on parle, tous les deux. De ce qu'il s'est passé et de n...
Temari en lâcha le bol qu'elle tenait dans la main, qui tomba avec fracas sur le sol. Elle n'était clairement pas prête à aborder ce sujet avec lui. Pas de but en blanc, comme ça.
- Temari ?
- Stop. Je t'arrêtes de suite. Je... je ne suis pas prête à parler de ça avec toi. Alors s'il te plaît, épargne-moi, tu veux ?...
Shikamaru ne s'attendait clairement pas à cette réponse. Pourquoi ne voulait-elle pas en discuter ? Il fallait bien qu'ils le fassent, non ?
Interloqué, il regarda Temari ramasser le bol par terre, tout en évitant de le regarder, signe qu'elle n'était pas enclin à aborder le sujet.
- Mais enfin... Je peux savoir pourquoi tu te braques comme ça ?
- Pourquoi ? Parce qu'on étaient bourrés, Shikamaru. Rien de ce qui s'est passé n'était...contrôlé. On s'est laissés débordés dans le feu de l'action. Et même si c'était... agréable, ce ne sont pas des choses qui se font dans le cadre d'une soirée entre amis, et encore moins torchés. Le sujet est clos.
Eh bien, la discussion semblait mal engagée. Temari n'avait vraiment pas l'air de vouloir en parler, malgré l'importance qu'il y avait à tout mettre à plat. Lui qui voulait lui avouer ses sentiments au fil de leur échange, c'était plutôt mal barré.
- Le sujet serait clos si tu me permettais d'en placer une, tu ne crois pas ? Putain, Temari, à t'écouter, tout porte à croire que tu cherches à fuir la discussion à tout prix.
- Je ne la fuis pas, pleurnichard. J'essaie juste de préserver le peu de fierté et de dignité qu'il me reste. Serait-ce trop compliqué à comprendre ? Je ne pense pas.
- Mais arrête de te braquer, merde ! Tu pourrais ne serait-ce que faire l'effort de m'écouter, au lieu de réagir comme une enfant ?!
- Faire l'effort ?! Non mais tu te fous de moi ? La dernière fois que j'ai voulu « faire l'effort », mon poing a bien failli atterrir dans ta putain de gueule, tellement tu m'as gonflé! Alors oui, effectivement, excuse-moi si mon premier réflexe est de me braquer.
A cette dernière implosion verbale de la part de Temari, Shikamaru en était resté bouche-bée, et l'avait mauvaise. Il n'aurait jamais imaginé que leur conversation puisse prendre une telle tournure. Comment pouvait-elle tirer autant de conclusions hâtives, et penser que tous ces faits et gestes résultaient uniquement de leur état d'ébriété ? Qu'il n'avait rien éprouvé de plus que de l'attirance physique ? Ce qu'elle venait de lui balancer revenait à dire qu'il s'était juste joué d'elle et lui avait manqué de respect, alors que c'était loin d'être le cas.
La taquiner, oh que oui. Mais la blesser ou se montrer irrespectueux face à sa personne, jamais de la vie. Il tenait beaucoup trop à elle. Malheureusement, elle n'avait pas l'air de le remarquer.
- Ecoutes... comme tu l'as si bien dit, on était saouls. Et même si ça n'excuse rien, prends au moins la peine de croire que je n'ai pas agi délibérément. Je regrette tout ce qu'il s'est passé... ça n'aurait jamais dû arriver. Je ne sais pas ce qu'il m'a pris.
A l'instant même où il avait prononcé cette dernière phrase, il comprit la grosse connerie qu'il venait de faire. Encore plus lorsqu'il vit le visage de Temari se tordre dans une expression de dégout mêlée à une profonde déception. Ce qu'il venait de lui annoncer, revenait à avouer qu'il regrettait également de l'avoir embrassé, de l'avoir enlacé dans la plus profonde et sincère étreinte. Jusqu'à ce rendez-vous. Mais putain, quel con ! Temari, en entendant cela, se rembrunit immédiatement, choquée.
- Et merde... Temari, ce n'est pas... commença-t-il, pour tenter de se rattraper. Mais lorsqu'il croisa son regard, il y vit des larmes apparaître aux coins de ses yeux, ce qui le paralysa net.
- Tu... tu regrettes ? finit-elle par dire, interdite.
Elle n'en croyait pas ses oreilles. Ces dernières paroles avaient eu l'effet d'une claque. Comment avait-il pu lui balancer dans la gueule qu'il regrettait tout ce qu'il s'était passé, comme si ça n'avait eu aucune valeur à ses yeux ? Pourquoi l'avoir supplié d'accepter ce putain de rencard, alors ? Pour lui dire ça ? Qu'il regrette et que rien n'aurait dû arriver ?
Il aurait pu lui dire n'importe quoi. Tout, mais sûrement pas ça. Son coeur se serra d'un coup, à tel point que c'en était douloureux. Elle était dans l'incompréhension totale. Ce qu'il s'était passé ce soir-là, même s'ils étaient bourrés, avait quand même été pour elle, le signe qu'il pouvait y avoir quelque chose entre eux. Mais apparemment, elle s'était trompée. Trompée sur toute la ligne. Comment avait-elle pu être aussi conne, putain ?
Elle sentait maintenant son corps trembler, jusqu'au bout des doigts. De déception, et surtout d'une rage qu'elle peinait à contenir. Sans oublier ce sentiment de profonde humiliation qui l'envahissait peu à peu.
Alors comme ça, il regrettait tout, sans exception ? Fort bien. Quand bien même ça lui faisait mal, ça l'aidera aussi à oublier ses propres sentiments aussi vite qu'ils étaient revenus.
Son visage, maintenant déformé par le mépris, devait faire peine à voir. Mais elle n'en avait rien à foutre. Elle foudroya du regard Shikamaru, et dû prendre sur elle pour ne pas lui flanquer la raclée qu'il méritait, au moins égale à son manque de respect.
- Eh bien, eh bien... ça aura au moins eu le mérite d'être clair, le coupa-t-elle. Merci pour ton honnêteté, Shikamaru. Et d'avoir attendu qu'on soit en tête à tête pour me le dire. Au moins, je suis fixée.
Elle avait balancé cela sous le ton de l'ironie pour masquer au mieux sa tristesse. Car en réalité, elle avait mal. Horriblement mal, en plus d'être blessée.
A la voir comme ça, Shikamaru en eut le coeur brisé. Il avait mal interprété ses propos, comme il s'en été douté. Mais pour le coup, il était le seul coupable. Pourtant, rien n'était compliqué. Il aurait simplement dû lui dire qu'il regrettait que ce se soit passé de cette manière et dans pareil contexte. Mais non, il s'était foiré.
- Temari, ce n'est pas ce que je voulais d...
- Sors de chez moi, Shikamaru... tout de suite, réussit-elle à articuler, d'une voix tremblante.
- Mais merde, Tem', écou...
- DEGAGE, PUTAIN ! hurla-t-elle, cédant peu à peu à la colère. C'est quoi, que t'arrives pas à comprendre ?! Laisse-moi ! Et petit conseil : la prochaine fois que tu te retrouveras avec une fille que t'essaieras de sauter en soirée, fais en sorte d'être sobre pour ne pas avoir à regretter une nouvelle fois tes faits et gestes. Maintenant, casse-toi.
Ce fut le coup de massue pour Shikamaru. Il était dégoûté, désemparé, d'avoir tout fait foiré. Lui qui d'habitude, était reconnu pour toujours réfléchir avant d'agir, n'avait même pas réussi à mettre à profit ses 200 de QI pour éviter une telle situation de merde. Et l'un des fameux dictons de son père prit alors tout son sens : « Tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de parler ». Effectivement, s'il l'avait fait, il n'en serait sûrement pas là.
Alors, pour ne pas envenimer les choses, il décida finalement de s'exécuter. Il rassembla donc ses affaires pour quitter les lieux, faisant tout pour éviter d'affronter les yeux de la femme qu'il venait de blesser sans le vouloir.
Une fois chose faite, il passa devant elle sans lui accorder un regard, en colère contre lui-même. Mais lorsqu'il vit le bouquet qui ornait dorénavant la table dans un magnifique vase, celui-ci lui rappela comme la journée avait si bien commencé... avant qu'il ne la foute en l'air avec ses conneries.
Cependant, la véritable question était la suivante : pouvait-il réellement abandonner aussi vite, et vraiment passer pour un connard ou un putain de lâche ? Ne devait-il pas plutôt tenter d'arranger les choses ? C'était un pari plus que risqué, avec des chances de réussites proches de zéro, il le savait pertinemment. Malgré tout, le jeu en valait peut-être la chandelle. Le moment ne se prêtait non pas à la réflexion ou l'hésitation. Il lui fallait jouer cartes sur table et se montrer sincère.
Il marqua donc un temps d'arrêt devant l'entrée, respira un bon coup, et revint sur ses pas pour se diriger vers Temari, bien décidé à assumer les conséquences de ses actes, et même sa colère, s'il le fallait.
La jeune femme, qui avait le dos tourné pour camoufler son visage rempli de larmes, n'attendait qu'une chose : le bruit de la porte se refermer derrière ce putain de connard. Sauf qu'aucun son ne lui parvenait, et elle commençait sérieusement à s'impatienter. Quand allait-il se barrer, bordel ? N'avait-elle pas été suffisamment clair avec lui, en lui demandant pour la énième fois de se barrer ?
Elle risqua alors un coup d'oeil par dessus son épaule, et tomba nez à nez avec Shikamaru, qui était non pas près de la porte comme prévu, mais à deux pas d'elle. Elle croisa son regard, celui-ci paraissant... déterminé, sérieux. Mais déterminé à quoi ? Et que foutait-il encore là ? Elle essuya rapidement ses larmes d'un coup de manche, pour éviter de paraître encore plus pitoyable qu'elle ne l'était déjà, et reprit contenance pour l'affronter. Encore.
- Nara, t'es bouché, c'est ça ? Casse-t...
- Je ne partirais pas, la coupa-t-il. Pas tant que tu ne m'auras pas laissé parler, jusqu'au bout.
Elle sentait ses nerfs lâcher. Qu'est-ce qu'il voulait, encore ?
- Ecoute, je ne sais pas ce qui est incompréhensible dans ma phrase ou que tu n'as pas l'air d'assimiler, mais je pense avoir été on ne peut plus claire, non ? Je ne veux pas t'écouter. Surtout si c'est pour me balancer une nouvelle fois des monstruosités à la figure. Alors, au risque de te décevoir, désolée, mais je passe mon tour.
- Tema', bon sang, arrête d'être têtue...
- Non ! Non, je n'arrêterais pas! Tu regrettes ce qu'il s'est passé entre nous ? Eh bien grand bien t'en fasses. C'est mon cas aussi. Si j'avais su à quel point tu étais un putain d'enfoiré, ce n'est pas ma bouche que tu aurais embrassé, mais mon poing dans ta gueule. Et même là, je te jure que ce n'est pas l'envie qui me manque.
C'en était trop pour lui. La situation prenait des proportions totalement démesurées et ne cessait d'empirer au fil de cette discussion insoutenable. Ils étaient en train de se faire du mal, et si ça continuait, leur relation, déjà instable bien qu'ambiguë, allait finir par s'effriter pour en arriver à un point de non retour. Shikamaru le savait, et il était hors de question qu'une telle chose se produise. Il fallait qu'il réfléchisse à une issue, et vite.
Mais que devait-il faire, bon sang ? Comment faire entendre raison à Temari, qui semblait camper sur ses positions sans vouloir en démordre ? Sans prendre la peine de l'écouter ?
Une idée lui vint alors à l'esprit. Très risquée, certes, mais faute de mieux, et en un aussi court laps de temps, il s'en contenterait. Ça passerait ou ça casserait. De toute façon, il ne pensait pas que la situation pourrait être pire que maintenant.
- Tu ne veux pas m'écouter ? Très bien. Alors dans ce cas, laisse-moi te le dire par des actes.
Temari arqua un sourcil, ne comprenant pas où il voulait en venir. Qu'allait-il faire, exactement ? Continuer de la blesser ? L'humilier davantage en continuant à nier tout ce qu'il s'était passé ? Non, elle ne pensait pas. C'était un enfoiré, mais pas à ce point-là. Enfin du moins, elle l'espérait. Le tableau dressé qu'elle avait maintenant de lui ne pouvait pas être pire.
- Par des actes ? Putain, arrêtes de te foutre de moi, Nara. Ce ne sont pas des fleurs ou des actes dont j'ai besoin. Ce que je veux, c'est que tu te tires de chez moi et que tu me foutes la paix. Mais si tu souhaites perdre ton temps et camper devant la cuisine, je t'en prie. Tu finiras bien par te lasser.
Elle décida d'aller s'enfermer dans sa chambre, histoire d'être seule. Il partira quand il en aura marre. Elle se détourna alors de Shikamaru et commença à s'engager dans le couloir, quand soudain, des bras puissants l'entourèrent avant de se refermer et l'enlacer dans une étreinte qui semblait désespérée.
Shikamaru n'avait rien trouvé de mieux, sur le coup. Il ne pouvait pas la laisser partir, sans rétablir la vérité et lui avoir fait comprendre toute l'importance qu'elle représentait à ces yeux. Elle le détesterait sûrement après cette étreinte quelque peu forcée, mais il espérait vivement que même si ce serait le cas, elle comprendrait au moins qu'il n'aurait jamais pu se foutre d'elle et l'humilier volontairement.
- Putain Nara, mais qu'est-ce que tu fous ?! LACHE-MOI ! hurla-t-elle, tout en essayant de se soustraire à son emprise.
- Non, je ne te lâcherais pas, souffla-t-il, dans le creux de son cou, avant de resserrer encore plus sa prise.
Elle se mit alors à gigoter dans tous les sens, tout en essayant de repérer la moindre faille, la moindre opportunité pour se libérer de son étreinte, qui lui brisait le coeur tout en ravivant d'un coup tous ses sentiments qu'elle éprouvait pour lui. Mais il fallait qu'elle se fasse à l'idée qu'apparemment, ce serait à sens unique. Voilà pourquoi ce câlin la faisait autant souffrir. Il avait tenté de la calmer, rien de plus, ou s'excuser autrement que par des mots. Sauf que Temari n'y voyait là que de la pitié. Et ça, c'était pire que tout.
- Shikamaru, s'il te plaît... arrête.
Elle sentait ses larmes revenir au grand galop, sans savoir comment les stopper. Dieu, qu'elle avait mal. Elle se rendit compte alors combien elle s'était éprit de lui. La douleur, face à la vérité qui lui avait explosé à la figure, avait démontré que ses sentiments étaient plus forts qu'elle ne l'aurait imaginé. C'était un fait : elle était éperdument amoureuse de lui. Et lui ne le serait jamais. Il l'avait plus que démontré. Elle se sentait si misérable, si faible...
- Temari, regarde-moi. Je t'en prie.
- N...non, je ne veux pas. Tout ce que je souhaite, c'est que tu t'en ailles, et que tu me laisses. Je ne veux pas de tes excuses ou de ta pitié.
- Et moi, ce que je veux, c'est que tu comprennes que je me suis mal exprimé tout à l'heure. Ce n'était pas ce que je voulais dire.
- Et pourtant, tu l'as dit, trancha-t-elle. Ne cherche pas à essayer de sauver les meubles. Maintenant, lâche-moi. Immédiatement, sinon je...
- Sinon quoi ? Qu'est-ce que tu crois pouvoir faire ?
Temari croyait rêver. Elle tourna vivement la tête sur le côté pour le fusiller du regard. Souhaitait-il sérieusement jouer avec ses nerfs ? Au vu de l'insolence dont il faisait preuve, c'était une certitude. Ce qu'elle allait faire était donc très simple. Le faire redescendre sur Terre et lui faire payer.
Après s'être chargée d'adrénaline, elle s'arc-bouta pour créer une ouverture, ce qui surpris Shikamaru, qui avait desserré son emprise. Dans le même instant, elle fit volte-face et leva son point, en prenant l'élan nécessaire pour lui porter un coup violent.
Mais il fut, encore une fois, bien plus rapide. Avant même que son uppercut ne s'abatte sur son visage, il réussit à l'intercepter d'une main, sans le moindre effort. Pire, il n'avait même pas bougé d'un seuil.
Leurs regards se croisèrent. L'un affichait un air glacial et consterné, tandis que l'autre brûlait d'une rage folle et meurtrière.
Shikamaru, qui tenait toujours d'une main de fer le poignet de sa ravisseuse, la toisa avec une expression sévère, mêlant la surprise à la déception face au geste de Temari.
- Alors, c'est ça que tu voulais faire ? Me frapper alors que l'unique faute que j'ai commise est celle de ne pas avoir su m'exprimer correctement ?
Pour seule réponse, elle lui adressa un regard noir, plein de mépris.
La seule faute ? Non, il en avait fait bien plus que ça. Seulement, Monsieur Connard avait l'air d'avoir la mémoire courte.
- L'unique faute ? Laisse-moi rire. T'en a tellement commises que je n'ai même plus le courage de les compter ! T'es un putain d'enfoiré, Shikamaru Nara. Et si seulement j'avais su à quel point, jamais je... je...
« Jamais je ne serais tombée amoureuse de toi ».
Voilà ce qu'elle aurait voulu lui dire. Mais elle n'arrivait même plus à parler. Impuissante, et épuisée, elle n'avait plus la force de se battre. Elle se sentait si idiote, si faible. Désemparée, elle sentit que ses larmes reprenaient le dessus et coulaient sans qu'elle ne puisse les arrêter.
- Temari, s'il te plaît. Ne pleure pas...
Pas de réponse. Elle pleurait en silence, et semblait vide. Malheureuse. Il détestait ça. Il se haïssait de l'avoir mise dans cet état.
- Temari...
- Si tu savais... si seulement tu savais à quel point je te hais... réussit-elle à articuler, entre deux sanglots.
- Ne dis pas ça. Je sais que c'est faux.
Elle ne répondit pas. Elle pleurait juste. Il avait tellement envie d'essuyer ses larmes, de la rassurer et lui dire combien il tenait à elle. De l'embrasser pour lui prouver qu'elle avait tort sur son compte.
Mais alors... qu'est-ce qu'il attendait ? Il voulait lui montrer des actes, non ?
Shikamaru prit alors son menton à l'aide de sa main libre et contraint Temari, de ce fait, à tourner la tête dans sa direction. Il l'enlaça de nouveau, et avant même qu'elle ne puisse tenter quoi que ce soit, il s'approcha sur le côté, avant de prendre subitement possession de ses lèvres, de manière puissante, et désespérée.
Elle fut si surprise de cet assaut qu'elle avait bien failli s'en mordre la langue. Elle en eut, par la même occasion, le souffle coupé. A aucun moment, elle n'avait pu imaginer qu'il ferait une chose pareille, au vu du contexte.
Elle aurait voulu se défendre et le repousser, juste par principe. Mais maintenant qu'elle goûtait à nouveau à la douceur de ses lèvres, son désir fut, encore une fois, bien trop fort. Sa raison s'évaporait telle un brin de fumée.
Face à tant d'émotions déversées par ce simple contact, comment pouvait-elle résister ? Elle n'avait aucunes armes pour lutter, aucune volonté à se défaire de cette bouche qui semblait vouloir la dévorer toute entière.
Elle l'aimait autant qu'elle le haïssait. Et la frontière entre ces deux sentiments était tellement fine entre eux, qu'un seul faux pas pouvait les faire passer du paradis à l'enfer.
Deux personnes que tout opposaient. Il était son ombre comme elle était sa tempête.
Voyant qu'elle ne semblait pas le repousser, Shikamaru mit plus d'ardeur dans son baiser, plus d'impatience. A l'aide de sa langue, il caressa les lèvres de sa belle, dans l'attente qu'elle cède enfin et ouvre la bouche afin de le laisser s'adonner à un échange plus langoureux.
Temari se sentait défaillir. Si quelques instants plus tôt, elle était sous l'emprise de la colère et de l'indignation, elle fut maintenant démunie de toute volonté à l'arrêter. Elle ne le pouvait pas. Et surtout : elle ne le voulait pas.
Tout ce qu'elle souhaitait, là maintenant, c'était qu'il continue. Encore. Plus loin. Paradoxalement à son souhait qu'il se casse, quelques instants plus tôt.
Dans le feu de l'action, Temari ne put alors s'empêcher de laisser ses mains glisser sous le pull de Nara, pour rompre la distance entre eux, qu'elle jugeait trop grande. De ses doigts, elle parcourait les lignes parfaites de son torse, chaud et musclé, et se délecta de la douceur de chaque parcelle de sa peau.
A ce simple geste, Shikamaru laissa échapper un gémissement rauque. Sentir ses doigts sur lui était d'un exquis sans pareil. La chaleur ressenti à son entrejambe et le durcissement de son sexe en était la preuve.
Comment diable pouvait-elle lui faire tant d'effet, juste par ce contact ?
Il sentait qu'il perdait le contrôle de lui-même. Et qu'elle était à mille lieux de savoir à quel point elle l'excitait. Si ce n'était pour elle qu'un petit rien, pour lui, c'était tout autre.
Deux possibilités s'offraient à lui : soit il continuait, en sachant qu'il pouvait compromettre le peu de choses qu'il y avait entre eux, soit il s'arrêtait maintenant, et prenait le risque qu'elle continue à croire qu'il se jouait d'elle.
En d'autres mots, il avait le choix entre la peste et le choléra. Chaque décision comportait un risque potentiel. Et ce qu'il s'apprêtait à faire, pourrait bien tout chambouler.
Mais, comme il se l'était dit un peu plus tôt : « Ça passe ou ça casse ».
A suivre...
