Pour son bonheur

Jaime était encore relativement jeune lorsqu'il descendit les escaliers de la salle de théâtre de l'internat élémentaire de Castral Roc. Il était rentré à la maison. Parce que Cersei lui avait demandé de rentrer à la maison. Ce n'était pas vraiment une salle de théâtre au fait. Ce n'était qu'un réfectoire avec plus de bancs et moins de tables.

Cersei était assise, très droite. Il lui donna le café qu'il était parti lui chercher. Il venait de se farcir deux heures d'un spectacle affligeant. Si les enfants étaient doués, ils seraient en tête d'affiche, voilà la vérité. Ces gosses étaient nuls et encourager la médiocrité n'était pas son activité favorite.

Cersei but du bout des lèvres, les yeux dans le vide. Les autres étaient dehors en train d'essayer de chopper leur marmot pour finalement pouvoir quitter ce lieux de malheur. Cersei était plus patiente.

— Pourquoi tu voulais que je vienne ?

— Parce que je t'aime, sourit-elle avec un naturel désarmant. Et tu sais que tu m'es indispensable.

Jaime retint un grognement. Il n'avait pas exactement le pouvoir de la détromper sur ce point. Il avait envie de hurler quelque chose comme : « mais ce sont pas mes putains de gosses ! ». Mais il ne le fit pas, parce qu'il aimait Cersei et qu'elle aimait ces gosses bizarres.

— Tu ne trouves pas que Tommen a l'air plus à l'aise ?

— Cersei, soupira l'homme en serrant ses mains l'une contre l'autre. Je ne me mêle pas de l'éducation des tes enfants, tu le sais.

Robert ne faisait pas un bon père mais il faisait un père plutôt acceptable. Ou en tout cas, un père qui n'avait aucun lien de famille avec leur mère. Le regard vert de sa sœur s'assécha et elle répliqua sans gêne :

— N'importe quoi. Tu es le père, nous le savons pertinemment.

En plus de l'étouffer sous une certitude lourde, Cersei lui caressait doucement le bras. Il puisa dans ses forces pour se souvenirs des mots de son frère :

— Si tu n'es pas content, rebelle-toi ! Sinon, tu n'as plus qu'à être content.

— Cersei, arrête ça ! Je veux pas de gosses, c'est ton truc ça !

La femme lui offrit son magnifique sourire conciliant. Elle avait eu le même avant de lui demander de ramener ses fesses à ce stupide spectacle. Et elle était entrée dans une colère noire quand il avait émis l'hypothèse qu'elle soit trop laxiste avec son aîné.

— Ça te dit, on arrête de s'engueuler et on se met d'accord ? proposa-t-elle d'une voix chantante.

Elle disait ça pour qu'il se la ferme et la suive jusqu'au bout de la falaise. Sauf qu'elle arborait un air quémandeur et intense qui sous-entendait qu'un refus participerait à son malheur. Partant de là, Jaime n'avait pas de choix possible, le bonheur de sa moitié était toujours sa priorité.

Il inspira lourdement et l'embrassa en guise de réponse. Il ne savait ce que l'avenir lui réserver mais il savait qu'il avait besoin de sa compagne. Seuls eux deux avaient de l'importance, unis, inséparables, incompris, et indestructibles.


Défi : Mille Prompts (Gazette des bonbons au citron), Foire aux prompts (10 ans du Fof)

Prompt : 424. Mot – Indispensable, #13 [2 personnages, relation dominant/dominé, Une salle de théâtre, "Viens, ça te dit, on arrête de s'engueuler et on se met d'accord ?" ]

Point contexte : Tommen a environ 5/6 ans, bien avant les précédents OS

Code : 920