CptJackHarkness : Merci pour tous vos commentaires depuis le début de cette histoire. l'histoire fait cinquante sept chapitres, alors si à l'occasion vous voulez commenter à nouveau n'hésitez pas.
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Le Samedi arriva, et Grisha faisait les cent pas dans la maison, vérifiant l'arrangement de chaque pièce ainsi que la terrasse. Dee gardait un œil sur lui pendant toute la durée de ce petit manège. Après son troisième passage autour d'une table impeccablement dressée, elle l'entraîna hors de la salle à manger pour le faire assoir sur une chaise dans la cuisine. « Assieds-toi, tu me rends nerveuse. »
« A propos de quoi ? »
« Tu passes ton temps à faire les cent pas, à tout vérifier trois fois chaque arrangement. Je ne pense pas que cela puisse être plus parfait. »
Il allait protester, quand il vit le regard que lui opposa la jeune femme « Ok c'est vrai tu as raison. »
Essayant de le distraire elle entama une conversation. « Alors ce match qui a lieu demain, tu es content d'y assister ? »
« Plutôt oui. »
Elle haussa un sourcil à cette réponse. « Plutôt ? » répéta elle en remuant la salade, son expression demandant silencieusement à l'homme d'élaborer sa réponse.
« Oui je suis enthousiaste à l'idée d'aller au match. Je suis ravi à l'idée de passer du temps avec Sam et sa famille. » continua il en se mordant la lèvre inférieure, et soupirant en soulageant son attelle ajouta « Il ne sait pas encore pour notre histoire. »
D'une certaine manière, Dee s'était attendue à cette confession. Elle sécha ses mains avec un torchon avant de se tournant et de croiser les bras. « Pourquoi ? je croyais que tu lui faisais confiance. »
« C'est le cas, j'ai confiance en lui. » répondit il en se trémoussant sur sa chaise, et évitant à tout prix de croiser le regard de la jeune femme. « Je fais confiance à Sam avec tout ce que j'ai. Mais est ce je t'ai déjà parlé de mon rendez-vous avec une femme qui s'appelle Joelle ? »
« Oui, c'était un rendez vous à l'aveugle, arrangé par Hetty et Sam. »
« J'en ai parlé à Hetty lorsque je suis passé au bureau la semaine dernière. Il a tendance à trop en faire. Il se comporte comme une mère qui cherche à marier son fils. Je veux que notre histoire marche et je ne veux pas qu'il interfère. Crois-moi dès qu'il sera au courant, j'en ai pour des mois de torture psychologique et de conseils à foison. »
Dee garda le silence quelques instants en l'observant. Le comportement et la posture de l'homme devant elle en disait bien plus que les dernières paroles du chef d'équipe. « Pourtant, tu en a parlé à Marty et à Kensi. » finit elle par dire doucement.
« Deeks avait deviné tout seul à Noël, rien ne lui échappe. Du coup je lui ai raconté. Et Kensi, je devais lui dire parce qu'elle m'a demandé si je voulais m'installer chez eux le temps que mon épaule guérisse. » se justifia il en regardant une fois de plus le sol de la pièce. « En fait, je suppose qu'une partie de moi n'avait pas envie d'en parler à Sam. »
Dee s'approcha alors et s'accroupis pour être à hauteur. « Mais pourquoi ? Tu n'es donc pas heureux ? Tu n'as pas envie qu'il sache que tu es heureux ? »
Le sourire qui illumina le visage de l'agent sénior, rendit radieuse la jeune femme. « Je suis au comble du bonheur ! Je crois n'avoir jamais été aussi heureux, Dee, il faut que tu me croies sur ce point. »
Souriant, elle lui prit la main. « Je le sais bien. Mais du coup pourquoi cette rétention d'information ? »
Prenant une profonde respiration, il finit par mettre des mots sur ce qu'il ressentait au sujet de leur histoire. « Outre le fait que je suis une personne très réservée quand il s'agit de ma vie privée… j'ai peur qu'il interfère. Il voudra tout savoir. Il me dira quoi faire. Je te parie qu'il se mettra même en tête d'écrire ce que je pourrais te dire si un jour j'étais amené à te faire ma demande en mariage. Et comme je l'ai dit, je sais que cela part d'une bonne intention, mais j'ai enfin une vie sentimentale. Si je ne lui en parle pas, je n'aurais pas besoin de lui dire d'aller se mêler de ses affaires, et donc résultat, il n'interféra pas dans nos vies. »
Dee prit quelques instants pour mesurer l'impact de ces paroles. « Mais cela ne veut pas dire qu'il pense que tu serais incapable de te débrouiller seule. Il te fait confiance pour assurer ses arrières sur le terrain n'est-ce pas ? De ce que tu me dis c'est comme s'il ne faisais pas confiance pour avoir une vie sentimentale et encore moins la faire perdurer. »
« Pour sa défense, en matière d'histoire sentimentale mon bilan n'est guère flatteur. »
Elle haussa les épaules « Tu n'avais pas encore rencontré la bonne personne, c'est tout. »
Cette réplique le fit sourire. « Je suppose. »
« Réponds à cette question : est ce que tu essaies de lui prouver que tu peux le faire ou bien plutôt à toi-même ? »
« je dirais un mélange des deux. Mais surtout à lui je pense. »
Elle changea de position pour faire reposer sa tête contre la sienne. « Ho chéri… tu te débrouilles très bien. Si seulement tu pouvais te rendre compte à quel point tu as évolué en l'espace d'une année. Je suis tellement fière de toi. Ne doutes jamais de cela. Tu as déjà accompli beaucoup. Je sais que cela ne sera pas toujours évident, que nous aurons surement des désaccords comme tous les couples. Et alors ? je sais qu'on s'en sortira. Ne doute pas de toi. »
Grisha ferma les yeux en se délectant des paroles de la jeune femme. « Tu es fière de moi ? »
« Bien sûr que je le suis ! Vraiment très fière. » commença elle en prenant le visage de Grisha entre ses mains pour l'embrasser « Je te le dirais chaque jour s'il le faut. Tu as fait beaucoup de chemin cette année. Tu as accepté de te lancer dans une histoire, de ton plein gré, tu m'as laissé voir cette maison, tu m'as parlé de ton métier. Tu as même rencontré mes parents ! »
« Pour tes parents, je n'avais pas le choix. »
« Pas vraiment en effet. » sourit-elle. « Mais tout de même tu as fait beaucoup de progrès. Tu devrais être fier de toi aussi. »
« Quand tu le présentes comme ça… » acquiesça-il
« C'est ce que je viens de faire. » elle alla se lever quand la sonnette de la porte d'entrée se fit entendre. « Respire bien profondément et détends-toi. Ensuite peux tu aller ouvrir la porte s'il te plait ? »
Il se leva en même temps qu'elle et prit le temps de l'embrasser langoureusement avant d'ajouter « Je t'aime. »
« Je t'aime aussi » sur ces paroles elle le poussa hors de la cuisine. « Va y et laisse les entrer. Mon père ne supporte pas qu'on le fasse attendre. »
Alistair et Maria aimèrent beaucoup la maison. Dee leur fit visiter avec le déjeuner et Hetty qui n'avait pas encore tout vu fut impressionnée. L'ensemble prenait forme. Elle commençait à leur ressembler.
Les yeux de Maria suivirent Deja tandis qu'elle s'afférait dans la cuisine. La façon dont la jeune femme parlait de cette maison, la fierté que l'on pouvait voir dans ses yeux, la joie sur son visage… elle laissa Alistair, et Hetty parler affaires et rejoignit sa femme qui se trouvait près de l'évier. « Tu as l'air heureuse ici » affirma elle.
Dee leva les yeux « Comment ? »
« Tu es heureuse ici dans cette maison » répéta la mère de famille.
Dee ajouta une touche finale à la préparation au saumon fumé, avant d'acquiescer « Oui c'est vrai. »
« Je dirais même que tu es plus à l'aise ici que dans ton propre appartement »
Secouant la tête et séchant ses mains sur son tablier elle prit le temps de répondre à l'affirmation de sa mère. « Je ne dirais pas plus heureuse, mais c'est différent. Ici je considère que c'est notre maison. Bon ce n'est pas encore officiel, mais tu sais je vis avec lui depuis un mois. Avant c'était de temps en temps. On est allés acheter des meubles ensemble. J'ai ajouté quelqu'un de mes livres et quelques affaires. C'est différent. » sourit-elle. « Mais tu as raison, je suis heureuse ici. »
« Acheter des meubles ? tu veux dire que cette maison n'était pas comme cela quand tu l'as visité pour la première fois ? »
Se mordant la lèvre Dee débattit intérieurement de ce qu'elle allait expliquer à sa mère. « Pour faire court, il essaie de construire quelque chose dans cette ville. Il a décidé la plupart des choses tout seul. On a eu tous les deux le coup de cœur pour cette table de salon, mais si cela n'avait pas été le cas je me serais contentée d'une autre table. Cette maison est meublée depuis le mois de février. » finit elle son monologue tout en retournant à sa préparation.
Maria regarda alors Grisha de sa position dans cuisine. « C'est pour cela que vous avez un épiphyte ? »
« C'était la manière d'Hetty de lui dire qu'il avait besoin de se poser quelque part. »
« Ha » répondit Maria qui réfléchissait quelques instants face à cette révélation. « Cette femme est brillante. Elle n'a pas l'air de le faire suffoquer avec des conseils maternels intempestifs. »
« Elle est consciente que de toute manière, il n'y prêtera aucune intention. » la jeune femme tendit à sa mère le plat qui contenait le poisson en récupérant celui qui contenait les ciabattas. Dee poussa sa mère hors de la cuisine. « Allez c'est l'heure de déjeuner, on papotera plus tard d'accord ? »
Le déjeuner se passa dans la bonne humeur au son de conversations légères. Après le dessert, Alistair et Hetty se dirigèrent ensemble vers la terrasse avec une théière et sans un mot, signifiant qu'ils ne fallait pas les déranger. Grisha les regarda s'éloigner, ses yeux plissés et les épaules carrées. Dee enveloppa ses bras autour de sa taille. « Qu'est ce que t'inquiètes ? »
Relevant légèrement le coin de sa lèvre, l'homme fit reposer sa tête contre celle de sa compagne. « Je ne sais pas. Je veux juste qu'il ai confiance en moi sur le fait que je ne te ferais pas souffrir. Je veux qu'il sache qu'il n'a rien à craindre. Mais c'est peut être un peu trop demander après seulement deux rencontres et surtout après ce qui t'es arrivé avec Kevin. »
« Il veut juste s'assurer que je vais bien. » essaya elle de le rassurer.
« Je sais. Peut être après le voyage, je pourrais apaiser leur crainte. Nous avons trois semaines pour cela. »
Dee soupira en resserrant sa prise sur son compagnon. « Si toutefois Hetty ne peut pas accomplir de miracles, il devra se fier à notre jugement, celui de ma mère et le mien. Elle t'adore déjà. »
« C'est vrai ? »
« Oui c'est vrai » interjeta Maria qui leur fit un clin d'œil en entrant à ce moment dans la salle à manger. « Donnez un peu de temps à Alistair pour se familiariser avec cette nouvelle situation. je suis certaine qu'à sa place, si votre fille avait vécu la même situation, vous feriez de même. » ajouta elle en récupérant des assiettes. « Je suis convaincue que vous aimez ma fille, et je ressens votre bonté, c'est très différent de ce que j'ai pu ressentir à l'époque avec Kevin, alors je vais me fier à mon instinct. Mais encore une fois, c'est ça être parents : on passe notre temps à s'inquiéter du bien être de notre progéniture. »
Dee roula des yeux à cette intervention. « Tu vois ? Laisses mon père bouder tout seul dans son coin s'il en a envie. De toute façon ça n'affectera pas mon amour pour toi. »
Décidément cette petite phrase lui donnait toujours des frissons de plaisir. « Je t'aime aussi chérie. »
De la terrasse, Alistair observait la scène. Sa femme, sa fille et Grisha s'étaient pris dans les bras. Il devait bien avouer que cette maison était très belle. Elle était chaleureuse et apaisante. Deja faisait comme si elle était dans son propre appartement.
Il se tourna vers Hetty.
« Alors, j'ai crû comprendre que cela fait un moment que vous connaissez Grisha. »
Prenant une gorgée de son thé, Hetty approuva « Depuis qu'il a quinze ans. »
« As il traité correctement les femmes qui ont partagé sa vie ? »
« Si votre question est : as il déjà abusé ou agressé l'une d'entre elle, je peux vous répondre par la plus ferme négative. J'aime me dire que je l'ai élevé dans le plus grand respect des femmes de manière générale. »
« Vraiment. »
Hetty l'observa quelques instants et poursuivit « Je le connais depuis de très longues années. Je sais ce qu'il ferait ou non. Et je peux vous assurer que jamais il ne lèverait la main sur une femme. »
Alistair semblait convaincu par cette réponse. « Vous en savez plus sur son métier ? »
« En effet. Je suis au courant de ce qu'il peut me raconter. »
« Et vous n'êtes pas inquiète qu'un jour, il ne rentre pas à la maison ? »
« Tous les jours qui passe. » c'était d'autant plus vrai qu'elle le voyait prendre les risques qui pourraient le faire tuer. « Mais je sais aussi, qu'il est totalement conscient des risques qu'il prend et il a eu la formation adéquate. Il est brillant dans son domaine Alistair. »
« Ho, je vous croie. » jouant distraitement avec sa tasse, il soupira. « Hetty, pensez vous savoir bien cerner les gens ? »
« La plupart du temps, oui. »
« Alors dites-moi, est-il toujours pareil ? »
« Sur ces gardes, prudent ? » dit en pesant ses mots. « En tout cas, pas quand il s'agit du boulot. Mais il est passé par trente sept familles d'accueil avant de venir vivre avec moi, certaines étaient agréables, d'autres beaucoup moins, encore pire que ce que vous pouvez imaginer. Ça forge le caractère. Comme je l'ai dis dans son travail, il se montre confiant et sûr de lui, j'irais même jusqu'à dire avec une certaine arrogance, parce qu'il sait ce qu'il fait. Il connait les domaines dans lesquels il excelle. Mais en matière personnelle c'est une autre histoire, Alistair. C'est la première fois de sa vie qu'il rencontre les parents de l'une de ses compagnes. C'est aussi la première fois que je rencontre l'une d'elle. Cela devrait vous prouver qu'il fait tout son possible. »
« Faire tout son possible de quoi ? »
« Il essaie de pouvoir lui faire confiance. Pouvez vous ne serait ce qu'imaginer ce que c'est d'être balloter de familles en familles avant l'âge de quinze ans ? il ne connait que la solitude. Il me fait confiance, mais j'ai dû la mériter. Le fait qu'il m'ai invité pour que je rencontre Deja, qu'il a meublé sa maison pour la première fois en vingt ans c'est qu'il laisse quelqu'un entrer dans sa vie. » elle se garda juste à temps de révêler qu'elle avait dû à plusieurs reprises le forcer à voir Nate leur psychologue de terrain attitré.
« Votre fille, est tout ce dont Callen a rêvé toute sa vie, et je suis très fière de lui de cette volonté de vouloir lui faire confiance, et il a réussi tout seul ce pari. »
« Et si un jour ils étaient mariés avec des enfants, et qu'il ne revienne pas chez eux ? Aurait elle quelqu'un vers qui se tourner ? »
Hetty fronça les sourcils. « Vous croyez vraiment qu'il laisserait votre fille sans rien ? ce n'est pas le cas et je vous le répète, votre fille serait bien accompagnée. ». Hetty avait une nouvelle version du testament de son agent sénior qui se trouvait sur son bureau. Une copie se trouvait également chez un avocat. Mais elle n'allait pas partager cette information avec Alistair. « Je peux vous assurer, que votre fille ainsi que tous les enfants qu'ils pourraient avoir seraient entre de bonnes mains. »
« Bien » concéda Alistair avant de rester silencieux quelques instants. « Je suis navré si vous pensez que je dépasse quelques bornes et je dois sûrement paraître excessif » s'excusa il « Je ne veux pas que l'histoire se répète. Je ne peux pas que ma vie vive à nouveau la même situation qu'avec Kevin son ex mari. »
« Je comprend totalement. Mais vous devez accepter que votre fille est une personne à part entière. Je pense qu'elle est tout à fait capable de cerner la personnalité d'une personne, et je suis convaincue qu'elle n'aurait pris la décision d'emménager avec quelqu'un en qui elle n'a pas confiance. »
Alistair devait bien admettre qu'elle avait raison. « C'est exacte. Vous pensez que Deja connait la réalité de son métier ? Je veux dire vraiment ? »
« J'ai crû comprendre, qu'il lui a expliqué tout ce qu'il pouvait dire. » le ton de la petite femme était poli mais Alistair sentit l'irritation sous jacente qui émanait de ses propos. « Elle a choisis de rester, en connaissant les risques, en sachant qu'un jour il se pourrait qu'il ne revienne pas. Ça devrait vous suffire comme explication non ? »
Tournant son regard vers elle, Alistair vit que les yeux de la chef des opérations lançaient des éclairs, et que les jointures de ses doigts devenaient blanches à serrer sa tasse de thé. Il était satisfait du comportement de la petite femme. Elle était tout à fait la mère qu'il s'était représenté. Prenant une profonde respiration il opina de la tête.
« Oui c'est le cas. »
Alistair fit passer son regard en direction de la cuisine, où Grisha, Déjà et Maria discutaient paisiblement. Grisha se tenait près de sa fille. Il s'était montré respectueux et affectueux envers elle, riant avec elle, et l'aidant avec la préparation du repas. Ils se racontaient les anecdotes sur les marchands au marché, sur leur épopée au magasin de meuble, ou sur leur vie de tous les jours. Ils faisaient des projets, ils envisageaient une vie ensemble.
Hetty avait raison. Il devrait se contenter de la confiance que sa fille accordait à Grisha. Elle était au courant du métier qu'il exerçait et avait conscience de son passé et elle avait décrété qu'il était digne d'être son compagnon. Il fallait qu'il lâche du leste. Posant sa tasse sur la soucoupe, il se leva.
« Très bien. Allons les rejoindre, voulez-vous ? »
