Disclaimer : Les personnages ne m'appartiennent pas.
Conrad pouvait voir la colère s'afficher de plus en plus franchement sur le visage de son frère. Ce qui était sûr, c'est que Yuuri aurait encore droit à remontage de bretelles. Il le souhaitait déjà tout le courage pour supporter la rage qui semblait habiter son jeune demi-frère.
« Tu dis que mon fiancé et mon frère son attaché ensemble, genre vraiment ? Et que sans clé, ils resteront ensemble ?
- oui, mais s'il vous plaît garder votre calme. Ne vous énervez pas sur lui. Il a été gentil, il a pris un faux nom pour me sauver moi, et un vieil homme. Sans compter qu'ils ont pris un faux nom et prétendu être un couple. Ils étaient si convaincants que j'ai souhaité tout le bonheur du monde à leur couple ! »
Voyant la rage poindre chez Wolfram, le soldat saisit l'épaule du mazoku blond. Il savait qu'il allait sauter sur cette femme pour en savoir plus sur ce qu'avait dit le souverain et le lui reprocher. Quel était le mot qu'avait employé Yuuri ? Tsundere. Il ignorait ce que ça voulait dire, mais il semblait lui coller à la peau. Qu'importe les intentions de son protégé, il ne pouvait le protéger de la jalousie de son jeune frère.
« Ce n'est pas tout, voilà un moment qu'ils sont partis. Le mieux c'est vous les sauviez. Je ne peux pas faire grand-chose personnellement pour lui donner un coup de main. Alors qu'il m'a tendu la main. Je suis désolée.
- Donc Yuuri a été emmené quelque part.
- C'est correct, officiellement, leur affaire concerne des Elopers.
- Mince, je crains le pire... »
Même Wolfram n'aurait pas été jusqu'à traiter le souverain d'Elopers. Tricheur ou boulet, mais ça n'allait pas plus loin. Son jeune frère devait se douter que ça allait mal tourner pour son fiancé. Il était agité, paré à partir dans l'instant. Retenu par sa seule envie d'en savoir plus.
Dans une cellule, Yuuri était allongé sur le sol, la douleur se manifestant sur la majorité de son corps. Il avait été roué de coups par des soldats. Au moins, il avait été détaché de Gwendal.
« Pourquoi on l'a envoyé. Ce n'est pas une fille. Qui plus est. Il a aucune gemme sur lui. Si ça serait la personne qu'on cherche, elle en aurait une sur lui. On ne peut pas l'aider ? Le libérer pour qu'il vive heureux avec son amant dans la capitale.
- C'est la fin du monde ?
- Je ne sais pas, mais laissons-le ici... »
Les deux hommes partirent, laissant Yuuri sur le sol. Incapable de lever tellement la douleur était intense. Mais il savait qu'il était dans un endroit rempli de femmes. Il ressemblait vraiment à une femme ? Il est vrai qu'il était moins bien battit que Gwendal, mais on l'avait confondu avec une dame que dans ce monde et en jupe une fois au collège. Mais c'était à cause de sa classe qui avait fait un café cosplay.
« Pauvre petit…
- Oh, c'est vraiment un garçon ? Tu a été envoyé dans cette partie comme nous… Cet enfant…
- Vous avez bien entendu les gardes, il devait avoir des pierres sur lui. Mais ils n'ont rien trouvé. »
Yuuri se redressa un peu pour voir une dame aux cheveux brun ternes qui avait des cernes, signes qu'elle ne dormait pas beaucoup. Elle portait une robe de prisonnier qu'il avait vu dans les films. Elle était sûrement bien maigre dans ce tissu. Mais il ne voyait rien de plus que cette longue robe couverte de poussière.
« C'est la cellule des femmes qui ont fait divers crimes, envers les dieux et le pays. La plupart des femmes ici sont là pour avoir miné des gemmes. Un peu comme ce que disait les gardes... »
Elle se baissa à sa hauteur pour lui faire face. Il pouvait voir avec plus de précision les rides de fatigue autour de ses yeux qui devaient être jolis sans cette semi-obscurité due à leur enfermement.
« Et pourquoi un garçon est ici ?
- Je pense qu'il avait peur parce qu'on m'a pris un elopers.
- Vous avez trompé ? C'est un peu comme Malta, mais elle dors là-bas. »
Elle fit un geste de la tête pour montrer une femme allongée dans un coin avec de jolis cheveux blonds. Il comprenait que c'était elle la fille eloper.
« C'est une affaire avec son patron avec qui elle était marié. Elle s'est échappé dans le pays voisin, mais on la vu avec un autre homme. Du coup, les soldats l'ont capturé. Sans aucune explication vraiment claire. »
La justice de ce monde était vraiment si peu évolué… Il ne pouvait pas tout changer de ce monde. C'était trop pour sa simple vie de mazoku. Il espérait qu'il pourrait avoir un héritier digne de ses objectifs.
« J''ai entendu que votre amoureux est en prison aussi. Vous allez essayer de vous échapper avec lui ? Voilà qui serait romantique à souhait. Vous avez de la chance que cet homme vous aime… Quel est votre nom ?
- Blanc Bonnet…
- Et moi Norika. »
Après un moment, les gardes vinrent pour faire sortir toutes les personnes de la cellule. Ils se retrouvèrent rapidement avec des menottes et des chaînes. Ils avancèrent jusqu'à une carrière de pierre. Digne d'un film de western de son monde. Il était au bagne. Il allait casser des cailloux avec les femmes. Vu qu'il était enfermé avec elles. Le travail forcé, il n'avait jamais vu ça d'un bon œil. Il y avait une autre façon que frapper avec un fouet les gens pour finir un travail. Il y avait d'autres manières de punir en travaillant. Le travail d'intérêt général pouvait être une solution. Sauf que les prisonniers ne nettoieront pas les routes, mais construiront des maisons pour les plus démunis. Une idée à creuser.
Afin de ne pas prendre des coups de fouet, il pris un des sac en tissus pour les rochers brisés et imita les femmes en les ramassant le plus rapidement possible. En remplissant presque à fond ce sac. Il souleva le sac et le mis sur son épaule, encore douloureuse par les coups. Il grimaçait. Ça faisait mal, si mal. Ils n'avaient pas été de mains mortes avec leurs coups. Il n'avait rien fait. Juste prétendus être un infidèle. Il n'avait rien à faire ici. Comme sûrement quelques-unes des femmes dans ces lieux. Il regarda le ciel, il faisait chaud, il remerciait le sort de le rendre moins gêné par cette chaleur étouffante. Il avait beau être un enfant de l'été. Il avait du mal au-dessus de plus de trente-sept degrés. Ce qui était sûrement le cas en ce moment. Peut-être que la magie continuerait à agir quand il reviendrait à son monde. Même si ça semblait loin. Devait-il s'en réjouir. Il s'était attaché à cet univers, un peu comme à ses habitants…
Encore plongé dans ses pensées, il entendit les coups de fouets être distribué comme des échantillons au Japon. Il devait s'empêcher de vouloir se donner justice. Quelqu'un finirait par le sauver de cette situation. Avant de tenter n'importe quoi, il devait connaître la position de Gwendal. Peut-être qu'il en saura plus en restant ici. Il continuait un moment son travail quand soudain…
« Hé toi, viens ici, Lord Dogurikoku te demandes. »
C'est ainsi que Yuuri suivi sans faire trop d'histoire les soldats qui le tenait par les chaînes. Il arriva dans un manoir de style européen, mais plus dans la période renaissance. Il entrait, de long escalier lui firent face et le soldat retira ses menottes ainsi que ses chênes. Ce qui l'empêchait de fuir, c'était surtout le regard qu'il sentait sur lui. Il releva la tête pour faire face à un homme avec une moustache digne d'un dessin animé et sur ses genoux un jeune garçon qui semblait ne pas vouloir tenir en place. Et les regards que le souverain captait de ce garçon ne présageait rien de bon.
« J'ai entendu dire que vous êtes arrivé de façon différente des autres. Pourquoi vous êtes si différent ?
- C'est... »
Le soldat était vite interrompu par le garçon.
« Père est quelqu'un d'important, tu sais. Père est le seigneur qui règne sur les mines et ses exploitations. La meilleure mine de gemmes magique.
- Vas et joue, mon enfant…
- Vraiment père ?
- Yeah ! »
Et immédiatement, le gamin fonça vers Yuuri tout sourire. Il allait servir de jouet un gamin pourri gâté. Il trouvait la situation vraiment dégradante, mais que pouvait-il faire de plus que de se plier pour le moment aux désirs du gamin…
« Allez, jouons !
- Euh… Vous voulez jouer à quoi ?
- Cheval ! Deviens mon cheval ! »
Il se mit à quatre patte et laisse paisiblement le garçon monter sur son dos. Il était bien content d'avoir assez de force pour supporter d'un enfant sans plier. Il commença à avancer doucement. Il était guidé par l'enfant dehors. Il allait servir un moment de monture. À l'extérieur, il vit deux soldats enterrer quelque chose.
« Ils enterrent quelques choses-là. Vaux mieux pas s'approcher.
- Je sais, c'est ici que se trouve le cimeterre des bébés. C'est donc normal qui y enterre un bébé. C'est logique voyons. Ne soit pas stupide Cheval. »
Yuuri était choqué, déjà que ce gamin disait ça comme tout ceci était normal. Mais ce ne l'était pas. Quand était-ce normal d'enterrer des bébés ? Jamais. Il sentait une nausée monter. Il se retint pour ne pas montrer ses réactions à ca gamin pourri gâté et cruel.
« La vérité, c'est que se sont les enfants de ces femmes condamnées qui travaille beaucoup. Elles ne peuvent pas vraiment s'occuper de leur enfant. Donc c'est normal qu'ils se retrouvent ici. Père est très gentil de laisser ces enfants avoir le repos qu'ils méritent.
- Pourquoi ne pas laisser ces femmes s'occuper de leurs enfants ?
- Ce sont de mauvaises femmes, donc ces enfants sont aussi mauvais. On fait un cadeau au monde en faisant en sorte qu'ils ne vivent pas très longtemps. Certaines se sont unies aux mauvais hommes. On n'a pas envie de voir ces mauvais enfants grandir. »
Yuuri ne pouvait pas laisser ce garçon avec ce genre d'idée archaïque dans la tête. Hors de question. Il devait faire en sorte que la nouvelle génération change avec lui.
« Essaye, juste une fois ce que serait ce monde sans ta maman ? Comment elle se sentirait sans toi.
- Qu'est que mère fait là ? Ça n'a rien à voir face à ces femmes mauvaises.
- C'est vrai, elle différente. Mais ces femmes ne sont pas si différentes de ces personnes qui cuisinent pour toi ou tes enseignants. Personne n'est mauvais en soi. C'est les gens qui rendent les autres mauvais. Ta façon de penser te fait rapprocher plus de quelqu'un mauvais à mes yeux. Ce que j'essaye de te dire. Ce que l'amour de ces femmes est bien réel pour ces enfants qui n'ont pas pu vivre. Elles n'ont pas eu un parcours de vie facile. Tomber sur son partenaire idéal n'est pas facile. L'amour ne se contrôle pas. Et celui d'une mère est le plus précieux cadeau au monde... »
A cet instant précis la femme cernée et une autre femme se mirent à hurler en courant vers le soldat qui tenait le bébé. Il était sûrement encore vivant. Enterrer vivant, quels monstres…
« C'est l'enfant de Malta, il n'a que quatre jours. Il ne peut pas être mort si rapidement. Laissez-nous le voir. Vous ne pouvez pas l'enterrer sans que sa mère vérifie de son état.
- Il est mort, femme. »
Le noble de ses terres fit son apparition. Il sourit doucement.
« Un problème messieurs ?
- Elle dit que son enfant est vivant. Elle veut le récupérer. »
Yuuri ne pouvait que compter sur lui face à ce qui se passait. Il se souvenait du jour où son père regardait un film avec un gars qui combattait les terroristes par sa seule force mentale et physique. Il se souvenait d'une phrase dite par le héros. Qui disait que parfois, c'est dur d'être seul. Même seul sur l'écran, il avait le soutien de ses amis dans son cœur. Lui aussi pouvait se battre, il avait un soutien, celui des mazokus et ses pouvoirs...
« Mort ou vivant, c'est la même chose ? Il est condamné.
- C'est donc ça, mort ou vivant, vous allez faire ce geste horrible…
- Que se passe t-il nouvel arrivant ? Tu es un guérisseur ? Ou médecin ?
- Tais-toi ! Hurlait un soldat, celui-là même qui tenait l'enfant. »
Il était trop tard pour faire machine arrière. Il préférait subir mille tortures que de voir ces personnes faire quelque chose d'aussi horrible qu'enterrer un enfant qui n'avait rien demandé à personne. Juste à être auprès de sa mère. Il inspira un moment avant de crier.
« En premier lieu, cette femme a été condamnée sans qu'elle a pu se défendre parce qu'elle était avec un autre homme que son mari. Avez-vous vérifié avant de la mettre dans cette cellule ? Non. Et puis si je considère que le mariage forcé est encore de rigueur dans ce monde. Je suis sûr que cette femme était mieux avec son amant. Qui dit que ce n'est pas son fichu mari qui est coupable. Si c'était un mari aimant, elle n'aurait pas été voir ailleurs. Et peut-être que c'est lui le premier coupable de trahison. Si l'homme et la femme sont égaux ici, on est encore à se préoccuper de la noblesse en premier…
- Arrêtez, mon bébé est vivant. Rendez-moi mon enfant... »
Le soldat s'était baissé pour mettre en terre l'enfant de Malta. N'écoutant que son courage, il fonça tel un joueur de foot américain vers l'homme. Sans qu'il n'avait aucune protection sur son corps. Il comptait que sur l'inertie pour faire tomber l'homme. Il percuta avec force le soldat qui vacillait sous le coup s'aidant de ses réflexes de base-ball, il rattrapa le bébé lâché par l'homme. Il le tenait sûrement, mal pour le moment. Mais il pouvait sentir la chaleur de ce minuscule corps contre lui.
« Le bébé est encore chaud... »
Il pleurnichait, preuve qu'il était encore vivant… Yuuri sentit sa magie se faire de plus en plus forte. Sa colère augmentant avec les signes de vie de l'enfant. Il passa le bé à la femme. Sentant la magie de plus en plus palpable autour de lui.
« Qu'allais-tu faire… C'est le destin que vous offerts à ces femmes et à ses enfant dans cette mine…. »
Il pouvait sentir une chaleur presque brûlante venir de son torse. C'était la pierre. Comme si ce qui arrivait sur ces personnes réveillait les pouvoirs de Julia concentrés dans la pierre. Yuuri se sentit envahir par une nouvelle puissance, une puissance qui le dépassait complètement.
Pas loin de toute cette agitation se tenait Wolfram et Conrad. Ils avaient fini par trouver où était leur souverain. Dans un camp de femmes. Bien sûr le mazoku blond avait été un peu jaloux, mais il voulait sauver avant tout son roi. Comme le prouvaient ces mots.
« Si on ouvre ces portes, tu peux être sûr que les gardes vont nous tomber dessus. Ils doivent être bien deux cent hommes derrière ces portes. Beaucoup de sécurité pour un simple camp de travail pour femmes. On voit bien que cet endroit est une mine au haut potentiel de gemmes.
- Wolf, ressens-tu encore les effets de la magie humaine sur toi ? J'aimerais sauver Yuuri au plus vite.
- Ne me sous-estime pas, je peux parfaitement me battre sans magie.
- Je sais Wolf, mais tu as des épines de cactus sur ta veste.
- Ce n'est pas le moment pour s'attarder sur ce genre de détail Conrad.
- Je sais, mais je faisais que te signaler. Tout va bien, Wolf.
- Quoi ?
- Ne jouez pas les idiots, je sais que vous vous en faites pour sa majesté et Gwen.
- Je ne suis pas si inquiet que tu le détends, oh cher frère. Il se passe quelque chose maintenant.
- Bien, donc ces moments où tu parlais de sa majesté dans des propos peu élogieux durant notre voyage n'était pas de l'inquiétude. Ce n'était que le destin qui poursuit notre roi…
- Oui, je ne suis pas inquiet, pas du tout !
- Bien, je sais que je ne peux pas faire grand-chose pour te changer. Mais je ne te crois pas quand tu dis ne pas être inquiet. Je sais que tu es attaché à notre souverain. Et ça, c'est un fait que je n'accepterais pas que tu nies par fierté.
- Bien, mais comment je dois interpréter ce qu'a dit cette femme ?
- Elle est amoureuse du cousin de Gwen, Hubert. Pour qu'elle retrouve notre roi nous a montré à nouveau de sa gentillesse. Tu le sais.
- Nicola… Elle avait l'air sincère.
- Je sais, mais tu oublies que Yuuri ne voulait que son bonheur, car c'est un homme bon.
- Pour le bonheur de cette femme, tu serais paré à devenir le lord de Wincott. Ce contre quoi tu t'es battu pour aimer Julia.
- C'est rien.
- Ce n'est pas rien, ta fiancé a perdu la vie à cause de ce qui est arrivé à ce domaine. Et tu penses que c'est rien. Je suis outré.
- Wolfram... »
Son jeune frère avait bien grandi depuis le jour où il l'avait tenu entre ses bras. Il était si petit à l'époque.
« Laissons le passé où il est. Et voyons ce que le présent et l'avenir nous réserve. Après tout, rien ne dit que Hubert voudra que je devienne un seigneur. Nicola et Hubert peuvent vivre sans ça. Et puis on doit sauver toujours notre roi et non palabrer sur ce genre de choses.
- Je sais... »
Wolfram et Conrad se tournèrent vers un petit groupe de personne. Le soldat sortit une carte dessinée. Il indiqua du doigt les entrées avec un air sérieux.
« Vous devez entrer là ! »
Mais c'était sans compter sur un grondement sourd qui fit trembler les environs. Un grondement rempli de magie. Il avait beau être assez bas magiquement parlant, il pouvait sentir cette puissance. Ça ne pouvait être que Yuuri. Que s'était-il passé pour qu'ils finissent par s'énerver si fort pour déployer avec telle force ces dons magiques.
« Il a été découvert ?
- Non, c'est pire que ça, Wolf… C'est la colère de notre roi et sa magie.. ; »
Yuuri flottait littéralement dans les airs, sa magie l'entourant formant des éclairs qui partait dans tous les sens semblant visant les soldats.
