Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.


Yuuri et Gwendal ne se connaissaient que peu et le voyage pouvait être encore long. Pour le rendre plus agréable, le maoh parlait de choses et d'autres. En apprendre plus sur ce monde passait par en savoir plus sur cette fratrie qui brisait tous ces codes auxquels il était habitué.

« J'ai suivi ce plan parce que je ne savais pas quoi faire. Mais vous si, vous êtes vraiment quelqu'un exceptionnel. Un bon ministre comme on en fait plus sur terre.
- Peut-être, mais je ne fais que suivre mon instinct pour cette histoire. C'est étrange sûrement pour vous. J'ai plus l'image de l'homme sévère. »

Le souverain ne pouvait pas totalement nier ce que disait cet homme. Mais il était du genre protecteur envers lui en plus de lui expliquer certaines choses. Pour lui qui ne comprenait pas beaucoup, il était content d'avoir une personne proche de lui qui pouvait lui expliquer, sans pour autant s'extasier sur ces faits et gestes. Car ce que faisait Gunter, c'était un chouette instructeur, mais un poil laxiste sur certains points. Il faisait un bon fiancé, il se demandait s'il verrait la personne que cet homme aimerait au point d'épouser.

« Pourtant, j'aurais aimé prendre quelques-uns de mes protégés… Ce nom que j'ai pris, c'est celui d'un de mes enfants.
- Attendez ? Vous avez des enfants ?
- Pas exactement. C'est un lapin…
- Oh un lapin. »

Il était à la fois fort et attentionné. Surtout envers les animaux. Il aurait fait un excellent défenseur de la cause animale sur terre. En apprendre sur lui, faisait plaisir et en plus était utile pour la suite. Comment rester crédible en sachant peu sur son faux fiancé. Il espérait seulement qu'il n'allait pas se prendre le retour de bâton.

Ils finirent par arriver après un long moment où Yuuri apprenait non seulement qu'il avait un lapin, mais aussi une multitude d'animaux. Ce qui semblait impossible, ils ne les avaient jamais vus et entendus. Il se demanda si ces derniers étaient vraiment là et non pas dans une histoire. Ou c'étaient des peluches… Après tout, il avait une de ses créations dans sa chambre quand il y réfléchissait. Ils descendirent, les bras enchaînés à nouveau. Ils étaient devant un bâtiment qui ressemblait une maison tout de travers comme l'aurait fait un personnage d'une bande dessiné ou un architecte complètement fou.

« Quel est cet endroit ?
- Un tribunal, spécialisé dans notre genre d'affaire et de conflits familiaux.
- Voilà qui annonce la couleur. Même si je me demande par quel endroit, on rentre… Il est tout de travers. Les affaires d'elopers sont donc traités ici...Gwendal ? »

L'homme semblait avoir perdu des couleurs et se tenait avec fermeté à sa cape de voyage. Les yeux fermés, on voyait qu'il se concentrait pour ne pas être plus mal physiquement devant lui.

« Gwendal, vous êtes pâle, vous êtes sûr que ça va ?
- La magie humaine, elle est partout, elle s'accorde que peu à ma magie mazoku contrairement à vous. Cette sorcellerie me rend littéralement malade. »

Pour un mazoku normal, la magie humaine était comme une espèce de poison. Il savait que le sommeil partiel de ses pouvoirs le protégeait, ou c'était pierre qui chauffait doucement contre son torse. Il n'en savait rien, mais en tout cas, il était bien content d'être là pour soutenir Gwendal dans cette épreuve.

« Entrez, messieurs. »

Ils suivirent un homme avec de long de cheveux blond platine à l'intérieur. L'homme ouvrit une porte, supposant que c'était là que se déroulait leur procès, les deux hommes entrèrent sans faire d'histoires.

« Blanc Bonnet et Bonnet Blanc, vous êtes bien des elopers ? Ce n'était pas le procès prévu, mais tant que vous êtes là. Autant faire vite, qui sait quels cœurs vous briserez encore. Et ainsi, je serai votre juge. Ma décision sera irrévocable. À moins que vous renonciez à tous vos liens ici et maintenant. Alors dans ce cas, je pourrai vous juger comme innocents messieurs. »

Yuuri malgré sa protection commençait à sentir un sentiment de malaise en lui. Il restait pourtant moins atteint par la magie étrangère. Pourtant, c'est le souffle court qu'il prenait la parole. Même faible, il dégageait une aura digne de sa position de prince et de ministre. C'était quelque chose qu'aucune magie pour cacher.

« Nous avons été pourchassés par des hommes, oui, nous avons fauté par le passé mais notre rencontre a tout changé. Avant, nous avons été des hommes ignobles, c'était parce qu'on n'avait pas rencontré l'autre. Je sais que nos liens, une fois coupé feront encore des dégâts. On connaît le passé de l'autre, donc si l'un venait à disparaître, on saurait que l'autre aura fini par se lasser. Je sais, ce n'est pas très correct… Mais laissez-nous une chance.
- Bien, pourquoi ce que dit votre partenaire pourrait résoudre notre souci ?
- Parce que malgré nos passés respectifs, et nos tromperies, si c'était pour trouver l'autre. On ne le regrette pas. Couper ce lien qui lie à présent serait fâcheux ? Je ne dis pas que ça toujours été une évidence entre nous. Je ne vais pas vous mentir. Il m'a vu longtemps comme un enfant, un bébé qui était incapable de convenir à ses besoins. C'était sur d'autres terres, mais nous sommes venus ici pour autre chose que pour nous faire juger à cause de nos sentiments. C'est en restant ensemble qu'on s'est plus entendu. Nos expériences passées ne sont que des chapitres un peu superficielles faces à ce qui nous arrive. Alors si vous pensez que je mens, enfermez-moi... »

Yuuri voulait en finir avec cet ersatz de procès. Oui, il appréciait Gwendal pour sa droiture. Mais il ne se sentait pas si proche que lui que ça. Il avait plus une figure de grand frère à ses yeux. Un fr ère qui avait ses côtés adorables malgré sa face sérieuse, voire glaciale.

« Je ne suis pas le plus malin des hommes et je ne sais pas tenir sur un cheval. Je suis désolé d'être aussi inutile... »

Le souverain savait que malgré les enseignements de Gunter, il n'avait encore concrètement rien fait pour le royaume. Il espérait aussi qu'on le sauve. Qu'il n'a pas trop à s'étaler sur cette relation presque inexistante entre eux. Il finirait par les trahir. D'une façon ou d'une autre. Son regard se perdit sur les chaînes, celles qui le liaient à cet homme.

« Vous n'êtes pas une mauvaise personne, qu'importent vos actions. Vous avez fait selon ce qui vous semblait juste. Blesser quelqu'un par ses actions est quelque chose d'inéluctable. »

Yuuri savait qu'au fond, Gwendal avait raison. Ça réchauffait son cœur. Cette fratrie avait vraiment quelque chose de spécial. Le maoh sourit brièvement.

« Je ne suis toujours pas certain que vous pourriez prendre soin l'un de l'autre. Rien ne me prouve que vous ne recommencerez pas. Que vous finirez par briser d'autres cœurs. D'autres âmes innocentes à jamais dans la peine, vous pourrez créer... »

L'homme fouilla ses poches et en sortit un poignard à la lame courbée. Digne d'une arme perse qu'il avait vue dans un trailer de jeu vidéo. Il lança l'arme à leurs pieds. Prudent, il recula d'un pas pour ne pas être écorché par cette chose.

« Prenez-le, et surtout faites en sorte que l'un d'entre vous, n'importe qui poignarde l'autre. »

Yuuri resta un moment stupéfait par la demande de l'autre homme. De toutes les choses qui pouvaient arriver. Celle-ci était une des pires. Déjà qu'en tant que souverain, il ne voulait tuer personne. Mettre en prison, mais torturer, blesser ou tuer. Ce n'était pas son genre. Définitivement. Il ne pouvait pas faire ça. Et il voyait mal Gwendal le faire.

« Ce ne devraient pas être un problème, surtout si votre relation est quelle fin honorable de mourir de la main de l'autre pour des criminels dans votre genre. C'est tout ce que vous mériter. L'amour n'est pas quelque chose avec laquelle on joue. »

Les lois de ce monde étaient plus dures avec les briseurs de ménage et de cœur. C'était à la fois cool et moins pour eux, surtout en ce moment.

« L'un de vous partira libre, sans avoir de souci avec la justice. Voir l'amour de votre vie sacrifié vous brisera le cœur, comme vous l'avez fait. Cela ne sera qu'un juste retour des choses. Vous conviendrez. Allez, puis vous serez débarrassé des chaînes en plus. »

Gwendal se baissa et ramassa le poignard étrange. Il la regarda un instant avant de la tendre à Yuuri.

« Vous êtes droitier, n'est-ce pas ?
- C'est juste, mais je ne peux pas…
- Je ne te demande pas de me tuer, mais de te sauver. Je ne pourrais pas vivre en sachant toutes les choses que tu as à vivre avec ou sans moi. Je sais que tu auras mal, mais tu finiras par te relever. Je sais que tu es fort. Donc maintenant, hâte-toi et plante ce couteau dans mon corps… Ce n'est pas la première fois que vous prenez une lame entre les mains… »

Il était vrai qu'il avait pris les armes, mais contre Wolfram et les bandits. Mais avant de venir dans ce monde, il n'avait pas pris d'arme de ce genre. Même un sabre-laser, il n'y avait pas touché. Se défendre et défendre les autres étaient différents de tuer. Il ne voulait pas devenir un meurtrier.

« Vous ne deviendrez pas un tueur en me poignardant, ça ne sera sûrement qu'une blessure qui pourra cicatriser. Si vous vous y prenez bien.
- Je ne peux pas faire ça. Vraiment pas… Je me fiche bien ce que ce juge veut. Il veut juste un spectacle, il doit avoir d'autres chose à voir que des gens se blesser. Ce monde a besoin de distractions plus saines. Loin du sang... »

Yuuri lança au loin le poignard, remerciant dans sa tête sa pratique du base-ball.

« Maintenant, on s'en va !
- Attendez, vous ne pourrez pas faire grand-chose sans vous avoir libéré de ses chaînes. Vous ne pourrez pas être libre de vos mouvements, vous savez. »

Gwendal et Yuuri avaient bien une idée qui leur permettraient de se débarrasser de ce lien artificiel entre eux. L'air de rien, cette captivité, ensemble, avait créer une certaine complicité entre eux. Pour ça, le souverain pourrait presque remercier ces fichus soldats. Presque…

« Il a dit qu'on ne pourrait pas l'enlever. Puis je suis votre juge, vous devez m'obéir. Vous ne pouvez pas défiler à la justice. Garde, saisissez-vous d'eux. »

Suite aux mots du juge, une dizaine d'hommes armé jusqu'aux dents s'approchèrent d'eux, la lance en avant. Ne voulant pas finir en brochette, il s'était reculé jusqu'à se retrouver coincés.

« Je ne comprends pas comment des hommes comme vous peuvent avoir de tels sentiments après les erreurs que vous avez faites.
- Qui ne fait pas d'erreurs ? Personne ! Absolument personne !
- Si vous êtes si déterminé, je ne peux que vous aider. Je vais faire en sorte que ce monde soit libéré de vos pêchés. J'en prends l'entière responsabilité. Donc, je ne m'excuse pas pour ce qui arrivera dans quelques instants…
- Que ? »

Il n'avait plus le temps de rien dire de plus qu'il sentit un coup être porté à sa nuque. Immédiatement, il sentit ses forces le quitter et il tombait alors que ses yeux se fermaient. Il ne devait pas mourir. Le Shin Makoku comptait sur lui. Mais il sombra dans l'inconscience malgré tout.

« Yuuri ! »

Tel était le cri de Gwendal en voyant son souverain sur le sol… Il devait faire en sorte qu'ils vivent. Et pour ça, il s'approcha et le serra contre lui. Son regard fixant les gardes d'un air méchant.

En ville, Conrad et Wolfram marchaient tranquillement. Enfin tranquillement, tout était relatif. Le mazoku blond mettait sa main devant sa bouche, comme s'il était en pleine mer. Il ne se sentait vraiment pas bien. Pourtant, il était bien loin de la mer.

« Je ne me sens pas bien, cet endroit est rempli de magie humaine. D'objets qui servent à la magie humaine. Ma magie mazoku n'a qu'une envie partir loin.
- Je sais que ce n'est pas facile, mais on peut se reposer dans une auberge.
- Tais-toi. »

Cette ville avait bien changé, elle vivait presque exclusivement du commerce de ces gemmes magiques. Ce qui faisait empester la magie des humains au nez de son demi-frère. Il avait aussi entendu que des femmes et des enfants travaillaient dans les mines. Il était sûr que Yuuri n'aimerai pas ça. Conrad se demandait ou son frère et son roi était. Pourtant l'un comme l'autre n'était pas simple à planquer.

« Sur ces terres, il est plus facile de user de la magie humaine que mazoku. Mais les deux semblent s'accepter dans une espèce de mélange étrange. Les sorts et les incantations peuvent mêler les deux sans qu'elle explose de trop. Mais c'est un jeu dangereux que peu de magiciens et de mazokus peuvent faire ce genre de choses. Je ne pourrais pas me risquer à ça, il faudrait avoir de sacré pouvoir. Un peu comme le maoh ou…
- Votre fiancé Julia, c'est la seule qui a réussi devant mes yeux. Même si j'ignore comme elle s'y est pris. Ça reste un mystère. »

Il sourit, son fiancé, c'était toujours un peu douloureux pour lui. Mais il sourit simplement à son frère. Il avait fini par faire son deuil pour se consacrer à son souverain qui dansait avec le danger. Avec lui, il y avait peu de temps pour se reposer et se souvenir de ces bons moments.

« L'idéal, ça serait de rencontrer quelqu'un qui a rencontré récemment sa majesté. On ne peut pas attendre ici éternellement. On finira par le rater. Et je veux le voir le plus rapidement. Pas d'hôtel pour le moment, le plus urgent, c'est de retrouver ce boulet. Si quelque chose arrivait à cause de notre absence, je ne pourrait jamais me pardonner... »

Alors que Wolfram palabrait avec passion ses sentiments plus ou moins dissimulés à son frère cadet, une femme les percuta. Une femme qui portait des cheveux rouge sombre et de jolis yeux foncés. Une mazoku, ça ne faisait aucun doute.

« D… Désolé…
- Yuuri ?
- Tu débloques complètement Conrad, c'est une fille.
- J'avais deviné, mais avoue, elle lui ressemble un peu.
- Quand bien même, il a plus de classe que ça et plus poli aussi. Presque trop pour son propre bien, si tu veux mon avis.
- Attendez ! Vous connaissez Yuuri ? S'exclama la femme. Vous êtes des mazokus n'est-ce pas ? Parce que vous êtes vraiment beaux. Des amis à Yuri ?
- Yuuri est mon fiancé ! Disait fièrement Wolfram en bombant le torse. »

La femme les regarda avec un étonnement visible sur le visage.

« Oh, vous êtes le jeune frère qui est le vrai fiancé de ce garçon. J'ai cru un moment qu'il préférait les plus âgés, c'est pour ça qu'il était avec votre frère et a interrompu quelque chose qui allait me priver de ma liberté.
- Les plus âgés ? Voilà qui tombe bien, je suis plus âgé que lui. Si ce boulet profite de mon absence pour flirter avec Gwen, je l'étripe.
- Je suis sûr qu'ils ne font rien de fâcheux.
- Non, ils sont juste attaché et enchaînés ensemble, disait calmement la jeune femme.
- Enchainés ! Hurla Wolfram. »

Quelque chose se tramait ici, il fallait être idiot pour ne pas le sentir. Conrad n'aimait pas ça.