MON DIEU, LES AMIS ! C'est un de mes chapitres favoris, je suis tellement contente qu'on en arrive ici ! Merci à vous tous pour votre soutien, à Sloe Balm encore et toujours pour la correction entière de cette histoire, et... et ! AAAAAH ce chapitre ! Je vous laisse à votre lecture !
Stiles commence par réveiller Stella en la secouant doucement par l'épaule. « Stella ? Stella ? »
Elle cligne des yeux, les cheveux emmêlés. « Quoi ? »
« Moi et Derek... on doit partir. Mais il faut que tu restes là, d'accord ? » Il est encore en train d'enfiler sa veste. « Tu es réveillée, hein ? »
Il ne veut pas qu'elle se réveille dans une maison vide et prenne peur. Mieux vaut qu'elle ait peur maintenant, quand il est là. Seigneur, sa vie...
« Quoi ? » Elle repousse sa couette. « Stiles ! Non ! Papa a dit qu'on devait rester là ! »
« Je vais l'appeler, tu entends ? Je vais l'appeler pour lui dire, mais il faut que tu restes là, d'accord ? »
Elle a huit ans. Bon sang, elle n'a que huit ans, il ne peut pas l'emmener avec lui. Et il ne peut pas laisser Derek y aller seul.
« Non ! » Stella sort de son lit. « Non, Stiles ! »
Celui-ci est déjà en train de dévaler les escaliers. Vingt minutes. Ils ont vingt minutes pour aller dans la forêt.
« Stiles ! », crie Stella. Sa voix trahit sa colère et sa peur. « Papa a dit qu'on devait rester là ! »
Stiles va dans le bureau de son père et s'agenouille devant le coffre. Ses doigts tremblent, il doit s'y reprendre à deux fois pour entrer la combinaison. Tout ce qu'il peut entendre, c'est le tictac d'une horloge dans un coin de sa tête. Vingt minutes. Plus que quinze, maintenant. Il prend le Glock, vérifie qu'il est chargé et que le cran de sûreté est enclenché.
Il percute presque Stella dans le couloir.
« Stiles ! Me laisse pas toute seule ! »
Stiles n'a jamais autant eu l'impression d'être un enfoiré. « Stella. », dit-il en l'enlaçant. « Ça va aller. Ferme la porte à clé derrière nous. On revient bientôt. »
Derek sort.
Stiles le suit en claquant la porte.
Derrière lui, il peut entendre Stella pleurer.
S'il te plaît, Stella. S'il te plaît. S'il te plaît.
Il soupire de soulagement en entendant le verrou tourner.
OoOoOoOoOoOoO
Ils prennent la Camaro.
Le reflet des lampadaires glisse contre les vitres alors qu'il attend que son père réponde. Ça prend quelques sonneries.
« Stiles ? »
« Jackson a appelé. Gérard les retient, Lydia et lui, à la maison des Hale. Il va les tuer si Derek ne les rejoint pas. »
« Putain. », jure le shérif. « Où es-tu ? »
« Dans la voiture, avec Derek. » Stiles est choqué par son propre calme. « Stella est à la maison. Je lui ai fait fermer à clé derrière nous. »
« Stiles ! » John est en colère. Stiles ne sait pas si c'est parce qu'il est avec Derek, parce qu'il a laissé Stella toute seule ou bien si c'est à cause de la situation en général. « J'arrive. Je veux que Derek se gare. Maintenant. »
Stiles regarde l'heure sur le tableau de bord. « Papa, on n'a plus que treize minutes. On ne peut pas s'arrêter. »
« Stiles ! »
« Je suis désolé, papa. Je t'aime. »
Et il raccroche.
OoOoOoOoOoOoO
La forêt est si belle, sous la lune. Celle-ci est pleine et brille assez pour éclairer la nuit. Stiles fixe les arbres et imagine la meute Hale courir dans les bois par de telles soirées. Ça devait être génial.
« Tu ne m'as jamais demandé. », dit Derek de façon hésitante.
Stiles tourne la tête pour le regarder. « Demandé quoi ? »
« Si ma famille avait fait quoi que ce soit pour mériter ce qu'il lui est arrivé. »
Stiles déglutit. « Pourquoi quelqu'un penserait ça ? »
La bouche de Derek s'affaisse. « Scott a demandé. »
Stiles grogne. « Je ne sais pas si tu as remarqué, mais parfois, Scott est un con. »
Le loup-garou sourit légèrement. « J'avais remarqué. »
« Il a de bonnes intentions, si ça peut aider. Scott pense qu'il y a une justice dans le monde et que les mauvaises choses arrivent seulement aux méchants. »
« Et toi, tu ne penses pas ça ? »
Stiles renifle. « Fils de flic, Derek. »
Il regarde l'heure. Ils sont à environ cinq minutes de la maison des Hale, et il leur en reste sept. Ça ne laisse pas beaucoup de temps pour élaborer un plan. Mais bon, il n'y a pas de plan. Juste lui, Derek, et l'espoir fou qu'ils vont pouvoir sauver Jackson et Lydia, et que tous vont s'en sortir.
Stiles resserre ses doigts sur la crosse du Glock.
La clairière autour de la maison des Hale est baignée d'une lumière argentée. Une voiture est garée devant l'entrée. Pas un SUV, cette fois. Une Sedan sombre qui ressemble à ce qu'on peut louer à un aéroport. La Porsche de Jackson est là aussi, depuis plus longtemps que la Sedan ; quelques feuilles la recouvrent comme des confettis.
Derek coupe le moteur. « Reste dans la voiture. », dit-il. « Mets-toi derrière le volant, et reste là. »
Stiles ne dit rien, se contente de secouer la tête.
« Stiles, s'il te plaît. »
« Non. », répond faiblement l'adolescent. « On reste ensemble, Sourwolf. »
Derek pose sa main sur le visage de l'autre. Laisse ses doigts glisser le long de sa joue. Passe son pouce sur sa lèvre inférieure. Ça ressemble plus à un adieu, à une dernière caresse, que Stiles ne veut se l'avouer.
« Okay. », chuchote Stiles. « Allons-y. »
OoOoOoOoOoOoO
La maison des Hale est sombre. Stiles ne s'y attendait pas ; la lumière de la lune passe par les fenêtres cassées et par des trous dans les murs et les plafonds. Stiles suit Derek dans l'entrée. Le plancher craque sous leurs pieds et il voit une lueur, plus loin. Des bougies ?
Génial. Tout ce dont cette maison a besoin, c'est de davantage de feu.
La pièce suivante est presque intacte, malgré les murs noircis et le plafond qui ne tient que par miracle.
C'était bien une bougie.
Il y en a une sur le sol, un livre posé à côté.
Stiles les remarque à peine.
Parce que Lydia est agenouillée sur le plancher et un vieillard a le poing serré dans ses cheveux, une arme pointée sur l'arrière de sa tête.
Stiles se souvient très bien de ce que ça fait. Son sang se glace dans ses veines.
Jackson est à genoux de l'autre côté de la pièce, les mains derrière la tête, une expression meurtrière sur le visage. Un chasseur est placé de chaque côté de lui, en gilet pare-balles et lunettes de protection, comme si les deux faisaient partie du SWAT. Les deux hommes ont leur arme pointée sur Jackson.
Et Chris Argent n'est pas là pour les sauver, cette fois.
« Ah, Derek. », intervient le vieil homme comme un méchant de dessin animé. « Que c'est gentil de te joindre à nous. »
Est-ce qu'il pourrait être encore plus cliché ?
« Et tu as le fils du shérif avec toi ! », continue Gérard Argent. « C'est toujours utile d'avoir plus d'otages. »
Et là, comme s'il venait de les invoquer, Stiles entend le son lointain des sirènes de police. Le shérif est en chemin, et il a l'air d'avoir emmené tout le département avec lui. À Beacon Hills, un mercredi en pleine nuit, ça fait trois agents, mais quand même. C'est l'intention qui compte.
« Laisse-les partir. », demande Derek, la voix ferme. « Ce ne sont que des enfants. »
Et si Stiles pensait que ça allait évoluer sur un dialogue entre le héros et le méchant, avec beaucoup de temps perdu de chaque côté, alors il se trompe lourdement. Apparemment, ça n'arrive que dans les films, ou dans ces comics que Stiles adore, car Gérard ne prend même pas la peine de répondre.
Il lève son arme et tire sur Derek. Celui-ci tombe à terre.
Puis tout empire, et les choses ont l'air de se dérouler par flash.
Derek rugit et se relève.
Lydia se libère, sacrifiant une mèche de cheveux. Son élan l'entraîne vers Stiles, qui se précipite pour lui prendre la main, mais il la manque.
Quelque chose le frappe dans l'épaule droite, assez fort pour le dévier de sa course et le faire tomber.
En chutant, il voit Jackson frapper l'un des deux chasseurs.
L'autre lève son arme.
Stiles tend les bras pour se rattraper, mais son bras droit ne lui obéit plus et il heurte le sol avec force. Le Glock lui échappe des mains et glisse hors de portée.
Il entend le plancher grincer et craquer, et il ne sait pas pourquoi il n'arrive pas à se relever.
Et là, Gérard Argent se dresse devant lui. L'arme auparavant pointée sur Lydia l'est maintenant sur lui. Oh mon Dieu.
Les sirènes se rapprochent, mais son père ne va pas arriver à temps. Il va arriver quand Stiles sera déjà mort, et ce sera la dernière image que son père aura de lui – un trou dans le front et l'arrière du crâne explosé.
Et Lydia crie.
Lydia crie.
Lydia crie.
OoOoOoOoOoOoO
Si le son voyage par vagues, alors le cri de Lydia est un tsunami.
Il projette en arrière Gérard et les chasseurs. Stiles se bouche l'oreille gauche et essaie de couvrir la droite avec son épaule. Le plancher se déforme et se tord. La bougie se renverse et la flamme noyée par la cire chaude. Tout devient plus sombre.
Le silence s'abat. Stiles n'entend plus rien, à l'exception d'un bourdonnement dans sa tête.
Derek est le premier à bouger. Il s'élance en direction de Gérard. Celui-ci ressemble peut-être à un vieillard décrépit, mais il est apparemment en meilleure forme que Stiles parce qu'il est déjà relevé le temps que Derek le rejoigne.
Derek a ses griffes, mais Gérard a une arme.
Arme qui est maintenant pointée sur le visage du loup-garou.
Derek gronde et le son grave résonne dans la pièce.
Un des chasseurs est toujours au sol.
L'autre essaie de se redresser. Stiles essaie, lui aussi, mais il ne peut pas. Il ne peut pas, et il est encore trop étourdi pour comprendre pourquoi il est étendu dans une flaque de sang, ni pourquoi son bras ne lui répond pas.
Derek va mourir, et Stiles ne sait pas comment se relever.
Puis, il y a une autre personne dans la pièce.
Stiles cligne et plisse les yeux.
L'homme s'élève du sol comme s'il était couché là depuis le début, invisible. Stiles ne comprend plus ce qui est en train de se passer.
Gérard Argent non plus, quand l'homme enroule un bras autour de sa gorge. Fort. Gérard s'étouffe et tremble, les yeux exorbités.
« Posez vos armes, ou je lui arrache la tête. »
Les chasseurs obéissent.
« Maintenant, fuyez. »
Les chasseurs n'ont pas besoin qu'on leur dise deux fois ; leur plan a échoué et la police va arriver à tout moment.
Ils courent.
Peter Hale sourit. La lune se reflète sur ses dents alors qu'il sourit devant le carnage.
« Bonjour, les enfants. », dit-il en tenant toujours Gérard Argent, qui se débat, d'une poigne de fer. « Je vous ai manqué ? »
Stiles aimerait rire, mais il s'évanouit.
