Chapitre 20 : un chien accroché à son os
Bon Drago s'en prend pleins la figure dans ce chapitre, le mérite-t-il ? Mmmh je ne sais pas trop, mais je vous avoue que ses petits yeux tristes ont toujours le dessus sur ma raison :(
Drago me fait un sourire goguenard.
- Je lui transmettrais tes remerciements.
Je ne réponds pas et vais dans la cuisine. J'ouvre le frigo et constate quelques provisions hors de prix. Elles sont assez peu nombreuses et toutes à moitié entamées, mais elles sont bien là.
- Elizabeth… l'appartement ?
- Est magnifique, je soupire. Il est magnifique. Tu as terriblement bien choisis.
Je me tourne vers lui, terminant machinalement un reste de sushis que j'ai trouvé dans le frigo. Drago me regarde avec un petit sourire.
- Alors c'est oui ?
- Je ne sais pas… je suis en colère.
- Je sais. Et je comprends, me dit-il avec sollicitude. Je pensais bien faire. Je pensais que ça te ferait plaisir. Je … je ne le referais pas.
- Ne referas pas quoi ? j'interroge. Acheter un appartement sans m'en parler ? J'espère bien !
Il se crispe et s'approche en fronçant les sourcils.
- Je suis désolé.
- Vraiment ? je susurre.
- Vraiment.
J'ai un mauvais sourire.
- Et bien, dans ce cas, Drago Malefoy, il va falloir faire en sorte que je te pardonne.
- Tu as des idées ? sourit-il en me prenant par la taille.
Je me recule d'un pas, la bouche pleine, coincée entre le plan de travail et lui. Pour être sûre qu'il ne tente pas une autre stratégie de séduction, je pose ma main sur son torse.
- Je veux des sushis, Malefoy. Mon cœur passe par mon estomac.
Drago lève les yeux au ciel, s'approche et repose sa main sur ma taille.
- J'avais d'autres idées.
- Je l'ai bien compris, et je ne suis pas certaine que tu pourras te racheter correctement de cette manière.
Je termine la barquette et la jette dans la poubelle avant de lui faire un clin d'œil, prétendant ne pas voir son regard outré. Je retourne dans la chambre, observant les cartons encore fermés et croise les bras.
- Tu as pris toutes les décisions en matière en décoration.
- Tu peux changer ce que tu veux, Elizabeth, murmure-t-il en frottant mon dos.
- Je veux qu'on remplace tout par des photos de Lestrade.
Drago hausse les sourcils, comprenant bien que je plaisante, mais pas fan de la plaisanterie. En passant son bras autour de ma taille, il me murmure à l'oreille.
- Quand comptes tu emménager ?
- Je ne sais pas trop, je réponds sans le regarder.
Je n'ai pas envie de laisser mon père tout seul. Mais je ne vais pas lui dire cela. À la place, je me tourne vers lui et lui souris.
- Je vais attendre un peu que la situation avec Sherlock se calme.
- Tu penses qu'elle se calmera ?
Pas vraiment, mais une partie de moi même espère que Papa réemmenagera à Baker Street avec Sherlock et que je pourrais emménager avec Drago sans véritablement culpabiliser.
- Et je vais attendre que la situation avec tes parents s'améliore.
Drago se crispe et détourne le regard, ses mâchoires se serrant. Il n'a pas l'air mal à l'aise, il a l'air en colère et frustré. Je ne sais pas si c'est à cause de la remarque, de la situation ou des deux.
- Elizabeth..
- Tu refuses d'aborder le sujet avec moi, tu refuses d'en parler. J'ai peur que les problèmes de communication entre nous soient pires que l'on se soit rendu compte.
- Tu viens de voir ma mère, soupire-t-il. Tout va bien.
- Vous aviez l'air tous les deux au bord des larmes !
- Et alors ?!
Drago fait des allers retours dans l'espèce de couloir, appuyant ses mots de gestes de la main furieux. Je le regarde faire, bras croisés. Ses éclats de colère ne m'impressionnent pas trop. J'ai vécu avec deux hommes incapable de gérer leurs émotions sainement, j'ai déjà vu bien pire.
- Je ne… Tu veux qu'on parle de mes parents alors ?! On peut !
- Je veux que la situation s'améliore.
- Elle ne s'améliorera pas, Elizabeth, siffle-t-il. Pas avec mon père en tout cas. Pas avec ma Tante. Pas tant que nous serons ensemble.
Je ne suis pas vraiment surprise mais ce n'est pas particulièrement agréable de l'entendre. J'avais le petit espoir que son père serait raisonné par ma proximité avec les Holmes, mais il faut croire que statut social/couleur de peau pouvoir appeler Mycroft Holmes "Mickey".
- À cause de quoi exactement ? Mon argent ? Ma couleur de peau ? Ou autre chose ?
Drago ne répond pas, me regardant, la bouche ouverte, comme si il cherchait une excuse à me faire gober. Je soupire.
- Drago.. Tu veux que je demande à Mycroft de faire quelque chose ?
Mycroft, ma marraine fée, va évidemment accepter di-re-cte-ment de parler à Lucius Malefoy.
- Ça retombera sur ma mère d'une façon ou d'une autre, soupire-t-il.
- Donc on ne fait rien ?
- Il n'y a rien à faire.
- Donc tu vas te trimballer avec cet air de chiot abandonné jusqu'à la fin de ta vie ?
Il se tourne vers moi, offensé et insulté, mais je soutiens son regard.
- Pardon ?
- Malefoy, je comprends bien que ces dramas avec tes parents sont plus compliquées que ce que j'aimerais croire, mais il est temps d'y mettre un terme, et je pense que ta mère le veut aussi.
- Tu as une solution magique, Watson ? raille-t-il avec mauvaise huemur.
- Va poser un ultimatum à ton père, je réponds, catégorique.
- Ce n'est pas si simple !
- Et pourquoi pas ?!
- Parce que il va simplement me.. virer de la famille Elizabeth. Tu le penses incapable ? Ma Tante Andromeda est bien en vie, elle s'est mariée avec un..
J'ai peur du mot qu'il va dire, je grimace.
- Avec un indien ! Et voilà, c'est comme si elle était morte. Tout comme le cousin de ma mère, Sirius Black.
Encore ce nom. Je suis persuadée de l'avoir déjà entendu ? Peut être cet homme accusé à tort d'avoir tenté de tuer des amis à lui ? Non, pas moyen qu'il soit dans la même famille que Drago. Peu importe, je fronce les sourcils et fais remarquer :
- Mais tes parents s'entendent bien avec les parents de Zabini…
- C'est différent.
- Ah ?
- Ils ont l'argent pour compenser… le reste.
Je serre les dents, commençant à comprendre. La bonne minorité.
- Tu perds ton père, tu perds tes relations.
- Exactement.
- Tu n'es finalement qu'un pauvre petit garçon accroché au pouvoir comme un chien à son os, je remarque.
Il est face à moi, bras ballants dans une pose suintant la défaite.
- Quoique je fasse tu m'en veux…
- Je ne… je ne t'en veux pas.
Je lève les yeux au ciel. Je sais qu'il est coincé, et je ne peux pas faire semblant de ne pas voir tous les efforts qu'il a fait et continue de faire.
- Je suis déçue.
- Ça ne me fait pas plus plaisir.
- Tant mieux, ce n'était pas le but.
Drago passe ses mains sur son visage, glissant ses doigts dans ses cheveux défaits. Il reste quelques secondes comme ça avant de soupirer.
- Je parlerais à Mycroft dans une semaine, j'annonce. Gère ton temps comme tu veux.
Je m'avance vers la porte d'entrée et me tourne vers lui.
- Demain je ferais à manger, je souris. Et je passerais la nuit ici, qu'on puisse inaugurer l'appartement correctement.
Je sors de l'appartement, il est encore relativement tôt. Il est peut être temps d'aller voir Sherlock, je ne l'ai pas vu depuis son arrivée surprise au restaurant. Je reprends la route pour Baker Street. Mon père peut se plaindre comme il veut du temps que je passe sur les écrans/devant mes cours, Londres me fait marcher de gré ou de force.
Je frappe à la porte de Baker Street et Mrs Hudson m'ouvre avec les yeux brillants d'émotions.
- N'est ce pas un miracle qu'il soit de retour ? roucoule-t-elle en me prenant dans ses bras.
- Un miracle ? je répète, mal assurée. Je n'en sais rien.. mais c'est certain que c'est surprenant.
Quand j'ouvre la porte de l'appartement, j'ai l'agréable surprise de ne pas voir un mais deux Holmes. Un sourire carnassier étire mes lèvres.
- Mycroft. Quel bonheur de vous voir, je susurre avec un mauvais sourire.
Mycroft me jauge froidement du regard, sans véritablement me considérer. Sherlock m'observe avec, j'ose déceler, une pointe d'amusement. Je m'avance vers eux, attrape une chaise et m'assoit au milieu, face à leur partie de Dr Maboul.
- Si ce que Sherlock dit est vrai, alors ça fait deux ans que vous vous moquez de la gueule de mon père et de la mienne, j'articule d'une voix glaciale.
Sherlock et Mycroft tiquent tous les deux à l'usage de la grossièreté. Ça me fait ni chaud ni froid, je continue donc gravement.
- Et vous me devez donc.
- Je te dois ? répète Mycroft, arquant un sourcil.
- Vous me devez un service, oui, je continue, imperturbable. Je ne connais pas exactement la relation entre Drago et son père à ce moment précis, mais je sais que si, dans une semaine, elle évolue vers une direction…négative, je compte sur vous pour l'aider.
- L'aider ?
- Seriez vous sourd ? je m'agace en fronçant les sourcils. Vous travaillez au gouvernement, non ? Vous pourrez lui trouver du travail.
- Et pourquoi ferais je ça ?
- Je vous l'ai dis. Ça fait deux ans que vous vous moquez de mon père et de moi. Et, comme ça, vous pourrez prétendre que vous faites ça pour me rendre service plutôt que l'effroyable réalité qui est que vous me supportez plutôt bien.
Je lui fais un clin d'œil et tourne la tête vers Sherlock qui a écouté notre conversation avec intérêt. Je l'observe une petite seconde, remarquant son regard fatigué mais surtout inquiet. Avec plus de douceur, je marmonne d'un air dégagé :
- Papa va te pardonner.
- Je sais.
Son ton est sûr mais je suis persuadée que lui ne l'est pas.
- Je le forcerais.
- Je le sais, dit Sherlock, m'accordant un sourire.
Je baisse les yeux vers leur partie de Dr Maboul et fronce les sourcils, un peu septique.
- Je ne veux pas vous casser dans votre élan, mais pour des Holmes… je m'attendais à vous voir jouer aux échecs.. quelque chose..
Sherlock et Mycroft ont tous les deux une mine presque dégoûtée. Je reste une petite heure puis prends congé et retourne chez mon très cher père.
