Hey ! Hey ! Hey ! Bon dimanche à toutes et à tous ! Bientôt la barre des quatre mille lectures… C'est fou !

Ravis d'accueillir de nouveaux followers ! N'hésitez pas à nous faire part de vos sentiments.

Merci beaucoup à Nedwige Stark pour ta dernière review ! En effet, la relation « Dramione » avance doucement. Si tu as aimé leur baiser dans le dernier chapitre, tu vas sûrement apprécier la suite.
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Petite parenthèse : Je publierai le prochain chapitre que dimanche prochain. Je suis obligée de ralentir la publication pour le moment. D'avance, merci de votre compréhension.
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Belle lecture à vous. On se retrouve à la fin.

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Chapitre 25 : L'amour, la haine : deux sentiments élémentaires.

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En ce tout début d'année, tous les élèves de Poudlard étaient réunis par maison dans la grande salle. Seule la maison Serpentard était pleine. Les trois autres maisons se trouvaient démunies de bon nombre d'élèves. Sur l'estrade se trouvait Slughorn, leur nouveau directeur, entouré des deux Mangemorts Carrow. Son visage déformé par une anxiété certaine, il entama son discours.

« Chers élèves… Je… Je tiens à vous souhaiter une… bonne année, commença le professeur de potions d'une voix chevrotante. Suite à la perte tragique… »

Un raclement de gorge le coupa dans son élan. Alecto Carrow lui lança un regard assassin.

« Séverus Rogue est mort, délcara-t-il, suivi des plusieurs exclamations s'élevants parmi les élèves. Je suis donc votre nouveau directeur, ajouta-t-il vivement en voyant s'impatienter les deux Mangemorts. Notre école suivra les directives du Seigneur des ténèbres concernant l'enseignement. Je ne vous retiens pas plus longtemps. Allez ! filez ! acheva-t-il, presque essoufflé. »

Alors que les élèves commençaient à se disperser pour se rendre à leurs différents cours, Neville attrapa Ginny par le bras.

« Je ne pensais pas que Zabini arriverait à convaincre Tu-Sais-Qui aussi facilement, chuchota-t-il. »

Le métis était arrivé à leur niveau et les bouscula.

« A peine sortis des cachots que je vous surprends à faire des messes basses, cracha-t-il. Si vous continuez comme ça, ça sera votre nouvelle demeure ! dit-il alors que les deux Carrow les arrivaient à leur hauteur. »

« Si je vous surprends encore à manigancer quoi que ce soit, vous serez d'office les cobayes lors de l'apprentissage de la magie noire, menaça Amycus.

« Mais avec plaisir, professeur, nargua le rouge et or alors que les deux professeurs repartaient.

« Nev ! arrête de les provoquer, s'exclama la jolie rouquine.

« Je préfère qu'ils s'en prennent à moi plutôt qu'à eux, dit-il eèn désignant du menton un groupe de premières années non loin d'eux.

« Tu as pris goût à avoir ta tête déformée, plaisanta le vert et argent. J'ai une réunion avec la Brigade, je vous ferai savoir à quel moment on pourra réunir l'AD, ajouta le métis. Au fait Londubat, tu pourrais arrêter de douter de moi, ça me fait mal à mon petit cœur, affirma-t-il tout en mettant sa main sur sa poitrine. »

La jeune Weasley poussa son ami pour partir et fit une moue dédaigneuse à Blaise.

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Pansy, l'air renfrogné, accueillit les membres de la Brigade dans une des salles de cours qui était libre. Elle regarda tour à tour rentrer : Crabbe, Goyle, Théo, Alessandro, Millicent et Blaise.

« Chacun va prendre un étage et faire une ronde après le couvre-feu, débuta l'agent double. Pansy, tu t'occupes des cachots. Alessandro, du quatrième étage. Nott, toi, tu feras ta ronde à l'extérieur. Millicent, le rez-de-chaussée. Crabbe, la volière, Goyle, la tour d'astronomie. Je me charge du septième étage, acheva-t-il. Punissez quiconque ne respecte pas le couvre-feu, il y a de la place dans les cachots. »

Alessandro alias Ron, comprit la manœuvre du métis. Lui serait en charge des Gryffondor et pourrait leur permettre de sortir pour se rendre à la salle sur demande sans se faire repérer. Quant à Zabini, il serait déjà sur place pour leur ouvrir la voie.

Tandis que les membres de la Brigade quittaient la salle de cours, Nott lança un regard à sa petite amie qu'elle capta rapidement. La brunette se dirigea vers le chef du groupe.

« Blaisounet, des nouvelles pour mon adhésion ?

« Draco s'en occupe. Il reviendra vers moi lorsqu'ils auront pris une décision. Ton copain nous fixe, serait-il jaloux ? Fit-il remarquer.

« Nous ne sommes plus ensemble, dit-elle tristement, rentrant parfaitement dans son personnage. »

Blaise n'ajouta rien mais n'en croyait pas un mot. Ce n'était certainement pas par jalousie qu'il les observait. Il avait l'air bien intéressé par leur conversation. Il nota se détail dans un coin de sa tête puis alla se rendre à son prochain cours.

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Après le départ de leurs amis, Hermione et Harry retrouvèrent Alastor Maugrey dans le bureau d'Otto. Ce dernier était reparti au ministère allemand voir s'il pouvait intercepter des renseignements sur le ministère anglais.

Draco ne tarda pas à les rejoindre. Il fit un signe négatif à l'Aurore puis referma la porte derrière lui. L'homme à l'œil de verre s'affaissa un peu plus dans son siège et Hermione les interrogea tour à tour du regard.

« Lupin n'est pas… d'humeur, lâcha le beau blond avant de s'asseoir à la gauche de la belle brune.

« C'est la pleine lune ce soir, continua la seule femme du petit groupe.

« Il sait ce que je vais vous dire alors on fera sans lui, intervint Fol'Œil d'un ton railleur. Vous n'êtes pas sans savoir que nous sommes partis en mission avant la fête de Noël, continua-t-il. Le village de Little Hangleton a été attaqué ce soir-là. Les moldus, rendus dans une église pour le réveillon, ont tous péris. Quand nous sommes arrivés sur les lieux, elle avait entièrement brûlée. »

A ces mots, la née-moldue eut un haut le cœur. Sa main se plaqua sur ses lèvres, les yeux brillants. Le Sang pur à côté d'elle attrapa son autre main et la serra. Il était, lui aussi, horrifié. Il savait les Mangemorts sans pitié mais pas à ce point.

« La marque des ténèbres flottait encore au-dessus de l'église. Nous pensons que certains avaient des sorciers dans leurs familles.

« Tu n'étais pas au courant ? Interrogea Harry, en se tournant vers le jeune Malefoy.

« Je ne suis pas au courant de toutes les missions. Je vous en aurais informé si j'avais su. Je ne suis pas vraiment pour le massacre d'innocents. »

Le survivant ne réagit pas, soudain très concentré.

« Vous avez dit Little Hangleton ? Questionna-t-il à l'adresse du plus âgé.

« En effet, Potter. Une idée ?

« C'était le village de la mère de Jédusor. C'est là que vivais la famille Gaunt. Avec Ron, on y était le soir où on s'est fait attaquer dans la forêt. On devait s'y rendre mais… »

Il s'interrompit, à nouveau plongé dans ses pensées. Il tentait de se rappeler cette fameuse soirée.

« Harry, appela doucement sa meilleure amie, un peu confuse.

« Le Patronus d'une biche est venue et nous a conduit dans cette forêt. On aurait dit qu'elle voulait nous guider loin des habitations. Comme si elle savait qu'on allait se faire attaquer.

« Une biche ? Intervint Hermione, les sourcils froncés.

« Le Patronus de ma mère, d'après Rémus, répondit de suite le jeune Potter.

« En tout cas, ça peut expliquer pourquoi Vous-Savez-Qui a visé ce village, en particulier, reprit Maugrey. Ce n'est pas tout, annonça-t-il avant que les jeunes ne repartent dans une autre discussion. La Gazette du sorcier a sorti un nouveau fascicule. »

Il le sortit d'une poche intérieure de son manteau et le posa sur le bureau. Hermione sentit l'œil de verre à la pupille bleue la fixer et approcha sa main, inquiète. Ecrit en grosses lettres rouges sur la première page, on pouvait lire : « NOTRE MONDE EST MENACE ». Hermione prit une grande inspiration et commença à lire.

« Notre Monde est infesté. Une Purge est nécessaire, lit-elle, la voix tremblante. Avis aux Sang-de-bourbe, vous devez vous rendre au ministère afin de restituer la baguette que vous détenez. Vous passerez par un sortilège d'Oubliette et serez bannis de notre Monde. Tout manquement à cette loi fera l'objet d'un emprisonnement immédiat. »

Plus bas sur la page, un petit encart expliquait que si des sorciers connaissait des Sang-de-bourbes, ils étaient priés de les dénoncer au Ministère.
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Dévastée, elle referma le journal et vit, avec horreur, qu'elle était en première page. En biais sur sa photo, ils avaient tamponné la mention « MENACE DANGEREUSE ». A cette vue, la jeune femme jeta le journal au sol. Draco se pencha pour le ramasser et contempla la photo.

« Tu es très jolie sur cette photo, dit-il en souriant bêtement. »

La jeune femme, agacée, lui arracha le torchon des mains et lui répéta :

« N'oublies pas ! Je suis une « MENACE DANGEREUSE » !

« Pas besoin de le voir écrit dans le journal pour le savoir, balança-t-il avant de lui faire un clin d'œil.

« Trêve de plaisanteries, reprit l'Aurore en se levant de son siège. C'est une Loi très sérieuse qui menace beaucoup de jeunes sorciers. Nous allons faire le nécessaire avec les professeurs McGonagall et Vector, pour que les jeunes nés-moldus soient évacués de l'école sans problèmes.

« Faites vite s'il vous plaît, lança Hermione, des frissons lui parcourant tout le corps.

« Avant que vous partiez, intervint le Serpentard à l'adresse du chasseur de Mangemorts. On a un autre souci… Comme si tout ce merdier ne suffisait pas, ajouta-t-il d'un ton railleur. L'une de nos camarades Serpentard sait dans quel camp nous sommes, Blaise et moi. Elle menace de nous dénoncer au Maître si on l'a fait pas intégrer l'Ordre.

« C'est une blague !? S'écria l'homme, l'air furibond. On peut se demander comment vous avez fait pour survivre jusqu'à maintenant !

« Je me le demande aussi, soupira-t-il.

« Et il s'agit de… ?

« Pansy Parkinson, continua Draco. Elle n'est pas Mangemort pour l'instant mais a accompli une mission pour Face de serpent. Impossible qu'elle trahisse le Seigneur des ténèbres. Ça cache quelque chose.

« Qu'est-ce que tu veux qu'on fasse ?

« Vous me faites assez confiance pour gérer ça ? Demanda le vert et argent. J'ai ma petite idée. Je ne mettrais jamais l'Ordre en danger. Vous avez ma parole, ajouta-t-il en se levant et en tendant la main vers l'Aurore. »

Ce dernier prit la main tendue puis sorti du bureau.

« Qu'est-ce que tu vas faire ? Interrogea Harry.

« La prendre à son propre jeu et je pense que ça pourra nous servir au moment opportun. Elle est fourbe mais pas autant que moi, ajouta Draco, un éclair de défi passant dans ses yeux. »
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L'Elu acquiesça simplement puis s'avança vers la porte mais le Serpentard le rappela.

« Hermione t'a donné la photo ? »

La jeune femme acquiesça, répondant à la question à la place de son meilleur ami.

« Tu veux voir ce qui l'accompagnait ? Reprit Draco, transperçant le jeune Potter de son regard acier. Tu me fais confiance ? Ajouta-t-il. »

Harry sentit une boule lui monter dans la gorge mais acquiesça. Il sortit sa baguette et la pointa sur le jeune Malefoy. Ce dernier ferma les yeux et se concentra.

« Légilimens, souffla le rouge et or. »
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Dès lors, Harry plongea dans l'esprit de Draco. Des volutes de fumée l'entourèrent avant de prendre forme. En haut d'une colline, la voix lointaine d'une petite fille rousse appelait.

« Pétty, regardes ! »

L'enfant ouvrit sa main dans laquelle une petite fleur s'y développa, déployant ses minuscules pétales, vers ladite Pétty, une petite fille brune au teint blafard. Cette dernière recula de quelques pas, horrifié devant ce spectacle.

« Tu es un monstre ! S'écria-t-elle. Lilly, le monstre ! »

Soudain, un jeune garçon s'interposa entre elles. Il avait de longs cheveux noirs et une peau très pâle. Alors que la fillette aux cheveux bruns s'était enfuit, le garçon se tourna vers la rouquine et lui sourit.

Dans un souffle, leurs visages se troublèrent puis partirent en fumée avant de réapparaître dans une autre scène. Le jeune garçon, recroquevillé contre un arbre, pleurait. La petite Lilly s'approcha doucement de lui et lui secoua doucement l'épaule pour l'inviter à relever la tête. Elle avait l'une de ses mains cachées dans son dos et souriait largement.

« Ce n'est rien Séverus. Regardes, dit-elle en ouvrant la main qu'elle avait cachée. »

Un magnifique papillon en papier de toutes les couleurs s'envola et tournoya doucement autour du garçon. Emerveillé, il retrouva le sourire.

Puis revint la fumée, les engouffrant tous deux. Ils se retrouvaient à Poudlard, le jour de la rentrée. Séverus regardait Lilly s'avancer vers le Choixpeau magique. Lorsque ce dernier s'écria « Gryffondor », le jeune garçon baissa la tête, l'air déçu. Savait-il déjà dans quelle maison il était destinait ?

L'image se brouilla à nouveau. Le garçon, vêtu d'une robe de sorcier aux couleurs de Serpentard marchait distraitement aux côtés de son amie. Celle-ci l'invita à s'asseoir sur un banc, dans la cour intérieure de l'école Poudlard.

« Je sais que tu es inquiet, mais crois-moi, ce n'est pas parce que nous sommes dans des maisons différentes que nous n'allons plus être amis, dit-elle doucement.

« Tu as déjà de nouveaux amis, Lilly. Tu n'as plus besoin de moi.

« C'est méchant, Sev. Je n'agirai jamais de la sorte avec toi. Tu as toujours été là, et je le serais toujours en retour, affirma la rouquine avant de lui prendre la main et de se pencher pour capter le regard bas de son ami. »

En une seconde, ils avaient disparu puis réapparu. Mais dans cette nouvelle scène, ils semblaient plus âgés. Séverus essayer d'échapper à une bande de garçons. Ceux-ci, à ses trousses, riaient de lui.

« Sérvilus est un roublard ! Lança un garçon aux cheveux bruns foncés.

« Toujours à suivre Lilly comme un Boursouf. Tu ne vois pas qu'elle a pitié de toi ? Continua un autre garçon aux cheveux châtains clairs.

« La ferme, Potter ! Répliqua Séverus, l'air mauvais.

« Ouh ! C'est qu'il mord, le Boursouf ! Lilly t'a mal dressé ? Renchérit un autre garçon blond. »

Alors que les garçons riaient bruyamment, la principale concernée par cette altercation se plaça devant ledit Boursouf et toisa tour à tour chacun des Gryffondor.

« Vous devriez avoir honte de le traiter comme ça, dit-elle sévèrement.

« Oh, il l'a bien cherché.

« Je n'ai rien fait ! Intervint le Serpentard. Et je n'ai pas besoin que tu viennes me défendre à chaque fois, ajouta-t-il à l'adresse de son amie. »

Le visage décontenancé de Lilly s'effaça dans un nouvel amas de fumée. La Gryffondor réapparut, plus âgée, vêtue d'une jolie robe de bal. Elle essayait de rattraper Séverus, qui marchait à pas vifs devant elle.

« Je t'en prie, supplia-t-elle pour qu'il ralentisse. Ne me tournes pas le dos, Sev !

« Pourquoi lui ? Demanda le jeune homme sur un ton acerbe.

« James est très attentionné avec moi. Il m'aime vraiment et je me sens bien avec lui. »

Séverus soupira avec dédain. Il avait du mal à supporter ces mots, surtout venant de sa bouche à elle.

« Pourra-t-on rester amis ? Insista la rouquine, l'air désespéré.

« Après tout ce qu'il m'a fait ? S'étrangla le Serpentard. Je ne pourrais jamais être ami avec quelqu'un comme lui. Si tu es avec, c'est sans moi… »

La fumée emporta leurs visages tristes puis laissa apparaître de nouveaux visages, plus radieux. Une jeune femme aux cheveux ébènes bouclés et aux grands yeux noirs invitait Séverus à s'asseoir avec le groupe de Serpentard qui s'était installé au bord du lac noir. Ce dernier accepta l'invitation et s'installa entre elle et une autre fille aux cheveux blonds, presque blancs.

« Mon cousin n'est pas comme nous, lui souffla la brune. Il ne comprend pas l'importance du sang. Nous leur sommes supérieurs, ajouta-t-elle d'une voix très enfantine.

« Tu vas te plaire dans notre groupe, assura l'autre sorcière. »

Ils disparurent en un instant, projetés dans un autre décor, plus sombre, plus sinistre. Séverus, entouré de ses « amis », se tenait debout, droit comme un piquet, face à un sorcier aux regard ténébreux. Le jeune homme aux cheveux noirs tendit son avant-bras gauche vers le sorcier. L'homme planta alors sa baguette blanche sur sa peau. Au bout de quelques secondes, de l'encre noire s'insinua sous elle, ondulant tel un serpent.

La fumée emporta cette scène lugubre mais la scène qui suivit, était toute aussi sombre. Dumbledore apparut dans son bureau de Poudlard. Il faisait face à Rogue, plus vieux, qui semblait dévasté, des larmes coulant sur ses joues.

« La prophétie fait mention d'un enfant, Séverus.

« Mais Il croit que c'est son fils ! Déclara l'homme. Il va les traquer et les tuer. Faites quelque chose ! Je vous en supplie ! »

Ils disparurent, effacés dans un souffle brusque. Tout aussi brusquement, la nouvelle scène prit place.

La maison qui se tenait devant lui, était détruite en partie. On pouvait entendre un lointain pleur d'enfant. Séverus entra dans la maison, le visage apeuré. Il vit le corps sans vie de James Potter, et son visage se décomposa encore plus. Il gravit difficilement les marches qui menaient à l'étage. Il s'avança dans le petit couloir, s'appuyant sur le mur pour ne pas s'écrouler. A chaque pas, on entendait plus distinctement les pleurs de l'enfant. La porte qui menait à cette chambre gisait en morceaux au milieu du petit couloir. Il se tourna vers l'intérieur de la petite chambre et se laissa tomber parterre en voyant le corps sans vie de la femme qu'il avait toujours aimé. Il la prit dans ses bras, sans pouvoir retenir ses larmes. Brisé face à tant de cruauté, il laissa ses sanglots se déverser. Les pleurs du bébé, toujours assis dans son petit lit, l'accompagnait. Il tourna la tête vers lui et se figea. Instinctivement, sans y réfléchir, l'homme porta sa main vers l'enfant. Il lui tendit un doigt que le bébé attrapa doucement.
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Hermione n'avait pas quitté son meilleur ami des yeux, captivée par les émotions qui se lisait sur son visage. Il avait eu de légers sourires, puis ses sourcils s'étaient froncés. Son souffle s'était soudain coupé et une larme était apparue au coin de son œil étroitement fermé. Elle vint courir sur sa joue. La jeune femme voulut s'approcher lorsqu'Harry rompit le sort, haletant. Il regarda son amie puis Draco et, avant même que l'un d'eux ne dise quoi que ce soit, il sortit de la pièce.

La belle brune voulut le rattraper mais elle fut stoppée dans son élan.

« Laisse-le digérer, préconisa le beau blond. Il t'en parlera le moment venu. »

La jeune femme accepta la main qu'il lui tendait et se laissa attirer vers lui. D'une main légère, il rangea la mèche rebelle de la sorcière derrière son oreille. Il passa ensuite son doigt fin sous la goutte violette de sa boucle d'oreille puis plongea ses yeux gris dans ceux, noisettes, de sa petite lionne.

Revoir ces souvenirs, lui faisait prendre conscience de ses propres sentiments naissants. Son parrain avait passé toute sa vie à aimer la même femme, sans pouvoir être auprès d'elle. Il ne voulait pas faire la même erreur et passer à côté d'une véritable histoire d'amour. La Gryffondor, Miss-je-sais-tout insupportable, née-moldue et meilleure amie de Potter, rendait tout ça possible. Il le voyait clairement maintenant.
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Il ne savait pas ce que c'était d'être un couple mais il était prêt à apprendre. Elle méritait qu'il fasse tous les efforts nécessaires pour que ça fonctionne.

« J'ai toujours été un lâche, lâcha-t-il au bout de quelques secondes de silence. Je ne suis pas doué pour exprimer ce que je ressens. On m'a appris à ne rien montrer. A présent, je prends conscience que tu as besoin de savoir ce qu'il y a dans mon cœur. Tu n'es pas juste un amusement, même si tu es de loin, celle avec qui je m'amuse le plus. Tu ne figures pas simplement sur mon tableau de chasse, comme une nouvelle conquête, même si tu es, de loin, celle que je désire le plus. »

A ces mots, la jeune femme lui fit un sourire, les yeux brillants. Elle avait resserré leur étreinte à chacune de ses phrases.

« Ce ne sera pas facile de te supporter, ajouta-t-il en souriant à son tour, mais tu mérites tous ses efforts. »

Il avança son visage encore plus près du sien jusqu'à ce que leurs fronts se touchent. Les yeux fermés, chacun d'eux savourait ce moment de plénitude.

« Ce serait un privilège que tu sois celle qui me brise le cœur, Hermione.

« Comment pourrais-je te briser le cœur alors que mon unique désire est d'en prendre soin ? »

Ils joignirent leurs lèvres dans un doux baiser. Suspendus dans le temps et l'espace, ils n'appartenaient qu'à l'un l'autre. Ce baiser était synonyme de leur engagement.

La jolie brune se sentait apaisé. Il ne cessait jamais de la surprendre et avait trouvé les mots qu'il fallait. Elle en aurait presque oublié l'épée de Damoclès qui planait au-dessus de leurs têtes. C'était sans compter sur celui qui faisait battre son cœur, qui la ramena brusquement à la réalité.

« Je vais devoir gâcher ce moment, souffla-t-il, l'air embêté. Lors de mon entrevue avec Face de serpent, il est rentré dans mon esprit pour vérifier ma loyauté suite à la mort de… Séverus, dit-il, la gorge serrée. Mais avant qu'il rompt le lien, il s'est passé quelque chose de bizarre. »

La jeune femme, l'air préoccupé, l'invita à s'asseoir avec elle.

« J'ai vu des choses, lâcha-t-il au bout de quelques secondes.

« Des choses ? Répéta Hermione, de plus en plus inquiète.

« Des bribes de ses pensées. Chose qui n'est jamais arrivé. C'est le Maître dans l'art de préserver son esprit. J'ai senti qu'il était… Je ne sais pas, s'interrompit-il. Il était comme…

« Affaibli, intervint-elle dans un souffle, comprenant où il voulait en venir. Je vois, ajouta-t-elle. »

La sorcière savait d'où pouvait venir cet affaiblissement. Mais alors, est-ce que Voldemort se doutait de quelque chose ? Prise par ses propres interrogations, elle ne remarqua pas le regard interrogatif de son compagnon.

« Hermy ? Vous y êtes pour quelque chose avec Potter et Billius ?

« Euh… C'est que… Euh…, balbutia-t-elle, évitant encore son regard.

« Te fatigues pas. J'ai compris, rassura-t-il. J'ai quelque chose qui pourra vous aider.

« Je t'écoute.

« Il y avait une forêt et une montagne. Au creux de cette montagne, il y avait une grotte, qui menait à l'autre versant. Il fallait la traverser pour passer de l'autre côté. A la sortie, il y avait un magnifique arbre. Il semblait plus vieux que tous les arbres autour. Son tronc avait un creux. J'ai aussi entendu deux mots, prononcés dans un souffle : « Mahalla Vilës ». Ce doit être important pour qu'Il y pense autant. »

Hermione se leva vivement, les traits du visage tendus, en prise à une grande concentration.

« Et il y avait Helena Serdaigle ! Reprit Draco, venant de s'en souvenir. Elle est apparue en premier. Elle pleurait et un garçon est venu lui parler.

« Tu es sûr de toi ? C'était bien Helena Serdaigle ? »

Avec un acquiescement comme réponse, la Gryffondor déposa un baiser sur les lèvres de son Serpentard favori puis sortit du bureau.

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La jeune femme croisa les jumeaux Weasley, eux aussi sur le départ. Elle leur sourit largement puis poursuivit son chemin vers la bibliothèque.

« C'est décidé alors ? Demanda Fred à l'adresse de sa mère. Vous restez ici ?

« Non, soupira-t-elle. Nous repartons au Terrier.

« Et que vais-je devenirs sans vos bons petits plats, Molly ? Plaisanta Tonks, venue dire au revoir aux rouquins.

« Tu crois que la nourriture est comment en Roumanie ? Demanda Georges à l'adresse de son jumeau.

« Faites bon voyage, les garçons ! Lança joyeusement Arthur Weasley à ses fils.

« Ils seront prudents, affirma Annabelle, avant de filer un coup de coude à Fred qui hochait de la tête de façon grotesque. »

En leur absence, la maison allait être un peu moins animée, pensa tristement la jeune Aurore enceinte. Elle retourna rejoindre Otto et Alastor dans le salon.

« Comment va Rémus ? Demanda son mentor.

« Je sens que la nuit va être longue, soupira-t-elle avant de s'installer confortablement dans le sofa. »

Elle s'y allongea complètement après avoir fait apparaître un gros boudin molletonné qu'elle cala le long de son ventre. Les moldus appelaient ça : un coussin de grossesse. La jeune femme l'avait très vite adopté et ne s'en séparait plus depuis.

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Le regard plongé dans le vide, Harry ne remarqua pas tout de suite la présence de sa meilleure amie, venue s'asseoir à côté de lui. Il ne réagit pas plus lorsque cette dernière lui prit la main entre les siennes. Elle faisait souvent ça lorsqu'elle sentait que son ami se sentait mal. Elle avait énormément d'attention envers lui. Il ne put s'empêcher de la comparer à la Lilly Evans qu'il avait découvert dans les souvenirs de Séverus Rogue. Toutes deux née-moldue, toutes deux Gryffondor, toutes deux brillantes et sensibles. Le fils de Lilly tourna son visage vers Hermione et lui sourit.

« Tu lui ressembles, souffla-t-il. Plus que je ne l'aurais pensé, ajouta-t-il avant de se relever.

« Tout comme elle, j'ai un don pour choisir mes amis parmi les personnes les plus impétueuses et insupportables ? Plaisanta la jeune femme.

« Effectivement, admit Harry, en lui rendant son sourire. Ils étaient infects avec Rogue, continua-t-il, le sourire en moins. Ils lui en ont fait bavés.

« Tu le savais déjà. Rogue haïssait ton père et sa bande…

« Parce qu'ils le haïssaient aussi. Ils ont tout fait pour qu'il s'éloigne de ma mère. Ils étaient amis, continua le jeune Potter, avant que son amie ne l'interrompt. Ma mère et Rogue étaient amis d'enfance. Il était là quand elle en a eu besoin. Ils sont entrés à l'école ensemble, main dans la main. C'était un garçon gentil… à qui il est arrivé… de mauvaises choses, bredouilla-t-il, plus pour lui-même.

« Tout comme toi, soupira Hermione en comprenant où il voulait en venir.

« Il était là, Hermione, reprit-il en plongeant son regard dans celui de son amie. Il était là, le soir où mes parents se sont fait tuer. Il était anéanti par la mort de ma mère. Je le voyais…Il pleurait…et… »

Le survivant avait du mal à parler, submergé par une nouvelle vague d'émotion.

« Il m'a vu, dans mon petit lit de bébé et il a tendu une main vers moi… »

Ces mots restèrent comme suspendus au-dessus d'eux et le silence investit la pièce toute entière.

« Il n'a pas pu sauver la femme qu'il aimait, souffla la belle brune, un pincement au cœur. Il s'est alors retourné vers le seul être qui la lui rappelait… Toi, acheva-t-elle. Tu as ses yeux, Harry, ajouta-t-elle après avoir récupéré la photo de Lilly Evans qu'il avait posé sur la table. »

Un nouveau silence vint les entourer. Il savait qu'elle avait sûrement raison, mais Harry n'avait pas encore tous les éléments en main. Il restait des zones d'ombres sur cet homme si secret. Tout à coup, le jeune homme sentit son corps défaillir. Une brûlure vint lui fendre le crâne. Il s'était habitué à cette douleur mais la rage infernale qui lui fit vibrer tout le corps, il ne l'avait jamais ressenti. Aucune vision ne vint mais cette haine lui coupa le souffle.

« Harry ! Appela Hermione alors que son ami venait de s'effondrer. Harry ! Réponds !

« Ça va ! Ça va ! Hurla l'appelé, plus fort qu'il ne l'aurait voulu. »

Cette haine, qui ne lui appartenait pas, modifiait ses réactions sans qu'il puisse l'en empêcher. Il n'était plus maître de lui-même à cet instant.

« Il s'affaibli, lâcha sombrement Hermione. Il se doute pour les Horcruxes. Ce sont des parties de son âme, il a forcément senti quelque chose, ajouta-t-elle en aidant son ami à se relever.

« Raison de plus pour trouver ces objets le plus vite possible.

« On a une piste, annonça la jeune femme. Dra… Oh ! Dreki ! C'est sympa ! S'interrompit-elle, une lueur amusée dans les yeux. Dreki a vu…

« Dreki ? Répéta son meilleur ami, interloqué.

« Oui, répondit-elle. Il me surnomme bien « Hermy ». Moi, au moins, je lui trouve son surnom dans une autre langue. Drek ou Dreki ? Continua-t-elle, plus pour elle-même. Les deux sont biens.

« Et qu'est-ce qu'a vu « Dreki » ? Interrompit Harry, sans tenir compte de son questionnement personnel.

« Il a senti que Tu-Sais-Qui est affaibli. Ça le rend d'autant plus dangereux. Sans qu'il le veuille, il a aperçu des bribes de souvenirs venant du Mage. »

La jeune femme lui fit le récit de ces souvenirs. Elle était maintenant certaine que le prochain Horcruxe à trouver, était le diadème perdu de Rowena Serdaigle. Helena Serdaigle, sa fille, savait sûrement où il était caché.

« Tom est allé la voir et lui a demandé où il pouvait le trouver ?

« Je crois, oui, dit-elle l'air inquiet.

« Et… Mahalla… ?

« Mahalla Vilës, reprit Hermione. Je ne sais pas ce que c'est, avoua-t-elle, les sourcils froncés.

« Peut-être qu'Otto ou un autre membre en a entendu parler ? Proposa l'Elu, peu convaincu. Tu as dit qu'il y avait des montagnes et une grotte. Ce n'est pas assez comme éléments…

« Il faut contacter Ron ! S'écria-t-elle. Le fantôme d'Helena est toujours à Poudlard. Il pourra lui parler et obtenir plus d'infos ! »

Elle avait soudainement l'air très excité d'être sur une nouvelle piste.

« Hermione, appela Harry en la regardant tendrement. Tu es géniale. Sans toi, on n'aurait jamais autant avancé.

« Sans Dray, non plus, insista-t-elle en le perçant de son regard. »

Le Gryffondor acquiesça doucement. Il devait avouer que le Serpentard les avait bien aidé. Bien plus qu'il ne l'aurait cru. Il n'avait pas besoin de demander à sa meilleure amie où en était sa relation avec lui, il le devinait très bien. Du moment qu'elle en était heureuse, il le serait aussi. Les anciennes querelles étaient largement dépassées et oubliées.

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Le retour à l'école ne s'était pas fait sans mal pour certains élèves. Neville avait provoqué une explosion en repoussant un sort qu'avait lancé l'homme Carrow sur Lavande alors qu'elle avait le dos tourné. Il avait écopé d'une série de Doloris et s'était ouvert l'arcade en tombant sur le sol. L'infirmerie était bondée en ce début de soirée. Neville la quitta volontiers, ne supportant plus les plaintes des jeunes élèves blessés. Ça le rendait d'autant plus nerveux et en colère. Ces satanés Mangemorts ne perdaient rien pour attendre.

Le Gryffondor dévala les escaliers le plus vite possible mais déjà le couvre-feu allait sonner. Il renonça, à contre cœur, à son dîner puis se dirigea vers le quatrième étage. Une très belle rousse attendait devant l'entrée dérobée de leur salle commune. Elle avait l'air tendue, comme sur le qui-vive. Elle lui adressa tout de même un sourire en le voyant arriver.

« Ils sont prêts ? Demanda le jeune Londubat, après avoir regardé derrière son épaule pour s'assurer que personne ne l'avait suivi.

« Je l'espère. Ce ne sera pas une partie de plaisir.

« On va bien finir par s'y habituer, bredouilla-t-il, la gorge serrée. On est toujours d'accord ? Ajouta-t-il.

« Oui. Nous n'avons aucun autre choix, répondit Ginny avant de faire un signe de tête vers une personne derrière Neville.

« Préfète, le couvre-feu a commencé, rappela l'italien. Quinze minutes, ajouta-t-il dans un souffle. »

La jeune femme acquiesça puis disparue dans la salle commune de Gryffondor, suivie par son ami.

A l'intérieur, la salle était bien peuplée. Tous les yeux se tournèrent vers Ginny et Neville. Tantôt, des regards inquiets, tantôt, des regards déterminés. La rouquine tourna le sien vers son ami. Ils allaient entamer la préparation à la Guerre. Entamer une formation difficile et dangereuse.

« Nous attendons quinze minutes et nous y allons. Tenez-vous prêts, prévint Ginny. »

Seamus, Dean et Colin avaient formé un petit groupe près du feu et parlaient déjà stratégie de combat. Seamus parlait d'explosifs, ce qui attira Neville. Ginny rejoignit, quant à elle, Katie, Parvati et Lavande attablées. Cette dernière se décala vivement en voyant la rouquine arriver. Elle ne s'était, visiblement, toujours pas remise du début de l'année scolaire et de sa confrontation avec la sœur de son « Ronron », perdu à jamais.

La blonde renifla au souvenir du rouquin, mort au combat quelques mois plus tôt. Du moins c'est ce que la jeune sorcière croyait, comme tous les rouges et or présents dans cette salle. Seuls, la petite sœur et l'ami loyal savaient qu'il se portait comme un charme, bien vivant.
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Ron avait encore du mal à digérer la fourberie dont avait fait preuve Gabrielle. Qu'elle aille au diable, s'était-il dit dans un accès de rage. Après tout, il avait perdu assez de temps et devait se concentrer sur plus important. Alors qu'il s'apprêtait à ouvrir un passage vers le septième étage pour les Gryffondor, le nouveau Serpentard fut surpris par un avion en papier qui lui fonça dans la tempe. Il l'attrapa vivement et l'ouvrit. Il reconnut l'écriture étriquée de sa professeure de métamorphose.

« Mot de passe : Caput Draconis. »

Intrigué, Ron répéta ces mots et le message caché apparu sur le papier.

« R, nous avons trouvé une piste. Va trouver le fantôme d'Helena Serdaigle et demande-lui où est le diadème perdu de sa mère. C'est la dernière à l'avoir vu. C'est bien ce que nous pensons. He et Ha. »

Lorsqu'il eut fini de lire, le papier s'enflamma dans ses mains. Il le lâcha instantanément, surpris. Il contempla, dubitatif, le petit tas de cendre qui s'était amoncelé sur le sol et ne remarqua pas tout de suite sa sœur qui arrivait à sa hauteur, ce qu'il restait des membres de l'A.D Gryffondor derrière elle.

« Qu'est-ce que tu fabriques ? Chuchota-t-elle en suivant le regard baissé de son frère déguisé.

« Rien, rien, répondit-il, le plus bas possible. On y va, ajouta-t-il en leur faisant signe de le suivre. »

Les rebelles ne pouvaient pas emprunter les escaliers principaux sans risquer de se faire repérer. Heureusement pour eux, Harry avait prêté sa carte à Ron.

« Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises, souffla-t-il en pointant sa baguette sur le vieux parchemin, alors qu'il s'était stoppé dans l'angle d'un couloir. »

Il trouva rapidement le passage secret qu'il cherchait. Deux couloirs plus loin, une tapisserie pourpre couvrait le mur de droite. Le chevalier, brodé dessus, pointa son épée sur le jeune homme lorsqu'il s'en approcha.

« Imprudents sont ceux qui s'engage sur le chemin de la fourberie, déclara l'homme en armure.

« Audacieux sont ceux qui… Alessandro cherchait ses mots. Audacieux sont ceux qui ne reculent pas devant le danger, renchérit-il, un sourire aux lèvres. »

Le chevalier s'inclina et l'italien put soulever la tapisserie afin que son groupe s'engouffre dans le passage qu'elle cachait. Ils atterrirent dans un escalier en colimaçon très étroit qui descendait d'un côté et montait de l'autre. L'un derrière l'autre, ils gravirent les étages. Au bout d'un étage ou deux, le chef de file les fit s'arrêter.

« Cinq minutes, lança-t-il à sa sœur, juste derrière lui. »

Il n'attendit pas de réponse et s'éclipsa derrière une porte. Les minutes défilant, la jeune Weasley commençait à s'impatienter et s'inquiéter, malgré elle. Le délai donné par son frère dépassé, elle voulut aller voir mais il réapparut avant qu'elle aille plus avant.

« T'avais dit cinq minutes, souffla-t-elle, agacée.

« C'est bon, coupa-t-il sèchement avant de s'écarter pour que les Poufsouffle et les Serdaigle qu'il avait récupéré, se joignent à eux.

« C'est qui celui-là ? Interrogea Anthony Goldstein à l'adresse de Neville, l'air stressé.

« Chut ! Intervint Ginny. On en parlera après, ajouta-t-elle vivement.

« Venez, invita le métamorphosé. »
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Sans grande conviction pour certains, ils suivirent le mouvement. Au septième étage, la voie était dégagée. Quand soudain, à l'angle du couloir, une lumière attira le regard de la rouquine. Dans un geste vif, elle tendit son bras, sa baguette au bout. Ce mouvement interpella les suiveurs qui se figèrent. Ils allaient reculer quand le jeune Zabini, accompagné du nouveau directeur, apparu derrière la lumière.

Slughorn eut un hoquet de surprise en voyant autant de monde dans le couloir.

« La discrétion n'est pas votre fort, lâcha-t-il. De mon temps, c'était maître mot.

« Prof…

« Ne restez pas plantés là, jeunes gens. Je ferais comme si je n'avais rien vu, marmonna-t-il en continuant sa route. »

Le métis qui l'accompagnait fit un signe de tête et les sorciers lui emboîtèrent le pas. Une minute plus tard, ils pouvaient tous à nouveau respirer, enfin arrivés dans la Salle sur demande. Ginny n'attendit pas plus pour se placer face à eux.

« Merci d'avoir pris ce risque. Merci pour votre confiance et votre courage. Nous allons…

« On veut d'abord savoir qui il est, coupa sèchement Seamus en pointant leur guide du menton.

« Je me portes garant de lui, intervint alors Blaise. Il s'agit de…

« Je peux me présenter moi-même, claironna l'intrus. Je me nomme Alessandro Violenti, annonça-t-il avant de leur faire une révérence grotesque. Je suis un fervent partisan de la paix, rassurez-vous. Je n'ai infiltré la Brigade que pour prêter main forte à… Blaise, ajouta-t-il, légèrement hésitant à l'idée de l'appeler par son prénom.

« Il vous a amené ici sans encombres ? Renchérit le métis, amusé. Alors faites-lui confiance.

« Bien, rassurés ? Enchaîna Ginny, agacée. Nous avons du pain sur la planche. Il faut nous renforcer un maximum pour pouvoir affronter les hordes de Mangemorts et autres créatures qui vont nous arriver dessus.

« Créatures ? Répéta Lavande Brown, une grimace au visage.

« Géants, Détraqueurs, Acromantulas, nomma le Serpentard. Sans compter les Mangemorts et les sorciers asservis. »

A ces mots, la blondinette déglutit difficilement.

« Nous devons nous renforcer, aujourd'hui, plus que jamais, reprit la rouge et or. Comme nous l'avions évoqué lors de la précédente réunion, nous allons faire appel au savoir de Blaise sur la magie noire, continua-t-elle.

« Et pour commencer, suivit celui-ci, je vais vous apprendre à supporter le sort Doloris.

« Impossible ! Lança Dean Thomas, dans le fond de la salle. C'est justement un sort créé pour être insupportable.

« Oui, c'est vrai mais c'est une douleur psychologique. Si vous parvenez à gérer votre psyché, acceptant la douleur malgré sa force, vous serez capable de vous en relever plus facilement pour répliquer.

« Tu ne crois pas qu'on en reçoit assez comme ça ?! S'écria Parvati, l'air halluciné.

« Et tu n'aimerais pas savoir comment gérer la souffrance ? Répliqua sèchement Blaise. Commençons ! Enchaîna-t-il sans attendre que quelqu'un d'autre n'intervienne. Londubat, on leur montre ?

« Allons-y, répondit ce dernier. »

Tous les membres de l'A.D s'écartèrent d'une part et d'autre de la pièce pour laisser un espace assez large aux duellistes.

Sans crier gare, Neville lança le sort. L'éclair rouge transperça le corps du Serpentard mais ce dernier ne broncha pas.

« L'initiative est bonne, lança-t-il une fois le sort levé, mais tu n'y mets pas toute ta haine.

« Tu vas me faire croire que tu n'as rien senti ?! S'étrangla Dean, ahuri. Endoloris ! Hurla-t-il. »

Le sort s'abattit, telle une gifle, sur le corps de Blaise. Son regard noir transperça le Gryffondor tandis que le sort lui chatouillait les entrailles. Une fois dissipé, le jeune Zabini sourit.

« Vous ne tiendrez pas une seconde face au Seigneur des ténèbres si vous pensez pouvoir les battre en étant aussi faibles ! Ricana-t-il. »

Le jeune homme fit un signe de tête à Neville pour le prévenir et lança, à son tour, le sort de torture. Le jeune Londubat tomba à genoux et laissa échapper un cri de douleur. Le souffle court, il resta au sol. Blaise s'avança vers lui.

« Là, là, dit-il en lui tapotant l'épaule. »

Il l'aida à se relever puis planta son regard noir dans le sien.

« C'est moi qui a achevé ta grand-mère après que Greyback l'ai déchiqueté, siffla-t-il, un sourire faussement narquois aux lèvres. »

Le petit-fils, sentant la haine monter, n'attendit pas plus longtemps pour relancer un Doloris. Son geste plus vif qu'avant, la haine et la douleur de ce souvenir l'accompagnant, il parvint à lui donner plus de puissance. Blaise en eut le souffle coupé.

« Vous avez compris la différence ? Interrogea-t-il aux spectateurs, une fois le sort levé. Utilisez la haine que vous ressentez contre eux. Elle vous permettra d'être plus puissants. »

La plupart acquiescèrent mais certains restaient sur leurs réserves. Cela n'échappa pas à la jeune Weasley. Elle comptait bien y remédier. Ils devaient avancer d'un seul et même pas. L'unité était leur seule force contre le Mage noir.
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Dans les heures qui suivirent, ils apprirent des sorts de magie noire complexes. Ils se quittèrent finalement dans les alentours de minuit, certains un peu amochés, avec pour consigne de s'exercer autant que possible. Une nouvelle réunion se tiendrait dans trois jours. Alors que les membres s'éclipsaient tour à tour de la salle, Lavande restait figé devant une photo, l'air dévasté. Ron, camouflé sous les traits d'Alessandro, ne put s'empêcher d'aller la voir.

« Tu fais quoi ? intervint Zabini, le coupant dans son élan.

« J'en ai pour deux minutes, souffla l'italien avant de poursuivre. »

Blaise le suivit du regard puis soupira dédaigneusement. Il alla rejoindre les autres dans le couloir pour faire le guet. Lavande se retrouvait seule avec le nouveau Serpentard.

« Ça va ? Demanda doucement Ron avec un accent qui ne lui appartenait pas.

« Mon pauvre Ronron, souffla la jeune femme, sans le regarder.

« Il était membre ? Continua l'italien, intérieurement très amusé par la situation.

« Il en était l'un des leaders ! Répliqua sèchement la blonde, l'air exacerbé. Il s'agit de Ronald Weasley ! Tu devrais le savoir !

« Scusi ! Lança le Serpentard en se mordant la lèvre pour ne pas rire. Il devait compter beaucoup pour vous.

« Plus que n'importe qui ! Il était mon Ronron ! Il aurait dû rester ici avec moi, au lieu de suivre l'Elu dans des missions périlleuses. »
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Plus loin, à l'entrée de la pièce, la sœur du métamorphosé commençait à s'impatienter.

« Qu'est-ce qu'il fout ? Demanda-t-elle à Blaise, non loin d'elle.

« Visiblement, il s'amuse à réconforter Lavande qui pleure… sa mort, répondit Neville.

« Il est sans limites, ajouta le métis, amusé.

« Tu trouves ça drôle ? Invectiva la rouquine en le poussant. Il est comme toi, il ne rate jamais une occasion de sauter sur tout ce qui bouge.

« Pourquoi, ça t'intéresse ? Demanda sombrement Blaise.

« Neville tu raccompagneras la veuve esseulée, ajouta-t-elle avant de continuer son chemin, suivie par son homologue. »

La belle rousse remarqua sa présence et attendit de tourner à l'angle pour lui faire face, l'air désabusé.

« Ta petite amie ne te manque pas trop ? Tu vas survivre ?

« Petite amie ? Répéta-t-il, surpris.

« La bulgare.

« Saches que je n'ai aucune attache. Certes, elle est petite… C'est mon amie… Mais ce n'est pas ma petite amie, expliqua-t-il, de plus en plus amusé. »

Il la dépassa et s'avança de quelques pas avant de se retourner.

« Je croyais que tu aimais Potter plus que tout ? Alors pourquoi as-tu l'air aussi jalouse ? Poursuivit-il sans attendre de réponses ni à la première, ni à le deuxième de ses questions. »

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Charlie Weasley était un jeune homme de 26 ans. Il avait de longs cheveux, attachés en queue de cheval, aussi roux que ses frères et sa sœur. De petite taille, même Ginny le dépassait de quelques centimètres. Il était également plus musclé qu'eux.

Depuis près de sept ans, le sorcier travaillait en Roumanie dans un élevage de Dragons. Il avait participé à l'acheminement de quatre d'entre eux pour le Tournois des trois sorciers. Il avait été heureux d'y revoir le garde-chasse de Poudlard, avec qui il avait aimé passer du temps lors de sa scolarité. Ses aptitudes pour les soins aux créatures magiques lui avaient valu un Optimal dans cette matière aux A.S.P.I.C.

Le deuxième de la fratrie des Weasley avait un tempérament sauvage, ce qui collait parfaitement avec le métier qu'il faisait. Il n'avait pas peur des brûlures, qu'il ne comptait plus à présent. Son humour, parfois douteux, amusait tous ses collègues et avant eux, ses frères.

Fred et Georges arrivèrent sous un ciel sombre, plein de nuages gris. Un vent féroce soufflait sur le sommet de la montagne où ils avaient atterri. Charlie les regarda tour à tour puis leur fit un grand sourire en coin avant de les serrer dans ses bras.

« Suivez-moi les baguettes siamoises ! Hurla Charlie alors que le vent emportait ses mots. »

Il les conduisit dans une immense caverne aménagée. Au centre, un grand homme massif au regard inexpressif entretenait le feu d'une forge artisanale. Il attrapa une barre de fer dont le bout était rouge vif puis le posa vivement sur une dalle de pierre et frappa la barre avec force. Dans son geste, des étincelles volèrent un peu partout. Sur le fond de la caverne, il y avait plusieurs portes menant au cœur de la montagne.

« C'est comme dans mon souvenir, lança Fred, amusé.

« Le nain en plus, renchérit Charlie en souriant. Vous avez vu, j'ai trouvé plus petit que moi ! »

Ledit nain répondit par un regard noir au rouquin avant de se tourner vers les jumeaux.

« Je voi's double ? Dit-il d'une voix rocailleuse.

« Voici Gimli, grand tailleur de pierre. Lui et sa famille sont maîtres dans l'art de tailler, expliqua le dresseur de dragons. Gimli, je te présente mes petits frères, Fred et Georges. Je ne sais pas lequel est lequel, ajouta-t-il, le plus sérieusement du monde. »

Les doubles se mirent à rire, ravis d'avoir retrouvé leur bout en train de grand frère. Gimli secoua la tête, l'air exacerbé puis proposa d'aller boire une pinte au bar installé à gauche dans la caverne.

Installés, des pintes devant eux, les quatre hommes purent trinquer. La joie des retrouvailles passée, les hommes purent se concentrer sur ce qui avait amené les jumeaux jusqu'en Roumanie.

« C'est faisable ? Demanda Fred, ou Georges.

« Bien sûr ! Acquiesça le nain.

« J'ai attendu ça toute ma vie ! Renchérit Charlie avant de vider sa pinte d'une traite. On va s'éclater !

« Combien on peut en avoir ? Interrogea Georges, ou Fred, les yeux brillants.

« Tout dépend le nombre de volontaires suicidaires, répondit l'ainé. Faudra vous former. On va vous muscler un peu, bande de manches à balais ! Ria-t-il, amusé.

« Tu peux parler, nabot ! Renchérit l'un des jumeaux, tout aussi hilare.

« Qui est-ce qu'on traite de nabot ?! Rugit Gimli, pas aussi amusé qu'eux.

« Tu dois pas rigoler tous les jours avec lui, poursuivit l'autre jumeau.

« Lui, c'est le sérieux de la bande.

« Et toi, l'abruti de service, répliqua ledit sérieux. »

Charlie acquiesça en levant sa nouvelle pinte vers le nain. La soirée continua ainsi, dans la bonne humeur, les pintes défilant à leur table.

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Au Quartier Général de l'Ordre, la soirée aurait pu tourner au cauchemar. L'humeur joyeuse avait laissé place à l'horreur. La maison d'Otto, autrefois accueillante, ressemblait à un champ de ruines. Des débris gisaient un peu partout. Il y avait des giclures de sang sur les murs du couloir et l'entrée de la bibliothèque. Au milieu de cet enfer, gisait un corps sans vie.

Du sang séché sur ses cheveux blonds, Luna, les yeux fermés, se tenait recroquevillée. Tous ses os la faisaient souffrir et elle ne pouvait retenir des tremblements. Maugrey, accroupi devant elle, lui appliqua un baume sur le dos, entaillé par endroits. Dans le salon, Otto faisait également office de médicomage en prodiguant des soins. Hermione était bien amochée, la lèvre ouverte, la joue enflée, les cheveux en bataille. Son bras la faisait atrocement souffrir. Son sang coulait abondamment d'une entaille profonde. L'homme lui banda le bras et lui donna une potion de sommeil sans rêve pour qu'elle puisse récupérer. Tonks, assise derrière eux, pleurait à chaudes larmes, l'air anéanti, les yeux rivés sur le corps inerte que les deux bulgares emmenaient dans une autre pièce. Harry, les dents serrées, tentait de calmer la rage de Draco, debout au milieu du couloir. Ce dernier, du sang lui coulant dans les yeux, avait la tête qui tournait. Il n'arrivait pas à croire qu'il avait failli la perdre ce soir alors qu'elle venait à peine d'entrer dans sa vie. Leur relation lui était si précieuse.

« Dis-moi qu'il ne l'a pas mordu ou griffé ! Supplia-t-il à Harry. »

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Aïe… désolé de vous laisser sur un tel cliffhanger…

La suite très bientôt. Dans l'attente, donnez-nous vos impressions en reviews.

Avez-vous reconnu la citation d'un film, glissée subtilement parmi les mots que Draco exprime à sa belle Gryffondor lorsqu'il lui ouvre son cœur ? Un indice : c'est un film très émouvant sur une très belle histoire d'amour.
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A très vite alors…