Bonjour à tous,
Je vois qu'on est sur une haine générale à l'encontre de James. J'espère que la suive va vous plaire.
Merci encore pour vos review, et bonne lecture à tous.
Chapitre 24 : Sainte Mangouste
- JAMES ? répétèrent ensemble Hermione et Calvin.
- Cette ordure ! ajouta Hermione.
Draco tenait encore difficilement sur ses jambes. Calvin le soutenait toujours sous le bras, et il gémit quand Draco s'affala un peu plus sur lui-même. Le philtre d'amour avait été si puissant qu'il lui avait aspiré toute son énergie, et l'antidote en avait simplement stoppé les effets. Il fallait maintenant qu'il récupère et se repose.
- Bon, repris Hermione en voyant l'état pathétique de Draco. Je propose que nous t'accompagnions à Sainte Mangouste.
- Non, je… commença Draco.
- Je ne veux rien entendre ! le coupa Hermione en colère. Tu as vu ta tête ? Tu ne tiens pas debout ! Seul un mage pourra te remettre sur pied ! Il te faut du repos.
Calvin et Draco échangèrent un regard inquiet, puis éclatèrent de rire face au soudain énervement d'Hermione.
- ça ne me fait pas rire bande d'idiots !
Elle assainit un coup sur l'épaule de Calvin, qui émit un cri de douleur.
- Mais… se plaignit-il. C'est lui qui a commencé !
Il montra Draco du doigt et ce dernier fit semblant de lui mordre. Hermione ne put réprimer un sourire en coin en voyant ces deux-là se chamailler comme deux enfants. Elle reprit soudainement son sérieux en pensant que celui qui avait mis Draco dans cet état n'avait rien d'un enfant, et qu'il leur faudrait plus de sérieux s'ils voulaient le neutraliser.
- Ça suffit ! lança alors Hermione de nouveau en colère. Ecoutez, ça fait plusieurs fois que James tente des coups dignes du plus adepte de la maison Serpentard pour m'atteindre. Il n'hésite pas à manipuler d'autres sorciers ou à leur administrer des potions plus que dangereuses ! Nous devons l'arrêter au plus vite avant qu'il ne fasse plus de dégâts. Et ce n'est pas avec votre comportement du niveau de deux première année prépubères qu'on va y arriver.
Elle leur lança un regard promettant les pires torture en cas de nouveau fou rire, et tous deux se ressaisirent et recouvrèrent leur sérieux. Ils reprirent leur marche en direction des ascenseurs et arrivèrent rapidement au niveau de l'Atrium. Ils quittèrent alors le ministère par une des nombreuses cheminées, et atterrirent directement dans le Hall de Sainte Mangouste.
L'habituel balais des malades en tout genre ne s'était pas éteints depuis la dernière fois qu'Hermione était venue dans le plus grand hôpital sorcier d'Angleterre. Et des souvenirs douloureux lui remontèrent dans la gorge. Elle réprima une larme en pensant à tous ceux qui avaient atterri ici après la bataille de Poudlard, et surtout à ceux qui n'en étaient jamais repartis.
Calvin la tira par le bras et Hermione sortit de ses pensées morbides. Elle s'approcha du comptoir ou une sorcière replète se débattait avec une plume un peu trop en forme.
- Hum hum ! osa Hermione.
- Oui et bien un instant je vous prie ! lança la sorcière sans même accorder un regard à Hermione. Vous voyez bien que ce n'est pas le moment.
La plume s'était soudainement attaquée à une affiche posée sur le comptoir, et y écrivais des messages incompréhensibles. La sorcière tentait vainement de l'attraper avec ses petites mains potelées, mais la plume était trop agile, et lui échappait à chaque fois.
Hermione attendit, se disant qu'elle aurait pu l'aider en un coup de baguette, mais l'humeur massacrante de la réceptionniste ne lui donna absolument pas envie de se presser. Elle jeta un regard en coin à Draco qui l'observait avec le sourire. Elle comprit qu'il savait à quoi elle pensait, et lui rendit un sourire gêné.
- Hermione, chuchota Calvin. C'est bon ? Tu veux bien l'aider maintenant ?
Hermione leva les yeux au ciel et agita sa baguette en direction de la plume qui avait commencé à encrer les oreilles de sa poursuivante. La pauvre réceptionniste se débattait comme elle pouvait, sans pouvoir effleurer le bout de la plume folle. Celle-ci s'arrêta soudainement quand le sortilège lancé par Hermione la frappa. Elle retomba doucement sur le ventre de la sorcière allongée par terre, qui jeta un regard mauvais au groupe posté devant elle.
- Je m'en sortait très bien… maugréa-t-elle en se relevant.
- Nous n'en doutions pas, répondit Calvin avec le sourire.
La réceptionniste repris sa place derrière le comptoir, rangea quelques papiers en prenant son temps, et après de longues minutes qui parurent des heures à Hermione, elle leva les yeux vers eux.
- Oui ? demanda-t-elle l'air innocent.
- Nous venons vous apporter un malade, répondit Hermione le plus calmement possible.
Elle se tourna vers Draco et lui lança un regard attendri.
- Il a avalé un puissant philtre d'amour, ajouta Calvin. Et l'antidote ne l'a pas complètement guéri. Il est patraque. La preuve, il ne tient pas debout.
- Je vais très bien, répliqua Draco qui semblait s'exaspérer qu'on le prenne pour un oisillon tombé du nid.
- Vous n'avez pas l'air « très bien », répondit la réceptionniste.
Elle leur tendit un morceau de parchemin et leur indiqua de se rendre au troisième étage, service d'empoisonnement par potions et plantes.
- Quelle amabilité, chuchota Hermione quand ils pénétrèrent dans l'ascenseur.
- Chut ! lança Draco. Elle serait capable de nous entendre d'ici.
Ils pouffèrent de rire lorsque les portes de l'ascenseur se refermèrent sur eux. Quelques secondes plus tard, la cage de fer s'ébranla et une voix annonça « Troisième étage, service d'empoisonnement par potions et plantes ».
Hermione sorti la première et apostropha le premier mage qu'elle croisa. Elle lui tendit le parchemin, et après l'avoir lu, celui-ci leur indiqua une chambre dans laquelle Draco pourrait s'installer. Hermione accompagna Draco et Calvin jusqu'à la chambre indiquée, et une fois à l'intérieur, aida Draco à grimper sur le lit.
Malgré ses dires, ce dernier sembla soulagé de pouvoir enfin s'allonger. Il ferma les yeux et Hermione en profita pour le regarder tendrement. Il avait l'air si faible sous son costume noir, elle voulait le protéger. Elle leva les yeux vers Calvin qui détourna instantanément le regard. Elle rougit et sourit face au comportement de son ami, qui comprenait parfaitement ce qu'il se passait dans sa tête en ce moment.
Un mage pénétra dans la chambre et entrepris d'examiner Draco. Calvin et Hermione sortirent quelques instants pour les laisser seuls, et Hermione senti que Calvin se retenait de parler.
- Qu'est ce qu'il y a ? demanda-t-elle alors.
- Tu ne crois pas qu'on devrait prévenir ses parents ? répondit Calvin l'air inquiet.
Les mots de Calvin frappèrent Hermione en pleine poitrine. Elle sentit l'impact comme un sortilège puissant, et se retourna pour ne pas montrer sa douleur. Elle n'avait pas pensé à ça. Il faudrait en effet qu'ils préviennent les parents de Draco, et quand ils sauraient ce qu'il s'était passé, qui sait ce qu'ils lui feraient subir. Draco avait une relation avec une née moldue, et s'était fait avoir par la ruse la plus simple du monde, boire un philtre d'amour, et pour tomber amoureux d'une cracmol ! Non, ses parents ne supporteraient pas ça. Ils pourraient le punir sévèrement, ou pire, le renier à jamais.
- Nous devons demander l'avis de Draco avant, répondit Hermione sans regarder Calvin.
- Pourquoi ? demanda-t-il.
- Calvin… hésita Hermione. Tu ne comprends pas.
- Explique alors !
Elle se tourna vers lui, et vit qu'il était adossé au mur, en attendant qu'elle parle. Elle savait qu'il ne lâcherait pas l'affaire, alors elle décida de lui expliquer.
- Tu sais que les parents de Draco étaient rangés du côté de Tu sais qui pendant la guerre ?
- J'en ai vaguement entendu parler oui. Mais tu sais moi je n'étais pas en Angleterre à cette période.
- Bon, coupa Hermione. Et bien maintenant tu le sais. Tu connais l'opinion de tu sais qui envers les moldus, les nés moldus, et les cracmol ?
- Oui merci.
- Et bien dis-toi que les parents de Draco ont les mêmes. Et c'est bien pour ça qu'ils l'ont toujours soutenus. Sauf à la toute fin, quand ils ont compris que ses théories n'étaient que mensonges et pur n'importe quoi. Mais leur avis sur les né-moldus n'a jamais vraiment changé à mon avis. Et si on leur annonce ce qui s'est passé entre Draco et moi, et entre Draco et Brune, alors tu imagines leur réaction ?
Calvin regarda Hermione sans rien dire. Il semblait prononcer la réponse dans sa tête mais les mots ne voulaient pas sortir de sa bouche.
- Dis-toi bien, continua Hermione, qu'ils ont livré leur fils à Voldemort sans scrupules. Sa mère a bien eu des remords à la fin, mais son père n'a pas hésité à mettre Draco en danger pour redorer son image auprès du grand chef. Donc je n'ose pas imaginer les sévices qu'ils pourraient lui faire subit pour le punir de cet affront.
La porte de la chambre s'ouvrit et le mage en sorti avec un dossier sous le bras.
- Il dort, dit-il à Hermione en voyant l'interrogation sur son visage. Je lui ai administré une potion relaxante. Vu ce qu'il a pris, à mon avis il en a bien pour plusieurs jours.
- Plusieurs jours ? répéta Hermione interloquée. C'était grave à ce point ?
- Je n'ai jamais vu ça, répondit le mage. L'antidote que vous lui avez donné aurait effacé l'intégralité des effets du plus puissant des philtres d'amour connu.
- L'amortansia, dit Hermione à voix haute.
- Exactement, répondit le mage. Mais là on a à faire à autre chose. J'ai l'impression que la potion qu'il buvait le tuait à petit feu.
Calvin jeta un regard d'effroi à Hermione qui tenta de garder son calme.
- Vous pensez qu'il va s'en sortir ? demanda-t-elle alors.
- Avec beaucoup de repos, et des soins réguliers, répondit le mage.
Hermione le remercia et entra dans la chambre dans un bruit. Draco était sous les couvertures, tourné face au mur du fond. Elle s'approcha de lui et l'observa en train de dormir. Il semblait paisible, mais avait les traits extrêmement tirés.
- Il va s'en sortir, la rassura Calvin. C'est un costaud.
- Qu'est ce qu'il a bien pu lui donner cet espèce de malade ? demanda-t-elle en posant sa main sur l'épaule de Draco.
- On va le retrouver ne t'inquiète pas, laissons-le dormir maintenant.
- Et s'il vient ? demanda Hermione en levant les yeux vers Calvin.
- James ?
- Oui ! qui d'autre ? répondit Hermione agacée.
- Tu penses qu'il va venir ici ? demanda Calvin circonspect.
- Il va vouloir finir le travail !
- On va en parler au médicomage, proposa Calvin. Ils doivent bien avoir un système de protection.
- Bonne idée, répondit Hermione en se levant.
Tous deux se dirigèrent vers la porte, et sortirent de la pièce. En refermant derrière elle, Hermione jeta un dernier regard inquiet sur le dos de son amant. Maintenant elle en était sure, elle l'aimait du plus profond de son être.
Ils trouvèrent après quelques minutes de recherche le responsable du service, et l'interrogèrent sur les systèmes de protections des patients à risque.
- Ah mais ne vous inquiétez pas, répondit le médicomage. Nous avons des sorts qui empêche quiconque de trouver un patient sans une indication d'un mage.
- Et comment fait-on pour indiquer que personne ne doit dire où se trouve un malade, à part à nous ? demanda Hermione.
- Il faut remplir un formulaire au rez-de-chaussée, répondit le responsable, et les instructions seront transmises à l'ensemble du personnel.
- Parfait ! répondit Hermione. Merci !
Ils quittèrent le service et redescendirent au rez-de-chaussée. Ils firent la queue quelque minutes et se retrouvèrent de nouveau face à la réceptionniste de mauvaise humeur.
- Nous souhaitons un formulaire pour empêcher les visites, annonça Calvin avec le sourire.
La sorcière les dévisagea et leur tendit un parchemin prérempli sans ajouter un mot.
Hermione renseigna quelques informations et s'attarda sur une phrase précédée d'une case vide.
« Je souhaite être informé.e en cas de demande de visite du patient concerné ».
Hermione jeta un œil à Calvin qui acquiesça d'un signe de tête, et posa une croix dans la petite case.
Elle rendit le formulaire rempli à la réceptionniste qui le posa sur une pile de parchemins en leur indiquant que leur demande serait envoyée le soir même. Hermione croisa les doigts pour que James ne soit pas déjà au courant que Draco avait été envoyé à Sainte Mangouste, et que le nécessaire serait fait pour l'empêcher d'entrer avant qu'il ne l'apprenne.
Calvin et elle sortirent de l'hôpital par l'entrée principale et se retrouvèrent dans les rues bondées de Londres.
- Je t'offre un café ! lança Calvin avec un sourire réconfortant.
Hermione accepta avec plaisir et tous deux se retrouvèrent bientôt au chaudron baveur, désert à cette heure-ci.
- Tu crois vraiment qu'il va dormir pendant plusieurs jours ? demanda Calvin en buvant son chocolat au lait.
- Vu l'état dans lequel il était, ça ne m'étonnerait même pas, répondit Hermione avec une sourire sans joie.
- Il ira bien, la rassura de nouveau Calvin.
- tout ça c'est de ma faute, dit Hermione à haute voix. Si j'avais repoussé James dès le début, rien de tout cela ne serait arrivé.
- Bien sûr, répondit Calvin. Et d'ailleurs je vais aller voir James et lui dire que franchement, vu ton comportement, il aurait dû faire pire.
Hermione leva les yeux vers son ami qui la regardait l'air mauvais.
- Non mais tu t'entends ? ajouta-t-il. Jamais les victimes ne sont coupables ! Tu devrais le savoir toi non ?
- Oui … admis Hermione à demi-mot. Mais je ne peux m'en empêcher.
A suivre…
