Chapitre 30 : Les Histoires d'A
*** Emma ***
Une nouvelle semaine débuta en cette mi-février. Emma avait la ferme intention de parler avec son fiancé, à qui elle n'avait pas adressé la parole depuis leur dernière entrevue. Après cette impression de bonne action qu'elle avait ressentie à la suite de son entretien avec le directeur, elle se sentait désormais prête à faire de nouveau face à Drago. Celui-ci n'avait pas l'air de lui tenir rigueur du fait qu'elle l'ait évité durant la dernière semaine. Cela avait même l'air de l'arranger, ce que pouvait concevoir la jeune fille. Mais cette dernière ne voulait pas que les choses se tassent ainsi. Elle souhaitait lui parler, elle souhaitait être là pour lui, même si elle ne cautionnait pas ce qu'il était devenu. Car elle en était persuadée, le laisser tomber n'était pas la meilleure des solutions.
Ce fut dans cet état d'esprit que la Serdaigle commença sa journée de cours, notamment par son cours de Défense contre les forces du mal. Force était de constater que Rogue était plutôt bon en tant que professeur en cette matière. De toute manière, quiconque aurait paru bien meilleur que Dolores Ombrage, même si en y repensant, le professeur Lockart avait été bien pire.
Ce jour-là, avait lieu une petite évaluation concernant les sortilèges informulés. Rogue avait séparé la classe en deux groupes, lesquels devaient s'affronter au moyen de sortilèges que chacun devait prendre le soin de bloquer via notamment, le charme du bouclier. Ainsi, cet exercice leur ferait travailler autant leurs sortilèges d'attaque que leurs sortilèges de défense. Le professeur n'avait pas pris la peine de mélanger les élèves qui se regroupèrent d'eux même : les Serpentard, à savoir Drago, Blaise, Théodore, Daphné, Pansy, Millicent et Tracey Davis, accompagnés de Kévin, Stephen, Morag et Megan Jones, d'un côté, et de l'autre, les Gryffondor, à savoir Harry, Ron, Hermione, Lavande, Pavarti, Néville, Seamus et Dean, accompagnés de Susan Bones, Ernie Macmillan et Justin Finch-Fletchley de Pouffsouffle et Su Li, Lisa Turpin, Terry, Mandy, Michael, Anthony, Padma et Emma de Serdaigle. Face à une telle inégalité, Rogue força Su, Lisa, Emma et Anthony a rejoindre l'autre groupe, ces deux derniers se plaçant alors entre Théodore et Daphné.
Désormais quinze contre quinze, ce fut avec appréhension pour certains et assurance pour d'autres que l'exercice commença. Des sortilèges fusaient de partout dans la cohue la plus totale. Au bout de six mois, les élèves avaient enfin réussi à maitriser plus ou moins bien selon les cas, les sortilèges informulés. Rogue, un parchemin à la main, évaluait la qualité des sortilèges de chacun et réprimandait sévèrement ceux qui dans le feu de l'action, les prononçaient à haute voix.
Les élèves ratant leur charme du bouclier ou se faisant surprendre par un attaquant inattendu se retrouvèrent alors avec divers attributs incongrus ou tout simplement KO, comme ce fut le cas de Millicent Bulstrode dès le début de la bataille improvisée. Ainsi, Pansy Parkinson arborait une chevelure hirsute de couleur fuchsia; Ron Weasley continuait de lancer vaillamment des sortilèges malgré s'être fait prendre par un sortilège de Jambencoton; Drago quant a lui avait été atteint par un Dentesaugmento de la part de Hermione Granger, alors qu'il évertuait à ruer Potter de sortilèges pour la plupart bloqués par ce dernier; Seamus Finnigan était immobile, droit comme un piquet, après avoir été atteint par le maléfice du saucisson jeté par Stephen Cornfoot; Kévin Entwhistle riait aux éclats après s'être fait touché par le Rictusempra de Neville; tels étaient les états de certains.
Emma réussit à atteindre Hermione qui avait désormais un liquide épais qui lui sortait continuellement des oreilles, mais fut à son tour surprise par un bloque-jambes de la part de Michael, lequel reçut aussitôt un sortilège du canari de la part de Théodore, le faisant alors se transformer en canari géant sous les rires de la brune qui fut libérée par le Serpentard. Leurs regards furent attirés par Anthony qui s'était penché vers Daphné, atteinte par un Stupefix de la part de Padma tandis que Mandy se faisait toucher par un sortilège de confusion. Anthony délivra alors Daphné, lui demandant si tout allait bien, car elle venait après tout de tomber à la renverse. Lorsque Emma se retourna vers Théodore, elle aperçut un sourire malicieux sur son visage. Ainsi, son intuition concernant Anthony et Daphné était peut-être véridique.
A la fin de l'exercice, Rogue exprima sa déception ne n'avoir vu personne résister à l'ensemble des sorts. Il libéra à contre cœur certains élèves de leur état, que personne n'arrivait à rétablir. Tous furent dépités d'apprendre que leur évaluation continuait de manière théorique lors de la deuxième heure de cours.
Il était trop risqué pour Emma de convenir d'un rendez-vous avec Drago en cours et il n'était pas non plus aisé de l'intercepter à la fin de celui-ci. Ce fut en compagnie de Daphné et de Morag qu'elle rejoignit le cours d'Histoire de la magie. Hannah Abbot ayant quitté Poudlard depuis la mort de sa mère, elles n'étaient plus que trois à suivre ce cours.
- La première heure était plutôt marrante ! s'était exclamée Morag sur le chemin qui menait à leur prochain cours.
- C'est vrai, c'était presque jouissif de voir les yeux de Lavande tourner autant dans leurs orbites ! Au moins comme ça, cela la rapproche encore plus de Trelawney ! se rappela avec plaisir Daphné qui n'aimait pas vraiment la Gryffondor.
- Je sais aussi ce qui a été "presque jouissif" pour toi après que tu te sois faite stupéfixiée, la taquina son amie sans se soucier de la présence d'Emma, faisant alors disparaître le sourire de Daphné.
- Morag ! se choqua la Serpentard en lançant un coup d'oeil à Emma à ses côtés.
- Je vous en prie, faites comme si je n'étais pas là, répondit alors la Serdaigle avec un grand sourire.
- Super, maintenant elle est au courant ! se plaignit Daphné.
- Si ça peut te rassurer, je me suis doutée de quelque chose après mon séjour chez toi, apprit Emma.
- Comme tu peux le voir, j'ai l'air vraiment très rassurée.
- Daphné, vois ça d'un côté positif ! Emma est son amie, elle pourrait peut-être arranger quelques petites choses... suggera Morag alors que les trois jeunes filles arrivaient à destination.
- Sauf que je n'ai aucune envie que de "petites choses" soient arrangées, déclara avec fermeté la jeune fille juste avant d'entrer dans la salle de cours, alors que les deux Serdaigle se lancèrent un regard amusé.
Agacée par son amie, Daphné étala ses affaires sur toute la table de manière à ce que Morag ne s'asseye pas à ses côtés. Cette dernière rejoignit alors Emma qui ne fut nullement gênée par sa présence. En plein milieu du cours, la rousse sursauta soudainement. Tournant la tête vers sa camarade, Emma remarqua des écritures luisantes de sang sur le dos de la main tenant la plume de Morag.
- Pour le coup, j'ai bien fait de m'assoir à côté de toi aujourd'hui, chuchota-t-elle après avoir caché sa main sous la table.
- Aucun de tes amis n'est au courant ? demanda Emma sur le même ton alors que Morag lui répondait par la négative.
- Parce que les tiens sont au courant, toi ?
- Seulement ceux qui l'ont découvert...
- Ca ne m'était jamais arrivé en cours, se plaignit-t-elle après un soupir.
- Je te passerai mon parchemin, si tu veux, proposa Emma, se sentant impuissante.
- Merci... se résigna Morag qui finit par poser sa tête sur ses bras afin d'oublier la douleur, faisant attention à ce que sa main meurtrie ne soit pas visible de Daphné, assise à sa gauche sur l'autre rangée de tables.
Quelques minutes plus tard la cicatrice disparut et laissa place à une peau rougie. La jeune fille reprit alors sa prise de notes, sous le sourire compatissant d'Emma. A la fin du cours, comme promis cette dernière lui prêta son parchemin. Morag quitta la première la pièce, sans attendre Daphné qui surprise demanda à Emma ce qu'il s'était passé. Comme convenu, elle lui expliqua que son amie s'était assoupie durant le cours et qu'elle était allée à la bibliothèque pour le récupérer. Dubitative, la Serpentard quitta la classe en compagnie d'Emma, auprès de qui elle voulait s'assurer qu'elle ne dirait rien sur ce qu'elle savait à propos d'Anthony et surtout qu'elle ne ferait rien. Chose que promit la Serdaigle.
*** Daphné ***
Lorsque la Serpentard se dirigea seule vers les escaliers magiques menant au premier étage, son regard croisa celui d'Anthony Goldstein qui se tenait sur l'un des escaliers menant au septième étage. Elle détourna la première le regard avant de trouver un soudain intérêt à un tableau représentant un bouffon jouant de la luth devant une damoiselle riant derrière son évantail. Elle maudissait Merlin pour cette journée qui semblait continuellement se rapporter au jeune homme.
Ce fut d'un pas coléreux qu'elle parcourut le chemin qu'il restait entre le premier étage et les cachots où se situaient sa salle commune. Arrivée devant le mur cachant la porte d'entrée de la salle des Serpentard, Daphné prononça le mot de passe avant de voir apparaitre la porte. Elle s'engoufra dans la pièce située sous le lac et rejoignit Théodore qui lisait un livre dans l'un des canapés de la salle commune. Elle s'affala sans grâce à côté de son ami et mit ses pieds sur la table basse qui lui faisait face, en soupirant bruyament.
- Enfin une attitude en accord avec le cours exécrable que tu viens d'avoir, déclara Théodore sans lever les yeux de son livre de métamorphose.
- La ferme, Théo ! répliqua Daphné de mauvaise humeur. C'est ma journée qui est excécrable, pas seulement le cours, continua-t-elle avec plainte. Mais je vois que tu t'en fous !
- C'est toi qui m'as dit de la fermer, informa-t-il calmement.
- Idiot ! l'insulta-t-elle avant d'amorcer un geste afin de se lever.
- Allez, raconte, fit-il en la retenant par le bras.
- Où que j'aille, il faut soit que je le voie, soit qu'on parle de lui ! J'en ai plus que marre ! Et en plus de ça, Emma est au courant maintenant ! Elle m'a promis qu'elle ne dirait rien, mais imagine qu'elle lui parle ! Je n'ai aucune envie qu'on arrange les choses pour moi. Il a été très clair la dernière fois, il ne veut pas d'une Serpentard ! débita la jeune fille tandis que son ami l'écoutait patiemment.
- C'est pourquoi il a été aussi prévenant avec toi ce matin en Défense contre les forces du mal, ironisa Théodore, sur un ton sérieux qui lui valut un regard noir.
- Je ne sais pas pourquoi il a fait ça... avoua-elle tout de même alors que les battements de son coeur s'accéléraient en se souvenant du moment où elle avait croisé les yeux inquiets d'Anthony lorsqu'il l'avait sortie de sa stupéfixion. J'en ai marre, Théo ! s'exclama-t-elle en basculant la tête en arrière et en fermant les yeux.
- Calme-toi, tu veux, et laisse faire les choses, la tranquillisa-t-il en tournant son visage vers lui à l'aide de sa main.
- Ca aurait été tellement plus simple qu'on tombe amoureux l'un de l'autre. Autant pour moi, que pour toi... présuma Daphné alors que son ami lui répondit par un faible sourire.
*** Drago ***
Le jeune homme mélangeait d'un air las sa potion dans le sens des aiguilles d'une montre. Les compliments sur celle de Potter l'horripilait toujours autant, le faisant regretter plus que jamais son ancien professeur de potions. Après avoir incorporé dans son chaudron les tranches de chenilles qu'il avait découpées avec dégoût, son regard tomba sur Emma, assise en face de lui . Cette dernière saupoudrait sa potion de l'ingrédient qu'elle venait juste de broyer, tout en la remuant concenscieusement.
Cela faisait un peu plus d'une semaine qu'ils ne s'étaient plus parlés. Depuis qu'elle avait vu sa marque, elle ne lui avait adressé pas même un regard, mis à part cette fois dans la Grande Salle deux jours auparavant. Drago n'était pas vraiment étonné, après tout elle ne lui avait jamais caché son désaccord à propos de tout ça...
Ce fut au cours de cette réflexion que la jeune fille leva les yeux et rencontra le regard de son fiancé. Ils se figèrent durant quelques secondes sans cesser de se fixer. Au bout d'un moment, la jeune fille se dirigea vers le placard d'ingrédients que mettait Slughorn à la disposition des élèves. Il lui avait semblé percevoir dans le regard d'Emma, le désir qu'il la suive. Après avoir jeté un coup d'oeil à la salle et après avoir constaté que tous semblaient concentrés sur leur potion, il se dirigea à son tour vers ledit placard. Lorsqu'il arriva à ses côtés, il la vit déposer discrètement un morceau de papier sur l'une des étagères face à lui, avant de retourner à sa place. Il prit le bout de papier et se servit d'une chenille afin de justifier son déplacement. De retour à sa place, il attendit que Théodore se retourne vers Daphné, pour pouvoir lire ce qu'Emma lui avait écrit.
Rdv après le dîner, tu sais où, au septième étage.
Il se renfrogna un peu, ayant déjà prévu de passer la soirée dans cette même salle, mais seul...
Lorsque la fin du cours arriva, il rejoignit la salle commune en compagnie de Blaise Zabini. Ils furent cependant interrompus dans leur avancée par Astoria qui interpella celui qui était désormais son petit-ami. Celui-ci, ne se gêna pas pour embrasser la jeune fille devant le blond qui fit une légère grimace. Alors que Blaise tournait le dos à Drago, celui-ci croisa le regard d'Astoria qui paraissait plutôt gênée.
"Je te laisse à ta distraction, Zabini."
C'est ainsi qu'il rejoignit, seul, la salle commune. Etant vraiment en retard, il se décida à faire ses devoirs de métamorphose qu'il avait intérêt à rendre s'il ne voulait pas se prendre une énième punition. Lorsque Pansy s'approcha de lui, il la convainquit de l'aider. Bien qu'agacée que le jeune homme se serve toujours d'elle pour ses devoirs, la jeune fille s'exécuta. Après tout, cela lui permettait de passer du temps avec lui.
Les deux camarades allèrent diner en compagnie de Théodore et de Daphné. Les quatre Serpentard se remémorèrent l'état des Gryffondor au cours de l'évaluation de défense contre les forces du mal le matin même, en prenant le soin d'ignorer leur propre état au même moment. A la fin du diner, Drago s'excusa auprès de ses camarades, qui habitués, ne lui posèrent aucune question. Il avait aperçu Emma quitter la Grande Salle il y avait quelques minutes déjà, ce ne fut pas pour autant qu'il se pressa. Après tout, elle ne lui avait fixé aucune heure précise.
Une fois le septième étage atteint, il remarqua la silouhette de la jeune fille qui lorsqu'elle le vit, commençait déjà ses trois allers retours devant la tapisserie de Barnabas le Follet. Arrivé à ses côtés, la jeune fille semblait plutôt sereine, ce qui surprit le jeune homme. La salle qu'avait fait apparaitre Emma n'était autre que sa chambre, dont la couleur dominante était le bleu. La pièce, beaucoup plus petite que sa propre chambre, n'en était pas moins accueillante. Lorsqu'il observa sa fiancée, celle-ci paraissait contente de se retrouver dans cette pièce. En y réfléchissant, il était vrai qu'elle n'y avait pas mis les pieds depuis la fin de l'été, puisqu'elle avait passé toutes ses vacances des fêtes chez les Greengrass. Alors qu'elle s'allongea sur son lit comme si elle ne s'était pas allongée depuis un moment, il s'asseya sur le fauteuil placé à la gauche du lit, la copie confirme de celui qu'il avait utilisé pour regarder dormir sa fiancée il y avait presque un an maintenant.
- Qu'est-ce que tu me veux ? rompit-il alors le silence sur un ton abrupt, le pied droit posé sur le genoux gauche.
- Ca t'agace tant que ça que je veuille te voir ? répondit-elle par une autre question en se tournant vers lui, une main retenant sa tête.
- C'est que je n'ai pas de temps à perdre.
- Je t'en prie, tu as le droit de sortir. Oh, suis-je bête, c'est ici que tu occupes une grande partie de ton temps.
- Qu'est-ce que tu veux, Emma ? soupira-t-il d'un air plus las qu'il ne l'aurait voulu, avant qu'un silence plutôt pesant ne s'installe et au cours duquel elle se mit à le fixer d'un air indéchiffrable.
- Je voulais te parler, finit-elle par dire en se réinstallant de manière à se mettre en tailleur. Je voulais que tu saches que je pouvais comprendre ce qu'il t'arrivait et que je suis toujours disposée à être là pour toi si tu le souhaites, dans la mesure du possible. T'éviter et te laisser seul face à ton sort n'est pas forcément la meilleure des solutions, avoua-t-elle en provoquant le rire mauvais du blond.
- Je n'ai pas besoin de toi, Emma.
- Vraiment ? A part moi, qui est-ce qui pourrait t'apporter du "bien-être" ? Exceptés les sortilèges d'alégresse évidemment. Surtout que maintenant tu n'as plus rien à me cacher ou du moins tu n'as plus à me cacher certaines choses majeures.
- Tu ne te rends pas compte à quel point la situation est délicate.
- Autant que toi, je ne souhaite pas être mêlée à quoique ce soit. Je te propose juste qu'on passe des moments ensembles, comme cela avait pu être le cas auparavant. Je pense que ça peut te faire du bien...
- Tu veux dire que tu es prête à coucher avec moi juste pour m'apporter un peu de "bien-être" ? ricana Drago qui reçut pour seule réponse un oreiller en pleine figure.
- Je ne te parle pas de sexe, Malefoy !
- Mais tu ne contrediras pas le fait que ça fait quand même partie de ta proposition, insista le jeune homme qui réussit cette fois à attraper le deuxième oreiller qu'elle lui lança, agacée.
Puis, la prenant au dépourvu, il lui lança à son tour l'objet moelleux en pleine face avant de se lever et de lui fourrer directement le deuxième coussin sur le visage. Drago se retrouva alors à califourchon sur sa fiancée, qui une fois après s'être débarrassée de la chose remplie de plume, constata la position dans laquelle ils étaient. Le jeune homme pencha son visage vers celui d'Emma, si près que les cheveux blonds carressaient le front de la jeune fille. Il fit mine de vouloir l'embrasser avant de stopper son geste, la frustant ainsi.
- Avoue-le. Tu es en manque et tu trouves juste une excuse pour pouvoir satisfaire tes envies, la nargua-t-il de nouveau.
- Non. C'est ça que je veux, répondit-elle avec sérieux, à la surprise du jeune homme.
- Quoi donc ?
- Que tu sois toi tout simplement. Le Serpentard sarcastique, odieux et pervers que tu es ! Malheureusement, c'est moi qui dois en faire les frais, expliqua Emma en terminant par une moue innocente.
- Je suis sûr que ça te plait ! assura Drago avec un sourire satisfait.
- Possible... fit-elle avec un sourire mutin.
Après quelques secondes de silence à se fixer avec désir, le jeune homme ne sut pas vraiment qui des deux adolescents embrassa l'autre en premier. Toujours était-il que les lèvres du blond emprisonnèrent celles de la brune alors que les bras de celle-ci encerclèrent le cou de Drago afin de le ramener au plus près d'elle. Tandis que les mains de ce dernier descendaient le long des cuisses de sa fiancée, la jeune fille l'empêcha brusquement de lui ôter son collant. Constatant qu'il insistait, Emma rompit leur baiser.
- Qu'est-ce qu'il-y-a ? questionna, frustré le jeune homme.
- Pas ce soir, se contenta-t-elle de répondre, le rouge lui montant aux joues.
- Pourquoi ?
- Parce que, éluda-t-elle en voulant se dégager de l'emprise de Drago, toujours au-dessus d'elle.
- Tu plaisantes ! Tu me donnes rendez-vous, tu me dis que tu veux passer du bon temps avec moi, tu m'aguiches et pour finir tu veux me laisser en plan ? se fâcha-t-il, ne comptant pas la laisser partir.
- Eh bien si tu veux tout savoir, ce n'est pas vraiment la meilleure des semaines pour ça, finit par avouer Emma à contre coeur.
Lorsqu'il comprit le sous-entendu, la réaction de Drago fut immédiate. Il libéra Emma de son emprise et s'éloigna un peu.
- Oh, fit-il avec un léger embarras. Tu aurais mieux fait de choisir un autre jour pour vouloir me parler, reprit-il avec un peu plus d'assurance.
- Eh bien comme ça, ça te prouve que le sexe n'est pas la finalité que je veux à toutes nos entrevues !
- "Eh bien" du coup, moi non plus ce n'est pas ma finalité.
- Bon, je vais faire ce que tu attends depuis tout à l'heure : te laisser la salle pour toi tout seul, déclara Emma en se dirigeant vers la sortie, faisant alors perdre la lueur d'amusement qu'avait eu Drago dans son regard depuis quelques minutes déjà.
Lorsqu'Emma croisa ses yeux avant de quitter la pièce, elle retourna sur ses pas et se mit à genoux sur le lit afin de pouvoir atteindre les lèvres du jeune homme, qu'elle embrassa.
"De toute façon, on se revoit vendredi soir..."
Un rictus s'inscrivit sur le visage du jeune homme alors qu'Emma se dirigeait à nouveau vers la sortie de sa propre chambre.
"Mais cette fois-ci évite la cabane hurlante."
Indiqua-t-elle avant de sortir définitivement de la pièce, laissant alors un Drago toujours assis dans le lit de la jeune fille. Il se laissa tomber à la renverse et se massa les tempes, en fermant les yeux. Une dure soirée en tête à tête avec cette maudite armoire, l'attendait.
*** Astoria ***
L'idylle entre Astoria et Blaise se déroulait parfaitement bien. Plus les jours passaient et plus la jeune fille tombait sous le charme du jeune homme qui, il fallait l'avouer, était un grand et beau séducteur. Alors qu'elle rejoignait sa salle commune, Astoria vit son petit-ami quelques pas devant elle et l'interpella donc. Malheureusement, ce dernier était accompagné de la dernière personne qu'elle aurait voulu croiser en compagnie de Blaise, à savoir Drago Malefoy. Ainsi, ce fut plus que gênée qu'elle accepta le baiser que lui offrit son petit-ami. Lorsque leurs lèvres se séparèrent, elle croisa le regard de Drago, qui arborait une grimace semblant refléter... du dégoût.
"Je te laisse à ta distraction, Zabini."
Ces mots se répercutèrent dans l'esprit de la jeune fille qui fut comme figée. Alors que Blaise lui murmurait de ne pas faire attention à ce qu'il pouvait dire, elle ne pouvait s'enlever de la tête ce mot prononcé par la voix de Drago : "distraction". Tel était le mot qu'il avait employé pour qualifier ce qu'il y avait pu avoir entre eux il y avait presque un an déjà. Cependant, il avait tort. Ce qu'il se passait entre elle et Blaise n'avait rien à voir avec ce qu'il s'était passé entre eux les soirs des BUSE. Néanmoins, Astoria ne put s'empêcher de penser qu'elle aurait préféré que ce soit avec Drago qu'il se passe plus que des "distractions". Ne voulant plus penser au blond, elle se força à se laisser emporter par ce moment qu'elle passait avec Blaise, installés dans un coin de leur salle commune.
- Tu sais quel jour on est vendredi ? demanda Blaise plus comme une affirmation que comme une question.
- Bien sûr que je le sais. Quelle fille normalement constituée oublierait la Saint-Valentin ! Heureusement pour moi, cette année je fais partie des chanceuses, répondit Astoria avec un sourire espiègle.
- Alors je t'informe que nous passerons la soirée dans la salle sur demande.
- La salle sur demande ?
- Tu sais, celle où les idiots de Gryffondor et leurs amis s'étaient fait prendre par la Brigade Inquisitoriale, l'année dernière. A ce qu'on raconte, elle peut se transformer en n'importe quoi.
- C'est génial !
- Alors rendez-vous, vendredi soir, au septième étage.
- J'ai hâte d'y être, conclut la jeune fille avant d'embrasser Blaise qui, pour le coup, avait un sourire plus carnassier que séducteur.
La semaine qui passa fut des plus banales et s'écoula ni trop rapidement, ni trop lentement. Astoria était intriguée par ce que lui réservait Blaise au sein de cette salle sur demande, qu'elle avait hâte de découvrir. Il ne restait plus qu'un jour avant qu'elle ne le découvre. La jeune fille avait du mal à s'endormir en ce jeudi 13 février, ne pouvant s'empêcher d'imaginer le potentiel diner aux chandelles que lui offrirait son petit-ami. Souhaitant penser à quelque chose d'autre qui la tiendrait moins éveillée, elle réfléchit à son devoir d'Arithmancie qu'elle devait rendre pour le lendemain après-midi, mais qu'elle n'avait pas terminé. D'ailleurs où était ce qu'elle avait commencé ? Une peur soudaine d'avoir perdu le fameux parchemin la traversa toute entière. Si elle ne le retrouvait pas, elle n'aurait jamais le temps de le rendre entièrement fait. Elle se leva de son lit et amorça une recherche se voulant silencieuse, éclairée par la lueur de sa baguette grâce à un Lumos. Après avoir fouillé dans ses affaires de cours, dans sa valise et même dans l'armoire, elle ne trouva rien du tout. Elle s'assit sur son lit et tenta de réfléchir à la dernière fois où elle avait aperçu l'objet de sa recherche. La salle commune ! Voilà l'endroit où il ne pouvait qu'être. Après avoir lâchement abandonné la conception de son devoir, elle était en train de lire un livre lorsqu'elle fut interrompue par Blaise avec qui elle avait fini par passer le reste de la soirée.
La jeune fille enfila alors une robe de chambre ainsi que ses chaussons et descendit hors de son dortoir. La salle commune n'était éclairée que par la faible lueur que produisait l'âtre de la cheminée à cette heure si tardive. Il semblait n'y avoir personne. Elle retrouva rapidement la table sur laquelle elle avait laissé son parchemin qui heureusement pour elle, s'y trouvait toujours. Le devoir en main, elle fut cependant intriguée par une respiration régulière qui provenait du fond de la salle. Quelqu'un avait dû s'endormir dans l'un des fauteuils. Curieuse de voir de qui il s'agissait, elle s'approcha.
Lorsqu'elle reconnut la personne endormie elle s'arrêta net, son cœur ratant un battement. Drago Malefoy était affalé sur un fauteuil dans une position semblant plutôt inconfortable et dormait profondément. Après une longue inspiration, Astoria s'approcha et contourna le fauteuil de manière à lui faire face. Elle se baissa à sa hauteur et rougit lorsqu'elle constata la proximité ainsi formée. En effet, leurs deux visages étaient plus que proches et elle ne pouvait s'empêcher de l'observer. Le blond semblait vraiment éreinté, arborant ainsi quelques cernes un peu sombres. Son visage s'était un peu plus creusé depuis leurs rencontres, signe d'un amaigrissement anormal. Alors que son corps se soulevait au rythme de sa respiration envoûtante, elle remarqua que de temps à autre, les sourcils du jeune homme se fronçaient, ôtant alors toute paisibilité à son sommeil. Si proche de lui, elle se surprit d'avoir cette envie de combler les quelques centimètres d'espace qu'il restait entre leurs deux bouches. Elle se retint. Elle se permit tout de même de lui caresser le visage, laissant glisser sa main de son front jusqu'à sa joue. Elle ne pouvait pas le laisser là, il fallait qu'elle le réveille pour qu'il puisse rejoindre son dortoir et ainsi, dormir plus confortablement.
- Drago, l'interpella-t-elle d'une voix qui se voulait douce alors qu'elle caressait l'une de ses pommettes à l'aide de son pouce.
Brusquement les yeux bleus gris s'ouvrirent et mirent quelques secondes avant de la reconnaitre.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-il sur la défensive alors qu'Astoria ramenait sa main vers elle, restant tout de même toujours aussi proche du jeune homme.
- J'avais oublié quelque chose dans la salle commune et je t'ai trouvé là. Je me suis dit qu'un lit serait beaucoup plus confortable qu'un simple fauteuil, expliqua-t-elle alors que Drago se redressait un peu, s'éloignant ainsi d'elle.
- Tu n'étais pas obligée de faire ça.
- Je vais prendre ça pour un remerciement, déclara-t-elle en se relevant alors qu'il se prenait la tête entre les mains, les coudes sur les genoux. Tu es épuisé, Drago. Tu devrais dormir un peu plus.
- Je n'en ai rien à faire de tes conseils, Astoria, lâcha-t-il sèchement en rassemblant ses affaires avant de se lever.
- C'est pour ton bien que je te dis ça.
- Mon bien ? Il me semble que ce n'est pas à toi de te préoccuper de mon bien et que ce n'est pas du mien dont tu devrais te préoccuper, répliqua-t-il alors que tous deux se faisaient face.
- Si ce n'est pas moi qui m'en préoccupe, qui d'autre le fera ? insista la jeune fille avant que Drago ne la fixe plus longuement qu'il ne l'aurait dû jusqu'à ce qu'un rictus apparaisse sur son visage.
- Ne t'inquiète pas pour ça, répondit-il en la contournant. Et inquiète-toi plutôt pour toi, chuchota-t-il à son oreille une fois dans son dos, avant de s'éloigner vers les dortoirs.
- Fait attention à toi, Drago, voulut avertir la jeune fille qui ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour lui.
Pour unique réponse, le jeune homme stoppa sa marche quelques secondes avant de rejoindre à grand pas l'escalier menant à son dortoir. Au final, ce soir-là, ce n'est plus l'excitation qu'elle ressentait face à sa soirée du lendemain qui l'empêcha de dormir, mais ses pensées uniquement tournées vers celui qu'elle avait aimé, et celui, elle s'en rendait compte qu'elle aimait toujours.
Le lendemain arriva un peu trop vite à son goût. Elle était ailleurs. Ce fut donc dans la lune qu'elle passa ses cours de Botanique et de Métamorphose, oubliant même le devoir qu'elle devait terminer pour l'après-midi qui suivait. Un peu paniquée, elle rejoignit la bibliothèque en décidant de sauter le déjeuner. Arrivée dans la salle d'études, elle aperçut au loin Emma, installée en compagnie de Mandy Brocklehurst, et se dirigea vers elles.
- Bonjour.
- Bonjour Astoria ! la salua avec sourire, Emma.
- Salut, fit Mandy avec un peu moins d'entrain mais avec sourire.
- Qu'est-ce qui t'amène ? Aurais-tu omis de faire un de tes devoirs ?
- C'est horrible, Emma ! Il me reste le 3/4 d'une étude comparative de tableaux en Arithmancie et c'est pour dans moins de deux heures ! se plaignit la jeune fille sous le regard compatissant de Mandy et celui, un peu plus sérieux de son amie.
- Voilà ce que c'est que de passer son temps à roucouler avec son petit-ami ! plaisanta Emma sous le regard dépité d'Astoria. Fais voir, reprit-elle en s'emparant du sujet d'Arithmancie. Si tu veux, je m'occupe des deux dernières étapes que tu n'auras sûrement pas le temps de faire, proposa-t-elle après avoir analysé rapidement ce qui était à faire.
- En général je n'aime pas vraiment ça, mais je t'en serais vraiment très reconnaissante, remercia la Serpentard, un peu plus soulagée.
- Je ferai volontairement quelques fautes, pour que ce soit plus réaliste, taquina la Serdaigle sous le rire crispé de son amie.
- Du coup, tu ne manges pas dans la Grande Salle ? intervint Mandy.
- Non. Je prendrai deux ou trois bricoles dans les cuisines si j'ai le temps, répondit Emma.
- Je ferai mieux de rejoindre les autres si je ne veux pas manger toute seule, déclara alors la blonde en rangeant ses affaires dans son sac.
- Je suis désolée, Mandy. Je ne voulais pas te priver d'Emma, s'excusa Astoria, gênée.
- Non ce n'est pas grave ! Avec Michael et Terry à table, je peux même faire un détour par la salle commune ! s'exclama Mandy avant de partir. Bon courage !
- Bon, au boulot maintenant !
Ainsi, les deux amies terminèrent ce devoir d'Arithmancie qui selon Emma, était plus compliqué que ce qu'elle avait pu avoir en quatrième année. Peut-être le professeur Vector avait-elle été un peu plus clémente lors du tournoi des trois sorciers. Concentrée dans leur exercice, les jeunes filles ne purent vraiment parler et furent obligées de se quitter à quelques minutes de la reprise des cours. Puisqu'Emma avait botanique, elle put faire un détour rapide vers les cuisines, ce qui n'était pas le cas d'Astoria qui dut directement affronter son cours d'Arithmancie. Elle promit tout de même à son amie qu'elle mangerait quelque chose avant d'aller à son cours de potions.
La journée d'Astoria qui semblait être un marathon, se termina enfin et ce fut épuisée qu'elle s'affala dans l'un des fauteuils de la salle commune, non loin de sa sœur qui faisait ses devoirs en compagnie de Tracey Davis.
- Ca va pas, sœurette ? demanda Daphné en voyant l'état d'Astoria.
- Si si. C'est juste que je n'ai pas beaucoup dormi, ni beaucoup mangé.
- Il y a quelque chose qui te tracasse ?
- Non, ne t'inquiète pas.
- Tu as vu Blaise aujourd'hui ?
- Non, on se voit ce soir.
- Ah oui... Tu lui as prévu quelque chose ?
- Oui, une montre magique. La sienne laisse à désirer. J'espère que ça va lui plaire.
- J'en suis sûre, approuva la plus grande en revenant à son devoir d'Histoire de la magie.
- Et toi, tu ne fais rien cette année ?
- Et avec qui voudrais-tu que je fasse quelque chose ? répliqua durement Daphné, attirant alors l'attention de Tracey.
- Je ne sais pas. On sait jamais...
- Tu oublies pourtant que tu as un admirateur secret, glissa l'amie de sa sœur.
- La ferme, Tracey !
- Comment ça ? s'intéressa Astoria.
- Daphné a reçu une jolie rose rouge ce matin !
- Vraiment ? C'est super ! Et tu sais de qui il s'agit ? questionna Astoria.
- Peu importe de qui cela peut provenir, je n'aime pas les lâches, rétorqua Daphné en enroulant son parchemin et voulant quitter les deux jeunes filles.
- Tu te rends compte qu'on pourrait en déduire qu'un Gryffondor te plairait ! fit Tracey avec une grimace sous le regard noir de son amie.
- Moi je trouve ça plutôt romantique et très mystérieux, déclara Astoria, l'air rêveur.
- Occupez-vous de vos affaires les filles ! Toi, de ton Blaise, et toi, de la soirée que tu vas passer seule comme chaque année, lança Daphné, agacée, avant de se lever et de se diriger vers les dortoirs.
Alors que Tracey racontait en détail ce qu'il s'était passé le matin même, le regard d'Astoria fut attiré par les nouveaux arrivants, à savoir son petit-ami qui lui fit un clin d'œil, faisant alors naitre un sourire sur son visage qui disparut lentement lorsqu'elle croisa le regard de Drago aux côtés de Théodore. Ce dernier suivit d'ailleurs le regard d'Astoria, qui allait vers son voisin de droite et non pas celui qui lui faisait face. Alors que Blaise et Drago faisaient déguerpir les premières année installés dans un canapé, Théodore s'avança vers Astoria.
- Tu sais où est Daphné ? lui demanda-t-il.
- Dans son dortoir.
- Tu ne veux pas aller me la chercher s'il-te-plait.
- Vu comment elle m'a envoyée balader, il y a pas moyen.
- En fait, je crois que c'est dans ton dortoir qu'elle est, informa Tracey. Je doute qu'elle ait eu envie de rejoindre Pansy et Millicent.
- Merci, Tracey, remercia Théodore qui lança un regard peu avenant à Astoria.
La jeune fille ne s'en offusqua pas et écouta d'une oreille distraite, les babillages de Tracey sur la relation plus que curieuse qu'avaient Daphné et Théodore. A vrai dire, Astoria pensait à sa future soirée et à son appréhension d'affronter Blaise alors qu'en ce jour de Saint-Valentin, elle n'avait plus qu'une personne en tête : Drago.
*** Théodore ***
Ce matin-là à son réveil, Théodore ne put s'empêcher de penser à Emma. Aujourd'hui était le jour des amoureux et le jeune homme était amoureux. Même s'il ne pouvait vivre cet amour, il se voyait contraint de vivre avec, jusqu'au jour où peut-être il disparaitrait. En attendant, ce qu'il ressentait était toujours présent et ce fut avec résignation qu'il s'habilla avant de rejoindre la Grande Salle pour y prendre son petit déjeuner. Il s'installa à la table des Serpentard aux côtés de Tracey Davis, laquelle était en face de Daphné. Cette dernière n'avait pas quitté sa mauvaise humeur du début de semaine qui avait empiré avec les tentatives d'Anthony de lui parler. Pour le coup, le jeune homme ne comprenait pas vraiment l'attitude de son amie qui refusait tout contact avec le Serdaigle. Après tout n'était-ce pas celui par qui elle était attirée depuis quelques mois maintenant ? Il était finalement arrivé à la conclusion que c'était avant tout une femme et que les femmes étaient vraiment compliquées.
Alors que les deux jeunes filles commentaient les différents cadeaux que recevaient certains élèves - conversation à laquelle ne participait pas Théodore, qui de toute façon tournait le dos au reste de la salle - un hiboux vint se poster devant Daphné, une rose rouge entre les pâtes. Restant interdite, la jeune fille resta tout d'abord figée, jusqu'à ce que le volatile batte ses ailes de manière à faire remarquer son impatience. Lorsqu'elle lut le bout de parchemin, ses traits se durcir et elle laissa en plan sa rose sur la table.
- Mais t'es dingue ! s'exclama Tracey qui prit à son tour la rose et lut le mot qui l'accompagnait, ce que fit également Théodore qui était à côté d'elle.
- Les admirateurs secrets ne m'intéressent pas, expliqua Daphné en lançant un regard à son ami, semblant signifier "aucun commentaire".
Lorsque Théodore et Daphné quittèrent la Grande Salle, le jeune homme jeta un coup d'œil vers la table des Serdaigle et plus précisément vers le groupe où se trouvaient notamment Anthony et Emma. Après avoir vu que le jeune homme suivait du regard son amie, il croisa celui d'Emma qui lui fit un sourire complice. Tout ceci lui confirma que le Serdaigle était bel et bien l'auteur du cadeau.
Ils se dirigèrent vers leur cours de défense contre les forces du mal. A cette heure-ci il était certain qu'ils seraient les premiers arrivés.
- Tu n'as pas gardé la rose ?
- Je suppose que Tracey se chargera de la poser sur mon lit avant qu'elle n'atterrisse dans la poubelle par mes bons soins.
- Tu ne trouves pas que tu exagères ?
- Non, je ne trouve pas. Il a laissé passer sa chance de manière odieuse, je ne vois pas pourquoi je lui en laisserais une seconde.
- Et si tu mettais ton égo de côté et que tu écoutais ce qu'il a à te dire.
- Tu peux parler, Monsieur-j'ai-tout-abandonné-alors-que-tout-est encore-possible !
- J'ai de très bonnes raisons d'abandonner, crois-moi... Ce qui n'est pas ton cas, alors c'est toi qui ferais mieux de ne pas laisser passer ta chance cette fois-ci !
- Eh bien peut-être que le jour où tu décideras à me révéler tes fameuses raisons, je changerais d'avis.
- Je rêve où tu me fais du chantage ?
Pour simple réponse, Daphné le contourna la tête haute et rejoignit Morag et Megan qui venaient juste d'arriver. Le couloir se remplissait peu à peu et lorsque le groupe d'Emma arriva, celle-ci vint à sa rencontre. Comme à l'accoutumée, ce fut avec plaisir qu'il observa son interlocutrice qui le salua et comme d'habitude, il lui sortit son plus beau sourire charmeur qui paraissait ne jamais lui faire d'effet.
- Certains semblent de mauvaise humeur, fit remarquer Emma alors que dans leur champ de vision se trouvaient dans un coin Daphné contrariée par le sujet abordé par ses amies et de l'autre Anthony, l'air boudeur, qui ne pouvait s'empêcher de fixer la jeune fille à la dérobée.
- Alors qu'il pourrait en être tout autrement. Les idiots, ils ne se rendent pas compte de la chance qu'ils ont de pouvoir... renchérit Théodore en se tournant à nouveau vers la Serdaigle qui lui sourit faiblement.
Ils furent cependant interrompus par Rogue qui arriva dans un frottement de robe. Les élèves entrèrent et s'installèrent dans la salle. Théodore fut rejoint par Drago et Blaise qui étaient les derniers arrivants. Tous reçurent leurs notes de l'évaluation du lundi, qui étaient selon leur professeur d'une médiocrité telle que même des premières années auraient pu faire mieux après tant de mois d'apprentissage. Le jeune homme se réjouissait d'avoir eu un Effort Exceptionnel, qui était la meilleur note de cette évaluation et que très peu avait réussi à avoir. La matinée se passa plutôt rapidement et ce fut avec entrain qu'il se dirigea vers la Grande Salle afin de prendre son déjeuner. Après celui-ci, il rejoignit Stephen et Kévin alors qu'il leur restait environ une heure de battement avant leur cours de Botanique. A quelques minutes de celui-ci, le jeune homme se rendit à son dortoir afin de prendre son matériel. Sur le chemin du retour il aperçut Emma qui se dirigeait vers les cuisines. Il la suivit et entra à son tour dans cette immense salle remplie d'Elfes de maison.
- Le déjeuner ne t'a pas suffit ? demanda-t-il en la faisant sursauter.
- Théodore ! A vrai dire, je n'ai pas déjeuné.
- La grosse gourmande que tu es, a eu le courage de sauter un repas ? s'étonna faussement le jeune homme qui s'assit en face d'Emma.
- Hé ! Je ne te permets pas ! fit-elle mine de se vexer juste avant que les elfes ne lui apportent un déjeuner un peu trop copieux, ce qui renforça le rictus de Théodore.
- C'est ta note en Défense contre les forces du mal qui te met dans un état pareil ?
- Ne m'en parle pas ! J'ai eu Acceptable en pratique, tu te rends compte ! Heureusement que mon Optimal en théorie m'a remonté à un Effort Exceptionnel ! Tu t'en es bien sorti toi ?
- Effort Exceptionnel partout ! annonça-t-il fièrement.
- Mouai, je suis sûre qu'il vous favorise en tant que Serpentard !
- Il a pourtant déjà mis des Piètres et des Troll à certains d'entre nous auparavant !
- C'était Crabbe et Goyle, Théodore.
- C'est pas tout, mais on va être en retard en cours, déclara-t-il en se levant.
- Attends, il me reste le dessert, informa Emma en désignant une grosse part de tarte aux pommes.
- Tu le mangeras sur le chemin.
Les deux jeunes se hâtèrent de sortir du château et se dirigèrent vers les serres. De loin, ils pouvaient voir que tous les autres étaient déjà à l'intérieur, ce qui leur laissa penser que le professeur Chourave ne serait pas très contente de leur retard. Alors que Théodore aida son amie à finir le dernier morceau de tarte, ils virent déboucher sous leurs yeux, Daphné et Anthony qui semblaient se disputer.
"T'es content ? Maintenant à cause de toi on est en retard ! Ils vont penser quoi les autres ?"
Le Serdaigle n'eut pas le temps de répondre puisque tous deux virent à leur tour, Emma et Théodore. Après un dernier regard l'un pour l'autre, Daphné se précipita vers son ami et le tira par le bras vers l'entrée des serres. Emma quant à elle se contenta de rejoindre Anthony qui regardait durement vers les deux Serpentard.
- Interdiction de dire quoique ce soit aux autres, prévint-il son amie.
- Tu n'auras qu'à leur dire que tu m'as accompagnée aux cuisines, suggéra-t-elle avant d'entrer à son tour dans la serre où se déroulait leur cour.
Telle avait été la courte discussion que Théodore n'avait pas pu entendre. En binôme avec Daphné, il dut subir la mauvaise humeur de celle-ci qui ne voulait pas parler de ce qui s'était passé. Lorsque le cours se termina, la jeune fille partit sans demander son reste, vers son cours d'Histoire de la magie. Lui, se dirigea vers son cours de Métamorphose en compagnie de Kévin et Stephen. A la fin de celui-ci, ce fut avec Drago et Blaise qu'il rejoignit leur salle commune.
- Malefoy, tu ne m'as toujours pas dit comment ça fonctionnait, cette salle sur demande, reprocha Blaise alors que tous trois descendaient l'escalier en marbre menant au grand hall.
- Et pourquoi tu tiens tant à le savoir ? répondit sèchement Drago qui n'avait pas l'air de vouloir dévoiler le secret de cette salle.
- J'ai promis à Astoria de l'y emmener ce soir, avoua Blaise avec un sourire de satisfaction alors que le blond tournait brusquement la tête vers lui.
- T'avais qu'à éviter de promettre quelque chose que tu ne peux pas faire.
- Nom d'une goule, je peux savoir ce qui t'empêche de me le dire ! s'emporta Blaise que tentait de retenir Théodore par le bras.
- On nous a dit l'année dernière de rien dévoiler sur le fonctionnement de cette salle.
- Ce n'est pas comme si tu prenais ton rôle de préfet à cœur cette année, intervint Théodore, qui ne souhaitait guère que ses camarades en viennent aux mains.
- Malefoy, j'attends.
- Si ce n'est pas toi qui lui dit, c'est moi qui lui dirait, prévint Théodore alors que les deux autres reportaient leur attention sur lui.
- Parce que tu es au courant toi ! fit Drago dans une surprise modérée.
- Et qu'est-ce que t'attendais pour me le dire !
- C'est juste que vos disputes me divertissent.
- Crétin, ronchonna Blaise dans sa barbe.
Après quelques réticences volontaires pour le faire poireauter encore un peu, Théodore finit par dévoiler ce que lui avait appris un jour Emma dans l'une de leurs conversations. Satisfait, Blaise entra le premier dans la salle commune, le sourire aux lèvres, suivi de près par les deux autres. Une fois à l'intérieur, Théodore aperçut Astoria qui regardait dans la direction de... Malefoy. Le jeune homme repensa alors au jour où Emma lui avait dit que la jeune Serpentard avait eu le béguin pour le blond. Sans s'en formaliser pour autant, il se dirigea vers cette dernière dans l'optique de lui demander si elle n'avait pas vu Daphné. Il fut légèrement agacé lorsqu'Astoria refusa de prévenir sa sœur qui semblait être dans le dortoir des filles. Tracey lui apprit alors qu'il était plus que probable que son amie soit dans son propre dortoir.
Si Daphné avait fini par migrer dans le dortoir des garçons, c'était qu'elle n'allait vraiment pas bien. Il se dépêcha de monter les escaliers qui menaient audit endroit et ouvrit la porte de la chambre qu'il partageait avec Zabini, Malefoy, Crabbe et Goyle. En apparence, il semblait n'y avoir personne. Cependant, il remarqua les rideaux tirés de son lit à baldaquin, qui ne l'étaient pas lorsqu'il avait quitté le dortoir le matin même. Lorsqu'il les ouvrit il découvrit une Daphné allongée, l'oreiller enfoncé sur la tête. Il tenta de se faire une place et s'allongea à son tour, sur le côté, une main tenant sa tête, afin de faire face à son amie. Il lui enleva de force l'oreiller et découvrit les yeux rougis de la jeune fille que cette dernière cacha avec son bras.
- Daphné... commença prudemment le jeune homme.
- J'ai tout gâché, se lamenta-t-elle.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé ?
- Il m'a surprise juste avant le cours de botanique et m'a forcée à le suivre. Il m'a dit qu'il était désolé de son attitude, que c'était idiot de sa part de n'avoir vu en moi que la couleur de ma maison. Et puis, il a commencé à m'avouer qu'il n'arrêtait pas de penser à moi, à tel point que ça l'empêchait même de dormir certains soirs. Il a ajouté qu'il comprenait que je réagisse mal après ce qu'il m'avait dit la dernière fois, mais qu'il espérait que je lui pardonne et que je veuille bien devenir sa "valentine" à partir d'aujourd'hui.
- C'est plutôt positif jusqu'à maintenant.
-Je l'ai rejeté, Théo ! Oh, je ne suis qu'une idiote !
- Oui, sur ce coup là t'es vraiment idiote.
- Merci de ton soutien !
- Je ne comprends pas pourquoi tu le rejettes comme ça alors qu'au fond c'est ce que tu attends depuis longtemps.
- Moi non plus je ne me comprends pas. C'est comme si c'était plus fort que moi, comme si j'avais ce besoin incompréhensible de le rejeter, de lui faire la même chose que lui m'a fait la dernière fois.
- Alors tu fais passer ton désir de vengeance avant ton bien-être. Quelle vile Serpentard tu fais Daphné Greengrass ! déclara sur un air de compliment, le jeune homme qui reçut aussitôt un coup d'oreiller.
- Ca prouve que lui et moi, on est pas fait pour être ensemble, conclut la jeune fille en regardant le sommet du lit à baldaquin de son ami.
- Tu ne peux pas savoir ce que tu ne tentes pas, indiqua-t-il sur un ton plein de sagesse qui ne lui allait pas vraiment.
- Tu ne veux toujours pas me dire, pourquoi toi, tu ne tentes pas ? demanda Daphné en se tournant vers son ami.
- Un jour tu sauras, se contenta-t-il de répondre en se mettant sur le dos, les mains derrière la tête.
- Vous faisiez quoi ensemble tout à l'heure, Emma et toi ?
- Je l'ai accompagné jusqu'aux cuisines, elle n'avait pas mangé au déjeuner.
- Je suis sûre qu'elle est dingue de toi !
- N'en sois pas si sûre...
- Mais qui ne succomberait pas à ton charme, Théodore Nott ! assura-t-elle alors que ledit jeune homme tourna la tête vers elle, légèrement amusé, un sourire en coin sur la bouche. A ce moment là, ils se fixèrent en silence durant de longues secondes, une lueur mystérieuse au fond des yeux. Lentement, la jeune fille approcha ses lèvres de celles de Théodore qui ne refusa pas le baiser que Daphné lui offrit. Lorsque ce dernier cessa, ils se fixèrent de nouveau. Puis, sans prévenir, Daphné embrassa un peu plus fougueusement son ami et entreprit de se mettre au-dessus de lui. Comprenant où voulait en venir la jeune fille, il mit quelques temps à réagir, mais finit par la repousser.
- Daphné... ce n'est pas une bonne idée.
- Et pourquoi pas ? Après tout c'est comme ça qu'on a fêté la Saint Valentin l'année dernière ! argumenta-t-elle avant de s'emparer de nouveau des lèvres du jeune homme.
- Arrête ça. Tu sais bien que c'est différent, maintenant, fit-il en se dégageant de l'emprise de la jeune fille qu'il replaça sur le côté du lit, avant de s'assoir en lui tournant le dos.
- Théo, tu...
- Tu ferais mieux d'aller voir ton Serdaigle plutôt que d'empirer les choses avec moi, l'interrompit-il en se levant et en se dirigeant vers la salle de bain pour se passer un coup d'eau sur le visage. Lorsqu'il revint dans la chambre, celle-ci était déserte, un oreiller trônant au pied de l'armoire.
*** Emma ***
La Serdaigle ne savait pas trop quoi penser de la soirée qui allait se dérouler. Drago et elle avaient rendez-vous après le diner à la salle sur demande. A vrai dire, depuis le début de cette fameuse journée de la Saint-Valentin, elle était très troublée par le rêve qu'elle avait fait durant la nuit. Ce n'était pas un cauchemar, non. C'était plutôt un rêve, l'un de ces rêves tellement réalistes qu'au petit matin lors du réveil on a cette impression d'avoir vraiment vécu ce que l'on n'a fait qu'imaginer. Dans ce songe, Emma succombait à Théodore et tous deux vivaient une belle histoire d'amour. Ce qu'il y avait de troublant était que les sensations et les sentiments qu'avait éprouvés la jeune fille du rêve avaient semblé si réels qu'elle en était encore toute retournée.
Ainsi depuis le début de la journée, Emma n'avait pas arrêté de tenter d'apercevoir le jeune homme, tout en redoutant de croiser son regard. Lorsque ce fut le cas au moment où Théodore sortait de la Grande Salle, un sourire un peu trop niais à son goût apparut sur ses lèvres, geste que lui rendit le beau brun. Elle comprit alors que la situation commençait à être dangereuse. Il fallait absolument faire disparaitre ces sensations nouvelles issues d'un simple rêve. Elle décida alors de se concentrer sur l'affaire Daphné/ Anthony, ce dernier ayant envoyé une rose à la première, laquelle ne l'avait semblait-il pas acceptée. Le problème était qu'Anthony ignorait qu'elle était au courant de cette attirance qu'il avait l'air d'y avoir entre les deux adolescents. Il était alors délicat d'aborder le sujet avec son ami, sans trahir la promesse qu'elle avait faite à Daphné. Elle n'en avait encore jamais parlé à Théodore, lequel devait sûrement être au courant de quelque chose.
Alors que le groupe d'ami se dirigea vers la salle de Défense contre les forces du mal, elle aperçut le Serpentard, seul, attendant que le cours ne commence. Ses jambes la portèrent alors jusqu'à celui-ci avec qui elle tenta d'engager la conversation, notamment sur le sujet de leurs amis respectifs. Son cœur manqua un battement en comprenant le sous entendu du jeune homme qui venait de traiter d'idiots leurs amis qui ne se rendaient pas compte de la chance qu'ils avaient de pouvoir... Heureusement, pensa-t-elle le professeur Rogue arriva et les prièrent d'entrer dans la salle.
Elle apprécia beaucoup moins le professeur lorsque celui-ci leur rendit les notes de leur évaluation du lundi. Elle n'avait eu qu'un Acceptable en pratique et cela la mettait hors d'elle. A la fin du cours, Mandy et elle allèrent travailler à la bibliothèque. Alors que l'heure du déjeuner approchait, Astoria les rejoignit et avait l'air vraiment très stressée. La jeune fille n'avait pas terminé ses devoirs en Arithmancie et semblait vraiment très en retard. Naturellement, Emma proposa son aide et ce fut ainsi qu'elles passèrent un peu plus d'une heure à tenter de déchiffrer la signification des chiffres magiques dans les tableaux soumis par le professeur Vector. Même si elles n'avaient pas pu parler, cela fit plaisir à Emma de passer ce moment avec Astoria qu'elle n'avait pas vue depuis quelques temps déjà.
Comme prévu, juste avant son cours de Botanique elle fit un détour par les cuisines afin de remplir son estomac qui criait famine. Quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'elle entendit la voix de Théodore derrière elle. Leur discussion sur les banalités de la journée, à savoir les notes en Défense contre les forces du mal, fut la bienvenue alors qu'Emma tentait tant bien que mal de ne pas scruter le jeune homme comme elle se sentait l'envie de faire. Alors qu'ils allaient être en retard en cours de Botanique, les deux amis rencontrèrent sur leur chemin Daphné et Anthony qui semblaient s'être disputés. Ces deux derniers profitèrent de la présence de leurs amis respectifs afin de pouvoir entrer dans la serre sans éveiller les soupçons des autres élèves.
A la fin des cours, Emma rejoignit ses amis dans la salle commune des Serdaigle. Padma et Michael se trouvaient avec leur petit-copain et petite-copine, Mandy écrivait une lettre à son Esteban en espagnol, demandant parfois du vocabulaire à son amie d'origine argentine et Terry jouait une partie d'échec contre Anthony qui ne semblait pas vraiment motivé. Face à lui, Emma jetait parfois des coups d'œil à Anthony qui avait l'air embarrassé lorsque leurs regards se croisaient.
Lorsqu'il fut l'heure d'aller manger, ils firent en sorte que Mandy et Terry se retrouvent devant et ralentirent leur allure afin de ne pouvoir prendre que l'escalier magique suivant et pour enfin parler de ce qu'il s'était passé en début d'après-midi.
- Il se passe quoi entre Daphné et toi ? aborda-t-elle le sujet, la première.
- Absolument rien.
- Vraiment ? répliqua-t-elle, dubitative.
- Comme tu as pu le remarquer je me suis pris un gros râteau, alors tu comprendras que je n'ai pas forcément envie d'en parler.
- Ce n'est pas normal que tu te sois pris un râteau.
- Pourquoi tu dis ça ?
- Parce que tu lui plais.
- En fait... Je crois qu'elle m'en veut, avoua-t-il.
- Pour quelle raison ?
- Il y a quelques mois, on a souvent été amenés à se croiser elle et moi, pas vraiment en bon terme puisque je me devais de la punir en tant que préfet. Mais, au bout d'un moment on s'est rendus compte qu'on était attirés l'un par l'autre. Le problème c'est que du jour au lendemain je l'ai ignorée et lorsqu'elle a voulu des explications je lui ai dit entre autre que je ne sortirai jamais avec une Serpentard, expliqua le jeune homme, un peu honteux de son attitude.
- Et après on dit que c'est moi la cachotière ! Tu en as parlé aux garçons ?
- Non, seulement à Padma. Mais elle ne porte pas vraiment Daphné dans son cœur alors je ne lui ai rien dit par rapport à la rose. Oui, je ne sais pas si tu l'as vu, mais je lui ai envoyé une rose ce matin.
- Oui, j'en ai déduit qu'elle était de toi. Je crois que Daphné est quelqu'un de plutôt rancunier. Mais il y a moyen que tu la fasses craquer. Il n'empêche que rejeter quelqu'un à cause de sa maison, ce n'est pas très habile...
- Alors pourquoi tu n'es pas avec Théodore toi ? rétorqua le jeune homme, un peu vexé de la remarque.
- Ce n'est pas même chose. La couleur de nos maisons n'a aucun rapport avec mon choix !
- Que faisiez-vous ensemble tous les deux tout à l'heure ?
- Il m'a accompagnée dans les cuisines.
Cette réponse provoqua un léger sourire au jeune homme qui se rappela que c'était l'alibi que la jeune fille lui avait donné avant d'aller en cours de Botanique. Ils cessèrent leur conversation puisqu'au même moment l'escalier sur lequel ils se tenaient arriva sur le palier du premier étage, sur lequel attendaient Terry et Mandy. Lorsqu'ils furent dans le grand hall, Emma aperçut Théodore et Drago qui discutaient ensemble. Lorsque le premier la vit, il lui fit signe de venir vers lui. Emma s'exécuta malgré le grand malaise qui s'insinua en elle alors qu'elle avait face à elle les deux Serpentard.
- Je te laisse, j'ai des choses plus intéressantes à faire que de vous écouter, lança Malefoy en toisant du regard Emma avant de s'élancer vers le grand escalier de marbre.
- Tu as parlé à Anthony ? lâcha directement Théodore comme si son camarade de maison n'avait jamais été là, alors que la jeune fille se demandait tout de même ce que pouvait être ces "choses plus intéressantes".
- Pourquoi, je devais ? répondit la jeune fille, un peu vexée qu'il ne lui ait demandé de venir que pour ce sujet. Oui, il m'a expliqué le gros de l'histoire, finit-elle par dire.
- T'en penses quoi ?
- Que ce ne sont pas nos affaires, déclara-t-elle après les quelques secondes où elle dévisageait son ami.
- Malheureusement, tu as bien raison. Tu dois avoir faim, vu ton déjeuner plutôt léger.
- Bizarrement, pas plus que d'habi...
- Excuse-moi, l'interrompit soudainement une première année. C'est pour toi, fit-elle en lui tendant un morceau de parchemin enroulé.
- Merci, remercia Emma avant que la petite Poufsouffle ne s'éloigne.
Après un regard vers Théodore, elle hésita à l'ouvrir face à celui-ci. En s'assurant qu'il ne pouvait rien voir, elle lut tout de même le mot qui lui était destiné.
Rendez-vous immédiatement au pied de l'escalier menant au 7ème, le moins emprunté. Grouille-toi.
- C'est lui. Il est à Poudlard n'est-ce pas ? affirma-t-il plus qu'il ne le demanda.
- C'est peut-être un admirateur secret, suggéra-t-elle, ne voulant pas aborder le sujet "fiancé".
- Je n'espère pas, je tiens à être ton seul et unique admirateur secret, tenta-t-il de le prendre sur le ton de l'humour.
- Tu es bien plus que ça, Théodore, lâcha la jeune fille sans vraiment réfléchir à ce qu'elle disait.
Devant le regard mi-surpris, mi-interrogateur, elle continua.
- Je te souhaite un bon appétit.
Sans lui laisser le temps de répondre, elle se retourna et se retrouva sur le chemin d'Astoria et de Blaise qui se tenaient par la main. En voyant Emma, la Serpentard marqua un temps d'arrêt, mais fut entrainée par la marche de son petit-ami qui s'engagea dans l'escalier de marbre. Après ce qui semblait être un sourire d'excuses, elle se remit aux côtés de Blaise. A leur suite, Emma monta l'escalier de marbre et pressa son pas le long du couloir du premier étage. Lorsqu'elle aperçut au loin son fiancé, celui-ci faisait les cents pas.
- Je peux savoir ce que tu foutais ! l'accueillit-il avant de la prendre par le bras et de monter énergiquement les escaliers.
- Oh ça va, ça fait moins de cinq minutes. Qu'est-ce qu'il te prend ? Je n'ai même pas eu le temps de diner.
- Il faut qu'on arrive avant Zabini, il veut se servir de la salle.
- On a aucune chance, ils étaient juste devant moi quand je suis montée au premier, lui et Astoria.
- Allez dépêche ! ordonna-t-il en accélérant sa course, manquant de peu de faire tomber la jeune fille.
- Tu me fais mal, Drago, se plaignit-elle alors qu'ils venaient d'atteindre le troisième étage. Arrête, même si par miracle on y arrivait avant eux, ils nous verraient forcément, continua-t-elle une fois l'escalier menant au cinquième entamé.
C'était peine perdue, Drago voulait absolument atteindre cette salle avant le couple de Serpentard. Pourtant comme prévu, au moment où ils atteignirent enfin le dernier étage, ils entendirent le rire d'Astoria résonner dans le couloir. Lorsqu'ils n'entendirent plus rien, ils se dirigèrent tout de même vers la tapisserie de Barnabas le Follet en face duquel se trouvait un mur vide.
- Ca t'agace tant que ça de ne pas passer la soirée dans cette salle que tu vois presque tous les jours ?
- Ce qui m'agace c'est que Zabini est au courant pour cette salle ! Qui sait le nombre de fois où il va vouloir l'utiliser maintenant !
- C'est la Saint-Valentin, Drago. Ce n'est pas comme s'ils viendront tous les jours.
A ce moment, un blanc s'installa au cours duquel les deux fiancés se fixaient de temps à autre, le blond faisant inconsciemment les cents pas. Cela fit étrange à la jeune fille de se retrouver en compagnie de son fiancé. De toute la journée, elle avait appréhendé sa soirée, ne se sentant plus aussi enthousiaste que la veille. En revoyant Drago, elle retrouvait cet adolescent torturé et mal dans sa peau. Malheureusement, ce qui le rendait ainsi était bien plus qu'une simple crise d'adolescence. Aucune personne de cet âge ne devrait être confronté à une telle chose.
" Viens."
Emma avait sortit cette phrase avant de se diriger vers la première salle vide qu'ils trouveraient. Lorsque ce fut le cas, ils y pénétrèrent et Emma s'installa sur une des tables alors que Drago tira la chaise faisant face à celle-ci et s'y assit.
- Comment s'est passée ta semaine ?
- Comme une semaine banale, répondit-il abruptement avant qu'un blanc n'apparaisse de nouveau. C'est nous qui aurions dû être là-bas, au lieu de cette salle de classe pourrie qui n'est même plus utilisée pour les cours ! s'écria-t-il, toujours de mauvaise humeur.
- En fait, j'aurai surtout dû être en face de mon diner à l'heure qu'il est. Malheureusement je vais devoir attendre demain matin avant d'avaler quelque chose, puisque je suis prête à parier qu'un couple a décidé de migrer dans les cuisines.
- Tiens, fit Drago en lui envoyant un paquet sorti de sa poche qu'elle attrapa de justesse.
En l'ouvrant, elle découvrit des morceaux de chocolat aux multiples saveurs.
- Pour le coup je n'ai pas été très original, mais il faut croire que ça te servira plus qu'un énième bijoux.
- Merci.
- Tu ne les manges pas ?
- En fait, je n'ai pas si faim que ça. Moi aussi j'avais prévu un cadeau pour toi, enchaina-t-elle en descendant de la table et en lui tendant un paquet.
Drago le prit et découvrit un drôle d'objet composé de plusieurs tiges de métal dont les terminaisons étaient des genres de petites billes fines.
- Qu'est-ce que c'est?
- Ca sert à te détendre grâce à un petit massage du crâne.
- C'est pour les filles ça !
- Absolument pas ! Essaie-le et tu verras bien ce que ça fait.
- C'est ridicule, critiqua-t-il alors qu'il s'imaginait avec cet objet sur la tête s'affairant à bouger seul dans le but de masser sa tête.
- C'est peut-être ridicule, mais si tu fermes les yeux et que tu te laisses aller, ça pourrait paraitre beaucoup plus sympa, insista Emma en se contenant face à l'humeur exécrable du jeune homme alors qu'elle se mettait derrière lui et posait ses mains sur ses épaules afin de lui masser ces dernières.
- J'aurai encore préféré des chocolats, resta-t-il sur sa position avant de recevoir une claque dans la tête.
- Et ça tu l'as senti, espèce d'insensible ! Au pire, je suis sûre qu'il y a moyen que tu t'en serves comme instrument de torture, ça te servirait peut-être plus ! s'emporta Emma en lui balançant l'objet sur les jambes.
- C'est ça le "bien" que tu me proposais la dernière fois ! râla-t-il une nouvelle fois.
- Je me casse d'ici ! Bonne Saint-Valentin, cher fiancé, s'écria Emma hors d'elle en se dirigeant vers la sortie.
Lorsqu'elle ouvrit la porte, elle se dirigea à grands pas en direction de sa salle commune. Elle fulminait, n'ayant pas du tout supporté cette entrevue avec Drago. Ca avait été étrange, comme s'ils avaient été incapables de se mettre dans ce jeu de séduction qu'ils avaient mis en place depuis longtemps maintenant. Elle fut sortie de ses pensées par les bruits de pas de quelqu'un qui courrait derrière-elle. En se retournant, elle reconnut Astoria qu'elle arrêta dans sa course en la prenant dans ses bras.
- Astoria ? Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda-t-elle en se reculant un peu afin de mieux voir son amie.
Cette dernière avait les yeux rougis de larmes et hoquetait de pleurs.
- Merlin, Astoria ! Réponds-moi ! Que s'est-il passé ? insista Emma qui en l'examinant un peu plus aperçut la chemise mal reboutonnée qu'elle portait hors de sa jupe et son absence de collants alors qu'elle était presque certaine qu'elle en avait auparavant. Ne me dis pas qu'il t'a... Merlin, je vais le tuer ! fulmina la Serdaigle en faisant demi-tour vers la salle sur demande où elle espérait trouver Zabini.
- Arrête ! Ce n'est pas de sa faute ! tenta de l'arrêter la plus jeune en la suivant.
- Pas de sa faute ! Tu te moques de moi ! Tu as vu dans quel état tu es !
- Il ne s'est rien passé, Emma.
- Ce qu'il a tenté de te faire est inadmissible !
- Ca ne sert à rien d'y retourner, il a dû déjà partir ! Il a essayé de me retenir dans le couloir, informa-t-elle alors qu'elles arrivaient en face de la fameuse tapisserie. Qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-elle alors qu'Emma fit trois allers-retours.
- Je doute que tu aies envie de rejoindre ton dortoir dans cet état ! Surtout si c'est pour le croiser dans la salle commune. Si ça se trouve il t'y attend. Viens, suis-moi, expliqua Emma en ouvrant finalement la porte qui venait d'apparaitre.
- Qu'est-ce qu'il se passe ici ! fit une voix derrière les jeunes filles, juste avant qu'elles n'entrent.
- Malefoy, occupe-toi de tes affaires, tu veux ! répliqua la Serdaigle.
- Drago... couina presque de surprise Astoria, alors que le jeune homme l'examinait à son tour.
- Qu'est-ce qu'il t'est arrivée Greengrass ?
- Rien...
- Ne me prends pas pour un idiot, Astoria !
- Astoria, rentre dans cette salle, ordonna Emma depuis l'intérieur de la pièce.
Lui obéissant, celle-ci entra dans la pièce et constata qu'il s'agissait d'une chambre. Alors qu'Emma voulut fermer la porte au nez de Drago, celui-ci mit son pied en travers.
- Je veux savoir ce qu'il s'est passé avec Zabini ! insista le jeune homme.
- Enlève ton pied de là, Malefoy. Tu n'as aucun intérêt à rester là, gronda Emma en le fixant droit dans les yeux.
Elle essayait de lui faire passer le message que eux trois dans une même pièce n'était pas la meilleure des situations. Semblant le comprendre, Drago enleva lentement son pied en jetant un dernier regard vers Astoria. Lorsqu'elle ferma enfin la porte, elle se retourna et s'adossa à cette dernière, fixant son amie d'un regard songeur et inquiet.
- Emma, je t'en prie calme-toi, ce n'est pas ce que tu crois.
- Alors qu'est-ce que c'est, si ce n'est pas ce que je crois ?
- Il ne m'a forcé à rien du tout. Au contraire, il a été un parfait gentleman, expliqua Astoria en se tordant les mains alors que les yeux d'Emma se teintaient d'incompréhension.
*** Astoria ***
La jeune fille se tenait devant son miroir. Elle n'avait pas vraiment fait d'effort pour se faire belle pour Blaise, s'étant juste maquillée pour l'occasion. Elle avait peur de se retrouver avec Blaise, chose qui ne lui était pas arrivée depuis son entrevue avec Drago la veille. C'était comme si le petit nuage sur lequel elle s'était retrouvée ces derniers temps était soudainement devenu orageux et instable. Astoria ferma les yeux et inspira longuement. Il fallait absolument qu'elle retrouve l'attachement qu'elle avait envers son petit-ami avant de retrouver celui-ci. C'était sa première Saint-Valentin après tout et il ne fallait pas qu'elle soit gâchée. Elle repensa à tous les moments vécus avec Blaise et au bout d'un moment, un sourire apparut sur son visage. Il lui semblait avoir réussi à replacer ses sentiments pour Drago Malefoy dans un petit coin de sa tête.
Il était l'heure, elle se leva alors et quitta son dortoir. Sur le chemin, elle croisa sa sœur qui la bouscula sans même la reconnaitre avant d'entrer dans la chambre qu'elle partageait avec ses camarades. Se préoccupant un peu pour elle, elle se retint cependant de la suivre et entra dans la salle commune. En quittant cette dernière, elle aperçut au loin Blaise. Ils avaient rendez-vous au septième étage, mais ce serait idiot de se suivre à quelques mètres d'écart, autant faire le chemin ensemble. Elle accourut jusqu'à lui et lui prit la main sans qu'il ne s'y attende.
- Oh, c'est toi ! fit-il, surpris.
- Qui d'autre veux-tu que ce soit ! réprimanda-t-elle faussement avant de se hisser sur le bout des pieds pour l'embrasser.
Ils restèrent là, à s'embrasser quelques minutes jusqu'à ce que Pansy Parkinson ne lançe "Trouvez-vous une chambre" de sa voix perçante. Ce fut avec un sourire gêné pour Astoria et fier pour Blaise qu'ils continuèrent leur chemin main dans la main. Au niveau du grand hall, ils furent coupés dans leur avancée par Emma qui venait juste de quitter Théodore. Alors que Blaise la contournait, Astoria s'arrêta en contemplant son amie. Elle n'eut pas le temps de lui parler puisque Blaise la tira par la main afin qu'elle continue de marcher. Elle s'exécuta après un sourire d'excuse. Astoria avait ce besoin de se coller à lui afin de s'immerger complètement dans leur relation. Lorsqu'ils arrivèrent au septième étage, Blaise ne savait pas vraiment dans quelle direction aller et dû demander à un tableau où se trouvait la tapisserie de Barnabas le Follet. Une fois la tapisserie atteinte, il fit ce que Théodore lui avait dit de faire, bien qu'il se sentait ridicule, sous les rires d'Astoria. Puis, une porte apparut. Lorsque la jeune fille pénétra dans la pièce à la suite du jeune homme, elle fut agréablement surprise.
Un magnifique lustre sur lequel des bougies produisaient un éclairage tamisé, surplombait la pièce au sein de laquelle se trouvait une table remplie de couverts élégants. Une musique douce parcourait l'endroit digne d'une Saint-Valentin.
- Joyeuse Saint-Valentin, Astoria ! souhaita Blaise, d'un air séducteur en la prenant par la taille.
- Merci, à toi aussi ! C'est une merveilleuse idée que tu as eu là.
Les deux jeunes s'embrassèrent tendrement, les mains de Blaise toujours autour de la taille d'Astoria qui avait les siennes autour du cou de son petit-ami.
Tous deux se trouvaient sur un espace semblant être de danse, recouvert de parquet. Accompagnés d'une musique un peu jazzie, tout semblait parfaitement romantique. Comme un charmant gentleman, Blaise fit tourner Astoria avant d'entamer quelques pas de danse langoureuse sur le rythme de la chanson.
Astoria était comblée, en cet instant là elle n'avait d'yeux que pour ce jeune homme qui semblait parfait.
A la fin de la chanson, il s'éloigna d'elle et se dirigea vers la table près de laquelle se trouvait un sceau de glace contenant une bouteille qu'il ouvrit avec classe. Il servit deux coupes de champagne et revint vers Astoria afin de lui offrir celle qui lui était destinée. Près d'eux apparut soudain une petite mais haute table sur laquelle se trouvait plusieurs petits canapés apéritifs. Ils discutèrent de tout et de rien en prenant cet apéro, notamment de cette surprenante salle. Blaise adoptait un discours plutôt séducteur alors qu'Astoria le dévisageait du regard. Captant ce regard il déposa son verre, encadra son visage de ses deux mains et l'embrassa de nouveau, après lui avoir dit qu'elle était magnifique.
Elle se sentit fondre sous ce baiser qui était empli d'envie et de passion. Il la serrait fort contre lui et lui caressait le visage, le cou, le long des bras puis les mains qu'il prit dans les siennes, entrelaçant leurs doigts. Soudainement, elle se sentit allongée sur ce qui semblait être un lit qui n'était pas là quelques secondes auparavant. Leurs lèvres se séparèrent et Blaise lui lança un regard intense. Sans réfléchir, Astoria leva la tête afin combler la faible distance qui séparaient leurs bouches.
A partir de ce moment, les mains du jeune homme se firent un peu plus baladeuses provoquant alors de grands frissons chez la jeune fille. Puis, il entreprit de lui faire des bisous au creux du cou. Astoria ferma les yeux afin de mieux profiter de cette agréable sensation alors que dans le feu de l'action fut enlevé son collant et ouverte leurs deux chemises.
Agréable sensation qui lui rappela subitement celle ressentie il y a quelques mois dans les bras de Drago. S'imposa alors à elle l'image de celui-ci, qu'elle ne put s'empêcher d'imaginer à la place de Blaise. Alors que celui-ci lui donnait des baisers autour de son soutien gorge, elle ouvrit les yeux et perdit son sourire en revoyant Blaise. La culpabilité la traversa soudainement et des larmes coulèrent le long de ses joues sans qu'elle ne le remarque vraiment. Alors qu'il remontait pour l'embrasser, le jeune s'en aperçut et se figea.
- Astoria, ça ne va pas ? s'inquiéta-t-il.
- Je suis désolée, Blaise, je ne peux pas, pleurnicha la jeune fille.
- C'est moi qui suis désolé, je ne n'aurai jamais dû croire que tu étais prête, s'en voulut-il en s'asseyant sur le bord du lit.
- Blaise... commença-t-elle le faisant se retourner vers elle. Je ne peux pas...
- Je sais, ne t'inquiète pas. Ce n'est pas grave, déclara-t-il en s'approchant d'elle afin de la prendre dans ses bras, ce qu'il ne put faire puisqu'elle recula. Merlin, je t'en prie, n'aies pas peur de moi, je ne te ferai jamais de mal.
- Ce n'est pas ça, Blaise...
- Qu'est-ce qu'il se passe ?
- Je ne peux pas être avec toi. Ce serait mentir, à toi et à moi-même, avoua douloureusement Astoria sans le regarder.
- Tu plaisantes !
- Je suis désolée.
- Arrête d'être désolée ! C'est n'importe quoi, tu racontes n'importe quoi ! s'emporta-t-il en se levant. Je ne vois pas pourquoi tu ne pourrais pas être avec moi, tout se passait bien jusqu'à maintenant.
- Ce n'est pas toi que j'aime, Blaise, lâcha Astoria en se maudissant, elle aurait pu tout aussi bien dire "je ne t'aime pas".
- Tu te moques de moi !
- C'est pour ne pas me moquer de toi que je préfère qu'on arrête tout maintenant, tenta-t-elle d'expliquer en se levant à son tour. Je suis vraiment désolée. Je suis bien consciente que c'est le pire des moments pour t'avouer tout ça...
- Astoria, si c'est une blague, elle vraiment très mauvaise.
- Je suis désolée... vraiment, dit-elle de nouveau en mettant ses chaussures et commençant à reboutonner son chemisier.
- Je t'ai dit d'arrêter de t'excuser ! Arrête Astoria ! Tu ne peux pas partir comme ça, tu ne peux pas ! ragea Blaise qui la prit par les bras et la secoua.
- Blaise, lâche-moi ! tenta-t-elle de se dégager de l'emprise du Serpentard.
- Je ne t'ai jamais demandé de m'aimer tout de suite ! Mais si ce n'est pas moi que tu aimes, qui est-ce ? continua-t-il en la tenant fermement.
- Tu me fais mal ! se plaignit-elle avant qu'il ne la lâche enfin, plus brutalement qu'il ne l'aurait voulu.
Elle se dirigea précipitamment vers la porte, l'ouvrit et sortit de la salle. "Astoria ! Reviens !" Avait crié Blaise hors de la salle, alors que la jeune fille courrait à toutes jambes, reboutonnant sa chemise comme elle le put. Elle pleurait, de honte, de peur, de culpabilité. Elle avait tout détruit, mais elle ne pouvait pas continuer comme ça. Elle fut arrêtée dans sa course en atterrissant dans des bras. En ouvrant ses yeux remplies de larmes, elle reconnut Emma et fut heureuse d'être tombée sur elle.
Malheureusement pour la Serpentard, cette dernière semblait imaginer des choses bien pire que ce qu'il s'était passé. Il fut difficile pour elle de parler et d'expliquer ce qu'il en était vraiment. Elle tenta d'arrêter son amie qui voulait s'expliquer avec Blaise alors qu'elles se dirigeaient toutes deux vers la fameuse salle sur demande. Elle fut soulagée de constater que Blaise était parti. Emma semblait vouloir l'amener à son tour dans la salle, ce qu'elle ne souhaitait pas vraiment. Alors qu'une porte apparaissait, elle entendit une voix bien trop familière à ses pensées. Qu'est-ce que Drago faisait là ? Il ne manquait plus que ça... Ce garçon allait finir par l'achever un jour. Alors que lui aussi semblait faire ses propres conclusions, Emma l'envoya balader et fit entrer Astoria dans la salle.
Cette dernière était totalement différente de celle qu'elle était il y avait plusieurs minutes déjà. Il s'agissait d'une chambre, accueillante dont la couleur dominante était le bleu. Sur la gauche se trouvait un lit à baldaquin auprès duquel se situait un fauteuil. Sur la droite trônait un bureau bordé de deux étagères ornées de tas d'objets, tels que des livres, des poupées, des photos et d'autres petites choses de nature magique. Juste à droite de la porte se trouvait un petit canapé de velours en face duquel était posée une table basse entourée de deux poufs.
Après avoir raconté ce qui lui était véritablement arrivé, les deux jeunes filles s'étaient installées sur le salon improvisé, Astoria sur le canapé et Emma sur un des poufs, une tasse de thé en face de chacune. La Serdaigle n'avait pas vraiment réagi à ses explications, se contentant de souffler sur sa tasse de thé un peu trop chaud.
- Tu vois... C'est moi la méchante dans l'histoire.
- Je suis rassurée. J'ai vraiment cru qu'il avait profité de toi.
- Dis-moi que j'ai bien fait de faire ce que j'ai fait... supplia presque Astoria.
- Il y avait des manières un peu plus délicates que celle-là, mais si c'est ce que tu ressentais vraiment, alors oui, tu as bien fait de rompre, déclara Emma en fixant droit devant elle. Mais par Merlin Astoria, quand est-ce qu'il te sortira de la tête ! s'agita-t-elle subitement, faisant sursauter son amie.
- Je n'y peux rien, c'est plus fort que moi.
- Si tu y peux quelque chose. Avec un peu plus de volonté tu l'oublierais sans doute un peu plus facilement, répliqua la Serdaigle.
- Emma, je ne sais pas pourquoi, mais j'ai cette impression que c'est possible entre lui et moi ! Regarde ce soir, il avait l'air de vraiment s'inquiéter pour moi !
- Tu te fais des films. Et ce n'est pas comme ça que tu risques de l'oublier !
Emma n'avait jamais apprécié cette idée qu'elle et Drago puisse être ensemble et Astoria mettait ça sur le compte de son ressentiment envers Malefoy. Ressentiment que semblaient avoir la plupart des élèves de Poudlard en dehors des Serpentard. Elle tenta de changer de sujet en parlant de Théodore, ce qui ne fut pas une très bonne idée puisque la plus grande des deux se leva et se dirigea vers le lit.
- Je ne veux pas parler de lui, dit-elle, allongée sur le lit.
- Pour ne pas changer... souffla Astoria en se levant et en observant les photos au sein desquelles se trouvait principalement une petite fille brune en compagnie de son père. D'autres photographies magiques représentaient l'adolescente avec son grand-père ou ce qui semblait être certains membres de sa famille argentine. C'est une réplique de ta chambre ?
- Oui.
- Je suis contente de voir à quoi elle ressemble, avoua-t-elle en rejoignant son amie toujours allongée sur son lit, fixant le vide. C'est comme si j'en apprenais un peu plus sur toi.
- Ce n'est pas non plus comme si tu ne connaissais rien du tout de moi.
- Est-ce que je peux rester dormir ici ce soir ?
- Bien sûr.
- Ca ne te dérange pas de rester avec moi ?
- Comme si ça me dérangerait !
- Mais tes amies vont bien voir que tu n'es pas rentrée.
- Oui, mais c'est un cas de force majeur. Il n'y a pas moyen que je te laisse seule ce soir !
- Merci d'être là pour moi, Emma.
- Il n'y a pas de quoi. C'est tout à fait normal, tu es mon amie, déclara-t-elle en lui souriant.
Ce qu'Astoria ne remarqua pas était la culpabilité cachée derrière ce sourire.
*** Drago ***
Le jeune homme n'y croyait pas, ce Zabini avait osé abuser d'Astoria. Vu l'état de cette dernière qui avait la chemise à moitié boutonnée, les cheveux complètement décoiffés et le visage rempli de larmes, ce ne pouvait être que ça. Zabini avait forcément fait quelque chose de mal ! Drago était hors de lui, ne supportant pas l'idée qu'il soit arrivé quelque chose à la jeune fille, surtout s'il s'agissait d'une chose qu'il avait lui-même su se retenir de faire. Il avait tout d'abord été furieux contre Emma qui l'avait empêché de savoir ce qu'il s'était passé. Mais au fond elle avait eu raison. Quand bien même Astoria aurait voulu lui en parler, il n'aurait pas été très adéquat de les mettre tous les trois dans une même pièce. Ainsi, il était reparti en direction de sa salle commune. Une fois arrivé, il ne s'y attarda pas, la personne recherchée n'y étant pas. A son entrée dans le dortoir, il aperçut Blaise en plein milieu de la pièce en train de parler à Nott.
- Zabini ! hurla-t-il presque.
Lorsque celui-ci se retourna, il fut frappé de plein fouet par le coup de poing que Drago lui assena. A ce moment tout se passa vite, Théodore se mit entre ses deux camarades afin de les séparer pendant que Crabbe regardait la scène depuis son lit ne sachant pas vraiment s'il devait aider Malefoy et que Goyle sortait précipitament de la salle de bain, sa brosse à dent dans la bouche.
- Putain, Malefoy, qu'est-ce qu'il te prend ! lança Zabini qui se relevait, le nez en sang.
- Tu sais très bien que tu le mérites !
- Ah ouai ! Et depuis quand on mérite de s'en prendre une quand on se fait larguer ! s'écria-t-il alors que tout le monde se tourna vers lui.
- Astoria t'as laissé tombé ? s'étonna Théodore qui retenait toujours le blond.
- Ah ouai ? Alors comment tu expliques l'état de ses vêtements si elle n'a fait que te larguer ! Tu y es bien pour quelqu'un chose ! s'exclama Drago.
- Il se trouve qu'elle en aime un autre ! Et tu vois, maintenant j'ai bien ma petite idée sur l'identité de cet autre ! cracha Zabini en essuyant le sang qui coulait de sa manche.
Drago se dégagea de l'emprise de Théodore et sortit de la pièce, bousculant les quelques élèves qui avaient entendu le bruit provoqué par la dispute. Le couvre feu n'allait pas tarder à tomber, cela ne servait donc à rien de sortir de la salle commune. Repérant Pansy en compagnie de Bulstrode, il se dirigea vers elle et s'assit en face de celle qui pouvait être considérée comme son "amie".
- Qu'est-ce que t'as ? demanda-t-elle surprise de le trouver ainsi.
- Rien, répondit-il froidement.
Il resta là, jusqu'à très tard, comme s'il espérait voir Astoria lorsqu'elle reviendrait afin de vraiment savoir ce qu'il s'était passé. Mais la jeune fille n'était pas revenue. Ce soir-là fut l'un des rares soir où il ne pensa pas à ce qui le préoccupait depuis de long mois, à savoir sa mission.
Le lendemain matin, il ne vit ni Astoria, ni Emma au petit-déjeuner. Il supposa que les deux jeunes filles étaient restées ensemble dans la salle sur demande durant la nuit, et qu'elles avaient dû prendre leur petit déjener au sein de celle-ci.
Blaise et Théodore avaient étouffé l'affaire du coup de poing, n'étant parvenu aux oreilles des autres Serpentard qu'une simple dispute. Les relations entre Zabini et Malefoy étaient grandement tendues et il ne valait mieux pas les laisser seuls dans une même pièce. La rumeur selon laquelle Astoria avait laissé tombé son petit-ami se répendit parmi les sixièmes et les quatrièmes années de Serpentard et le mystère tournait autour de cette dernière qui n'était pas réapparue depuis la veille.
Ce ne fut qu'à leur leçon de transplannage que Drago aperçut Emma qui semblait s'agiter avec ses amis avec qui elle expliquait sûrement son absence de la veille. Lorsqu'il croisa le regard haineux de Michael, il en joua et lui lança un rictus. L'idiot devait croire que son amie avait passé la nuit avec lui. Il serait trop content d'apprendre que tel n'était pas le cas. D'ailleurs sa relation avec Emma n'était pas au beau fixe en ce moment, rien qu'à voir ce qu'il s'était passé avant que l'affaire "Astoria" ne survienne. Pourtant tout avait eu l'air de s'arranger en début de semaine.
Au cours de la leçon, il tenta vainement de croiser le regard de sa fiancée qui ne dégnait lui accorder de l'attention. Ce ne fut qu'à la fin de ce piètre cours qu'il réussit et tenta alors de lui faire entendre qu'ils devaient se voir imédiatement. Ce qu'elle sembla comprendre, puisqu'elle hocha rapidement la tête avant de se consacrer de nouveau à ses amis Serdaigle. Lorsque les élèves sortirent de la Grande Salle, Drago se précipita au bas des escaliers fixes rarement empruntés, surtout pour un samedi. Quelques minutes plus tard il fut rejoint par Emma.
- T'es qu'un idiot, Drago ! l'attaqua-t-elle directement en essayant de contrôler le son de sa voix.
Face au regard surpris de son fiancé, elle continua.
- Par la robe de Merlin, qu'est-ce qu'il t'a pris de cogner Zabini !
- J'ai cru qu'il avait profité d'elle.
- Eh bien, ce n'est pas ce qu'il s'est passé !
- Peut-être que si vous m'aviez expliqué, rien de tout ça ne serait arrivé !
- Mais t'expliquer quoi, Drago ! Tu n'es que Drago Malefoy, tu n'as aucun intérêt à agir pour Astoria. Tu n'es même pas son ami ! A cause de ce fichu coup de poing, les autres risquent de croire qu'il se passe quelque chose entre vous. Et le pire tu vois, ce serait que "elle" elle y croit. Tout ça c'est ta faute, Drago !
- Et je peux savoir ce que j'ai fais ! Je n'y peux rien si elle est dingue de moi !
- Tu pourrais au moins éviter de t'impliquer dans sa vie ! Hier, en nous voyant tu aurais pu t'abstenir de venir nous voir, lorsque tu es rentré tu n'aurais pas dû te fonder sur de simples conclusions hâtives et quand bien même ça aurait été le cas, ce n'était pas à toi de casser la gueule de Zabini.
- Excuse-moi d'avoir voulu la protéger !
- Mais pourquoi la protègerais-tu, Drago ! s'écria-t-elle avant que tous deux ne se fixent en silence, le jeune homme ne sachant que répondre à la question.
Puis, d'un coup les yeux d'Emma s'agrandirent.
- Merlin, il ne manquait plus que ça.
- Ce n'est pas ce que tu crois, Emma.
- Ah vraiment !
- Toi même tu as du jour au lendemain voulu protéger cette fille, alors que tu t'en foutais royalement auparavant ! Eh bien moi c'est pareil, j'ai cet incompréhensible besoin qu'elle aille bien.
- Sauf qu'elle n'ira jamais bien si tu t'impliques dans sa vie, Drago ! Je te demande juste d'arrêter de lui donner de faux espoirs.
- Je ne lui ai jamais donné de faux espoirs !
- Ah oui, et que crois-tu que ressent une jeune fille en apprenant que le garçon qu'elle aime a voulu se venger du potentiel mal qu'on aurait pu lui faire !? Et tu sais très bien que ce garçon qu'elle aime ne finira jamais avec elle, pour la simple et bonne raison qu'il est promis à une autre ! fit-elle provoquant alors le rire nerveux de Drago.
- En fait, tu es jalouse, déclara presque fièrement le jeune homme.
- Ne détourne pas la conversation.
- Je ne détourne rien du tout. En fait, ça te tue de savoir que je peux m'inquiéter pour une autre que toi !
- Je me fiche complètement de ça, Drago. Je me préoccupe seulement d'Astoria ! Et si tu veux savoir ce qui me tue vraiment, c'est d'imaginer son regard lorsqu'elle découvrira que toi et moi on est fiancés, conclut la jeune fille avant de reculer lentement et de tourner les talons.
Drago resta immobile encore quelques secondes, la regardant s'éloigner et réfléchissant à la conversation qu'ils venaient d'avoir. Emma n'avait pas vraiment tort, mais lui non plus, pensa-t-il, ça se voyait comme le nez au milieu de la figure qu'elle était jalouse. Sur cette pensée, il mit ses mains dans les poches et se dirigea vers cette salle qu'il ne connaissait que trop bien. Ç'en était fini des gamineries pour auourd'hui, il avait des choses beaucoup plus sérieuses à faire.
Aucun des deux fiancés ne remarquèrent la présence d'une autre personne dans ce couloir, cachée derrière une armure et semblant anéantie par ce qu'elle venait de voir.
*** Théodore ***
Cette Saint-Valentin était un vrai fiasco cette année, entre l'entêtement de Daphné qui refusait les avances d'Anthony, Emma qui rejoignait son mystérieux fiancé et Zabini qui se faisait larguer par Astoria juste avant de se prendre un poing dans la figure par Malefoy. Au moins, le seul point pouvant être positf était la possibilité que Drago apprécie plus qu'il ne le pense la jeune Astoria, comme pouvait laisser penser sa réaction lorsqu'il crut qu'il lui était arrivé quelque chose. Il avait quand même du mal à imaginer ces deux-là ensemble, surtout quand on savait que Malefoy trafiquait quelquechose.
Théodore avait très mal supporté de voir Emma manquer le diner à la suite de la lecture de cette lettre qu'il supposait être du fiancé de la jeune fille. Soit cette dernière s'était empressée de lui répondre, soit elle s'était empressée de le rejoindre, ce qui voudrait dire qu'il était bel et bien à Poudlard. Dans tous les cas, aucune des deux solutions ne lui plaisait et cela renforçait sa rancoeur envers cet homme qui épouserait un jour la jeune fille.
Le lendemain matin, un mystère restait. Apparemment, Astoria n'était pas rentrée et Daphné s'inquiétait pour sa soeur. Ne pouvant pas lui mentir, il avait fini par avouer ce qu'il s'était passé dans le dortoir des garçons de sixième année. Elle n'avait pas fait référence à ce qu'il s'était passé entre eux deux la veille, mais semblait plutôt froide envers son ami. Alors qu'ils se dirigeaient vers la Grande Salle pour leur leçon de transplannage, ils croisèrent Emma et Astoria qui descendaient du grand escalier en marbre. Daphné fonça vers sa soeur, suivie de près par Thédore.
- Je peux savoir où tu étais ! Je me suis fait un sang d'encre !
- J'étais avec Emma. Je vais bien, ne t'inquiète pas pour moi.
- Et c'est quoi cette histoire avec Blaise ! Depuis quand tu en aimes un autre ! continua-t-elle sa réprimande.
- Heu... Je ne pensais pas que les nouvelles iraient aussi vite et dans les détails en plus... rougit Astoria.
- Malefoy a cassé le nez de Zabini quand il l'a vu. Apparemment il a cru qu'il t'avait fait du mal.
- Malefoy a fait quoi ! s'exclama Emma.
- Drago a fait ça ! s'écria Astoria en même temps que son amie.
- Alors comme ça c'est vraiment lui, Astoria ! s'étonna Daphné.
- Blaise en a conclu que c'était lui, cet autre, expliqua Théodore.
- Je crois que nous allons être en retard au cours si nous n'y allons pas, déclara Emma alors que plus personne ne parlait, les regards convergeant vers Astoria qui était plus rouge que jamais.
Sur ce, les trois sixième année se dirigèrent vers la Grande Salle pour leur leçon de transplannage qui ne fut pas plus glorieuse que la précédente. Théodore avait été plus ou moins rassuré d'apprendre qu'Emma avait passé sa soirée avec Astoria. D'ailleurs, il voulait en savoir un peu plus sur ce qu'il s'était passé la veille, autant avant que après cette histoire avec Astoria. Il se promit alors d'interpeller la jeune fille à la fin du cours. Après cette séance où il se désartibula le petit doigt, il tenta de se diriger vers Emma mais fut abordé par Blaise qui l'ayant vu parler à Astoria, voulait savoir comment elle allait. Lui expliquant brièvement qu'elle allait bien et qu'elle avait passé le reste de la soirée avec Emma, son amie, il sortit de la salle et partit à la recherche de celle-ci qu'il avait vu monter l'escalier de marbre.
Alors qu'il allait continuer sa route vers les escaliers magiques, il entendit au loin les pas de la jeune fille qui parcourait le couloir menant aux escaliers fixes, moins fréquentés. Il prit à son tour cette direction et quelle ne fut sa surprise lorsqu'il l'entendit crier sur Drago Malefoy. S'approchant à pas de loup, il se cacha derrière une des armures du couloir, tentant de passer inaperçu.
Au fur et à mesure de la conversation, il avait le souffle coupé. Il n'en croyait pas ses oreilles, Emma et Drago avait l'air bien familiers. Une pensée s'immisca dans son esprit : et si...? Mais celle-ci se confirma bien trop vite à son goût lorsque la jeune fille prononça sa dernière phrase qui résonna dans tout son être.
"... que toi et moi on est fiancé."
A ce moment là, son regard ne voyait plus. Il était comme figé. Ainsi c'était bel et bien Drago Malefoy son fiancé, comme il l'avait supposé il y a quelques semaines. Emma lui avait délibérément menti afin de cacher son identité. Sur le coup une colère intense pour les deux fiancés le parcourut. Malefoy aussi s'était joué de lui lorsqu'il abordait le sujet de sa relation avec Emma, sachant pertinament qu'il ne pourrait rien se passer. Théodore était choqué de ce qu'il découvrait, le pire était arrivé : un de ses "amis" était le fiancé d'Emma.
Le week-end fut très silencieux pour Théodore. Il s'était tout d'abord enfermé dans la salle de bain, ayant senti le besoin de prendre une bonne douche chaude. Puis, il s'était installé dans la salle commune afin de se consacrer uniquement à ses devoirs. Lorsque Blaise et Daphné pestèrent contre Malefoy, il se retenait de leur dire qu'ils n'avaient pas à s'inquiéter puisque rien ne pourrait arriver entre Astoria et ce dernier. Lorsqu'il aperçut cette dernière, il ne put s'empêcher de la plaindre, cette pauvre jeune fille innoncente amoureuse de quelqu'un qu'elle ne pourrait avoir. Ce qui le diférenciait d'elle était le fait qu'il savait désormais. Comme quoi savoir pouvait parfois faire beaucoup plus souffrir qu'ignorer. Mais n'était-ce pas triste d'espérer quelque chose d'impossible, comme le faisait cette jeune fille ? Ne vallait-il mieux pas souffrir et savoir à quoi s'attendre ? N'était-ce pas ainsi plus facile de passer à autre chose ?
Pour le moment Théodore n'en était pas encore là. A ce stade, il était empli de rancoeur et de jalousie. Il tenta de se contenir lorsqu'il vit Malefoy revenir d'il ne savait où, en fin de journée. Lui aussi avait cette envie de casser la figure de celui qui passait fièrement devant Zabini, seulement pour le faire enrager.
Tel étaient les ressentiments de Théodore Nott durant ce week-end. La semaine ne débuta pas autrement et ce fut en évitant au maximum Emma et le reste des Serpentard qui l'insupportaient plus que jamais, qu'il commença sa journée de cours. Il n'eut cependant pas de chance à la fin de celle-ci puisque le professeur Slughorn décida de diviser la classe de potion en quatre groupe de trois, suivant l'ordre alphabétique.
- Premier groupe : Boot, Corner et Granger, commença le professeur de potions. Deuxième groupe : Greengrass, Goldstein et MacMillan.
A l'annonce de ce trio, les deux premiers tirèrent une tronche monumentale.
- Troisième groupe : Malefoy, Nott et Oreiro.
Cette fois-ci ce fut à Théodore de se crisper plus que jamais.
- Quatrième et dernier groupe : Potter, Weasley et Zabini. Vous avez la chance d'avoir des niveaux assez bien répartis. Vous travaillerez ainsi durant deux semaines, le temps de fabrication nécessaire aux différentes potions que vous aurez à faire. Je vous souhaite une bonne colaboration à tous ! annonça joyeusement le professeur Slughorn.
Alors que tout le monde se plaçait selon leur groupe, Emma se plaça face à Théodore tandis que Malefoy se trouvait à leur gauche et droite, sur le bout de la table.
La seule satisfaction pour Théodore fut le thème qu'ils avaient obtenu, à savoir les potions médicales. Ils avaient deux semaines pour fournir à Slughorn une petite dizaine de potions ancrées dans le domaine médical. Cela fut une bonne nouvelle pour lui car il projettait justement de devenir médicomage.
- C'est une bonne pioche pour toi, Théodore ! lui sourit Emma alors que ce dernier lui répondait par un léger sourire.
- Tu parles, c'est pourri comme sujet, grogna Malefoy avant de recevoir deux regards noirs.
- Par contre il est vrai que l'on a pas eu de chance de t'avoir dans notre groupe, Malefoy ! répliqua Emma recevant le regard indescriptible de Théodore qui bouillonnait intérieurement en imaginant la comédie qu'allaient jouer les deux autres au cours des deux prochaines semaines.
Il jeta un coup d'oeil au groupe de Daphné et constata que cette dernière se disputait déjà avec Anthony alors que se tenait entre eux deux un Ernie MacMillan se sentant impuissant et de trop.
- Bon, il faut qu'on établisse un liste de potions. Théodore, tu en connais quelques unes ?
- Super, comme si on avait besoin d'une maitresse, ronchonna Malefoy.
- Quelques unes oui, haussa le ton Théodore afin de faire taire le blond qui lui tapait vraiment sur les nerfs avant d'énoncer les différentes potions qu'il connaissait et qu'Emma s'empressa de noter sur un parchemin en ajoutant celles qu'elles connaissaient également.
Malefoy, quant à lui, se contentait de taper bruyamment le bout de ses ongles sur la table.
- On commence par la potion de régénération sanguine ? proposa Emma, une fois tous les ingrédients nécessaires notés sous chaque nom de potions sélectionnées. Malefoy, tu vas chercher les ingrédients ? Je suppose que tu dois bien être capable de faire ça, au moins, suggéra-t-elle alors que Drago lui prit violemment la liste des mains avant de se diriger vers le placard d'ingrédient. Je me demande comment tu fais pour le supporter, souffla-t-elle à Théodore tout en disposant le matériel qui leur sera nécessaire sur la table.
- C'est une bonne question en effet, tenta-t-il de se contenir.
Dire que tout ceci serait passé comme une lettre aux hiboux postaux s'il n'avait pas surpris leur conversation il y avait deux jours de cela. Tout se passa ainsi durant leurs heures de cours, les deux fiancés secrets s'envoyant des piques et Théodore tentant de contenir sa colère et sa frustration, l'impression d'être pris pour un idiot étant plus que présente. Frustré, tel était son ressentiment à l'instant. Cette sensation était vraiment insupportable. Arrivé près d'un miniscule passage qui menait à d'anciens cachots, il se retourna et aperçut Daphné qui s'avança à grand pas. Il l'intercepta en la prenant par le bras et en la conduisant à travers le passage qui les amena jusqu'à une salle que Théodore éclaira grâce à l'aide de sa baguette.
- Qu'est-ce que tu veux ? lâcha Daphné, semblant elle aussi très frustrée par son cours de potions.
Pour simple réponse, Théodore la fixa intensément durant quelques secondes avant de plaquer ses lèvres sur celles de son amie.
- Qu'est-ce que tu fais ! s'exclama-t-elle en se reculant.
- C'est d'accord, se contenta-t-il de répondre.
- Tu ne trouves pas qu'il est un peu trop tard ?
- C'est à toi de me le dire.
Puis, comme d'un tacite et commun accord, ils s'embrassèrent de nouveau de façon un peu précipitée. Il adossa la jeune fille contre le mur le plus proche et la souleva un peu afin que leurs deux visages soient au même niveau alors qu'elle enroulait ses bras et jambes autour du cou et hanches du jeune homme.
S'embrassant toujours à pleine bouche dans cette position, ils furent interrompus par un juron. Anthony et Emma se trouvaient au bas de l'escalier étroit et les observaient, les yeux ronds pour Emma et les yeux emplis de colère pour Anthony. Ce dernier remonta précipitamment le passage, bousculant presque son amie qui restait figée. Ouvrant la bouche pour parler, elle se retint, la ferma aussitôt et sortit à son tour hors de cette pièce.
Daphné soupira et posa la tête sur l'épaule de Théodore. Ils n'avaient décidément pas de chance.
*** Emma ***
De tout le week end, Emma fut la cible de ses amis concernant son absence lors de la nuit de la Saint-Valentin. Entre Terry qui était persuadé qu'elle l'avait passée avec Théodore et Michael qui croyait dur comme fer qu'elle l'avait passée avec Malefoy, elle remerciait les autres de la croire quand elle disait qu'elle était restée auprès d'Astoria, sans non plus trop rentrer dans les détails. Pour Terry, la preuve la plus flagrante était le fait qu'Emma et Théodore ne s'étaient pas parlés de la journée. Tel fut le cas jusqu'au cours de potions, où les élèves devaient dorénavant travailler en groupe de trois. Comme le destin aimait s'acharner sur les gens, Anthony se retrouva avec Daphné, alors qu'Emma se retrouvait non seulement avec Théodore, l'homme de son dernier rêve et qui alimentait les taquinneries de Terry, mais également avec Drago, son secret fiancé. Elle ne savait pas ce qu'elle haït le plus au moment où son groupe avait été désigné, le sourire victorieux de Terry ou le sourire moqueur de Michael. Avant de rejoindre son groupe elle prit une grande inspiration et se mit en face de Théodore, ignorant complètement le blond. Durant tout le cours, Drago fut insupportable et elle sans vraiment se forcer, n'arrêta pas de le réprimander. Au fond, ce n'était pas vraiment de la comédie car en ce moment Drago l'insupportait plus que tout. Elle fut cependant frappée par le regard de Théodore qui avait quelque chose de différent, bien qu'elle fut incapable de dire quoi. Son attirance envers celui-ci avait quelque peu faibli, le souvenir du rêve s'éloignant un peu plus. Mais la jeune fille ne put s'empêcher d'avoir des regrets lorsqu'elle eut face à elle ces deux Serpentard, l'un séduisant, sans doute futur médicomage, l'autre insupportable, mangemort de son état. Sur cette constatation, elle soupira et continua sa découpe de foie de dragon.
A la fin du cours, elle fut surprise de la vitesse à laquelle sortit Théodore à qui elle n'eut même pas le temps de dire quelques mots. Après un regard peu avenant lancé vers Drago elle sortit à son tour et attendit ses amis. Elle fut rejointe en premier par Anthony qui avait l'air sur les nerfs et à qui elle offrit un sourire compatissant. Elle ne lui parla pas de Daphné, il n'y avait rien à dire. Terry et Michael étaient avec Hermione Granger qui les retenaient afin de leur expliquer l'organisation du groupe concernant les deux semaines à venir. Alors qu'elle se réjouissait de leur air ennuyé face à l'exigence de Granger, elle remarqua qu'Anthony regardait droit devant lui. En suivant son regard, elle vit Théodore entrainer Daphné par le bras dans un passage plutôt étroit. Ils furent sortis tous deux de leur contemplation par Terry et Michael qui venait enfin d'être libérés. Ils se dirigèrent alors vers le couloir en direction du grand hall qui passait notamment devant le couloir étroit dans lequel avaient disparu les deux amis Serpentard. La curiosité d'Anthony fut trop forte. Alors même qu'ils étaient un mètre plus loin des escaliers qui composaient le passage, il fit demi-tour et emprunta les marches poussièreuses.
- Anthony ! l'interpella Emma en le suivant.
- Non d'une gargouille ! jura-t-il arrivé au bas de l'escalier juste avant qu'Emma n'arrive derrière lui.
La jeune fille était comme figée. Sous ses yeux se trouvaient Daphné et Théodore dans une position loin d'être conventionnelle. Anthony partit le premier, la bousculant légèrement alors qu'elle, était incapable de bouger. Au bout d'un moment, elle sortit de sa léthargie et s'en alla à son tour. Michael et Terry lui demanda ce qu'il s'était passé pour qu'Anthony s'en aille comme ça, mais elle ne leur répondit pas, partant à la suite de celui-ci.
Il avait pris pas mal d'avance et ce fut donc seule qu'elle parcourut le chemin jusqu'à leur salle commune. Elle n'avait pas à se sentir comme elle se sentait. Théodore était libre de faire ce qu'il voulait avec qui il voulait. Mais elle ne pouvait s'empêcher d'avoir été atteinte par ce qu'elle venait de voir, surtout en cette période où elle fantasmait sur lui. Elle était également en colère contre lui. Daphné. Comme si les problèmes n'étaient pas assez nombreux entre Anthony et cette dernière !
Lorsqu'elle arriva dans la tour des Serdaigle, il n'y avait aucune trace de son ami. Elle aperçut tout de même Padma en compagnie de son petit-ami, qui la regardait avec interrogation. Prenant son courage à deux mains, Emma se dirigea directement vers le dortoir des garçons afin d'y retrouver Anthony. Celui-ci était sur son lit, le dos contre le dossier, le pied droit ramené vers son genou gauche, et il balançait des boulettes de papier qu'il formait grâce à des bout de parchemin qu'il déchirait. Avant que la boulette n'atterrisse sur le sol, celle-ci se désintégrait grâce à un sort informulé qu'il lançait de sa baguette.
Emma tenta de traverser la cohue de vêtement qui semblait appartenir à Terry et se posa près d'Anthony. En baissant les yeux, elle remarqua que le parchemin que son ami prenait soin de mettre en pièce était parcouru de l'écriture de Daphné.
- J'espère que tu ne viens pas soutenir qu'entre Daphné et moi tout est encore possible alors que tu es la deuxième à qui ça a fait du mal !
- J'ignore si tout est encore possible, je sais juste qu'il y a plein d'obstacles que vous mettez dans votre chemin.
- Je ne mets rien du tout moi ! Les choses sont plutôt claires, elle m'a rejeté, elle s'est trouvé quelqu'un d'autre ! En fait, celle pour qui ça me gêne le plus c'est toi, Emma ! Théodore n'est qu'un gros con !
- Et Daphné n'est qu'une idiote.
- Dire qu'on va devoir passer deux semaines avec eux en potions.
- Et encore, tu n'as pas Malefoy en rab ! ajouta-t-elle provoquant un rire sans teint chez le jeune homme.
- Je voudrais leur faire subir la même chose qu'il nous on fait subir, lâcha-t-il soudain alors qu'il faisait brûler le reste de parchemin en entier, la flamme se reflettant dans ses yeux.
- Régler le mal par le mal, c'est digne d'un Serpentard ça, ironisa-t-elle.
- Je suis sérieux. Si toi et moi, on se mettait à sortir ensemble...
- Ils devineront que ce sera seulement par vengeance ! l'interrompit-elle, pas vraiment attirée par l'idée du jeune homme.
- Mais au moins, ils verront ce que ça fait !
- Ce n'est pas une bonne idée, Anthony.
- En fait, t'en as vraiment rien à faire de Théodore ! Si tu l'aimais vraiment, tu aurais voulu te venger ! rétorqua-t-il avant de se taire en apercevant Padma qui entrait à son tour dans le dortoir des sixième années.
- Merlin ! Quel bordel ! s'exclama-t-elle en traversant à son tour le coin de Terry qui empiétait sur une grande partie de la chambre. Bon, vous deux, qu'est-ce qu'il vous arrive ?
- Daphné et Théodore sont ensemble.
- Je ne crois pas qu'ils soient ensemble, contredit Emma. Ils ont juste voulu, dériver leur amitié. Ils ont toujours été très proches.
- C'est dans tes soirées de Sang-pur que tu apprends tout ça ? demanda narquoisement Padma.
- Toujours est-il, que Daphné et Théodore étaient ensemble après le cours de potions, reprit Anthony.
- Et alors, ce n'est pas comme si vous comptiez sortir avec eux, conclut Padma qui n'était pas au courant de la déclaration d'Anthony le jour de la Saint-Valentin.
- Cette phrase s'applique à moi, mais pas à Anthony.
- Merlin Anthony ! Je croyais que t'avais fini par l'oublier ! s'étonna l'indienne sous les grognements de son ami. Au moins, cette fille t'a prouvé une fois de plus à quel point elle ne te mérite pas !
- Avec des conseils comme les tiens, je comprends pourquoi l'histoire a trainé, lâcha Emma.
- Daphné n'est qu'une pimbêche qui passe son temps à jacasser et à se moquer des autres. Et puis, quelle fille normalement constituée s'amuserait comme elle le fait avec son ami !
- Daphné est une fille dont l'égo a été touché et qui a dû mal à le mettre de côté, ce qui certes lui fait faire des bêtises mais ne la rend pas moins humaine.
- Vous trouvez le moyen d'être en désaccord même en me donnant des "conseils", se moqua Anthony juste avant que ne débarquent Terry, Michael et Mandy.
- Ben dis donc Terry... Pourquoi ça ne me surprend pas ? réagit à son tour Mandy, face au bordel de son ami.
- Et si vous nous disiez ce qu'il se passe ? amorça Michael, mécontent d'être mis sur la touche.
- Ca te change de faire partie du mauvais côté du secret n'est-ce pas Michael ? fit fièrement Padma.
- Tu n'étais pas là quand c'est arrivé alors évite de te la ramener, Padma ! rétorqua ce dernier.
- Emma a vu Théodore avec une autre, informa Anthony.
- Ce qui explique pourquoi tu es parti en furie, ironisa Michael, peu convaincu qu'il n'y ait que ça.
- Avec Michael, on pense que cette autre en question, ne te laisse pas indifférent non plus, intervint Terry.
- Tu sais Anthony, avec Esteban aussi on n'arrêtait pas de se disputer avant qu'on ne sorte ensemble, relativisa Mandy.
- Bon qu'est-ce qu'on fait là ? Un conseil de je ne sais quoi ? Et si vous nous fichiez la paix un peu ! On est assez grands pour régler nos problèmes seuls ! s'emporta Anthony en se levant afin de quitter la pièce.
Puis un à un, ils sortirent tous, les deux derniers étant Michael et Emma.
- Ca doit bien te faire marrer que tout le monde s'inquiète pour toi et Nott alors qu'au fond tu n'as d'yeux que pour ton cher fiancé, lança presque méchament Michael en la prenant par le bras avant qu'elle ne quitte la pièce.
- Si seulement tu avais raison, Michael, lui répondit-elle avec un regard teinté de ce qui semblait être de la tristesse, prenant alors au dépourvu le jeune homme.
La soirée fut un peu tendue pour le groupe qui se dispatcha, Michael et Padma étant avec leurs amoureux, Emma et Mandy, et Anthony et Terry, chacun de leur côté. Le lendemain ne s'annonçait pas très réjouissant puisqu'ils devaient se confronter à leur deuxième cours de potions de la semaine. Lorsque celui-ci arriva, Anthony et Daphné furent étrangement silencieux, se contentant de s'ignorer et de faire ce qui leur était demandé. Emma aussi fut plutôt silencieuse, ne se donnant même pas la peine de diriger le groupe, comme elle avait pu le faire la veille.
- Tu as perdu ta langue, Oreiro ! lança Drago, qui était surpris par le changement d'attitude de la jeune fille.
- Il parait que respirer trop intensément de l'essence de belladone peut rendre stérile. Tu devrais essayer, rétorqua Emma avec humeur.
Face au regard scrutateur de Théodore elle continua.
- Ca évitera au monde de voir ta progéniture, s'arracha-t-elle les mots de la bouche, pour plus de crédibilité.
Sur le coup, elle se sentit vraiment mal, comme si un hurlement de rage souhaitait sortir de sa bouche. La "progéniture" de Malefoy serait également la sienne.
- Il manque les sécrétions de bandimon, je vais en chercher, dit-elle avant de s'élancer vers le placard à ingrédient et de respirer profondément.
- Ca ne va pas ? s'inquiéta une voix qu'elle reconnut comme étant celle de Michael à ses côtés.
- Ca va... répondit-elle un peu plus tristement qu'elle ne l'aurait voulu avant d'esquisser un mouvement pour retourner à sa place.
- Emma ? la retint Michael par la main.
Le regard des deux amis se croisèrent en silence.
- Tu peux me dire lesquels sont des dards de Billywig s'il te plait ? Hermione va me tuer si je me trompe encore.
- Ce sont les bleus, indiqua-t-elle avant de retourner vers son groupe.
Cette fois-ci, ce fut elle qui partit la première sans demander son reste. Emma n'aimait pas cette journée car elle se sentait triste. Ce n'était pas une sensation très agréable. C'était une tristesse sans nom qui regroupait plein de choses. Elle avait l'impression que son bouclier se brisait de nouveau, mais de manière beaucoup plus lente. Tout avait commencé par ce rêve qui avait fait naitre en elle des regrets. Or les regrets étaient ce qu'il y avait de plus dangereux pour l'équilibre d'une personne. Et peu à peu, cet équilibre se rompait. Il fallait que cela cesse, il fallait qu'elle rétablisse son bouclier. Le problème était qu'elle ignorait comme s'y prendre.
A la fin de la journée, elle décida de s'isoler dans le parc, sur un des bancs. Le soleil se couchait et éclairait de sa lumière crépusculaire toute l'étendue du parc, dont le lac. C'était beau comme paysage, mais ne supportant pas de voir de belles choses Emma s'allongea et regarda le ciel parsemé de quelques nuages teintés des mêmes couleurs que celles de ce coucher de soleil.
- Bonsoir Emma.
- Théodore, constata Emma, sans même le regarder.
- Il faut qu'on parle, lui dit-il avant qu'elle ne soupire bruyament et qu'elle s'asseye, une jambe de chaque côté du banc.
Il prit la même position en se mettant face à elle et soutint le regard qu'elle lui lançait. C'était un étrange regard qu'elle baissa au bout d'un moment, regardant ses mains.
- Depuis quand Emma Oreiro baisse-t-elle le regard aussi facilement ?
- Qu'est-ce que tu veux, Théodore ? soupira-t-elle en le regardant de nouveau.
- Toi. Mais je sais, ce n'est pas possible, tenta-t-il de plaisanter, ce qui ne fit évidemment pas rire Emma. Je voulais te parler de Daphné, reprit-il plus sérieusement.
- Bien sûr, lâcha Emma comme si ça ne pouvait être que ça. Mais tu n'es pas obligé. Je me fiche de ce que tu peux faire.
- Tu m'en veux, je le sais.
- Je t'en veux car Anthony est effondré par ce qu'il a vu.
- Sur le coup j'ai été égoïste et je n'ai pas pensé à eux.
- Il faut bien qu'il y ait des égoïstes dans ce monde, souffla la jeune fille.
- J'avoue avoir espéré que tu aies été un peu jalouse.
- Tu as espéré ça avant ou après l'avoir fait ?
- Les deux sans doute, supposa-t-il avec un sourire.
Sourire, que lui rendit Emma avant de le perdre aussitôt lorsqu'elle reçut une fulgurante brûlure sur le dos de sa main.
- Je vois que certains se permettent quelques petits écarts, fit-il avec un peu plus de colère qu'il ne l'aurait voulu en voyant à son tour la cicatrice rougeâtre avant qu'elle ne la cache de son autre main. Ca arrive souvent ?
- Non, cela faisait longtemps, répondit-elle sincèrement.
- Et ça ne te donne pas envie de te venger ? suggéra le jeune homme d'un air innoncent.
- Théodore... Je refuse de t'utiliser par vengeance.
- Pour quoi veux-tu m'utiliser alors ? la taquinna-t-il avant qu'elle ne se rapproche subitement de lui.
- Je ne peux pas t'utiliser, chuchota-t-elle avec regret.
- C'est dommage, fit-il sur le même ton.
- J'ai fait un rêve, où toi et moi vivions ce que nous ne pouvons pas vivre. Ca m'a complètement chamboulée. C'était très fort ce qu'il y avait entre nous.
- Mais c'est fort ce qu'il y a entre nous, Emma. Sinon nous ne serions pas là.
- Je ne veux pas ressentir ça, Théo. Cela fait trop mal, avoua-t-elle avec une voix légèrement cassée.
Ce fut alors que le jeune homme lui prit la main, toujours parcourue de vagues de douleur et entreprit de lui baiser le bout des doigts, descendant le long de ceux-ci, avant d'atteindre sa paume, puis son poignet, sous le regard plein d'envie de la jeune fille dont la respiration se saccadait. Puis, il l'approcha encore plus de lui, leurs deux visages se touchant par le bout de leurs nez. Après un long bisou esquimau, leurs lèvres se frolèrent. Emma prit le visage de Théodore entre ses mains ne sachant vraiment si c'était pour mieux l'éloigner ou pour mieux le rapprocher. Elle fut plongée dans le regard du jeune homme alors qu'une intensité s'emparait d'eux deux. A cet instant, ils se fichaient d'où ils étaient, de l'heure qu'il était, ou bien de qui pouvait les voir. N'y tenant plus, ils s'embrassèrent, longuement, passionément et intensément. Lorsque leur baiser prit fin, Emma se cala contre le corps longiligne de Théodore.
- Serre-moi fort, Théo... le pria-t-elle comme si sa vie en dépendait avant qu'il ne s'exécute. Ils restèrent ainsi de longues secondes, ou peut-être minutes, elle ne le savait pas vraiment.
- Je n'ai jamais autant envié et haï Malefoy qu'à l'heure d'aujourd'hui, lâcha-t-il faisant soudainement ouvrir les yeux d'Emma qui se figea.
La jeune fille se recula lentement, s'arrachant de l'emprise de Théodore.
- Qu'est-ce que tu as dit ?
- Je vous ai entendu dans les couloirs, il y a quelques jours. C'est pour ça que je n'ai pas supporté votre petite comédie lors du cours de potion. J'étais hors de moi et très frustré. Malheureusement, Daphné en a fait les frais.
- Pourquoi tu ne m'as rien dit ? sembla-t-elle être encore sous le choc.
- Je te le dit là. Ta main est devenue normale, constata-t-il soudain.
- Pourquoi tu n'es pas en colère contre moi ?
- Emma, comment veux-tu que j'éprouve de la colère après t'avoir eue si près de moi.
- C'était une erreur.
- Une erreur qu'il se permet de faire également, pour mon plus grand bonheur.
- Oui Théodore. Ce sont des erreurs que nous ne comettrons plus, ni lui, ni moi. Et ça c'est pour ton bonheur, parce qu'il ne peut exister de bonheur entre nous deux Théo. C'est impossible.
- Eh bien tu vois, j'ai du mal à te croire.
- Pourtant tu devrais, cela t'éviterait d'être trop déçu.
- Et pourquoi je serai déçu ?
Emma ne lui répondit pas, se contentant de se lever et de se diriger vers le chateau.
- Emma ! l'interpella-t-il en se levant à son tour.
Il la ratrappa sans problème et marcha à ses côtés en silence. Il voulut lui prendre la main mais elle refusa. Il faisait désormais très sombre. Lorsqu'ils entrèrent dans le hall d'entrée, ils aperçurent en haut des escaliers Drago et Astoria qui n'étaient ni trop proches, ni trop loin.
- Serait-ce la seconde erreur ? déclara Théodore.
La Serdaigle fixa les deux Serpentard qui avaient stoppé leur avancée en les voyant entrer dans le grand hall parcouru d'autres élèves. Lorsqu'Emma se tourna vers Théodore, elle ne s'attendait pas à ce qu'il se penche pour l'embrasser. Pourtant ce fut ce qu'il fit. Elle ne refusa pas ce baiser qui pourtant se déroulait sous les yeux de plein d'élèves. La plupart s'en moquait, mais deux paires d'yeux les fixaient. Une première de couleur bleu acier qui ne semblait pas du tout aprécier ce qu'elle voyait et une seconde couleur noisette qui semblait ravie.
- Je veux que ce soit la dernière fois, Théodore.
- Je ne suis pas sûr que ce soit ce que tu veuilles, Emma.
- Pourtant il le faut.
Sur ces dernière paroles, elle quitta le jeune homme et se dirigea vers l'escalier de marbre. Sur celui-ci, elle croisa Drago qui avait reprit sa marche. Ils ne se gênèrent pas pour se dévisager froidement. Elle rejoignit Astoria, avec qui elle n'avait pas vraiment envie de parler à l'heure qu'il était.
- Je crois que tu as des tas de choses à me raconter ! sautillait d'impatience la plus jeune avec un gros sourire.
- Et toi Astoria, tu as des choses à me raconter ? répliqua durement Emma, à l'étonnement de son amie.
- Ne cherche pas à changer de sujet, tu veux !
- Je suis désolée, mais j'ai plein de choses à faire. Bonne soirée.
Emma termina son chemin jusqu'aux escaliers magiques afin de rejoindre sa salle commune. Lorsqu'elle entra dans cette dernière, elle vit dans un coin de celle-ci, Michael, assis sur un canapé et rédigeant une lettre. Elle s'avança vers son ami, s'installa près de lui avant de s'allonger et de poser sa tête sur ses cuisses sur lesquelles elle avait péréalablement posé un coussin.
- Où sont les autres ? demanda-t-elle.
- A la bibliothèque. Moi, j'attends Cho. Qu'est-ce qui ne va pas, Emma ? demanda-t-il en lui caressant les cheveux.
- J'ai l'impression que je vais exploser à tout moment.
- Malefoy ou Nott ?
- Les deux.
- Tu sais, je n'ai jamais pu te comprendre à ce sujet. Je ne pense pas pouvoir t'être très utile.
- Tu es utile quand tu te tais.
- Sympa.
- C'est juste, que je ne me sens pas la force de me disputer avec toi.
- Je t'ai plus enfoncée qu'autre chose ces derniers temps... concéda Michael après quelques secondes de silence.
- Que ces derniers temps ? se moqua Emma.
- Comme je te l'ai dit, je ne te comprends pas.
- J'ai dû mal à me comprendre moi-même. Surtout avec toutes ces complications !
- Quelles complications ?
- Tu me fais confiance n'est-ce pas, Michael ? lui demanda-t-elle en se redressant afin d'être à son niveau.
- Evidemment.
- Alors je voudrais que dorénavant tu fasses comme si tu me comprenais, ce serait vraiment plus vivable.
- Je vais essayer... promit-il sans grande conviction à Emma qui lui fit un bisou sur la joue.
- Qu'est-ce que vous faites ? hurla la voix de Cho Chang qui de son point de vue pouvait croire que les deux amis s'embrassaient.
- Ce n'était qu'un bisou sur la joue, Cho, se défendit Michael qui se leva afin de rejoindre sa petit-amie.
- Ne me prends pas pour une idiote ! Marietta avait raison ! s'emporta l'asiatique.
- Mais non, je te jure que...
- Chang ! Et si tu lui faisais un peu confiance ! Ca ne me plait pas vraiment, mais je n'ai jamais vu Michael aussi fou d'une fille que de toi. Même moi il ne m'a pas aimé comme il t'aime. Alors arrête un peu de faire tout un foin pour un simple bisou sur la joue, lança Emma qui avant de quitter la pièce fit un clin d'oeil à son ami qui la remercia de façon muette.
Emma savait dans quelle direction elle se dirigeait. Il s'agissait tout simplement de celle de la salle sur demande. Elle savait exactement qui elle espérait croiser à cet endroit là. Et ses souhaits semblèrent se réaliser puisqu'elle aperçut Drago Malefoy se diriger lui aussi vers la salle sur demande.
*** Drago ***
Drago avait passé son dimanche à se concentrer sur sa mission, sans pour autant avancer dans la réparation de cette armoire à disparaitre. Cela faisait cinq mois qu'il était sur cette affaire et il avait presque tout essayé. Il avait fait plusieurs recherches, mais n'avait rien trouvé de concluant. Par dépit il avait même essayé d'autres moyens afin d'atteindre sa cible, mais cela avait soit fini par blesser quelqu'un, soit fini par n'avoir eu aucun effet du tout.
Paradoxalement, cela le soulageait de n'avoir pas encore été confronté à ce qu'il devait faire au final. Le stress était tout de même plus que présent et rares étaient les moments où il n'y pensait pas. C'était pourtant ce qui était arrivé lors de ces derniers jours, où il s'était surpris à n'avoir en tête qu'une seule personne : Astoria. Il avait réfléchi à la question et avait mis tout ceci sur le compte de cette sorte d'affection qui avait vu le jour lors de sa vengeance en fin de cinquième année. Affection n'était peut-être pas le mot le plus adéquat. Comme il l'avait dit à Emma lors de leur dernière discussion en privé, il avait ce besoin irrépressible qu'Astoria soit en sécurité. Néanmoins, il ne pouvait pas nier le fait que de savoir que l'ex-couple devait se retrouver dans la salle sur demande le soir de la Saint Valentin, l'avait non-seulement embetté parce que cela l'empêchait lui et Emma d'y passer la soirée, mais surtout parce qu'il avait du mal à accepter l'idée qu'ils auraient pu faire ce que lui avait refusé à Astoria pour sa protection justement. C'était pourquoi sa colère avait été fulgurante voire incontrôlable quand il avait cru que Blaise avait profité de la jeune fille.
Il n'avait pas pris le temps de parler à cette dernière, ce qui n'était pas forcément une mauvaise chose puisqu'Emma avait raison sur un point, s'il voulait vraiment la protéger, il ne devait pas s'impliquer dans sa vie.
Au final, entre lui et Emma tout était au point mort. C'était comme s'ils s'insupportaient mutuellement. De la part d'Emma, il en avait déduit de la jalousie, mais de sa part, il ne savait pas vraiment pourquoi. Ce fut donc presque naturellement qu'ils se lançèrent des piques lors de leur cours de potion où ils avaient été mis en groupe avec Théodore Nott. Au fond, c'était peut-être lui qui le mettait sur les nerfs. Evidemment non pas par jalousie, mais par possession.
Il avait été surpris du brusque changement de comportement de sa fiancée lors du deuxième cours. Autant au premier, elle menait le groupe et lançait à Théodore de malheureux regards bienveillants, autant au second, elle fut plus que silencieuse et quelque peu suceptible. Il avait perçu le sous-entendu de sa réplique lorsqu'il lui avait fait remarquer ce changement. Elle avait contre attaqué en lui suggérant d'utiliser un ingrédient risquant de rompre leur fiançailles. En tout cas c'était ce qu'il avait compris par le "tu veux essayer ?" alors qu'elle parlait d'une substance pouvant rendre stérile.
Quoiqu'il en soit, il n'avait pas vraiment envie de s'attarder sur le sujet. Après tout, plus rien ne l'étonnait en ce qui concernait leur relation qui était continuellement sujette à des hauts et des bas. Il ne lui restait plus qu'à attendre les prochains hauts afin de pouvoir en profiter de nouveau. Pour le moment, il avait plus qu'intérêt à se reconcentrer sur ce qui importait le plus, à savoir sa fameuse et pas moins difficile mission. Ainsi, à la fin de sa journée de cours, il se dirigea vers cette salle où il passait la plupart de son temps afin de s'adonner à cette activité. C'était sans compter sur la personne qu'il trouva à quelques mètres de la tapisserie de Barnabas le Follet, fixant le mur vide.
- On revient sur les lieux du crime ? déclara-t-il de sa voix trainante en s'avançant vers une jeune fille brune qui surssauta.
- Sauf qu'il n'y a pas eu crime, réfuta Astoria Grenngrass, une fois la surprise passée.
- A ce qu'il parait, dit-il une fois près d'elle. Tu ne l'utilises pas ?
- Non, je passais juste par là.
- Alors c'est moi qui vais le faire, lança-t-il en amorçant ses allers-retours sous le regard amusée de la jeune fille.
- C'est décidément ridicule. Un simple sésame ouvre-toi aurait pu faire l'affaire.
- Un quoi ?
- Heu... C'est issu d'un conte moldu.
- Tu lis des livres moldus ? fit-il dédaigneux.
- Ca m'est arrivé, répondit-elle en assumant ce fait.
- Pathétique, marmona-t-il en passant devant elle afin de passer par la porte qui venait d'apparaitre.
- Pourquoi as-tu frappé Blaise ? demanda-t-elle soudain en s'accrochant à l'entebaillement de la porte, comme si elle n'osait pas entrer à l'intérieur.
- Tu es au courant ? fut-il surpris, pensant que l'affaire avait été tassée par ses camarades de dortoir.
- Théodore et Daphné m'en ont parlé, expliqua-t-elle en s'avançant, la porte se fermant derrière elle alors que le blond maudissait Nott. Alors, pourquoi ?
- Sur le coup j'ai cru qu'il avait abusé de toi, avoua-t-il alors de façon nonchalante.
- Emma aussi a cru cela. Finalement c'était moi qui méritait une bonne claque.
- C'est indécent de frapper les femmes. Tu sais, ça aurait été Pansy, j'aurai réagi de la même façon.
- Vraiment ? fit Astoria presque déçue alors qu'elle avait fini par le rejoindre.
- Tu t'attendais à quoi d'autre ! lança-t-il en la regardant de haut.
- A des choses sans doute impossible, chuchota-t-elle sans contrôler le regard tendre qu'elle lui lançait.
- Certainement impossible.
- Tu n'as pas, besoin de distraction en ce moment ? suggéra-t-elle subitement avec un air séducteur, le fixant toujours.
- Demande celle qui sort à peine d'une relation avec un de mes camarades, ironisa-t-il.
- Camarade à qui tu as cassé le nez, précisa-t-elle en s'éloignant afin de parcourir la pièce dans laquelle elle se trouvait. C'est ta chambre ?
- Exact. Qu'est-ce qui te fait rire ?
- Je ne sais pas. Ca doit être une mode d'y faire apparaitre sa chambre. Emma a fait la même chose le soir de ma soit-disante agression.
- Vraiment.
- Et... Tu ramènes souvent les filles dans ta chambre ?
- Ce n'est qu'une réplique de ma chambre. Et je ne t'y ai pas ramené, c'est toi qui est entrée.
- C'est vrai, confirma-t-elle en revevant vers lui. Et je ne regrette pas, c'est sans doute la première et la dernière fois que je la vois.
- Tu as intérêt d'en profiter alors.
- Serait-ce une proposition ?
- Je ne propose rien du tout.
- C'est ici que tu passes tout ton temps ? Demanda-t-elle en s'éloignant de nouveau.
- Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
- Tu avais l'air de te diriger spécialement vers cette salle sur demande.
- Je ne vois pas en quoi cela te regarde.
- Tu t'es bien occupé de mes affaires, toi, accusa-t-elle alors qu'elle s'allongeait sur le lit.
- Qu'est-ce que tu fais ?
- Ce que je n'aurai jamais l'occasion de faire : m'allonger dans le lit de Drago Malefoy.
- Une réplique du lit, la reprit-il de nouveau en s'avançant vers elle.
- Dommage que cette salle ne livre pas non plus une réplique de Drago Malefoy tout court, plaisanta-t-elle arrachant un sourire au blond.
- Tu peux toujours essayer, proposa-t-il en appuyant son bras sur l'un des piliers du lit à badalquin.
- Il faut que je fasse quoi ?
- Que tu penses très fort à ce que tu veux qu'elle fasse apparaitre, expliqua-t-il alors qu'elle fermait les yeux de manière ostentatoire.
- Ca ne marche pas. Mais c'est normal, je ne veux rien faire apparaitre du tout puisque ce que je veux est déjà là.
- Tu essais de m'attirer dans mon lit, Greengrass, lança Drago avec un sourire en coin en provoquant le rire d'Astoria.
- Ca doit être ça. J'aurai peut-être plus de chance que sur le canapé de la salle de bain des préfets, reprit-elle avec un peu plus de sériosité dans la voix.
- Je ne pense pas, répliqua-t-il froidement.
- Tu penses vraiment que je mérite mieux que toi ?
- Oh que oui.
- Blaise était mieux que toi ?
- Astoria, je me fiche éperdument de tes histoires de coeur. J'ai bien mieux à faire.
- Tu as raison, approuva-t-elle en se mettant sur les genoux et en s'approchant de lui. Mais sache que pour le moment, mon coeur n'a qu'une histoire et c'est toi qui en es le protagoniste.
Le lit étant plutôt haut, la jeune fille avait désormais son visage à quelques centimètres de celui de Drago. Elle avait ces yeux de biche qui avaient toujours eu le don de troubler le jeune homme. Il s'agissait de ce regard qui lui disait qu'il était aimé. Quelle étrange sensation que de se sentir aimé.
- Toi, tu as envie de m'embrasser, constata-t-il alors qu'ils se fixaient toujours.
- Ca fait tellement longtemps... approuva-t-elle en hochant la tête.
- Tu sais pourtant qu'il ne se passera jamais rien de sérieux entre nous, dit-il en levant sa main afin de lui replacer une mèche derrière l'oreille avant que ses doigts ne s'égarent entre la joue et la menton de la jeune fille.
- Je peux me contenter de ce qui n'est pas sérieux, répondit Astoria dont la respiration s'était accélérée.
A ce moment là, Drago fut très tenté de répondre à la volonté de la jeune fille qui ne se départissait pas de ce regard troublant. Plus que troublant, il était surtout excitant car il était en effet presque jouissif de constater dans les yeux d'une personne le pouvoir que l'on avait sur elle. Après un sourire en coin, il baissa les yeux vers la bouche d'Astoria avant de s'en emparer. Celle-ci répondit avidement au baiser alors qu'elle enroulait ses bras autour du cou du jeune homme. Elle voulut le faire basculer dans le lit et finit par y arriver.
-Tu vois que j'ai fini par t'attirer dans ton lit, avait-elle dit entre deux baisers provoquant le sourire du jeune homme.
- Tu n'es pas à Serpentard pour rien.
Drago essayait de ne pas montrer la cicatrice qui s'était ouverte au dos de sa main. De toute manière la jeune fille était bien trop occupée à profiter de l'instant présent pour remarquer quoique ce soit. Il savait que ce n'était pas bien ce qu'il faisait, mais après tout, depuis quand faisait-il des choses biens ? Emma lui en voudrait sans doute encore plus, mais elle n'avait qu'à être plus agréable avec lui, comme elle lui avait promit, se dit-il.
Il était cependant sûr d'une chose, il ne comptait rien faire de plus que de simples baisers avec Astoria, et cela quoiqu'elle veuille. Au bout d'un moment, il stoppa leur étreinte et s'assit sur le lit. La jeune fille se mit derrière lui en mettant ses mains et sa tête sur les épaules de Drago. Lorsqu'il tourna la tête pour lui jeter un regard, elle l'embrassa de nouveau, le dos de sa main s'embrasant une nouvelle fois. Lorsqu'elle arrêta son baiser, ils se regardèrent. Il lui fallut quelques secondes pour comprendre que sa main le brûlait toujours alors qu'ils ne s'embrassaient plus. Il serra le poing et se leva.
- Bon, on ferait mieux d'y aller.
- On descend ensemble ? s'étonna la jeune fille.
- Il n'y a pas de mal à faire le chemin avec une simple camarade de maison.
- J'aime ta définition de "simple camarade de maison", plaisanta-t-elle.
- C'est ce que tu es, Astoria. Ce qui s'est passé il y a quelques mois ou aujourd'hui ne se reproduira plus.
- Il me semble avoir déjà entendu ça quelque part, fit-elle nonchalament en sortant de la pièce avant que Drago ne le fasse à son tour.
Il ne répliqua pas et se dirigea vers les escaliers mobiles, suivi de près par Astoria. Ils ne parlèrent pas beaucoup durant le trajet jusqu'au Grand Hall. Lorsqu'ils atteignirent le haut du grand escalier en marbre, ils aperçurent Emma et Théodore qui avaient l'air de revenir du parc. Les quatres adolescents s'étaient stoppés et se regardaient. Si chacun d'entre eux n'était pas dans ses pensées respectives, cette immobilisation les aurait peut-être gênés. Drago n'était pas vraiment en colère, mais il lui était fortement déplaisant de les voir ensemble, surtout après avoir constaté que sa fiancée s'était adonnée au même écart que lui. La rage lui monta cependant lorsque Théodore embrassa délibérément Emma à la vue de tous. Avant de descendre l'escalier il jeta un coup d'oeil à Astoria qui avait le sourire aux lèvres. Il lança un regard peu avenant à sa fiancée qui montait désormais les marches que lui même descendait. Une fois dans le grand hall, Théodore Nott le rejoignit avec un sourire en coin.
" Une partie d'échec, ça te dit ? "
Lui proposa le brun alors que Drago n'avait qu'une envie, le réduire en poussière. Au moins, il allait avoir l'occasion de réduire les pièces de son adversaire en poussière.
La partie ne fut pas si longue que ça et Drago réussit à battre Théodore qui n'était pas si doué que ça aux échecs. D'un sourire goguenard, Drago le mit en échec et mat. Après une raillerie bien placé, il laissa Nott en plan et sortit de sa salle commune. Il fallait qu'il parle à Emma, mais en attendant il irait de nouveau à la salle sur demande faire ce qu'il n'avait pas pu faire un peu plus tôt. En même temps, se disait-il, c'était à cet endroit qu'il croisait le plus souvent Emma, sa volonté serait peut-être exaucée.
Tel fut le cas en débouchant dans ce fameux couloir du septième étage lorsqu'il vit au loin sa fiancée se diriger également vers cette fameuse salle sur demande, centre de ses intérêts en cette sixième année.
*** Drago & Emma ***
Arrivés près de la tapisserie de Barnabas le Follet, ils se firent face et s'observèrent.
- A toi l'honneur, fit Drago en lui laissant le choix de la pièce.
Emma fit ce qu'elle avait à faire afin de faire apparaitre la porte qui les conduirait vers la réplique de sa propre chambre, pour ne pas changer. Ils y entrèrent tous les deux mais ne parlèrent pas tout de suite. Ils furent mal à l'aise à leur manière, Emma se sentant compressée et Drago ne trouvant rien à dire, pas même une remarque bien plaçée.
- On s'égare, Drago, finit-elle par dire au bout de quelques minutes de silence. On ne peut pas continuer comme ça.
- Je suis d'accord, acquiesça-t-il avec sérieux.
- Il faut... que l'on se retrouve, dit-elle en s'approchant de lui. Que l'on reprenne ces rôles du fiancé et de la fiancée. Et que ce nous-deux qui était plutôt plaisant, soit à nouveau d'actualité, continua-t-elle, leurs deux visages étant désormais très proches.
- Ca ne doit pas être bien compliqué, concéda-t-il en entourant sa taille de ses mains.
- Pour cela, nous devons retomber dans le jeu de la séduction et faire en sorte que l'on revoie dans les yeux de l'autre cette lueur d'envie, de désir et de plaisir... ajouta-t-elle en passant ses bras derrière le dos du jeune homme et tentant de teinter sa voix d'une certaine sensualité.
- En fait, pour simplifier il faut faire ce qu'essayent de nombreux couples après quelques années de mariage : raviver la flamme, prononça avec assurance le blond, ce qui fit rire Emma.
- Je n'aurai jamais imaginé que tu me sortes une telle phrase, rigola-t-elle encore sous l'air vexé de Drago qui la lâcha et tenta de s'éloigner. Mais, tu as raison, fit-elle en le retenant. Tu as tout à fait raison.
Après un "mouai" grognon de la part de Drago, leurs lèvres se touchèrent et ils entamèrent un baiser. Malheureusement pour eux, ce baiser leur semblait artificiel, presque forcé. Ils n'avaient pas face à eux, ce regard profond qui leur disait qu'ils étaient aimés. Ils ne sentaient pas le coeur de l'autre battre à tout rompre, ni ces mains tremblantes qui n'osaient pas vraiment les toucher. Pourtant, ils continuèrent leur étreinte, comme s'ils étaient persuadés que faire comme si tout était normal était une solution à leur "problème". Drago la dirigea vers le lit, l'y coucha se mettant au-dessus d'elle, l'embrassant et la caressant de ses mains alors que la jeune fille faisait de même. Ils enlevèrent la chemise de l'autre, le jeune homme n'ayant plus rien à cacher. A la vu de la marque, Emma fut un peu refroidie mais elle tenta de ne pas s'en formaliser. Au bout d'un moment il s'arrêta et se bascula sur le côté droit, se retrouvant à son tour allongé à côté de sa fiancée.
- Ce n'est pas comme avant, souffla-t-il en regardant le plafond du lit à badalquin.
- Oui, c'est différent, confirma-t-elle.
- Peut-être que si je règle son compte à Nott ça ira mieux, suggéra-t-il avec sarcasme.
- Je pense que tu as "régler leur compte" à assez de personne comme ça, répliqua-t-elle.
- Plutôt deux fois qu'une.
- C'est moldu ça ! s'étonna Emma.
- Absolument pas, réfuta-t-il avec vigueur.
- Je t'assure que si.
- Comme si j'utilisais des citations moldues !
- Drago Malefoy aime les citations moldues ! chantonna-t-elle presque en se mettant sur le côté, vers lui.
- Arrête-ça tout de suite ! rétorqua-t-il froidement alors que le rire de la jeune fille se faisait toujours entendre.
Après un regard en coin vers elle, il vit qu'elle le fixait d'un regard amusé. Après ce petit échange visuel, Emma grimpa sur son fiancé et se pencha vers lui afin de l'embrasser de nouveau. Ils reprirent alors là où ils s'étaient arrêtés. Voulant avoir le dessus sur sa fiancée, Drago la fit basculer sur la droite. Seulement voilà, sur la droite se trouvait le vide. Ils tombèrent ainsi tous les deux dans ce vide en atterrissant cependant sur le tapis épais blanc cassé qui servait de descente de lit.
- Aïe, gémit Emma qui avait reçu tout le poids de Drago sur elle.
- Il est vachement plus petit que le mien ton lit ! se lamenta le jeune homme.
- On a pas de chance aujourd'hui, soupira-t-elle avant que ses yeux ne tombent de nouveau sur la marque des ténèbres. Remarquant cela, Drago voulut cacher son bras, mais Emma retint ce dernier afin de l'observer de plus près. Le tatouage de couleur noire représentait un crâne au sein duquel se glissait un serpent à travers les orifices qui le composaient. On pouvait voir les légères ondulations du serpent dont la langue fourchue trésaillait.
- Ca fait mal ? demanda-t-elle en passant délicatement ses doigts dessus.
- Non. Mais c'était très douloureux lorsqu'elle a été créée, avoua-t-il en observant la jeune fille regarder curieusement ce tatouage qui avait marqué un tournant dans sa vie. Sur le coup, ils oublièrent tout ce qui avait pu se passer durant les derniers jours, ils oublièrent ce qui pouvait être qualifié d'enfantillages à côté de ce que représentait cette marque.
- C'était plus douloureux que ça ? questionna-t-elle à nouveau, toujours accaparée par le tatouage, en mettant le dos de sa main sous les yeux bleu acier.
- Enormément plus.
- Qu'est-ce qu'on va devenir, Drago ? interrogea-t-elle d'un air las en levant ses yeux verts vers lui.
- Encore faut-il qu'on devienne quelque chose.
- Je ne veux pas te perdre, chuchota-t-elle en le fixant d'un regard triste.
- Moi non plus, je ne veux pas me perdre, plaisanta-t-il sur ce sujet qui était plutôt sérieux en faisant sourire la jeune fille.
A ce moment, la lueur qu'il leur manquait quelques minutes plus tôt réapparut. Ils trouvèrent cela naturel d'être l'un contre l'autre, ensemble, les yeux verts plongés dans les yeux bleus. Comme deux aimants, leurs lèvres se rapprochèrent. Comme deux amants, leurs corps se mélèrent...
Bonsoir à tous !
Voici la fin ce long chapitre ! Je n'ai fait qu'une seule relecture pour le moment. Je pense qu'il doit rester de nombreuses irréductibles fautes.
Il y a une grosse incohérence concernant la salle sur demande. Je sais qu'elle n'est pas censé fournir de l'alimentaire... C'est le seul chapitre qui comportera cette erreur que j'ai préféré gardée.
Je me souviens avoir pris beaucoup de plaisir à écrire ce chapitre avec les jeux temporels et les points de vues différents. Cela m'avait fait bizarre de prendre un point de vue d'homme avec Théodore et Drago. Mais j'ai aimé l'exercice.
C'était un chapitre un peu "spécial" plus porté sur des émotions d'adolescents lambdas que sur les sombres évènements qui entourent cette sixième année. Un peu en mode épisode spécial Saint Valentin ! XD Et sinon le titre vient d'une chanson auquel m'a fait penser ce chapitre justement.
A bientôt pour la suite !
Desea Oreiro
