Coucouuuuu

Vous vous en doutiez hein, pour vous aussi c'était trop "beau" que je tienne le rythme ... * pleure* . D'ailleurs, pour les chapitres qui vont arriver (on sait pas quand, mais ceux qui arrivent) ils risquent d'être plus longs. On approche de la fin de la première partie et il reste encore pas mal de choses à poser donc je pense que je vais "tenter" de tenir le rythme mais ils seront plus longs. D'habitude je prends un peu plus le temps dans l'organisation des chapitres (c'est à dire que je me prive pas si je veux qu'un épisode dure sur plusieurs chapitres, comme le bal par exemple) mais là, on commence à être pressés par le temps alors les chapitres seront plus longs pour pouvoir contenir plus de choses et faire que je n'arrive pas trop en décalé à la fin de la première partie et surtout... à la reprise après l'Ellipse !

Je vous laisse donc avec le chapitre de la forêt scellée ! y'a de la baston et de la magie ! j'espère qu'il vous divertira, j'me suis éclatée à le faire et en prime, je vous laisse le petit lien de la musique d'un des moments de la bataille, pour vous mettre dans l'ambiance.

A bientôt !

c'est "Star Sky" de Two Steps From Hell (j'adore les musiques, je m'envoi les playlists pendan des heures en écrivant)

La review des reviews :

- Zakabouillotte : * t'applaudis pour avoir rattrapé les chapitres * / * se hue intérieurement pour le retard qu'elle a *. Alors Luna n'est pas mise dans sa chambre parce qu'ils avaient peur qu'elle foute le feu à son lit XD comme elle monte en température pour se guérir ils se sont dit que c'était risqué et comme la chambre de Dimi est vide, froide et déprimante, c'était moins risqué ^^' et mention spéciale pour le "Monicrotte" XD !

- Mijododotôt : Merci pour ta remarque sur le titre, j'ai corrigé XD * masse ses fesses, le tir de sniper était léger *. Mouhahaha ! j'avoue qu'il s'en passe du raffut dans le chambres du monastère XD mais Luna la petite maligne elle a fait des parchemins de silence ^^ pour justement que quand ça gueule, ça réveille pas tout le dortoir XD mais vu le nombre de chahuteurs, elle pourrait peut-être les vendre, ça lui ferait des sous ! * note l'idée*.


SOUS LES CENDRES

Chapitre 23 :

Page tournée

- Vous voilà bienvenus dans la forêt de la mort.

La voilà ! La Putain des enfers nous accueille dans cette forêt brumeuse et étrangement hospitalière. Nous n'y avons croisé aucune bête et c'est à peine si j'ai pu reniflé le petit derrière poilu d'un lapin dans les parages. C'est étrange.

Mais je m'en moque, je veux la buter. Elle me mets en rogne, dès que je vois son visage mon sang se mets en ébullition et j'ai tout un tas d'envie qui donneraient des sueur à la Déesse.

- Mon nom est Kronya, cette morveuse n'était qu'une enveloppe temporaire !

Qu'est-ce que..

Elle fait un saut en arrière et son apparence se transforme. Kronya, peut importe ton nom et ce à quoi tu ressembles, c'est ta tête qui finira tranchée par ma faux ! Et même si ce n'est pas la bonne manière de te tuer, je le tenterai quand même, par acquis de conscience. Elle gesticule et ses espèces d'appendices qui sortent de son dos frissonnent sous son rire aiguë et désagréable.

Elle rit encore.

Autour de moi, mes compagnons ont un pas de recul pour certains, d'autres se figent le temps d'apprécier la métamorphose. Les pauvres, ils ne doivent plus où donner de la tête, ces derniers temps, biens de leurs repères et croyances ont été mis à mal. Nous ne sommes pas loin du monastère et pourtant, jamais l'aura de la Déesse n'aura été si loin. Enfin, c'est sans compter Remire. L'attaque du village a été le prémisse de ce qui est en train de se dérouler sous nos yeux.

- Voici ma véritable apparence.

Ce jeu de masques où nous sommes tous de pauvres pantins subissant les attaques des Puissants. Je vois la poigne de Dimitri se crisper sur le manche de sa lance. Je t'avais bien dis qu'ils manipulaient les apparences.

Je ressens aussi les vapeurs émanants de mes compagnons, cette odeur âpre, collante, de l'impuissance, de la manipulation.

- Maintenant vils monstres…

Elle dit cela et la terre se met à trembler sous les pas lourds des bêtes démoniaques qui se découvrent sous les autres branches. Nous n'avons pas fait un pas mais nous sommes déjà encerclés. Un nouveau filet de magie invisible se tisse dans l'air et éclos en particules rougeâtres. Des mages et autres combattants viennent grossir les rangs de Kronya. Elle rit encore et dois sans doute nous regarder comme de petites créatures fragiles et résignées.

C'est alors que Byleth dégaine son épée Wo Dao et le mot d'ordre est lancé.

Pas de quartier.

Je pars vers l'avant, accompagnée de Ashe puis Dedue, Annette et Felix et leurs escouades. Kronya s'amuse à nous voir nous positionner. Je compte encore les instants où résonne son rire, car bientôt il disparaitra.

Nous encerclons la bête en tenant compte du relief et des fourrages, elle ne s'est pas trop avancé, et est facile d'accès.

Les trois escouades foncent successivement sur le monstre et éraflent les écailles de sa carapaces. Leurs frappes sont jutes, fortes et … habituées. De sa hauteur, il vacille et commence à faire rougir ses entrailles. Proche des fourrages, je me déplace latéralement pour avoir le meilleur angle d'attaque. Puis c'est à Ashe de faire jaillir son sa volée de flèches. Elles perforent l'épine dorsale du monstre et se plantent durement dans ses chaires dégoutantes. Il geint mais je ne passerai pas mon tour.

Je m'élance et cours jusqu'à l'atteindre. Lorsque je suis assez proche, j'utilise ma magie pour que mes pieds quittent le sol, juste assez. Pour pouvoir planter la pointe de ma faucille en haut de sa gorge. Le monstre geint et remue mais la lame est bien enfoncée. Ma nouvelle poigne me donne une meilleure emprise même si j'ai les jambes dans le vide.

- Héhé.

Un jeu d'enfant. Se jeter, comme sur une balançoire, le corps dans le vide, un usant de l'arrondie de ma faux et du poids de mon corps. Ainsi que d'une pointe de magie, juste assez pour me permettre de faire tout le tour de la gorge du monstre. La lame courbée tranche tout, j'ai veillé à l'aiguiser à l'excès avant de partir, elle trancherait même le silence.

J'ai fais le tour de sa tête et atterris de nouveau sur le sol brumeux. Ma faux rampe un peu au sol avant que le la porte sur mes épaules. Et que la tête du monstre se décroche et s'effondre en une marée glande de sang chaud et de fluides. La masse de son corps tapisse désormais le sol et je glisse un regard vers Kronya qui n'a pas manqué une miette.

J'ai juste eu le temps de siffler qu'elle a déjà compris.

A nous enfoncer toujours plus profondément dans l'horreur, on en devient des bourreaux, beaucoup plus que ces monstres.

Et tu es la prochaine.

Les respiration sont contenues et maîtrisées, nous avançons en tenant la ligne d'attaque jusqu'aux mages qui tentent vainement de nous bloquer le chemin. De la sa longue détente, Ashe décoche un tir parfait qui vient mettre hors course le premier mage. D'un geste élégant, il remet son arc dans son dos et attrape les hache à sa ceinture. Sans s'arrêter de marcher.

Aujourd'hui toute la classe réclame vengeance pour notre professeur, et pour tout ceux qui sont tombés sous le jeu des Puissants, rien ne pourra nous freiner.

Puis c'est à Annette de se charger du sort du hallebarde lourdement armé, mais si vulnérable à la magie. Il n'est a plus ni incertitude, ni hésitation dans ses incantations. J'accélère le pas et me glisse devant Dedue pour absorber le sort du dernier mage. Juste avant que Felix ne l'achève d'un jet de larme impitoyable.

- Je vais me faire la malle si vous lambinez.

Aucun de nous ne réagit à cette provocation inutile, nous échangeons des regards intransigeants et assurés.

- Oh ? À moins que vous ne comptiez me laisser partir. Vous êtes trop gentils.

Ne t'en fais pas Kronya, nous venons pour te tuer.
De nos lèvres s'échappent des vapeurs, des condensations de notre revanche. Chante encore Kronya, tant que tu le peux.

- Parce que moi, j'ai bien l'intention de tous vous tuer.

Nous reprenons la route. A gauche, j'entends le martèlement des pas et le échos des armures de l'autre groupe. Dans les nuées mouvantes, j'aperçois le lueur de l'Epée du Créateur. Je compte à rebours les instants qui me séparent de la jouissance. Celle d'arracher la tête de Kronya de ses épaules impies et de voir son corps s'effondrer mollement sur le sol.

Les deux chemins convergent l'un vers l'autre et nous arrivons bientôt, au complet, sur la plaine où se tient Kronya.

Elle gigote et nous remplissons tout l'espace. Les lignes se forment entre les escouades, les cavaliers réajustent leurs prises sur leurs lances. Les archers on déjà bandé leurs arcs et les carreaux aiguisés des flèches ne feront preuve d'aucune merci. Nous avançons au coude à coude, sur les dalles étranges de cette plaine aménagée. Toute la forêt était propre je l'avais senti, et maintenant sur la plaine, à voir ces piliers dressés vers le ciel, j'en ai la quasi certitude. Tout ceci est une mise en scène. Ils ont voulu nous conduire ici.

Mais s'il s'avère que c'est effectivement un piège, alors ils ont eu l'idée la plus stupide qu'il soit, celle de contrarier la classe des Lions de Saphir, celle de s'en prendre à l'un de nous, aucune pitié ne sera possible.

Piège ou pas, le sort de Kronya est scellé, dans cette forêt.

Derrière les lignes de mes compagnons, je remonte et passe devant l'escouade de Felix pour prendre place à l'avant, tout devant. A coté de moi, Byleth range son épée luisante dans son étui et dégaine sa Wo Dao. Il me lance un regard en coin et j'hoche la tête. Nous allons l'attaquer à deux.
En un éclair, nous bondissons et intervertissons nos places, je fonce vers la gauche et il ouvre vers la droite. Au milieu, Kronya rit encore et use de ses appendices pour se mouvoir rapidement et éviter en riant les assauts de Byleth. Elle s'amuse et prend de l'assurance, elle pense sans doute avoir l'avantage, mais la réalité est bien différente.

Car moi aussi je veux m'amuser. Je veux voir sur son visage cet effroi, ces traits crispés et cette expression typique de ceux qui réalisent s'être trompée.

Elle passe à l'offensive et reprend du terrain sur Byleth qui n'a encore subit aucun dommage. Tapis derrière les branches, je peux sentir d'ici sa détermination. L'ancien mercenaire calcul ses pas avec une froideur qui me laisse admirative.
Il lui a laissé juste assez d'ouverture, juste assez pour qu'elle déploie vers l'avant les appendices qui protégeaient son dos. Elle les présente à Byleth, certaine de le tenir à sa portée.

Mais ma lame lui bloque la vue.

Jaillis des fourrages et m'étant faite oubliée, j'ai pu m'approcher de son dos, ma faux glissée sous son bras, enserre désormais sa gorge. Prise en étaux, Kronya se fige et tourne légèrement son visage vers moi. Elle n'a pas d'échappatoire, sa dague tremble.
Tandis que la lame de Byleth s'enfonce dans sa poitrine, celle de ma faux dessine une ligne sanglante sur son cou. J'ouvre grand les paupières pour la voir puis termine mon geste d'un coup sec. Son hurlement est étouffé par le sang qui se répand dans sa bouche.

Elle s'est arrêté de rire.

Je roule sur le coté et rejoins mon professeur qui a déjà retiré sa lame du corps de Kronya. J'abaisse ma faux sur le sol tandis qu'elle tremble, cette créature étrange ne veut pas encore mourir, c'était à prévoir. Elle tient sa nuque dégoulinante et se penche pour tenir ses chaires transpercées par Byleth. Qu'espère-t-elle ? Survivre ?
Du coin de l'oeil je vois déjà mes autres compagnons prêts à passer à la seconde salve.

Puis, je comprends alors. Ce qu'elle espère, c'est fuir.

Elle décampe en grandes enjambées et s'en va tenter de regagner la lisière de la forêt. Mais Byleth ne la laissera pas survivre au jour, il est déjà sur son chemin.

Je la regarde, courir comme un pantin désarticuler, comme si son maître avait d'ors et déjà cessé de lui donner vie.

Tandis que cette pensée me traverse, l'ombre d'un autre se fait, dans la forêt. Byleth se fige, à quelques pas de Kronya qui tente de gagner l'aide de ce Solon, le meurtrier de Remire est apparu. Un écho militaire résonne derrière moi et les Lions ont avancé, tous l'ont reconnu. Kronya ne sera peut-être pas la seule à périr avant la nuit. Mais surtout, sa venue confirme mon sentiment, c'était bel et bien un piège.

Cependant, je ne pensais que Kronya fasse également partie du tribu à verser. Elle l'a appelé à l'aide, nous l'avons tous entendu, sa supplique pour Solon ce vulgaire ordre balancé au seuil de son existence. Elle venait de tomber, ses plaies béantes ne laissaient aucun mystère sur l'issu de l'affrontement. D'autant plus que Byleth, juste en face d'elle, l'Epée du Créateur en main, était presque à portée de frappe.

L'oeil vilain de Solon contemple Kronya avec une certaine avarice qui me déplait, mon corps bout à l'idée qu'il puisse nous priver de cette vengeance tant attendue.

Mes craintes se confirment, Solon tend la main sur la poitrine déjà meurtrie de la Putain des enfers, sa main …. Sa main traverse le corps de Kronya. On entend des os craquer, on voit sa cage thoracique se disloquer, elle se tait.

- N'ai pas peur Kronya.

Face à elle, Byleth continu d'avancer. La voix ancestrale de Solon murmure à Kronya et j'enrage de devoir être simple spectatrice de sa mort.

- Ton sacrifice aidera à purger ce monde de la vermine malicieuse qui l'a infesté.

Je hurle à Byleth pour qu'il cesse d'avancer.

Qu'il ne s'approche pas car le cops de Kronya se recouvre rapidement de flammes infernales. La magie déversée par Solon est si infecte que mon nez se met à saigner. Cette nécromancie interdite par toutes les langues du monde recouvre le corps de Kronya et lui arrache, dans une douleurs incommensurable, ses derniers instants de vie. Je tends le bras pour empêcher mes compagnons d'avancer, il ne faut pas pénétrer dans la zone de prise de la nécromancie ou elle nous tuera tous.

Je pousse le chef d'escouade et donne l'ordre à tous de reculer, il faut vite sortir du terrain dallé et du périmètre des piliers. Nous nous regroupons à la hâte tandis que cette magie, sans doute la pire que j'ai eu à rencontrer, rempli son espace et emprisonne Byleth à l'intérieur. Les piliers conduisent les vagues du sortilège qui s'intensifie à mesure qu'il arrache la vie de Kronya. Plus elle souffre, plus le sortilège sera puissant, il se nourrit de la meurtrissure infligée avant la mort, de l'agonie et de la terreur des vivants, de ces moments de trépas où ne règne que l'effroi et l'abandon de tout espoir.

Les rafales de magie me blessent le visage et je tente de discerner la silouette de Byleth dans la nuée mais ne perçois que la vois de Solon. Mes cheveux voltigent de tous les côtés.

- Le temps est enfin venu, de déchaîner le sort interdit de Zahras, sur nos ennemis!

J'ai à peine le temps de hurler, juste avant que la terre ne se mette à trembler. Les nuées se confrontes et s'affrontent en lames violacées. La magie se fracasse entre les piliers sans répit ni pitié. Byleth est déjà hors de portée, mais le sort est plus vorace que je le pensais, Kronya vient donc d'expirer dans des souffrances qui dépassent tout ce que j'aurais pu lui infliger … Les torrents de magie ravagent les piliers qui commencent à se fissurer. S'ils craquent, alors nous seront tous emportés dans la vague nécromancienne et s'en sera fini de nous.

Que faire ?!

Derrière moi, mes compagnons se regroupent, certains sont à genoux pour encaisser les détonations, ils protègent leurs visages des rafales magiques. Les escouades protègent leurs meneurs. Et moi, que puis-je faire pour les protéger ?

Le sang n'en fini plus de couler des mes narines. Mon coeur tambourine dans ma poitrine et je me retourne vers le mur désormais immense de magie concentrée dans les piliers qui se fissurent encore plus à chaque seconde. S'ils se brisent …

Mes poings se serrent et je dépose ma faux sur le sol. Le vent lacère mes joues, je hurle pour crier plus fort que les torrents.

- Approchez-vous de moi ! Faites une chaine en vous tenant tous !

Je dépose les genoux au sol et fais danser mes poignets tous justes remis des fractures, mais peu importe, je les briserai moi-même à nouveau s'il le fallait, mais aujourd'hui, aucun de mes compagnons ne mourra. Peu à peu, ne sens leurs mains se poser sur mes épaule et contre mon dos. Je dois faire vite.

Mes doigts dansent et je rallume tous mes feux intérieurs pour que ma magie brûle mon âme et déchaine ma puissance.

- Tenez-vous !

J'hurle tandis que le sang colore mes lèvres, je hurle quand je signe des deux mains, les cornes de la Bête et appelle, du fond du ciel, mon bouclier de flammes.

Ma magie perce les nuages et des remous se font avec celle de Solon, les flots sorciers sont difficiles à contenir d'autant plus que cette fois, c'est toute une armée que je dois protéger. Les nuages se colorent et le bouclier apparait, j'espère qu'il sera assez large. Je tire pour le ramener, mes épaules sont contractées et mes coudes craquent, il est si lourd.

Alors je prends une profonde inspiration, qu'elle soit ma dernière je m'en moque, mais elle protègera tout le monde.

J'inspire.

Et je tire.

- RAAAAAAAAAAAAAAAAH !

Les flammes se fracassent dans le sol et j'écarte mes bras pour donner encore de l'envergure au bouclier. Je les rabat vers l'arrière. Ma nuque se tasse et mes genoux s'enfoncent dans le sol. Jamais je n'avais eu à supporter une telle charge, il est si lourd que j'en ai le souffle coupé.

Je peine à respirer et mes bras tétanisent.

Mais pas le temps de souffrir, l'un des piliers vient de céder. Un torrent de magie se répand et va nous percuter de plein fouet. Mes flammes se dressèrent pour faire écran.
Puis, je sens des mains se refermer sur mes bras, mes jambes, et partout sur mon corps. Il me fait une demi seconde pour comprendre. Mais il m'en faut encore moins pour ressentir le soutient de tous mes compagnons. Au propre comme au figuré. Ils sont resserré leurs prises et portent mes membres accablés par la douleur, leurs mains me maintiennent en position et me soulagent.

Les yeux rivés sur la salve magie qui s'apprête à nous percuter. La terre tremble à nouveau, comme un spasme vomitif du à cette magie si souillée.

Mes lèvres fredonnent la mélodie de la Bête et mes crocs sortent, entiers et aiguisés, je sers les poings jusqu'à ce que mes ongles blessent ma peau et invoque une fois encore la force de la Bête. Les flammes de mon bouclier s'agitent et une trainée verdâtre née du feu. Cette nuée nouvelle monte, monte et se dresse pour parer l'assaut de Solon. Le torrent violacée s'abat et j'expulse de tout mon corps la magie qui en reste, mon sang est en fusion et mon crâne me fait mal. La nuée verte se dresse et je tire encore plus sur mes doigts pour faire résonner les cornes de la Bête.

L'impact de nos deux magie résonne, et éclate en un hurlement millénaire. La déflagration traverse les flammes de mon bouclier et fouette mon visage. Je lutte pour garder les yeux ouverts tandis que la nuée se dissipe.

Nous avons survécu à la première salve.

En face, le torrent impie se dissipe et je vois, au travers des flammes, ma nuée verte se dissoudre, laissant deux énormes trainées. Deux énormes cornes dressées vers les cieux.
C'est à peine si je sens encore l'appui de mes compagnons tant mon corps est meurtris et vidé. Pourtant je n'arrive pas à bouger.

La nécromancie se dissipe de plus en plus et il me semble commencer à percevoir une ombre derrière la muraille ensorcelée. Impossible de savoir à qui appartient cette silhouette, ou si nous sommes hors de da…

- Arg …

Mon coeur s'est crispé, contracté, comme durcit. J'ai, l'espace d'un instant, un mal fou à respirer et trop peu de forces pour maintenir le bouclier. Mes doigts faiblissent et les flammes s'atténuent jusqu'au néant.
Chier !

Je ne sens plus mes bras et pourtant je vacille dans l'herbe. Je tousse un cracha de sang et halète en voyant les contours de la robe de Solon. PUTAIN D'ENFOIRE ! Qu'a-t-il fait de Byleth !? Je tente de me relever mais, Mercedes et Annette me retiennent. Je tremble en jetant un coup d'oeil derrière mon épaule et des larmes coulent entre le sang collé à mes joues. Ils sont tous là. Cet emblème maudit les a protégé…

Je m'effondre dans les bras d'Annette et suis à demi consciente quand Mercedes me blotti contre elle. Ses mains sur mes tempes ne me procurent aucune magie mais elles m'apaisent tout de même. Rien que cette douce chaleur suffit à réchauffer mon coeur.

Puis, les ombres des cavaliers jaillissent au-dessus de nous. A contre-jour et dans les restes de nuées, leurs armures luisent et leurs visages sont si déterminés. Les escouades nous encerclent et les archets gardent les extérieurs.

Ils prennent le relais, je ne suis plus en mesure de me battre. J'ai tout donné, mais sans regrets, je me serai moi-même arraché la tête si jamais l'un d'entre eux venait à mourir.
J'attrape la main de Mercedes et elle me sourit. Ses traits sont tirés mes ses yeux sont si bleus.

En face, il n'y a toujours que Solon.

Où êtes-vous Byleth ?

Silencieusement il me semble que Mercedes prie la Déesse. Quant à moi, je visse mon regard à l'endroit où se tenait le professeur.

Où êtes-vous donc ?

Il me semble que Dimitri distribue des ordres et certains officier se déplacent, en prévision de l'offensive à mener.

Solon rit encore et sa voix se perd dans mes oreilles, rien de ce qu'il pourra dire ne m'intéresse. J'ai toujours la main de Mercedes dans la mienne et la tête sur les genoux d'Annette, elles prient l'invisible.

L'impossible.

C'est ce qui se produit pourtant.

Un tonnerre a retentit à l'endroit même où Byleth se tenait.

Les cavaliers sont en alerte et Solon a reculé d'un pas.

Quand soudain, la matière est tranchée. L'invisible rompt et éclate en une faille sombre et abyssale. Ce n'est pas de la magie que je ressens, ce n'est pas une sort qui se répand à travers toute la forêt. C'est Byleth qui apparait.

La lame de l'Epée du Créateur est encore plus illuminée que jamais, elle ouvre une brèche dans le temps et l'espace pour laisser enfin apparaitre le professeur. Il jaillit du néant, du chaos, comme un lever de soleil, comme le commencement du jour. Il pose une aube nouvelle sur la forêt scellée et tout en lui rayonne du renouveau qui l'habite.

L'espace et le temps se résorbent, ne laissant que Byleth, changé, mais dévoué à accomplir son oeuvre. Mes lèvres se fendent d'un sourire, la victoire est nôtre, assurément.

Les cavaliers s'avancent tandis que la terre se repose malgré la venue de nouveaux ennemis sans doute invoqués par Solon pour tenter de nous contenir.

Je me peux m'endormir tranquille.

Rien ne leur résistera.

- Luna, pourquoi vos cheveux sont-ils bouclés ? Est-ce que votre mère les avaient ainsi ?

- Je ne sais pas … si c'est le cas, je les déteste …

- Pourquoi donc ? Je les trouve amusant, c'est comme si vous aviez des friandises à la réglisse tout autour du visage.

- Et vous Edelgard, pourquoi vos cheveux sont maintenant blancs ? Je les préférai avant …

Cette fois ce n'est pas mon frère Terry qui s'est emparé de mes songes, mais Edelgard. Je frissonne en imaginant son visage se dessiner dans mon esprit. Elle ne peut pas être l'Empereur des Flammes. Elle ne peut pas.

Derrière moi, j'entends le crépitement familier de l'âtre de ma cheminée, celle de ma chambre dans le monastère. Si c'est encore un rêve, il est si doux. J'ouvre un peu les yeux et trouve devant moi mes couvertures en fourrures et le mur fissuré de ma chambre. Il fait bon et l'odeur du bois chaud flatte mes narines. Je me blotti encore plus sous les épaisseurs et entends qu'on jette une bûche dans le feu.

Mon corps est trop fatigué pour que je puisse me retourner et voir qui prend ainsi, si bon soin de moi. Tout ce que je vois, c'est une main, blanche et lisse qui ramène les couvertures sur mes épaules. A son poignet, un ruban de satin bleu.

Des larmes perlent à mes yeux tandis que la main de Dimitri se pose délicatement sur ma joue avant de disparaitre, laissant encore sur ma peau, l'emprunte de son contact. Je lui avais dit de ne pas me toucher avec ses gants, il l'a fait.

Pourquoi m'écoute-t-il pour de pareils détails alors qu'il ne m'a pas laissé tout lui dire ?

Je m'enfonce dans mon lit lorsqu'il pousse la porte sans la refermer. Des chuchotements se répandent dans le couloir et j'entends finalement que quelqu'un d'autre rentre.

Mon lit se tasse sous le poids léger de celle qui vient à mon chevet. Je la reconnais à son odeur, elle sent comme les livres de magie, elle sent comme une promenade solitaire, un vent tendre qui vous effleure de peur de vous déranger.

Marianne est là.

Elle s'excuse du bout des lèvres et dépose ses mains sur mes épaules. Combien de fois va-t-elle me soigner ? Pourquoi se sent-elle autant responsable de moi ?

Mes pensées se dissipent et mon corps se décontracte à mesure que sa magie si douce se répand pour consoler la mienne. Je referme les yeux pour la sentir, cette force froide et timorée mais bien loin d'être impuissante. C'est comme si Marianne se glissait dans mon coeur pour le prendre dans ses bras et le consoler. Je sens son empathie et sa bienveillance m'entourer et je ne parviens pas à contenir mes larmes. Elle est si proche de mon être, elle saisie ma peine et l'apaise de sa magie. Cette douceur qui émane d'elle, c'est insoutenable tant elle est pure, elle me rappèle à quel point je suis si loin d'elle … à tel point je ne suis vouée qu'à la destruction.

J'ai donné toutes mes forces pour les protéger mais vu l'état dans lequel ce geste m'a mis, il est évident que je ne suis pas taillée pour le faire.

Ses flots frais s'arrêtent et je me sens nettement moins courbaturée. Cependant, elle ne retire pas ses main de moi.

- Luna … Je … j'ai fais quelques recherches et … concernant … Maurice. Dans l'Abyss, il y a quelques parchemins, mais la bibliothèque n'est pas encore accessible. Pourtant j'ai pu trouver des écrits… je pense que l'un d'entre eux est rédigé de la main de Maurice.

Doucement, je me retourne pour pouvoir la regarder. Elle voit mes larmes et se prend d'effroi. Il me faut quelques minutes pour la rassurer et la faire cesser de s'excuser, pour qu'elle reprenne son récit.

- J'ai envoyé les copies chez moi, à Edmund. Yuri m'a dit que ce serait plus prudent au cas ou ces écrits venaient à disparaitre. J'en ai fait plusieurs copies grâce à un sort de transcription. Mais si vous le désirez, nous pourrions nous rendre à Edmund… un jour … mais nous y rendre pour les analyser ensemble.

Elle joint ses mains sous son menton et es yeux s'agitent.

- Je … je pense qu'il parle de nos lignées … et de notre héritage. Vous devriez les lire …

Mes sourcils se froncent et je repense à mon frère. Nos lignées … ce serait peut-être effectivement une première piste pour remonter la trace de ma famille disparue. Tous ont péris, mais je voudrais au moins, pouvoir mettre un nom sur le souvenir absent de ma mère.

- Pour la Lune du Grand Arbre, après notre diplôme, je retournerai à Edmund. Si vous le souhaitez… vous pourrez vous joindre à moi.

Je hoche la tête et ses joues rougissent. Puis je réalise que je ne me suis jamais demandé comment elle avait vécu les révélations de Maurice, elle la plus dévote de toutes les élèves … elle est déjà devenue plus forte. Sur ses mains, j'aperçois quelques cicatrices de la corne due à l'entrainement. Elle poursuit son apprentissage de l'épée pour pouvoir brandir un jour celle de Maurice. Evidemment qu'elle est plus forte.

Je lui souris et je me retourne, retombant dans mes songes et lui laissant tout le loisir de quitter ma chambre dans sa grande pudeur.

- Oh … je suis désolée, veillez m'excuser …

- Je vous en prie.

La porte se referme et j'entends les talons des bottes avancer entre les dalles et les peaux qui recouvrent le sol. Edelgard se plante derrière moi, je ne la vois pas, mais je parierai qu'elle a les poings sur les hanches et les sourcils froncés.

- Est-ce une habitude qu'il me faudra prendre ?

Sa question m'arrache un sourire et je relève la tête pour le voir, du coin de l'oeil. Mes lèvres s'entrouvrent davantage lorsque je la vois, exactement telle que je me la figurait.

- De venir à mon chevet ?

Elle soupire sous ma réponse à moitié murmurée, ma gorge me fait mal.

- Et de m'inquiéter pour vous.

Edelgard lève un doigt en l'air avant que j'ai pu en placer une.

- Croyez-moi, moi non plus je ne pensais pas un jour redouter de vous voir ainsi affaiblie.

Ce n'est évidement pas dans nos habitudes.

Je tente de me retourner et mon épaule craque. Edelgard se précipite vers moi et fini par m'aider à me redresser. Elle soupire et s'en va, près de mon établit, se saisit de ma théière et quitter ma chambre en soupirant. Peu de temps après, elle revient tandis que je réajuste un peu mes coussins dans mon dos. Elle dépose la théière sur une petite grille dans la cheminée et s'en retourne à mon établit. Je la laisse chercher des yeux, c'est assez amusant de voir ses prunelles s'agiter ainsi.

- Dans le tiroir il y a deux bocaux, et là, dans le pochon en coton, il y a le mélange de thé.

Elle soupire à nouveau et se saisit de ce que je lui ai indiqué. C'est bien la première fois que c'est elle qui me fait du thé, c'est bien étrange. Elle qui est si agile avec une hache à la main, est désormais hésitante.

- Luna, je sens votre regard sur moi, détournez les yeux avant que je ne change d'avis …

Je lève les mains et pouffe un léger rire avant de déposer les doigts sur mes paupières closes. Edelgard s'agite encore en je sens une chaleur émaner de la cheminée.

- Je pense qu'il faut retirer la théière …

- Ne me dites pas ce que j'ai à faire !

Elle tonne, sans grande menace mais avec son autorité habituelle qui ce soir m'amuse. J'entends les bocaux s'entrechoquer et je sens l'odeur fruitée de son thé favoris.

Edelgard dépose quelque chose sur ma table de chevet et soupire.

- Luna …

Je pouffe et rire en feignant n'avoir rien entendu et elle est donc contrainte de retirer elle-même mes mains de mes yeux. Je vois et nos regards se croisent, si proches. Ses sourcils se crispent mais ses lèvres se parent d'un sourire tandis qu'elle me relâche et vient enserre le bocal fumant déposé sur ses genoux.

Il ne lui a fallu qu'une seconde pour retrouver son sérieux habituel, juste le temps que j'attrape le bocal rempli de vapeur. La buée réchauffe mes joues et l'odeur douce du mélange gagne mes narines en me rappelant tant de souvenirs. Je trempe mes lèvres et savoure le thé préparé par ma cousine.

- C'est bon.

Elle baisse la tête et ses pensées semblent se noyer dans son thé. Je laisse échapper un petit rire.

- Vous m'avez battu.

Edelgard tourne légèrement la tête vers moi, ses mèches blanches dégringolent sur ses épaules et se mêlent aux ornements de son uniforme.

- Certes, mais sur quoi en particulier ?

Les flammes dansent dans ses yeux.

- A plusieurs reprises, je me suis rendu à votre chambre. Derrière la porte j'ai tenté de trouver la force de toquer simplement pour pouvoir vous parler. Mais j'ai toujours eu trop peur, ou trop de fierté pour le faire. Ou tout simplement pas assez de courage.

J'avale une nouvelle gorgée brûlante.

- J'avais besoin de vous parler car vous êtes la seule à savoir, la seule capable de comprendre ce qui peut me tourmenter et m'effrayer. Mais je n'ai pas pu … Être faible devant vos yeux me terrifiait et quelque part, je redoutais aussi votre indifférence. Je savais que je ne méritais pas votre écoute… alors je n'ai jamais toqué.

Je souffle sur les vapeur qui se dissipent, avant de se reformer.

- Alors, puisque vous, vous avez eu le courage de venir. Dites moi Edelgard, qu'est-ce qui vous tourmente ?

Le thé coule dans ma gorge et je caresse les rebords ébréchés du bocal. Elle soupire et pourtant j'ai l'impression d'entendre un léger rire.

- Je ne suis pas venue vers vous pour me confesser ou partager un fardeau. Je suis venue pour tenter de comprendre. Pour déterminer la raison qui fait que je m'inquiète pour vous.

Cette fois c'est moi qui rit.

Les fois où nous buvions ce thé dans l'un des boudoirs du Palais, il n'y avait que le silence entre nous. Rien que les fantômes de tous ces mots que nous ne sommes jamais parvenues à nous dire et qui peut à peut, ont créer ce fossé, cette crevasse de rancoeur qui nous tient chacune, à l'abris du pardon.

- Ce que nous aurions pu être ? C'est ce que vous m'avez dit, et depuis….je ne cesse d'y penser.

Sa jambe s'agite, elle détourne le visage et trempe ses lèvres dans le thé avant de se reculer.

- C'est brûlant ! Comment faites-vous pour le boire ?

Je me penche et souffle légèrement sur la surface de son bocal fumant. Les vapeurs se dispersent.

- Si cette pensée vous tracasse, vous n'avez qu'à l'effacer.

Edelgard me fusille du regard alors que je me redresse.

- Pourquoi devrai-je l'effacer ? C'est vous qui auriez du me dire ces mots plus tôt. Me dire cela maintenant, il n'y aurait pas pu avoir pire moment pour vous confesser de la sorte…

Elle tourne les yeux et porte une nouvelle fois le bocal à ses lèvres. Elle n'hésite pas et avale cette fois une gorgée de thé refroidit.

Edelgard ferme les yeux.

- En quoi la situation est-elle « le pire moment » ?

Ses éclats parmes s'ouvrent et à son regard, je devine qu'elle vient de prendre une décision.

- Nous sommes bientôt la Lune du Pégase, dès que vous êtes remise d'aplomb, Luna, venez me voir. Mais ne tardez pas.

Elle se décide enfin à me regarder et serre un peu plus ses mains sur le bocal.

- Venez me voir.

Puis elle se lève et quitte ma chambre et refermant doucement la porte.

Seule, je dépose mon bocal tiède sur ma table de chevet et m'en vais attraper mon carnet, ma plume et un petit pot d'encre. Je réajuste mes coussins et utilise l'un des manuels qui tapisse le sol pour support à mon écriture.

« Il y a bien longtemps, si longtemps que je l'avais oublié, je suis allée voir Edelgard une nuit. Nous étions enfants et probablement déjà rentrées à Enbarr, les tortures de Thales avaient déjà commencées mais elles n'avaient pas encore enterré définitivement tout espoir de lien entre elle et moi. A cette époque, j'hésitais encore entre amour, admiration, et jalousie.

Mais je viens de m'en souvenir, un soir, je révisais la magie dans un manuel très beau, il était coloré et rempli d'images magnifiques. C'est ainsi que j'ai appris mon premier sort, celui du feu follet. La comptine qui sert à les invoquer, lorsque je l'ai maitrisé j'étais si fière que je voulais la partager avec quelqu'un. J'ai toqué à la porte d'Edelgard et j'ai faillis me raviser et m'enfuir en courant.

Mais elle a ouvert. Enfant, ses cauchemars étaient encore plus affreux et ses insomnies incessantes. Elle voyait des horreurs tant éveillée qu'endormie, elle redoutait de vivre et de dormir.

Cette nuit-là elle m'a ouvert, ses yeux étaient baignés de larmes alors je suis rentrée, le livre de sortilège sous le bras. Nous nous sommes assises par terre et j'ai invoqué le feu follet. Pour elle.

Je me souviens désormais de la forme qu'il avait. C'était un chat, il marchait seul dans la petite chambre d'Edelgard a illuminé cette nuit, et, juste le temps de sa venue, il avait passé sous silence le monde qui nous entourait.

Mais pas nos rires d'enfants. »

Les flammes de l'âtre vacillent et s'éteignent peu à peu. La lumière s'atténue et il est temps pour moi, de tourner la page et de m'endormir.