Bienvenue à la SHINRA
Chapitre 22) Une invitation qu'il n'aurait pas du accepter
Alors qu'il était sur le point d'entrer dans sa cabine, après avoir reconduit Cloud à la sienne... enfin, s'il pouvait vraiment parler ainsi... en vérité, c'était plus Cloud qui leur avait permis de retrouver leur chemin après qu'ils aient déposé les plats vides dans des cuisines qui l'étaient tout autant, Zack fut soudain interpellé par Cid qui avançait dans sa direction.
- Toi là bas ! Zack Fair c'est cela ? Tu peux venir un instant ? J'ai à te parler...
Zack hésita à répondre par l'affirmative même si l'homme semblait désormais un peu moins renfrogné, il n'oubliait pas la façon dont il s'était conduit au début du repas.
Voyant qu'il ne faisait pas mine de le rejoindre, Cid s'avança vers lui.
- Allons quoi, ne sois pas timide, je ne vais pas te manger, je veux seulement te faire visiter l'appareil. Mes hommes m'ont dit que tu t'y intéresse. Qui mieux que moi peut t'en parler ? Je l'ai conçu de A à Z.
La tranquille fierté, bien que teintée d'une pointe d'orgueil, poussa Zack à passer outre ses réticences premières et à le suivre.
Cid posa une main un peu lourde sur son épaule.
- Alors, comme cela, tu es un des chiots d'Angeal Hewley ? Tu en as de la chance ! Il parait qu'il est très demandé...
Zack se rembrunit quelque peu à la mention de la popularité d'Angeal. Ce n'était pas vraiment ce qu'il avait envie d'entendre en ce moment.
- C'est le moins que l'on puisse dire... marmonna t'il.
Cid le considéra en fronçant les sourcils. Il avait un instant pensé à l'utiliser pour ennuyer Angeal Hewley, un des trois hommes lui ayant causé du tort par le passé... mais même s'il gardait une pointe de rancune pour l'occasion manquée d'alors, et pour la destruction du véhicule sur lequel il avait passé tant d'heures, il n'était pas homme à s'en prendre à un jeune homme qui n'avait rien à voir avec l'affaire qui le préoccupait depuis dix ans déjà. Même si jouer un peu avec lui aurait sans doute était une douce revanche vis à vis d'Angeal, il n'en aurait pas moins eu des regrets par la suite. Zack semblait avoir déjà son lot de soucis sur les bras, il ne serait pas correct de sa part de venir poser une pierre de plus sur l'édifice.
Il renonça donc à son projet de l'attirer dans la suite présidentielle, pour profiter de ses charmes.
Au lieu de cela, il lui fit visiter le dirigeable d'un bout à l'autre, se montrant bavard et enthousiaste, comme à chaque fois qu'il parlait de l'une de ses machines.
Zack, charmé par cette nouvelle facette de l'individu, le suivait pas à pas et buvait ses paroles.
Angeal, qui cherchait Zack, les vite de loin, penchés vers une console de contrôle, le bras de Cid reposant sur les épaules de Zack, si proche de lui que leurs visages se touchaient presque.
Angeal contempla ce spectacle sans se montrer, puis tourna les talons.
Blessé de cette complicité que son protégé semblait être en train de développer avec le maître du Hautvent, Angeal se dirigea tout droit vers la cabine de Tseng. Il savait que ce dernier s'y trouvait et qu'il ne dormirait sans doute pas encore.
Il y entra sans frapper et referma la porte derrière lui. Tseng se redressa sur un coude, posant sur lui son regard noir impénétrable.
- Je peux savoir ce que me vaut cette visite nocturne ?
- J'ai envie de passer un peu de bon temps et d'oublier. Répondit Angeal d'une voix rauque.
Le drap avait glissé, dénudant en partie le corps parfait de Tseng. Comme l'avait pensé Angeal, il dormait nu.
Tseng ne broncha pas face à cette demande. Il y avait belle lurette qu'il ne s'offusquait plus de rien. Il était de notoriété publique que Rufus Shinra l'avait pris pour amant depuis un moment déjà et qu'avant cela, le président ne se privait pas d'offrir ses services à ses meilleurs clients.
Il s'assit dans son lit, sans chercher à retenir le drap. Il n'avait rien à cacher, mais il voulait s'assurer qu'Angeal savait vraiment où il mettait les pieds en voulant se distraire avec lui.
- Vous savez ce que je suis... murmura t'il de sa voix aux accents métalliques.
Cette voix qu'il cessait de moduler lorsqu'il voulait s'assurer que ceux qui l'approchaient avaient bien conscience de sa dangerosité.
- Je le sais, j'ai failli être des vôtres il y a dix ans. Répondit Angeal. Après l'accident il a été envisagé que je subisse le même traitement que vous, que je devienne un TURKS.
TURKS...
l'abréviation que nombre de gens prenaient pour un mot ou un nom sembla flotter entre eux dans la pièce, telle une entité maléfique.
TURKS... ou Triaire Ultime Rappelé Keytronic Système, voila ce que signifiait vraiment le nom qu'on donnait à son groupe. Eux qu'on redoutait, que l'on évitait, que l'on méprisait parfois, et dont personne ne savait rien ou si peu...
Eux, qui n'auraient pas du survivre, tous d'anciens soldats, policiers ou gens courageux, tous en parfaite condition physique,s tombés en service ou en accomplissant une action héroïque, eux qui n'avaient ni famille, ni amis.. eux qui n'étaient plus humains qu'en apparence.
Pas vraiment des machines, pas seulement, mais pas non plus de véritables humains, ils n'étaient plus que des copies améliorées de ceux qu'ils avaient été avant de recevoir des blessures trop graves pour que leurs organismes puissent espérer survivre, des âmes arrachées à leurs enveloppes mourantes et placées dans des corps artificiellement créés à leurs images. Des corps sensibles, dotés des facultés humaines, capables de ressentir autant, sinon plus, de manger, de parler, d'agir comme des humains, mais plus résistants, plus forts et plus rapides.
Aucun de ceux qui avaient eu le triste privilège d'être élus pour ce programme ne savaient ce qu'étaient vraiment leurs corps, la plupart s'en moquaient et quand bien même ils s'en seraient émus, leurs concepteurs, il n'y avait pas d'autre mot, avaient prévu un système de sécurité permettant de les garder sous contrôle. Le fameux système Keytronic, la plus efficace des laisses qui soit.
Une laisse que Lazard avait bien l'intention de trancher, d'où sa présence à bord de cet appareil. Ce n'était pas tant pour veiller sur Cloud Strife que Lazard l'avait choisi pour cette mission, mais plus pour lui donner une occasion d'approcher celui qu'ils étaient censés ramener, le légendaire Vincent Valentine, le tout premier TURKS, le seul a avoir réussi à s'affranchir du système de contrôle. Le seul à même de leur offrir la liberté ?
Tseng cessa d'y penser pour faire signe à Angeal d'approcher.
Même s'ils n'avaient pas vraiment envie, ni l'un, ni l'autre de ces rapports qu'ils s'apprêtaient à avoir, c'était une bonne occasion pour cesser de penser pour un temps en effet.. de ressentir seulement, comme des humains ordinaires.
Rejetant totalement le drap Tseng se laissa aller sur le lit, s'offrant en silence aux mains d'Angeal. Sa peau, aussi sensible qu'un épiderme humain, tellement de capteurs y étaient installés... le fit très vite gémir et onduler sous les caresses. Angeal n'était pas un dominateur pour rien, il savait y faire. Tseng se perdit dans le flot des sensations qu'il parvenait à éveiller en lui.
Avoir encore l'impression d'être humain... juste quelques minutes... même si cela était faux... il en était avide, mais sa position ne lui permettait pas souvent d'assouvir cette envie.
Rufus l'utilisait comme un objet de plaisir, et les clients du président n'étaient pas plus courtois envers lui. Aucun d'eux ne lui permettait d'oublier la réalité... sa réalité.
Angeal lui était différent, sa façon de le toucher n'avait rien de brutal, il ne lui donnait pas d'ordres, il se contentait de le guider, par des gestes précis, pour lui faire prendre les positions les plus à même de les satisfaire tous deux.
Tseng retint son souffle lorsque, après avoir parcouru toute la longueur de son torse, la langue et la bouche de son amant d'un soir s'attaquèrent à son intimité.
Contrairement à Rufus ou aux clients du président, Angeal ne dédaigna pas cette partie de son anatomie, bien au contraire, il la goûta, l'explorant avec application, jusqu'à le rendre fou de désir et le faire exploser dans une jouissance inégalée.
Haletant Tseng retomba sur le matelas, après s'être cabré sous la force de cette libération inédite.
Il n'avait pas le souvenir d'avoir un jour joui de la sorte... même lorsqu'il était encore vraiment humain.
Ce qui lui servait de cœur lui donnait l'impression de vouloir s'échapper de sa cage thoracique. Il y porta la main pour le sentir battre et réalisa avec étonnement que des larmes roulaient sur ses joues.
Ainsi... il était encore capable de pleurer ?
Il aurait voulu remercier Angeal, mais il n'était pas censé agir ainsi...
Accablé, il referma les yeux.
Sans nul doute, il allait devoir payer pour cet égarement, à moins que Lazard n'ait raison et que Vincent Valentine soit vraiment en mesure de lui rendre sa liberté.
Il en doutait à vrai dire... et il se méfiait de Lazard, comme de tous les membres de la famille Shinra. Il ne savait pas ce qu'il pouvait bien manigancer, mais il doutait fortement que ce soit par bonté d'âme qu'il lui avait fait part de son plan.
Il ne pouvait cependant pas lui opposer le moindre refus, ni la moindre résistance, c'était pour l'heure Lazard qui détenait l'appareil qui contrôlait son système interne. Lazard qui voyait par ses yeux, entendait par ses oreilles...
Il n'était qu'un instrument entre ses mains et ne pourrait faire que ce qu'il souhaitait lui voir faire. Même s'il pouvait se permettre quelques écarts, comme les ébats de ce soir, il n'en restait pas moins soumis à sa volonté.
Entrouvrant les yeux il fixa le visage de l'homme qui se tenait au dessus de lui.
Angeal Hewley ne savait pas quelle chance il avait eu dix ans plus tôt, lorsque ses amis l'avaient sauvé en payant le prix fort pour lui éviter d'être transformé.
- Vous ne savez pas combien vous êtes chanceux... s'entendit il murmurer avec lassitude.
Angeal s'allongea à ses côtés et le prit dans ses bras.
- Détrompez vous Tseng, je sais très bien que j'ai eu de la chance d'avoir de tels amis... je sais qu'ils m'ont sauvé d'un sort bien pire que la mort... murmura Angeal. Même s'ils ne m'en ont rien dit, d'autres se sont fait un plaisir de me montrer ce qu'ils ont fait pour moi.
Son regard s'assombrit au souvenir de ces images.
Genesis et Sephiroth s'étaient soumis à un véritable esclavage des semaines durant pour lui éviter ce destin. Pendant qu'il était inconscient, que son sort restait incertain, eux servaient de jouets à tous ceux qui en avaient envie.
Une période particulièrement sombre pour eux trois, dont ils évitaient de parler.
Six mois... qui avaient sans doute semblé une éternité pour l'argenté et le roux. Six mois pendant lesquels ils avaient été rabaissés au rang de jouets sexuels et traités comme tels. Même si Lazard avait interdit que l'on marque leurs corps de façon définitive ou qu'on les torture trop durement, certains ne s'étaient pas privés de leur infliger des sévices.
Angeal n'oublierait jamais ces visions insoutenables de ses amis livrés à plusieurs hommes à la fois, de Genesis hurlant sous les coups d'un fouet conçu pour faire souffrir sans laisser de traces durables, ou de Sephiroth bâillonné et ligoté, subissant la torture d'un plug enduit d'huile pimentée après avoir enduré une journée entière des assauts incessants, son conduit déjà irrité par les nombreux rapports attaqué par la brûlure du produit. Les larmes qu'ils avaient versé par sa faute...
On leur accordait ensuite quelques jours de répit, pour qu'ils se reposent et se reprennent, dans les bras l'un de l'autre, qu'ils puissent venir le voir, toujours inconscient, avant de les renvoyer en enfer.
Ils ne lui en avaient jamais parlé, mais il savait et il n'avait que plus honte encore de ne pas avoir su les ramener indemnes...
Il avait gardé les cicatrices, on la lui avait laissé plus exactement, en souvenir de cette époque, pour que jamais ils ne puissent oublier.
Ses cicatrices d'alors étaient physiques, celles de ses amis ravageaient leurs âmes.
Il étreignit presque désespérément Tseng, cherchant lui aussi à se perdre dans cette étreinte, dans ce rapport, à oublier tout le reste. Oublier les blessures du passé et du présent, oublier qu'il n'avait pas su protéger ses amis, que Zack était peut être en train de lui échapper, ainsi qu'il avait toujours redouté que cela se produise.
Tseng le laissa faire, acceptant l'étreinte en silence, même s'il se reprenait déjà et qu'il savait qu'ils n'iraient pas plus loin.
Au bout d'un moment, Angeal se releva et quitta la chambre sans se retourner, un peu honteux de ce qu'il venait de faire.
Il rajustait sa tenue malmenée par ce qu'il venait de se passer, lorsque Zack arriva à sa hauteur.
Un seul regard à la tenue froissée et tâchée du sperme de Tseng indiqua très clairement au jeune homme ce qu'Angeal venait de faire.
Il le regarda avec douleur, avant de se réfugier dans sa cabine et d'en claquer la porte avant d'en tirer le verrou.
Il se laissa ensuite choir à genoux sur le sol.
Ainsi... pendant qu'il découvrait le dirigeable aux côtés de Cid, Angeal couchait avec Tseng... comment avait il pu leur faire cela ?
Des larmes qu'il ne parvenait pas à réprimer se mirent à rouler sur ses joues.
Il ignora superbement les coups qu'Angeal frappait contre la porte. Il avait trop mal pour avoir envie de lui parler pour le moment.
À suivre
