Chapitre 21 : Petite pause.

Corps endoloris. Doigts paralysés. Une respiration à la fois.
Yeux indomptables. Langue lourde. Lèvres sèches. Nouvelle respiration.
Les yeux décident d'enfin obéir et s'ouvrir lentement avant de se refermer brusquement, la lumière blanche éblouissant.

Stop. Attends.

Chaleur. Lit. Lumière. Flash. Chaleur. Lit. Lumière.

Oui.

Sa respiration se bloque en comprenant où elle est et elle doit reprendre une grande inspiration alors qu'elle sent sa poitrine se bloquer, ouvrant les yeux, elle gémit de douleur à la sensation affreuse de pics dans sa tête. Elle sursaute en sentant quelque chose sur sa main. Elle tourne la tête. Et la voit.

-Em- Souffle-t-elle, sa voix douloureuse, alors que la blonde tient sa main, au-dessus d'elle, les larmes aux yeux, prononçant des paroles qu'elle n'entend pas, même si elle comprend que la blonde la rassure. Elle le voit dans ses yeux et ces yeux suffisent à l'apaiser.

Lentement, elle amène sa main à ses oreilles. Elle veut entendre la voix de sa compagne, juste pour être certaine que ce n'est pas un rêve. Un rêve qui la ferait passer de l'autre côté. Mais Emma arrête son geste.

'L'appareil a été endommagé, alors ils l'ont retiré pour le remplacer. C'est fait, mais il n'est pas encore opérationnel, il faut le régler avant. Tu as compris ?' Préféra demander la jeune blonde, voyant sa compagne lutter pour la comprendre. 'Ce n'est qu'une question d'heure.' Ajouta-t-elle en voyant une moue paniquée se dessiner sur le visage de la brune, sachant très bien que Regina détestait ne pas entendre ... Surtout quand elle ne le décidait pas.

Regina hocha, finalement, la tête et amena ses deux mains contre le visage à quelques centimètres du sien et, de ses pouces, elle essuya les larmes qui avaient perlé des yeux émeraude.

'Je t'aime tellement.' Signa Emma.

-Aussi. Dit Regina, n'ayant la force de ne prononcer que ce mot.

Quelques secondes plus tard et elle somnolait déjà avant de s'enfoncer à nouveau dans un profond sommeil. Emma attrapa son téléphone et envoya un SMS à tout le monde, se contentant d'écrire : #Regina s'est réveillée. #

Incapable de se rendormir, Emma tira un peu plus la chaise près du lit et, amoureusement, elle se mit à caresser les cheveux bruns. Elle était soulagée qu'elle se soit réveillée, mais maintenant que Regina dormait à nouveau, elle était terrifiée à l'idée qu'elle ne se réveille pas. Que tout ne soit qu'un rêve. Elle avait encore dans la tête le bip strident qui avait indiqué que durant un instant, la brune était morte et qu'elle, elle avait failli la perdre. Deux minutes à peine plus tard et Regina était réanimée et immédiatement prise en charge pour remonter sa température au plus vite, mais cela avait suffi à Emma de s'imaginer une vie sans Regina. Une vie inenvisageable, à vrai dire. Mis à part une légère commotion cérébrale, des engelures et des ecchymoses sur le corps ainsi que sa cheville qui avait triplé de volume à cause de l'entorse et du froid, Regina s'en sortait assez bien finalement. Trop bien visiblement, puisque l'un des médecins lui avait déjà annoncé que la brune partirait dès son réveil, ce à quoi Emma avait bien failli lui faire connaître sa façon de penser de manière rude avant d'être stoppé par Cora.

-Vive le système des Etats-Unis. On ne peut rien y faire. Qu'on s'estime heureux, on est à Boston alors ils auraient très bien pu la renvoyer avant même son réveil. Avait déclaré Cora d'un ton froid et rassurant avant de retourner au chevet de sa fille.

Chevet qu'elle n'avait quitté depuis que Regina avait été retrouvée qu'une quinzaine de minutes avec son mari pour aller s'aérer l'esprit. Henry, qui avait absolument tenu à rester auprès de ses deux mères également, avait suivi Cora et Henri afin de pouvoir manger quelque chose. Et c'est finalement, cinq minutes après l'envoi de son message que les trois débarquèrent en trombe dans la chambre. Ils avaient visiblement couru au vu de leur respiration erratique et Henry sauta sur lit afin de voir Regina, Emma n'ayant pas le temps de réfréner les ardeurs de son fils. Cela dit, elle doutait pouvoir réussir à le canaliser tant il semblait heureux. En sautant sur le lit, avec une délicatesse égale à un éléphant dans un magasin de porcelaine, il réveilla Regina qui ouvrit brusquement les yeux en sursautant et en mettant les mains devint elle, comme pour se protéger.

-Tu es réveillé ! S'écria Henry en entourant ses bras autour de son cou, y nichant ainsi sa tête.

Aussitôt, Emma déposa un baiser sur la tempe de Regina, pour lui montrait qu'elle était en sécurité et qu'elle n'avait pas à avoir peur. Aussi, reprenant doucement ses esprits, Regina noua ses bras autour du petit garçon et le serra aussi fort qu'elle put contre son cœur prenant doucement consciente de ce qu'il s'était passé et d'où elle se trouvait désormais. Henri ne put s'empêcher de sourire en voyant sa fille choyée par sa famille, rassuré lui aussi de revoir enfin ses yeux bruns. L'adrénaline, la peur, l'angoisse, redescendant, il sentit sa tête se mettre à tourner et se laissa tomber sur le rebord du lit, posant sa main sur la barre en métal du lit, savourant la fraîcheur de l'objet qui le ramena un peu sur Terre. Voyant le léger malaise de son mari, mais le sachant très pudique et réservé, Cora glissa sa main dans la sienne et ne dit rien si ce n'est transmettre son soutien à travers son regard et ses gestes, gardant tout de même un œil sur lui au cas où le malaise se prolongerait ou s'intensifierait.

Zelena, dans toute sa splendeur, entra avec fracas dans la chambre, sourire enjôleur sur le visage et joie débordante, incapable de retenir son soulagement et son bonheur de savoir sa petite sœur bel et bien saine et sauve. Honnêtement, personne n'aurait pu dire qui de Henry ou de Zelena étaient le plus débordants d'énergie et lequel il aurait fallu calmer, si tenter, ils auraient réussi.

Heureusement pour Regina qui avait encore énormément de mal à se concentrer sur les lèvres et les gestes grossiers parfois effectués par les deux piles électriques, son intense concentration fut abrégée puisqu'un médecin entra dans la pièce pour faire les dernières vérifications et reparamétrer son appareil auditif. Il avait au départ accepté que tous restent, connaissant la réputation des Mills et ses collègues, mais voyant que leur énergie ne diminuait pas - encore moins avec l'arrivée de Katherine et son mari qui étaient arrivés en même temps que le Docteur Whale -Regina avait demandé que seule Emma ne reste étant de plus en plus mal-à-l'aise, faisant râler tout le monde.

Quarante minutes plus tard, les papiers pour la sortie de la brune étaient déjà prêts. Regina avait tenté de batailler pour ne pas avoir d'arrêt de travail, mais sa fatigue ne fit pas le poids contre la détermination et l'autorité de son mentor et supérieur, Monsieur Gold, qui ne s'était pas laissé démonter face à ses suppliques.
Maintenant, c'était au tour d'Emma de râler et rechigner à signer les papiers de sortie, toujours bouleversée à l'idée de sortir aussitôt. Pourtant, elle se souvenait bien de la fois où elle avait été poignardée. Aucun organe n'ayant été touché et pouvant marcher d'elle-même, elle n'était pas restée plus de quinze heures à l'hôpital... Et il fallait bien avouer, que ce ne l'avait absolument pas dérangé.

-Grouille-toi. Je veux sortir d'ici. Se plaignit Regina d'une voix faible alors que sa sœur l'aidait à s'habiller avec des habits trouvés dans le bureau de la brune, Regina était encore très faible et fatiguée finalement.

"C'est débile, franchement. Y a une liste de ce à quoi il faut faire attention. Tu n'es clairement pas bien et il te renvoie. C'est débile." Râla-t-elle, sans prononcer un moment, sachant que même si Regina pouvait l'entendre, sa migraine l'accablait.

-Oui, bah tu crieras à la honte à la maison. Trancha la brune d'une voix basse et cassée.

-T'es médecin. Tu devrais être d'accord avec moi.

-Certainement pas. Ria Regina. Je hais les hôpitaux.

-Tu travailles dans un hôpital. S'étonna Emma s'en prendre la peine de signer, trop perplexe quant à la réponse de sa compagne, médecin.

-Pas la même chose. Radicalement différent. Fit hautainement Regina en se levant. Pfiou... Siffla-t-elle en se levant, appuyant par la même occasion sur sa cheville ankylosée.

Comprenant enfin le comportement de sa compagne, Emma envoya Zelena récupérer un fauteuil roulant et s'approcha de la brune qui s'était rassise sur son lit, regardant sa cheville dans l'attelle en grimaçant et se mit entre ses cuisses plaquant une main contre sa joue et l'autre à l'arrière de sa nuque.

-Reste calme, s'il te plaît. J'ai compris, tu veux absolument rentrer, mais ce n'est pas en étant intenable que ça arrivera plus vite. Bientôt, on sera à la maison, avec Henry, moi et vu comme c'est parti, tes parents. Ricana Emma. Je t'expliquerais tout ce soir, je te l'ai promis, mais tu es en sécurité. Tu ne risques plus rien et crois-moi, on va être à tes petits soins Henry et moi. Alors ne t'angoisses pas, tu seras bientôt à la maison et complètement en sécurité. Murmura-t-elle avant de venir chercher la chaleur de ses lèvres.

Les larmes aux yeux, Regina hocha la tête et savoura ce baiser rassurant. Quelques minutes plus tard, Zelena débarqua avec le fauteuil roulant, faisant grimacer de plus belle la brunette qui se laissa tout de même faire, sentant la fatigue la reprendre. Une fatigue si harassante, qu'elle avait finie par s'endormir dans la voiture jaune, pratiquement affalée sur Henry qui s'en amusait. Totalement KO, Regina bougeait au rythme de la voiture, maladroitement tenue par Henry qui essayait d'éviter qu'elle ne se cogne quelque part, même si Emma faisait très attention à chaque virage ne voulant pas réveiller la brune. Se garant sur le parking de son immeuble, Emma soupira en voyant que David, Mary et Katherine étaient là. Elle était touchée de voir à quel point leur famille était un soutien sans faille, mais ça commençait à faire beaucoup et elle aurait préféré se retrouver seule avec Regina, à prendre soin d'elle et la laisser se reposer. Et visiblement, Zelena qui était juste à côté d'elle pensait la même chose.
Sortant de la voiture, Emma fit le tour et ouvrit doucement la portière avant de tirer Regina et la porter, obtenant un long gémissement de la brune.

-Emma. Marmonna Regina nichant sa tête dans le cou de la jeune femme et agrippant le col de sa veste rouge.

-Chut, on est arrivé. Dors. Chuchota-t-elle en resserrant sa prise autour de ses hanches.

Entrant délicatement dans l'appartement, Emma se dirigea immédiatement vers sa chambre, suivit de Cora et Henry - prenant garde à ne pas cogner la jeune brune - et la déposa dans leur lit après que Cora ait tiré les couvertures. Délicatement, elle retira sa chaussure, son manteau, Regina à demi consciente se laissant faire.

-Pourquoi elle est si froide ? S'inquiéta Emma en sentant la température du corps de sa compagne habituellement toujours très chaude.

-Son corps réagit au traumatisme qu'elle a vécu et garde une température froide inconsciemment. Il faut juste faire attention à ce qu'elle ne tombe pas en état de choc, mais je ne pense pas que ça sera le cas. Ne vous en faites pas, elle ira bien. Rassura Cora, une main rassurante posée sur l'épaule de la policière. J'ai conscience que vous voulez rester ici, à la veiller et être au calme, alors n'hésitez pas, Emma. Je vais m'occuper de les rassurer et de tous les faire déguerpir dans la foulée.

-Vous êtes sa mère, restez, je vais m'en occuper et vous n'aurez qu'à m'appeler lorsqu'elle se réveillera. Préféra proposer Emma, ayant compris ces dernières vingt-huit heures que la matriarche avait eu plus que peur pour sa fille et que son besoin d'avoir un œil sur sa fille avait - momentanément - pris le dessus sur sa raison.

-Non. Je suis rassurée et je ne suis pas prête à partir. Argua la grande rousse, ironiquement. Restez. Je sais que toute cette intrusion vous déplaît. Ne me dites pas le contraire, j'ai toujours détesté ça moi aussi, même si je m'en accommode aujourd'hui. Avoua-t-elle avant de sortir de la chambre, non sans adresser un dernier regard - juste pour être sûre - sur le corps endormi de sa cadette.

Bâillant à s'en décrocher la mâchoire, Emma décida de se coucher elle aussi et de rattraper son manque de sommeil. Retirant son pantalon et son col roulé, elle se glissa sous la couverture après avoir tiré le plaid sur Regina et elle enroula ses jambes et ses bras autour du corps de la brunette, dans l'espoir de la réchauffer un peu, frissonnant au contact de la peau froide.
Elle somnolait encore lorsqu'elle entendit soudainement la porte s'ouvrir. Elle se redressa sur ses coudes, les yeux plissés de fatigue et aperçut Henry, les mains pleines, qui n'osait pas avancer plus dans la chambre.

-Viens. Chuchota Emma en tendant la main à son fils.

-Cora a préparé deux bouillottes pour mama. Expliqua Henry en soulevant la couverture pour poser les deux bouillottes de chaque côté de la brune. Elle va aller bien, hein ?

-Bien sûr que oui. Elle est juste épuisée parce qu'on n'a pas beaucoup dormi durant notre petit séjour en amoureuse. Souffla Emma pour détendre Henry en l'invitant à venir se coucher à côté d'elle, se retrouvant entre les deux bruns.

-Dégueu ! Gloussa Henry. C'est bizarre.

-De quoi ? Chuchota un peu plus bas Emma en sentant la brune sur tourner sur sa hanche pour se mettre face à elle, dormant toujours profondément.

-Y avait, il compta sur ses doigts, plus de dix personnes ici qui voulaient s'assurer que Regina allait bien. Que toi et moi aussi, on allait bien. Et ses parents. Enfin, ils étaient tous là, comme une vraie famille, pour se soutenir. Ça fait un peu bizarre d'avoir autant de personnes maintenant.

-A moi aussi. Avoua Emma, en serrant un peu plus son fils.

-Dis, pourquoi on chuchote ?

-Aucune idée. Ricana Emma qui se rendait compte que c'était assez ridicule, Regina ne les entendrait pas quoi qu'il arrive. Ils sont encore tous là ?

-Non, Cora leur a dit d'aller vivre leur vie ailleurs et a viré tout le monde. Elle m'a dit qu'ils allaient se reposer et que je pouvais venir.

-Moi aussi je vais me reposer. Je suis morte de fatigue. Bâilla à nouveau la blonde.

-Je veux dormir ici, aussi. Décida l'enfant en se blottissant contre sa mère et tendant sa main pour attraper celle de Regina et avoir un contact avec elle.

Rapidement, tous les deux s'endormir dans un sommeil sans rêve, Emma tenant fermement les deux êtres les plus chers de sa vie dans ses bras.
Sentant son nez la chatouiller, Emma retroussa son nez dans l'espoir de faire partir la chose qui l'embêtait, mais sentant cette chose monter son arête, elle prit une grande inspiration - se retenant d'éternuer - et voulut donner un coup de main pour faire disparaître cette insupportable chose, mais sa main fut arrêtée en chemin. Emma ouvrit brusquement les yeux et se mit à sourire de toutes ses dents en voyant celle qu'elle aimait, réveillée, un doux sourire sur les lèvres.

'Hey.' Signa Emma.

'Hey'. Répéta Regina en soupira de bien-être, se rapprochant plus du corps de la blonde.

'Bien dormi ? Tu vas bien ? ' S'enquit-elle immédiatement.

'A merveille.' Acquiesça la brune en venant prendre les lèvres roses et glissant ses mains aguicheuses le long du corps de la blonde.

-Oula ! 'Attends.' La stoppa Emma. 'Ça me tente pas de le faire alors qu'Henry est derrière mon dos.' Signa Emma en ricanant. 'Il voulait s'assurer que tu allais bien.' Expliqua la détective en voyant la mine confuse de Regina.

'Je vais bien.' Dit le médecin plus pour se rassurer. 'Qu'est-ce qu'il s'est passé ?'

Soupirant, Emma se redressa un peu plus pour pouvoir parler aisément et conta son enquête de A à Z. Elle connaissait suffisamment Regina pour savoir que plus elle mettrait de détail, plus l'esprit de Regina serait apaisé et comprendrait mieux tout ce qui avait bien pu se dérouler. Toutefois, elle accéléra un peu sur la fin, sentant que Regina commençait à se sentir mal en apprenant qu'il s'était joué de quelques minutes avant de la retrouver morte.

'J'ai eu très peur, là-bas. Mais à aucun moment, je n'ai douté de ton efficacité à me retrouver. Alors j'ai tout fait pour gagner du temps et j'ai eu plus que raison, même si c'était effrayant.' Révéla Regina.

'Tu es la femme la plus forte que je connaisse. Une battante. Tellement intelligente. Je suis si fière de toi'. Ajouta Emma.

Elles continuèrent à discuter un peu, toutes les deux, se remettant de cette mésaventure et tentant d'assimiler qu'elles allaient bien jusqu'à ce que Cora n'entre dans la pièce pour les prévenir qu'elle avait fait à manger si elle souhaitait.
Acquiesçant, elles réveillèrent Henry qui en profita pour faire un énorme câlin à Regina avant de se lever en toute hâte, désirant nourrir son estomac affamé. Malgré sa faim, Regina mangea assez peu, l'angoisse l'empêchant de manger malgré-elle ainsi que son horrible mal de tête qui l'avait prise. Peut-être était-ce l'adrénaline ou son état de fatigue qui l'avait empêché de ressortir des douleurs, mais désormais, elle sentait les coupures faites par le froid sur son corps qui la tiraillaient chaque fois qu'elle faisait un mouvement. Abdiquant, elle sentit sa tête dodeliner vers l'épaule de son père et ses yeux se fermer sans son consentement alors Emma décida qu'il était temps pour tous d'aller se coucher.

Pour détendre le corps de la jeune femme, Emma avait fait couler un bain avec de la mousse, mais elles ne restèrent pas longtemps, Regina trop épuisée et surtout, l'eau lui donnait la sensation d'être brûlée. En sortant de la salle-de-bain, Emma vêtue d'un shorty et d'un débardeur et Regina d'un pyjama en coton long lui tenant chaud, elles tombèrent sur un Henry au sourire mutin dans leur lit, faisant clairement comprendre qu'il ne désirait dormir nulle part ailleurs que dans leur lit, avec elles. Riant, les deux femmes s'installèrent de chaque côté du garçon, prêtent à se coucher.

Un baiser chacun et Emma tendit la main pour éteindre la lumière avant d'être retenue par celle de Regina.

'Est-ce que ... Juste pour cette nuit ... Est-ce qu'on pourrait la laisser allumer, s'il te plaît ?' Demanda Regina, timidement et presque honteuse.

'Bien sûr, tout le temps que tu veux. ' Rassura Emma en caressant sa joue avant de l'embrasser, détendant Regina par la même occasion.

Les jours suivants, Regina eut l'impression d'être une véritable princesse tant on prenait soin d'elle et elle découvrit ce qu'était que de lézarder toute la journée, sa tête étant pour une fois vide et n'ayant envie de rien faire. Pourtant, au début de la deuxième semaine, elle crut mourir d'ennui à passer ses journées avec ses parents qui avaient décidé de rester jusqu'à ce qu'elle soit autorisée à travailler - c'est-à-dire jusqu'à la fin de son arrêt de travail imposé de quinze jours - afin d'être sûr qu'elle ne force pas trop. Et très clairement, elle ne risquait pas de forcer avec son père qui s'était transformé en véritable policier qui la surveillait à chaque faits et gestes, n'ayant cure des réprimandes de sa femme. Regina s'amusait d'ailleurs à les voir se chamailler parce que son père était trop têtu, pour une fois que ce n'était pas sa mère qui était en cause.

Son anniversaire avait eu lieu durant sa captivité, ils avaient organisé une petite soirée tranquille pour le fêter en toute simplicité, à manger et à regarder des films. August et Emma s'étaient toujours vantés d'aimer la nourriture et de toujours voir grand, avaient avoué que ce n'était rien quant aux folies des grandeurs de David qui avait ramené tout ce que Regina adorait - et lui - et voyant très clairement pour une cinquantaine de personnes. Fait plus étonnant, il ne resta pratiquement rien à la fin. Comment en même temps, lorsque trois grands enfants s'amusent à faire un concours de celui qui mangera le plus ?

Les jours se déroulaient donc entre repos forcé pour Regina, son père ne la quittant pas d'une semelle, soirée film avec ses parents, Emma et Henry et la visite quotidienne de David et Katherine à midi et de Zelena, soir. Ses journées paraissaient moins longues à la brunette, ainsi qui se remettait assez bien et sans séquelle de son enlèvement. Ses sensations d'être frigorifiées soudainement avaient cessé au bout de trois jours et désormais, seuls restaient ses cauchemars. Probablement peu fatigant, mais assez virulent lorsqu'elle se réveillait. Soit, elle se réveillait prise de tremblement incessant et la respiration erratique comme si elle ressentait le froid la parcourir et la vie la quitter. Mais chaque fois, Emma la prenant dans ses bras et la simple chaleur de son corps, suffisait à calmer Regina qui se rendormait aussitôt, les tremblements de son corps cessants doucement. Soit, elle se réveillait en sursaut après avoir revu sa cage et l'homme qui finalement l'avait traumatisée. Dans ces moments-là, elle se réveillait en pleurs, terrifiée par ce fantôme qu'elle n'avait pas su sauver et qui, pourtant, lui avait tenu compagnie pendant des heures. Cet homme pour qui elle n'avait rien pu faire, mais qui l'avait sauvé lorsqu'elle avait osé utiliser son corps. Cette pensée suffisait à lui donner la nausée et à se sentir affreuse, même si Emma était toujours là pour la rassurer et lui dire que toutes ses pensées néfastes étaient toutes plus fausses les unes que les autres.

De son côté, Emma avait découvert une nouvelle facette de sa personnalité. Ironiquement, cet enlèvement lui avait permis de mesurer à quel point il était important de chérir ce que l'on avait et finalement, elle se sentait plus que détendue. Elle ne doutait définitivement plus de l'avenir et elle aimait cette facette d'elle. La facette sereine, amoureuse, aimante, aimée, rêveuse. Peut-être avait-il fallu ce drame pour la faire grandir, mais elle savait désormais, elle se sentait capable désormais, d'être une bonne compagne. Finalement, cette épreuve avait révélé une nouvelle Emma qui se sentait capable de tout dépasser pour l'amour de sa famille et de sa vie. Elle s'était rendu compte qu'elle s'était laissé aller dans une illusion d'elle-même et que maintenant, elle pouvait enfin se voir sans œillères, dans sa propre réalité.