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« James… venez ici ! »

Remus avait grimpé sur le toit de la maison, regardant le premier fils de la famille Crookshanks volter dans le jardin. Si un moldu avait regardé, il n'aurait rien vu d'autre qu'un faucon habituel dans la région et aurait été étonné d'en voir un, de nuit. James vint délicatement se poser sur le toit.

« Tu es vraiment bon…
– Je…
– Pourquoi n'es-tu plus dans l'équipe de Quidditch ? De quoi je me mêle ?
– J'avais plus envie.
– Tu as des problèmes à l'école ?
– Non, ça va.
– Tu as des amis ?
– Je suis avec Rose à Gryffondor et on s'entend plutôt bien avec les autres jeunes, oui.
– Est-ce que t'en veux pour quelque chose qui est arrivé à ton père ?
–…que ? »

L'adolescent se recroquevilla sur lui-même.

« Je vois… Tout quitter n'est forcément la solution. James, sors de mon corps.
– Je…
– Fais-voir ta main…
– Je… »

Les main de Remus prirent celles de James, les retournant, soulevant le tissu, et regarda les marques rouges qu'il lui semblait bien avoir remarquées. Les ombres de ton passé te reviennent à la figure.

« Qu'as-tu fait qui te semble aussi impardonnable ?
– Ma… mère… Enfin. Je ne peux pas le dire.
– Vraiment ? Pourquoi ?
– Vous ne comprendriez pas.
– Sans doute pas, mais ça ne fait rien. Je peux entendre tout de même.
– J'ai tué ma mère. Disons.
– Pardon ? »

C'est ? Quoi ? Tué, tué ? Avada Kedavra, et tout ? Ah oui. Là, forcément…

« Mon oncle Harry… Il est très connu.
– C'est ce que j'ai cru comprendre, le survivant.
– Oui. Un groupe de personnes est fasciné par sa personne.
– …, qu'est-ce que je dois répondre à ça ?
– Et un jour… »

James regarda dans le vague, un instant. Il soupira.

« Disons que je voulais juste en apprendre plus, alors j'ai discuté avec l'un d'entre eux. Cette personne semblait gentille. Elle m'a demandé d'offrir un cadeau à mon père. Pour s'excuser.
– S'excuser de ?
– S'excuser d'avoir tenté de le tuer.
– Ah oui… beaucoup d'histoire de morts dans cette famille quand même.
– Je l'ai ramené à la maison et j'hésitais à le donner. J'ai voulu vérifier avant, que ce n'était pas… une menace ou je ne sais pas…
– …, je ne sais toujours pas quoi dire, moi là.
– Et ce n'était rien… Juste une jolie rose dans un écrin avec un mot. Je l'ai donné à mon père…
– …., toujours pas.
– Alors mon… ma mère a vu le mot et une étrange forme est apparue dans la rose.
– …, toujours rien à dire.
– Ma mère a usé sa baguette pour l'écarter de mon père. La créature s'est liée à sa baguette, elle s'est enveloppée sur lui, elle l'a entouré et ma mère a disparu ce jour-là. »

J'ai mal. Cette histoire me fait mal… Cette histoire me fait affreusement mal. Je n'arrive pas à respirer. J'ai l'impression de sombrer. Je dois respirer. C'est dingue… J'étais…

« J'étais… présent ?
– Quoi ?
– Ce jour-là ?
– Oui…
– James… veuillez m'excuser…
– Vous saignez… Vous saignez…
– Ce n'est rien… terminez votre histoire.
– Non… Je vais chercher Si… Buck. »

Remus attrapa le gamin par l'épaule, l'attirant contre lui.

« J'suis pas en sucre. Très bien… Vous devriez retourner dans votre maison. Reprendre le Quidditch et faire en sorte que votre père soit soulagé de vous savoir heureux en train d'attraper le vif d'or…
– Mais…
– Écoutez James… Je connaissais une personne… qui s'appelait James. Il souffrait, comme vous, d'une culpabilité que je n'ai toujours pas très bien comprit, que je ne comprendrais sans doute jamais, mais ce que je sais, c'est qu'il ne se rendait pas compte que plus il culpabilisait et allait mal, plus la personne qu'il voulait protéger se sentait mal de le rendre aussi malheureux. Quand votre père réalisera que vous abandonnez tout pour lui, il ne le pardonnera pas. Si j'étais votre mère… quelle étrange phrase, mais certes, si j'étais votre mère, je vous dirais qu'avoir voulu faire confiance en une personne prouve que vous êtes une bonne personne, que je suis fier de me sacrifier pour une si bonne personne et que je ne supporterai pas que mon sacrifice mène à votre perte. Votre mère serait-elle heureuse de vous voir dans cet état ?
– Je… je ne peux pas abandonner mon père.
– Je pense, vu le lascar, qu'il appréciera de venir avec un drapeau Gryffondor et un drapeau Serpentard vous supporter à la finale des quatre maisons et voir votre frère et vous-même vous affronter ailleurs que dans le couloir de vos chambres.
– Gryffondor est meilleur… tu peux le dire que tu préfères qu'on gagne et que tu veux que j'aide l'équipe. Je ne le dirais pas à Albus… »

Remus sourit en coin. Aussi. Clairement. Il préférait Gryffondor.

« James, ce n'est pas ta faute. Le seul responsable est la personne qui a envoyé le colis. Et s'il te plaît, mon garçon, ne t'entraines plus la nuit, tu pourrais te prendre une chauve-souris… mon cœur va mourir d'une crise cardiaque. Je suis définitivement vieux, maintenant je le sais.
– Dixit le maraudeur qui allait dans la forêt interdite.
– Qui vous a dit cela ? rit Remus.
– Hagrid raconte souvent vos exploits à Albus et moi.
– Albus Severus…, répéta pensif Remus, quel affreux prénom.
– Je m'appelle bien James Sirius… Merlin !
– … Pardon ?
– Je…
– … » Son père était définitivement fou.

« Quelle est le second prénom de votre sœur ?
–… Luna…
– … au moins ce n'est ni Peter, ni Remus.
– …, préféra s'abstenir de commentaire James comprenant que Remus ne faisait pas le rapprochement avec son surnom.
– James Peter aurait été plus…
– Plutôt mourir ! »

James s'était redressé brutalement, se rendant compte qu'il en disait trop.

Son père est un tueur en série, une groupie… je comprends mieux la défense systématique de Sirius mais…

C'était quoi le problème contre Peter dans cette famille ? Le parrain de Ted était bashé par ce groupe, c'était violent. Qu'est-ce qu'il se passait dans leurs têtes ? Peter était qu'une victime…