Trois mois plus tard.
Un samedi soir, chez les Taylor. John et Mary s'apprêtaient à se détendre sur le canapé, quand on frappa à la porte. Le choc de voir Éric, derrière la porte, portant juste son jogging et son débardeur, qu'il avait lors de son interpellation, il y a six mois de cela maintenant.
John : Éric ? Mais depuis quand tu es sorti ? Pourquoi tu ne nous as pas appelé ? Nous serions venus te chercher.
Éric : ça va papa, ne te fait pas de soucis pour moi. Je suis là maintenant. Maman, contente de te voir aussi. Ça a l'air d'aller tous les deux.
Mary : oui, ton père me manque trop et je… toi aussi tu m'as manqué. Ton père m'a dit que tu voulais faire la paix avec moi. Si tu savais comme cela me fait plaisir.
Éric ne trouva pas les mots appropriés. Il avait juste envie de la prendre dans ses bras.
John était attendri par ce moment de tendresse entre mère et fils. Il en avait rêvé depuis des mois.
John : c'est si beau de vous voir comme ça, tous les deux.
Éric : j'ai eu beaucoup de temps pour réfléchir sur certaines choses. Maman, je t'ai rendu responsable de beaucoup de choses, j'en suis désolé. Je crois que c'était plus facile pour moi de t'en vouloir pour ce que j'étais devenu, plutôt de comprendre comment j'en étais arrivé là où j'en suis aujourd'hui.
Mary : tu avais parfaitement le droit de me détester. Mais c'est fini maintenant. Nous allons, tous les trois, fonder une vraie famille. Repartir sur de bonnes bases.
Éric hésitant : je ne reste pas longtemps ici. Je… je vais au Junior College de Breham à partir de lundi. Le coach, qui est aussi directeur de l'école est venu au camp de San-Antonio, afin de nous parler de son programme de réinsertion qu'il propose. Le coach m'a fait bonne impression.
Mary heureuse : mais c'est une très bonne nouvelle.
John : je rejoins ta mère. Je suis vraiment content par cette décision. Tu comptes reprendre le chemin du football ?
Éric : ce qui compte pour moi, c'est d'obtenir mon diplôme de fin d'étude et de retrouver ma forme physique. Je ne supporte plus ce corps. Alors, si le football peut m'aider à me réconcilier avec moi-même, pourquoi pas. Je n'attends rien de plus pour le moment.
Mary : bien sûr. Aucune pression. C'est déjà bien de reprendre tes études. Je suis fière de toi Éric.
Éric émus : merci maman.
John : alors, si tu nous en disais un peu plus sur ce junior college.
Flashback
Coach Timothy : Éric Taylor ? Tu peux venir vers moi. Je veux te parler.
Éric : oui monsieur.
Coach Timothy : quels sont tes projets Éric ?
Éric vague : essayer de faire quelque chose de ma vie.
Coach Timothy : tu sais Éric, tu devrais vraiment reprendre le football. Je n'ai jamais vu un bras aussi puissant et précis que le tien.
Éric étonné : comment vous savez que j'ai pratiqué ?
Coach Timothy : je t'ai entraîné lorsque tu avais 5 ou 6 ans. J'ai toujours dit à ton père que tu ferais un très bon quaterback.
Éric : je ne m'en souviens absolument pas.
Coach Timothy : je ne t'ai pas entraîné longtemps. Ton père et moi étions amis, jusqu'à un différend qui a ruiné cette amitié. Du coup, je suis parti de Houston. J'ai voyagé à travers le Texas en tant que coach-chef pour de prestigieuses équipes. Quatre bagues de championnats plus tard, j'ai décidé de me consacrer à la réinsertion de jeune sorti du système, par le football. Pendant toutes ses années, j'ai suivi ton parcours. J'étais attristé de te voir arrêter le football, et foutre ta vie en l'air pour je ne sais quelle raison.
Alors, je suis venu au camp de San-Antonio pour te proposer de me rejoindre à Breham. Le football peut te sauver la vie Éric.
Éric : que s'est-il passé entre mon père et vous ?
Coach Timothy : cette histoire est entre ton père et moi. Fait moi confiance Éric. Je peux vraiment t'aider à t'en sortir. À devenir un futur champion.
Éric : peut-être que s'était mon souhait quand j'étais petit, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Le football ne donne pas d'avenir stable.
Coach Timothy : que comptes-tu faire alors de ta vie ?
Éric : enchaîner les jobs qui payent bien, de préférence. Qui sait, je finirai par trouver un truc qui me plaît bien et que j'évoluerai dans ce job.
Coach Timothy moqueur : tu appelles cela : « Avoir une vie stable » ? C'est plutôt une vie de débrouille. C'est vraiment cela que tu veux ?
Éric : je ne risque pas d'être déçu par cette vie de débrouille.
Coach Timothy : pourquoi avoir peur de l'échec ?
Éric : je n'ai pas peur de l'échec ! Ma vie est un échec ! Non, c'est plutôt la peur de me faire de faux espoirs.
Coach Timothy sérieux : jamais je ne te ferai perdre ton temps si je ne croyais pas en toi. Je fais ce métier depuis pas mal d'année maintenant, et tu es seulement le troisième jeune homme qui a autant de talent. Il y a quelque chose en toi de très spécial. Tu as une capacité d'observation indéniable, même quand tu étais petit. Tu as le sens du rythme et une précision dans tes gestes. Alors, croit un peu en ta bonne étoile et rejoins moi à Breham à ta sortie. Laisse-toi une chance.
Éric : pff je n'ai jamais eu de bonne étoile.
Coach Timothy : tu es passé à deux doigts de la mort pendant le braquage. Si ce n'est pas un signe cela, qu'est-ce que c'est ?
Éric soucieux : coach, et si je ne retrouvais pas mon niveau d'y, il a trois ans ? Je n'ai plus le physique, ni la force que j'avais à l'époque.
Coach Timothy : il faudra du temps et beaucoup de travail de ta part, mais je serai là pour te préparer physiquement à ton avenir. Rien n'est insurmontable tant que tu te donnes à fond pour y parvenir.
Officier Mulet : pensionnaire Taylor ! Qui vous a permis de parler avec notre visiteur ?
Coach Timothy : Officier Mulet, c'est moi qui ai abordé votre pensionnaire. Le profil de ce jeune homme m'intéresse pour mon programme de football.
Mulet : vous auriez dû me demander l'autorisation coach. Je n'aime pas que des choses se passent dans mon dos, dans mon établissement.
Coach Timothy : nous discutions seulement de ses projets d'avenir.
Mulet : son avenir est ici pour encore deux mois. Je vous demanderai de prendre congé coach.
Coach Timothy : entendu Monsieur Mulet. Éric, je veux que vous réfléchissiez à tout ce que je vous ai dit. J'attends de vos nouvelles.
Éric : oui coach et merci.
Une fois, le coach partit, Mulet s'adressa à son pensionnaire.
Mulet : pourquoi faut-il toujours que vous vous fassiez remarquer ?
Éric baissa les yeux : désolé monsieur, je ne voulais pas vous manquer de respect.
Mulet : n'oubliez pas Taylor que je dois faire un rapport sur votre stage ici au juge. S'il est négatif, votre avenir sera derrière les barreaux. Profitez des deux mois qu'il vous reste pour améliorer votre comportement et de ne plus vous faire remarquer.
Éric : oui monsieur.
Mulet : vous pouvez disposer pensionnaire Taylor.
Éric : bien monsieur.
Mulet : oh Taylor, j'ai oublié de vous signaler que vous dormirez au cahot ce soir, et pour tous les autres soirs de la semaine. Vous avez l'habitude maintenant.
Éric : oui monsieur.
