Elle était de retour au milieu des flammes, pourtant il ne faisait pas chaud. Il ne faisait pas froid non plus. Elle était seule puis tout à coup entourée de gens, elle ne reconnaissait personne. Normalement elle aurait cherché Harry mais elle savait qu'il ne l'aiderait pas, qu'il ne l'aiderait plus. Elle savait qu'il ne comprenait pas ce qui lui arrivait. Elle avait peur, elle se sentait perdue. Elle arrêta quelqu'un mais l'homme n'avait aucun visage et la seule chose qu'elle arrivait à prononcer était « Je suis désolée ». Soudain tout le monde devint Ron, ou Ron devint tout le monde, elle comprit qu'elle avait fait quelque chose de terrible. Elle se sentait observée, quelqu'un était là et ce n'était pas bon.
Elle se réveilla en sursaut dans un lit qu'elle ne reconnaissait pas. Elle fut prise de panique avant de se rappeler qu'elle était au Palais des Rois, à Poufsouffle. Son cœur battait très vite et elle leva une main jusqu'à sa poitrine pour le contenir, elle avait l'impression qu'il allait jaillir de sa poitrine. Elle s'assit sur le bord du lit et se força à prendre de grandes inspirations. Inspirer. Expirer. Ses cauchemars étaient terrifiants. Elle n'avait pas eu de rêve agréable depuis des années mais si elle avait réussit à s'habituer aux cris et aux pleurs, elle n'arrivait pas à s'habituer au silence qui remplissait ses nuits à présent. Elle passa une main sur son visage et replia ses jambes sous elle. Biensûr elle avait une idée de ce qui causait ces sueurs froides mais elle n'avait pas le temps ou plutôt elle se refusait de prendre le temps d'y faire face.
Elle se leva et se dirigea vers la bassine d'eau qu'on lui avait laissée la veille. Le soleil n'était pas encore levé et elle était encore épuisée de leur long voyage mais elle savait qu'elle n'arriverait pas a se rendormir. Il faisait terriblement froid, même pour Poufsouffle. Elle décida d'ouvrir tout de même la fenêtre pour laisser entrer le bruit des passants et les cris des marchands dans la chambre. Elle frissonna quand le vent s'engouffra dans la pièce mais c'était toujours mieux que de frissonné face au silence. Une large sélection de robes d'hiver avaient été mises à sa disposition dans une grande armoire en bois. Elle en attrapa une au hasard, s'habilla et sortit dans les couloirs.
Voilà deux jours qu'ils était arrivés. Xenophilus devait arriver aujourd'hui ce qui la persuadait que l'enterrement aurait lieu aussitôt. Elle voulut passer réveiller Ron mais elle fut refusée à l'entrée des quartiers par deux militaires à moustaches particulièrement mal-aimables. Elle se serait bien rendue aux cuisines pour son petit déjeuner mais savait que Ron lui en voudrait de ne pas l'avoir attendu, alors elle ne savait pas trop quoi faire. Elle fit un tour dans les couloirs et trouva une bibliothèque. Mais là encore on lui refusa l'entrée puisque le lieu était lui aussi réservé aux hommes. Hermione avait oublié à quel point elle détestait ce pays de vieux puristes religieux. Elle rebroussa donc chemin vers sa chambre puis qu'elle n'avait rien de mieux à faire. Elle savait qu'une fois dans sa chambre elle ne supporterait pas le silence et voudrait immédiatement ressortir mais quitte à tourner en rond...
Elle avait bien pensé sortir de la haute-cour mais Ron, qui s'avérait aussi patriarcal avec elle que pouvait l'être Harry, le lui avait interdit. La dernière chose qu'elle souhaitait était qu'il s'inquiète. C'était un garçon fragile et boudeur et elle avait désespérément besoin de son soutien dans ce château. Fidèles à leurs habitudes, des groupes de religieux furetaient au bout des couloirs en faisant des messes basses. Si elle n'avait pas mieux su, elle aurait pensé qu'ils complotaient contre la classe au pouvoir sauf qu'ici, la religion était le pouvoir. Un groupe se tut lorsqu'elle passa à côté d'eux et elle ralentit le pas pour les obliger à garder le silence plus longtemps. Finalement, juste avant qu'ils ne reprennent leur conversation, elle se retourna et les regarda. Ils lui rendirent son regard, tous sauf un. Derrière sa capuche, il se tenait légèrement à l'écart. Elle aurait bien dit quelque chose sur le fait qu'elle les trouvait impolis cependant elle était ici pour forger des alliances et non des inimités. Elle poursuivit sa route comme si de rien n'était.
Arrivée à mi-chemin, elle se dit qu'elle ne pouvait pas continué ainsi à errer dans les couloirs et à se distraire avec des jeux mesquins. Elle demanda à un valet qui ne semblait pas trop occupé de faire chercher Ron. Une demi-heure plus tard, ils étaient dans la cour à déjeuner de pain et de confiture en se moquant des passants comme ils le faisaient quand ils étaient petits.
– Oooh on s'ennuie à mourir ici, soupira-t-elle quand l'euphorie fut passée. Ron rit de l'expression de la jeune femme.
– Non je suis sérieuse ! Quand on est une femme il n'y a rien à faire dans ce château, je n'ai accès à rien. Quand tu n'es pas réveillé je n'ai personne à qui parler et je n'ai même pas le droit de lire !
– J'essaierai de me lever plus tôt si c'est ce que tu veux.
– Non non c'est bon, tu as besoin de sommeil Ron. Ne t'inquiète pas, j'irais... à la messe. Elle rigola sans joie.
– Je me coucherai plus tôt ce soir comme ça tu seras moins seule demain.
– Pourquoi pas. Elle lui sourit. Je pense que quand Xenophilus sera là, j'assisterais à des réunions toute la journée...
Elle regarda ses mains. Elle appréhendait les fameuses réunions. Elle aurait beaucoup moins le temps de s'ennuyer à ce moment là.
– Tu vas très bien t'en sortir, Hermione, lui dit-il en posant sa main sur la sienne.
Elle releva les yeux, il enleva immédiatement sa main et se leva en faisant mine de s'étirer.
– Allons faire un tour si tu veux, proposa-t-elle, un peu mal à l'aise.
La cour s'était remplie depuis qu'avait été annoncée l'arrivée du souverain des îles du sud. Tous les militaires, les femmes de chambres, les cuisinières et les religieux qui portaient leurs beaux vêtements formaient une haie d'honneur dans laquelle Hermione, attendait à l'extrémité du comité d'accueil, placée entre Amos et Ron, que Xenophilius fasse son entrée.
Quand il passa effectivement les immenses portes gravées de la haute-cour, une cloche sonna. Lui et sa fille Cho traversèrent à pas lents le corridor humain et arrivèrent jusqu'à eux. Il serra la main du Roi de Poufsouffle et attrapa respectueusement celles d'Hermione. Amos les guida à l'intérieur du château et la vie du château reprit son cours. Chaque homme et femme présents retournèrent à leurs tâches. L'heure des funérailles fut portée à midi. Xenophilius se retira dans les quartiers qui lui avaient été réservés. Hermione se dit qu'il était de convenance de s'habiller en noir monta elle-même dans sa chambre pour ajuster sa tenue. Elle ouvrit la large armoire et chercha une tenue appropriée pour l'enterrement. Une servante entra quelques temps après dans la pièce et lui prépara un bain. Elle n'avait rien demandé mais remercia tout de même la jeune femme. Après tout, il restait deux heures avant la cérémonie et se décrasser lui ferait sans doute du bien. En s'asseyant sur son lit pour enlever ses vêtements elle sentit un objet dur sous elle. Elle se releva immédiatement pour découvrir l'objet dissimulé sous les draps.
Un livre.
Elle n'avait pas amené de livre ici. Seules les femmes de chambres avaient accès à ses appartements et aucune femme n'avait le droit de pénétrer dans la bibliothèque. Elle leva le livre devant ses yeux. C'était un roman, un qu'elle n'avait jamais lu. C'était un ouvrage écrit par les moines d'ici qui racontait les faits de chevaliers d'antan, un récit de fables qui n'avait malheureusement pas l'air très intéressant. Elle reposa le livre à côté d'elle sur le lit. C'était sans doute Ron qui lui avait fait porter un livre. Oui, ce devait partir d'un bon sentiment de sa part. Elle lui avait dit ce matin qu'elle n'avait pas accès à la bibliothèque et avait voulu lui faire plaisir. Elle enleva ses vêtements puis se laissa glisser dans l'eau chaude de la baignoire.
La cérémonie fut longue et triste. Le cardinal Fudge lut des textes anciens, un chœur chanta puis il lut encore d'autres textes. Amos Diggory prononça quelques mots étranglés puis le corps de son fils fut emmené dans la crypte dans un cercueil richement sculpté et décoré d'or. Sur le couvercle on avait déposé l'étendard jaune et cuivre sur lequel reposait l'épée du défunt. Ce qui ressemblait à une troupe d'élite de 6 hommes vêtus d'habits sombres et officiels, soulevèrent fièrement le lourd coffret tout en portant une sorte d'absence dans le regard. Ils furent bientôt rejoints par Amos et Fudge qui les suivirent en bas des escaliers qu'Hermione avait remarqués lors de sa première visite. Tout se déroulait dans un silence pesant qui rendait ces déplacements précautionneux encore plus lents encore. Le reste de la foule se tint immobile dans le silence de l'église, attendant que le petit groupe revienne. Quand il remonta enfin, les cloches sonnèrent et ils purent sortir. Ron râla qu'il avait eu froid et elle tapota son bras avec compassion. C'est vrai qu'il faisait froid. Xenophilius vint à leur rencontre. Ils échangèrent quelques banalités sur la météo, un sujet de préoccupation grandissante apparemment. Amos se joignit à eux tour pour les inviter à se réunir dans l'un des salons du vieux château. Ron n'était lui pas convié mais insista pour les accompagner jusqu'à la porte.
– Souhaite moi bonne chance... chuchota-t-elle face à l'entrée de la pièce, juste avant qu'il ne soient séparés.
– Tu vas très bien t'en sortir. répondit-il sur le même ton.
Elle s'arrêta un instant, Fudge suivi d'un groupe d'ecclésiastiques pénétrèrent dans le salon auquel elle tournait le dos.
– Je dois y aller. Au fait, merci pour le livre. Je ne suis pas sûre que j'aurait pu tenir une autre nuit à lire la bible qui m'a été livrée avec la chambre. Elle lui sourit puis disparut derrière les battants qui se refermèrent sur elle.
Elle s'assit seule du côté de la table qui faisait face à Xénophilius Lovegood.
– Toutes mes condoléances à nouveau, Amos, commença Fudge.
– Merci Cornelius, répondit ce dernier, en inclinant la tête avec respect.
– Sommes nous tous présents ? Je ne vois pas Potter.
Son regard s'arrêta sur Hermione tandis que son visage esquissait une mine de dégoût.
– Je... euh, représente mon cousin et le royaume de Gryffondor. Il aurait préféré être là en personne, j'en suis sûr, mais une affaire du côté des pics de Gryffondor le rend pour l'heure indisponible.
– Votre cousin ? Vous êtes donc...
– La seconde héritière sur la ligne du trône de Gryffondor, termina-t-elle.
– La sang-de-bourbe des Potters ?
Le seigneur de Serdaigle se montrait très malpoli mais personne ne fit mine d'y prêter attention.
– Oui c'est ça, répondit-elle, son ton assuré prenant sa source dans sa colère montante.
– Et une femme, ajouta Fudge en affichant ostensiblement un air de profond jugement.
– Que vous êtes perspicace ! fit elle les dents serrées en un sourire d'égal mépris.
Elle regretta immédiatement les mots qui venaient de sortir de sa bouche. Il y eut un raclement de gorge quelque part dans l'assemblée et Hermione lutta soudain contre l'envie de s'enfuir.
– Potter nous envoie sa cousine car il est parti dans les pics de Gryffondor ? C'est n'importe quoi. Ne prend-t-il pas au sérieux cette guerre, où a-t-il simplement oublié que son royaume est envahi ?
– Mon cousin à profité du retrait des troupes de nos terres pour aller chercher des renforts parmi les résistants appartenant à Gryffondor. Il prend bien évidemment tout cela très au sérieux et nous avons jugé qu'en tant qu'héritière et ayant déjà fait la liaison avec le royaume de Serdaigle, j'étais tout à fait dans la capacité de représenter notre royaume.
– Ce qui l'en reste, renchérit le Cardinal.
– Ce qu'il en reste, conclut Hermione avec défi.
– Miss Granger a le soutient de nombreux espions dans les rangs de Jedusor et ne vient pas les mains vides, expliqua Xenophilius.
– J'ai moi-même rencontré l'un de ces... mercenaires. Mais je ne pense pas qu'ils soient d'une grande aide. Ce sont des Serpentards, rien ne prouve qu'ils n'ont pas basculé du côté des Mangemorts eux aussi et qu'ils ne délivrent pas de fausses informations ?
– De fausses informations ? Nous avons des hommes qui risque leurs vies pour nous rapporter ces informations cruciales en ces temps de guerre ! Nous avons, grâce à ces informations, réussi à faire évacuer une dizaine de villages avant l'arrivée de l'armée de Jédusor.
– Vous n'avez manifestement pas évité la mort de Cédric, piqua Fudge.
Hermione ne répondit rien. Elle était abasourdie par l'aveuglement et la mesquinerie de l'ecclésiastique. Il était clair que le cardinal refusait de voir la vérité. Il était s'attachait à dévaloriser l'avis et le jugement d'Hermione. Peut-être parce que c'était une femme, peut-être également cherchait-il à aller contre Gryffondor...
– Le prince est mort en défendant son pays d'une attaque prédite par vos espions, personne n'aurait pu prévoir cela, intervint Xenophilius en posant une main sur le bras d'Amos, visiblement chamboulé par le tour qu'avait pris la discussion.
– Ne soyez pas stupide Cornelius, même avec toute la mauvaise foi du monde, on ne peut pas demander à quelqu'un de prévoir l'avenir. Pas même à Dieu.
– Oui, Cédric est mort en héros en défendant son peuple, souffla Diggory.
– Je ne fait qu'émettre des doutes sur une alliance avec le Prince d'un royaume battu et sous occupation. Son alliance avec ces Serpentards dont nous ne connaissons rien me paraît une grave erreur et lui-même n'a pas daigné se joindre à nous pour défendre sa voix !
– Nous avons bien compris où vous vouliez en venir Cornelius, coupa à nouveau Xenophilius.
– Bien, dit le cardinal, visiblement vexé de ne pas trouver de soutien du côté de l'autorité de Serdaigle.
– Je vous en conjure, vous pouvez avoir confiance en mes espions et en mon cousin. Nous avons besoin de faire front commun tous les trois contre Jedusor. J'ai vu les dégâts infligés à vos terres en me rendant jusqu'ici. Le seigneur des Mangemorts est déjà aux portes de Poufsouffle. Il ne s'arrêtera pas là. Je l'ai vu de mes propres yeux lors de la défaite de Gryffondor.
Lovegood la regarda d'un air compatissant puis prit la parole en s'adressant à tous :
– J'ai toute confiance en vos dires Miss Granger, seulement voilà : avec la mort du prince Diggory, je n'ai plus de lien avec Poufsouffle, n'y vois là aucune offense Amos. Jedusor n'a ni bateau, ni marins pour susceptibles de mettre en danger mon royaume. Une agression de sa part sur mes terres semble bien improbable. Les guerres coûtent cher et je ne suis pas certain de vouloir mettre mon pays en péril en prenant part à une guerre qui ne le concerne pas véritablement.
– Vous aviez pourtant assuré que votre armée suivrait la mienne pour contrer l'avancée de Jedusor, réagit Hermione qui n'aimait pas la tournure que prenait les choses.
Le Roi de Serdaigle se leva et fit le tour de la table pour venir se tenir derrière Fudge.
– Je l'ai dit... Il se retourna vers les moines qui se tenait en retrait et prenaient en note tout ce qui se disait. Il posa sa main sur l'un deux, celui-ci ne leva pas la tête et continua d'écrire.
– Mais de véritables alliances... des fillançailles m'avaient été promises.
– Je... Hermione se trouvait prise de court.
– Ma décision est prise. Je suis venu par respect pour l'ancien fiancé de ma fille et pour mon viel ami. Je resterai quelques jours pour complaire au deuil de ma fille, si ça ne te dérange pas Amos ?
– Reste aussi longtemps que tu le souhaites Xenophilus... répondit l'intéressé, qui semblait maintenant complètement ailleurs.
– Bien, je crois qu'il n'y a plus grand chose à discuter, dit Fudge.
– Nous resterons vos alliés... commença Amos en se tournant vers Hermione.
– Nous verrons, coupa Fudge. Demain.
– Bien.
Xenophilius tapota l'épaule du moine, fit le tour de la pièce et sortit suivit par le nouveau Haut-Cardinal. Amos se dirigea lentement vers la porte sans oser adresser une regard à Hermione avant de sortir discrètement.
Hermione elle ne se sentait pas capable de se lever. Les moines s'affairaient à ranger leurs plumes et leurs rouleaux. Elle comptait attendre qu'ils soient tous partis, peut-être qu'elle se permettrait de pleurer un peu et qu'elle trouverait ensuite la force de monter les escaliers jusqu'à sa chambre pour fondre en larme. Avait-elle tout ruiné ou était-ce perdu d'avance ? Le Cardinal Fudge n'avait fait qu'une bouchée d'elle mais ce qui l'avait achevée c'était le revirement de Serdaigle. Elle gardait le regard perdu devant elle et retenait de toutes ses forces les larmes qui se pressaient pour couler sur ses joues. L'un des moines renversa un pot d'encre et détourna l'attention d'Hermione vers lui. Le brusque mouvement de sa tête libéra une larme et sa vue s'éclaircit l'espace d'un instant, juste au moment où le religieux replaçait sur sa tête la capuche qui avait glissé à l'arrière de son crâne. Il se redressa et quitta la pièce précipitamment. Elle était presque sûre que... Mais non, elle devait être folle. Elle était en détresse et aurait trouvé n'importe quoi pour se rassurer. Pourtant, le doute qui s'était formé dans son esprit à ce moment refusait de disparaître.
Lorsqu'elle fut seule, elle sécha les larmes sur son visage et remonta le plus rapidement possible dans sa chambre, de peur d'éclater en sanglot à la vue de tous. En réalité, l'envie de pleurer s'était évaporée lorsqu'elle atteignit le seuil de sa chambre. Son regard tomba sur le livre. Elle se consola en pensant qu'elle pourrait s'occuper l'esprit ce soir.
Quand on vint la chercher pour le dîner, elle pensa se faire porter pâle mais repensa a Ron qui serait sans doute seul et n'apprendrait que par des bruits de couloir ce qui c'était passé. Ainsi elle se força à sourire et promis de descendre dans un quart d'heure. Elle se rinça le visage, se changea et descendit dîner.
à table pourtant elle ne trouva aucun mot pour décrire la situation à Ron qui était apparemment déjà au courant de la situation. Les rumeurs allaient bon train et il ne lui posa aucune question. Ils mangèrent en silence. De l'autre coté de la salle à manger, Xenophilus Lovegood et sa fille badinaient normalement avec Amos Diggory. Comment pouvaient-ils entretenir la discussion aussi simplement après avoir admis qu'ils préféraient les abandonner au sort que leur réservait Jedusor. Elle balada le dernier morceau de carotte dans son assiette.
– Hermione.
– Hum... répondit-elle perdue dans ses pensées, à revivre cette horrible réunion. Qu'allait-elle dire à Harry ? Qu'ils se retrouvaient en définitive seuls face à Jedusor ? Que c'était probablement de sa faute...
– Pour le livre...
– Oui merci, tu n'imagines pas à quel point j'en avais besoin aujourd'hui.
– Ah... tant mieux. Enfin le truc c'est que je n'ai pas fait demander de livre pour toi. ça ne viens pas de moi.
– Pas de toi ?
– Non... Je n'y avais pas pensé, avoua-t-il. Si tu me l'avais demandé je serais aller le chercher pour toi évidemment...
– Tu n'as pas demandé aux femmes de chambres de m'apporter ce livre ?
– C'est ce que je te dis. C'est sûrement Xenophilius, non ? Ne m'as-tu pas raconté que vous aviez parler de livres quand tu étais à Serdaigle ?
– Xenophilius n'aurait pas pu... et parler de livres à Serdaigle c'est...
Elle redressa tout à coup la tête vers le groupe de moines qui suivait Fudge comme son ombre. Ce dernier l'aperçut et lui adressa un nouveau regard dégoûté. Elle tenta de faire abstraction de sa présence. Tous les moines présents à la réunion étaient là. Certains parlaient avec d'autres moines, d'autres, plus discrets, mangeaient leur repas en silence. Un seul ne mangeait pas et avait sa capuche si profondément enfoncée sur sa tête qu'on ne voyait pas son visage.
– Impossible, murmura-t-elle.
– De quoi ? demanda Ron mais elle ne l'écoutait déjà plus et se levait pour quitter la pièce.
