Titre : Amnésie / Rating : M / Pairing : Harry Potter & Tom Jedusor / Disclaimer : JK ROWLING / Résumé : voir chapitre 23 Un retour bien inattendu
Bonne lecture, prenez-soin de vous et essayez de penser aux commentaires (même si j'ai l'impression que ce n'est pas votre fort...).
Chapitre 26 : Un mariage bien inattendu
Tom et Harry, se regardaient en silence, assis dans la cuisine, Kreattur s'affairant autour d'eux, dans un bruit de vaisselles, et de casseroles s'entrechoquant. Ils attendaient Hermione. Dépassés par les derniers événements, ils avaient oublié de prévenir la jeune fille qu'ils avaient trouvé R.A.B., mais, à présent, ils avaient besoin des précieux conseils de leur brillante amie.
La cheminée se mit soudainement à luire, et Hermione se matérialisa au milieu des flammes. Avant même qu'ils ne puissent lui dire bonjour, elle les interrompit dans une grande tirade.
- Vous avez trouvé RAB ? Comment ? Où est l'Horcruxe ? Je veux que vous me racontiez tout immédiatement !
- Respire Hermione, répondit Harry, dans un sourire affectueux, et oui, on a trouvé R.A.B., et on a même trouvé le serpent, si tu veux tout savoir.
Devant la mine choquée de la jeune fille, Tom la fit s'asseoir de force sur une chaise.
- On va de te raconter…. Et s'il-te-plaît, laisse-nous terminer, avant de poser des questions !
Dix minutes plus tard, Hermione faisait les cents pas, en murmurant des imprécations.
- Quelqu'un a volé le Médaillon à Mondingus ! Cela ne peut pas être une coïncidence…
Les deux garçons hochèrent la tête. C'était une évidence.
- Félicitations tout de même, Elvy, pour avoir récupéré le morceau d'âme contenu en Nagini ! s'exclama joyeusement Hermione, en interrompant sa marche.
Tom ne répondit pas. Il était heureux d'avoir récupéré son âme mais… il se sentait toujours mal à l'aise. Comme si la réunification ne s'était pas passée comme elle l'aurait dû. Mais de cela, il n'en dit rien, se contentant de rendre son sourire à Hermione.
- Vous savez ce que je pense, finit par dire la Gryffondor, en les regardant droit dans les yeux. Vous devriez prévenir Dumbledore de vos avancés. Il en saura peut-être plus, ou bien, aura une idée à laquelle nous ne penserions peut-être pas.
- On pensait le faire, finit par répondre Harry. Mais, nous voulions d'abord chercher par nous-même, et puis… tu avais menacé de nous tuer si nous ne te tenions pas au courant !
Réfléchissant seul dans son coin, Tom releva brusquement la tête.
- Au fait, Harry… Tu te rappelles, après avoir discuté avec Kreattur, et l'avoir envoyé à la poursuite de Mondingus, j'ai eu la sensation qu'on nous observait, et si c'était…
- Le voleur ! coupa Harry, voyant où voulait en venir le jeune homme.
Tom acquiesça avant de poursuivre.
- Ou l'assassin… ou les deux, qui ne seraient en fait qu'une seule personne.
- Tu penses que le voleur et l'assassin, ne font qu'un ? demanda Harry.
- Je n'en suis pas sûr, mais, la personne qui a volé le Médaillon, l'a fait en connaissance de cause, et donc, pour me nuire.
- Vous avez eu l'impression qu'une personne vous observait ici ? Au Square Grimmaurd ? répéta Hermione, surprise. Mais ce n'est pas possible… Seuls ceux mis au courant par le gardien du secret peuvent pénétrer ici.
- Ou la propriétaire légitime… Bellatrix avait bien réussi à entrer.
- C'est désormais Andromeda Tonks, la cadette, et elle a renoncé à ses droits à mon profit. Puis, je ne pense pas qu'elle ferait une chose pareille, précisa Harry.
- Oui, mais comme elle a été reniée par la famille, peut-être que la maison considère que c'est Narcissa Malfoy la propriétaire, rétorqua Tom, en fronçant les sourcils.
- Pourquoi Narcissa voudrait-elle te tuer ? s'étonna Hermione, sceptique.
Tom haussa les épaules.
- J'ai détruit sa famille, en envoyant indirectement son mari en prison, et j'ai tué sa sœur adorée. Sans oublié les rumeurs sur moi et Drago, qui l'ont obligé à fuir l'école. C'est un motif suffisant je pense, répliqua-t-il, cynique.
- Dumbledore nous a certifié qu'il l'avait rendu hors d'état de nuire, répondit Harry, en secouant la tête. Elle est assignée à résidence, dans l'impossibilité de quitter le Manoir. Je ne vois pas comment elle aurait pu venir ici.
- Il reste Drago, murmura Tom, sans le penser une seule seconde.
- Il n'aurait pas pu entrer malgré tout, contra Hermione, persuadée que le Serpentard n'y était pour rien, elle aussi.
- Alors, il ne reste plus qu'une seule solution…
- Une personne dans le secret, et qui fait partie de l'Ordre ! s'écrièrent-ils en cœur, consternés.
Quelqu'un, au courant dans l'Ordre du Phénix, et voulant se venger… Harry et Tom y avaient déjà songé, mais n'avaient pas voulu s'aventurer davantage sur cette hypothèse, ne voulant pas y croire. Cependant, les faits étaient désormais là.
Mais qui ?
Le mystère restait entier, et la question bien douloureuse. Car il s'agissait forcément d'une personne qu'Harry et Hermione avaient côtoyée, ici au Square. Peut-être était-ce quelqu'un de proche ? Un ami ? Tous les membres de l'Ordre n'étaient pas au courant. Mondingus, par exemple, ne savait rien. Mais les membres les plus actifs, et les plus proches de Dumbledore savaient, eux. Et cela faisait tout de même bien une dizaine de personnes. Tous des suspects potentiels.
Harry sentit comme un poids lui tomber sur l'estomac. Et si… c'était Remus ou Maugrey ? Ou bien encore un des Weasley ? Ou bien plusieurs personnes, complices, dans le but de tuer son amant.
Non, il ne fallait pas qu'il pense ainsi. Ils n'avaient aucune certitude que l'individu qui avait volé le Médaillon, et l'assassin ne soit bien qu'une seule et même personne.
- Cela ne sert à rien de se faire des nœuds au cerveau pour le moment, déclara Tom, en soupirant. Envoyons un message à Dumbledore, et concentrons-nous plutôt sur la recherche du prochain Horcruxe. Ding viendra peut-être nous retrouver avec des indices.
Ses deux compères acquiescèrent à ses paroles, et Harry commença immédiatement à rédiger sa lettre, tandis que Kreattur leur servait un délicieux ragoût de bœuf, accompagné de pommes de terre, et d'une tarte à la mélasse, en guise de dessert.
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- Alors Hermione, comment s'est au Terrier ? demanda Harry, d'un ton faussement nonchalant.
La jeune fille reposa doucement sa fourchette, prit le temps de terminer sa bouchée, avant de répondre doucement.
- Ça dépend.
Harry haussa un sourcil interrogateur.
- Il y a ceux qui savent tout et ceux qui n'en savent qu'une partie… Donc forcément, ça biaise un peu les avis mais globalement, il y a ceux qui te soutiennent, les indifférents et… les autres.
- Je m'en doutais un peu, soupira-t-il. Et la répartition de chaque camp ?
- Bon, et bien, comme tu t'en doutes, dans ceux qui s'opposent à vous farouchement, il y a Ron et Ginny. Il y a aussi, dans une moindre mesure Percy – qui est finalement venu s'excuser auprès de sa famille par ailleurs, rajouta-t-elle dans un reniflement dédaigneux. Même s'il n'est pas au courant de toute l'histoire, il est très vieux jeu…
Harry et Tom hochèrent la tête, impassible.
- Dans les indifférents, il y a Charlie et Bill, et donc par extension, Fleur, poursuivit Hermione dans son énumération. Je dirais que Mr Weasley est aussi dans cette catégorie. Il en parle le moins possible, et calme Ron à chaque fois qu'il s'emporte contre vous. Fred et George vous soutiennent, et vous pouvez déjà vous attendre à un certain nombre conséquent de blagues sur votre sexualité.
Tom fit la grimace. Il n'avait encore jamais rencontré les turbulents jumeaux Weasley, mais la description que Harry lui en avait faite suffisait à ce qu'il en ait des sueurs froides.
- Tonks semble plutôt favorable à votre couple et Remus… Eh bien, il n'est pas franchement ravi. Je crois que ça lui a fait un coup, il lui faudra du temps pour vous accepter, soupira-t-elle.
Le visage de Harry se crispa. Il s'y attendait, mais en avoir la confirmation lui faisait tout de même mal. Toutefois, il comprenait. Remus ne pouvait pas accepter avec le sourire que le fils de son meilleur amis sorte avec celui qui était responsable de sa mort. Il ne connaissait pas Elvy. Il ne connaissait que Voldemort.-
- Et Mrs Weasley ? demanda Harry avec apprehension.
La jeune fille haussa les épaules.
- Difficile à dire, en fait. Je crois qu'elle est dans le déni… A chaque fois que quelqu'un aborde le sujet, elle le coupe immédiatement, et passe à autre chose. Elle m'a toutefois demandé à maintes reprises si tu comptais venir pour le mariage, et surtout si tu comptais venir fêter ton anniversaire au Terrier.
Harry eut un pincement au cœur. Molly Weasley était presque comme une seconde mère pour lui. Il était hors de question de lui faire de la peine ou de la blesser. Il devait venir…
- Oui, il devait venir, mais il ne devait pas venir avec Elvy.
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Plus tard dans la nuit, Harry murmura doucement à Elvy qui somnolait dans ses bras.
- Je vais aller au mariage, Elvy.
- Hum…
- Et tu vas rester ici, acheva Harry dans un soupir.
Tom se redressa soudainement allumant la lumière au passage. Il avait les sourcils froncés, abordant une expression que Harry connaissait bien. Il était contrarié.
- Je sais ce que tu penses, fit Harry avant même qu'il ne puisse ouvrir la bouche. Mais tu comprends aussi que dans les circonstances actuelles, tu ne peux pas venir avec moi. Il est hors de question que nous gâchions le mariage de Bill et Fleur, en entraînant une dispute, ce que ta présence finirait obligatoirement par engendrer.
- Je pourrais me déguiser, protesta Tom, le visage fermé.
- Allons, personne n'y croira. Je ne connais personne que je sois susceptible d'emmener à un mariage à part toi. Sois raisonnable pour une fois, Elvy ! Ce n'est qu'une journée et je serais entouré par des dizaines de sorciers. C'est plutôt pour toi que je m'inquiète !
- Je suis parfaitement capable de me défendre tout seul, merci ! s'énerva Elvy.
Il avait affreusement mal à la tête. Cette migraine constante le rendait fou.
- Je le sais bien mais l'assassin peut revenir à tout moment et…
- Raison de plus alors pour que tu ne sois pas à mes côtés ! Finalement, c'est une bonne idée, va à ce mariage Harry !
Tom se leva et quitta brusquement la chambre.
Harry en resta muet de stupeur. Mais que se passait-il enfin ? Elvy était constamment à fleur de peau, un rien ne l'énervait et toutes leurs discussions finissaient invariablement par une dispute.
Tom – qui s'était réfugié dans le grenier – se mordit le poing pour ne pas hurler. Il avait tellement mal et il s'en voulait aussi tellement de s'être déchargé ainsi contre Harry sans aucune raison valable. Évidemment qu'il avait raison de ne pas vouloir qu'il l'accompagne. Et bien évidemment qu'il était normal que Harry s'inquiète pour lui c'était lui qui était visé par l'assassin et non l'inverse. Mais Tom ne pouvait pas s'en empêcher. Il ne supportait pas d'être vulnérable. Il ne pouvait pas l'être ! Il était fort, il était puissant, et rien ni personne ne l'empêcherait d'être avec Harry et de le protéger !
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- Attention devant, attention devant ! lança Mrs Weasley d'une voix chantante.
Elle franchit la porte du jardin, précédée d'un objet semblable à un Vif d'or géant, de la taille d'un ballon de plage, qui flottait devant elle. Un instant plus tard, Harry s'aperçut qu'il s'agissait de son gâteau d'anniversaire que Mrs Weasley préférait transporter par la voie des airs.
- Ça a l'air absolument magnifique, Mrs Weasley.
- Oh, ce n'est rien mon chéri, répondit-elle d'un ton affectueux.
Harry était arrivé quelques heures avant le début de la soirée. Un silence avait accompagné son apparition dans la cheminée de la cuisine du Terrier. Gêné, Harry n'osait lever les yeux, sentant tous les regards braqués sur lui et l'instant de flottement persista quelques secondes avant que Mrs Weasley ne vienne l'embrasser avec chaleur et ne balaie le sentiment de malaise qui s'était installé. Tous l'avaient alors salué et souhaité son anniversaire – ne faisant nullement référence à Vous-savez-qui. Évidemment, Ron et Ginny ne s'étaient pas montrés mais cela ne dérangeait nullement Harry qui n'avait pas spécialement envie de les croiser à cet instant. Il baissa les yeux sur sa montre qu'il affichait fièrement à son poignet. Cadeau inattendu mais tellement cher à ses yeux... Il espérait que Mrs Weasley avait compris tout ce qu'il ressentait pour elle à travers l'étreinte qu'il lui avait donné. Et sans doute un peu, car ses yeux lui avaient semblé quelques peu embués lorsqu'elle avait repris maladroitement la préparation du dîner.
La soirée battait son plein mais Harry n'arrivait pas réellement à s'amuser. Elvy lui manquait… Avant que Harry ne parte, il était malgré tout redescendu du grenier et l'avait alors embrassé comme jamais il ne l'avait embrassé.
- Joyeux anniversaire Harry avait-il murmuré. Avec tous les derniers événements, je n'ai rien d'autre à t'offrir.
Harry lui avait souri.
- Cela me suffit amplement. A bientôt, Elvy, ne t'inquiètes pas, je serais de retour dans trois jours.
Et après un dernier baisé, il s'était engouffré dans la cheminée, prêt à affronter la seule famille qu'il n'avait jamais eu.
Finalement, les choses se passaient plutôt bien. Personne n'évoquait le sujet et Ron et Ginny l'évitaient comme la peste. Même les jumeaux n'avaient pas trop fait de remarques, sentant que l'auditoire n'était pas encore prêt pour les blagues sur la sexualité du héros national. Harry se lançait à corps perdu dans la frénésie ambiante entourant la préparation des festivités. Cela faisait plaisir à Mrs Weasley et cela avait l'avantage indéniable de lui occuper suffisamment l'esprit pour ne pas penser à lui.
Le lendemain de sa soirée d'anniversaire, Harry, Hermione, Fred et George, rassemblés à côté du grand chapiteau blanc dressé dans le verger, attendaient l'arrivée des invités. Harry se mordillait la lèvre, inquiet. Il aurait bien aimé se déguiser en un des innombrables cousins des Weasley et passer inaperçu. Il ne voulait pas « voler » la vedette aux mariés en un si grand jour et il pressentait que, même si une partie des convives ferait preuve de réserve à son égard, ça serait loin d'être le cas de tous… George le sortit de ses pensées, lorsqu'il s'exclama :
- Oh, nom d'une baguette, préparez-vous… les voilà, regardez.
Des silhouettes aux couleurs vives apparaissaient une par une, surgies de nulle part, derrière la lointaine clôture de la cour. Les jumeaux se précipitèrent dans l'espoir d'accompagner les cousines vélanes de Fleur et ce fut Fred qui réussit à remporter la timbale, au grand dam de George qui dut s'occuper d'un groupe de sorcières d'âge mur.
Harry était en train d'installer un couple âgé et un peu sourd quand une voix familière le salua à la sortie du chapiteau. Il tomba sur Tonks et Lupin qui étaient les premiers de la file d'attente. Tonks s'était colorée en blonde pour l'occasion.
- Salut Harry ! Joyeux anniversaire ! Et désolée de ne pas avoir pu venir hier soir, ajouta-t-elle dans un murmure, après avoir jeté un coup d'œil discret à Lupin. Ce dernier se tenait derrière elle, la tête baissée comme s'il espérait ne pas croiser le regard de Harry.
Cela lui fit mal.
- Bien sûr, je comprends, répondit Harry qui parlait plus à Lupin qu'à Tonks.
Lupin redressa la tête et lui adressa un bref sourire mais quand ils s'éloignèrent pour aller s'installer, Harry vit ses traits s'affaisser à nouveau dans une expression de profonde tristesse. Harry serra les dents. Remus devrait s'y faire… un jour. Il l'espérait mais il n'eut pas le temps de s'appesantir sur cette idée douloureuse car Hagrid était en train de provoquer un certain désordre, en ayant réduit en un tas d'allumettes dorées cinq chaises d'invités non prévues pour son gabarit.
Pendant que Mr Weasley réparait les dégâts et que Hagrid se répandait en excuses auprès de qui voulait l'entendre, Harry se hâta de retourner à l'entrée du chapiteau où il trouva Ron avec une vieille sorcière accrochée à son bras. Son nez en forme de bec, ses yeux bordés de rouge et son chapeau à plumes roses lui donnaient l'air d'un flamant grincheux.
- … et tes cheveux sont beaucoup trop longs, Ronald. Au début, je t'ai pris pour ta sœur Ginevra. Par la barbe de Merlin, est-ce le déviant ? ! aboya-t-elle à l'adresse de Ron, en désignant Harry du doigt.
- Ah oui, tante Muriel, voici… Harry Potter, répondit Ron, en lui jetant un regard en coin. Il semblait vouloir ajouter quelque chose mais il s'abstint finalement de tout commentaire.
- Ah, vous devriez avoir honte de vous montrer à un mariage de familles respectables ! Espère d'erreur de la nature ! Pour que vous réussissiez là où tout le monde a échoué, c'est bien qu'il devait y avoir quelque chose qui ne tourne pas rond chez vous, persifla Tante Muriel en secouant la tête.
Serrant ses poings à s'en faire mal, Harry tourna les talons, ne laissant pas le temps à la vieille sorcière et à Ron d'ajouter quoique ce soit. Il lui avait vaguement semblé que Ron avait fait la grimace mais peut-être était-ce son imagination ?
Il n'aurait pas dû venir finalement, il le savait.
Il s'apprêtait à transplaner pour retrouver Elvy quand Fred, George et Hermione accoururent le long de l'allée centrale.
- Il est temps de s'asseoir, dit Fred à Harry. Si on reste dans le chemin, on va se faire écraser par la mariée.
A regret, Harry suivit Hermione et ils allèrent prendre leurs places au deuxième rang, derrière Fred et George.
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Seul, assis à une table, entrain de siroter une bièreaubeurre, Harry regardait Hermione évoluer sur la piste au bras de Victor Krum. Elle semblait radieuse. La cérémonie s'était admirablement bien passée et la fête s'annonçait magnifique. Mais Harry avait hâte de pouvoir partir sans que la bienséance et la politesse n'en pâtissent.
Une silhouette familière traversa la piste pour le rejoindre. Planté à un mètre de sa table, Ron lui demanda, le regard fuyant :
- Je peux m'asseoir à côté de toi ?
Harry fronça les sourcils, surpris. Il hocha vaguement la tête, dans l'attente de voir ce que son ex-meilleur ami avait à lui dire. Ron se laissa tomber lourdement sur une chaise. Pendant plusieurs minutes, aucun des deux ne parla.
- Je suis désolé murmura Ron, brisant enfin le silence gênant.
Désolé de quoi ? D'avoir été un parfait con intolérant ?
C'est ce qu'il aurait voulu lui dire mais Harry se mordit la langue et attendit la suite. Ron avait fait l'effort de faire le premier pas, il n'avait pas envie de tout gâcher maintenant.
- Je… je sais que j'ai dit et fait des trucs dégueulasses mais je ne suis pas homophobe. T'aurais pu coucher avec Neville, Dean ou Seamus que ça m'aurait été égal. Même Malfoy, je crois que j'aurais pu m'y faire mais… Tu-sais-qui… c'était trop. Et l'apprendre comme ça.
- Tu m'en voulais déjà d'être son ami Ron…
- Je sais ! me coupa-t-il brusquement, mais tu m'as caché tant de choses ! Et plus tu te rapprochais de lui et plus… et plus tu t'éloignais de moi ! Quand as-tu cessé d'être mon meilleur ami ? lui cria-t-il, des larmes au bord des yeux.
Harry ouvrit la bouche pour répondre, mais la referma sans rien dire. C'était vrai. Il ne s'en était pas rendu-compte mais depuis qu'il avait rencontré Elvy, il avait petit à petit abandonné Ron sur le bord du chemin.
- Ce n'est pas ce que je voulais, Ron. Je suis effectivement devenu ami avec Elvy puis, nos sentiments ont évolué mais jamais je…
- Sentiments ? berk, perversions vous voulez dire !
Harry et Ron tournèrent brusquement la tête, face à la tante Muriel qui les toisait d'un air mauvais.
- Ça ne vous regarde pas, siffla Harry les dents serrés.
- N'ayez pas l'erreur de croire, jeune homme, que, parce que vous êtes Harry Potter, on vous pardonnera tout et que cela vous donne tous les droits. Ah il est beau le héros, la fierté de notre patrie, l'exemple pour nos jeunes ! Sale pédéraste cracha-t-elle à la face de Harry.
Harry tremblait de rage. Il avait envie de frapper cette vieille toupie, il avait envie de hurler. Son regard plein de dégoût sur lui, sur eux, sur leur amour qui lui semblait si merveilleux il y a encore quelques instants devenait quelques choses de sale, de honteux, quelque chose qui n'aurait jamais dû être.
La tante Muriel continuait son discours injurieux d'une voix forte et commençait à attirer du monde autour d'eux. Ron tentait vainement de lui dire de se calmer quand un sortilège traversa la foule pour frapper de plein fouet la vieille sorcière qui bascula, évanouie sur une chaise.
- Fermez-là ! hurla Tom qui venait subitement d'apparaître au milieu de la piste de danse.
Muet de stupeur, Harry vit Elvy venir à lui, à grandes enjambées, tremblant de fureur.
- Qu'est-ce que…
- Tante Muriel !
Des personnes se précipitèrent auprès de la vieille dame et des regards se braquèrent sur le couple.
- Tu l'as amené ! hurla Ron de colère en pointant Tom du doigt. Tu as osé l'amener au mariage de mon frère !
Harry, toujours pétrifié par la situation, secoua vaguement la tête quand Tom lui saisit le bras.
- Harry, tu vas bien ? Viens, on s'en va !
Il ne savait pas par où commencer, mais cela n'avait pas d'importance car au même instant un long trait vert émeraude traversa le chapiteau droit sur Elvy.
Rapide comme l'éclair, Tom poussa Harry sur le côté et dévia le sort qui se perdit à travers le dais, au-dessus de la piste. Il renvoya immédiatement un sortilège au sorcier, encapuchonné de noir qui leur faisait face. Le sort ricocha sur le bouclier argenté qu'avait fait apparaître le sorcier et un cri de douleur retentit dans l'assistance. Ils eurent à peine le temps de tourner la tête vers la source du cri que l'homme disparaissait dans un craquement sonore.
- George ! hurla Molly Weasley qui se rua au côté de son fils dont le visage ruisselait de sang.
Un silence de mort s'abattit sur les invités tandis que les Weasley accourraient auprès de George. Harry voulut lui aussi se précipiter à ses côtés quand la main de Tom retint la sienne.
- Il faut qu'on parte !
Harry le dévisagea avec incompréhension, avant de se dégager fortement.
- Il est hors de question qu'on parte alors que tu es responsable de la blessure de George !
- Mais c'est l'assassin qui…
- Pourquoi es-tu venu ? Je t'avais pourtant dit de ne pas venir !
- Désolé d'avoir voulu te protéger, Harry ! railla Tom, d'un ton acerbe.
Jamais Harry n'avait vu Elvy dans une telle colère. Il était ivre de rage et ses yeux étaient plus flamboyants que jamais. Mais lui aussi était en colère, et il était hors de question qu'il laisse passer ça.
- Et regarde le résultat balaya-t-il d'un geste en englobant Tante Muriel, toujours évanouie sur sa chaise et la famille Weasley qui tentait de stopper l'hémorragie de George. Rien ne se serait passé si tu n'étais pas venu comme je te l'avais demandé !
- Comme si j'allais t'obéir !
Les mots de Elvy eurent l'effet d'une gifle sur Harry qui vit toute son agressivité fondre, remplacer par une profonde tristesse.
- Et bien oui, pour une fois, Elvy, j'aurais aimé que tu le fasses murmura-t-il avec lassitude. Et que tu ne sois pas… toujours toi, à n'en faire qu'à ta tête.
Tom fixa Harry sans rien dire. Il pivota sur lui-même et disparut aussi soudainement qu'il était venu.
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Le sorcier hurla de rage et fracassa un vase d'un geste frénétique de baguette. Il s'apprêtait à détruire une chaise quand hurlant cette fois-ci de douleur, il tomba un genou, la tête entre les mains.
Une brume rougeâtre entourait son esprit et des visions se succédaient dans un kaléidoscope sans fin sous ses paupières closes.
Il revoyait le visage en colère de l'homme qu'il aimait puis son regard triste et fatigué, posé sur… lui. Lui !
- Pourquoi es-tu venu ?
Lui qui avait craint pour sa sécurité, lui qui n'avait voulu que le protéger en infiltrant incognito le mariage, lui… qu'il aimait tant et qu'il avait rendu malheureux. Tout ce qu'il avait redouté, tout ce qu'il ne voulait pas.
La question rebondissait dans son esprit, tel un écho désagréable. Le visage de Harry s'éloigna dans la brume et Tom sentit la panique l'envahir,
Non ! Ne me quitte pas ! Reviens !
S'enfonçant toujours plus loin dans la souffrance de son esprit, les visions changèrent.
« Pourquoi es-tu venu ? »
Avançant dans la neige, crissant à chacun de ses pas, il fit face au portail noir et au loin, le château se distinguait dans la pénombre du soir tombant.
Poudlard.
Dix ans s'étaient écoulées depuis son départ, son long voyage où il avait transcendé son être, dépassé les limites de la magie et de la condition humaine.
« Bien sûr que je ne le veux pas coupa Dumbledore, et tu le savais depuis le début. Pourtant, tu es venu jusqu'ici faire cette demande, tu avais donc un but.
C'est votre dernier mot ?
En effet, répondit Dumbledore
Alors, nous n'avons plus rien à nous dire.
Non, rien, admit Dumbledore. Le temps n'est plus où je pouvais t'effrayer en mettant le feu à une armoire et t'obliger à réparer tes méfaits. Mais j'aimerais bien pouvoir recommencer… j'aimerais bien… »
Réprimant l'envie de lui jeter un sort, il quitta le bureau de ce vieux fou en claquant la porte et en maudissant l'école. Jamais ! Jamais il ne trouverait meilleur professeur que lui pour ce poste, il se le jura. C'était une promesse.
Mais qu'importe…
Il avait tout de même rempli la moitié de sa mission. Un sourire froid étira ses lèvres émaciées.
Il l'avait dissimulé… au plus profond des secrets du château. Son cher horcruxe serait en sécurité dans sa maison. Personne ne le trouverait.
Tom ouvrit péniblement les yeux.
La vision avait été brève, moins de cinq minutes s'étaient écoulées mais elle avait ancré en lui une certitude. Le diadème de Serdaigle était à Poudlard. Il s'était vu le cacher dans la Salle sur Demande.
Une autre certitude s'ancra en Tom. S'il voulait sauver la situation avec Harry, il devait impérativement réunifier son âme redevenir enfin quelqu'un avec qui il pourrait être.
Quelqu'un qu'il n'aura plus honte d'emmener avec lui aux fêtes de sa famille…
A suivre…
