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LA FIN DE LA PISTE
De toutes les façons que Bella avait imaginé retrouver son père, ce n'était aucune d'entre elles. Elle était perdue, pensant qu'Edward s'éloignait d'elle. Quand elle leva les yeux et vit son père, elle fut surprise et excitée. Elle le tira presque de son cheval pour le serrer dans ses bras jusqu'à ce qu'elle comprenne enfin toute l'étendue de ce qu'il se passait.
Son père pointait un fusil sur la poitrine d'Edward.
"Papa !" cria-t-elle, en s'interposant entre eux sans plus y réfléchir.
Le résultat fut instantané. Edward poussa un cri de surprise et la poussa derrière lui. Charlie pointa son arme vers le sol. Pour ne pas être en reste il descendit de cheval, se mettant face à Edward et le forçant à reculer. "Tu t'éloignes de ma fille."
"Papa," tenta Bella. "Edward." Elle était irritée par la façon dont Edward se tenait devant elle comme si son père essayait de lui faire du mal. En fait elle était très irritée par la façon dont aucun d'eux ne lui prêtait attention, préférant plutôt se jauger.
"Monsieur, laissez-moi vous expliquer," dit Edward.
"N'explique rien. Tu t'éloignes d'elle et je pourrais envisager d'écouter tout ce que tu as à dire." Charlie fit un pas en avant. Bien qu'il tienne son fusil baissé il avait toujours l'air menaçant.
Edward se déplaça pour s'éloigner d'elle mais Bella tenait obstinément sa main, marchant avec lui. Elle leva le menton mais son cœur battait et elle voulait se recroqueviller. Elle avait décidé, il y avait des semaines, qu'elle n'aurait pas honte de son mariage. "Papa arrête. C'est mon mari et il peut-être aussi près de moi qu'il le souhaite."
Malgré la clameur des colons se déplaçant autour d'eux, du bétail et des chariots, le monde semblait trop calme alors que son père la regardait bouche bée. A ce moment-là Carlisle et les autres les rejoignirent. Lorsque Carlisle appela son nom, Charlie se retourna pour regarder l'autre homme.
"Eh bien on dirait que nous devons nous arrêter un peu plus tôt aujourd'hui…" dit James sèchement. "Je vais dire aux autres de mettre les chariots en cercle et aussi de prendre le travail d'Edward. Je pense qu'il va être occupé."
Oo FH oO
"C'est ridicule." Bella se précipita à quelques pas du feu où les autres femmes et elle préparaient le dîner.
Elle aurait dû être excitée. Lorsque le premier chariot était arrivé près de chez lui Charlie était parti à la recherche des Cullen et de Bella. Il avait monté plusieurs jours seul avec des provisions pour pouvoir marcher les cinq derniers jours avec Bella. Leurs estomacs seraient pleins - c'est pourquoi Jasper, Emmett et les petis garçons rôdaient par là, une expression pleine d'espoir sur leur visage. Bella aurait dû être de bonne humeur tout comme les autres.
Au lieu de ça elle commença à arpenter furieusement, regardant dans la direction où son père, son mari et Carlisle avaient disparu. "Je devrais être avec eux."
Esmée se leva et alla vers elle, l'enveloppant dans l'étreinte protectrice de ses bras. "Essaie de ne pas t'inquiéter, ma chérie. Tout ira bien. Ton père est juste en colère de voir que son choix lui a été retiré."
Bella lança un regard incrédule à sa mère adoptive. "Oui. Tout le monde continue de me le dire. Il est fâché que son choix lui ait été retiré ? Ha. Eh bien il est en bonne compagnie. Ce n'est pas comme s'il s'agissait de sa vie... c'est de la mienne dont il est question et pour la deuxième fois je ne peux pas participer à la discussion."
"C'est le travail de ton père de faire le bon choix pour toi."
"Edward est le bon choix pour moi."
"Et il va le voir."
"Et s'il ne le voit pas ? Il ne connaît pas Edward aussi bien que moi. Aucun de vous ne le fait." Elle se ratatina sur elle-même et permit à Esmée de la serrer plus fort. "Esmée et s'il n'approuve pas ? Peut-il faire quelque chose ?"
Avant d'obtenir une réponse, Bella entendit son père l'appeler. Elle se tourna pour voir les trois hommes revenir, Charlie quelques pas devant Edward et Carlisle. Bella essaya de déchiffrer l'expression d'Edward, il ne semblait pas content mais il allait bien et son père l'avait déjà prise par la main pour l'entraîner plus loin.
Sur la défensive elle lâcha sa main. "Que se passe-t-il ?" tenta-t-elle avant de se tourner vers son mari mais son père la saisit par le bras.
"Je veux parler avec toi. Seul."
Le cœur de Bella commença à accélérer et son estomac se tordit. Son père avait toujours été un homme tempéré mais maintenant il semblait furieux. Sa prise sur elle ne faisait pas mal mais ce n'était pas doux non plus. Elle avait toujours été une fille obéissante et aussi incertaine et confuse qu'elle soit ça ne semblait pas être le bon moment pour commencer à devenir rebelle Du moins pas avant d'avoir entendu ce qu'il avait à dire.
Il méritait ça, pensa-t-elle. Après tout il ne pouvait rien y faire. Elle avait été rapidement mariée. C'était fait. Charlie devrait vivre avec ces choix qui avaient été faits sans leur accord.
Elle le laissa les éloigner. Et une fois qu'ils furent hors de vue il sembla perdre un peu de sa fureur. Il souffla longuement et s'assit sur un rocher sans la regarder. Bella ne sachant pas quoi faire ni quoi dire, joignit les mains devant elle et attendit.
Quand elle pensa qu'elle pourrait se mettre à crier s'il ne disait pas quelque chose bientôt, il se mit à parler. "Bella… tu dois savoir qu'il y a des options."
La peur qui se tordait dans son estomac se transforma en glace. Elle prit une grande inspiration. "Options ?"
"Tu n'as pas besoin de rester avec lui."
"Papa…"
"Je sais que tu as dix-neuf ans et tu peux penser que c'est suffisamment adulte. Dieu sait que tu as toujours été plus adulte qu'il n'y paraît mais cela ne permet toujours pas à un homme de faire ce qu'il a fait. Et je comprends pourquoi Carlisle pensait qu'il avait fait ce qu'il y avait de mieux pour toi mais il ne sait pas ce que je sais. Tu as des options ici. Les choses sont différentes. Beaucoup de jeunes hommes, de bons hommes avec de bonnes perspectives ont fait leur chemin vers l'ouest. Et pas beaucoup de femmes..." Il déglutit et enfin la regarda. "Même avec le bébé de quelqu'un d'autre tu n'aurais aucun mal à trouver un bon mari."
La gorge de Bella était serrée de peur et de fureur. "J'ai un bon mari."
"Un homme bon n'aurait pas fait ce qu'il a fait."
"Il n'a rien fait du tout. Au moins pas ce que tu penses."
"Tu ne comprends pas ? Je veux que tu aies le choix."
"Ce que tu veux dire c'est que tu veux que j'ai ton choix."
Charlie inclina la tête et la fixa durement. "Je veux dire ce que je dis, Bella. Je n'ai jamais voulu faire ce choix pour toi. Je suis désolé que ce soit Carlisle qui l'ait fait. Beaucoup de pères pourraient penser que je suis fou mais je pense que tu aurais dû avoir ton mot à dire concernant qui tu épouses, que tu aies fait quelque chose d'imprudent ou pas."
"Et je pense ce que j'ai dit. J'ai choisi Edward. Il est mon choix. C'est mon mari et je n'ai aucun désir d'en avoir un autre. Et c'est un homme bon. Papa." Elle se cramponna à son bras, implorant. "Tu l'as connu. Tu as voyagé avec lui pendant plusieurs mois. Comment pourrais- dire qu'il n'est pas un homme bon ?"
"Facilement puisqu'il a séduit une jeune fille."
"Il ne l'a pas fait." Bella gronda doucement trop frustrée d'être embarrassée par les mots de son père. "Je sais qu'ils ne nous ont pas crus... mais il n'a fait que m'embrasser. Ce n'était pas approprié mais il n'avait pas de mauvaises intentions. Personne ne nous a crus. Personne ne m'a cru mais c'est la vérité. Emmett a compris de travers et tout s'est passé extrêmement vite après ça. Je pense que j'ai haï Carlisle de ne pas me croire, de m'avoir forcé à faire ça, mais…"
Elle secoua le bras de son père, proche des larmes et terrifiée que quelqu'un puisse les séparer, tout comme il les avaient forcé à se marier. "Je l'aime. J'aime Edward. Ne me fais pas le quitter. Je t'en prie. S'il te plait... parce que je ne le ferai pas. Je ne le ferai pas."
"Bella." Le ton de Charlie était toujours rude mais plus calme qu'auparavant. "Silence. " Il posa sa main sur sa joue. "Chut maintenant. Il la tira vers lui pour la première fois en plus de quatre ans et Bella se retrouva enveloppée dans son étreinte.
Elle tremblait dans ses bras. Elle savait que son monde allait changer avec ce voyage et elle avait passé ces derniers mois à avoir peur de ce qu'elle pourrait perdre ici sur la piste. Ça semblait presque être trop demander que d'avoir tout ce qu'elle voulait : sa famille saine et sauve et Edward à ses côtés.
"S'il te plait crois-moi. C'est un homme bon," murmura-t-elle.
Son père la recula à bout de bras, l'observant un moment. "Je te crois."
Bella cligna des yeux, n'en croyant pas ses oreilles. "C'est vrai ?"
"Oui et tu as raison. Je me souviens bien d'Edward quand nous avons voyagé ensemble. C'est un homme très brillant. Il m'a sauvé la vie plus d'une fois."
"Il m'a aussi sauvé la vie. Il a promis de renoncer à ce métier. Il a déjà sa propre terre."
"Oui il me l'a dit." Il prit sa joue à nouveau dans un geste tendre. "Il a été bon avec toi ? Vraiment Bella … dis-moi…"
"Il est très bon pour moi. Il est gentil et il s'inquiète probablement plus pour moi que toi."
Charlie souffla. "Sincèrement j'en doute," dit-il mais il sourit et s'éloigna d'elle. "Bella laisse-moi te regarder."
Bella baissa la tête, timide maintenant que son moment de panique était passé. Charlie la regarda et fit claquer sa langue. "Je ne pensais pas que c'était toi au début, quand je t'ai vue," dit-il. "Je t'ai à peine reconnue. Tu as grandi, Bella."
"Papa." Maintenant, sa voix se serra pour une raison bien différente. Elle se jeta à nouveau dans ses bras, les enroulant autour de son cou et s'accrochant à lui. Elle pleura alors librement - une fille à qui son père avait terriblement manqué - et il la serra dans ses bras avec autant d'urgence.
"Tu m'as manqué, Bells. Tu m'as tellement manqué."
Oo FH oO
Bien qu'il n'ait pas douté une seconde de la dévotion de Bella à son égard, Edward ne put cacher son soulagement lorsqu'elle arriva en souriant. Elle courut des bras de son père, ignorant son expression mécontente, le laissant voir par lui-même que ses sentiments et ses intentions pour sa fille étaient vrais et profonds.
Charlie ne dit pas un mot à Edward.
Pendant deux jours.
Il se faufilait souvent entre Edward et Bella, tenant son cheval pour pouvoir parler à sa fille. Edward ne dit rien à ce propos. Si la froideur de son beau-père était le plus grand châtiment auquel il pouvait s'attendre, Edward s'estimerait chanceux.
Pour sa part, Bella ne montrait aucun signe de honte. Bien au contraire, elle était fière et démonstrative envers lui comme toujours. Charlie ne fit aucun effort pour la dissuader lorsqu'elle tenait sa main ou lui donnait un baiser chaste. A la fin de la journée, quand elle s'endormit aux côtés d'Edward, Charlie ne protesta pas. Il n'avait toujours pas l'air content mais il ne dit rien.
Le troisième jour, il était midi quand Charlie fit le premier pas. Il y avait un ruisseau à proximité et les poissons mordaient. Quand Edward prit congé pour aller pêcher, Charlie l'accompagna. Il ne demanda rien, il le suivit simplement. Edward ne fit aucun commentaire, bien qu'il dise qu'il était heureux qu'il n'ait pas décidé de chasser. Il se souvenait très bien que Charlie était un excellent tireur.
Pourtant, il supposa que si son beau-père avait l'intention de lui faire payer, il pourrait toujours prétendre qu'il s'était noyé.
Edward fut surpris par ces pensées à moitié amusées lorsque Charlie se racla la gorge.
"Alors..." dit Charlie, comme s'il n'avait pas passé les deux jours et demi précédents à essayer de faire croire qu'Edward n'existait pas. "Quels sont tes projets ?"
C'est une conversation qu'Edward avait attendue et préparée il y a des semaines. Il parla à Charlie de ses plans pour sa maison et le compromis qu'il avait conclu avec Bella.
"Je comprendrais, bien sûr, si vous ne voulez pas de moi dans votre maison," dit Edward, en gardant son ton égal. "Je trouverai quelque chose qui me permettra de voir Bella pendant l'hiver comme je le lui ai promis."
Charlie se moqua de lui. "Oh, arrête ! Tu sais aussi bien que moi que si je ne te laissais pas entrer, elle ne ferait que te poursuivre."
"Vous lui avez manqué. Je sais qu'elle veut passer du temps avec vous."
Charlie fredonna en remerciement, regardant au-dessus de l'eau. "Eh bien, j'ai une proposition pour toi."
Edward se tourna vers son beau-père, choqué.
"Voici ce que je veux. Ne te limite pas à l'hiver, reste une année. J'aurais besoin d'une autre paire de mains et il serait bon de voir comment cela se passe avant d'essayer de soustraire ta ferme à l'homme qui a travaillé pour toi pendant toutes ces années. Cela lui donnera du temps pour régler ses affaires, j'imagine. Je garde ma fille pour un an et toi, tu gagnes l'expérience dont tu as besoin, pour que ma fille, toi et les petits-enfants que vous pourriez avoir ne finissent pas par mourir de faim dans quelques années. Ce serait peut-être un coup dur pour ta fierté mais…"
"Ce n'est pas un coup dur. Enfin..." Edward fit une grimace. "Vous avez raison. Ce n'est pas comme ça que j'aurais voulu que les choses se passent. Cependant, je suis sûr que je suis capable de me débrouiller tout seul. Je peux pourvoir à ses besoins, aux nôtres, maintenant." Il laissa un sourire se dessiner au coin de ses lèvres. "Et cet arrangement ferait plaisir à Bella, je pense."
Il offrit sa main à Charlie. Après un moment d'hésitation, Charlie la prit. "J'ai beaucoup de respect pour vous et votre fille, même si je sais que je n'ai pas agi comme tel. Merci de m'avoir donné la chance de prouver que je peux être un bon mari."
Charlie fit un signe de tête. "Je ne peux pas dire que j'en suis heureux. Je me souviens de t'avoir parlé de ma fille. Je ne peux pas dire que cela soit plaisant."
Edward secoua la tête avec ferveur. "Ça n'a jamais été mon intention…"
"Je m'en rends compte. La parole de ma fille me suffit." Il inclina la tête, regardant Edward droit dans les yeux. "Et je ne suis pas aveugle. Je vous ai vus ensemble. Tu la traites bien et tu subviens aux besoins de ta famille, tu as mon soutien et ma bénédiction."
"Cela signifie beaucoup pour moi, monsieur, bien sûr." Edward toussa dans sa main, espérant qu'il n'était pas en train de dépasser les limites. "Je pense que ça comptera beaucoup pour Bella de l'entendre."
Charlie gloussa. "Je pense que tu as raison. De toute façon, j'ai des nouvelles à lui annoncer."
C'est lorsqu'ils s'arrêtèrent pour la journée que Charlie s'assit à côté de Bella et répéta ce qu'il avait dit à Edward. Une expression ravissante lui vint au visage et elle jeta ses bras autour de son père avec joie. "Merci, papa."
Il lui tapota le dos en la regardant à la fois mal à l'aise et satisfait. "Eh bien, ce serait un peu hypocrite de ne pas le faire..." dit-il, en se frottant la nuque. "Toutes proportions gardées, je suppose que j'aimerais te demander ton soutien et ta bénédiction aussi..."
Bella lui lança un regard, perplexe. "Pour ?"
"Eh bien... Tu te souviens de ma voisine, n'est-ce pas ? Je t'ai écrit à son sujet. Elle a un garçon qui m'aide."
"Sue, tu as dit."
"Ouais. On dirait qu'on a pris un peu d'avance et le plus important, c'est que j'ai une nouvelle femme et que tu vas être grande sœur." Il dit la dernière partie dans une telle précipitation, qu'Edward était certain qu'il avait dû mal entendre. Mais non. Charlie était aussi rouge que Bella, qui bafouilla.
"Je... Papa, c'est... Oh !"
Il gloussa et lui fit un sourire en coin. "Oui. Le petit gars s'est certainement faufilé parmi nous. Il sera là à temps pour Noël, du moins c'est ce que pense le docteur. Je sais que c'est une surprise."
"Une bonne surprise," dit-elle.
"Ah oui ?"
Bella serra l'épaule de son père avant de se pencher dans l'étreinte d'Edward. "On dirait que ce sera une maison archi-pleine pour un temps ?"
"Pour un temps..." conclut Charlie.
Oo FH oO
Deux jours plus tard, le groupe s'arrêta devant la maison de Charlie.
Ils avaient réussi.
Leur voyage avait duré un peu moins de six mois et aucun d'entre eux n'était le même qu'avant de partir. Parmi eux se trouvaient une nouvelle veuve, une nouvelle mère, deux jeunes mariés et une toute nouvelle personne. Il leur manquait un patriarche et beaucoup de choses qu'ils auraient pu penser être une nécessité six mois auparavant. Leurs vêtements étaient des chiffons sales, leurs cheveux et leurs barbes étaient en pagaille et ils avaient tous l'air d'avoir besoin de tremper pendant une semaine dans une baignoire.
Ils avaient réussi.
En arrivant à la maison - une maison plus simple dans son style que celle d'où ils venaient mais beaucoup plus grande - Bella pouvait voir une jolie femme aux cheveux corbeau, au ventre visiblement gonflé et un garçon aux cheveux longs qui avait l'air d'être un grand et avoir quatorze ans, sous le porche. Quand ils virent le groupe, le garçon… le demi-frère de Bella, Seth, comme elle s'y attendait, prit le bras de sa mère pour l'aider à descendre les marches et aller vers les voyageurs fatigués.
Le ciel menaçait. Les animaux avaient à peine eu le temps d'être triés et rentrés avant que la tempête ne frappe. Puis tous les membres du groupe se tenaient sur le porche couvert ou aux fenêtres, regardant le paysage avec des yeux énormes.
Ils étaient tous secs et à l'intérieur, ils étaient au chaud malgré le temps.
Bella leva les yeux tandis qu'Edward se mettait à ses côtés. Il lui prit la main et la porta à sa bouche, posant un baiser sur ses articulations, en lui souriant largement.
Ils avaient réussi.
