Chapitre 22 : Incompréhensions
Je lâchai un soupir en entendant les deux coups discrets donnés à l'entrée de ma chambre. Ma présence au domaine familial si rare, elle ne passait pas inaperçue. En règle générale, l'on me laissait m'isoler à loisir, excepté cette fois, où quelqu'un brisait ce moment de solitude recherchée. Étrangement, je me doutais de la raison, aussi claire que je connaissais l'identité de la personne à l'origine de cette perturbation.
Ma concentration fuyante rendait de toute façon impossible la lecture de mon livre, refermé en signe d'abandon. Par une simple directive, j'accordais l'autorisation de mon espace, jusqu'ici réservé à mon père et moi. Quelques secondes plus tard, une tête pratiquement inconnue apparut dans l'entrebâillement de la porte à peine poussée.
- Tu as deux minutes ? s'enquit ma mère, la voix tremblante, j'aimerais discuter un peu avec toi, si tu veux bien.
J'opinai en silence, quelque peu étonné. De mémoire, c'était la première fois qu'elle tentait une manœuvre aussi frontale. Si elle s'entendait bien avec la fratrie, je subissais une légère différence de traitement, sans doute parce que je baignais dans l'aura paternelle sans discontinuer. La crainte que je ressemblasse à cet homme vivace en elle, elle redoutait presque de m'adresser la parole. Sa personnalité l'obligeait à toujours rester en retrait, et Fuyumi servait souvent de passerelle entre nous d'ordinaire.
Elle s'approcha timidement, incertaine de son action, le cerveau nourri des secondes écoulées pour répéter un texte préparé au préalable. Le lit situé à côté du bureau pointé du doigt, elle attendit mon geste affirmatif avant de prendre place. Maintenant qu'elle se trouvait dessus, je réalisais que sa venue dans ma chambre constituait une image inédite.
Ses yeux gris parcoururent la pièce d'un regard triste, s'attardant un moment sur les murs blanc, dépourvu de toute décoration, à cause de mon père, déduisait-elle à cette seconde. Lorsqu'elle reporta son attention sur moi, l'étincelle du regret débordait tellement, que mon cœur se tordit de douleur.
- J'ai quelque chose à te demander, entama-t-elle.
La question devinée, je n'avais pas envie d'aborder le sujet qu'elle amènerait par la suite. J'aimais sincèrement ma mère, mais mon éducation m'empêchait de me tourner vers un membre de ma famille, en cas de problème. Cela ne me dérangeait pas tant que mon bouclier fonctionnait, puisqu'il me protégeait de ces éléments jugés parasites à une certaine époque. La tendance inversée aujourd'hui, due à cette chose grandissante, je ne me sentais malgré tout pas prêt à narrer ce qui se passait à l'intérieur de mon chaos. Il s'agissait là de mon intimité, un refuge beaucoup trop récent pour se partager.
Fuyumi le savait, et, bien que sûrement possédée par la même inquiétude, elle gardait ses distances, attendait avec patience et discrétion ma possible venue. Ma mère prouvait par ce comportement qu'elle ne me connaissait pas vraiment, malgré le sang, les traits physiques communs. Je ne lui en tenais cela dit pas rigueur, la création de ce décalage pas entièrement de sa faute.
Ma figure maternelle se racla la gorge, avant de revenir à la charge, d'un ton mal assuré :
- Qu'est-ce que tu as ? Tout le monde remarque que quelque chose te tracasse.
Elle ne me laissa pas le temps de répondre et enchaîna :
- Fuyumi m'a déconseillé de venir te parler. Elle dit que quoiqu'il se passe en ce moment dans ta vie, à moins que tu ne demandes pas d'aide, je n'ai pas le droit de m'immiscer. Et peut-être... (Elle secoua la tête) Non, c'est même sûr, je ne suis pas la personne idéale, je n'ai pas ta confiance. Non pas que je la mérite, c'est évident, j'ai conscience...
Elle s'interrompit pour reprendre sa respiration.
- Peu importe. Je ne sais pas si je le peux, mais je suis ta mère, et je m'inquiète pour toi, mon fils.
Elle paraissait si sincère que je voulus, l'espace d'une seconde, me réfugier dans ses bras, pleurer toutes les larmes de mon corps, narrer tout ce qu'il m'arrivait ces derniers mois.
Raconter surtout, à quel point la découverte de toute une part inconnue me perdait autant qu'elle me rendait heureux ; où lors de cette nuit particulière, j'avais embrassé un homme que j'aimais à la folie.
Comment réagirait-elle, serais-je toujours « son » enfant, après ces confessions ? Mon étrangeté plus à prouver, ce fait nouveau ne risquerait-il pourtant pas d'effrayer celle qui, lors d'une conversation téléphonique avec notre grand-mère, m'avait qualifiée de « répugnant » ? Que pourrais-je dire pour l'apaiser, quand ma seule attente consistait à recommencer, continuer d'explorer.
Malheureusement, dès le lendemain, Izuku décida de ne pas faire cas de cette soirée. Il me le fit comprendre à sa manière inchangée de s'adresser à moi, avec toujours, un sourire sincère, ce désir transparent de se rendre utile auprès de moi. Cet événement enterré, il avait repris son rôle d'assistant, de stagiaire, et rien de plus, quand je crevais de mon incapacité à poser des mots dessus.
Son attitude tantôt blessante, tantôt bienvenue mettait ma lucidité à rude épreuve. Nager dans cette confusion, ne pas pouvoir adapter mon comportement en fonction m'insupportait, mais je n'osais pas avouer au déclencheur de ce brouillard toutes mes interrogations, tous mes doutes. Je contenais de plus ma curiosité vis-à-vis de son ressenti, et les suites à donner, s'il devait en avoir. Il souffrait toujours de cette énigmatique douleur qui me contraignait à la retenue.
Malgré tout, cela ne diminuait en rien l'impact de cet instant sur moi. Nous nous étions embrassés d'un baiser trop sauvage, trop intense pour qu'il tombe dans l'oubli. De mon côté en tout cas, je ne le souhaitais pas, m'accrochant de toutes mes forces à ces sensations brûlantes.
Ma mère ou même Fuyumi, personne ne pourrait comprendre. Cela n'appartenait qu'à moi, et je devais d'abord connaître son point de vue sur cette situation, avant de songer à m'épancher.
Je m'efforçai de la rassurer :
- Il n'y a rien, maman. Je suis juste un peu préoccupé par le retour de... père.
Il y avait un fond de vérité dans ces propos, probablement très lointain de ce qu'elle devait imaginer. La réapparition de cette ombre dans nos vies me tourmentait, toutefois, ce qui m'empêchait de trouver le sommeil, n'avait rien à voir avec nous, habitués à composer avec cet homme.
Le risque pour mon stagiaire identifié, elle formait un très gros nuage noir dans mon ciel plus assombri qu'à l'accoutumée. Izuku n'avait pas caché son admiration, sa joie à l'idée de travailler au même endroit, lors de notre toute première sortie, sans se douter qu'il allait dorénavant s'exposer à la folie de mon père. En outre, si ce géant se rendait compte de sa valeur à mes yeux, il ferait de son existence un enfer, sans aucun doute. L'idée que cet inestimable joyau finisse par me reprocher son statut de proie, dû à mon incapacité à le protéger, représentait la pire chose qui pourrait m'arriver.
Depuis cette soirée, mes sentiments me submergeaient sans cesse, aussi forts qu'irrésistibles, mais pour sa sécurité, j'étais prêt à y renoncer. Prendre mes distances au retour de mon géniteur me révulsait l'estomac, pourtant, je me dirigeais doucement vers cette possibilité.
Ma mère eut un léger sourire.
- Je comprends, concéda-t-elle, et pour être tout à fait honnête, j'espérais que ses obligations le retiendraient encore un peu. Mais rappelle-toi que nous ne savons pas quand il reviendra, tâche de profiter de ta liberté.
Elle mesurait les conséquences de ce changement pour notre famille, tenait à lui en dépit de l'enfer du quotidien... Plus jeune, je la croyais stupide, aveugle de rester, alors qu'il me torturait tant physiquement que mentalement. Au fil des années, ma carapace m'aida à relativiser, me protéger de cette rancune que je me sentais éprouver envers sa faiblesse. Puis, petit à petit, elle se redirigera vers moi, seul responsable de cette existence robotisée.
Aujourd'hui, alors que j'entamai mes premiers pas dans le chemin sinueux de l'amour, je comprenais en douceur toute la complexité d'un tel état. Le schéma de mes parents, empli de contours flous, indéchiffrables et débordants, devait posséder quelque chose d'invisible à l'œil nu, de suffisamment beau pour que, malgré les frissons réprimés, ma mère parût heureuse.
- Il n'y a vraiment rien d'autre ? insista-t-elle d'un ton tendre.
Évidemment, elle ne me connaissait pas, pourtant son instinct maternel la mettait sur la voie. Me croire à l'abri des mailles du filet était une grossière erreur.
- Non, affirmai-je, avec aplomb.
Si elle perçut le mensonge, elle eut la délicatesse de ne pas persister. Silence gardé, elle se contenta de hocher la tête. Après un dernier regard soucieux dans ma direction, elle me laissa abasourdi.
Elle devait vraiment se ronger les sangs pour avoir enclenché cette démarche.
[*]
L'annonce du retour propagée comme une traînée de poudre, le personnel marchait depuis sur des charbons ardents, oscillant entre crainte et joie. D'aucuns remettaient en doute ma capacité à gérer la clinique ; mon rôle premier, les souffrances engendrées en vue d'endosser le poids de la future succession ignorée par la grande majorité, certaines voix dissidentes me pensaient trop jeune pour assumer une telle responsabilité, préférant la main de fer. Toutes, néanmoins, s'accordaient sur le fait que mon père ne plaisantait jamais, et que par conséquent, ils allaient devoir se surpasser s'ils espéraient rester au sein de cette élite prétendue.
Izuku a des kilomètres de ces préoccupations, semblait se faire du souci pour moi, bien que je feignisse ne pas voir son voile d'inquiétude lorsque ses émeraudes me fixaient. Il avait pris tellement de place dans ma vie en si peu de temps finalement que c'en était presque effrayant, et malgré la culpabilité, déceler cette étincelle me plaisait.
- Ma meilleure amie et moi comptons nous installer ensemble dans un petit appartement, en dehors du complexe universitaire, m'annonça-t-il, à mi-voix, son assistanat de la journée terminé. Nous cherchons des gens pour nous aider à emménager, ça te dit de venir nous donner un coup de main ?
Je relevais mes pupilles bicolores vers lui, sans cacher la surprise de sa proposition. Il tentait visiblement de chasser l'image prégnante de mon père de ma tête, sans savoir qu'elle représentait le cadet de mes soucis, en réalité. L'intention, pour le moins touchante, me laissait perplexe, car si pour lui, elle ne signifiait rien de plus que ça, elle rendait la nage plus compliquée.
- Je ne suis pas habitué à la foule, avouais-je, aussi calme que possible.
Et pour cause, mes sorties extérieures se comptaient sur les doigts de la main. De plus, la perspective d'attirer l'attention à cause de mon nom ne m'enchantait pas vraiment, ce qui parut l'amusé, à la façon dont il rit.
- Précise ce que tu entends par là, parce que je te rassure tout de suite, s'il s'agit du nombre de personnes, il n'est pas question de cohue. Je ne suis pas tant sociable que j'en ai l'air, à part Mirio et quelques camarades de l'hôpital où ma future colocataire officie, on ne devrait pas être plus de dix.
Peu importe le chiffre, que l'on soit trois ou une dizaines, l'idée de me retrouver entouré me mettait mal à l'aise, d'aussi loin que ma mémoire remontait. Mon père me fournissait le prétexte, je détestais me mêler aux autres dans un cadre privé, pour un tas de raison. La plus envahissante, celle à ne pas prendre à la légère : que mon legs, mes peurs, mes angoisses resurgissent. Je ne me retiendrais alors pas de repousser ces gens désireux de briser la glace, comme cela avait toujours était le cas. Izuku ne devait son immunité qu'à son statut.
Il leva la main droite :
- Je te promets que tu ne risques rien, tu connais déjà Mirio, ma meilleure amie est la douceur incarnée, et elle m'a assuré que les personnes vers qui elle s'est tournée sont très gentilles.
Devant mon air grave, son expression joviale s'effaça.
- Tu peux refuser, je ne te force pas, précisa-t-il en me gratifiant d'un sourire compréhensif.
De là résidait tout le problème : même si je le voulais, je ne possédais plus les ressources nécessaires pour le contrer. Mon énergie diminuée face à lui, il me demanderait de me jeter par la fenêtre que je m'exécuterais sans broncher.
- Non, je viendrais.
Pas de gaieté de cœur, mais je lui devais bien ça, au vu de tout ce qu'il me donnait sans s'en apercevoir. Cela constituait un pas énorme, un peu effrayant, toutefois, ce sentiment unique me transcendait, et son visage exprimait une telle reconnaissance, réponse à mon effort, que je ne regrettais pas ma décision. Je compris alors que tous les sacrifices m'apparaîtraient bien dérisoires en comparaison à ses offrandes quotidiennes.
- Le déménagement est prévu dans une semaine, précisa-t-il, son air radieux de retour. Je t'informerais de l'adresse du rendez-vous quelques jours avant, pour que tu puisses te préparer mentalement, ajouta-t-il avec un clin d'œil complice.
Je n'eus pas le temps de m'étonner de la rapidité avec laquelle il parvenait à me sonder que déjà, je m'esclaffai sans retenue. Un rire franc, sonore, une autre découverte. Cette nouvelle étrangeté mourut à peine sortie, absorbée par le choc, et, à en juger par le regard de mon vis-à-vis, je n'étais pas le seul qu'elle avait interloqué.
- Je suis désolé, m'excusais-je, honteux, sans trop savoir pourquoi.
Izuku secoua vivement la tête.
- Ne le sois pas, au contraire ! cria-t-il presque, avec un enthousiasme qui me laissa bouche bée. C'est un très beau son !
Il disait tout ce qu'il pensait sans imaginer les conséquences, décidément... Comment rester indifférent face à tant d'innocence, de sincérité ? Il n'avait pas conscience de ce pouvoir magique qu'il détenait, son esprit enfermé dans le reflet de sa malheureuse conviction.
Mon cœur s'accéléra soudain, persuadé de disposer là de l'opportunité attendue, du moment parfait.
- Izuku...
Je ne savais pas par où commencer, tant il y avait à dire. Alors que j'ouvrais la bouche, une pensée surgit, coupant net l'excès de courage qui m'assaillait. Si je me confiais sur ce que j'avais éprouvé, il devinerait mes sentiments, prendraient encore plus ses distances, au point, peut-être, de quitter la clinique, ce que je ne supporterais pas.
J'abandonnai aussitôt.
- La présentation de la conférence de demain est bouclée ?
Loin de se douter de mon écrasante défaite, mon stagiaire acquiesça.
- Tout est prêt, affirma-t-il.
- Bien. Tu peux rentrer chez toi, et s'il te plaît, évites le détour habituel par la chambre d'Eri. C'est ta patiente, pas ton enfant, et tu n'as pas pour vocation de rester ici pour toujours.
L'instant béni évaporé, je repris la posture droite, miroir fidèle de mes responsabilités, tout élan amoureux refréné. Dieu merci, quand nous nous trouvions dans notre environnement professionnel, j'arrivais à peu près à ranger mes pensées. Dans le cas contraire, je me serais moi-même jeté par la fenêtre, sans ordre au préalable.
- Tu croyais que je l'ignorais ? demandais-je amusé. Mirio a su préserver ton secret, malheureusement pour toi, rien ne m'échappe, dans l'enceinte de ses murs.
L'éclat de fierté à l'intérieur de mes paupières s'éteignit en entendant sa question.
- Ça te déplairait, si je reste ici pour toujours ?
Surpris par cette attaque déguisée, ma gorge devint si sèche qu'une quinte de toux secoua bientôt l'entièreté de mon corps. Je fis pivoter mon fauteuil juste à temps pour masquer mon visage en feu, provoqué tant par mes spasmes que par la violente chaleur de son interrogation. Quand tout se calma, fut maîtrisé, j'inspirai une profonde bouffée d'air. Était-ce une forme de torture à laquelle il me soumettait, ou y songeait-il réellement ?
Je me tournais vers lui, et croisai les bras contre mon torse, dans l'attente de plus d'explication.
- J'ai beaucoup plus appris parmi vous, que pendant mes années d'études, justifia-t-il, son sérieux retrouvé. Je sais que la clinique dispose d'un programme équivalant à la meilleure formation dans le domaine, j'aimerais en bénéficier. Depuis l'accident, mon but était de revenir ici, pour des raisons que tu peux imaginer. Maintenant que j'ai observé votre façon de fonctionner, plus rien ne m'oblige à retourner à l'université.
- Et cette envie subite n'a rien à voir avec Eri, par hasard ?
Un petit sourire retroussa le coin de ses lèvres. Notre dynamique changeait, il n'y avait à cette seconde, plus de place pour une quelconque forme de sentimentalisme. La gravité d'une telle éventualité trop importante, je ne pouvais savourer le bonheur qu'elle aurait dû me procurer. Avant de le laisser entrer en entier, il fallait mesurer toute la motivation de ce docteur en herbe, ainsi que sa capacité à supporter les humeurs de mon père.
- Je te mentirais si je t'affirmais que ce n'est pas le cas, répliqua-t-il. J'aime Eri et je veux l'aider, me tenir à ses côtés au moment de sa sortie, c'est vrai. Mais ce n'est pas que pour ça.
Le ton mystérieux me força à garder mes distances, mais il se trompait s'il pensait pouvoir me duper. Je commençais à le connaitre, moi aussi.
- Nous en discuterons un autre jour, tranchais-je, soudain épuisé. Tu peux disposer.
Je bouillonnais de rage contre moi. Malgré mon avertissement, je devenais à ses yeux, une personne à sauver, tout juste bonne à recevoir sa pitié. Parler de cet événement s'avérait inutile, il savait ce que j'avais ressenti ce soir-là. Maintenant au courant de la faiblesse qu'il représentait, il désirait me protéger.
- Ne reste pas pour moi, lâchais-je alors qu'il s'apprêtait à sortir. Je te l'ai dit, je ne suis pas une âme esseulée.
Il se tourna vers moi.
- Je vais te donner un petit conseil qui servira tes relations futures. Ne présume jamais à la place des autres, il n'y a rien de plus énervant. Votre établissement représente l'excellence pour qui se destine au domaine médical. Le reste ne te regarde pas.
Je le fixais en silence, le point concédé, la preuve tangible de ce que j'avançais, manquante. Sa façon de se comporter incompréhensible pour moi, je décidai de ne rien ajouter.
- Tu es beau quand tu ris, tu devrais le faire plus souvent, me conseilla-t-il avant de disparaître à la vitesse de l'éclair.
Je fermai les yeux lorsque la porte claqua derrière lui, mon crâne prêt à exploser. Non seulement, j'avais accepté sa proposition, malgré ma répugnance à l'égard de ces situations, mais en plus, s'il ne se doutait pas de la teneur exacte de mes sentiments, Izuku lisait mon trouble...
Je me sentais pris au piège ; un piège dont il était désormais difficile de me libérer.
[~~~]
Bien après son départ, sa phrase tournoyait toujours dans mon esprit, m'accompagnant jusqu'au coucher, où avant de me mettre au lit, je murmurai dans le secret de la nuit :
- À quoi joues-tu, Izuku ?
