Chapitre 31 : Before the Holidays, there are some things to be settled
Un sifflement sourd emplissait sa tête. Même si elle fermait résolument les yeux, elle pouvait sentir l'obscurité autour d'elle. Une pression comme elle ne l'avait jamais connue compressait tout son être. La panique monta en elle lorsqu'il lui fut impossible de reprendre son souffle qu'elle avait stoppé au moment de sauter du premier cerceau.
Au moment où sa respiration fut de nouveau possible, elle prit un grand bol d'air en inspirant bruyamment. Une fois les yeux ouverts, elle se retrouva nez à nez avec une partie du second cerceau au dessus duquel la jeune fille était à quatre pattes.
- Miss Oreiro, comment vous sentez-vous ? s'inquiéta la petite voix fluette du professeur Flitwick qui avait accouru jusqu'à son élève.
- J'ai déjà connu mieux, répondit-elle se sentant menacée par un violent haut le cœur.
- Félicitations, vous êtes la troisième élève à avoir réussi à transplaner, fit la voix de Tycross, le moniteur de transplanage, ravi de voir que les choses avançaient enfin. Il vaut mieux qu'elle aille à l'infirmerie pour un contrôle, s'adressa-t-il au minuscule professeur qui n'était même pas plus grand que son élève dans cette position.
- Vous avez raison. Mr Corner, pouvez-vous accompagner votre amie à l'infirmerie je vous prie.
- Bien sûr professeur, acquiesça Michael qui s'approcha d'Emma aussi vite qu'il put alors que celle-ci chancelait légèrement après s'être relevée.
Le mois de février avait laissé place au mois de mars, le vent s'ajoutant à la pluie. C'était pourquoi, en ce premier samedi du mois, avait été annulée la sortie à Pré-au-Lard initialement prévue et conservée la leçon de transplanage qui se déroulait toujours au sein de la Grande salle aménagée pour l'occasion. Après avoir vu Hermione Granger et Su Li transplaner au cours précédent, Emma avait été plus motivée que jamais ce matin-là.
- Alors comment c'était ? s'exclama Michael avec un peu trop d'entrain au goût d'Emma.
- Plutôt éprouvant, alors si tu pouvais éviter de crier dans mes oreilles, rétorqua-t-elle alors que son ami la tenait par le bras par pure précaution.
- Désolé. Alors comment c'était ? répéta-t-il en chuchotant.
- Ce n'était pas du tout agréable, j'espère qu'avec de l'expérience les sensations changent, se contenta-t-elle de dire après un regard noir alors que tous deux atteignaient enfin le couloir du premier étage menant à l'infirmerie.
- J'espère pour toi qu'un de tes organes ne s'est pas perdu dans le néant, la taquina-t-il.
- Ah ah ah, t'en as d'autre des comme ça ? railla-t-elle en tournant la tête vers lui, mais tout de même inquiète.
- Bien sûr. Ca ne m'étonnerait pas que... commença-t-il avant que sa voix ne se perde et qu'il se raidisse.
Intriguée, Emma suivit le regard de Michael et aperçut l'objet de son malaise. Ginny Weasley et Harry Potter étaient à l'entrée de l'infirmerie dont les doubles portes étaient fermées. L'ex et l'ex de la petite amie, tout s'expliquait. La Serdaigle reprit son chemin, entrainant son ami avec elle.
- Ginny, Potter, saluèrent-ils plus mal à l'aise que froidement.
- Il faut faire la queue dehors maintenant ? voulut détendre un peu l'atmosphère Emma qui mit les grises mines des deux Gryffondor sur le compte de la qualité de Michael d'ex et de nouveau petit ami de l'ex.
Son sourire se fana cependant lorsqu'elle comprit qu'ils étaient bien au-dessus de cela.
- Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Michael qui avait remarqué que quelque chose n'allait pas.
- Il est arrivé quelque chose à Ron, apprit Ginny d'une faible voix.
- Oh. J'espère que ce n'est pas trop grave, compatit-il avant de se tourner vers Emma.
- Bon courage, fut la seule phrase qui lui vint à la bouche et qu'elle accompagna d'un sourire réconfortant juste avant de frapper à la porte.
- Je vous ai déjà dit de revenir plus tard ! s'exclama la voix de l'infirmière avant même que la porte ne soit totalement ouverte.
Lorsqu'elle aperçut qu'il y avait de nouveaux arrivants elle se calma et les jaugea du regard.
- Je suis désolée de vous déranger, Mrs Pomfresh, mais le professeur Flitwick m'a demandée de venir vous voir après mon premier transplanage, expliqua Emma.
- Entrez. Pas vous, monsieur, empêcha-t-elle Michael d'entrer. Attendez ici, il n'y en a pas pour longtemps.
- Mais... fut-il interrompu lorsque l'infirmière lui referma la porte au nez.
A son entrée dans la salle blanche, l'ambiance était tout aussi pesante à l'intérieur qu'à l'extérieur, si ce n'était plus au vu du tableau qui s'offrait à elle. Le professeur de potions, la directrice de maison des Gryffondor ainsi que le directeur de Poudlard étaient rassemblés autour d'un lit, duquel émergeait une chevelure rousse. Tous trois se tournèrent vers l'infirmière et sa nouvelle patiente.
- Il s'agit juste d'un contrôle après un premier tansplanage, ce sera rapide, prévint l'infirmière en emmenant Emma près du lit le plus proche de son bureau. Attendez-moi là, fit-elle avant de disparaitre dans son antre.
Emma ne put s'empêcher de regarder ce qui se déroulait sous ses yeux. Les trois adultes discutaient désormais à vois basse. Dumbledore tenait dans ses mains ce qui semblait être une bouteille d'alcool et entreprenait de sentir ce qu'elle contenait sous les explications inaudibles de Slughorn. Ron Weasley quant à lui avait le teint livide et semblait être plongé dans un profond sommeil. Elle fut sortie de sa contemplation par le retour de Mrs Pomfresh qui plaça devant elle une plaque sombre aussi grande que la jeune fille. Après un coup de baguette, elle sembla scruter la moindre parcelle de ladite plaque qui était suspendue dans les airs entre elles deux. Lorsque la jeune fille comprit que l'infirmière vérifiait que tout son "intérieur" était complet, elle se sentit soudainement mise à nue.
- Tout est parfait. Votre transplanage était réussi, constata Mrs Pomfresh en envoyant un sort à la plaque qui retourna d'elle même dans le bureau. Prenez ça avec vous, c'est pour les hauts le cœur.
- Je n'en ai plus, refusa gentiment Emma, la bouteille qui lui était tendue.
- C'est pour vos prochains transplanages, insista l'infirmière.
- Vous voulez dire que ce sera toujours comme ça ?
- Vous verrez, on s'y fait au bout d'un moment.
- Merci, fit la jeune fille, peu convaincue alors que Pomfresh la raccompagnait vers la sortie. Voulez-vous que je dise quelque chose à sa sœur et son ami ? proposa-t-elle une fois à la porte, non loin du lit de Ron Weasley.
Devant l'air intransigeant de l'infirmière, elle continua s'adressant plus au directeur qu'à cette dernière.
- Ils sont très inquiets, vous savez.
- Dites-leur que ses jours ne sont plus en danger, mais qu'il lui faut une bonne journée de repos avant de pouvoir recevoir de la visite, répondit à contre cœur Mrs Pomfresh, face à l'accord tacite du directeur qui croisa le regard d'Emma.
Ce qu'elle entreprit de répéter aux deux Gryffondor qui la harcelèrent de questions une fois sortie de l'infirmerie.
- C'est tout ce que j'ai vu, conclut-elle après avoir raconté son passage dans la salle blanche. A-t-il été empoisonné par... ce que contenait la bouteille ? demanda-t-elle après avoir réfléchi à la raison de l'état du rouquin.
Ginny hocha la tête par l'affirmative.
- Merci Merlin, Harry était là pour penser au bézoard, souffla la Gryffondor en tournant un regard plein de remerciement à son ami.
- Comment as-tu fait pour t'en procurer aussi vite ? s'étonna Emma en s'adressant à Harry Potter pour ce qui lui semblait être la première fois de sa vie.
- Nous étions dans le bureau de Slughorn, avoua-t-il, un peu mal à l'aise de donner de tels détails.
- Oh. Et ce n'est même pas lui qui y a pensé, au bézoard !
- Nous allons vous laisser tranquille. Bon courage, intervint Michael qui avait été discret jusque là, après s'être éclairci la voix.
- Merci Michael. Et félicitations, Emma. Pour ton premier transplanage, congratula tout de même Ginny.
- Merci.
Sur ce, les deux Serdaigle s'éclipsèrent et se dirigèrent vers le hall, espérant retrouver leurs amis.
- Quelle histoire. Si même à Poudlard on n'est plus en sécurité ! dit Michael avant de continuer. Qu'est-ce qu'elle a dit pour toi ?
- Que tout était en place et que mon transplanage était réussi. Et toi, comment ça s'est passé ?
- Une chose est sûre, j'aurai préféré être ailleurs, bougonna-t-il.
Du haut du grand escalier en marbre, ils purent constater que la leçon de transplanage venait juste de se terminer à la vue de la ribambelle d'élèves qui sortaient de la Grande Salle. En descendant les escaliers, ils croisèrent Drago Malefoy à qui Michael offrit son plus beau regard noir. Il ne suffit que d'un infime mouvement de tête pour que la jeune fille comprenne qu'il voulait la voir.
- Tout va bien, Emma ? s'enquit Mandy dès l'approche de son amie.
- Tout est en place, répondit Michael pour elle.
- Y compris ma langue, rétorqua Emma avec un sourire des plus ironiques.
- En effet, tout va bien, confirma Anthony avec humour.
- Terry, Michael, intervint Hermione Granger, l'ancienne équipière des deux jeunes hommes pour les groupes de potions qui avaient pris fin la veille.
- Salut Hermione, salua Terry alors que Michael et Emma échangèrent un grave regard, conscients de l'amitié qui unissait Hermione Granger et Ron Weasley.
- Je vous ai rapporté la tabulation que je vous avais promis en potions. J'espère que cela vous aidera.
- Merci beaucoup, Hermione.
- Emma, félicitations ! J'espère que l'infirmière n'a rien trouvé de grave, félicita-t-elle Emma en se tournant vers elle, le sourire aux lèvres.
- Merci. Je crois qu'il faut que je te dise que j'ai croisé Ron...
- Il fait ce qu'il veut ! Je n'en ai rien à faire s'il a préféré faire joujou avec ses cadeaux d'anniversaire plutôt que de venir en cours, l'interrompit-elle subitement d'une voix dure.
- Hermione, c'est à l'infirmerie que je l'ai croisé, annonça gravement Emma.
- Qu... qu'est-ce qu'il a fait encore comme bêtise ? demanda-t-elle cependant prise d'une panique soudaine.
- Ginny et Harry sont devant l'infirmerie. Tu devrais aller les rejoindre, fit Michael alors qu'Hermione passa son regard scrutateur de l'une à l'autre. Après un son qui semblait être un gémissement étouffé, elle se précipita vers l'escalier en marbre qui menait au premier étage.
Michael et Emma expliquèrent discrètement à leurs amis ce qu'il s'était passé. Padma qui était en compagnie de sa sœur ne put profiter de cette information. Avant qu'ils ne quittent le grand hall, se demandant comment cette bouteille avait bien pu se retrouver ainsi empoisonnée, Emma fut interpellée par Théodore Nott qui l'attendait au bas des escaliers.
- N'oublie pas ! Un mètre de distance obligatoire, tonna Emma une fois près de lui en tendant son bras histoire d'illustrer ledit mètre.
En effet, depuis le jour où elle avait su qu'il était au courant de tout, le Serpentard ne cessait de se comporter un peu trop familièrement à son goût. Ce qui n'avait pas été une mince affaire puisqu'elle avait été en groupe avec lui et Drago pour le cours de potions.
- Moi aussi je suis ravi de te voir, ironisa Théodore.
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Juste te féliciter pour ton transplanage.
- Eh bien merci. Autre chose peut-être ? enchaina-t-elle sur le même ton un peu froid qu'elle avait utilisé depuis le début.
- Je t'en prie, jusqu'à quand tu m'en voudras !
- Quand tu seras décidé à arrêter ton petit jeu.
- Comprends-moi, c'est tellement jouissif de savoir que ça l'enrage de nous voir ensemble. Surtout depuis que tu m'as dit que tu ne lui avais toujours rien dit au sujet de ma petite découverte, se justifia-t-il en terminant sa phrase par un sourire carnassier.
- S'il faut qu'il soit au courant pour que tu arrêtes, je ne vais plus me gêner, menaça-t-elle en plissant des yeux.
- Pour qu'on ait enfin une confrontation lui et moi ? Avec plaisir, sourit-il de toutes ses dents.
- T'es qu'un idiot, Théodore, cracha-t-elle en montant de nouveau les escaliers.
Ce fut très agacée qu'elle suivit machinalement le chemin menant au septième étage qui n'était autre que celui de sa salle commune, mais également celui de la salle sur demande. Ce ne fut qu'arrivée devant l'escalier conduisant à l'escalier de la tour des Serdaigle qu'elle se souvint que son fiancé lui avait tacitement demandé de le rejoindre. Ainsi, fit-elle demi-tour et se dirigea vers le couloir au sein duquel se trouvait la désormais fameuse tapisserie de Barnabas le Follet, en face duquel se déployait un mur en pierre qui se métamorphosa en porte une fois ses trois allers retours exécutés.
- Tu en as mis du temps ! râla d'entrée Drago Malefoy, assis sur le canapé en cuir noir de la copie sa chambre, sa jambe reposant nerveusement sur son genou.
- Merci pour l'accueil, fit-elle avant de s'assoir à ses côtés alors qu'un silence de quelques secondes s'installa.
Tournée légèrement vers lui, son regard était accaparé par le mouvement rapide de la jambe du Serpentard.
- Si tu pensais avoir tous les honneurs aujourd'hui c'est raté, MacDougal a transplané dix minutes après toi. Et sans aucun malaise à l'arrivée.
- Morag ? Tant mieux pour elle, se renfrogna-t-elle légèrement.
- Oui, tu sais, celle qui aurait dû être ton amie à la place de ta bande de débiles.
- Premièrement, je t'ai déjà dit de regarder tes "amis" avant de juger les miens, et deuxièmement je m'entends plutôt bien avec Morag.
- Vraiment, fit-il, dubitatif.
- Oui, nous avons quelques petites choses en commun.
- Comme quoi ? demanda-t-il curieusement avant qu'Emma ne le jauge du regard, se demandant si elle pouvait partager avec lui ce qu'elle savait.
- Comme ça, se contenta-t-elle se dire en levant et fixant le dos de sa main sur laquelle se trouvait sa bague de fiançailles.
- Tu veux dire qu'elle aussi... s'étonna-t-il, ne s'attendant pas à une telle révélation.
- Exactement. Sauf qu'elle a eu moins de chance que moi. Son fiancé, qui est hors de Poudlard, est un vrai coureur de jupons.
- Alors comme ça tu as eu la chance de m'avoir pour fiancé, interpréta-t-il fièrement avec un sourire en coin.
- Je n'irai pas jusque là. En fait, je n'arrive à te trouver qu'une qualité.
- Je sais, je suis beau, riche et un bon coup, mais là ça t'en fait trois.
- Je pensais plutôt au fait que tu accordes de l'importance à la "famille", avoua-t-elle après un temps d'arrêt où la chaleur commençait à irradier ses joues.
- Ah, sSe referma-t-il un peu.
Voyant ce voile sombre recouvrir le visage de Drago, elle décida de changer de sujet.
- Devine qui j'ai vu à l'infirmerie.
- Qu'est-ce que j'en ai à faire, répliqua-t-il froidement en se levant et en se dirigeant vers sa bibliothèque remplie de livres consacrés à la magie noire, probablement offerts par son père.
- Ron Weasley, répondit-elle, elle-même.
- Ah ouai. Il s'est cassé la gueule en buttant contre ses chaussures miteuses ce matin au réveil ? ricana-t-il sans détourner le regard de la bibliothèque.
- En fait, si j'en crois le nombre de professeurs présents à l'infirmerie, il a failli y passer le pauvre.
- Avec Weasley, on ne peut employer le terme "pauvre" que dans un seul et unique sens, tiqua-t-il face à ce qui semblait être un élan de compassion. Dommage que ce ne fut pas le cas, cela aurait débarrassé le monde de sa face de belette, continua-t-il, fier de son jeu de mot.
- Tu exagères, Drago, lui reprocha-t-elle en fronçant les sourcils. Apparemment, il se serait fait empoisonné dans le bureau de Slughorn. Le pire dans tout ça, c'est que c'est Potter qui lui a sauvé la vie en pesant au bézoard. Même moi, je n'y aurais pas pensé, expliqua-t-elle sans remarquer que Drago s'était figé aux mots "empoisonné dans le bureau de Slughorn".
- Qu'est-ce qu'il s'est passé exactement, quémanda-t-il d'une voix étrangement grave.
- Je ne sais pas. Tout ce que j'ai vu, c'est Dumbledore reniflant une bouteille semblant être d'une certaine valeur. J'étais trop loin d'eux pour entendre ce que disait Slughorn, continua-t-elle alors que le blond serrait les poings à s'en blanchir les jointures. Ca ne va pas, Drago ? demanda-t-elle en remarquant le changement de comportement de son fiancé.
- Ce Potter, toujours là à faire son héros, cracha-t-il après quelques secondes.
- Il a tout de même sauvé une vie.
- Si c'est pour lui faire un éloge, barre-toi d'ici.
- Excuse-moi de ne pas vouloir la mort de quelqu'un, répliqua-t-elle en se levant, vexée.
- Fout le camp, Emma ! ordonna-t-il, semblant fou de rage.
- Une chose est sûre, je ne reste pas une minute de plus en ta compagnie si c'est pour te voir aussi odieux, rétorqua-t-elle piquée au vif en se dirigeant vers la porte.
En parcourant les mètres la séparant de cette dernière, elle ne put s'empêcher de le fixer. Ce ne fut qu'à quelques pas de la sortie, alors qu'elle apercevait son profil, qu'elle stoppa sa marche. Drago, les mâchoires serrées, tremblait. Doucement, elle se dirigea vers lui et entoura son poing désormais rougie de ses mains.
- Tu es encore là ! lâcha-t-il en ouvrant les yeux.
- C'est ta haine envers Potter qui te fait réagir comme ça ? demanda-t-elle d'une voix calme.
- Que veux-tu que ce soit d'autre ! siffla-t-il, fixant toujours la rangée de livres face à lui.
- Tu n'as rien à voir là-dedans, n'est-ce pas ? demanda-t-elle à nouveau après quelques secondes à le fixer, alors que l'anxiété commençait à la gagner.
- Il est vrai que je me ferai une joie d'exterminer Weasley, malheureusement je n'y suis pour rien, fit-il avec déception après un rire crispé.
- Tu ne devrais pas rire de la mort comme ça, reprocha-t-elle. Surtout dans ta situation, ajouta-t-elle avant de se faire fusiller du regard. Quoi ! Imagine qu'un jour on t'ordonne de tuer quelqu'un, là je suis sûre que tu rigolerais moins.
- Il me semble t'avoir dit de me laisser tranquille, articula-t-il d'une voix faisant froid dans le dos.
- Je suis désolée, Drago. Je ne voulais pas... s'excusa-t-elle, s'en voulant de lui avoir mis face à son très probable avenir.
Pour seule réponse, il se dégagea brutalement, se dirigea vers la porte et l'ouvrit avant de vérifier que le couloir était vide.
- En attendant qu'une telle mission me soit confiée, laisse-moi donc m'occuper de ce que j'ai à faire ! dit-il sur le même ton froid en lui montrant la sortie.
Emma resta immobile, leurs yeux semblants mener un duel. Combat que remporta les yeux bleu acier puisqu'elle finit par rejoindre la sortie. Elle s'arrêta cependant une fois arrivée à sa hauteur en plongeant une nouvelle fois son regard dans le sien, porta la main à sa joue et se mit sur la pointe des pieds afin de pouvoir poser ses lèvres sur les siennes.
"Tu n'es pas seul, Drago."
Une fois qu'elle eut assez reculé pour être hors de la pièce, il lui claqua la porte au nez. Elle resta là à fixer cette dernière alors qu'au même moment, Drago s'y adossait, les poings une nouvelle fois serrés, jetant en arrière sa tête qui cogna plusieurs fois contre le bois. Non, pensait-il, il n'avait jamais été aussi seul que maintenant.
oOo
La nouvelle de l'empoisonnement de Ron Weasley se répandit comme une trainée de poudre, mais n'affola pas autant que cela. En effet, beaucoup supposaient qu'il était possible d'ingurgiter ou de rentrer en contact par mégarde avec l'un des ingrédients toxiques pouvant se trouver dans le bureau d'un professeur de potions. Il fallait dire aussi que l'attention des élèves était surtout concentrée sur le prochain match de Quidditch où Gryffondor et Poufsouffle s'affronteraient. Ce jour-là fut un désastre pour les rouges et or. Outre le fait que leur gardien ait été remplacé par un joueur plus occupé par les autres que par son poste, ce fut la mise KO du capitaine, à savoir Harry Potter, qui détruisit tout espoir de victoire pour l'équipe des Gryffondor, le tout sous les commentaires plus qu'inhabituels de la très rêveuse Luna Lovegood qui renforcèrent le caractère étrange du match.
Depuis leur dernière rencontre, Drago était introuvable en dehors des horaires de cours. Bien sûr, Emma se doutait de l'endroit où il pouvait se trouver, mais elle n'avait aucune envie de lui imposer sa présence si c'était pour qu'il soit d'une humeur aussi exécrable que la fois d'avant. La jeune fille, se contentait alors de l'observer à la dérobée lors de leurs cours communs. Ce qu'elle y voyait ne lui plaisait guère et Emma regrettait de ne savoir quoi faire pour l'aider. En fait, ce qu'elle regrettait surtout c'était la situation dans laquelle se trouvait Drago. Si seulement son fiancé n'avait pas été enrôlé dans le groupe le plus dangereux de Grande Bretagne, les choses auraient été toutes autres.
Une ou deux fois, l'envie lui prit de retourner voir Dumbledore afin de le supplier d'aider le jeune homme. Mais elle le savait mieux que personne, pour recevoir de l'aide, encore fallait-il le vouloir. Et puis, jamais son fiancé ne lui pardonnerait une telle chose.
Ces derniers temps, Emma évitait Astoria le plus possible. Depuis la fois où elle avait compris que cette dernière ne laissait pas Drago indifférent, un étrange sentiment la parcourait à chaque fois qu'elle lui parlait. Bien qu'elle ne veuille vraiment se l'avouer, il fallait se rendre à l'évidence : elle avait été jalouse. Ce sentiment avait atteint son apogée lorsque sa jeune amie lui avait raconté dans les détails "comment elle avait réussi à mettre Drago Malefoy dans son propre lit." Bien sûr, elle n'avait fait que l'embrasser, mais l'idée que le jeune homme ait choisi la copie de sa propre chambre comme apparition de la Salle sur demande, ne lui avait vraiment pas plu. En effet, cette pièce ne leur était-elle pas réservée à eux deux ? Lui avoir fait plus ou moins part de cette réflexion, lui avait valu quelques moqueries de la part du Serpentard. Mais tout ceci s'était déroulé bien avant leur dernière rencontre où le Drago moqueur et taquin avait laissé place à un Drago sombre et terne.
Les leçons de transplanages avaient pris fin et l'examen était prévu dans une quinzaine de jours. Des leçons supplémentaires à Pré-au-Lard avaient toutefois été mises en place au vu des piètres performances de la plupart des élèves. Emma qui ne serait toujours pas majeur au moment de l'examen, ne prit pas la peine de s'y intéresser. Elle ne pourrait en effet se rendre qu'à la seconde session se déroulant durant l'été.
- Hey, salut Emma ! T'es bien matinale dis-moi ! l'avait salué Stephen Cornfoot à la sortie de leur salle commune.
- Tu fais faux bond à tes amis maintenant ? renchérit Kévin Entwhisle alors qu'ils l'invitaient à passer devant eux.
- Disons que j'en ai un peu marre d'entendre parler de ces leçons de transplanage, avoua Emma en empruntant l'escalier en colimaçon.
- C'est vrai qu'avec l'examen qui approche on n'entend parler que de ça ! approuva Kévin derrière elle. D'ailleurs tu y vas tout à l'heure ?
- Non. Je suis trop jeune pour passer l'examen.
- Dis-donc Kévin, ça ne se fait pas de courtiser les copines de ses amis, intervint Stephen en lui tapotant l'épaule.
- Ta gueule Stephen ! rétorqua-t-il.
- Désolée, Emma. Si on ne peut même plus plaisanter maintenant !
- Ce n'est pas non plus comme si c'était très drôle, dit-elle alors qu'ils longeaient le couloir menant aux escaliers magiques.
- Ah ah ! fit fièrement Kévin.
Le reste du chemin jusqu'à la Grande Salle se passa sans encombre, les trois Serdaigle ayant abordé le sujet de l'étrange match de Quidditch auquel ils avaient assisté quelques jours auparavant.
- Tu veux te joindre à nous pour le petit déjeuner ? proposa Stephen une fois arrivés devant la table des Serdaigle.
- Pourquoi pas, haussa les épaules la jeune fille à qui la présence des garçons ne dérangeait pas tant que ça.
- Et là c'est qui qui courtise ! taquina Kévin à l'oreille de son ami, sachant parfaitement qu'Emma les entendrait.
En voyant ses camarades de maison dévorer leur petit déjeuner, Emma eut la pensée que les garçons était tous les mêmes : de vrais goinfres. Quoique... Pas tous. Elle eut du mal à imaginer Drago la bouche remplie, des miettes recouvrant son menton. Il fallait dire que le jeune homme avait une certaine prestance à respecter pour sauvegarder sa réputation de riche sang-pur. Enfin, tel était son comportement en général. A l'heure qu'il était, ce dernier était affublé de Crabbe et Goyle et ne faisait aucun compte de ce que lui baragouinait Pansy Parkinson, assise en face de lui. Le poing appuyé contre le menton, il se contentait de tourner méticuleusement la petite cuillère de sa tasse de thé.
- Emma ! Quelle surprise de te voir ici, fit soudainement la voix de Morag MacDougal qui s'installait à côté de son interlocutrice.
- Bonjour Morag.
- Salut Mo', saluèrent les garçons à leur tour alors que la rousse tiqua à la prononciation de ce surnom.
- C'est la leçon de transplanage de tout à l'heure qui te rend si matinale ?
- Tais-toi Morag, on lui a promis de ne pas en parler de tout le petit déjeuner, chuchota Stephen.
- Je ne passe pas le premier examen, répondit Emma, sans tenir compte de la remarque du jeune homme.
- Oh c'est vrai, tu es de juin toi, se souvint Morag à l'étonnement de tous.
Emma se rappela alors qu'elles s'étaient croisées le jour de son anniversaire, l'an passé.
- Exact.
Quelques minutes plus tard, Emma faussa compagnie à ses camarades de maison. Elle avait en effet dans l'idée depuis la veille, de croiser son fiancé avant qu'il ne s'enferme une journée de plus dans son antre. Cependant, ce fut Théodore qui l'intercepta à la sortie de la grande salle.
- Alors comme ça on me pique mes amis !
- Un peu de changement, ça fait du bien des fois.
- Qu'est-ce que tu comptes faire aujourd'hui ? demanda-t-il alors qu'ils se dirigeaient dans un coin du grand hall, non loin du bas de l'escalier en marbre.
- Je ne sais pas encore. Sans doute terminer mon devoir de Runes.
- Wa, superbe programme.
- Tu as déjà pris ton petit dej ? Je ne t'ai pas vu tout à l'heure.
- Tu regardais à la bonne table, mais pas au bon endroit, déclara-t-il sur un ton dont pointait du reproche mêlé à de la déception.
Au même instant, les amis d'Emma descendaient les escaliers et les observaient, le sourire aux lèvres pour certains, comme si le fait de voir leur amie avec Théodore expliquait l'absence de cette dernière dans la salle commune.
- J'en ai d'ailleurs été légèrement déçu, insista-t-il voyant que la jeune fille de réagissait pas.
- C'est juste... qu'il m'inquiète en ce moment, avoua-t-elle alors à contre cœur, histoire de répondre quelque chose.
- C'est pour toi que tu devrais t'inquiéter, Emma. Avec un fiancé pareil... chuchota-t-il près de son oreille pour qu'elle seule l'entende alors que l'objet de leur discussion passait tout près d'eux.
- C'est bon, tu as fini maintenant ? s'énerva la jeune fille, mécontente du manque de discrétion de Théodore.
- Non, répondit-il avec sérieux en la fixant.
Puis, sans prévenir, il se pencha vers elle et s'empara de ses lèvres. Lorsqu'il se retira, il regarda en haut des escaliers et croisa le regard de Drago Malefoy. Il lui fit alors un sourire en coin. Affolée, Emma regarda à son tour, espérant que son fiancé soit déjà loin et n'ait rien vu.
- Alors là, merci Théodore ! explosa-t-elle entre ses dents.
- Au moins comme ça il sait contre qui il a affaire, fit-il sans cesser le contact visuel avec son camarade de maison, toujours immobile en haut des marches.
- Mais contre rien du tout ! C'est lui mon avenir ! Pas toi ! Quand est-ce que tu te mettras ça dans le crâne ? s'emporta-t-elle avant de le contourner et de monter à son tour les escaliers.
Lorsqu'elle atteint à son tour le haut des marches, Drago avait déjà passé son chemin ayant sans doute pris la direction du septième étage. Sans hésiter, elle prit le même chemin que lui. Elle pouvait entendre les pas de son fiancé résonner non loin devant elle. Arrivée au septième étage, elle le vit entamer son dernier aller retour et entrer par la porte qui venait d'apparaitre, au sein de la Salle sur demande. Scène plus que banale depuis le début de l'année. Il y avait cependant un détail qui différait. En effet, une minuscule fillette postée devant la porte largement ouverte, portait une balance en cuivre à la main et la regardait avec des yeux ronds. Interloquée, Emma la fixa avant d'entrer dans la pièce dont la porte se referma une fois qu'elle fut à l'intérieur.
- C'était quoi ça ? fit-elle en se retournant pour faire face à Drago.
- Depuis quand est-il au courant ? aboya-t-il en ignorant les dires de sa fiancée.
- C'est quoi cette histoire de fillette, Drago ?
- Depuis quand !
Au moment où elle allait lui répondre, elle prit conscience qu'elle était dans une pièce inconnue. Et quelle pièce. Celle-ci était tout simplement immense et remplie d'une multitude d'objets de toutes sortes semblants organisés en allées aux allures de rues. Puis, soudainement, tout ce décor disparut pour laisser place à la désormais connue imitation de la chambre de Drago.
- Où est-ce qu...
- J'attends toujours ta réponse, Emma.
- Ca doit bientôt faire un peu plus d'un mois. C'est dans cette pièce que tu vas tous les jours ?
- Tu te fous de moi ? Et quand est-ce que tu comptais me le dire !
- Je ne voulais pas t'embêter avec ça.
- Quand je pense que ce salaud s'est foutu de ma gueule depuis tout ce temps !
- Comme toujours, tu exagères, Drago.
- Et toi comme toujours, tu me déçois, Emma.
Atteinte un peu plus qu'elle ne l'aurait voulu, elle se tut et dévisagea son interlocuteur. Plus pâle que jamais, ses yeux creusés par les cernes la fixaient de leur regard perçant. Toujours près de la porte, ils n'avaient pas bougés d'un centimètre. Comme si elle avait arrêté de respirer, la jeune fille éprouva le besoin d'expirer plus longuement qu'à l'accoutumée.
- Tu devrais dormir un peu plus le soir, tu as une mine atroce, dit-elle alors que Drago fuyait la conversation et s'avança soudain vers l'une des fenêtres de la pièce.
- Encorefaudrait-ilquej'yarrive, marmonna-t-il dans sa barbe.
- Que dois-tu faire dans cette pièce ?
- Quand on sait qu'on désapprouvera les réponses, on ne pose pas les questions, répondit-il en fixant toujours le paysage artificiel, les mains croisées dans son dos.
- Drago...
- A moins que tu ne veuilles m'aider. Dans ce cas je te dirai tout ce que tu voudras savoir, continua-t-il sur un ton plus ironique qu'autre chose. Tu en sais déjà trop et tu en es consciente. Alors évite de pousser le bouchon trop loin.
- Tu sais bien que je n'aime pas te voir comme ça.
- Fais-toi une raison, déclara-t-il sombrement avant que la jeune fille qui l'avait rejoint entre temps ne l'enlace, laissant reposer sa tête sur le dos de son fiancé.
- J'ai peur, souffla-t-elle, les yeux fermés.
- Non, tu n'as pas peur, se dégagea-t-il brusquement en se retournant. Parce que tu ne sais pas ce que c'est que la peur, Emma ! Tu n'en sais rien ! continua-t-il sans se rendre compte qu'il la prenait par les épaules.
- C'est toi qui as peur. Et si Drago Malefoy a peur, alors moi j'ai peur.
Sans prévenir, il déplaça ses mains en entourant le visage de sa fiancée, se pencha vers elle et l'embrassa. Surprise, Emma ne put empêcher ses joues de prendre une teinte rosée alors qu'elle répondait à ce baiser d'une fragilité inhabituelle. Il serrait son visage comme pour être sûr qu'elle ne disparaisse pas. Ils furent soudainement interrompus par un vacarme strident qui aurait fait grincer les dents d'Emma si celle-ci n'avait pas la bouche ouverte à ce moment là.
- Qu'est-ce que c'était que ce bruit ? s'inquiéta-t-elle en se retournant vers la porte derrière laquelle avait surgi le bruit.
- Soit c'est la stupidité de Crabbe qui a laissé échapper la balance de ses mains, soit quelqu'un de suspect rôde dans les couloirs.
- Tu veux dire que la fillette de tout à l'heure c'était ... Crabbe ? Mais comment ?
- Polynectar, répondit-il sans émotions.
- Ne me dis pas que c'est toi qui l'as fait. Il faut des jours pour... Par Merlin, tu en as volé au professeur Slughorn ! C'était l'une des potions qu'il nous a montrées en début d'année.
- Quoiqu'il en soit, te voilà obligée de rester ici encore une demi-heure au minimum, le temps que la voie soit libre.
- Parce que tu comptais me mettre dehors ?
- A vrai dire, je me tâtais, avoua-t-il en lui prenant le menton d'une main avant de lui caresser la joue de son pouce.
oOo
Allongée sur le canapé, Emma regardait le plafond tout en caressant de ses doigts les cheveux blonds de son fiancé qui avait la tête posée sur sa poitrine. Une couverture au tissu soyeux était apparue afin de recouvrir leur nudité. Elle se sentait troublée en repensant à ce qui venait de se passer. Rien d'inédit en soit, mais elle avait perçu quelque chose de différent. Il n'y avait en effet pas que dans le baiser qu'elle avait ressenti la fragilité du jeune homme. Elle avait eu l'impression d'avoir face à elle, Drago Malefoy, tous masques ôtés, tous personnages abandonnés.
Emma fut sortie de ses réflexions par Drago qui lui avisait d'une manière étrangement douce qu'il était temps qu'elle parte. Lorsqu'elle s'exécuta après un dernier baiser, elle ne fit aucun arrêt devant la porte qui se refermait derrière elle. Marchant à grand pas, elle voulait fuir. Fuir cette sensation qu'elle ressentait, qu'elle avait déjà connue auparavant et qui n'augurait rien de bon.
Les jours passèrent alors que la plupart des élèves de sixième année n'avait qu'une chose en tête : l'examen de transplanage. Emma quant à elle, qui ne le passait pas, avait d'autres choses en tête. Tout d'abord ses études, le mois de mai approchant déjà; mais également son fiancé. En fait, ces deux préoccupations étaient liées puisque pour réussir à le voir régulièrement, elle avait négocié quelques heures par semaine au cours desquelles elle l'aidait à se mettre à jour dans ses devoirs.
Tous deux avaient repris leurs habitudes, même si l'anxiété de Drago était plus que palpable. De ce fait, Emma se demandait ce qu'il pouvait bien essayer de faire dans cette immense salle remplie d'objets. Chose qu'il ne réussissait apparemment pas.
Le jour de l'examen, la tension était de mise. Pour une obscure raison, le petit groupe d'ami de Serdaigle était éclaté en ce début d'après midi. Padma était avec sa sœur et Lavande Brown, Michael se rassurait auprès de Cho, Terry était en pleine discussion avec Ernie Macmillan sur les derniers potins au sujet de Morane, la poursuiveuse de l'équipe nationale de Quidditch d'Irlande et Anthony avait rejoint sa petite-amie, Daphné Greengrass, avec qui il avait fini par sortir peu après la dissolution de leur groupe de potions. Mandy et Emma s'étaient donc retrouvées seules, ce qui ne les dérangea pas le moins du monde.
- J'espère que ça va bien se passer, s'inquiéta Mandy alors que les deux jeunes filles se baladaient dans le couloir, histoire de « décompresser ».
- Ne t'inquiète pas, il n'y a pas de raisons que tu n'y arrives pas puisque tu y es parvenue en cinq fois d'affilées.
- Mais tu sais ce qu'on dit, « Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tuée ».
- Qu'est-ce que c'est que ce proverbe ? demanda Emma avec un froncement de sourcils.
- Oh, désolée, c'est moldu. Ca veut dire qu'il ne faut pas trop y croire tant que le moment n'est pas venu.
- Ah d'accord. Mais moi je crois en toi et tu vas l'avoir cet examen.
- Il ne me reste plus qu'à croire en moi, comme me dit Esteban.
- Ca se passe bien entre vous ? La distance n'est pas trop difficile à supporter ?
- C'est vrai que c'est dur. Mais on s'écrit presque tous les jours et je ne me lasserai jamais de lire ses lettres, avoua Mandy, les yeux pleins d'étoiles alors qu'elles empruntaient un escalier magique.
- Quand est-ce que vous vous revoyez ?
- Il voulait venir en Angleterre cet été. Mais c'est hors de question avec les temps qui courent. Du coup, on va sans doute partir en voyage tous les deux quelque part en Europe.
- C'est génial ! s'exclama Emma, contente pour son amie.
Juste avant que l'escalier ne bouge, un troisième élève rejoignit ce dernier. En se retournant, elle constata qu'il s'agissait de Drago. Celui-ci la toisa du regard, ignorant complètement la née-moldue et les dépassa avec arrogance en se positionnant tout en bas de l'escalier. Le déplacement de ce dernier se fit dans le silence, lequel fut brièvement interrompu par la sonnerie marquant la reprise des cours. Lorsqu'ils atteignirent enfin le premier étage, le Serpentard s'éloigna à grandes enjambées vers le grand escalier de marbre. Les deux jeunes filles suivirent la même direction, d'un pas plus lent. Emma fixa inconsciemment le dos de son fiancé alors qu'une boule se formait dans la gorge de Mandy au moment où elle vit l'attroupement d'élèves qui passeraient tout comme elle, leur examen de transplanage.
- Oh mon dieu, Emma. Je ne veux pas le faire, couina-t-elle d'une petite voix en restant immobile au milieu des escaliers.
- Respire et arrête de réfléchir, Mandy, la rassura son amie en lui prenant la main et en la guidant vers la file d'élèves. Ne pense qu'à trois mots.
- Destination, Détermination, Décision.
- Un peu plus de conviction ne serait pas négligeable.
- Destination, Détermination, Décision, reprit-elle en s'exécutant.
- Voilà qui est mieux.
- Emma ! Tu vas être en retard en cours par ma faute !
- J'ai comme l'impression que le cours sera plutôt calme aujourd'hui. Ne t'inquiète pas pour ça. Courage Mandy, fit-elle alors qu'elle la prenait dans ses bras.
Après un sourire de remerciement de la part de son amie, Emma tourna les talons et se hâta de rejoindre son cours de potions. Une fois arrivée devant la porte sombre du cachot servant de salle de cours, elle inspira avant de frapper trois coups afin de signaler sa présence. Lorsqu'elle l'ouvrit, elle constata que la pièce n'était peuplée que de quatre personnes, à savoir Drago Malefoy, Harry Potter, Ernie Macmillan et le professeur Slughorn.
- Veuillez excusez mon retard, professeur.
- Entrez, entrez, ma chère ! Une touche de féminité ne peut être que la bienvenue ! intervint Slughorn de son ton habituellement jovial. Asseyez-vous donc près de Monsieur Malefoy, la plaça-t-il alors qu'elle s'avançait.
Potter et Macmillan reportèrent leur attention sur leur potion alors que Drago qui n'avait pas levé la tête jusque là, lui jeta un coup d'œil au moment où elle s'installait. Elle sortit ses affaires de cours et regarda son professeur afin qu'il lui donne ses instructions.
- Comme je l'ai dit à vos camarades, nous allons profiter du cours d'aujourd'hui pour faire quelque chose de divertissant. Je suis sûre que vous serez capable de me concocter une potion amusante, Miss Oreiro.
- Amusante ? fit-elle un peu prise au dépourvue.
- Laissez parler votre imagination, répondit-il avec un soupçon de mystère avant de se diriger vers Potter et Macmillan.
- Divertissant comme cours, n'est-ce pas, intervint Drago de manière à ce qu'elle soit la seule à entendre, ce qui n'était pas très compliqué au vu du nombre de personnes présentes dans la salle.
Rien qu'au ton de sa voix, on pouvait sentir l'épuisement qui l'habitait.
- Il y a eu pire, chuchota-t-elle en retour en regardant le sommaire de son livre de potions.
Pas très inspirée, elle soupira, le menton soutenu par la paume de sa main. Un regard vers Drago lui fit dire que ce dernier avait opté pour une décoction hoqueteuse. Bon choix, se dit-elle, mais l'air sombre du blond n'aiderait pas à faire valoir le caractère amusant de cette potion. Alors qu'elle enroulait une de ses boucles autour de son doigt, une idée lui vint. Ce fut avec un petit sourire qu'elle se leva afin de rassembler les ingrédients dont elle avait besoin. En revenant à sa table, elle vit que Drago était en train de couper avec lassitude la peau de serpent séchée nécessaire à sa potion.
Une fois assise elle s'affaira à préparer tous ses ingrédients de manière méthodique. Il fallait que tout soit parfait, pour la simple et bonne raison qu'elle l'utiliserait pour son usage personnel, si le professeur le lui permettait. Elle l'avait déjà fait des dizaines de fois, ce fut donc avec aisance qu'elle commença à concocter sa potion.
- Tu n'utilises pas ton manuel, fit remarquer Drago plus qu'il ne demanda.
- Je l'ai découverte dans un magazine, ça fait quelques années que je la prépare, lui appris Emma, le regard fixé sur la substance qui prenait forme au fond de son chaudron.
- Qu'est-ce que c'est comme potion ?
- Si je te le dis, ce ne sera plus une surprise.
- C'est le prof que tu dois surprendre, pas moi.
- Il me semble que tu n'es pas en état d'être « amusé » par quoique ce soit, ça ne sert à rien de tenter d'y parvenir.
- C'est pas faux. J'en ai plus que marre de ces cours de potions, où Slughorn s'extasie devant Potter toutes les cinq minutes, râla-t-il plus qu'il ne cracha comme à son habitude alors qu'il faisait tournoyer sa potion un peu trop brutalement.
Après avoir jeté un coup d'œil aux autres élèves de la pièce, tous occupés par leur chaudron, Emma posa sa main sur celle du jeune homme pour tenter d'adoucir son mouvement. Surpris, il leva les yeux vers elle.
- Cela faisait longtemps que tu n'avais pas craché ton venin sur Potter, fit-elle remarquer en enlevant sa main juste avant que le professeur ne se dirige vers eux afin de voir où ils en étaient.
Après un retroussement de nez devant la mixture de Drago et un petit temps de réflexion devant les ingrédients d'Emma, Slughorn s'éloigna, un grand sourire accroché sur les lèvres.
- Ce crétin n'arrête pas de fouiner dans mes affaires, continua le jeune homme avec un regard mauvais vers la personne concernée.
Au même moment Harry Potter leva la tête vers lui et laissa le soin à Drago de rompre le contact visuel en reniflant sur cet échange.
- Comment ça ? chuchota-t-elle encore plus faiblement, de manière à ce que son mouvement de lèvres soit imperceptible.
- Il avait l'air de s'intéresser à ce que je faisais juste avant le match de Quidditch alors que je trainais dans les couloirs. Et il se trouve que c'est lui qui a abordé Goyle l'autre jour devant la Salle sur demande.
- Ce n'était pas Crabbe ?
- Qu'importe. Je doute que Saint Potter s'amuse à draguer les premières années.
- Il ne vous reste plus que trente minutes ! annonça le professeur en frottant ses mains d'impatience.
- Tu crois qu'il est au courant de quelque chose ?
- Il n'est pas assez intelligent pour ça, voyons.
- Tu ne crois pas qu'il serait temps d'arrêter de le sous-estimer, conseilla Emma en récoltant un regard noir de la part de Drago.
Vexé par la remarque il jeta dans le chaudron de sa voisine quelques griffes de Lutins de Cornouailles qu'il s'affairait à écraser.
- Mais t'es malade ! s'affola Emma, reportant toute l'attention sur elle.
- Que se passe-t-il, Miss Oreiro ? demanda Slughorn en s'approchant une nouvelle fois d'eux, regardant tour à tour la Serdaigle et le Serpentard, ce dernier ne laissant rien transparaitre sur son visage.
- En voulant écraser ses griffes, l'une d'entre elles a sauté jusque dans mon chaudron.
- Cela est difficilement réparable. Je vous conseillerais de rajouter une pincée de poudre de corne de bicorne, cela saturera peut-être l'effet de la griffe.
- Bien professeur, remercia-t-elle avant de se hâter vers le placard des instruments.
- Soyez plus attentif à ce que vous faites, Mr Malefoy, prévint-il le jeune homme après un regard douteux vers sa potion.
Puis, il retourna à son bureau et continua la correction de parchemins qu'il avait entrepris un quart d'heure auparavant.
- Après tout ce que je fais pour toi, c'est comme ça que tu me remercies, grogna dans sa barbe, Emma, qui suivait le conseil de son professeur.
Pour simple réponse, son fiancé eut un rire dénué de toute émotion, s'attirant alors les nouvelles foudres de sa voisine.
- Je te signale que j'aurais pu te laisser te crouler sous ta tonne de devoirs.
- Je suis désolé. Si je le pouvais, je te préparerai une potion de réparation, s'excusa-t-il à la grande surprise d'Emma.
- Comme si ça marchait comme ça, souffla avec humeur la jeune fille en secourant la tête.
- Ca existe ce genre de potions ? demanda-t-il avec nonchalance, l'observant du coin de l'œil.
- Ne me dis pas que t'es vraiment prêt à en faire.
- J'ai cassé un objet précieux ce matin. Le sortilège reparo n'a eu aucun effet.
- Tu te moques de moi ! Tu as amené la conversation sur ce sujet, juste pour tes besoins personnels !
- Tais-toi, on risque de t'entendre !
- Tu as raison, on ferait mieux de se taire et de s'occuper de nos… désastreuses potions !
- Il n'y a pas de mal d'échanger avec sa jolie voisine.
- Quand on a des choses à cacher, il vaut mieux éviter de tendre des perches, clôt-elle la conversation avant de lâcher une dernière pique. Sale manipulateur va !
- Je croyais qu'on devait se taire. Tu deviens accro ma pauvre Emma, ajouta-t-il alors que la jeune fille lui lança un drôle de regard qu'il intercepta.
Semblant gênés, ils retournèrent à leur potion respective et ne s'adressèrent plus la parole jusqu'à la fin du cours. Lorsque celle-ci sonna, Slughorn salua la tentative d'Emma quant à sa potion capillaire de lissemplis, mais lui déconseilla de l'utiliser si elle ne voulait pas se retrouver avec plus qu'une centaine de cheveux sur la tête. Il jugea la potion de Drago d'un simple passable qui ne fit que très légèrement accentuer la mine grincheuse qu'il arborait depuis le début du cours. La potion inventée de Ernie Macmillan ne récolta pas les éloges qu'il espérait, puisque comme à son habitude, le professeur Slughorn fut émerveillé devant l'Elexir d'Euphorie qu'avait concocté Harry Potter. A la sonnerie, Malefoy quitta directement la salle de cours sans un regard pour sa voisine. Après tout, ils n'étaient pas sensés s'apprécier plus que ça. Pourtant, à sa grande surprise, Drago semblait l'attendre dans le couloir, à la vue de tous, même si au moment présent il n'y avait quasiment personne.
- C'est moi que t'attend comme ça ?
- Tu as bien été ma coéquipière en groupe de potions, ça ne choque donc pas si je te parle de… potions, se justifia-t-il alors qu'elle s'avançait vers lui.
- Et si tu accouchais, histoire de faire plus rapide, le pressa-t-elle, mal à l'aise.
- Tu ne m'as pas répondu tout à l'heure, existe-t-il une potion réparatrice d'objets précieux ? continua-t-il sous le regard interrogateur d'Emma. Dépêche-toi Oreiro, ce n'est pas parce qu'on a été en groupe de potions ensemble que ça te donne le droit de m'importuner ainsi ! ajouta-t-il rapidement, sur un ton impeccablement méprisant, alors que Potter venait de sortir de la salle de cours.
- C'est de ta faute si ma potion est fichue. J'insiste pour que tu me la rembourse, joua-t-elle le jeu se doutant de la présence de quelqu'un.
- Tu ne l'as pas payée à ce que je sache, répondit-il au moment où Emma apercevait Harry Potter, de dos, qui se dirigeait vers le grand hall. Alors ? s'empressa-t-il de demander, une fois le danger écarté.
- Ca me dit quelque chose. Mais je ne sais plus où j'ai pu lire ou entendre quoique ce soit à ce sujet. En général un simple reparo suffit.
- Sauf que là, un « simple reparo » ne suffit pas, Emma, la rabroua-t-il d'un ton sec.
- Tu dois y tenir à ton objet, dis donc, fit la jeune fille d'un air soupçonneux.
- C'est un cadeau de mon père. Tiens-moi au courant si tu te souviens de quelque chose, dit-il en amorçant un geste de départ.
- Il doit forcément y avoir un livre qui en parle à la bibliothèque. Mais je te conseillerai plutôt de chercher des informations sur l'objet en question.
- Comme si je n'y avais pas pensé, marmonna-t-il en se retournant pour de bon afin de prendre le chemin de sa salle commune.
Lorsqu'il leva la tête, il aperçut Astoria qui longeant doucement le couloir, les observait d'un drôle d'air. Il croisa la jeune fille comme si de rien n'était, laissant Emma s'arranger avec son amie.
- Bonjour Astoria. Enfin une Serpentard que je supporte, ajouta-t-elle lorsque son amie fut arrivée devant elle.
- Qu'est-ce qu'il te voulait ? demanda Astoria, qui apparemment n'avait rien entendu de leur conversation et qui posait son regard là où le blond venait de disparaitre.
- C'est moi qui lui voulais quelque chose. Cet idiot a fait tomber une griffe de lutin de Cornouailles dans la potion de Lissemplis que je comptais utiliser. J'estime qu'il devrait m'en procurer une autre. Mais « Monsieur » ne veut rien entendre, feignit-elle d'être sur les nerfs.
- Je peux aller lui parler si tu veux. J'aurai certainement plus de chance que toi d'obtenir quelque chose, proposa Astoria avec un petit sourire.
- Pas question, refusa net Emma avant de commencer sa marche vers le grand hall.
- Vous étiez encore en groupe aujourd'hui ? supposa la plus jeune qui prenait le même chemin.
- Non. Mais on était que quatre en cours à cause de l'examen de transplanage. Slughorn m'a placée à côté de Malefoy.
- Je ne me serais pas plainte à ta place, fit Astoria s'attirant le regard perçant de son amie. N'empêche, ce serait un bon prétexte pour aller lui parler.
- Je t'ai dis que je ne voulais pas que tu ailles le voir pour ça, répliqua froidement Emma qui semblait agacée par l'instance de son amie.
- Tu la veux ou pas cette potion ? défia-t-elle en s'arrêtant devant les grands sabliers remplis de pierres précieuses.
- Ce que je veux c'est que tu sois le plus loin de lui possible, répondit-elle en haussant un peu la voix alors qu'elle faisait face à la jeune fille.
- Emma, tu sais bien que c'est impossible pour moi. Et puis, avec ce qu'il s'est passé il y a quelques mois, je suis sûre que je peux avoir mes chances. C'est juste qu'en ce moment, il a l'air d'avoir d'autres priorités que les filles…
- Tu commences vraiment à me gonfler, Astoria ! Quand est-ce que tu te mettras dans la tête que ce mec n'est pas pour toi ! gronda soudain Emma, pointant son doigt sur la tête d'Astoria qui avait un air choqué. Si tu veux qu'on continue à être amies, tu ferais mieux d'arrêter de le mentionner et de redescendre un peu sur Terre. J'ai eu mon quota de baratins de gamine amoureuse !
Elle stoppa sa tirade lorsqu'elle vit les larmes emplissant les yeux de la jeune fille. En tournant la tête, elle pouvait voir les regards et les sourires moqueurs des autres élèves présents dans le grand hall. Lorsqu'elle reporta son attention sur Astoria, celle-ci mit ses mains sur sa bouche pour étouffer un sanglot. Elle semblait regarder un point au-dessus de l'épaule de la Serdaigle. En se retournant, Emma aperçut Drago qui avait stoppé sa montée du grand escalier en marbre et qui était désormais tourné vers les deux filles. Il avait l'air de les avoir entendues et lançait à Emma un regard réprobateur. Un vague de culpabilité la traversant, elle se retourna vers Astoria, mais celle-ci courrait déjà vers la grande porte d'entrée. Elle amorça un pas vers la sortie, afin de la suivre, mais se reprit. Il n'y avait rien d'autre à dire et au fond, elle pensait vraiment ce qu'elle avait dit. Emma entreprit alors de rejoindre l'étage où se trouvaient les escaliers magiques. Son fiancé n'était plus là. Elle supposa qu'il avait pris son chemin habituel menant à sa précieuse salle sur demande. Mais elle se trompait, car en effet, le jeune homme était au bas de l'escalier magique menant au septième étage, s'appuyant nonchalamment contre la rambarde de sécurité. Lorsqu'elle monta à son tour, elle entendit les pas précipités de quelqu'un derrière elle. C'était un première année de Poufsouffle qui ne voulait pas raté l'escalier magique qui ne tarderait pas à bouger. Malheureusement pour lui, Drago ferma la portière de l'escalier juste devant le petit garçon qui se cogna contre elle. Un rictus aux lèvres, le Serpentard regarda la silhouette du première année s'éloigner alors que l'escalier magique se dirigeait vers le septième étage.
- Tu n'étais pas obligé de faire ça. On aurait eu une autre occasion d'être seul à seul, le réprimanda Emma.
- Et manquer celle de maltraiter un première année ? ironisa-t-il alors qu'Emma se contenta de lui lancer un regard sévère.
Puis, la jeune fille croisa les bras et regarda ailleurs.
- Tu as une drôle de manière de traiter tes amis, reprit-il.
- Tu n'as pas intérêt à aller la voir. Plus tu l'ignoreras, plus elle se rendra compte qu'elle n'a aucune chance avec toi.
- Tu sais que la jalousie te va plutôt bien.
- Jalousie ou possession ?
- A toi de me le dire…
Un silence s'installa alors que l'escalier arrivait à destination. Après un regard vers l'autre, les deux fiancés prirent des chemins différents, celui de la bibliothèque pour l'un et celui de la salle commune des Serdaigle pour l'autre.
La dernière journée de cours avant les vacances de Pâques venait de s'achever. Les élèves étaient contents que le rythme scolaire s'arrête enfin pour ces quelques jours. Mais les examens de fin d'année approchant, les vacances n'allaient pas être de tout repos. Alors que Padma et Mandy s'affairaient à préparer leurs affaires, Michael et Anthony profitaient de leurs petites-amies respectives pour leur dernière soirée au château. Emma et Terry s'étaient retrouvés à se défier aux échecs. Au bout de la deuxième partie remportée par la jeune fille, son ami vexé d'avoir perdu décida, la mine boudeuse, qu'il était temps pour lui de faire ses valises. En effet, le départ à bord du Poudlard express était prévu pour le lendemain matin. Emma décida alors de quitter la salle commune afin de trainer un peu dans les couloirs avant le diner.
Secrètement, elle espérait croiser son fiancé. Ce fut ainsi qu'elle prit le chemin menant à la salle sur demande. Il n'y avait aucune trace de Drago, ni même de Goyle, de Crabbe, ni d'un quelconque élève en lequel ces derniers auraient pu se transformer. Alors qu'elle arrivait à l'embouchure de l'escalier menant aux étages inférieurs, elle aperçut au loin Harry Potter qui semblait continuer son chemin vers le couloir qu'elle venait d'emprunter. Se collant contre le mur bordant l'escalier sur lequel elle était, elle remonta à pas de loup les marches et discrètement, jeta un coup d'œil. Harry Potter s'était arrêté près de la tapisserie de Barnabas le Follet et faisait face au mur vierge. Toutefois sa silhouette semblait avoir le regard plongé dans une carte que le jeune homme tenait entre les mains.
Alors qu'elle se demandait ce qu'Harry Potter pouvait bien faire à cet endroit là, ce dernier, qui semblait s'alerter, tourna sa tête vers l'endroit où elle se trouvait. Aussi vite qu'elle le put, Emma se redressa afin de ne pas être vue. Elle ne savait pas vraiment s'il avait eu le temps de l'apercevoir ou non. Comme pour répondre à sa question, les pas du Gryffondor se firent sonores. Ils semblaient se diriger vers elle. Prise de panique, elle réfléchît à toute vitesse. Elle n'aurait pas le temps de descendre les escaliers sans paraitre suspecte, alors elle fit la seule chose qui lui vînt à l'esprit : elle se laissa glisser contre le mur et s'assit à même les marches. Après une profonde expiration, elle se pencha et prit sa cheville entre les mains. Quelques secondes plus tard, Harry Potter apparut en haut des escaliers.
- Besoin d'aide ? demanda-t-il après un moment, le temps de constater la position de la jeune fille qui se trouvait devant lui.
- Ce ne serait pas de refus, répondit-elle en levant la tête vers le jeune homme, feignant une respiration saccadée. Ca m'apprendra à ne pas regarder où je marche en descendant les escaliers. J'ai cru qu'il se terminait mais… ouille… ce n'était pas le cas, se justifia-t-elle alors qu'il l'aidait à se lever puis à monter la dernière marche, tout en gémissant lorsque son pied toucha le sol. C'est idiot n'est-ce pas ?
- Ce sont des choses qui arrivent, se contenta-t-il de répondre en jetant un œil à ladite cheville avant de reporter son attention sur Emma.
- J'ai tenté de remonter l'escalier, mais c'était trop douloureux, alors pour le suivant je me suis presque trainée pour y arriver. J'ai fait une pause, le temps de me motiver à parcourir le reste du chemin me séparant de ma salle commune. Et c'est là que j'ai entendu du bruit et mon sauveur est arrivé ! termina-t-elle en souriant. Sans aucun jeu de mot, ajouta-t-elle.
- Tu ne connais aucun sort pour faire disparaitre la douleur ? s'étonna-t-il se souvenant surement du niveau plutôt bon de la sorcière.
- Je n'ai pas ma baguette sur moi, répondit-elle en espérant qu'il la croie, car rares étaient les sorciers qui se baladaient sans leur baguette, surtout lorsqu'il s'agissait des Sang-pur.
- Tu veux que je le lance pour toi ?
- Il ne me semble pas que tu sois aussi bon en Sortilèges qu'en Potions. Enfin, sans vouloir te vexer, mit-elle en doute les compétences de Potter.
- Tu devrais quand même aller à l'infirmerie, conseilla le jeune homme qui avait l'air de ne pas savoir vraiment quoi lui dire.
- Et redescendre tous ces escaliers ? Sans façon. Mais ne t'inquiète pas pour moi, tu en as déjà fait beaucoup, je vais me débrouiller, tenta-t-elle de le remercier en amorçant un mouvement comme le ferait une personne s'étant foulée la cheville.
- Tu en es sûre ?
- Oui, c'était surtout les marches qui me posaient problème, sur une surface plane cela ira mieux je pense, assura-t-elle en tentant de marcher et par conséquent, de boiter. En tout cas, merci à toi, Potter.
- Je n'ai pas fait grand-chose.
Emma lui répondit par un sourire et se retourna afin de continuer son « périlleux » chemin. Une fois le dos tourné, son sourire disparut instantanément. Qu'est-ce qu'elle ne ferait pas pour son fiancé, pensa-t-elle. Car, elle en était quasi-certaine, Potter ne faisait pas face à l'entrée de la salle sur demande pour son bon plaisir. Surtout sachant qu'il rodait déjà dans les couloirs par le passé. Il fallait absolument qu'elle en parle à Drago, au moins, avant les vacances.
La jeune fille continua son chemin ainsi jusqu'au dépassement du couloir menant aux escaliers magiques, de peur que Potter n'ait finalement décidé d'emprunter ce dernier. Une fois éloignée, cela lui fit étrange de reprendre une marche ainsi qu'une allure normale. Il n'y avait aucune raison que le jeune homme suspecte quoique ce soit, aucun lien connu ne pouvant la rapprocher de Malefoy et de ses activités. Ce fut sur cette pensée plus ou moins rassurante qu'elle répondit à l'énigme posée par le bec d'aigle et qu'elle s'engouffra dans la salle commune des Serdaigle.
Lorsque l'heure du diner vînt, Emma descendit en compagnie de ses amis qu'elle ne reverrait plus pendant cette semaine de vacances. Cette année, elle n'avait pas envie de retourner chez elle pour les vacances de Pâques, préférant rester dans le cadre de Poudlard afin de travailler ses cours en vue de ses examens annuels. Elle ignorait ce que ferait son fiancé durant les vacances. Voilà pourquoi elle voulait aborder ce point avec lui, encore fallait-il l'intercepter dans la soirée. Alors qu'elle savourait sa mousse au chocolat, elle repensa à ses dernières vacances de Pâques : la fête où elle avait fait la rencontre d'Astoria et de Théodore, les quelques jours passés en compagnie de son fiancé, leur rapprochement, leur apprivoisement de l'un de l'autre. A cette pensée, elle fut surprise de voir à quel point l'année avait filé à une vitesse folle et à quel point leurs perspectives d'avenir étaient désormais plus sombres que jamais.
Profitant de sa dernière cuillerée, son regard fut attiré par une silhouette sombre aux cheveux blonds qui venait de s'engouffrer dans la Grande Salle alors que presque tous ses occupants étaient arrivés à leur dessert. En le suivant du regard, elle put le voir s'installer dans un coin de la table des Serpentard, à l'écart des autres. Elle constata que pour une fois, il avait l'air d'avoir retrouvé l'appétit. Sentant un regard sur elle, elle porta son attention sur Théodore qui la fixait d'un air calme, mais elle ne put s'empêcher de se sentir transpercée par son regard. Ce fut elle qui rompit le contact en baissant la tête et en constatant qu'elle n'avait plus rien à manger. S'excusant auprès de ses amis, elle quitta la table et sortit de la grande salle.
- Emma, entendit-elle la voix de Théodore l'interpeller d'une voix posée.
Elle s'arrêta mais ne se retourna pas tout de suite.
- Il me semble que le Grand Hall te fait réagir comme un gros con, alors tu m'excuseras mais je vais te laisser, fit-elle en lui faisant enfin fac, alors que les derniers dérapages de Théodore lui revenaient en tête.
- Tu as raison. On va remédier à ça, répondit-il avant de s'avancer vers le grand escalier en marbre et d'en monter les marches.
Dubitative, Emma croisa les bras et le regarda quitter le grand hall. Une fois arrivé en haut des escaliers, il lui fit de nouveau face et d'un geste de la main l'invita à suivre le chemin du couloir du premier étage menant notamment au bureau du directeur. Face à son regard insistant elle finit par le suivre et tous deux s'arrêtèrent une centaine de mètres plus loin.
- Qu'est-ce que tu fais pour les vacances ? demanda-t-il contre toute attente.
- Tu m'as amenée jusqu'ici pour me parler des vacances, vraiment ? commença-t-elle à s'agiter.
- Je veux juste discuter avec toi, Emma. Et si pour ça il ne faut pas être dans le Grand Hall… expliqua-t-il, terminant sa phrase en ouvrant ses bras comme pour illustrer cette dernière. Ecoute, tu es mon amie et je ne veux pas te perdre à cause de mes idioties, continua-t-il avant qu'elle ne réponde quelque chose.
- Je ne rentre pas, je préfère rester à Poudlard, concéda-t-elle à répondre, après l'avoir observé d'un regard dur.
- Tiens, moi aussi, fit-il avec un grand sourire. Ca aurait été idiot que tu me fasses la tête alors qu'on risque de se croiser tous les jours.
- Théodore…
- Oui ?
- On se voit dans la semaine alors, finit-elle par dire après un soupir.
- A demain alors, sembla-t-il rectifier ou confirmer, elle ne le savait pas très bien.
A vrai dire, la jeune fille ne pouvait s'empêcher de penser au fait qu'il fallait qu'elle intercepte son fiancé et c'était maintenant ou jamais. Alors qu'elle s'éloignait elle entendit Théodore l'interpeller de nouveau.
- Emma, lui parvint sa voix avant qu'elle ne lui fasse de nouveau face et n'attende ce qu'il avait à lui dire. Tu sais que ça fait un an qu'on se connait.
Ne s'attendant pas à cette phrase, elle eut un moment de blanc avant de lui répondre par un sourire.
- Je sais, Théodore.
Puis, elle s'en alla pour de bon, continuant tout droit au lieu de prendre les escaliers magiques. Si elle avait bien calculé, normalement Drago n'était pas encore sorti de la Grande Salle. Il ne lui restait plus qu'à l'intercepter sur son chemin, car elle en était persuadée, le jeune homme n'en avait pas terminé avec la salle sur demande pour aujourd'hui. Au bout du septième escalier qui lui prit le double du temps requis à monter, elle décida de s'arrêter une minute ou deux. Voilà ce que c'était que de monter presque deux par deux les marches des premiers escaliers quand il y en avait une dizaine. Puis soudain, elle sentit une main sortie de nulle part se glisser sur sa taille. Son cri s'accompagna d'un sursaut lorsqu'au même moment elle entendit la voix du propriétaire de la main.
- Alors comme ça, on me cherche, avait fait la voix doucereuse de Drago tandis qu'il la prenait par la taille.
- Par la barbe de Merlin, Drago, tu veux me faire avoir une crise cardiaque ou quoi ! s'exclama-t-elle en se retournant alors qu'elle réussissait à se défaire de l'emprise du jeune homme.
- Tu es bien trop jeune pour ça voyons. Mais je te promets de m'abstenir dans une trentaine d'année.
- On ferait mieux de rejoindre la salle sur demande avant que quelqu'un ne débarque, s'inquiéta la jeune fille en jetant des regards autour d'elle.
- Tu n'iras pas dans cette salle ce soir, refusa net le jeune homme.
- Mais…
- Allons là, fit-il en se dirigeant vers la première porte venue.
- Drago, c'est… un placard à balais, termina-t-elle sa phrase alors que le Serpentard venait de refermer la porte sur eux.
- La proximité te dérange peut-être ? ironisa-t-il après avoir insonorisé la minuscule pièce et lancé un « Lumos ».
- Je peux savoir ce qu'il t'arrive ? Tu m'as l'air plus… joueur, fut le seul mot qui lui vienne à l'esprit après quelques secondes d'hésitation en provoquant le sourire en coin du jeune homme.
- Eh bien, il est possible que tout redevienne comme avant très bientôt, ne put-il s'empêcher de lui avouer.
- Tu… tu veux dire que tu as bientôt terminé... ce que tu devais faire ?
- En quelque sorte, oui.
- Et… c'est une bonne chose ?
- Évidemment, répliqua-t-il d'un ton soudainement dur. Ca a l'air de t'enchanter dis-moi !
- Du coup tu restes ici pendant les vacances ? voulut-elle fuir la conversation qui l'effrayait en réalité.
- Si tout se passe bien oui. A quelle heure est ton train demain ?
- Je préfère rester à Poudlard cette année.
- Tu ne rentres pas ? Pourquoi ?
- Tu sais, les devoirs à faire, les exams qui arrivent… commença-t-elle avant de croiser son regard dubitatif. Je n'ai pas envie de voir la déchéance du monde sorcier, lâcha-t-elle alors sous le rire ironique du jeune homme.
- Mais ma chère Emma, je te signale que Poudlard fait partie intégrante du monde sorcier et que de plus cette déchéance comme tu dis arrivera tôt ou tard jusqu'ici. Et pour notre bien, il vaudrait mieux que ça arrive bientôt.
- Notre bien !
- Tu as bien entendu et je te promets de tout faire pour que les Malefoy gardent cette place de choix qu'ils ont toujours eu, assura-t-il avec ce qui semblait être des flammes dans les yeux.
- Tu me fais peur, Drago, s'inquiéta-t-elle face à la conversation lourde de sens qu'ils entretenaient.
- Tu n'as pas à avoir peur, Emma. Juste… « Soit belle et tais-toi », utilisa-t-il la célèbre phrase qui l'était non seulement dans le monde moldu, mais avant tout dans le monde sorcier des sang pur, tandis qu'il amenait sa main vers la joue de la jeune fille.
- Tu crois vraiment que c'est mon genre ?
- Je crois que tu as pour habitude d'agir selon ce qui t'es favorable, et crois-moi, ça t'es favorable. Et je pense que tu en es parfaitement consciente, pour la simple et bonne raison que c'est comme ça que tu as agi depuis que tu es au courant de… ma condition, constata-t-il alors que leurs deux visages semblaient plus proches que jamais tant il avait l'air de vouloir la charmer avec de telles paroles, tout sauf charmantes.
- Tu sais que tu n'en auras jamais vraiment terminé.
- Je sais, répondit-il, un voile sombre semblant couvrir de nouveau les iris bleus qui la fixaient.
Après un intense contact visuel, leurs lèvres se frôlèrent, puis se touchèrent. Ils s'étreignirent comme ils le purent dans cet espace exigu. Emma sentit la chaleur monter en elle au fur et à mesure que leurs langues se caressaient et au fur et à mesure que les mains du jeune homme parcouraient son corps. Par un élan de fougue, elle se retrouva plaquée contre la paroi de la minuscule pièce, puis soulevée alors qu'elle enroulait ses cuisses autour de lui. Drago entreprit de parsemer de baiser le cou de sa fiancée au moment où celle-ci sentit non seulement son propre plaisir monter mais également celui du Serpentard. Néanmoins, ce dernier eut la force de s'éloigner d'Emma et de cesser leur étreinte. Sous la surprise, celle-ci qui n'était soutenue que par les bras du jeune homme, glissa légèrement avant qu'il ne finisse par la rattraper et la relever.
- Ne refais plus jamais ça, articula-t-elle en s'agrippant à lui de peur de glisser une nouvelle fois avant de réussir à poser ses pieds sur le sol.
- Désolée de te frustrer de la sorte, ma belle, commença-t-il sur un ton taquin, le dos de sa main lui caressant la joue alors que le cœur de la jeune fille fit un bond au prononcé de ce surnom. Ce soir je n'ai pas le temps pour ça, pourtant Merlin sait combien j'en ai envie.
Encore un peu enivrée par les baisers et les caresses, elle ne put que hocher la tête.
- Je dois y aller maintenant. Et fais-moi plaisir, ne reste pas à Poudlard pendant les vacances, lui chuchota-t-il à l'oreille avant de lui faire un dernier baiser au creux du cou et de s'en aller, laissant une Emma dans le noir, seule avec les battements de son cœur.
oOo
Des pas se hâtant vers un chaudron posé non loin d'une armoire magique.
Un sourire naissant sur un visage pâle et amaigri.
Une précipitation pour enduire la pâte désormais prête à l'endroit indiqué dans le livre ouvert à ses pieds.
Un élan de recul pour observer le résultat.
Un constat : il ne se passe rien.
Un apaisement après l'énième consultation dudit livre : il n'est pas censé se passer quelque chose directement.
Une attente sous tension.
Des pas martelant le sol lors d'allers retours incessants.
Une satisfaction lorsqu'enfin la pâte prend l'aspect désiré.
Une impatience démentielle lors de l'enlèvement de la pâte consolidée.
Une respiration retenue face au résultat : quelque chose a changé, il le sent.
Une course jusqu'à l'objet désiré : une pomme.
Un placement précis de la pomme au sein de l'armoire.
Une fermeture de l'armoire avec une concentration teintée d'euphorie.
Une ouverture brusque des portes.
Un tressaillement de joie et un rire mêlant la béatitude à l'extase : la pomme a disparu.
Une inspiration prise au moment de refermer les portes.
Une formule lancée.
Une pression le parcourant, les yeux fermés aussi fort qu'il le pouvait.
Une image gravée dans sa tête : celle d'une pomme intacte à l'endroit exacte où elle était posée quelques minutes auparavant.
Une deuxième ouverture, plus lente, de l'armoire.
Un figement face au spectacle.
Un tremblement de rage, d'impuissance, de peur.
Une porte refermée tellement fort qu'elle se déboite.
Une panique le possédant tout entier.
Des cheveux presque arrachés, alors qu'il tombe à genoux.
Une tête cognée plus fort que voulu contre l'armoire.
Des jurons mêlés à ce qui semble être des pleurs.
Un redressement brusque avant un une ruée vers le chaudron qu'il envoit valser à travers la pièce.
Un liquide épais s'écoulant du contenant.
Un bruit attirant son attention : la porte avait finalement cédé et venait de s'écrouler.
Un regard fixé sur la pomme, réduite en purée.
Tout était à refaire...
Bonjour à tous !
Voici un tout nouveau chapitre fraichement corrigé.
J'ai eu cette envie de faire vivre à Drago de faux espoirs de réussite histoire de le briser encore un peu plus avant d'arriver aux évènements que l'on connait tous. Il était également important de faire en sorte qu'Emma sorte un peu de ses gonds face à Astoria et notamment à cause des émotions qui la parcourent concernant Drago. Même s'il a d'autres chat à fouetter, il était également temps que Drago sache que Théodore était au courant de son identité.
A bientôt pour la suite !
PS : je reçois bien les reviews mais je n'arrive pas à y répondre depuis deux jours et a priori elles n'apparaissent pas sur l'histoire. Je ne manquerais pas d'y répondre dès que ce problème technique sera résolu.
Desea Oreiro
