Nuées Blanches

Chapitre 22 : Fête

Terrain d'entrainement, jour 10 de la Lune des Etoiles…

Sylvain observa Daraen frapper son adversaire avec une rapière, se défaussant avant la réplique. Si toutes les filles parlaient chiffons en gloussant dès qu'un garçon passait à proximité, Daraen, elle, préférait envoyer ses adversaires au tapis. Elle avait définitivement abandonné la lance, montrant l'étendue de ses capacités réelles. Et Felix qui l'affrontait en ce moment même pouvait témoigner que c'était une adversaire redoutable.

Sylvain posa le regard sur son ami brun et ne parvint plus à l'en détacher. Il avait beau lutter, il sentait que la mise en garde de Daraen finirait par se réaliser s'il ne faisait pas attention.

'' A force de frustration accumulée, vous prendrez par la force ce que vous ne pouvez avoir autrement.''

Le jeune homme roux recula et finit par quitter le terrain d'entrainement. Il croisa une étudiante anonyme et chassa de son esprit l'image de Felix s'entrainant avec ferveur, son corps souple moulé dans son uniforme brun se déplaçant avec fluidité, ses cheveux noir attachés en chignons lâche dont les mèches folles tombaient sur son beau visage. Non, vraiment, il ne pouvait pas regarder son ami de cette façon au risque de tout briser et cette fille anonyme allait l'aider à calmer le désir qui le rongeait.

_oOo_

Sauna, jour 12 de la Lune des Etoiles…

Daraen glissa une mèche de cheveux mouillés derrière son oreille et observa les charbons chauffant le sauna. Aussitôt, la température augmenta.

_ Daraen, tu n'es pas excitée, toi ?

_ Tu sais Corrin, à part Chrom, il n'y a pas grand-chose qui…

_ Pas dans ce sens là, idiote ! Par le bal !

_ Je me disais aussi… Mais sait-on jamais, tu passe du temps avec ton beau-frère, il pourrait t'avoir dévergondée ! Mais pour répondre à ta question, je ne suis pas à l'aise dans ce genre d'évènement mondain. J'ai toujours l'impression d'être de trop, pas à ma place. Je suis une guerrière, pas une danseuse.

_ Pourtant, Azura est les deux. Et la mère d'Inigo aussi, non ?

_ Olivia ? Elle est capable de manier une épée mais je ne l'ai jamais vu se battre vraiment. Henri s'assurait toujours qu'elle n'ait pas à se salir les mains, durant les guerres. Très prévenant pour un mage noir sadique… Enfin ! Toi, tu as l'air pressée d'y être !

_ Oui ! Au fait Daraen, je voulais te demander… C'est vrai cette histoire qu'on ne peut danser qu'une seule fois avec la même personne ?

_ Malheureusement, oui… Mais il est hors de question que quiconque s'approche de Chrom !

_ Exactement, pas touche à mon Léo !

Elles se mirent à rire joyeusement dans la vapeur du sauna

_ Daraen ? Tu m'accorderas une danse ?

_ Avec plaisir !

_ Il faudra on aille faire les boutiques pour se trouver une robe…

Daraen plissa les yeux avec amusement.

_ Corrin, j'ai peut-être une bien meilleure idée…

La jeune femme aux cheveux ivoires se pencha sur son amie et son sourit éclaira son visage en l'écoutant lui exposer ladite idée.

_ Tu as une idée derrière la tête, non ?

_ Peut-être. En cas de guerre, ce qui arrivera j'en suis certaine, les liens qu'ils auront tissés ici seront ce qui sauvera ce monde.

Corrin hocha la tête avant de se lever et de tendre la main à Daraen en souriant joyeusement.

_ Alors il faut y aller tout de suite !

_oOo_

Salle de réception…

Edelgard fronça les sourcils en observant les personnes réunis autour d'elle dans la plus grande salle de Garreg Mach, là où aurait lieu le bal à la fin du mois. Byleth, à ses côtés, paraissait être aussi perdue qu'elle.

_ Professeur, qu'elle mouche a piqué Corrin et Daraen ?

_ Je ne sais pas… Mais il n'y a que des filles.

Edelgard pencha la tête et sursauta en réalisant que sa professeur avait raison.

Manuela, Bernadetta, Marianne, Léonie Ingrid, Hilda, Mercedes, Dorothea, Petra, Annette, Lysithea, Flayn et Monica étaient rassemblées là, en plus de Daraen, Corrin, Edelgard elle-même et de Byleth.

Daraen se hissa sur une caisse qui n'était pas là quelques instants plus tôt, la déléguée des Aigles de Jais l'aurait juré, et capta aussitôt l'attention de son auditoire féminin.

_ Bon, comme vous le savez toutes, le bal approche à grand pas ! Et en prenant un bain de vapeur au sauna avec Corrin, nous en avons discuté et avons eut une idée. Au lieu de nous préparer chacune seule dans son coin, pourquoi ne pas tout faire ensemble ! Nous venons de milieux sociaux différents, les nobles se pavaneront dans des grandioses atours et les roturières dans des tenues beaucoup plus ternes. C'est injustes je trouve. Pourquoi ne pas faire toutes ensemble une cagnotte et aller acheter des tissues pour coudre des robes nous-mêmes ? J'ai vue que beaucoup ici étaient très douées pour les travaux de coutures, Bernadetta ou encore Mercedes pour ne citer qu'elles.

Corrin sourit en voyant les filles se pencher les unes vers les autres pour discuter de l'idée de Daraen.

En quelques minutes, elles étaient toutes convaincues. Elles convinrent de partir faire les magasins le dimanche suivant et, en quittant la salle de réception, laissèrent tomber de nombreux écus dans une boite apparue dans les mains de Daraen tout aussi mystérieusement que la caisse en bois.

_oOo_

Entrée de Garreg Mach, jour 14 de la Lune des Etoiles…

Elion regarda une véritable armée de filles quitter le monastère et releva son caque avec un sifflement étonné.

_ Qu'est-ce qui leur prends, à toutes ?

_ Une idée de Daraen pour créer du lien.

Le garde de la porte se tourna vers Niles, Kamui, Léo et Chrom venu lui demander les derniers évènements étranges qu'il avait relevés.

Il leur fit son rapport concernant un nouvel arrivage de marchands autorisé par Edelgard et Hubert. Il enchaina ensuite sur des sujets plus légers, une énième dispute entre Hubert et Ferdinand concernant Edelgard, Lysithea apprenant à Cyril à lire sur les marches de la place du marché, les nouvelles conquêtes de Sylvain, Lorenz reniflant un mouchoir taché de sang…

_ Les potins du monastère en sommes…

_ Tu sais Léo, Daraen adore les potins, elle sera ravie quand on lui racontera tout ça.

_ Franchement Chrom, ça l'avance à quoi de savoir qu'untel couche avec untel ?

_ Si elle ne prêtait pas attention à ce genre de détail, tu serais mort. Darios serait mort. Niles serait mort. Et probablement beaucoup d'autre.

Léo grimaça, ne pouvant nier que Chrom avait raison. Parce qu'elle s'intéressait aux histoires des autres, Daraen parvenait à s'adapter aux situations les plus complexes, prévoir les mouvements de ses adversaires et de ses alliés et ainsi planifier les plus brillantes stratégies.

_oOo_

Elion vit revenir les filles au bout d'un long moment, les bras chargés de mètres de tissus de toutes les couleurs et de toutes les matières. Même Bernadetta et Marianne semblaient plus joyeuse qu'à leur habitude.

_oOo_

Les filles se rassemblèrent chaque soir après les cours pour coudre leurs robes, discutant joyeusement, s'entraidant d'abord pour la couture puis même pour les cours. Les connaissances et camarades de classes devinrent des amies et Daraen assistait avec satisfaction à la réalisation de son plan.

_oOo_

Jour 25 de la Lune des Etoiles, soir du bal…

Les filles avaient envahi le réfectoire, en bannissant les garçons, afin de se préparer dans une joyeuse agitation.

_ Tout va bien, professeur ?

Byleth leva les yeux vers Daraen et força un sourire à étirer ses lèvres.

_ Oui.

_ Menteuse. Dimitri ne vous à pas invitée pour aucune danse de ce bal et ça vous rends triste.

_ Je ne vois pas de quoi vous parlez. Votre robe vous va à ravir !

Daraen secoua la tête, ses cheveux encore totalement lâchés suivant le mouvement. Elle regarda sa robe bustier d'un noir violacé au jupon léger brodé sur le bas de triangle d'or. Un motif en forme de V avec des yeux sur les versants ornait le dos de sa robe et des dorures rehaussaient le bustier.

_ Merci ! Je me suis inspiré de mon manteau.

_ Quel manteau ?

_ Peu importe. Vous êtes très jolie aussi, Dimitri regrettera de ne pas vous avoir invitée.

La robe de Byleth avait une coupe droite, fendue jusqu'en haut de la cuisse, au tissu azur dont les motifs rappelait les cratères de la lune. Lorsqu'elle bougeait, des chatoiements émeraude apparaissaient, comme un souffle de vent sur les fleurs vermeilles recouvrant le col et tombant en cascade le long de son dos. Des perles argentées semblable à des flocons de neiges parsemaient les longs cheveux indigo de Byleth.

Daraen observa en souriant Corrin attacher les cheveux écarlates de Monica en discutant avec elle de sa courte robe rouge à la ceinture blanche. Corrin s'éloigna ensuite vers Dorothea occupée à maquiller Ingrid avec l'aide d'Annette et de Mercedes. Monica se retrouva seule sans savoir quoi faire de ses dix doigts, une expression triste sur le visage.

_ Excusez-moi, professeur.

La stratège se dirigea vers la jeune fille aux cheveux rouges.

_ Bonsoir Monica ! Corrin a très bien réussit votre coiffure, les cheveux lâché vous vont bien.

_ Merci…

Daraen s'assit à côté d'elle en commençait à rassemblait sa chevelure turquoise sombre en queue de cheval haute.

_ Vous savez, ce soir, il n'y aura pas d'alliés et pas d'ennemis. Je sais que vous manigancez quelque chose, Monica. Ou devrais-je dire Kronya ? Quoi qu'il en soit, ce soir, vous êtes une camarade de classes comme une autre. Cela ne m'empêchera pas de vous tuer sur le champ de bataille si je le dois. Amusez-vous, au lieu de ruminer.

_ Vous… Je n'avais jamais ressentit ce genre d'émotions. Je ne pouvais pas m'empêcher de sourire lorsque nous cousions toutes ensembles…

_ C'est de la joie. Et il est bien triste que vous n'en ayez jamais ressentie jusqu'ici. Profitez de cette soirée sans vous soucier de l'avenir. Ah, bon sang ! Voilà pourquoi je ne change jamais de coiffure ! Je fais mes tresses une fois par semaine, et je suis tranquille ! Monica, vous ne voudriez pas m'aider avec cette fichue que de cheval ?

La jeune fille sourit en hochant la tête avec enthousiasme. Daraen avait raison, quoi que l'avenir leur réserve, elle voulait juste profiter d'un soir de fête.

_oOo_

Salle de réception…

Chrom rajusta le col de sa chemise bleu marine, dont la manche droite avait disparue, rentrée dans un pantalon blanc tranché par les cuissardes bleu marine, le faisant disparaitre sous celui du gilet bleu clair. A côté de lui, Léo scrutait les visages à la recherche de Corrin. Il portait un gilet bordeaux assortit à son jabot par-dessus une chemise couleur cendre et un pantalon noir moulant.

_ Les voilà.

Le mage noir resta sans voix quand sa chère Corrin s'arrêta devant lui, vêtue d'une magnifique robe fourreau noire sans manche d'inspiration Nohrienne.

_ Tu es… incroyable…

_ Toi aussi Léo, tu es vraiment beau.

Daraen, elle, n'avait d'yeux que pour son Chrom.

_ Tu es très séduisant mon chéri. Ta manche s'est décousue toute seule ?

_ Euh… oui ? Toi aussi tu es superbe !

_ Bien rattrapé. Aller, viens, je meurs de faim et le buffet sent divinement bon !

Le couple se dirigea vers les tables alignées le long des murs, recouvertes de dizaines de plats chargés de nourriture. Ils y retrouvèrent Niles et Kamui. Le borgne portait un pantalon, des cuissardes et un gilet sans manche noirs par-dessus une chemise à manche longue rouge vif dont le col était largement ouvert sur son torse, qui semblait attirer comme un aimant le regard de Kamui. Ce dernier était vêtu d'un ample vêtement blanc typiquement Hoshidien avec une écharpe rouge.

_ Daraen, vous êtes à couper le souffle. Si je n'étais pas déjà marié, je pourrais me laisser tenter !

_ Flatteur !

_ Trêve de plaisanteries… Combien d'arme avez-vous planquées sous votre robe ? J'ai le souvenir de vous avoir vu sortir une dizaine de couteaux le jour du mariage de Dame Corrin et Messire Léo. Sans compter votre rapière et votre magie !

Daraen se mit à rire avant de s'emparer d'un plateau de brochette de poulet à l'odeur agréable.

Elle s'apprêtait à commencer à manger quand l'orchestre commença à jouer une mélodie calme.

_oOo_

Byleth observa Edelgard et Dimitri ouvrir le bal avec d'illustres inconnus. Edelgard portait une courte robe rouge brodée de motif couleur bronze, une cape rouge à frange dorée et des bottes rouge et or. Quand à Dimitri, ses vêtements et sa cape de différentes nuances de bleus et brodés d'argent ne laissant pas la professeur indifférente.

Elle soupira en croisant les bras d'un air contrarié.

_ Professeur, me feriez-vous l'honneur de m'accorder cette danse ?

La jeune femme détourna les yeux de Dimitri et observa Claude lui tendant la main, très séduisant dans son uniforme jaune et or.

_ Oui…

Claude l'aida à se lever et l'entraina sur la piste pour rejoindre les deux autres couples.

_ Dimitri doit se maudire de ne pas avoir eut le courage de vous inviter, vous êtes splendide. Souriez, professeur, je suis certain qu'il le fera avant la fin de la fête. En attendant, laissez donc grand-frère Claude s'occuper de vous !

_ Grand… pardon ?!

Claude parti dans un rire joyeux avant de faire tourner sa cavalière. Rire auquel Byleth se joignit volontiers.

Dimitri les observa d'un œil noir, se maudissant, comme Claude l'avait prédit, de ne pas avoir osé demander à Byleth d'être sa cavalière pour l'ouverture du bal.

Les autres élèves se joignirent finalement aux trois délégués pour danser, certains se débrouillant mieux que d'autres. Daraen et Chrom faisant parti des autres mais ne semblaient pas s'en soucier, trop occupés à se susurrer des mots d'amour en parfait petit couple niais qu'ils étaient.

_oOo_

Elion soupira, seul dans la nuit. Il entendait au loin la musique de la fête, fête que lui ne pourrait pas voir, assigné toute la nuit à la surveillance de l'entrée. Il s'interdisait de se retourner lorsqu'il entendait des pas dans son dos, refusant d'espérer que Linhardt tiendrait sa promesse de venir le voir. Ils ne s'étaient pas reparlé depuis le jour où l'élève avait déclaré envisager avoir des enfants avec Flayn pour le bien de ses recherches.

Une fois de plus le garde de la porte entendit des pas s'approcher dans son dos. Il s'attendait à les entendre tourner vers le réfectoire mais non, ils se rapprochaient toujours plus de lui.

_ Elion… euh… bonsoir !

Le garde de la porte se retourna et resta silencieux en découvrant Linhardt, portant un plateau chargé de nourriture. Il portait un gilet sans manche vert émeraude sur une chemise à manche longue blanche et un pantalon vert sapin.

_ Tu ne devais pas inviter Flayn ?

Linhardt se mordit la lèvre devant la froideur d'Elion mais refusa de partir.

_ Je n'ai pas envie d'être avec Flayn. Ni avec qui que ce soit d'autre d'ailleurs.

_ Ah ? Alors pourquoi tu viens me coller ?

_ Parce que c'est avec vous que j'ai envi d'être ! Et pas seulement ce soir… tout le temps. Quand on ne se parle pas, je… j'ai l'impression qu'il me manque quelque chose d'essentiel.

Elion finit par se tourner vers Linhardt en haussant un sourcil. Il piocha dans le plateau qu'il tenait toujours avant de tourner la tête en direction de la Tour de la Déesse.

_ Pose ce plateau, tu ne vas pas rester planté là à le tenir, si ?

_ Je… Je peux rester avec vous ?

_ Si tu veux, ça ne me déplait pas.

L'élève déposa le plateau sur un muret tout proche avant de revenir vers Elion en gardant la tête baissée.

Le silence qui s'installa n'était pas aussi pesant qu'au début.

Linhardt tendit alors la main et glissa ses doigts ente ceux d'Elion, gardant les yeux rivés sur ses chaussures. Au loin, la musique de la fête résonnait doucement.

_ Je vous aime…

Elion ne bougea pas, continuant de fixer la haute silhouette de la Tour de la Déesse. Seuls ses doigts se resserrèrent autour de ceux du jeune élève.

_ J'aurais bien aimé aller là-haut… Faire un vœu avec l'élu de mon cœur en espérant le voir être exaucé, ça aurait été bien. Mais bon, je n'ai pas intérêt à bouger d'ici, sinon Jeralt va s'énerver ! ... Si je t'avais demandé de venir avec moi, tu aurais accepté ?

Linhardt releva la tête et croisa alors les yeux bleus d'Elion, brillant dans l'ombre de son casque.

_ Oui !

_ Même si Flayn ou un autre de tes sujets de recherches te l'avait demandé aussi ?

_ Oui. Je vous l'ai dit, c'est avec vous que je veux être !

_ Alors ça me suffit… Finalement, ici ou là-bas, ça ne change rien. La Déesse ne va pas faire la sourde oreille au vœu d'un couple simplement parce qu'il n'est pas au bon endroit, non ?

_ Un… couple ?

_ Tu viens de me faire ta déclaration, non ?

Le garde de la porte sourit joyeusement et tira Linhardt vers lui.

_ Tu es aussi grand que moi… ça va être plus facile.

_ Plus facile ? Quoi donc ?

Elion déposa soudainement un baiser sur les lèvres du jeune homme.

Il s'écarta et sourit avec amusement devant l'air un peu perdu de Linhardt.

_ Quel vœu aurais-tu fais ?

Linhardt parut réfléchir quelques instants.

_ J'aimerais beaucoup mener des recherches approfondie sur l'emblème du professeur Byleth… Mais elle refuse à chaque fois que je lui demande !

Elion pinça légèrement les lèvres. L'élève face à lui le regarda en penchant la tête sur le côté avant de sourire doucement.

_ Mais je crois que souhaiter nous retrouver ici un jour, juste vous et moi… Oui, souhaiter ça me parait bien plus intéressant. Nous retrouver ici, dans 5 ans…

Le garde de la porte retrouva le sourire et hocha la tête alors que les doigts de Linhardt serraient doucement les siens.

_ Oui, pour le Festival du Millénaire… Nous pourrions y aller ensemble, et cette fois, je ne serais pas juste le garde de la porte.

_oOo_

Réfectoire…

Byleth regarda l'assemblée d'élèves réunis devant elle, attendant qu'elle fasse un discours. Qui avait lancé l'idée ? Elle n'en savait rien mais soupçonnait Claude de ne pas y être étranger.

_ Bon… Que chacun profite de la fête… Et nous pourrions convenir de tous nous retrouver un jour, ici-même, à Garreg Mach. J'ai entendu Rhea et Seteth parler du Festival du Millénaire qui aura lieu ici dans 5 ans, nous pourrions nous dire que nous y assisterons tous ensemble ! Quelque soit les routes que nous aurions tous empruntées, les alliés et les ennemis que nous nous serions faits, les places que nous occuperions… Nous pourrions être de nouveau tous ensembles ! Moi, je serais au rendez-vous, je vous en fais la promesse !

_ Je le promets moi aussi.

Dimitri posa sa main dans le dos de Byleth en lui souriant. Edelgard prit le bras de la jeune femme en souriant elle aussi.

_ Oui, moi aussi je le jure !

Claude les entoura de ses bras avec son éternel sourire.

_ Moi également, je promets d'être présent !

Le reste des élèves se mit alors à crier son enthousiasme en promettant aussi d'être au rendez-vous, dans 5 ans jour pour jour, quoi qu'il advienne.

Daraen hocha la tête avant d'avaler un morceau de poisson froid sur du riz, un amuse-gueule lui rappelant ceux d'Hoshido.

_ Et voilà… Léo, on ouvre les paris ? Ces retrouvailles se feront en plein cœur de la guerre et seront le prélude de la fin de cette histoire.

_ Et ils seront tous ennemis les uns des autres à ce moment-là.

Léo leva son verre en direction de Daraen avant regarder la salle du regard et de froncer les sourcils.

_ Au fait… Je n'ai pas encore vu Rowan et Darios. Ni Rhea, d'ailleurs.

_ Elle fera son entrée à la fin de la fête, comme une sorte d'apothéose pour sa ''vénérée Déesse''. Quand aux garçons, ils profitent de la fête en toute intimité, si tu vois ce que je veux dire.

Niles ricana et attira Kamui contre lui en l'embrassant au coin des lèvres.

_ Je les envie… Moi aussi je veux profiter de cette fête en toute intimité…

_ Pervers…

_ Juste un peu.

Corrin et Daraen échangèrent un regard amusé en se retenant de rire.

_oOo_

Abysse…

Aelfric recula en voyant l'épée qui le menaçait.

_ Vous êtes… Darios et Rowan… Dame Rhea vous enseigne ce qu'elle sait.

_ Et vous, vous êtes un obstacle pour Daraen.

Darios sourit d'un air inquiétant. Il savait que la mission confiée par Daraen dans le plus grand secret devait être menée à bien.

_ Ce Calice qui dort dans les entrailles de Garreg Mach, nous ne vous laisserons pas l'utiliser. Ni manipuler votre meute de loups.

Aelfric recula mais sentit la pointe de l'épée de Rowan s'enfoncer dans son dos.

_ Vous ne comprenez pas ! Je dois faire revenir Sitri ! Je dois…

La lame de Darios siffla et la tête du Cardinal heurta le sol avec un bruit d'éclaboussure sanglante.

_ Désolé, mais pour une raison que j'ignore, notre stratège ne tient pas à vous voir faire du mal au loup alpha. Quand à ressusciter une morte… Laissons les morts là où ils sont.

Le couple s'éloigna sans s'appesantir du meurtre qu'il venait de commettre. Après tout, la guerre restait la guerre ; et la guerre avait toujours son lot de morts.