Salut à tous !
Après un mois d'absence me voilà de retour ! J'espère que vous avez passé un super mois d'août et que la rentrée ne s'est pas trop faite sur les rotules...
Je tiens à remercier ceux qui suivent l'histoire, la lisent, la commentent et la critiquent. C'est important pour moi, ça me motive et me donne une idée sur quelles directions prendre selon les thèmes ! La review de "un fan" m'a fait très plaisir et je le/la remercie pour sa franchise :).
Je vous laisse retrouver Ava et les tréfonds du palais de son enfance...
Bonne lecture !
Chapitre 24 : La salle sacrée
La pièce était très sombre. Ses proportions gigantesques donnèrent des frissons à Ava. Rien à voir avec les vagues souvenirs qu'elle avait. L'assassin se redressa très vite et sauta sur ses pieds. Désarmé, il regarda tout autour de lui avec inquiétude avant de s'en prendre à Ava qui se remettait à peine de la chute.
« Espèce d'imbécile ! Regarde ce que tu as fait. Si on nous trouve ici nous sommes mort ! »
Ava se releva à son tour, sa main refermée autour du poignard qu'elle lâcha. Elle regarda la blessure de sa paume se refermer à toute vitesse et disparaître à tout jamais. Elle bondit sur ses deux pieds et épousseta d'un revers de la main sa tunique blanche où la poussière poisseuse recouvrant le sol avait laissé de grandes traces. Elle inspecta la salle, ignorant le jeune homme qui grondait derrière elle.
Le grand dôme s'élevait au-dessus de leur tête, pur produit d'une prouesse architecturale laissée à l'état brut. Aucune fioriture : ni peinture, ni sculpture. Un oculus, grande ouverture circulaire au sommet du dôme, était la seule source de lumière qui plongeait la salle dans un clair-obscur dont Ava ne se souvenait que trop bien. Les contours des meubles et statuts se dessinaient dans la pénombre. À certains endroits, les rayons de lumière ricochaient sur des bijoux et des dorures provoquant des scintillements à des milliers d'endroits dans la pièce.
Elle avait tant rêvé de revoir ce lieu qu'elle eut le souffle coupé. Devant elle, les plus grands trésors de sa famille reposaient dans un silence presque religieux. Impossible d'estimer la fortune qui s'étendait sous leurs pieds, tant les objets s'entassaient. Son regard retomba sur l'assassin dont le teint prenait une teinte olivâtre dans l'étrange lumière. Il avait arrêté de débiter ses menaces et observait lui aussi l'incroyable caverne aux trésors qui s'ouvrait devant eux.
« Tu as ouvert la salle sacrée… Seuls les dragons le peuvent. » Murmura-t-il, déboussolé.
Comme un enfant, il tournait sur lui-même pour ne rien manquer de cette pièce qui était impossible d'embrasser d'un seul regard.
« Tu es l'un des leurs, mais je ne t'ai jamais vu ici… Qui es-tu ? »
Ava inspira. Elle devait s'occuper de lui avant toute chose. Elle transmuta en s'avançant lentement vers lui. Comme s'il avait lu dans ses pensées ses intentions, l'homme se tourna vers elle et mit ses bras en croix devant son visage pour se protéger. Son calme impressionna Ava. Aucune peur ne se dégageait de lui. Elle tendit le bras pour saisir la tête de l'homme. Comme s'il avait senti ses intentions, il se redressa et fixa la créature bleue qui avait remplacé la frêle jeune fille. Ses lèvres s'arquèrent en un fin sourire.
« Tu possèdes un étrange pouvoir, on dit que l'un des enfants de Sainte Galatée se transformait en une créature semblable. »
Ava se figea, sa main frôlant les cheveux de l'homme.
« Qu'as-tu dit ? »
Mais c'est que ça parle, ricana-t-il, satisfait d'avoir enfin entendu parler l'intruse.
«Qu'as-tu dit ? Répéta Ava, la voix menaçante. »
Il ne répondit pas. L'assassin se ramassa sur lui-même et enfonça dans son épaule une lame qu'Ava ne l'avait pas vu dégainer. Elle le repoussa aisément et l'homme retomba sur ses pieds dans un saut périlleux. « C'est inutile, grogna Ava. Tes armes n'ont aucun effet sur moi. »
Elle retira le couteau qui avait été enfoncé jusqu'à la garde et le laissa tomber. Elle fit un pas vers l'homme qui s'écarta davantage et la contourna. Il lui jeta un dernier regard et disparut dans la salle. D'ici, l'endroit semblait être un immense labyrinthe constitué de murs d'objets remisés par des générations de dragons célestes vite lassés de leurs acquisitions. Le jeune tueur aurait tôt fait de se trouver une cachette dans cet étrange bric-à-brac.
« Rien ne sert de t'enfuir, cria Ava. Tu ne sortiras pas d'ici sans moi ! »
La réponse du gardien ne se fit pas attendre. Elle résonna dans toute la salle, démultipliée et amplifiée par le dôme :
« Je te couperai la main si nécessaire.
- Essaye pour voir, murmura Ava en descendant le peu de marche qu'il lui restait. »
Elle s'engagea à son tour dans les allées en redevenant humaine, certains endroits trop étroit pour sa grande carrure. Elle se faufila sans bruit, s'arrêtant de temps à autre, guettant l'ennemi qui rôdait, invisible. Ne rien faire tomber relevait de la gymnastique. Être parvenue à remplir un tel espace avec tant d'objets était assez inquiétant. Cela offrait un étrange endroit pour un combat. L'expression combat rapprochée prenait même tout son sens.
Ava s'arrêta.
Elle devait cesser de penser. Ses pensées secondaires l'empêchaient de se concentrer, Marco le lui avait tant répété. Elle ferma les yeux, vidant son esprit, cherchant un éventuel indice.
Ça l'attrapa alors à la gorge par surprise. Ce n'était pas l'aura de l'assassin qu'elle sentait, mais celles de deux monstres d'énergie pure. Elle s'était tellement concentrée sur l'ennemi qu'elle avait fermé son esprit à tout le reste et pourtant, elles prenaient tant de place que même l'assassin devait les sentir.
Droit devant elle, pile sous le centre du grand dôme, se trouvait ce qui ne pouvait être que les deux œufs. Elle s'avança jusqu'au centre et au détour d'un entassement de tissus précieux, de tapisserie et de rideau, la pièce s'enfonçait une nouvelle fois dans le sol.
La salle, complètement ouverte, était circulaire et bien trois mètres en dessous de là où se tenait Ava. Dans cette curieuse pièce, des remarquables pièces étaient exposées sous les regards impérieux de quelques anciens dragons célestes. Le grand nombre de portraits accrochés au mur donnait froid dans le dos. Il ne restait plus que quelques interstices laissant entrevoir le mur qui n'était plus si blanc.
Malgré le grand nombre de portraits, Ava les repéra tout de suite. Élianore assise sur un trône avec, à ses côtés Jason, fixant ceux qui ont du observés le tableau aux cours des siècles. Ava descendit les escaliers et passa entre les tables jusqu'à un large présentoir sous cloche où étaient alignés des dizaines de fruits du démon. L'émotion s'empara d'elle quand elle vit le fruit tant convoité au bout de la table. Les mains tremblantes, Ava souleva la vitrine et sortit de sous sa tunique blanche le sac à disparaître que lui avait donné Gladius. L'objet très rare valait presque autant qu'un des fruits posés face à elle. Elle saisit le fruit aux volutes orangées et le glissa dans le tissu qui en prit la forme le temps d'un instant avant de redevenir aussi plat qu'il l'était au départ. Elle regarda le tissu avaler le fruit et un soupir de soulagement lui échappa.
Elle avait rempli sa part du contrat. Restait à prendre les œufs. Elle sentait leur présence, brûlante. Elle referma doucement la vitre du présentoir où elle avait trouvé le Mera Mera no mi et se tourna face au portrait de ses ancêtres. Elle dépassa les autres présentoirs couverts de pierres précieuses jusqu'au plus petit, mais qui n'en était pas moins luxueux. Certainement sculpté dans l'ivoire le plus clair, le guéridon s'élevait dans un savant entrelac d'arabesques soutenant un plateau d'ébène. Posés sur des socles d'or, les œufs reposaient là, sous les regards attentifs de ceux qui les avaient apportés en terre sainte. L'un était d'un noir zébré de multiples lignes blanches, le second était d'un vert foncé, comme le seraient les profondeurs d'un étang.
Ava inspira profondément et au moment où elle allait se saisir d'un, elle se retrouva écrasée au sol par surprise. Ventre à terre, elle redressa la tête. Le gardien de la salle la maintenait au sol avec son genou, l'air satisfait.
« Alors tu m'as suivie, petite voleuse. »
Ava n'attendit pas, elle se transforma et se souleva du sol repoussant le jeune homme qui perdit son sourire narquois. Il dévoila deux lames qu'il sortit de derrière lui. Combien pouvait-il encore en dissimuler, pensa Ava en se remettant sur pied. Elle commençait à être fatiguée de cet affrontement qui tirait en longueur. Elle se prépara à l'assaut suivant et quand il arma Ava ne se posa de question et tout alla très vite. Elle se retourna vers les œufs, et en saisit un. La surprise puis la sensation brûlure lui arrachèrent un hurlement. La morsure de feu était si insupportable qu'elle donnait l'impression d'avoir plongée la main dans un magma épais. Elle se força à maintenir sa prise et cogna de toutes ses forces le jeune homme avec l'œuf.
Elle lâcha l'œuf qui tomba au sol dans un bruit sourd. L'homme hurlait de douleur en maintenant son épaule. Il tomba à genoux devant Ava qui fixait ses mains en train de se reconstituer. Sans accorder davantage d'attention à l'assassin qui haletait, tentant de contrôler sa souffrance, Ava se tourna vers le second œuf, toujours posé sur son socle.
Elle referma sa main sur la surface lisse et là aussi la brûlure se répandit en elle à une vitesse hallucinante. Elle le relâcha, la main meurtrie.
« C'est impossible, gémit-elle. »
Elle regarda la pierre noire puis la verte. C'était comme vivre le début d'un cauchemar. L'ambiance feutrée et sombre de l'endroit n'améliorait pas les choses. Pourquoi tous ses rêves si elle ne pouvait pas prendre les œufs. Même pas un. Elle regarda ses deux mains. Elles avaient comme perdu de leur masse. Comme si son corps étrange de naïade avait souffert d'une évaporation. Elle regarda ses doigts se reconstituer et reprendre leur étonnante longueur, sa peau retrouver sa souplesse, et elle se tourna vers le gardien de la salle. Elle subissait les mêmes dommages que cet inconnu. Elle était comme tous les autres. Pourquoi tous ça si elle ne pouvait pas prendre les œufs. Elle se laissa glisser au sol, fixant celui qui tentait de la tuer il y a si peu de temps.
L'assassin paraissait bien plus jeune. Aux prises de la douleur, désarmé, il semblait être à peine plus âgé qu'Ava. Elle pouvait percevoir qu'il commençait à reprendre ses esprits. Son attention se porta sur elle puis sur les œufs qu'il regarda un long moment :
« Qu'est-ce que c'est que cette chose ? Demanda-t-il d'une voix haletante.
- Ce pourquoi je suis venue.
- C'est une arme ?
- Pas vraiment.
- Tu vas les voler. »
L'évidence de la situation l'avait enfin atteint. L'assurance et le calme qu'il arborait un peu plus tôt s'étaient volatilisés. Il n'était rien d'autre qu'un enfant d'esclave que l'on avait façonné depuis le plus jeune âge au combat. Une arme humaine. Seulement, il n'avait jamais été confronté à un ennemi. C'est ce que réalisait Ava. Il était aussi jeune qu'elle. Il était une victime de ces lieux qu'il devait garder. Elle soupira. Elle qui était prête à se débarrasser de lui un peu plus tôt, elle ne s'en sentait plus vraiment capable.
Ava sortit à nouveau le sac à disparaître. Elle inspira profondément, et avec concentration arma sa main droite et attrapa l'œuf noir gisant au sol. Malgré le Haki, elle ressentait la morsure du feu qui émanait de l'objet, mais ses mains ne perdaient pas de leur consistance. Elle prit sur elle dans un effort surhumain et laissa l'œuf tomber dans le sac qui reproduisit sa forme avant de reprendre sa forme plate. Sans perdre de temps, elle prit le deuxième œuf et l'enfouit dans le sac avec un grognement de douleur. Elle changea d'apparence pour redevenir humaine et dissimula à nouveau le sac sous ses vêtements. Elle se tourna vers le gardien toujours au sol.
« Je suis Ava.
- Selim.
- Selim, dois-je t'enfermer ici pour être sûre de m'en sortir ou pourras-tu ne jamais en parler. »
Il se renfrogna en l'écoutant puis son regard balaya la grande salle. Il fixa le sommet du dôme, puis avec un reniflement dégoûté, il répondit :
« S'ils apprennent que quelqu'un est entré je suis mort, ainsi que ma mère et mes sœurs… Si on me retrouve ici parce que tu m'y as enfermé, le même sort m'attendra. Pars tranquille, fais-moi sortir, je ne peux pas mourir ici.
- Alors lève-toi. »
Il s'exécuta avec une grimace, tenant son épaule à vif. Elle s'approcha de lui et sans qu'il ait le temps de protester, elle posa sa main glacée contre l'épaule brûlée de l'homme.
« Je ne peux rien faire de plus, la brûlure disparaitra avec le temps.
- Je ne veux rien savoir. Sortons d'ici, et disparait avant que je ne change d'avis. »
Ses mots étaient chargés de venin. Ce furent Ses derniers.
Zigzagants dans les allées surchargées en silence, ils retrouvèrent la haute porte. Sur le sol de marbre, la poussière disparate à certains endroits était le seul indice de leur passage, vestige de leur affrontement dans cette pièce oubliée.
Tout doucement, elle posa sa main sur la poignée et jeta un coup d'œil par-dessus son épaule. Le regard noir du garde se planta dans le sien, comme une longue aiguille. Avec un frisson, elle ouvrit et devant elle le couloir sombre était toujours désert. Elle s'écarta et laissa passer le jeune homme qui resta quelques instants devant la pièce. Il y avait quelque chose de mystique. L'interdit du lieu le rendait occulte. Elle eut la sensation un instant que quelque chose de vivant y régnait. Ils le sentaient tous les deux. L'éternité était là, abandonnée devant leurs yeux, dans cette pièce démesurée, presque irréelle. Ils savaient qu'ils n'en reverraient jamais l'intérieur, alors comme pour s'en imprégner à tout jamais, le temps avait cessé de s'écouler.
Soudain, l'assassin disparut, laissant Ava seule devant les grandes portes noires. Elle ne le chercha pas sur la corniche au-dessus de sa tête. Elle n'essaya pas de sentir son aura. Elle referma à tout jamais les portes d'ébène et s'en retourna vers le dédale de couloirs.
OOOoooOOO
S'éclipser vers les étages inférieurs ne posa aucun problème. Personne. Mais, les bruits de pas résonnaient dans tout le palais, venant de plus bas. Elle devait vite rejoindre Gladius. Si elle ne le retrouvait pas à temps, Doflamingo l'avait prévenue : il la laisserait là. Entre les mains de Nérée.
Elle dévala des escaliers de service en colimaçon et se figea en reconnaissant des bruits sourds venant de plus bas. Plusieurs hommes montaient les marches quatre à quatre. N'ayant pas vraiment le choix, elle remonta et tomba nez à nez avec deux jeunes esclaves qu'elle bouscula sans ménagement et s'échappa de l'étroit conduit à la première ouverture. Elle traversa sur toute la longueur le corridor qui s'ouvrait sur une gallérie arrondie qui dominait d'une dizaine de mètres le hall d'entrée. Balcon prévu pour que les maîtres de la maison puissent discrètement observer les invités arrivant.
Ava se retourna pour voir cinq gardes sortir à leur tour du petit escalier de service et la repérer.
« La voilà ! »
Ava comprit. Les deux gouvernantes avaient dû se remettre de leurs malaises et alerter les gardes du palais. Elle devait vite rejoindre Gladius et mettre à exécution ce qui était prévu si jamais elle était repérée. Le vide qui s'ouvrait derrière elle, était pour l'instant le meilleur moyen de s'en sortir. Les soldats n'oseraient jamais l'imiter.
Elle enjamba la balustrade et regarda le sol. Son pouvoir de régénération n'était pas aussi rapide que celui de Marco. En sautant d'une telle hauteur, elle allait se casser quelque chose… Voire plusieurs. Elle ferma les yeux et lâcha la balustrade.
Dans un craquement sinistre, elle sentit sa jambe gauche et son poignet droit l'élancer. Elle se plaça sur le dos le temps de se remettre de sa chute. Les secondes qu'il lui avait fallu pour se remettre avaient suffi aux gardes de parvenir jusqu'au balcon. Elle vit une, puis quatre têtes se pencher par-dessus et la fixer de regards abasourdis. Quand son poignet fut remit, une balle fusa et le temps que le genou se remette, quatre l'avaient déjà traversées. Sentant sa mobilité revenir, elle se redressa et leur adressa un signe du majeur et détala.
Le salon ne devait plus être très loin, elle courut à travers les couloirs, semant ses poursuivants. Elle tourna une fois encore et s'arrêta, de l'autre côté de la pièce, Gladius fonçait droit vers elle. Il tenait à la main un corps avachi, sans vie. Elle reconnut la poupée qu'avait tissée Doflamingo. Le plan était toujours en cour.
« Amène-toi, cria-t-il. »
Elle reprit ses esprits à ce moment-là. Ava ne se le fit pas répéter deux fois, elle courut jusqu'à lui et quand elle fut derrière lui, il s'agenouilla posant sa main au sol et fit exploser en un instant l'antichambre qu'elle venait de quitter.
« Tu as trente secondes pour enfiler ça. »
Il lui lança la robe rouge et les escarpins noirs. Elle se déshabilla, retirant la tunique blanche et laissant le sac à disparaître sur le sol. Elle boutonna la robe rouge et passa la paire de chaussures avant de s'attacher les cheveux en un petit chignon. Ensuite, elle ouvrit le sac et plongea le bras jusqu'à l'épaule pour y trouver une bouteille contenant un épais liquide rouge. Dès qu'elle eut mis la main dessus, elle la donna à Gladius qui en recouvrit la tête et le buste de la poupée de fils. Une fois fait, il la lança près de la porte de la pièce encore fermée. Dernier accès de la pièce que Gladius n'ai pas fait explosé. La mise en scène était prête, ils n'avaient plus qu'à attendre. Un son étrange s'échappa de la bouche de Gladius qu'Ava identifia comme un rire.
« Un problème ?
- Ces buses qui n'ont jamais vu un seul vrai champ de bataille n'y verront que du feu…
- Nous devrions attendre d'être sur le gondola avant d'avoir de tels propos.
- La chance ne tourne pas pour les Don Quichotte. »
Ava ne trouva rien à répondre. La chance tournait toujours. Résonner un fou ne servira à rien songea-t-elle.
La minute qui s'écoula paraissait interminable. Gladius entama les cent pas, puis brusquement, il prit le sac à disparaître et le rangea à l'intérieur de son long manteau. Derrière les portes, un attroupement approchait.
« Ne bouges plus ! » Hurla Gladius dans le vide.
Il tendit la main et dans une double explosion fit sauter la porte et le corps de la poupée qui se démembra. Dans le couloir, plusieurs gardes s'étaient jetés au sol pour éviter le souffle de l'explosion.
« On ne nous a pas menti. L'unité commando de Doflamingo ne fait pas dans la dentelle. » S'exclama un garde blanc.
Gladius et Ava ne répondirent pas. Le garde qui leur avait parlé s'approcha doucement du corps et souleva la dépouille par le bras qui était resté accroché au buste.
« Bon, on va pouvoir dire au gouverneur que l'intruse est décédée. Par contre vous auriez pu moins l'amocher, c'est impossible de la reconnaître.
- Il fallait régler le problème, c'est fait, répondit Gladius d'une voix qui imposait aucune réplique. »
Les gardes emballèrent le corps alors que deux d'entre eux raccompagnèrent Gladius et Ava dans le salon où Buffalo était toujours assis. Elle s'assit dans le canapé et dévisagea les serviteurs qui leur apportaient de nouvelles boissons. Dans son coin, Gladius la fixait. Derrière son masque et ses lunettes, il était impossible de cerner ses intentions. Les doigts d'Ava se crispèrent autour du tissu du sofa.
« Un problème ? »
Gladius avait attendu que les derniers esclaves soient sortis avant de l'interroger.
Les mots restèrent bloqués dans la gorge de la jeune femme. Que risquait-elle en avouant qu'elle ne pouvait pas toucher les œufs. Si elle ne pouvait les toucher, cela voulait dire qu'aucun des deux ne pourrait éclore pour elle. Et ça, c'était contraire à ce qu'avait imaginé le grand corsaire.
Le glissement des pas de Gladius s'approchant d'elle ne fit qu'empirer son malaise. Elle releva la tête, les larmes aux bords des yeux. La dominant, elle distinguait derrière les verres teintés le regard glacial de l'homme de main.
« Que c'est-il passé ? »
Ne la voyant pas répondre, il sortit de son manteau le sac magique et y plongea le bras. Il le retira avec un grognement douloureux. Il regarda méduser le bout de son index, rougit par la brûlure de l'œuf.
« Putain, ce n'était pas des inventions… Ils brûlent vraiment. Bon où est le problème ? Tout est là, pourquoi te tiens-tu ainsi ? » Demanda-t-il une nouvelle fois.
Ava baissa les yeux vers le sac qu'il tenait à bout de bras.
« Le problème, c'est que moi non plus je ne peux pas les toucher… »
Et voilà ! j'espère que ça vous a plu. N'hésitez pas à me laisser un ptit mot et je vous dit à bientôt 0/
