Bonjour,
J'espère que ce nouveau chapitre vous trouvera en bonne santé. Mon absence fut longue mais je juge m'être plus ou moins engagée à ce que vous puissiez un jour voir le bout de cette histoire. Merci beaucoup pour vos gentils messages et marques de soutien, ils font vraiment toute la différence. - Opast


Chapitre 32

Lucius trônait pompeusement dans son fauteuil baroque. Ses mains étaient jointes sur la table tandis qu'il observait l'horloge en face de lui. Ses cheveux platines aux mèches lisses et soyeuses cascadaient sur ses épaules. Sa robe noire et argentée était finement ornée de velours frappé au niveau des ourlets. Debout à côté de lui, Narcissa dégageait tout comme lui patience et froideur. Son corps fin aux courbes féminines s'appuyait contre la balustrade sculptée, ressemblant ainsi étrangement aux statues de marbre de leurs jardins.

"Penses-tu qu'ils viendront ?" s'enquit-elle doucement.

"Si Izar affirme qu'ils viendront, alors oui," répondit Lucius dans un murmure rauque.

Bien qu'il se soit mentalement remis de l'attaque de Maugrey, ce n'était pas le cas de son corps. Il ne pouvait pas encore porter de glamours car ils ne réagissaient pas bien avec les charmes de guérison. Une cicatrice laide et épaisse partait de ses lèvres jusqu'à son aine. S'il bougeait trop brusquement, sa peau fragilisée s'étirait douloureusement. Quand il parlait, ce n'était pas mieux. Afin d'éviter tout inconfort, Lucius devait chuchoter à chaque fois que quelqu'un s'adressait à lui.

C'était un handicap mais également un violent rappel qu'il serait mort ce jour-là s'il n'y avait pas eu Izar.

"Est-ce prudent ?" insista Narcissa. "Abandonner le Manoir..."

"Le Manoir se portera très bien sans nous, Narcissa." Lucius pianota ses doigts sur la table, continuant de regarder tout droit. "Dès que nous partirons, les protections ne se montreront plus aussi accueillantes. Le Manoir sera toujours là quand la guerre sera finie."

Le silence pesant venant de Narcissa n'augurait rien de bon.

"Pas seulement au sujet du Manoir, Lucius, mais au sujet de notre allégeance. Es-tu sûr que nous devrions rester avec le Seigneur des Ténèbres ? Bien que ses aspirations soient grandioses, l'armée de la Lumière gagne en vitesse. Et Drago adore son école, il est bien trop jeune pour prendre de telles décisions."

Lucius fixa l'horloge avec un mécontentement croissant. "Drago est assez vieux pour tracer son propre chemin, Cissy." Il caressa le bois de la table et sourit doucement. "Ma vie est entre les mains d'Izar désormais. J'irai là où il souhaite me conduire. Les Malefoy ne reviennent pas sur leurs serments." Son regard gris glacial se tourna vers où sa femme se tenait. "Et je sais que Black non plus."

Narcissa s'éloigna de la rambarde dès que les protections se mirent à sonner l'alarme et que la porte d'entrée s'ouvrit. Lucius l'observa calmement du coin de l'œil, inspirant profondément pour se calmer. Il semblerait que ses invités soient arrivés, pile quand Izar l'avait prévu.

"M. et Mme Malefoy, nous disposons d'un mandat pour fouiller votre propriété. Si les recherches s'avèrent concluantes, vous serez placés en état d'arrestation," tonna Shacklebolt pour annoncer sa présence, faisant irruption dans le manoir avec une équipe d'Aurors.

Lucius inclina la tête sur le côté et darda sur eux un regard méprisant. Sondant le groupe, ses yeux perçants se posèrent sur l'homme aux côtés de Shacklebolt. Alastor Maugrey grogna alors qu'il se plaçait en tête d'équipe, ses yeux bleu vif détaillant Lucius avec une répugnance flagrante. Ce dernier ne renvoya qu'indolence. Seuls ses yeux réfléchissaient promesse de vengeance. Mais il ne serait guère surpris que cet Auror stupide ne puisse saisir la résolution enfiévrée dans son regard.

Maugrey grogna, un rictus barrant son visage sans défaut. Quand Lucius en aura fini avec lui, il en sera tout autre.

"Je constate que vous n'occupez pas encore votre place légitime dans la tombe des Malefoy," éructa Maugrey.

Lucius l'étudia froidement avant de dévier son attention vers Shacklebolt. "Que... recherchez-vous ?" Ses sourcils blonds s'élevèrent jusqu'à la racine de ses cheveux.

"Si nous trouvons quoi que ce soit, vous serez les premiers à le savoir." Shacklebolt fit signe à son équipe de le suivre tandis qu'il s'engageait dans les escaliers menant jusqu'aux profondeurs du manoir.

Lucius prit particulièrement soin de les regarder descendre. Cela se passait exactement comme Izar l'avait prédit. Avec une précision effrayante même. Ils étaient arrivés à l'heure indiquée, amenant avec eux une équipe d'Aurors qui étaient, en effet, également alliés à l'Ordre. Ceux qui faisaient partie de l'Ordre avaient suivi Maugrey et Shacklebolt dans les escaliers, déjà experts dans le domaine de la recherche des Horcruxes du Seigneur des Ténèbres.

Et Lucius savait que le journal qu'Izar lui avait envoyé en était un. Ou plutôt un faux. Il lui avait confié qu'ils avaient disséminé de faux Horcruxes pour que les sorciers de la Lumière les recherchent. C'était un plan ingénieux. Que tout le monde croit qu'ils étaient en train de tuer lentement le Seigneur des Ténèbres alors qu'en réalité, il avait probablement soigneusement caché ses véritables Horcruxes. Il ne serait pas stupide au point de les mettre à portée de main.

Lucius s'était aussi rendu compte qu'Izar lui avait fait confiance au point de lui partager ces précieuses informations. Il lui avait assuré qu'il ne dévoilerait rien à personne à moins qu'il en reçoive l'ordre et avait érigé des barrières mentales autour de son esprit pour se protéger des Legilimens. Ces derniers ne tomberaient que sur un mur de brouillard dans leur quête de réponses.

"Je pense qu'il est temps, Cissy." Lucius se leva lentement de son fauteuil. C'était fichu pour eux si les Aurors restants les stupéfixaient avant qu'ils ne puissent s'enfuir.

"Il est temps pour quoi, mon cher ?" s'enquit Narcissa qui jouait magnifiquement son rôle. Elle sourit doucement et tendit la main vers son mari pour l'aider à se lever.

"Mes médicaments. Le pansement de ma plaie doit également être remplacé." Feignant la fatigue, Lucius posa une main sur son torse, là où une longue lésion s'étendait. "J'ai bien peur que nous devions faire ça vite car Azkaban ne se préoccupera que bien peu de ma condition."

Les Aurors ricanèrent derrière lui comme les imbéciles qu'ils étaient. Izar avait tué à lui seul vingt-trois Aurors hier lors de son évasion du Ministère. D'après ce que Lucius savait, Tom Elvis Jedusor rencontrait actuellement la presse pour se mettre à sa manière dans les bonnes grâces du public. L'ancien Sous-secrétaire Jedusor était déjà à n'en point douter le favori du public, mais il fallait redoubler d'efforts avant qu'il ne soit élu nouveau Ministre et n'enclenche le processus du changement.

Le Ministère avait été tourné en dérision par un jeune de seize ans. Jedusor allait s'en donner à cœur joie lorsqu'il dénoncerait l'incapacité de Scrimgeour à protéger non seulement le peuple britannique, mais également son propre terrain. Lucius savait que le Seigneur des Ténèbres approchait de son objectif. Le public était si près de démettre Rufus Scrimgeour de ses fonctions, mais il fallait quelque chose en plus pour alimenter leur colère. Et Lucius se demandait ce que le Seigneur des Ténèbres… ou Izar avait en tête.

Avant qu'il n'ait l'occasion d'y réfléchir plus, il y eut une explosion de magie venant d'en bas. Les Aurors derrière eux ne purent qu'être distraits par cette éruption soudaine, leur attention se détachant brièvement du couple. Mais Izar l'avait exhorté d'utiliser cette seconde de battement pour fuir.

Le cœur lourd, Lucius enroula son bras autour de Narcissa et transplana de leur maison.

{Death of Today}

Il voulait juste prendre une putain de douche… vraiment… était-ce trop demander ?

Izar fixa le plafond en feu et se demanda pourquoi sa vie était si… si flinguée. "N'hésitez pas à venir ici. À tout moment, vraiment," s'adressa-t-il à la pièce vide. "Je tenterai bien ma chance avec toi, Rufus. Ou avec toi, Albus."

Il était présentement caché sous la table de la bibliothèque, là où Voldemort et lui avaient… couché plus tôt ce matin. Autour de lui, les étagères de livres s'étaient auto-détruites au moment de l'attaque. Voldemort avait ensorcelé certains objets pour qu'ils s'autodétruisent en cas de brèche dans la sécurité. De cette façon, ses ennemis ne pourraient faire main basse sur ce qu'il possédait. D'autres objets plus importants avaient été transportés en lieu sûr. Voir tout exploser et savoir que la bibliothèque n'était pas la seule pièce affectée faisait tout drôle.

D'après ce qu'Izar pouvait entendre, l'armée de la Lumière était regroupée devant la base puis s'était lentement dispersée. Ils s'étaient probablement attendus à ce que les forces de Voldemort soient aussi rassemblées à l'intérieur, prêtes à se battre. Sauf qu'il n'y avait que quelques Mangemorts présentement, et tous étaient des fugitifs. Ils avaient à l'évidence transplané dès que les Aurors avaient attaqué, ne trouvant aucune raison de rester.

Le Seigneur des Ténèbres n'était même pas présent pour les accueillir. Tom Jedusor était actuellement en train de se mêler à la presse. Constatant son absence, Izar avait alors décidé de fabriquer un nouvel Horcruxe avec l'aide de Lucius malgré la désapprobation anticipée de Voldemort. Il ne voulait pas que celui-ci rode près de lui lorsqu'il en créait un. Comme il détestait être materné, surtout par le Seigneur des Ténèbres.

Izar se rendit compte que sa bravade l'avait vraiment mené nulle part cette fois. Tout ce qu'il en avait tiré était un corps affaibli et une magie au plus bas juste avant un affrontement. Mais si le piège du Manoir Malefoy fonctionnait, il aurait au moins réussi à abattre un membre clef de l'Ordre de Dumbledore.

Pour l'heure, Izar utilisait toute son énergie pour rester conscient et à part ça, il ne pouvait rien faire d'autre. Il n'était pas en état de transplaner ni de fabriquer un portoloin, ni même d'éteindre les flammes autour de lui. Il serra la mâchoire et fixa le dessous de la table. Les muscles de son ventre se contractèrent douloureusement lorsqu'il se redressa. Il ne voulait pas mourir de cette façon. Il n'avait même pas encore mis la main sur la bague des Gaunt. Et s'il voulait la détruire, Izar allait devoir survivre au brasier qui l'encerclait.

Faisant fi de sa tête qui tournait, le jeune Black sortit du dessous de la table puis se dirigea lentement et prudemment vers la sortie. Ses membres protestèrent aussitôt, le suppliant de s'arrêter et se reposer.

Izar pinça les lèvres et éclata de rire avant de s'avachir sur le ventre, incapable d'aller plus loin. Il observa les flammes à ses côtés et calcula mentalement le temps qu'il faudrait pour qu'elles le réduisent en cendres. Pouvait-il même mourir brûlé ?

Eh bien, il avait hâte de le découvrir.

{Death of Today}

"…Penses-tu que le Seigneur des Ténèbres était présent ?" souffla Narcissa à côté de lui en agrippant fébrilement son cou. Le visage dur, elle considéra la bâtisse en feu. "Ainsi que Bellatrix ?"

"Le Seigneur des Ténèbres devait tenir une conférence de presse," répondit Lucius, sachant que sa première question n'avait pas été posée parce qu'elle se faisait du souci pour le concerné, mais parce qu'elle s'inquiétait de leur propre sort à cause de leur toute récente dérogation à la loi. Concernant sa seconde demande, il savait que son épouse vouait une admiration surprenante pour sa sœur. "Quant à Bellatrix, espérons qu'elle avait assez de bon sens pour s'enfuir avec les autres."

Lucius avait soigneusement camouflé sa présence au sein de la forêt dense. Il observa froidement les Aurors ainsi que les membres de l'Ordre sortir peu à peu de la base et converser entre eux avant de quitter les lieux. Les protections avaient été anéanties suite à leur entrée en force. Bien que le Seigneur des Ténèbres les avait lui-même érigées, des professionnels avaient été capables de forcer le passage. Cela ne surprenait pas Lucius qu'ils y soient parvenus, quoique de manière bâclée.

Sa seule préoccupation concernait le plan d'action du Seigneur des Ténèbres. À ce stade, Tom Jedusor devait être au courant de l'attaque. Que ferait le Seigneur des Ténèbres en réponse ? Où conduirait-il son armée ?

"Montre-moi Bellatrix Lestrange !" murmura férocement Narcissa, sa baguette posée à l'horizontale dans le creux de sa paume.

Lucius regarda du coin de l'œil sa baguette tourner puis pointer vers le nord-est, à bonne distance à gauche de la base. À côté de lui, Narcissa soupira doucement et resserra ses doigts sur sa baguette avant de la relâcher. "Montre-moi Izar Black !"

Lucius cligna des yeux, se demandant pourquoi sa femme prenait cette peine. Izar avait probablement été le premier à battre en retraite…

Il pâlit quand il vit la baguette continuer de tourner comme si incertaine de sa localisation avant de finalement se stopper. Elle pointa en direction de la base, ce qui indiquait qu'il s'y trouvait toujours. Impossible. Izar ne se laisserait pas avoir de la sorte.

Soudain, un bruit de transplanage retentit à côté de Lucius. Il put à peine suivre des yeux la silhouette encapuchonnée qui passa devant eux. La seule caractéristique qui la rendit identifiable fut la magie crépitante qui l'enveloppait. Lucius se retrouvait souvent désolé pour Izar concernant sa magico-sensibilité. Si des sorcières et sorciers normaux pouvaient déceler la magie du Seigneur des Ténèbres, il ne pouvait qu'imaginer ce que ressentait un magico-sensible à proximité constante de quelqu'un de son calibre.

Lucius hésita seulement assez longtemps pour sortir sa baguette avant de lui emboîter le pas. Il ne s'embêta pas à prévenir Narcissa de rester cachée. Cela aurait été une insulte envers eux deux. Il n'aurait jamais pensé d'une femme qu'elle ferait une épouse convenable si elle n'était pas capable de se défendre correctement. Narcissa, tout en étant la Black la plus saine d'esprit de la famille, représentait une force à ne pas sous-estimer. Quand il existait quelque chose pour lequel il valait la peine de se battre, Narcissa devenait presque vicieuse dans ses attaques.

Le Seigneur des Ténèbres ne faiblit pas lorsque plusieurs Aurors arrivèrent en courant vers lui. D'un geste de baguette, tous trois furent brutalement éviscérés. Ils tombèrent à genoux tandis que Voldemort les dépassait, ne ralentissant aucunement le pas. Sa longue cape noire claquait et ondoyait derrière lui, rivalisant avec l'apparence de nuages d'orage qui approchaient. Lucius ne put qu'admirer la scène alors que son Maître traversait les flammes et pénétrait dans la base.

Les Aurors et membres de l'Ordre abandonnés sur place étaient à peine une préoccupation pour Lucius tandis que le Seigneur des Ténèbres s'occupait de tout sorcier se trouvant sur leur chemin. Ce n'était pas beau à voir, mais Malefoy n'était pas un vétéran Mangemort de par sa simple loyauté. Il excellait dans l'art de la torture. Cependant, il se retrouvait envieux de la rapidité avec laquelle le Seigneur des Ténèbres exécutait ses ennemis.

"Est-ce qu'il t'a envoyé le journal ?"

Lucius, surpris par sa soudaine question, prit un moment pour répondre. "Oui, mon Seigneur. Il en a discuté avec moi plus tôt ce matin. Il a manipulé à lui seul le groupe de Dumbledore en leur envoyant un hibou falsifié pour qu'il se rende au Manoir."

En notant les épaules raidies du Seigneur des Ténèbres, Lucius se demanda s'il était censé garder le plan d'Izar secret. C'était durant des moments comme ceux-ci qu'il devenait perplexe quant à leur relation. Il savait que c'était une relation d'ordre sexuel et en était on ne peut plus ravi. Non seulement parce qu'il savait quelque chose que les autres Mangemorts ignoraient mais parce qu'en plus, voir deux hommes puissants comme Izar et le Seigneur des Ténèbres interagir était attrayant. Cependant, il s'interrogea sur la profondeur de leurs sentiments.

Ils cachaient de toute évidence bien leurs émotions. Mais si Izar pouvait facilement comploter dans le dos du Seigneur des Ténèbres sans recevoir de punition, alors leur relation devait être basée sur plus que seulement du sexe. Une possibilité intéressante, se dit Lucius en continuant de suivre le mage noir dans le couloir.

Son raisonnement donna lieu à une question complexe. Sa loyauté penchait-elle plus vers le Seigneur des Ténèbres ou Izar ? Il devait sa vie à ce dernier et pourtant, il vouait une loyauté indéfectible au Seigneur des Ténèbres. Pour l'instant, il était content que les deux sorciers soient du même côté.

Fascinant… Lucius réfléchit à ce qui pourrait se passer dans un avenir lointain. Et s'ils se retrouvaient dans deux camps opposés ? Et s'ils étaient deux Seigneurs des Ténèbres avec une armée séparée ? Il s'amusa à débattre sur qui serait le meilleur. Izar et Voldemort avaient tous deux leurs propres forces et faiblesses.

Izar n'avait pas et n'atteindrait jamais le même niveau de puissance que Lord Voldemort. Qui plus est, il n'était assurément pas aussi expérimenté que ce dernier. Leur âge allait de seize ans à… soixante-dix ? Cependant, Izar avait un esprit prodigieux. Il était plus malin ainsi qu'intellectuellement plus sage que Voldemort en plus d'apprendre rapidement. Et bien que celui-ci contrôlait les Ténèbres, Izar nourrissait également une relation étroite avec cette magie indomptable. Ou la magie en général. Il créait ses propres sortilèges, ses propres inventions…

S'il s'agissait de savoir qui l'emporterait en duel dans une décennie, Lucius était partagé. Serait-ce Voldemort avec sa force phénoménale ? Ou serait-ce Izar doté d'un esprit vif et intelligent ?

En ce qui concernait leur pouvoir de séduction et rallier quelqu'un à leur cause, il ne savait pas non plus qui réussirait plus que l'autre. S'il devait en choisir un, il choisirait Izar. Bien que Lord Voldemort avait une aura puissante et un charisme en politique qui plaisaient à beaucoup, celui-ci était également intimidant et comptait sur la peur pour pousser les autres à l'action. Izar, en revanche, était tout simplement irrésistible. Son ton sec et sarcastique maintiendrait probablement les autres à distance, mais seulement ceux qui ne le trouvaient pas amusant. Il avait quelque chose de plus… sympathique que Voldemort.

"Enfant stupide," siffla ce dernier, ce qui fit sortir Lucius de ses rêveries. "Il s'est extrêmement affaibli après avoir fabriqué l'une de ses inventions."

Ses yeux ne s'écarquillèrent de surprise qu'une fraction de seconde. Il était évident que le Seigneur des Ténèbres parlait du faux Horcruxe. Ses mots étaient ambigus en raison de la présence de Narcissa. Néanmoins, cela n'empêcha pas son inquiétude de s'accroître après avoir pris connaissance de l'état de santé d'Izar.

Avant qu'il ne puisse lui demander comment il savait que celui-ci se trouvait toujours à l'intérieur, Lucius fut obligé de s'arrêter lorsque la grande silhouette devant lui fit halte. Plus ils s'aventuraient dans la base, moins elle était peuplée d'Aurors contrairement à l'incendie qui ne faiblissait pas.

Lucius étudia le Seigneur des Ténèbres, remarquant qu'il était étrangement immobile tandis qu'il fixait le sol. Suivant la direction de son regard, Malefoy cligna des paupières en tombant sur deux cadavres calcinés. L'un était celui d'un humain, la peau carbonisée de son crâne noirâtre pendant à certains endroits. L'autre ressemblait distinctement à un serpent décapité… un certain serpent qui ne quittait généralement pas l'ombre de Voldemort. Était-ce donc Nagini ?

Lucius pinça les lèvres et leva discrètement les yeux vers lui afin de discerner une possible réaction maintenant qu'il avait retrouvé son familier mort. Mais le Seigneur des Ténèbres tourna simplement les talons et poursuivit sa route.

Il ne leur fallut pas longtemps pour qu'ils arrivent près de la bibliothèque. Lucius ne tarda pas à voir une forme gisant immobile sur le sol. Sa vision fut gênée par Voldemort qui s'accroupit devant le corps avant de l'examiner avec sa baguette. Il fronça les sourcils, se demandant pourquoi tant de secret. Izar était-il mort ?

"Je ..." émit une voix rauque. "Je peux sortir d'ici par mes propres moyens… n'importe qui sauf toi…"

Les lèvres de Lucius se contractèrent et celui-ci s'éloigna des deux sorciers. Il échangea un regard avec Narcissa, peu surpris de constater qu'elle était loin d'être autant amusée que lui à l'heure actuelle. Faites confiance à Izar pour qu'il rejette l'aide du Seigneur des Ténèbres.

"Très bien. Si c'est ce que tu veux, je ne peux aller à l'encontre de ton souhait," rétorqua brusquement ce dernier. Voldemort, ayant Izar à moitié dans ses bras, le laissa tomber au sol dangereusement proche des flammes.

À côté de Lucius, Narcissa relâcha un halètement inquiet et s'avança pour l'aider alors que sa robe prenait lentement feu. Avant que le Seigneur des Ténèbres ne puisse remarquer son interférence, Lucius la rattrapa par la taille et contint difficilement une grimace lorsque sa blessure à peine cicatrisée s'étira sous l'action. "Tu dois me faire confiance, Narcissa. Tu ne veux certainement pas te mettre entre ces deux-là." Il se retourna vers la scène, éprouvant une joie malsaine à observer les deux sorciers se toiser.

Le visage fin d'Izar se fronça vers le Seigneur des Ténèbres à la fois de colère et de détermination. À son tour, celui-ci inclina sa tête encapuchonnée vers le sol afin de rencontrer son regard. Au même moment, les flammes étaient sur le point d'atteindre son corps qui pourtant ne bougea toujours pas. Créer les Horcruxes lui avait-il coûté autant ? Comment Izar les concevait-il exactement ?

"Très bien," souffla-t-il d'un ton glacial en signe de défaite, ses paupières devenant lourdes.

Néanmoins, le Seigneur des Ténèbres ne fit aucun geste. Lucius savait qu'il en attendait plus de sa bouche. Malgré la colère froide de Narcissa envers la situation présente, son mari en saisit la complexité. Il ne pouvait blâmer le Seigneur des Ténèbres quant à son acte, tout simplement parce qu'Izar l'avait presque cherché en refusant son assistance.

"S'il te plaît, aide-moi..." Ce dernier siffla ensuite quelque chose qu'il ne fut en mesure de comprendre, mais cela fit ricaner Voldemort.

Celui-ci éteignit aussitôt les flammes et prit Izar dans ses bras. D'après ce que Lucius put voir, il laissa reposer sa tête sur l'épaule du Seigneur des Ténèbres avant de sombrer dans l'inconscience.

"Lucius," s'adressa à lui son Maître. Il tint Izar de manière possessive contre lui, ne permettant plus au couple Malefoy de l'entrapercevoir. "Agrippe Narcissa." Sur ce, il disparut silencieusement.

Un temps de pause suivit ses mots d'adieu. Mais dès que sa Marque des Ténèbres commença à réagir, Lucius eut à peine le temps de saisir le bras de son épouse avant qu'ils ne soient forcés de transplaner selon le bon vouloir de Voldemort.

{Death of Today}

Les doigts pressés contre son cou étaient chauds et contrastaient fortement avec sa peau glacée. Izar garda les yeux fermés, sachant par l'odeur et l'aura de cet homme qu'il s'agissait de Lucius accroupi devant lui. Le Seigneur des Ténèbres qualifierait ses actions de stupides et imprudentes, mais le jeune Black n'était pas du tout d'accord. Si Dumbledore était déjà informé de son statut de créature à l'instar de Severus et Regulus, alors ça lui allait parfaitement que Lucius l'apprenne aussi.

Qui savait pendant combien de temps Dumbledore garderait son immortalité secrète ? En tout cas, il y avait des moments où Izar faisait autant confiance à Lucius qu'à Regulus. Et comme il l'avait sauvé, Lucius lui devait une dette de vie. Mais Izar savait qu'il n'aurait jamais à s'inquiéter de devoir lui faire du chantage compte tenu de cette dette qui pesait sur lui. Lucius avait un faible pour lui. Depuis qu'il avait onze ans, ce dernier avait toujours semblé le remarquer comme personne d'autre.

Et qui sait ? Qu'il soit au courant de son immortalité pourrait lui être bénéfique un jour. Et cela pourrait s'avérer très amusant.

Lucius appuya davantage ses doigts contre son cou, à la recherche d'un pouls qui n'existerait plus jamais. Izar dut faire appel à toute sa retenue pour ne pas sourire ou rire.

"J'aurais dû le savoir," chuchota-t-il. Ses doigts caressèrent doucement la peau de son cou jusqu'à ses pommettes. "Aucun humain ne peut être aussi attrayant que toi."

"Je vais prendre ça comme un compliment, Lucius." Izar ouvrit les yeux et observa son environnement. Il était étendu sur un canapé noir avec un oreiller rouge sous sa nuque. Malefoy était accroupi à côté de lui, les coins de sa bouche balafrée légèrement relevés en un sourire subtil.

"Quand ?" s'enquit-il, ses mains retraçant toujours paresseusement les courbes de son visage. Son regard d'argent qui le fixait était intense et pénétrant.

Les lèvres d'Izar s'entrouvrirent, son bras étant devenu trop lourd pour chasser sa main. Même s'il lui avait été possible de le repousser, il ne savait pas s'il voulait que son chaleureux toucher cesse. Ce n'était nullement pour lui à connotation sexuelle, son geste était juste calme et rassurant. Ce que c'était pour Lucius, cependant, Izar n'en était pas certain. Il exsudait constamment de l'énergie sexuelle.

"Ça, je ne le divulguerai pas." Le jeune sorcier ferma brièvement les yeux. "J'espère que tu as conscience que cela doit rester entre nous ?"

Lucius émit un bruit d'assentiment. Avant qu'il ne puisse proprement répondre, la porte s'ouvrit. Izar garda les yeux fermés, sentant déjà le mécontentement qu'irradiait Voldemort par vagues. C'était bien trop amusant pour qu'il réussisse à s'empêcher de sourire stupidement. Le mage noir réagissait toujours excessivement quand Lucius se trouvait n'importe où près de lui. Cela prouvait que même s'il aimait se targuer qu'il n'était pas jaloux, Voldemort manquait tout de même d'assurance concernant leur relation et se fâchait à chaque fois qu'il plaisait à d'autres.

Dans son vocabulaire, c'était ce qui définissait la jalousie.

"Lucius," siffla sombrement Voldemort. "Bien que ton aide ait été utile ce soir, je pense qu'Izar peut se reposer sans aide supplémentaire."

Les mains du dénommé se replièrent et sa robe bruissa tandis qu'il se relevait. "Bien sûr, mon Seigneur."

Izar prêta l'oreille alors que Lucius se dirigeait vers la sortie. "Qui était-ce ?" s'enquit-il d'un air somnolent. Même sans le regarder, il sut que Malefoy haussa un sourcil face à son manque de précision. "Qui a détruit le journal ?"

"Je ne suis pas sûr," répondit-il sèchement. "Maugrey et Shacklebolt sont arrivés au manoir. Cependant, il y avait d'autres membres de l'Ordre qui les accompagnaient. Cela aurait pu être n'importe qui, j'espère juste que ce n'était pas Maugrey."

Izar sourit et enfouit son visage dans l'oreiller. "Je suis presque certain que ce n'était pas Maugrey, Lucius. Tu pourras bientôt te venger."

"Je suis confiant que les choses se passeront pour le mieux," répondit le dénommé, bien que sa voix s'estompa. "Après tout, le grand Arthur Weasley a été tué aujourd'hui lors de l'attaque. Apparemment, c'est lui qui aurait causé la mort du familier du Seigneur des Ténèbres."

Izar ouvrit un œil pour examiner le visage modérément heureux de Lucius avant de se tourner vers celui sévère de Voldemort. "Nagini a été tuée ?" sa voix cassa vers la fin de sa question. Il s'éclaircit la gorge et ferma de nouveau les paupières. Le Seigneur des Ténèbres avait aimé ce maudit serpent. Nagini avait su se montrer très irritante et pourtant, Izar s'était également attaché à elle. Mais il avait conscience depuis le début qu'elle n'avait existé que dans le but d'être tuée.

Il écouta Lucius prendre congé, celui-ci réprimant probablement à peine sa curiosité.

Izar se sentit enclin à rompre le silence en premier. "Ils deviennent plus forts."

"Tu es exceptionnellement peu clair aujourd'hui, mon enfant," le réprimanda Voldemort qui se rapprocha de lui. Le canapé s'enfonça sous son poids et ses mains tout aussi froides que celles d'Izar s'enroulèrent autour de son cou avant de tirer vivement son corps vers le haut.

Ce dernier poussa un grognement de profond désaccord alors qu'il agrippait faiblement les poignets de Voldemort. Les mains entourant sa gorge ne le relâchèrent aucunement et se resserrèrent même en réponse. Izar se détendit complètement; tout ce qui le maintenait en position assise était les mains autour de sa gorge.

"L'armée de la Lumière monte en puissance," murmura-t-il, ayant toujours du mal à rouvrir les paupières. Il ne semblait pourtant pas qu'il avait perdu connaissance pendant bien longtemps. "Un groupe s'est rendu au Manoir Malefoy, un autre à la base et je suis sûr qu'un troisième est allé à Gringotts pour détruire la coupe reposant dans le coffre-fort de Bellatrix. Le Ministère et l'Ordre du Phénix ont finalement uni leurs forces."

Voldemort demeura silencieux pendant un long moment avant de presser quelque chose contre les lèvres d'Izar. "Bois," ordonna-t-il. Une de ses mains araignées relâcha sa gorge pour que son bras aille envelopper sa taille. "Il serait préférable que tu retrouves ton énergie le plus tôt possible. Après avoir fait quelque chose d'aussi stupide que recréer un Horcruxe sans ma supervision, tu devras faire ce que je te dis."

"Tu dis ça comme si c'était quelque chose de nouveau," railla sombrement le jeune sorcier. Néanmoins, il saisit la coupe et commença à boire le sang qu'elle contenait. "Comment s'est passée ton apparition publique auprès de la presse ?" demanda-t-il entre deux gorgées. "Penses-tu qu'il faudra encore du temps avant que Rufus ne soit démis de ses fonctions et que Tom Jedusor le remplace ?" Lorsqu'il ouvrit les yeux, Izar put voir son expression s'assombrir peu à peu.

"Oui," répondit simplement Voldemort.

Izar abaissa les paupières. "Qui est donc peu clair aujourd'hui ?" déclara-t-il d'un ton acerbe.

Le Seigneur des Ténèbres avait l'esprit ailleurs. Ses yeux cramoisis fixaient le mur du fond et son bras était toujours inconsciemment enroulé autour de la taille d'Izar. Sa bouche et ses sourcils étaient froncés tandis que son aura s'obscurcissait à vue d'œil. "Dès que ce sera possible pour toi, nous attaquerons Poudlard. Ce sera notre ultime initiative. Scrimgeour démissionnera et Tom Jedusor prendra le relais, prêt à sauver la population du Seigneur des Ténèbres Voldemort. Puis nous remodèlerons la société telle qu'elle est censée être."

Malgré son esprit lent, Izar savait exactement ce qu'il n'exprimait pas. Voldemort était furieux que sa base ait été attaquée et que l'Ordre se soit associé au Ministère. Finalement, peu importe le point de vue qu'ils adoptaient, le camp de la Lumière était effectivement devenu plus puissant. Serait-il possible que le Seigneur des Ténèbres soit… préoccupé par le fait que prendre le contrôle de la Grande-Bretagne n'allait pas être aussi facile que prévu ?

C'était un véritable challenge. Certes, Voldemort appréciait bien plus un défi que conquérir sans résistance. À nouveau, ce qui le tracassait n'était peut-être pas la Lumière qui gagnait en force. L'attaque contre sa base avait été une insulte directe à son égard. Il prenait donc tout ça très personnellement. Si Izar n'était pas affaibli, il aurait probablement pris d'assaut Poudlard en ce moment même.

Pour une fois dans son existence, Izar était reconnaissant d'être présentement faible. Le Seigneur des Ténèbres avait l'habitude de foncer tête la première avant de prendre le temps de réfléchir à ce qu'il conviendrait de faire.

"Ça me va très bien à condition que ça se passe après avoir discuté d'un plan d'attaque," murmura Izar. "Bien que j'ai encore un Horcruxe à fabriquer avant de pouvoir anéantir les protections de Poudlard..." Il s'interrompit et se pencha pour effleurer de ses doigts la bague Gaunt de Voldemort.

Ce dernier recula hors de sa portée. Izar l'observa avec un malaise grandissant lever sa main à hauteur de son visage afin d'examiner avec grande attention sa bague. Ses yeux écarlates se tournèrent enfin vers son pupille et le détaillèrent avec autant d'acuité.

Izar sirota son sang, se demandant si Voldemort avait appris à se servir de la Légilimancie sans causer de douleur à sa cible, mais il savait que ce n'était pas le cas. Et pourtant, sous l'intensité de son regard, il se sentit fléchir et commençait à perdre son masque de façade.

Les lèvres de Voldemort s'étirèrent en un sourire ravi et celui-ci écarta une mèche de cheveux de son visage. "Peut-être que si le raid de Poudlard se déroule comme prévu, nous n'aurons pas besoin de fabriquer un nouvel Horcruxe."

Et c'est ainsi qu'Izar sut qu'il avait en quelque sorte découvert son plan. Ou… il en avait une idée. C'était toujours une véritable épine dans le pied. Tout ce qu'il disait ou exprimait était scrupuleusement analysé puis réévalué pendant que le Seigneur des Ténèbres reconstituait ce qui lui échappait. Il était dangereux au point de devoir marcher sur des œufs avec lui. Izar dut faire appel à toute sa maîtrise de soi pour ne pas se lancer dans un discours défensif. Leurs regards inquisiteurs s'engagèrent dans un duel, tous deux anticipant la prochaine action de l'autre.

Le jeune Black adopta une expression perplexe et garda la coupe près de son visage. "Je ne comprends pas," murmura-t-il d'une voix soyeuse. "Je pensais que mener Dumbledore jusqu'à la bague Gaunt était la seule raison pour laquelle nous avons créé les Horcruxes."

"En effet," confirma le Seigneur des Ténèbres. "Mais s'il meurt pendant la bataille de Poudlard, il ne sera pas nécessaire d'en fabriquer un dernier."

Fascinant…

Izar se détourna et continua de boire le sang épais. La coupe se remplit de nouveau lorsque son contenu vint à manquer. Si ce que Voldemort spéculait allait se produire, alors il devait se placer d'un point de vue différent. Les visions d'un voyant n'étaient pas fiables et pouvaient rapidement changer. Cependant, s'il se montrait attentif et gardait son esprit ouvert à toute possibilité, Izar était certain qu'il pourrait suivre la progression de la vision en temps réel.

Plus tôt dans la journée, il avait cru mourir à la base lorsque le Ministère avait frappé. Mais ce n'était pas arrivé. Allait-il mourir durant la bataille de Poudlard ? C'était peu probable. Mais possible. Sauf... qu'en repensant à la vision, il se souvint avoir vu une cabane délabrée entourée d'arbres. Ç'avait été rapide et saccadé, mais il se souvint que cette scène l'avait fait se sentir vulnérable. Ce n'était pas Poudlard. Ce qui signifiait qu'il avait encore un peu de temps. Peut-être pas beaucoup, mais il se débrouillerait pour s'emparer de la bague dès la fin de la bataille.

"Dis-moi," entama froidement Voldemort. "Qu'est-ce qui te préoccupe ainsi ?"

Izar haussa négligemment les épaules, feignant la fatigue. "Je ne vois tout simplement pas pourquoi tu es si protecteur envers cette maudite bague. Tu sais que nous n'allons pas l'utiliser comme Horcruxe, juste la dupliquer." Puis, il se rendit compte qu'il existait un moyen simple pour la détruire.

Pourquoi ne pas laisser Dumbledore faire ça pour lui ?

Son esprit marcha à toute vitesse. Il pourrait donner la copie à Voldemort et faire en sorte que Dumbledore détruise la véritable bague. Mieux encore, pourquoi ne pas fabriquer deux copies ? Le processus de création risquerait d'être compliqué s'il ne voulait pas que Voldemort puisse faire la différence entre les différents bijoux.

"Tu sais pourquoi je suis protecteur envers elle," rétorqua ce dernier.

"Et tu sais ce que je pense de la résurrection." Voilà, c'était dit. Laissons Voldemort penser qu'il n'avait pas peur d'aborder le sujet autour duquel ils tournaient. Bien que sa déclaration ne le mènerait pas sur une autre piste, elle lui ferait deviner ses intentions et suspicions.

"Tu peux créer l'Horcruxe après la bataille de Poudlard si Dumbledore vit toujours." Le Seigneur des Ténèbres fit glisser un ongle le long de sa mâchoire. "D'ici là, ne mentionnons pas de telles choses. Elles ne se réaliseront pas. Mon devoir est de te protéger."

Izar pinça les lèvres avant de relâcher un rire étouffé. "Même de toi-même ?"

Étonnamment, Voldemort sourit légèrement en réponse. "Je crois que tu possèdes déjà cette aptitude."

Le concerné secoua la tête, extrêmement amusé par sa réponse. "Tu es incroyable." Même si Izar voulut ré-enfouir son visage dans l'oreiller et dormir, il savait que le sang qu'il buvait commencerait à combler son manque de vitalité. De plus, il avait toujours besoin de prendre une douche. "Où sommes-nous ?" changea-t-il de sujet tandis qu'il balayait du regard la pièce. Il était préférable de ne pas s'attarder sur la bague plus longtemps que nécessaire. "Une autre base ?"

"Oui," répondit distraitement Voldemort. "Ce n'est que temporaire et elle est moins sécurisée que la précédente. Mais ça fera l'affaire. Tout prendra bientôt fin."

Izar fronça les sourcils tandis que le mage noir se penchait pour presser son visage dans le creux de son cou. Ses doigts rapprochèrent avec autorité sa tête de la sienne. "Ai-je mentionné que tu sens délicieusement bon aujourd'hui ?"

Izar sentit l'indignation brûler ses entrailles à la simple idée de son corps dégageant l'odeur de Voldemort. "Espèce de connard !"

Il lâcha un rire bas en réponse.

{Death of Today}

Les douze sorciers paresseusement assis en cercle s'observaient avec morosité du coin de l'œil. Personne ne parlait; tous se concentraient pour maintenir un masque impassible et élaborer des insultes ingénieuses qu'ils utiliseraient si l'opportunité d'en glisser une au cours de la réunion se présentait. Une certaine personne avait bien sûr conscience de tout ça et ne put rien faire pour retenir le sourire narquois qui apparut sur son visage. Ils se croyaient tous indispensables et détenteurs de droits privilégiés. Même si Izar aimait penser qu'ils étaient en effet des éléments moteurs au sein de l'armée des Ténèbres, ils n'étaient également que de simples jouets aux mains du Seigneur des Ténèbres.

Il lui avait fallu plusieurs jours pour recouvrer ses forces. Voldemort avait été étouffant comme d'habitude et lui avait mis d'autorité une coupe de sang entre les mains dès que l'occasion se présentait. Izar s'était donc plu à prendre des bains durant de longues heures afin de pouvoir s'évader et se détendre. Il y avait aussi la façon inhabituelle dont agissait Voldemort. Faute d'un meilleur mot, celui-ci se montrait très… collant. Bien sûr, de sa part c'était à percevoir comme tel. Si quelqu'un d'autre agissait de la même manière, on ne l'aurait pas qualifié ainsi.

Néanmoins, Izar choisissait de ne pas réagir, n'aimant pas le fait que la tension sexuelle entre eux était toujours à son comble alors qu'ils avaient couché le jour de l'attaque de leur base, il y a seulement quelques jours. Il refusait de succomber aux exigences sexuelles et il faudrait beaucoup de temps pour que ses désirs primaires le contrôlent. En tout cas, cela ne le dérangeait pas de garder ses distances et faire souffrir Voldemort en parallèle. Mais ce que ce dernier faisait était plus que de céder sous la tension. Le Seigneur des Ténèbres était… pot de colle… comme s'il…

Bon sang, Izar ne savait même pas comment mettre un mot dessus. C'était tellement contraire à lui qu'il prétendait simplement ne pas y faire attention.

Le jeune Black se redressa sur sa chaise et croisa élégamment les jambes. Il observa en face de lui les quatre membres de la famille Lestrange. Cene Lestrange était assis entre ses deux fils, paraissant aussi ennuyé que lui. Bellatrix se trouvait à côté de Rodolphus, souriant de toutes ses dents. Sa posture était dénuée de la grâce féminine habituelle que la plupart des sorcières possédaient. À la place, ses épaules étaient courbées vers l'avant et ses avant-bras reposaient sur ses cuisses, ce qui donnait à qui le souhaitait un aperçu de son décolleté généreux.

Et il y avait en effet des sorciers qui se rinçaient l'œil avec divers degrés d'intérêt. Walden McNair, par exemple, lorgnait ouvertement. À côté de lui, Barty Croupton Jr. essayait de paraître nonchalant mais Izar put clairement voir le petit sourire qui relevait les bords de sa bouche, tel celui d'un écolier qui aurait été pris la main dans le pantalon. Évidemment, la personne la plus discrète était Evan Rosier. Sa main était pressée contre ses lèvres et sa position lui permettait d'observer son décolleté du coin de l'œil. Cependant, Izar ne fut pas le seul à remarquer son comportement. À côté d'Evan, son grand-père, Ayers Rosier, se racla la gorge et lui lança un regard exaspéré.

Izar considéra les Rosier pendant un moment. Ayers était l'un des tout premiers Mangemorts, un simple adolescent au moment de son vœu de loyauté envers Tom Jedusor. Ils avaient partagé un dortoir en tant qu'étudiants de Serpentard. D'une certaine manière, c'était inquiétant de se rappeler l'âge réel de Voldemort. Ayers faisait ses soixante-dix ans en raison de ses profondes rides et de son crâne chauve. Son petit-fils, Evan, avait quelques années de plus qu'Izar.

Ce dernier souffla du nez. Voldemort pourrait très bien être son foutu grand-père. Une relation merveilleusement tordue les unissait.

Bellatrix remonta les lambeaux de sa robe jusqu'à ses genoux, puis soupira avant de se cambrer contre sa chaise et de changer d'épaule sa masse de cheveux noirs bouclés. Le regard ennuyé de son mari ne fit que s'intensifier. Apparemment, il n'était pas du tout déconcerté par les manières de sa femme.

"C'est une putain de sirène," chuchota Augustus Rookwood à l'oreille d'Izar. "Une sale folle, mais très attirante aux yeux de n'importe qui."

"Si tu le dis," répondit-il d'un ton sec alors qu'il vrillait Rookwood d'un regard ulcéré.

Les deux seuls sorciers qui semblaient inconscients du petit jeu auquel s'adonnait Bellatrix étaient Lucius et Evelyn Mulciber. Ce dernier lisait une lettre et faisait donc avec brio abstraction des autres membres du Premier Cercle. Ses yeux allant d'Augustus à Izar, Lucius était assis à côté d'une chaise vide et ignorait aisément la concernée. Toujours est-il que si Izar avait quelque chose à dire à ce sujet, Lucius avait clairement une inclination pour les hommes, peu importait la magnifique épouse derrière laquelle il aimait se cacher.

Bellatrix s'appuya contre sa chaise, ses genoux un peu trop écartés pour l'estomac sensible d'Izar. Il était juste en face d'elle. C'était une vue dont il se passerait bien et qui le fit donc détourner rapidement le regard. Bellatrix tendit le cou et rit avec entrain, brisant le silence plus ou moins supportable qui régnait dans la pièce. Ce n'était qu'une distraction pour elle à en juger par les soubresauts heureux animant son aura.

"Mon cher, cher, neveu," fredonna Bellatrix alors qu'elle faisait rouler son cou, le craquement de ses articulations étant la seule chose qui ruina son image de femme séduisante. Ses yeux sombres se concentrèrent sur Izar mais elle était toutefois bien consciente de l'attention des autres hommes.

La Mangemort se tortilla hors de sa chaise et traversa la distance entre elle et Rookwood. Ses longs doigts empoignèrent sa robe et l'obligèrent à se lever. Rookwood trébucha en avant et retrouva avec expertise son équilibre avant qu'il ne puisse tomber au sol. Celui-ci resta bêtement debout au centre du cercle tandis que Bellatrix s'appropriait la chaise qu'il venait de quitter.

Izar continua de regarder droit devant lui, aucunement affecté par sa parente éloignée qui enroula un bras autour de ses épaules et lui caressa les cheveux. Elle pressa sa poitrine contre son bras et sa main opposée élut domicile sur sa cuisse. "Tu as besoin d'une femme dans ta vie, mon neveu chéri. Une vraie femme qui peut te faire découvrir toute sorte de plaisirs."

Lucius et les autres observaient tous ouvertement la scène.

Izar esquissa un large sourire et se tourna pour contempler son visage à quelques centimètres du sien. "Te proposes-tu toi-même ?" murmura-t-il. "Car je suis certain que personne ne pourrait répondre à mes attentes aussi bien que toi, ma chère Bella," rétorqua-t-il sèchement. "Ton pouvoir d'attraction est si... écrasant."

La dénommée fit la moue, bien consciente de son ton sarcastique. Elle glissa sa main contre son entrejambe et appuya sur son sexe mou tout en ronronnant de plaisir. "Dommage. Peut-être préfères-tu l'absurdité du genre masculin à la gent féminine."

"Ça doit être ça," concéda Izar avec amusement, aucunement gêné par ses mains baladeuses. Cependant, son anneau celtique lui brûlait le doigt. Apparemment, le bijou ne faisait pas de distinction entre les avances sexuelles de potentiels prétendants et ceux indésirables. "Parce qu'autrement personne ne pourrait te résister."

"Bien sûr qu'il est pédé," murmura Rabastan. "Voyez son joli visage ? Il est fait pour finir pressé contre un matelas."

Sa remarque provoqua l'indignation générale mais Izar ne fit que sourire avec joie. C'était quelque chose qui s'était déjà produit lors de la dernière fête de Yule. "Je te le redis, Rabastan, tu n'as pas à agir de manière aussi honteuse juste pour attirer mon attention. Je suis ouvert à toute proposition, mon amour."

Les autres hommes secouèrent la tête, exaspérés par leur interaction. Rabastan devint rouge, fulminant sur sa chaise positionnée en face d'Izar. "J'accepte cette invitation," murmura-t-il. "Je mettrai ta bouche à profit."

Lucius siffla d'une voix basse, un rictus défigurant ses traits. "Quelle vulgarité, Lestrange." Il passa une main gracieuse le long de sa robe, comme pour essuyer la crasse du fait de s'être assis près du concerné.

Rabastan haussa l'épaule pour se défaire de la poigne de son père et jeta un regard assassin à Izar ainsi qu'à sa belle-sœur. "Ce morveux mérite qu'on l'utilise pour ce à quoi il sert. Apparemment, le Seigneur des Ténèbres est le seul suffisamment intelligent pour s'en être rendu compte."

Izar secoua la tête et se réinstalla avec contentement contre sa chaise, se délectant du chaos qui se déploya sous ses yeux. À côté de lui, Bellatrix sauta de sa chaise mais elle ne fut pas la seule à réagir. La majorité des autres Mangemorts poussèrent des cris outragés, le blanc de leurs yeux veiné par l'horreur et la rage. "Tu oses ?" grinça Bellatrix d'une voix stridente. "Tu oses proférer de telles paroles au sujet de notre Maître ?"

Les seuls qui semblèrent aussi scandalisés qu'elle étaient les trois anciens camarades de classe de Tom Jedusor.

"Ne sois pas si surprise," annonça Rabastan, hilare. "Il est la putain du Seigneur des Ténèbres. Ne le vois-tu donc pas ?"

Avant que les Mangemorts ne puissent injurier Rabastan, une voix froide et maîtrisée se fit entendre. "Ne perdez pas votre temps avec lui," souffla Barty Croupton Jr. avec ennui. "C'est sa jalousie qui parle. C'est seulement grâce à son père et à son frère qu'il a pu devenir membre du Premier Cercle. Black a gravi les échelons très rapidement en démontrant son génie, ce sont ses capacités qui lui ont valu de recevoir les éloges de notre Maître. Rabastan sort juste des excuses pré-fabriquées pour expliquer la réussite de Black."

Izar fronça les sourcils d'un air dubitatif en direction de Croupton Jr. et l'observa en train d'inspecter nonchalamment ses ongles avant de poursuivre. "De toute évidence, Rabastan ne peut exprimer sa jalousie qu'avec grossièreté et au travers de conceptions ridicules." Il gratifia le dénommé d'un sourire pincé. "Nous devrions avoir pitié de notre camarade et de ses insécurités, non s'en prendre à lui."

Rabastan trembla de fureur et sa bouche fit un bruit de succion qui résonna dans la pièce. "Jalousie ? Hein ? Et toi, Croupton ? Notre Maître ne se préoccupe plus de toi comme le ferait un père," se moqua-t-il lourdement, la mine de Barty devenant aussitôt sombre. "Peut-être que c'est toi qui nourris de la jalousie."

Croupton Jr. rit. "La différence entre nous deux, Lestrange, c'est que je sais faire face à ma jalousie tout en restant digne." Il glissa un coup d'œil vers Izar, le défiant du regard. Et pourtant, il y avait un soupçon de respect réticent. "De plus, j'attribue le mérite là où il est dû. J'aimerais te voir essayer de t'évader du Ministère par toi-même."

Izar fit un signe de tête dans sa direction, comprenant qu'il lui avait fallu pas mal d'assurance et de courage pour admettre ça en public. Barty renifla simplement et retourna au nettoyage de ses ongles.

C'était ce qu'il avait voulu. Lorsqu'il avait rejoint le Premier Cercle, Izar avait été accueilli par des regards hostiles et circonspects. Mais avec le temps, il avait pu donner à ces Mangemorts cyniques une raison de croire en ses aptitudes. Il avait voulu faire ses preuves par lui-même. Si sa relation avec Voldemort avait été rendue publique, Izar n'aurait pas reçu le respect qu'il aurait mérité. Ils auraient tous cru que son ascension était due à un favoritisme sexuel.

Et tandis que Rabastan doutait encore, les autres avaient très certainement changé leur perception de lui. Cela lui prouvait qu'il avait la capacité d'impressionner. C'était une bonne chose à apprendre concernant son avenir avec...

Son flot de pensées fut coupé net alors qu'il se sentait soudainement mal. Il n'avait pas d'avenir avec Voldemort. Pas d'après la vision d'Aiden.

Si au contraire tu le laisses te ressusciter...

Izar se raidit. Avant de pouvoir y réfléchir davantage, l'invité d'honneur se manifesta enfin. Le Seigneur des Ténèbres pénétra dans la pièce, son visage n'exprimant que parfaite indifférence. Sa capuche était abaissée, ce qui laissait la liberté de contempler ses traits taillés à la serpe et ses sourcils naturellement froncés. Ses yeux carmins aux pupilles fendues s'attardèrent à peine sur les Mangemorts qui s'étaient tous levés au moment de son arrivée avant de se focaliser sur Izar. "Qu'as-tu fait cette fois-ci, mon enfant ?" demanda-t-il en passant devant sa chaise.

Izar haussa légèrement les épaules, se gardant de glisser une remarque sarcastique. Apparemment, ce type de comportement ne lui ressemblait pas car le Seigneur des Ténèbres sembla brièvement incertain avant de s'asseoir sur son propre siège.

Il pianota ses doigts sur l'accoudoir tout en observant ses Mangemorts avec monotonie. "Asseyez-vous," ordonna-t-il d'un air sombre, réprimant sa joie de les voir tressaillir subtilement avant de s'exécuter. "Je vous ai réunis ici afin que nous discutions de nos projets pour demain. Mais si vous aviez d'autres plans en tête…"

Lucius fut celui qui prit la parole. Il baissa la tête et s'exprima au nom de tout le monde. "Non, mon Seigneur. Nous sommes impatients de vous servir et encore plus de savoir ce que vous prévoyez."

Izar se retint difficilement de mimer un haut-le-cœur. Bellatrix s'était rassise à côté de lui et avait heureusement abandonné son persona d'aguicheuse par respect pour le Seigneur des Ténèbres. Tous les Mangemorts étaient attentifs, leur visage désormais dénué de toute colère à l'exception de Rabastan.

Voldemort évalua chaque membre de son Premier Cercle, s'attardant respectivement sur Rabastan et Bellatrix. "Notre temps est venu d'attaquer Poudlard."

Le silence régna suite à son annonce avant que les Mangemorts ne manifestent différents degrés d'exultation. Izar qui était assis avec raideur sur sa chaise, ressentit une étrange sensation dans son estomac. Il avait su que Voldemort comptait discuter de cela avec le Premier Cercle, mais c'est en cet instant qu'il réalisa pleinement combien la fin était proche. Après l'attaque de Poudlard, en fonction de comment l'armée des Ténèbres s'en sera sortie, Tom Jedusor, l'héritier de Serpentard allait être élu au pouvoir et prendrait le contrôle de la société.

Après quoi, il n'y aurait plus de guerre, plus de batailles, hormis quelques Mangemorts sans scrupules qui voudront à nouveau goûter aux joies de la torture et du chaos ou de groupes de sorciers adverses qui chercheront à déclencher une révolte.

À part ça… ce serait tout. Malgré combien Izar souhaiterait pouvoir clamer qu'il en était soulagé, cela ne lui était pas possible. Au cours des dernières années, son unique objectif avait été de se battre pour Voldemort afin qu'il puisse gouverner la Grande-Bretagne. Mais maintenant qu'ils en étaient enfin arrivés là, le jeune sorcier se sentait démoralisé.

C'était fini.

Et l'avenir qui se profilait à l'horizon était si incertain, si sombre et tout aussi déprimant.

Izar ne savait pas comment la bataille de Poudlard allait se dérouler. Bon sang, pour tout ce qu'il en savait, il pourrait très bien se tromper dans ses hypothèses concernant la vision d'Aiden et mourir pendant l'attaque. Voldemort pourrait mourir. Lucius aussi. Ainsi que Bellatrix. L'armée des Ténèbres pourrait finir terrassée par les forces combinées de l'Ordre et du Ministère.

Izar était troublé mais il savait aussi qu'il lui fallait se concentrer sur le présent.

"M. Black nous sera primordial lors de l'attaque," poursuivit le Seigneur des Ténèbres. "Il démantèlera les barrières anti-transplanage autour du château. Une fois qu'il aura réussi, notre objectif sera de semer le chaos. Faites nous craindre du monde sorcier. Après tout, Poudlard est considéré comme le bastion le plus sûr. De nombreux enfants y résident. Et nous en tirerons avantage."

Izar se crispa et plaça une main sur son menton afin de tenir sa langue. Voldemort n'insinuait certainement pas que les Mangemorts devraient cibler les étudiants ?

"Je veux que tu démolisses les protections des salles communes, Izar. Fais en sorte que le chaos s'intensifie de façon à ce que personne n'ait un endroit sûr où se cacher," commanda-t-il, ses yeux se verrouillant sur lui. Voldemort émit un bruit de gorge intéressé en remarquant sa raideur. "Aurais-tu des réserves à ce sujet ?"

Le concerné échangea un regard avec Lucius, éloigna sa main de son visage et pencha la tête sur le côté. "Pour vous le dire franchement, Maître, oui, j'émets des réserves à ce sujet. Je ne pense pas qu'impliquer des enfants soit une bonne idée."

Des ricanements s'élevèrent en provenance des Mangemorts excepté Lucius. Ce dernier était le seul non dépourvu de sens moral. Les autres se moquaient bien du fait que des étudiants de onze ans soient tués de leurs propres mains. Izar n'aimait pas les enfants à proprement parler, ceux moldus en particulier, mais il avait un certain faible pour eux. Et les enfants en question étaient de plus sorciers.

"Tiens donc ?" Voldemort se pencha en avant et le dévisagea attentivement. "Les enfants sont l'avenir, M. Black. S'ils sont au première loge d'une guerre sombre et impitoyable, ils apprécieront d'autant plus que Tom Jedusor y mette un terme. N'es-tu pas d'accord ?"

"Une théorie tout à fait valable et sensée, Maître," admit platement Izar. C'était une bonne théorie. Il n'avait tout simplement pas à l'approuver. Et le Seigneur des Ténèbres était bien conscient de son désaccord à ce sujet.

"Nous clarifierons cela ultérieurement, M. Black," promit-il sombrement avant de s'adresser au groupe dans son ensemble. "Quant à notre plan d'attaque, je suis ouvert aux suggestions. Le Ministère et le groupe de Dumbledore soupçonnent notre attaque imminente. Des renforts seront probablement postés autour des barrières et feront profil bas jusqu'à ce que nous approchions."

Izar abaissa son menton contre sa poitrine, ses paupières battant rapidement alors que son esprit fonctionnait à vive allure. Il passa en revue des solutions et scénarios possibles tout en restant à l'écoute des propositions qui lui parvinrent. Voldemort avait probablement son propre plan d'attaque; il voulait juste donner l'impression qu'il accordait de l'importance aux idées de son Premier Cercle.

"La méthode traditionnelle est la meilleure marche à suivre, mon Seigneur," déclara Cene Lestrange. "Une attaque complète. Black sera couvert pendant qu'il démantèle les barrières. Le Ministère ne sera pas préparé à une attaque aussi intense et soudaine. Nous les prendrons ainsi au dépourvu."

Des exclamations favorables emplirent la pièce mais Izar ne put être plus en désaccord.

"Les seuls pris au dépourvu seront nous," dit-il doucement en continuant de regarder vers le bas. La tension était palpable tandis que le silence retombait sur la petite assemblée. "L'erreur numéro un des sorciers est de sous-estimer l'ennemi." Il cligna des yeux, leva la tête et attrapa le regard de Cene Lestrange. "Nous serons encerclés et sans défense avant même que je puisse lever la main vers les protections."

"Alors que suggères-tu ?" siffla-t-il, sa lèvre supérieure se retroussant pour révéler ses dents jaunies.

Izar tapota une fois ses doigts contre l'accoudoir et sourit. "Pourquoi pas quelque chose d'un peu plus… flashy ?"


N/A : Pour ceux qui se poseraient des questions concernant Alastor Maugrey. Non, il n'a pas été défiguré. Dans le canon, il a été défiguré durant la première guerre des sorciers. Sauf qu'elle n'a pas eu lieu dans mon histoire.