Disclaimer : Les personnages de Miraculous appartiennent à leur concepteur, je ne fais que les emprunter le temps d'une fiction.


Héros en fuite

Chapitre 23)Le Papillon se rapproche

Pendant que Marinette ramenait Adrien à son lit, un homme se dressait sur la terrasse de la maison qu'ils avaient occupé un peu plus tôt. Dans son poing se trouvait un papier froissé qu'il serrait fortement, ce qu'il restait du mot laissé par Adrien à l'intention de son père. Gabriel Agreste n'avait pas manqué de le trouver et s'était hâté d'en prendre connaissance, sous le regard soucieux de son assistante, qui n'était pas certaine que ce que disait ce mot soit en mesure de rassurer son employeur.

De fait, après l'avoir lu, Gabriel s'était dirigé à grands pas en direction de l'extérieur, lui intimant sèchement l'ordre de ne pas le suivre, elle avait obéit, bien qu'à contrecœur.

Une fois dehors, le styliste avait froissé un peu plus le papier, puis l'avait enfoncé dans l'une de ses poches.

Il ne s'était donc pas trompé... Adrien était bel et bien venu en cet endroit, ce qui confirmait ses soupçons, son garçon avait un lien avec Chat Noir...

Ce n'était pas une bonne nouvelle, pas une bonne nouvelle du tout. Il allait devoir faire avec pourtant... il était trop tard pour revenir en arrière, il avait déjà parlé aux médias, répandu les graines du doute. Il n'y avait plus qu'une chose à faire à présent : attendre qu'elle pousse et voir ce que cela allait donner.

Sa décision prise, il fit demi tour et revint vers son assistante, qui le vit revenir avec soulagement, essayant de le cacher cependant.

- Monsieur, qu'allons nous faire à présent ? Demanda t'elle.

- Nous allons attendre qu'une piste se présente à nous. Il est inutile de partir au hasard, tôt ou tard quelqu'un les dénoncera, c'est seulement une question de temps. Le papillon se rapproche, il atteindra son but, c'est une certitude.

Nathalie ne chercha pas à discuter, ni à faire un quelconque commentaire sur le sujet. Tel n'était pas son rôle et elle n'entendait pas en dévier. Son seul but était de servir les intérêts de l'homme pour qui elle travaillait et pour qui elle avait une dévotion totale.

Gabriel Agreste tourna les talons et Nathalie ne chercha pas à le suivre. Elle savait quand elle devait s'effacer.

Malgré son inquiétude, elle s'efforça de rester positive, celui à qui elle obéissait savait ce qu'il faisait, il agirait au mieux.

Pourtant... malgré ses efforts, elle ne parvenait pas à se défaire d'un mauvais pressentiment.

Une fois seul, dans la chambre qu'affectionnait son épouse disparue, Gabriel ferma les yeux.

Il ne pouvait pas attendre le soir comme il avait pensé le faire en tout premier lieu, il voulait savoir ce qu'il advenait de son fils. Il voulait le savoir sur le champs !

Dans la maison du médecin, Marinette qui tournait en rond, quitta quelques instants le chevet d'Adrien pour le moment endormi afin de commencer à préparer un repas.

Elle avait peut être perdu la mémoire, ne se souvenait pas de son passé, ni de ses proches, même si quelques souvenirs lui étaient revenus, mais elle était persuadée qu'elle connaissait au moins une ou deux recettes. Elle devait s'en assurer... elle ne savait pas trop pourquoi, mais cette idée avait commencé à la tarauder un moment plus tôt, jusqu'à devenir obsessionnelle.

Plagg et Tikki la suivirent, intrigués par son expression.

Lorsque la jeune fille se mit aux fourneaux ils virevoltèrent autour d'elle.

- Tu es certaine que c'est une bonne idée gamine ? Questionna Plagg avec son habituelle franchise teintée de raillerie.

- Plagg ! Protesta immédiatement Tikki. Je trouve que c'est une très bonne idée au contraire, cela peut l'aider à retrouver quelques souvenirs.

- Cela risque surtout de mettre des estomacs en péril si elle ne sait pas cuisiner. Adrien n'est déjà pas très en forme, il ne faudrait pas qu'on l'empoisonne en prime.

- Je te remercie pour ta confiance Plagg. Répondit Marinette, un peu vexée malgré tout. Je t'assure que je ne vais pas empoisonner qui que ce soit, je vais me limiter à des choses basiques.

Plagg secoua la tête, visiblement peu convaincu, mais la laissa faire.

Pendant que Marinette et les kwamis se trouvaient dans la cuisine, une silhouette se matérialisa dans la chambre où se trouvait Adrien.

Le papillon n'avait pas perdu de temps, trouver quelqu'un qui en voulait à Chat Noir n'avait pas été très difficile, plus d'un policier ayant participé à l'intervention manquée rongeait son frein et espérait pouvoir remettre la main sur le fugitif.

Il avait élu l'un des plus jeunes et des plus sportifs en lui promettant de l'aider à se faire un nom en capturant Chat Noir. L'homme une fois akumatisé, le lancer sur la piste n'avait été qu'une formalité. Pour faire bonne mesure, le Papillon lui avait donné des capacités fort utiles, comme celle de passer d'une ombre à une autre et de retrouver celle de Chat Noir. Le maître des ombres, ainsi qu'il avait nommé son nouvel envoyé, n'avait pas failli à sa tâche et ils étaient désormais arrivés à destination.

Le Papillon, qui regardait avidement par le biais des yeux du maître des ombres, posa son regard sur le lit et sur le garçon endormi qui y reposait.

Avec le masque noir qui dissimulait en partie son visage, il ne faisait aucun doute qu'Adrien puisse être Chat Noir, d'autant plus que c'était en recherchant l'ombre de Chat Noir qu'ils étaient arrivés dans cette pièce.

Le maître des ombres triomphait intérieurement. Il avait réussi ! Il avait retrouvé le fugitif ! Il allait être reconnu à sa juste valeur après cela, ses supérieurs seraient bien obligés d'admettre qu'il était plus méritant qu'ils ne le disaient. Ils n'auraient d'autre choix que de lui donner ce qui lui revenait de droit, une meilleure position dans la hiérarchie de la brigade et surtout, des honneurs bien mérités. Il en jubilait d'avance.

Le Papillon lui avait un ressenti très différent.

Même si dans un premier temps il avait lui aussi triomphé, à présent, il ne ressentait plus la moindre allégresse, tandis qu'il détaillait le dormeur.

Chat Noir... Adrien... était si pâle... son visage était marqué par la souffrance, sa respiration sifflait encore un peu, signe qu'il n'était pas du tout en forme.

Même s'il voulait triompher à n'importe quel prix, le Papillon réalisa, à regarder l'adolescent, sa victime, qu'il était allé trop loin cette fois...

Il avait tué Ladybug, même si cela n'avait été qu'un accident de parcours, et non quelque chose qu'il souhaitait vraiment... et à regarder le garçon plongé dans le sommeil, visiblement souffrant, il réalisait que l'héroïne n'avait pas été sa seule victime.

Chat Noir avait lui aussi été blessé, bien plus qu'il n'en avait pris la mesure à Paris. À présent que son esprit s'apaisait, il réalisait ce qu'il avait vraiment fait.

Poursuivre son but justifiait il donc tout cela ?

Bien sur, Ladybug et Chat Noir étaient des adversaires, ils lui barraient la route depuis des mois, l'empêchant d'atteindre son but, mais méritaient ils pour autant de souffrir à ce point ? De mourir par sa faute ?

Il acceptait d'être un méchant, cela ne lui importait pas du moment qu'il réussissait à faire ce qu'il voulait vraiment faire, mais être un monstre... non...

Pourtant, à bien y réfléchir, n'en était il pas déjà devenu un ?

Cette pensée brisa sa concentration, pour la première fois depuis longtemps, il perdit le contact avec celui qu'il contrôlait de façon aussi soudaine que brutale, ce qui altéra la mémoire de sa victime, effaçant les instants pendant lesquels il avait été son instrument, tout en la privant des pouvoirs qui lui avaient été confiés pendant un temps.

Le policier se retrouva dans la chambre sans vraiment comprendre comment il avait bien pu y arriver et regarda autour de lui avec ébahissement.

Où donc était il ? Que lui était il arrivé ? Pourquoi se trouvait il dans cette chambre et qui donc pouvait bien être ce garçon endormi ?

Perplexe, il se rapprocha pour mieux voir, intrigué par le masque noir qui couvrait le visage du dormeur.

Il tendait déjà la main vers lui afin de l'enlever, lorsque Marinette poussa la porte de la chambre.

Le policier se tourna vers elle, leurs regards se croisèrent.

Marinette se lança instinctivement à l'attaque, décidée à protéger Chat Noir. Elle ignorait comment ce policier avait bien pu arriver là, mais pour l'heure, elle s'en moquait totalement, tout ce qui lui importait était de l'éloigner d'Adrien.

- Tikki ! Transforme moi ! Lança t'elle sans réfléchir et la petite kwami s'exécuta docilement, lui permettant de reprendre l'identité et les pouvoirs de Ladybug.

Elle ligota le policier ébahi à l'aide du câble de son yoyo et se demanda ce qu'elle allait bien pouvoir faire de lui à présent...

Il l'avait vue se transformer... il allait comprendre la vérité, qu'Adrien était Chat Noir... elle n'avait pas du tout arrangé la situation, loin de là...

Plagg se plaça à hauteur de son visage.

- Pour le moment, tu devrais chercher quelque chose d'autre pour l'attacher gamine. Panique pas, on va t'aider pour la suite, mais tu dois t'assurer qu'il ne pourra pas s'enfuir avant que l'on t'ait aidé. Il ne doit pas conserver le moindre souvenir. D'ordinaire le retour à la normale fait en sorte que les akumatisés oublient, mais cette fois, ça ne pourra pas se produire. Tu vas devoir effacer sa mémoire.

Marinette considéra le policier, qui se débattait furieusement, avec un peu d'angoisse.

Effacer la mémoire d'un représentant des forces de l'ordre ? Pouvait elle vraiment faire cela ? Est-ce que ce n'était pas un crime ?

Adrien, tiré du sommeil par tout ce remue ménage, rouvrit les yeux et se redressa avec effort.

Il découvrit avec ébahissement le policier retenu par le fil du yoyo et ouvrit de grands yeux.

Que s'était il donc passé pendant qu'il était endormi ?

Tournant la tête vers Ladybug, il la questionna du regard.

Marinette soupira.

Il était clair qu'elle n'avait pas vraiment d'autre choix que de faire ce que lui avait dit Plagg, même si cela ne lui plaisait pas du tout...

- Ne t'en fais pas partenaire, je gère la situation. Affirma t'elle avec aplomb alors même qu'elle était convaincue du contraire.

Après s'être assurée que le policier ne pourrait pas se défaire du câble avant qu'elle ne revienne, elle quitta la chambre, pressée d'en finir avec cette histoire.

Elle avait très peur de ne pas réussir à gérer en vérité...

Si seulement Chat Noir n'était pas dans cet état... lui s'en sortirait sans doute bien mieux qu'elle...

Elle prit une profonde inspiration.

Non... elle ne devait pas penser de la sorte, elle se devait d'être forte à présent, autant que son partenaire l'avait été jusqu'à présent. Chat Noir avait réussi à la faire revivre, il avait pris tous les risques pour elle, pour la ramener et la protéger, même quand elle ne voyait en lui qu'un inconnu et une menace. À présent, c'était à elle de veiller sur lui, sur sa sécurité, jusqu'à ce qu'il soit guéri.

Dans la chambre, Adrien contemplait le policier impuissant et furieux. L'homme lui lança un regard mauvais.

- Vous êtes Chat Noir n'est-ce pas ? Et vous êtes blessé... vous feriez mieux de vous rendre avant que les choses ne deviennent pires encore pour vous. Cracha le policier.

Adrien ferma les yeux, luttant contre le découragement.

Peut être que ce policier avait raison... peut être ferait il mieux de se rendre à la police avant qu'il ne soit trop tard.

Il ne voyait que deux explications à la présence de cet homme dans la chambre, soit le vieux médecin les avait vendus à la police, soit le Papillon les avait retrouvés... il ne savait pas trop laquelle des options était la pire...

Ils avaient fait confiance au vieux médecin, il leur avait semblé digne de confiance, l'idée qu'il ait pu les trahir était douloureuse, mais penser que le Papillon savait désormais où les trouver était pire encore. Si le Papillon se rapprochait, alors ils allaient devoir fuir... mais comment ? Et surtout, pour aller où ? Il n'en avait pas la moindre idée...

À suivre